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Un merveilleux malheur

Livre un Merveilleux Malheur Boris Cyrulnik

Résumé du livre « Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik : Nous sommes nombreux à penser que certaines blessures ne guérissent jamais vraiment. Boris Cyrulnik, lui, dit le contraire. Neurobiologiste, éthologue et clinicien au regard affûté par des décennies d’observation, il nous parle de ce mot béni : la résilience. Ce n’est ni l’oubli, ni la résignation, mais la capacité étonnante de l’être humain à se reconstruire, parfois même mieux, à partir de ce qui l’a brisé. C’est le premier véritable ouvrage grand public dans lequel l’auteur développe et popularise le concept de résilience.

Par Boris Cyrulnik, 1999, 242 pages.

Note : cette chronique est une chronique invitée écrite par Mélanie Schwartz du blog Focus Résilience, où elle développe le concept de résilience pour naviguer avec sérénité et confiance à travers les épreuves de la vie.

Chronique et résumé du livre « Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik :

Introduction : et si le malheur n’avait pas le dernier mot ?

Nous sommes nombreux à avoir traversé une épreuve qui nous a semblé insurmontable. Un deuil, une maladie, une rupture brutale, ou simplement une période de vie qui nous a mis à genoux. Et pourtant… certaines personnes s’en relèvent. Pas indemnes, non. Mais vivantes. Et parfois même plus solides qu’avant.

Comment est-ce possible ? C’est précisément la question à laquelle Boris Cyrulnik tente de répondre dans Un merveilleux malheur, publié en 1999. Et il le fait avec une autorité rare : neurologue, psychiatre et éthologue reconnu, il a lui-même échappé aux rafles nazies, perdu ses parents déportés à Auschwitz, et reconstruit sa vie à partir de presque rien. Quand il parle de résilience, il sait vraiment de quoi il parle !

Ce livre est le premier grand ouvrage grand public dans lequel l’auteur développe et popularise ce concept. Et ce qu’il en dit est à la fois déstabilisant et profondément libérateur. La résilience, ce n’est pas l’invulnérabilité. Ce n’est pas non plus une affaire de volonté ou de caractère bien trempé. C’est un processus. Une construction. Et surtout, ça ne se fait jamais seul. Ce qui est très différent de ce qu’on entend habituellement !

Si vous traversez une période difficile, ou si vous accompagnez quelqu’un qui souffre, ce livre peut profondément changer votre manière de voir les choses. Vous pouvez également découvrir quelques pistes pour vous aider à voir l’épreuve que vous traversez comme une possibilité de développer vos ressources intérieures en consultant l’article Comment transformer une épreuve en succès retentissant.

Résilience plantes qui poussent dans le sable

I. Ce que la résilience n’est pas : ou comment démolir les idées reçues

Avant de présenter sa définition de la résilience, Boris Cyrulnik commence avant tout par déconstruire toutes les fausses représentations que nous pouvons avoir de ce concept… et il y en a beaucoup.

Nous sommes nombreux à croire que la résilience est synonyme d’invulnérabilité. Mais être résilient ne veut pas dire ne pas souffrir, ni être insensible à la douleur. Ce concept n’est pas réservé aux forts, aux chanceux ou aux gens aisés. Et il ne s’agit pas non plus d’un don du ciel reçu à la naissance.

Devenir résilient, c’est un processus, pas un état. Il ne s’agit pas d’un trait de caractère inscrit dans nos cellules, mais d’une construction personnelle que l’on développe face à son environnement. Ce qui est très différent !

En partant de ce constat, on peut affirmer que la résilience n’est jamais complètement le fait d’une personne, car elle va également dépendre du contexte, des liens et du regard que les autres auront face à la personne qui souffre. Prenons l’exemple de l’enfant abandonné : il aura la possibilité de devenir résilient si un adulte bienveillant entre dans sa vie au bon moment. Il en va de même pour un adulte traumatisé. Ce dernier pourra se reconstruire si son entourage arrête de le considérer uniquement comme une victime.

