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L’analyse transactionnelle

l'analyse transactionnelle Alain cardon

Résumé de «L’analyse transactionnelle. Apprenez à vous connaître pour mieux vous positionner dans vos relations » de Alain Cardon, Vincent Lenhardt et Pierre Nicolas : cet ouvrage agrémenté de schémas, dessins et exercices à réaliser vous fera découvrir les outils passionnants de l’analyse transactionnelle, particulièrement éclairants pour vous qui cherchez à mieux comprendre votre relation à vous-même et aux autres !

Par Alain Cardon, Vincent Lenhardt, Pierre Nicolas, 2015, 313 pages.

Table des matières

Chronique et résumé de « L’analyse transactionnelle. Apprenez à vous connaître pour mieux vous positionner dans vos relations » de Alain Cardon, Vincent Lenhardt et Pierre Nicolas

Introduction 

L’analyse transactionnelle (AT) est une théorie de la communication fondée dans les années 1950 aux États-Unis par le docteur Éric Berne et un petit groupe de psychologues et de thérapeutes. Elle s’étend ensuite à de nombreux pays et domaines (prisons, hôpitaux, écoles, entreprises). Cette théorie peut être utilisée dans la vie personnelle et professionnelle.

L’AT est un outil d’analyse qui vous donne des moyens pour observer et comprendre les problèmes que vous rencontrez. Vous pouvez proposer vous-même des solutions. L’analyse transactionnelle améliore votre connaissance de vous-même, votre manière de communiquer et vos relations avec les autres.

Elle vous demande d’engager un travail personnel d’apprentissage, de suivi pour accompagner les prises de conscience et les changements de comportement.

À travers l’analyse transactionnelle, vous avez la responsabilité d’analyser les problèmes que vous rencontrez. Pour ce faire, les auteurs présentent les différents concepts de la théorie de l’analyse transactionnelle et l’accompagnant d’applications concrètes.

Partie 1 — De la personne à la relation

Chapitre 1 — Les choix de comportement : les états du moi

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous avez l’impression de changer plusieurs fois de comportements dans la même journée ? Pourquoi pouvez-vous être tantôt perçu comme efficace, serviable ou bien impatient, autoritaire ou découragé ? Le concept d’états du moi (à ne pas confondre avec les types d’intelligence) est central dans l’analyse transactionnelle et nous offre des éléments de réponse.

Introduction aux états du moi

« Le concept d’états du moi repose principalement sur la division de la personnalité d’un individu en trois parties, ou trois états : le Parent, l’Adulte et l’Enfant. Les états du moi sont toujours orthographiés avec une majuscule, par opposition à parent, adulte, enfant qui représentants des personnes. » (L’analyse transactionnelle, p.24)

L’état du moi Parent (domaine de l’appris) correspond aux moments où vous reproduisez des émotions et des comportements que vous avez appris au contact de figures importantes d’autorité. Celles-ci peuvent avoir été connues dans votre enfance. Parfois, ce sont des personnes dont vous avez suivi l’exemple (parents, autres membres de la famille, tuteurs, professeurs, etc.). Ce sont aussi les enseignements que vous avez tirés et stockés de votre expérience et les données sociales et culturelles de l’environnement dans lequel vous vivez. Vous pouvez alors être amenés à formuler des conseils (« comment faire »), des injonctions et des énoncés normatifs (« il faut… », « cela doit… ») relatifs à ce que devrait être (selon ces figures d’autorité intégrées en vous) par exemple la réussite dans la vie, la famille, l’amitié, le sport, etc.

L’état du moi Adulte (domaine du pensé) n’est pas lié à votre âge. Il correspond aux moments où vous prenez en compte des informations qui vous permettent d’apprécier objectivement la réalité extérieure et d’élaborer des réponses raisonnées.

Ces informations, quand elles sont suffisamment précises et exactes, vous permettent d’énoncer (tout en les évaluant et en les mesurant) des faits, des probabilités, des décisions, des objectifs, des résultats, etc.

