Conversations Cruciales – 2

Par Kerry Patterson, Joseph Grenny  Ron McMillan et Al Swiztler, 2002, 230 pages.

Note : Ceci est la deuxième partie du résumé, la première se trouve ici.

Chapitre 7 : Définir mon chemin – Comment parler avec persuasion, pas avec abrasion

Afin de parler honnêtement quand l’honnêteté peut facilement offenser les autres, il faut trouver un moyen pour maintenir la sécurité. Comment parler de ce que l’on ne peut pas dire et toujours maintenir le respect ? En mélangeant avec précaution trois ingrédients :

  • La confiance

La plupart des personnes ne géreront pas de conversations délicates – en tout cas, pas avec les bonnes personnes. Par exemple votre collègue François dit à sa femme quand il rentre le soir que son patron Nicolas gère son planning dans les moindres détails et qu’il a l’impression d’être couvé. Il dit la même chose à ses collègues et ses amis, bref tout le monde est courant de ce que François pense de Nicolas. Sauf Nicolas bien sûr.

Les personnes compétentes en dialogue ont la confiance suffisante pour dire ce qui doit être dit à la personne qui doit l’entendre. Ils ont confiance dans le fait qu’ils peuvent parler de manière ouverte sans brutaliser les autres ou cause une offense excessive.

  • L’humilité

La confiance ne signifie pas l’arrogance ou l’entêtement. Les personnes compétences sont confiantes dans le fait qu’elles ont quelque chose à dire, mais réalisent également que les autres ont des données de valeur à apporter. Ils sont assez humbles pour comprendre qu’ils n’ont pas le monopole de la vérité. Leur opinion donne un point de départ mais pas le dernier mot. Elles peuvent actuellement croire en quelque chose mais réalisent que des nouvelles informations peuvent leur faire changer d’avis. Cela veut dire qu’elles sont à la fois prêtes à exprimer leurs opinions et à encourager les autres à faire la même chose.

  • La compétence

Enfin, les personnes qui partagent de plein grès des informations délicates sont bonnes à cela. Elles ne font pas le choix faussement binaire du “Tu ne vas aimer ce que je vais te dire, mais hé, quelqu’un doit bien être honnête…”, car elles trouvent un chemin qui leur permet à la fois l’honnêteté et la sécurité. Elles parlent de ce que l’on ne peut pas dire, et les autres leur sont reconnaissants de leur honnêteté.

Voyons par une mise en situation un exemple de conversation délicate avec un sujet brûlant à aborder :

Pierre vient juste de rentrer chez lui et sa femme Carole semble en colère, et ses yeux mouillés laissent voir qu’elle a pleuré. Elle le regarde avec une expression “Comment as-tu pu ?”. Pierre ne le sait pas encore, mais Carole pense qu’il la trompe. Ce qui n’est pas le cas.

Comment Carole est-elle parvenue à cette dangereuse et mauvaise conclusion ? Plus tôt dans la journée elle a vérifié le relevé de la carte bancaire et a remarqué un débit de l’hôtel Bonne Nuit, un hôtel bon marché situé à peine à deux kilomètres de chez eux.

“Pourquoi irait-il dans un hôtel si près de la maison” ? s’est-elle demandé. “Et pourquoi ne m’en a t-il pas parlé ? Quel enfoiré !”.

Quelle est la plus mauvaise manière que Carole peut faire pour gérer cela  (à part faire ses bagages et retourner chez ses parents dans le Pas-de-Calais) ? Quelle est la plus mauvaise manière de parler d’un problème ? En général, les personnes disent que lancer la conversation avec une horrible accusation suivie par des menaces est un bon candidat. C’est presque ce que font toutes les personnes, et Carole ne fait pas exception :

Carole: Je ne peux pas croire que tu me fais cela (d’un ton douloureux)

Pierre: Faire quoi ? (il ne sait pas de quoi elle parle, mais cela ne semble pas bon)

Carole : Tu sais de quoi je parle.