Voir la résilience sous l’angle de l’auteur a une portée considérable, car ce point de vue montre que l’individu souffrant n’est pas le seul responsable dans son processus de guérison. Le regard des autres y est également pour beaucoup.

II. La double blessure : quand le contexte aggrave le trauma

L’une des idées les plus dérangeantes du livre, mais sans doute aussi l’une des plus importantes, est celle de la double blessure.

L’auteur considère que l’événement traumatique lui-même est la première blessure. Il peut s’agir ici d’un fait de violence, d’un deuil, d’un abus, d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle.

Puis vient le concept de la seconde blessure, c’est-à-dire la réaction de l’entourage, de la société ou de l’institution face à cette blessure. Boris Cyrulnik nous démontre d’ailleurs que c’est souvent la seconde qui fait le plus de dégâts chez la personne traumatisée ¹.

Pour illustrer ses propos, l’auteur présente différents cas cliniques : l’enfant victime d’abus qui ne récolte que des réactions silencieuses et honteuses quand il essaie d’en parler à sa famille. Ou le vétéran qui revient traumatisé de la guerre et se voit ignoré du reste de la société. Ou encore la femme battue qui demande de l’aide, mais qu’on renvoie simplement chez elle. Tous ces cas transmettent le même message : ‘ce n’est pas si grave’, ou pire encore, ‘c’est ta faute’ !

Boris Cyrulnik parle alors de refus social de la blessure. Mais c’est justement ce refus qui va en grande partie faire obstacle à la résilience. Lorsqu’une société n’écoute pas ses blessés et ce qu’ils ont à dire, cela leur enlève la possibilité de donner du sens à leur vécu. Le trauma reste alors ancré dans la chair et la douleur ne peut plus s’évacuer pour donner naissance à quelque chose de neuf.

III. Les mécanismes biologiques du trauma

Le point fort de Boris Cyrulnik est sa capacité à allier ses connaissances en neurobiologie et son expérience issue des récits cliniques.

Excellent pédagogue dans l’âme, il explique la manière dont un trauma va littéralement imprégner le cerveau. L’amygdale, qui est le siège des réponses de survie, a pour fonction d’enregistrer les événements terrifiants avec des images, des sensations ou des odeurs ². C’est pour cette raison qu’il est souvent difficile pour les personnes concernées de raconter leur trauma au début. Car l’être humain ne stocke pas le trauma dans la partie verbale du cerveau, mais bien dans le corps, dans les réflexes ou dans des cauchemars récurrents par exemple.

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Quand on sait cela, on comprend qu’au niveau thérapeutique, les implications sont d’une extrême importance : sachant que le trauma est d’abord corporel et sensoriel avant d’être verbal, une personne blessée ne pourra pas trouver le chemin vers la résilience par la parole, mais devra d’abord retrouver un sentiment de sécurité dans sa chair, ses sens et les liens sociaux. Et c’est seulement une fois que cette sensation de sécurité est à nouveau présente que la personne traumatisée peut entreprendre une guérison par la parole ; en commençant à raconter, à mettre des mots sur ce qui s’est passé.

Il existe donc bel et bien une séquence requise pour devenir résilient face à un trauma : le sentiment de sécurité d’abord, puis ensuite le récit. Mais de nombreuses personnes n’intègrent pas que l’ordre de ce processus est fondamental, ce qui explique pourquoi forcer quelqu’un à parler trop tôt de son trauma peut aggraver les choses au lieu de l’aider.

IV. Le tuteur de résilience : la figure centrale du livre

Le tuteur de résilience est sûrement le concept le plus célèbre de l’ouvrage ‘Un merveilleux malheur’, et également le plus important !

Boris Cyrulnik le met en parallèle avec l’horticulture : un tuteur, c’est un solide bâton que l’on plante à côté d’une jeune pousse fragilisée pour lui permettre de grandir malgré les intempéries. Dans la vie d’un être humain, c’est la même chose : un tuteur de résilience, c’est une personne (mais il peut également s’agir d’une structure, d’un livre ou d’un art), qui, au bon moment, va offrir à quelqu’un de blessé un appui solide, comme une main tendue vers un nouvel avenir ³.