L’état du moi Enfant (domaine du senti) correspond aux moments où vous ressentez des besoins ou des émotions qui peuvent être à la fois liés à des situations actuelles (j’ai faim, j’ai peur) et à des situations passées. Dans le cas des situations passées, vos émotions sont alors influencées, consciemment ou non, par celles que vous avez ressenties lorsque vous étiez enfant. Vous avez alors tendance à aller vers ce que vous avez associé à des plaisirs et à fuir ce qui a été associé à des souffrances.

La grille d’analyse constituée par ces trois états du moi (Parent, Adulte, Enfant) peut être appliquée aussi bien à vous-même qu’à un autre individu, mais aussi à un groupe (famille, magasin, entreprise, association, etc.).

  • Parent : traditions, règlement intérieur, recettes, normes, valeurs, structures de contrôle, sécurité.
  • Adulte : processus, méthodes, moyens, organes de formation, réflexion, production d’information, de communication et de décision.
  • Enfant : motivation, créativité, climat, ambiance, rites, habitudes, modes de communication.

L’analyse fonctionnelle introduit des divisions dans chacun de ces états du moi. Chaque état du moi peut avoir des aspects positifs et négatifs.

Les états du moi : enfant, parent, adulte

Divisions des états du moi

Le Parent Normatif (PNF) dit ce qui doit être fait sous la forme d’injonctions (« il faut », « tu dois ») et entraine souvent l’exécution automatique de comportements répétés (porter tel type de vêtement, éteindre la lumière, être à l’heure, bien écrire). Les limites posées par ces injonctions peuvent protéger, mais aussi être abusives s’il y a dévalorisation.

Le Parent Nourricier (PNR) est bienveillant, chaleureux, conseille et encourage. Le PNR renvoie aux façons de faire, aux « modes d’emploi » que la personne a copiés dans son environnement (« comment faire pour s’organiser, être responsable, travailler, s’amuser »). Il devient abusif quand il prend trop en charge, surprotège et freine. On peut réaliser des « reparentages », c’est-à-dire d’examiner les enregistrements parentaux et de chercher à les rendre plus positifs.

L’Adulte prend de la distance vis-à-vis de ses affects et de ses sensations immédiates et de ses jugements de valeur. Il se base sur le temps présent et la réalité extérieure pour établir des énoncés logiques, des prévisions et des objectifs. Un trop-plein ou un manque d’informations peuvent amener à de mauvaises décisions et évaluations.

L’Enfant Spontané réagit, par des mouvements et des expressions, au plaisir et à la souffrance et à quatre émotions fondamentales (peur, tristesse, colère, joie). Dans son côté positif, il est vivant, épanoui et libre. Dans son côté négatif, il peut blesser et ne pas tenir compte de la réalité sociale.

L’Enfant Adapté est plus adapté socialement et favorise l’intégration sociale. Il cherche à obtenir des figures d’autorité (grandes personnes) une réaction spécifique. L’Enfant Adapté Soumis cherche à vivre en harmonie avec elles et à obtenir leur approbation. L’Enfant Adapté Rebelle ressent souvent un manque d’affection, ou de l’abus, et désobéit à l’autorité parentale pour obtenir de l’attention. Dans tous les cas, l’Enfant Adapté se protège, apprend, se défend et réagit. S’il est trop développé, l’Enfant Adapté empêche le développement de l’Enfant Spontané et peut s’auto-détruire et se dévaloriser.

L’Enfant Créateur (ou Petit Professeur) a une pensée intuitive, peu verbalisée, basée sur des perceptions immédiates. Il a ainsi une bonne compréhension des relations interpersonnelles ce qui peut l’aider à se protéger et à comprendre rapidement une situation. Mais il peut être illogique et peu réaliste.

Tous ces états du moi peuvent être utiles au quotidien en tenant compte :

  • Du degré d’urgence ;
  • De la tâche à accomplir ;
  • Des personnes (il peut être utile d’être protecteur avec certains, et de laisser beaucoup d’indépendance à d’autres).

Comparaison des états du moi

Alain Cardon, Vincent Lenhardt et Pierre Nicolas établissent une liste détaillée des différentes façons de reconnaître chaque état du moi ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients.