Pierre : (pense : est-ce que je dois m’excuser pour avoir raté son anniversaire ? Non, nous ne sommes pas en été et son anniversaire c’est… euh, en tout cas ce n’est pas en hiver). Je suis désolé, je ne sais pas de quoi tu parles.

Carole : Tu me trompes, et j’ai la preuve ici (elle montre une facturette)

Pierre : Qu’y a t-il dans ce papier qui dit que je te trompe ?

Carole : C’est une facture d’hôtel, enfoiré. Tu ramènes n’importe quelle femme à l’hôtel et tu paies avec notre carte bleue ?! Je ne peux pas croire que tu me fasses cela !

La conversation est mal partie. Pourtant Carole n’a aucune preuve, juste un petit morceau de papier avec des chiffres dessus.

Comment a t-elle pu en arriver là ? Elle a suivie le chemin d’innombrables personnes avant elles :

  1. Elle a vu ou entendu quelque chose.
  2. A partir de cet élément, elle s’est racontée une histoire pour expliquer la chose.
  3. Une fois cette histoire construite, elle a ressentie une forte émotion.
  4. Elle a agit en fonction de cette émotion.

C’est le “chemin vers l’action” :

Chemin vers l'action

Le chemin vers l’action

Mais comment Carole aurait-elle pu s’y prendre pour exprimer son désarroi tout en maintenant la sécurité et le respect mutuel ? En créant -plutôt qu’en subissant – son chemin vers l’action en suivant ces cinq étapes :

1 – Partager les faits.

Commencez avec les éléments les moins controversés et les plus persuasifs. Les faits sont des faits, ils ne sont pas contestables.

Au lieu de dire par exemple “Tu arrives toujours en retard. On ne peut pas te faire confiance.”, dites “Hier tu es arrivé avec 20 minutes de retard au travail.”

2 – Dire votre histoire.

Même si les faits sont incontestables, il est rare qu’ils suffisent en eux-même. Aussi difficile que cela peut sembler, vous devez partager votre vision des choses, l’interprétation que vous faites des faits, donc votre histoire. Cela demande de la confiance, car il peut être très difficile de partager des conclusions ou interprétations négatives (comme “je pense que tu es un voleur”).

Cependant, si vous avez fait votre travail et êtes partis des faits qui se trouvent derrière votre histoire, alors celle-ci semblera couler de source et paraîtra raisonnable et rationnelle.

Si à un moment vous vous apercevez que la sécurité est en danger à cause de votre histoire, faites un pas en arrière et utilisez le contraste (voir la première partie de la chronique).

3 – Demander à connaître le chemin des autres.

Encouragez les autres à partager à la fois leurs faits et leur histoire.

4 –  Parler avec prudence.

Partagez votre histoire d’une manière qui exprime la confiance dans vos conclusions tout en démontrant que vous êtes prêt, si c’est approprié, à ce que vos conclusions soient remises en cause.

5 – Encourager les tests.

Rendez sûr pour les autres le fait d’exprimer des opinions différentes, ou même des vues opposées, et acceptez que vos points de vue soient remis en cause.

Retournons à présent à notre mise en situation. Mais cette fois, Carole est armée avec ces connaissances et à défini son propre chemin d’action :

Pierre : Salut chérie, comment as été ta journée ?

Carole : Pas terrible.

Pierre : Pourquoi ?

Carole : J’ai vérifié le relevé bancaire, et j’ai remarqué un débit de quarante huit euros sur la carte bancaire pour l’hôtel Bonne Nuit, pas très loin d’ici. [Partage les faits]

Pierre : Tiens, c’est bizarre.

Carole : Oui, ça l’est…

Pierre : Hé bien, ne t’en fais pas. Je vérifierai cela la prochaine fois quand je passerai à coté.

Carole : Je préfèrerai que l’on vérifie maintenant.

Pierre : Ah bon ? C’est moins de cinquante euros. ça peut attendre.

Carole : Ce n’est pas pour l’argent que je m’inquiète.

Pierre : Tu t’inquiètes ?