Mais attention !, ce tuteur ne guérit pas et il ne remplace pas ce qui a été perdu. Il ne répare pas non plus le passé. Mais il accompagne, et parfois même sans le savoir. Il peut par exemple s’agir d’une enseignante qui, sans connaître le passé traumatique de son élève, lui dit qu’elle a foi en lui. Ou encore un ami qui est présent sans pour autant poser des milliers de questions. Ou une communauté qui permet à la personne blessée de se sentir entourée et encadrée.

Boris Cyrulnik s’appuie ici sur sa propre histoire en parlant des gens qui ont joué le rôle de tuteur pour lui : un instituteur, un libraire, quelques adultes qui ont vu en lui autre chose que simplement un enfant juif orphelin et sans papiers. Mais son tuteur le plus solide dans la durée, est bel et bien la littérature, cet art qui permet de raconter et de transformer en récit sa propre expérience !

Résilience la plante et le manque d'eau

V. Le rôle du lien précoce : l’attachement comme socle

Dans la deuxième partie du livre, Boris Cyrulnik commence par le commencement : la petite enfance.

Il s’appuie sur les travaux fondateurs de John Bowlby au sujet de la théorie de l’attachement ⁴ et démontre comment les tout premiers liens, (entre le bébé et ses figures d’attachement), constituent le fondement de ce que deviendra plus tard la résilience. Un enfant qui, petit, a été entouré de sécurité, de stabilité et d’amour, dispose ensuite des capacités à se représenter le monde comme un endroit où il est possible de faire confiance. Même lorsque cette représentation n’est pas parfaite, elle devient malgré tout une ressource sur laquelle l’enfant, puis l’adulte, pourra s’appuyer en cas de coup dur.

À l’inverse, un enfant qui a manqué de stabilité et d’affection, ou qui a été confronté à la négligence ou la violence, démarre sa vie avec ce que l’auteur surnomme une vulnérabilité de base. Cela ne veut pas dire qu’il sera définitivement incapable de se construire, mais il aura moins de ressources internes, d’où une reconstruction plus difficile et souvent plus dépendante des soutiens extérieurs.

Heureusement, il ne s’agit pas là d’une condamnation, mais simplement d’un constat clinique. Cela rappelle également qu’il ne faut jamais sous-estimer l’importance des premières années de vie, que ce soit dans l’éducation ou dans les politiques sociales.

VI. Résilience et récit : se raconter pour survivre

L’un des points culminants de « Un merveilleux malheur », c’est le rôle qu’il apporte au récit dans le processus de reconstruction.

Pour Boris Cyrulnik, ce n’est pas le trauma en lui-même qui influence le plus l’avenir d’une personne, mais bien la manière dont elle va (ou non) parvenir à le ‘mettre en récit’. En donnant l’opportunité à la personne blessée de raconter ce qui s’est passé, on lui laisse la possibilité de donner une logique à ce trauma et surtout, une vraie place dans l’histoire de sa vie. Ce processus permet de comprendre quelque chose qu’on a subi. Et lorsqu’on comprend, on peut en quelque sorte intégrer.

Pour mettre un traumatisme en récit, on peut avoir recours à plusieurs solutions : la psychothérapie bien sûr, mais aussi l’écriture, la peinture, le théâtre, la danse, ou encore un témoignage public. Ce qui compte véritablement ici, c’est que le récit soit entendu et qu’il y ait quelqu’un en face, un témoin, qui peut recevoir cette parole.

Boris Cyrulnik développe par ailleurs un concept bien connu des psychanalystes sous le nom de « Nachträglichkeit », ce qui signifie ‘après-coup’ en allemand. En d’autres termes, un trauma n’est jamais entièrement ‘terminé’ au moment où il se produit. Il va continuer de se réécrire tout au long de la vie, en fonction des nouvelles expériences et des nouvelles représentations que la personne blessée se fera de son passé ⁵. On peut donc vivre une catastrophe totale à vingt ans, mais trente ans plus tard, voir ce même événement comme un moment clé de notre résilience actuelle.