Chaque état est décrit en fonction de différents items :

  • Comportement général
  • Attitudes physiques
  • Expressions verbales
  • Mots
  • Contenu
  • Origine
  • Attitudes par rapport à des faits et des personnes
  • Monologues intérieurs en positif et négatif
  • Avantages
  • Inconvénients

Quelques exemples

Parent Normatif : directif, doigt tendu, sourcils froncés, voix assurée, critique, citations moralisantes. Mais aussi : c’est bien/mal, jugements de valeur, règles de conduite. Il se dit intransigeant envers lui-même et les autres. Il favorise l’intégration sociale et sécurise. Toutefois, il peut inhiber la créativité individuelle.

Parent Nourricier : aidant, réconfortant, gestes d’accueil et d’ouverture, souriant, bras ouverts. Mais aussi : voix apaisante, chaleureuse, sécurité, conseil, très bien. Il donne la permission pour vivre et croître, il protège des dangers. Il peut empêcher le développement de l’autre.

Enfant Spontané : libre, naturel, tient peu compte des contraintes de l’environnement social. Mais aussi : aime s’amuser, bouger, regard direct et expressif, langage corporel varié, voix haute, excitée, pleurs, langage simple, exclamations. Il est source d’énergie, de plaisir, de dynamisme. Il peut rester un « enfant sauvage » inadapté socialement.

Enfant Adapté Soumis : lève le doigt pour prendre la parole, respectueux, voix douce et raisonnable, hésitante, Mais aussi : coupable, honte, se plie à l’autorité. Il intègre les automatismes sociaux utiles pour la vie en société. Mais l’excès de soumission peut mener à l’indécision.

Enfant Adapté Rebelle : réagit en opposition aux figures parentales et aux institutions, coupe la parole, parle fort, voix rageuse, « je vais me défendre ». Il protège l’enfant face aux excès de pouvoir. Il peut être violent et agité.

Enfant Créateur : lunatique, absorbé dans ses rêves créateurs, regard brillant et vif. Mais aussi : voix curieuse, pose des grandes questions sur des évidences ou des sujets tabous, peut être manipulateur. Il aime s’attaquer à de nouveaux problèmes, stimuler l’activité créatrice et artistique, guider l’Adulte dans ses relations. Mais ses rêves peuvent biaiser toute son activité et il peut se voir comme non reconnu pour son génie.

Adulte : neutre, écoute, reformule, posture droite et détendue, ouverte, attentive, voix égale, confiante. Mais aussi : phrases claires, concises, informatives, logiques. Il a confiance en lui et prends le temps de résoudre un problème à l’aide de moyens adaptés. Attention à la perte de contact avec l’Enfant et avec le Parent. Il peut devenir froid, distant, dépourvu de morale et de spontanéité.

Les états du moi et la résolution de problèmes

  • Parent Normatif : Il veille au respect des limites et des normes ce qui peut être structurant et dynamisant pour un individu ou un groupe. Mais l’imposition autoritaire et la dévalorisation de ce qui semble différer de la norme peuvent être nuisibles.
  • Parent Nourricier : Il valorise, encourage et donne droit à l’erreur et favorise un climat propice au travail de groupe. Trop rassurant, il peut excuser l’inefficacité, voire décourager.
  • Enfant Spontané : ignore l’existence des problèmes et exprime ses émotions de manière intense.
  • Enfant Adapté : met en place des méthodes et des solutions, pas nécessairement les plus efficaces, mais en accord avec leur rapport à l’autorité (soumission ou rébellion).
  • Créateur : l’Enfant Créateur trouve rapidement des solutions créatives et parfois géniales, à travers son intuition, mais qui peuvent être parfois simplistes ou irréalistes et qui doivent être précisées par l’Adulte.
  • Adulte : résout en permanence des problèmes, apprécie des hypothèses et des solutions, met de côté les jugements de valeur et les émotions et décide quand cela est nécessaire. La qualité des solutions dépend des informations disponibles. En tant qu’adulte, vous pouvez toujours vous perfectionner, mais cela demande un long travail !

« En attendant, l’Adulte est souvent contraint par l’urgence à faire appel aux solutions toutes faites que lui proposent les autres états du moi : principes du Parent Autoritaire, recettes du Parent Nourricier, émotions de l’Enfant Spontané, automatismes de l’Enfant Adapté ou intuitions de l’Enfant Créateur. La question est alors d’avoir suffisamment d’énergie disponible pour garder le contrôle… » (L’analyse transactionnelle, p.52).