Carole : C’est un hôtel pas loin d’ici. Tu sais comment ma soeur a trouvé que ce Philippe la trompait. Elle a trouvé une facture d’hôtel suspecte. [Partage l’histoire, prudemment] Il n’y a rien qui fait que je devrais m’inquiéter, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu penses de ce débit ? [Demande le chemin de l’autre]

Pierre : Je ne sais pas, mais tu n’as certainement pas à t’inquiéter à propos de moi.

Carole : Je sais que tu ne m’as donné aucune raison de remettre en doute ta fidélité. Je ne crois pas vraiment que tu me trompes. [Utilise le contraste] C’est juste que cela m’aidera à le sortir de mon esprit si nous vérifions cela maintenant. Est-ce que cela t’ennuierait ? [Encourage le test]

Pierre : Pas du tout. Appelons-les et trouvons ce qui s’est passé.

Finalement, il se trouve que Pierre et Carole étaient allés manger dans un restaurant Chinois un peu plus tôt dans le mois, et que le propriétaire du restaurant est aussi propriétaire de l’hôtel, et qu’il a utilisé le terminal bancaire de l’hôtel pour les encaisser. Oups.

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En partageant prudemment son histoire plutôt que d’attaquer, d’insulter et de menacer, l’épouse inquiète a évité une grande dispute, et la relation du couple a été renforcée là où elle aurait pu facilement être endommagée.

Chapitre 8 : Explorer le chemin des autres – Comment écouter quand les autres explosent ou se taisent

explorer le chemin des autres conversations cruciales

Parfois, l’autre ne veut tout simplement pas s’ouvrir et peut aller même jusqu’à vous couvrir d’injures et de menaces dès que vous tentez d’aborder un sujet sur lequel vous n’avez pas les mêmes vues que lui. Un exemple typique est une discussion entre des parents et un adolescent.

Pour mieux gérer cela, ajoutons une compétence de plus à celles que nous avons appris dans le chapitre 5 pour garder les autres en sécurité – le recul, l’excuse, le contraste, l’objectif mutuel : Explorer le chemin des autres.

Maintenant que nous avons un modèle de ce qui se passe dans la tête de l’autre personne (Le chemin vers l’action), nous avons un nouvel outil complet pour aider les autres à se sentir en sécurité.  Si nous pouvons trouver un moyen de faire en sorte que les autres partagent leur chemin vers l’action – leurs faits, et oui, même leurs vilaines histoires et leurs dangereux sentiments, alors ils seront plus disposés à s’ouvrir.

Mais comment faire ? Il faut commencer par le coeur, en écoutant vraiment. Ceci requiert quatre compétences :

  • Soyez sincère.

Pour obtenir les faits des autres et leur histoire, vous devez inviter les autres à partager leur esprit. Mais quand vous le faites, vous devez le vouloir sincèrement. Et ne pas faire par exemple comme dans cette histoire :

Une patiente sort d’un centre médical. Le réceptionniste peut dire qu’elle semble un peu mal à l’aide, peut-être même mécontente.

Réceptionniste : Est-ce la procédure s’est bien déroulée ?

Patiente : Quasiment. (s’il y a bien un indice indiquant que quelque chose ne va pas,c’est bien “quasiment” ou “presque”).

Réceptionniste : Bien ! (puis il continue avec un retentissant 🙂 Suivant !

C’est un exemple classique où l’on prétend être intéressé. Cela rentre dans la catégorie des questions “ça va ?” qui veulent dire : “S’il vous plaît ne dites rien qui ait de la substance. Je veux juste échanger des banalités”.

Quand vous demandez aux personnes de s’ouvrir, préparez-vous à vous ouvrir.

  • Soyez curieux.

Au moment même où les personnes deviennent furieuses, vous devriez devenir curieux. Plutôt que répondre directement, il est préférable de se demander ce qu’il y a derrière ce grabuge. Mais comment être curieux quand les personnes en face nous attaquent ou se couvrent ? Les personnes compétentes en dialogue trouvent en général qu’atteindre la source de la peur et de l’inconfort est la meilleure manière de retourner au dialogue. Retournons donc à notre nerveuse patiente :

Réceptionniste : Est-ce la procédure s’est bien déroulée ?