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Cela ne signifie pas qu’on nie la douleur qu’on a ressentie alors, mais c’est simplement une manière de montrer que cette douleur n’a pas le dernier mot. Certains blocages psychologiques peuvent empêcher cette mise en récit de se faire. Si vous vous reconnaissez dans certains mécanismes d’évitement, cet article sur les blocages psychologiques et comment dépasser le statut de victime pour s’en sortir peut constituer un point de départ utile.

VII. Des portraits humains qui donnent vie aux concepts

Tout au long du livre, l’auteur présente sa réflexion en s’appuyant sur des cas cliniques d’une grande richesse. Ce qui constitue l’une des forces du livre ‘Un merveilleux malheur’. 

On croise des enfants de la rue au Brésil, qui arrivent à survivre dans des conditions inimaginables pour nous, et qui développent une solidarité et une ingéniosité sidérantes. On rencontre également des orphelins roumains abandonnés dans des institutions sordides qui après avoir été adoptés sur le tard, réussissent à reconstruire des liens assez solides pour s’épanouir dans la vie ⁶. On rencontre aussi des survivants de camps de concentration qui ont su transformer leur expérience innommable pour en faire des œuvres artistiques ou intellectuelles reconnues.

Boris Cyrulnik ne prétend pas que la résilience est facile et qu’il suffit de le vouloir pour devenir résilient. Il évite également de dire que le malheur est irréversible. C’est là où l’auteur s’impose en maître : il reconnaît à la fois la réalité et la profondeur de la souffrance, et la possibilité, bien réelle de se reconstruire, sous certaines conditions.

Homme résilient qui refait surface

VIII. Ce que ce livre apporte à notre façon de voir les autres

Ce livre a pour effet de rendre le lecteur particulièrement humble.

La résilience est toujours une affaire de construction à plusieurs facteurs selon l’auteur, donc la volonté seule ne suffit pas. C’est un point important, car cela permet de déconstruire l’idée selon laquelle on se suffit à soi-même pour se reconstruire. Mais non, on ne se relève pas seul d’un trauma. Tout simplement parce qu’on ne se construit pas seul.

Plusieurs confrères de l’auteur ainsi que des personnalités du développement personnel donnent beaucoup trop d’importance à la responsabilité individuelle. Boris Cyrulnik, lui, insiste sur son contraire : une personne blessée qui ne reçoit aucun soutien, aucun regard bienveillant, aucun tuteur, aura statistiquement très peu de chances de se reconstruire après un traumatisme sévère. Il ne s’agit en aucun cas d’une faiblesse.

L’ouvrage nous propose également de devenir, si possible, un tuteur de résilience pour ceux qui nous entourent. Aucun besoin d’être thérapeute pour ça ! Ni même d’avoir les mots parfaits. Ce qui compte avant tout, c’est de ne pas réduire l’être blessé à sa seule blessure. Quand on arrive à faire comprendre à une personne traumatisée qu’on la considère capable de plus que ce qu’elle croit, alors on devient son tuteur.

Et pour passer de spectateur de la souffrance à acteur de la résilience, nous pouvons déjà commencer par identifier nos propres croyances limitantes grâce à l’article Auto-sabotage : les 10 croyances limitantes les plus répandues

Conclusion sur « Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik : ce qu’il peut changer pour vous et moi

Un petit mot sur Boris Cyrulnik

Pour bien comprendre les ouvrages de Boris Cyrulnik, il est important de savoir qui il est. Neuropsychiatre, éthologue, et directeur d’enseignement à l’Université de Toulon, il a été formé auprès des pionniers de l’éthologie mondiale (Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen…). Sa particularité ? Il ne considère pas l’homme seulement comme un patient, mais comme un être résolument social. Selon lui, nos comportements, nos souffrances et nos ressources intérieures sont directement liés à des facteurs à la fois biologiques, culturels et sociaux.