Méthode de résolution de problèmes à partir des états du moi

Lorsqu’un problème se présente à vous, cherchez à répondre à certaines questions pour identifier les états du moi :

  • Parent : pour vous décharger des problèmes, vous pouvez vous demander : est-ce bien à moi de prendre la responsabilité de résoudre ce problème ? Sinon, à qui incombe-t-elle ?
  • Adulte : est-ce que j’ai les moyens (outils, aides, argent, informations, etc.) pour résoudre ce problème et sinon comment les acquérir ?
  • Enfant : ai-je envie que le problème soit résolu et sinon comment faire pour avoir envie ? (50 % de l’énergie et de la motivation d’une personne sont dans l’Enfant).

Puis demandez-vous si vous n’allez pas saboter la résolution du problème (par exemple : en oubliant un document important, en vous comportant de façon inappropriée).

La notion de contrôle

Seul vous-même pouvez déterminer votre propre état du moi. Mais quelqu’un d’extérieur peut essayer de le préciser en cherchant où se trouve votre véritable énergie. Par exemple, vous masquez une peur en réprimant violemment quelqu’un.

En observant une personne pendant un temps suffisamment long, on peut repérer la tendance générale de son comportement et quel état du moi est au contrôle et fait agir ou s’exprimer les autres états du moi.

  • Si l’Adulte est au contrôle : comportement stable, vous savez reconnaître et intégrer vos émotions (Enfant) et vos jugements de valeur (Parent). Bonnes conditions de survie et d’épanouissement dans le cadre de la réalité présente.
  • Quand le Parent est au contrôle : comportement stable en apparence, mais des crises émotionnelles intenses peuvent surgir « car le contrôle du Parent implique toujours un certain refoulement des besoins et désirs de l’Enfant. » (p.54). La défense des valeurs peut aller contre votre propre épanouissement ou celui des autres.
  • Lorsque c’est l’Enfant qui contrôle : comportement instable, vous tenez peu compte de la réalité et vous êtes submergé par vos émotions.
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Vous pouvez mettre l’Adulte au contrôle en vous posant les bonnes questions sur l’objectif à atteindre. Si vous êtes en relation avec quelqu’un, vous pouvez chercher à redéfinir ou préciser votre objectif commun.

Vous pourriez aussi trouver un intérêt à recourir à la communication non violente.

Les contaminations

L’Adulte se trouve contaminé quand une information erronée (du Parent) ou une sensation floue (de l’Enfant) sont considérées comme objectives, neutres et véritables. Lorsque cela vient du Parent, c’est un préjugé (« les femmes ne savent pas conduire »). Lorsque cela vient de l’Enfant, c’est une illusion (« aujourd’hui, c’est mon jour de chance »). Préjugés et illusions peuvent se renforcer mutuellement.

Les exclusions

Un état du moi est exclu quand vous ne l’utilisez (presque) jamais. Et si vous ne fonctionnez que selon un seul état du moi, cela est négatif. C’est l’Adulte, quand il est au contrôle, qui permet d’utiliser de façon optimum les trois états du moi.

Les états du moi dans le développement de la personne

L’analyse transactionnelle permet de/d’ :

  • Identifier et d’accepter les différents états du moi ;
  • Percevoir les contaminations ;
  • « Décontaminer » ;
  • Mettre l’Adulte au contrôle ;
  • Augmenter la compétence interne et externe de l’adulte ;
  • Mettre chaque état du moi au service de la personne dans sa complétude (L’analyse transactionnelle, p. 58).

Un groupe efficace prend en compte et intègre les trois plans représentés par les trois états du moi :

  • Parent = les valeurs ;
  • Adulte = les méthodes ;
  • Enfant = le climat.

Si ces trois plans ne sont pas intégrés dans une perspective d’ensemble, des contradictions, des conflits et des frustrations peuvent émerger dans le groupe. L’analyse transactionnelle est un outil d’analyse qui permet cette intégration.