Patiente : Quasiment

Réceptionniste : Il semble que vous ayiez eu un problème. Est-ce que c’est vrai ?

Patiente : Je vais vous le dire. ça fait un peu mal. Et à coté de cela, est-ce que le docteur n’est pas, euh, vraiment trop vieux ?

Dans ce cas la patiente est réticente à se livrer. Peut-être que si elle partage son opinion, elle va insulter le docteur ou sa loyale équipe. Pour gérer cela, le réceptionniste fait savoir à la patiente qu’elle est sécurité pour parler (à la fois avec le ton de sa voix et ses mots), et elle s’ouvre.

  • Restez curieux.

Quand les personnes commencent à partager leurs histoires volatiles et leurs sentiments, nous courons le risque de nous raconter nos propres histoires de Victime, Méchant ou d’Impuissant pour nous expliquer pourquoi elles nous disent ce qu’elles nous disent. Malheureusement, comme il est rarement amusant d’entendre les autres raconter des histoires peu flatteuses, nous commençons à assigner à l’autre des motivations négatives. Par exemple :

Réceptionniste : Mais vous êtes ingrate ! Le gentil docteur a dévoué sa vie entière pour aider les autres et maintenant qu’il a quelques cheveux gris, vous voulez l’envoyer dans un hospice !

Pour éviter de réagir de manière excessive à l’histoire des autres, restez curieux. Donnez à votre esprit un problème pour rester focalisé dessus. Demandez-vous : “pourquoi une personne raisonnable, rationnelle et décente dirait cela ?

Cette question vous aidera à retracer le Chemin vers l’Action de l’autre.

  • Soyez patient.

Bien qu’il soit naturel d’aller rapidement d’une pensée à une autre, des émotions fortes mettent du temps à s’apaiser. Une fois que les hormones sont relâchées dans le sang, elles y restent pendant un moment – parfois, bien longtemps après que les pensées aient changées.

Une fois que vous avez décidé de maintenir une approche curieuse, c’est le moment d’aider la personne à retracer son Chemin vers l’Action. Malheureusement, nous échouons souvent à faire cela. C’est parce que quand les autres commencent à jouer des jeux de silence ou de violence, nous joignons la conversation à la fin de leur Chemin vers l’Action.

Ainsi les conversations cruciales peuvent être à la fois mystérieuses et frustrantes, quand nous sommes embarquées dedans sans connaître les faits, les histoires et les sentiments et que nous ne voyons que les actions de la personne en face de nous.

Pour retracer le Chemin Vers l’Action :

  • Demandez

Commencez par exprimer simplement votre intérêt dans les points de vue de l’autre personne

  • Miroir

Augmentez la sécurité en reconnaissant respectueusement les émotions que les personnes semblent ressentir.

  • Paraphrase

Alors que les autres commencent à partager leur part de l’histoire, redites ce que vous entendez pour montrer que vous comprenez, mais également qu’il est sûr pour eux de partager ce qu’ils pensent.

  • Devinez

Si les autres continuent à se couvrir ou à attaquer, devinez. Faites votre meilleure prédiction sur ce qu’ils peuvent penser et ressentir.

Une fois que vous avez retracé le Chemin vers l’Action de l’autre et commencez à partager vos vues :

  • Accord

Dites que vous êtes d’accord quand vous l’êtes.

  • Construisez

Plutôt que de vous concentrer sur des différences mineures et de les transformer en dissensions majeures – nous avons tous un doctorat dans cette compétence depuis l’adolescence – il est préférable de trouver des points d’accord.

Plutôt que de dire :

Faux. Tu as oublié de mentionner que …

Dites :

Tout à fait. En plus, j’ai remarqué que …

  • Comparez

Quand vos points de vue continuent à différer de manière significative, ne suggérez pas aux autres qu’ils ont tort. Comparez vos deux vues.