Né en 1937 à Bordeaux, il perd ses parents déportés à Auschwitz quand il a six ans, échappe lui-même à la mort de justesse, et grandit dans la France de l’après-guerre. Il aurait eu toutes les raisons de sombrer, mais il a préféré devenir l’un des psychiatres les plus lus de France et l’une des personnalités de la psychologie du traumatisme les plus célèbres au monde.

Un merveilleux malheur est son sixième livre, mais c’est bien cet ouvrage qui est à la base de tous ses travaux suivants.

Ce que le livre ‘Un merveilleux malheur’ a à offrir 

Grâce à l’ouvrage Un merveilleux malheur, j’ai compris un peu mieux ce que signifie la résilience. Finalement, on devient résilient le jour où l’on cesse de lutter contre ce qui nous arrive pour commencer à écouter ce que l’épreuve cherche à transformer en nous. Boris Cyrulnik met des mots sur un vécu que beaucoup de gens traversent en silence. Il nous dit que nos blessures ne nous condamnent pas, mais qu’elles peuvent, bien au contraire, devenir des appuis pour se reconstruire de manière plus authentique.

Avant d’avoir un cancer du sein agressif, je faisais passer tout le monde avant moi. Mais ce livre m’a rappelé que la vraie force ne consiste pas à tout porter, à tout contrôler ou à tout réussir. Pendant longtemps, j’ai cru que tenir bon passait par le fait de m’oublier, mais au final, l’épuisement puis la maladie m’ont forcée à changer ce regard. Quelque part, la résilience n’efface pas la peur, mais elle transforme notre relation à elle. C’est ce qui s’est passé pour moi.

Si vous traversez une période difficile, retenez surtout une chose : vous n’avez pas besoin d’attendre d’être “réparé” pour avancer. Faites un petit pas, puis un autre, et ils s’ajouteront pour développer vos ressources intérieures. ‘Un merveilleux malheur’, c’est une véritable invitation à regarder sa propre histoire sous un angle nouveau !

Selon moi, ce livre peut vous apporter une nouvelle façon de vous regarder et de regarder les autres. Et également vous aider à mieux vous comprendre, vous. Nous vivons dans une société qui met en avant la performance, l’invulnérabilité, la maîtrise de soi… Mais dans ‘Un merveilleux malheur’, on apprend que c’est l’humilité qui devient une force. Les personnes les plus solides ne sont pas celles qui n’ont jamais souffert, mais bien celles qui ont appris à traverser cette souffrance sans s’y perdre. Même lorsqu’on a vécu le pire, la vie peut encore nous réserver des trésors.

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Je recommande ce livre à toute personne en quête de sens après une épreuve. Mais aussi à tous ceux et celles qui accompagnent une personne traumatisée, et tout simplement à toutes les personnes qui s’interrogent sur ce qui fait nos forces et nos fragilités !

Points forts :

  • Une rigueur scientifique, mais accessible – Boris Cyrulnik est d’abord un chercheur. Et il s’appuie donc sur des données réelles, des études et des observations cliniques documentées. Et même si son ouvrage n’est pas vulgarisé, il arrive à le rendre lisible sans trahir ses concepts, ce qui est loin d’être donné à tous les auteurs d’ouvrages de non-fiction…
  • Une juste vision de la souffrance – Le livre ne minimise jamais la douleur. Il n’est pas question de prétendre que le malheur est une chance. L’auteur explique bien qu’il est possible de se reconstruire dans certaines conditions.
  • Des portraits humains qui enrichissent le récit – Les cas cliniques proposés par l’auteur sont très touchants. Il n’est pas question de statistiques ici, mais bien de personnes réelles.
  • Une invitation à élargir ses horizons – Boris Cyrulnik s’appuie sur ses connaissances en éthologie, en neurobiologie, en psychanalyse et en sociologie. De ce fait, la vision de l’auteur sur le trauma n’appartient au final à aucune école, ce qui est particulièrement enrichissant selon moi.
  • Un espoir réel, pas utopique – L’auteur ne nous invite pas à espérer naïvement. La réalité n’est pas embellie. On comprend que l’on peut rebondir, certes, mais seulement si certaines conditions sont réunies.
  • Une écriture littéraire – Boris Cyrulnik écrit bien, même très bien. C’est un peu comme un essai, mais qui se lit comme une histoire.