États du moi et transaction

Dans sa vie professionnelle, une personne est au centre de six niveaux de relations :

  1. Avec elle-même ;
  2. Interindividuelles ;
  3. Individu à groupe ;
  4. Groupe à groupe ;
  5. D’un groupe à l’ensemble de l’environnement social (marché, société, pouvoirs publics, syndicats…) ;
  6. De chacun de ces niveaux avec l’environnement naturel (écosystème).

À chacun de ces niveaux, des relations entre Parents, Adultes et Enfants s’installent : ce sont des transactions.

Modèle de communication : les transactions

Chapitre 2 — Les modèles de communication : les transactions

Une transaction est une unité d’échange social entre deux ou plusieurs personnes et l’échange peut porter sur des paroles, des écrits, des gestes, des regards, des objets, des contacts physiques, etc.

L’analyse transactionnelle permet d’analyser les transactions et leurs combinaisons et de mieux comprendre la communication.

Le contenu de la relation

Dans une transaction, vous devez distinguer deux types d’informations :

  • Le contenu du message : de quoi parle-t-on ?
  • La relation entre les personnes : rôle des personnes qui parlent, relations entre elles, manière de s’adresser la parole.

Les différentes sortes de transactions

Les transactions simples

  • Transactions parallèles ou complémentaires : les états du moi de toutes les personnes engagées dans une communication se répondent en correspondant aux intentions de chacun. Il n’y a alors pas d’imprévu dans la communication. Quatre combinaisons sont courantes : Parent à Enfant, Parent à Parent, Adulte à Adulte, Enfant à Enfant.
  • Transactions croisées : des états du moi différents communiquent, ce qui entraine des malentendus et des désaccords. Par exemple, quand quelqu’un adopte une attitude dogmatique (Parent) et place l’autre dans une position d’Enfant (« Pourquoi donc fais-tu toujours cela… ? », « tu ne penses qu’à t’amuser ! »). Mais, à l’inverse, vous pouvez vous appuyer sur un certain état du moi pour rétablir une bonne communication d’Adulte à Adulte (« qu’est-ce qui vous a énervé ? »).

Les transactions doubles (cachées)

Ce qui caractérise les transactions cachées ou doubles est qu’elles ont lieu à deux niveaux principaux :

  • Apparent (dit aussi « social », c’est l’explicite, l’observable, le langage parlé) ;
  • Caché (dit aussi « psychologique », c’est tout l’implicite et le non-verbal, par opposition au verbal).

Chaque interlocuteur est confronté à différents états du moi au cours de ce type de transaction.

Les transactions cachées sont souvent utilisées pour manipuler les personnes, par manque de temps pour atteindre un objectif à court-terme (par l’intimidation par exemple). Elles peuvent aussi être un moyen d’obtenir une aide sans la demander directement.

Les transactions Adulte-Adulte

Les transactions Parent-Enfant amènent souvent à des incompréhensions dans les relations. Pour résoudre les problèmes courants, essayez alors de revenir à une relation Adulte-Adulte.

Vous pouvez alors utiliser des techniques de communication pour chercher à débloquer des conflits et recentrer l’énergie des personnes sur la tâche à accomplir ou l’objectif à atteindre.

En vous positionnant comme Adulte, vous vous mettez dans une posture d’écoute et vous posez des questions ouvertes (pour obtenir des informations, opinions et saisir des sentiments, « que pensez-vous de… »), fermées (pour obtenir un accord, une prise de position, une décision « acceptez-vous… » « voulez-vous… »), et neutres (pour ne pas influencer le sens ou le contenu de la réponse comme le font souvent le Parent ou l’Enfant).

Si l’interlocuteur donne des réponses qui ne conviennent pas, vous pouvez relancer avec bienveillance en utilisant des expressions neutres et en reformulant ses sentiments.

Les règles de communication

Si les transactions sont…

  • Complémentaires : alors, maintien de la communication.
  • Croisées : interruption ou rupture de la communication.
  • Doubles : le maintien de la communication dépend du niveau psychologique.

Les transactions sont des interactions

Pour comprendre ce qu’est une transaction, il ne faut pas seulement prendre en compte l’aspect verbal de l’échange. mais également les aspects non verbaux de la communication. C’est un circuit d’échanges d’informations de différentes natures. L’analyse transactionnelle permet ainsi de déculpabiliser l’individu (on se recentre sur les échanges) et d’aller vers la recherche de solutions.