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Chapitre 9 : Agissez – Comment transformer des conversations cruciales en action et résultats

Avoir plus d’informations dans le Réservoir Partagé, et même le posséder conjointement, ne garantie pas que nous seront tous d’accord sur ce qu’il faut faire à partir des informations partagées. Par exemple, quand des équipes ou des familles se rencontrent et génèrent plusieurs idées, elles échouent souvent à convertir ces idées en actions pour deux raisons :

  • Elles n’ont pas clairement définies comment les décisions seront prises.
  • Elles font un mauvais travail lorsqu’il s’agit d’agir à partir des décisions qu’elles ont prises.

Cela peut être dangereux. Le dialogue n’est pas la prise de décision. Tout d’abord, les personnes peuvent ne pas comprendre comme les décisions vont être faites. Prenons un exemple :

Claire est fâchée. Johan vient juste de poser sur la table une brochure pour une croisière de trois jours et a annoncé qu’il a fait une réservation et même payé les 500 euros de caution pour réserver une suite.

Une semaine auparavant, ils ont eu une conversation cruciale à propos de leurs plans de vacances. Ils se sont tous les deux mis d’accord sur le fait de faire une croisière. Et bien que Claire soit fâchée, Johan est stupéfait que Claire soit autre chose qu’extatique.

Claire a donné son accord sur le principe d’une croisière. Pas sur une croisière en particulier. Johan a cru que n’importe quelle croisière ferait l’affaire et a pris la décision tout seul. Bon amusement sur le bateau, Johan.

Ensuite, il peut arriver qu’aucune décision ne soit prise. Soit les idées s’en vont et se dissipent, ou personne ne peut voir quoi faire avec elles. Ou peut-être que tout le monde attend que quelqu’un d’autre prenne la décision.

Ces deux problèmes sont réglés si, avant de prendre une décision, les personnes impliquées décident de comment décider. Il y a quatre manière communes de prendre des décisions :

  • Le commandement

Ce sont des décisions qui sont sans participation, et cela arrive de deux manières : ou des forces extérieures nous ordonnent de faire quelque chose, ou nous laissons les autres prendre une décision et ensuite les suivons. Nous n’y accordons pas assez d’importance pour être impliqué – laissons les autres faire le travail. Dans de nombreuses équipes et dans de grandes relations, beaucoup de décisions sont également faites en laissant le choix final à quelqu’un à qui nous faisons confiance pour prendre une bonne décision.

  • La consultation

C’est un processus par lequel les décideurs invitent les autres à influencer leurs décisions avant qu’ils ne fassent leur choix définitif. Vous pouvez consulter des experts, une population représentative, ou même tous ceux qui veulent offrir une opinion. Les leaders sages, les parents et même les couples prennent souvent des décisions de cette manière. Ils rassemblent les idées, évaluent les options, font un choix, et informent les autres.

  • Le vote

Le vote convient mieux aux situations où l’efficacité est de la plus haute importance – et vous faites un choix parmi un certain nombre de bonnes options. Les membres de l’équipe réalisent qu’ils peuvent ne pas obtenir que leur option préférée soit choisie, mais franchement ils n’ont pas envie de perdre du temps à discuter de cette histoire jusqu’à la mort. Ils peuvent discuter des options pendant un moment, et ensuite demander le vote. Pour faire face à de nombreuses options décentes, le vote est un excellent économiseur de temps, mais il ne devrait jamais être utilisé quand les membres de l’équipe ne sont pas d’accord pour appuyer toute décision qui sera prise. Dans ce cas, il faut utiliser …

  • Le consensus

Cette méthode peut à la fois être une grande bénédiction et une grande malédiction. Elle signifie que vous parlez jusqu’à ce que toute le monde donne honnêtement son accord pour une décision. Elle peut produire une unité extraordinaire et des décisions de haute qualité. Si elle est mal utilisée, elle peut être une horrible perte de temps. Elle ne devrait être utilisée qu’avec des 1) grands enjeux et des problèmes complexes et 2) des problèmes où tout le monde doit appuyer la décision finale.

Une fois que vous avez pris une décision, il reste une étape : finir clairement. Déterminez qui fait quoi et pour quand. Faites en sorte que ce qui doit être terminé soit clair comme de l’eau de roche. Enregistrez les engagements et suivez-les. Et enfin, faites en sorte que les personnes soient responsables de leurs promesses.