Points faibles :

  • Une structure parfois déconcertante Le livre ne suit pas un plan linéaire et progressif. Il avance, puis revient sur des thèmes déjà abordés, pour ensuite juxtaposer des niveaux de réflexion très différents. Pour le lecteur habitué aux essais bien cadrés, cela peut être déconcertant au début.
  • Des passages parfois ardus – Certains passages, notamment sur la neurobiologie ou la théorie de l’attachement, demandent au lecteur une lecture très attentive, car les concepts ne sont pas faciles de prime abord. Il vaut mieux éviter la lecture le soir quand on est fatigué…
  • Des données parfois anciennes – Rappelons que le livre a été publié en 1999 et s’appuie donc sur des études et des connaissances qui ont parfois évolué depuis. 
  • Les limites de la résilience sont peu explorées – Peut-être qu’il aurait été intéressant d’avoir un passage qui explique dans quelles situations la résilience ne se produit pas, et pourquoi.
  • Peu de conseils pratiques – Il s’agit d’un ouvrage de réflexions, pas d’un guide pratique. Donc les lecteurs qui cherchent des outils concrets restent sur leur faim.

Le contenu est extrêmement intéressant, mais la lecture de l’ouvrage n’est pas évidente. En revanche, je peux dire que la concentration que demande ce livre est largement compensée par ce qu’il peut apporter en termes de compréhension sur le processus de résilience après un traumatisme.

La note de Mélanie du blog Focus Résilience

★★★★☆

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Pour aller plus loin

Si ce livre vous a intéressé, vous pouvez également lire :

  • Les Vilains Petits Canards (Boris Cyrulnik, Odile Jacob, 2001) : l’auteur approfondit les mécanismes de la résilience de l’enfance à l’âge adulte, avec une attention particulière aux contextes familiaux et scolaires.
  • Sauve-toi, la vie t’appelle (Boris Cyrulnik, Odile Jacob, 2012) : autobiographie, dans laquelle l’auteur raconte pour la première fois avec précision sa propre traversée du deuil et de l’abandon.
  • Le Pouvoir du moment présent (Eckhart Tolle) : pour explorer la dimension du rapport au temps et de l’acceptation, en complément de la réflexion sur l’après-coup développée par Cyrulnik.

Notes et références scientifiques

  1. Herman, J. L. (1992). Trauma and Recovery: The Aftermath of Violence — From Domestic Abuse to Political Terror. Basic Books. — Référence fondatrice sur la notion de traumatisme secondaire et le rôle de l’environnement social dans la chronicisation du trauma.
  2. LeDoux, J. (1996). The Emotional Brain: The Mysterious Underpinnings of Emotional Life. Simon & Schuster. — Sur les mécanismes de l’amygdale et l’encodage non verbal des souvenirs traumatiques.
  3. Cyrulnik, B. (1999). Un merveilleux malheur. Odile Jacob, p. 87-102. — Définition et développement du concept de tuteur de résilience.
  4. Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss, Vol. 1: Attachment. Basic Books. — Théorie de l’attachement, base théorique centrale dans l’argumentation de Cyrulnik sur les ressources précoces.
  5. Van der Kolk, B. A. (2014). The Body Keeps the Score: Brain, Mind, and Body in the Healing of Trauma. Viking. — Complémentaire à Cyrulnik sur la dimension corporelle du trauma et la reconstruction narrative.
  6. Rutter, M. (1985). Resilience in the face of adversity: Protective factors and resistance to psychiatric disorder. British Journal of Psychiatry, 147, 598-611. — Étude de référence sur les facteurs protecteurs de la résilience dans les populations d’enfants à haut risque, dont les enfants institutionnalisés.
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