Chapitre 3 — Les relations de dépendant et d’autonomie : la symbiose

Relation d’autonomie et relation symbiotique

Entre deux personnes (physiques ou morales), il peut y avoir une relation :

  • d’autonomie : indépendance entre les deux et mise en commun de leurs ressources
  • symbiotique : dépendance, les personnes se comportent comme si elles ne formaient qu’une seule personne

La symbiose apparaît souvent dans des transactions Parent-Enfant Adapté (ou éventuellement Adulte-Enfant). Cela se produit, par exemple, quand vous croyez que votre survie dépend de celle de l’autre ou quand vous répondez à la place de quelqu’un d’autre.

La contre-symbiose et la chaîne symbiotique

La contre-symbiose équilibre la symbiose, par exemple :

  • au niveau professionnel et financier : mari = Parent et Adulte, femme = Enfant (dépendant)
  • au niveau de la vie au foyer : mari = Enfant (dépendant)

La chaîne symbiotique est formée par une succession de symbioses et de contre-symbiose, par exemple dans une entreprise entre les différents niveaux hiérarchiques (ouvriers, agents de maîtrise, cadres, cadres supérieurs, directeurs, P.D.G.)

Dévalorisation, survalorisation (méconnaissances)

Un enfant dépend des adultes qui s’occupent de lui. Si vous êtes une personne adulte, la symbiose est une dépendance psychologique, imaginaire et non réelle. Elle est provoquée par la croyance partagée par deux personnes que l’une a davantage de capacités que l’autre. À l’inverse, lorsqu’il y a une relation d’autonomie, chacun coopère en reconnaissant ses compétences et celles de l’autre, sans dévaloriser ou survaloriser.

La dévalorisation ou la survalorisation peuvent porter sur un problème, une solution, la possibilité de résoudre un problème, une personne. Votre état du moi (Enfant, Adulte, Parent) peut être dévalorisé quand un jugement est porté, par exemple, sur la créativité, la logique ou le jugement moral que vous exprimez. Le risque est alors que vous intériorisez cette dévalorisation et que vous excluiez l’état du moi dévalorisé.

Les quatre formes de passivité

Lorsqu’il y a symbiose, il y a souvent aussi des problèmes non résolus et de la passivité face aux problèmes.

Il y a quatre formes de comportements passifs :

  • L’inaction, ne rien faire : vous reportez, vous croyez que « ça va s’arranger », vous ne pas prenez pas de décision
  • La suradaptation : vous cherchez à cacher le problème de fond, vous vous occupez à faire autre chose (plutôt que de résoudre le problème)
  • L’agitation : vous manifestez une activité intense, mais mal structurée et non productive.
  • L’incapacité ou la violence : vous expliquez votre incapacité à résoudre le problème en évoquant la malchance ou quelqu’un d’autre

Symbiose et transformation

L’analyse transactionnelle vous permet de percevoir les relations symbiotiques dans lesquelles vous pouvez vous trouver à différents niveaux. En prenant conscience de ces symbioses, des dévalorisations et survalorisations implicites des relations et des formes de passivité, vous pouvez aller vers une transformation pour établir des relations plus autonomes et valorisantes.

La symbiose saine

Toute symbiose n’est pas à bannir. Le petit enfant est nécessairement dépendant des personnes qui s’occupent de lui. Vous pouvez aussi, à certains moments de votre vie, être momentanément pris en charge par une autre personne (évènement fort comme un deuil, etc.). Vous pouvez aussi consciemment mettre en place certaines symbioses, c’est-à-dire vous mettre d’accord avec une ou plusieurs personnes sur une répartition des rôles pendant une période donnée.