Chapitre 10 : Tout mettre ensemble Outils pour préparer et apprendre

mettre ensemble partager conversations cruciales

Pour vous aider à relier tout ce savoir, voici un exemple de dialogue où la majorité des outils présentés dans le livre sont utilisés, et où tout est décortiqué. C’est une discussion difficile entre vous et votre soeur sur comment partager l’héritage de votre mère.

La conversation commence quand vous parlez de la maison d’été de votre famille. Les funérailles de votre mère ont eu lieu il y a un mois, et il est temps à présent de partager à la fois l’argent et les souvenirs. Vous n’attendez pas vraiment cela avec impatience. La situation est rendue plus délicate encore par le fait que vous sentez que vous vous êtes occupé presque seul de votre mère pendant de nombreuses années, et que vous devriez recevoir une compensation. Vous ne pensez pas que votre soeur verra les choses de la même manière.

Vous : Nous devons vendre la maison de vacances. Nous ne l’utilisons jamais, et nous avons besoin d’argent pour payer les dépenses que j’ai engagé pour m’occuper de maman pendant les quatre dernières années.

Votre soeur : S’il te plaît, ne commence pas à faire culpabiliser. Je t’ai envoyé de l’argent tous les mois pour t’occuper de maman. Si je n’avais pas eu à voyager pour mon travail, je sais que j’aurai voulu qu’elle soit à ma maison.

Vous pouvez remarquer que les émotions commencent déjà à être fortes. Vous commencez à être sur la défensive et votre soeur semble être en colère. Ainsi, vous êtes dans une conversation cruciale, et cela ne commence pas très bien.

  • Commencez avec le coeur

Demandez-vous ce que vous voulez vraiment. Vous voulez recevoir une compensation pour le temps et l’argent que vous avez mis et pas votre soeur. Vous voulez aussi garder de bonnes relations avec votre soeur. Mais vous voulez éviter le choix faussement binaire. Donc vous vous demandez : “Comment puis-je lui dire que je veux recevoir une compensation équitable pour les efforts et dépenses supplémentaires que j’ai fait et garder une bonne relation ?”.

  • Apprenez à regarder

Vous reconnaissez un manque d’Objectif Mutuel – vous essayez chacun de défendre vos actions plutôt que de parler de la propriété.

  • Rendez la conversation sûre

Vous utilisez le contraste pour aider votre soeur à comprendre votre intention.

Vous : Je ne veux pas commencer une dispute ou essayer de te culpabiliser. Mais je veux parler parler du fait de recevoir une compensation pour avoir pris sur mes épaules la majeure partie de la responsabilité ces dernières années. J’aime maman, mais cela m’a beaucoup mis sous pression à la fois financièrement et émotionnellement.

Votre soeur : Qu’est-ce qui te fait penser que tu en as fait tellement que moi ?

  • Maîtrisez vos histoires

Vous vous dites à vous-même que vous méritez plus car vous avez fait plus pour vous occuper de votre mère et pour couvrir des dépenses non prévues. Retracez votre Chemin vers l’Action pour trouver les faits derrière l’histoire que vous vous racontez et qui vous met en colère.

  • Définissez votre chemin

Vous devez partager vos faits et conclusions avec votre soeur d’une manière qui la mette en confiance pour qu’elle raconte sa propre histoire.

Vous : C’est juste que j’ai dépensé beaucoup d’argent pour m’occuper de maman et j’ai travaillé beaucoup pour m’occuper d’elle au lieu de la faire garder par une infirmière. Je sais que tu te préoccupais de maman aussi, mais je pense honnêtement que j’ai fait plus dans les soins quotidiens que tu ne l’as fait, et cela semble juste équitable d’utiliser un peu de ce qu’elle nous a laissé pour rembourser une partie de ce que j’ai dépensé. Le vois-tu différemment ? J’aimerai beaucoup t’entendre.

Votre soeur : Ok, d’accord. Pourquoi ne m’envoies-tu pas simplement une facture.

Il semble que votre soeur ne soit pas vraiment d’accord avec cet arrangement. Vous pouvez dire que sa voix est tendue et que son ton est celui de la capitulation plutôt que de l’accord.

  • Explorez le chemin des autres

Comme une partie de votre objectif est de maintenir de bonnes relations avec votre soeur, il est important qu’elle ajoute ses significations au réservoir. Explorez ses vues.

Vous : La manière dont tu le dis fait qu’il semblerait que cette suggestion ne te convienne pas [Miroir]. Est-ce qu’il a quelque chose que je rate ? [Demandez]

Votre soeur : Non – si tu penses que tu mérites plus que moi, tu as probablement raison.

Vous : Penses-tu que je ne suis pas juste ? Que je ne reconnais pas assez tes contributions ? [Devinez]

Votre soeur : C’est juste que je sais que je n’étais pas beaucoup là ces dernières années. J’ai dû voyager beaucoup pour travailler. Mais je suis quand même passé la voir à chaque fois que j’ai pu, et j’ai envoyé de l’argent tous les mois pour aider à contribuer aux soins de maman. J’ai offert de t’aider à payer pour les services d’une infirmière si tu pensais que c’était nécessaire. Je ne savais pas que tu pensais que tu avais un partage peu équitable des responsabilités, et il me semble que le fait que tu demandes plus d’argent vient de nulle part.

Vous : Donc tu ressens que tu as fait tout ce que tu pouvais pour aider et tu es surprise que je pense que je doive recevoir une compensation [Paraphrasez].

Votre soeur : Hé bien, oui.

Vous comprenez l’histoire de votre soeur à présent, mais vous n’êtes toujours pas d’accord sur un point.

Vous : Tu as raison. Tu as fait beaucoup pour m’aider, et je réalise que cela coûtait cher de nous rendre visite aussi longtemps que tu l’as fait. J’ai choisi de ne pas payer pour une prise en charge par une infirmière parce que maman se sentait mieux à la maison avec moi qui m’occupait d’elle, et cela ne me dérangeait pas. En plus de cela, il y a eu quelques dépenses non prévues dont tu ne sembles pas au courant. Les nouveaux médicaments qu’elle a eu pendant les derniers 18 mois coûtaient deux fois plus chers que les anciens, et la sécurité sociale n’a couverte qu’une partie de ses séjours à l’hôpital. Tout cela s’additionne.

Votre soeur : Donc c’est à propos de ces dépenses que tu t’inquiètes ? Est-ce que l’on peut examiner ces dépenses et décider comment les couvrir ?

  • Agir

Vous voulez créer un plan définitif pour être remboursé de ces dépenses, et vous voulez que ce soit un plan qui mettent tout le monde d’accord. Obtenez un consensus sur ce qui va survenir, et documentez qui va faire quoi pour quand, et définissez une manière de suivre cela.

Vous : J’ai gardé une trace de toutes les dépenses qui ont dépassés le montant sur lequel nous avons tous les deux été d’accord pour contribuer. Est-ce que l’on peut s’assoir tranquillement demain pour parler de cela et décider comment me rembourser équitablement ?

Votre soeur : Ok. Nous parlerons de la maison et écrirons un plan sur comment se partager tout cela.

Conclusion

Si nous apprenons d’abord à reconnaître quand la sécurité est risquée, et qu’une conversation devient cruciale (Apprenez à Regarder), et que nous devons enclencher des actions pour Rendre Sûr pour tout le monde de contribuer au Réservoir Partagé, nous pouvons commencer à voir où utiliser les compétences que nous avons appris.

Utiliser ces outils et des aides-mémoires nous aidera à maîtriser les compétences qui nous aideront à améliorer nos conversations cruciales.

Les auteurs terminent le livre sur deux chapitres qui sont en supplément de leur théorie et que je ne juge pas nécessaire de détailler complètement :

  • Oui, mais – conseils pour les cas difficiles, qui explore des cas particuliers et difficiles comme le harcèlement sexuel, gérer un conjoint hypersensible, une trahison, le fait de regretter d’avoir dit quelque chose d’horrible, etc.
  • Changez votre vie – Comment transformer les idées en habitude, des conseils pratiques pour bien appliquer tout ce qui est enseigné dans le livre et apprendre à les maîtriser.

Conclusion du livre ” Conversations cruciales” :

Ce livre a été une agréable surprise, car il est à la fois très simple et facile à lire, bourré d’histoires et d’exemples qui rendent faciles la compréhension de la théorie et des outils proposés, et son objet porte sur les 20% de conversations qui apportent 80% des changements de nos vies – ou même des 5% de conversations qui apportent 95% des changements. Le lire permet donc de 1) prendre conscience de l’importance extrême que les conversations cruciales ont sur notre vie et la qualité de celle-ci, et 2) de s’approprier toute une palette d’outils très simple à comprendre pour apprendre à gérer au mieux ces conversations.

Pratiquer ce qu’enseigne ce livre est donc l’exemple même d’une application intelligente de la loi de Pareto, qui nous fait porter nos efforts là où leurs fruits sont démultipliés. Je pense que vous avez constaté par vous même la facilité de compréhension des outils proposés, et peut-être même du fait que nous les utilisons inconsciemment lorsque nous sommes au top de notre forme et gérons bien une conversation cruciale.

Reste, comme pour tout livre, à appliquer ces principes et outils au quotidien, et surtout à les utiliser dans le feu de l’action, lorsque l’adrénaline se déverse dans notre sang et que nos émotions menacent de faire chavirer notre raison. Conversations cruciales dévoue tout un chapitre à la mise en pratique et la maîtrise progressive de tout cela, mais comme pour tout cela demandera de la motivation et de la persévérance. Mais le jeu en vaut certainement la chandelle.

Un excellent livre donc, que je recommande.

Points forts :

  • Facile à lire
  • Simple à comprendre
  • De nombreuses histoires et mises en situation concrètes
  • Excellente analyse des conversations cruciales
  • Application intelligente de la loi de Pareto

Points faibles :

  • Utiliser ces outils quand les émotions sont fortes ne semble pas évident
  • Pas traduit en Français

Note : le livre est traduit en Français depuis fin 2009 (voir lien Amazon ci-dessous)

Ma note : imageimageimageimageimageimageimageimageimage

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7 Commentaires pour :

Conversations Cruciales – 2

  • Anto

    20 Avr 2009 à 22:24

    Un grand merci pour tout le travail que vous effectuez sur ce blog, c’est absolument génial de pouvoir lire ces résumés qui portent réellement à réflexion (surtout qu’il n’est pas donné à tout le monde de savoir bien lire anglais et bcp des ouvrages n’ont pas de version fr !)

    Je trouve votre projet vraiment excellent, bonne continuation !

    Répondre



    • Lio

      23 Déc 2009 à 10:19

      Pour information, ce livre a été traduit en français sous le titre : “Conversations cruciales” chez Ixelles éditions.
      Disponible sur Amazon.fr

      Répondre



      • Conversations cruciales. « Quand [email protected] communique…

        15 Août 2010 à 12:05

        […] Note  : si vous souhaitez allez plus loin je vous encourage également à lire le résumé d’Olivier Rolland sur son blog (ici et ici). […]

        Répondre



        • Nathalie

          30 Nov 2012 à 16:36

          Je suis en train de lire ce livre, je pensais le prendre en notes, merci de l’avoir fait ! Par ailleurs j’écoute les CD associés à ce livre qu’une amie m’a prêtés et je me permets de les recommander vivement car les saynettes sont très bien jouées et les commentaires, qui développent ce qui est exposé dans le livre, sont clairs et intelligents. C’est en anglais, alors ça permet de travailler sa compréhension orale en plus 😉

          Répondre



          • Abderrafie

            4 Avr 2015 à 10:00

            Je crois que votre dernière remarque est pertinente: utiliser ces techniques alors que que l’on est submergé par nos emotions est tres difficile. Apprendre à gerer ses emotions en temps reel est crucial pour pouvoir mener des conversations cruciales!

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            • […] suite dans le prochain épisode […]

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              • […] Le résumé du chapitre 10 dont je parle à la fin est consultable dans la deuxième partie. […]

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