Il existe des symbioses saines

Partie 2 — Les motivations plus personnelles

Chapitre 4 — Un besoin fondamental, être reconnu : les stimulations

« [N]ous pouvons définir une stimulation (stroke, en anglais) comme un signe de reconnaissance échangé entre deux états du moi, deux personnes, deux groupes… Ce signe est un moyen par lequel l’un d’entre eux reconnaît l’existence de l’autre, par le biais d’un geste, d’un acte, d’une parole, etc. » (L’analyse transactionnelle, p.92)

Le besoin de stimulations

Le besoin de stimulation est un besoin d’échange avec l’environnement physique ou social. Des études ont monté qu’il est tout aussi vital que la nourriture, la chaleur, le sommeil… Manquer de stimulation peut conduire à des souffrances psychologiques qui peuvent s’accompagner de souffrances physiques.

Les types de stimulation

Les stimulations peuvent être physiques ou sociales (paroles, argent, pouvoir, honneurs, etc.). En ce qui concerne les stimulations sociales, les aspects non verbaux comptent beaucoup, mais ne sont pas assez pris en compte (ton de la voix, gestes, attitude physique, etc.).

  • Stimulations positives : sources de plaisir, d’épanouissement, de confiance en soi et dans les autres…
  • Stimulations négatives : sources de déplaisir, de souffrance, de méfiance…

En recevant la stimulation, vous lui associez un ressenti positif ou négatif. Ainsi vous pouvez très bien recevoir un compliment comme négatif (exemple : une jolie femme qui voudrait être reconnue pour son intelligence).

Le besoin de stimulation est si important qu’une personne préfère souvent recevoir des stimulations négatives (une claque pour un enfant, une réprimande d’une figure d’autorité dans un espace public) que d’être ignorée.

  • Stimulations conditionnelles : vous les recevez pour ce que vous faites à un moment donné. Elles sont basées sur vos actions. Le risque est de devenir dépendant de la personne qui émet ces stimulations.
  • Stimulations inconditionnelles : vous les recevez en lien avec votre personne, qui vous êtes, et non ce que vous faites précisément à un moment donné (« tu es belle », « tu es difficile »). En fonction de si elles sont positives ou négatives, ces stimulations peuvent constituer une source d’énergie qui vous amène à être autonome et constructif, ou bien destructif, envers vous-mêmes et les autres.

Quelles stimulations émettre ?

  • Positives inconditionnelles : importantes pour vous permettre de vous épanouir, de mobiliser pleinement vos capacités, d’être de moins en moins manipulable et d’aller vers l’autonomie.
  • Positives conditionnelles : nécessaires pour les processus d’éducation et de formation. Doivent être accompagnées de stimulations positives inconditionnelles (pour favoriser l’indépendance)
  • Négatives conditionnelles : utiles comme indications pour orienter des activités (en complément des stimulations positives conditionnelles). Si elles sont trop développées, elles favorisent uniquement le contrôle et les normes (au détriment de l’autonomie et de la créativité, ce qui peut mener à l’échec).
  • Négatives inconditionnelles : très répandues, mais à éviter, car elles ne proposent pas d’alternatives et tendent à condamner les personnes à rester dans le comportement qu’on leur reproche (« tu es une personne difficile »).

L’économie des stimulations

Les stimulations peuvent être :

  • internes : autostimulation, dialogue interne, valorisation de soi
  • externes : échanges entre personnes différentes.

Les normes sociales influencent souvent les stimulations internes et externes, en les approuvant ou en les encadrant, voire les entravant. L’acceptation ou le rejet d’une stimulation se manifeste par différents signes exprimant le bien-être ou la gêne.

Stimulations et transformation

À travers l’analyse transactionnelle, on peut percevoir les types de stimulations, choisir et gérer les échanges de stimulations avec l’environnement (environnement naturel, environnement social, autres personnes, groupes, organisations). On peut alors établir de meilleurs échanges avec l’environnement en ouvrant davantage de permissions à différents niveaux (donner, recevoir, refuser, demander, se donner).

Chapitre 5 — La structuration du temps

L’analyse transactionnelle offre des propositions originales pour la gestion efficace du temps. Elle distingue six grands domaines d’allocation de notre temps au niveau social (avec autrui) : le retrait, le rituel, le passe-temps, l’activité, le jeu, l’intimité (ou la rencontre).

Chacun de ces domaines est important pour donner et recevoir des stimulations et ainsi « maîtriser la forme et l’intensité de nos échanges avec notre environnement » (L’analyse transactionnelle, p.104).

Le retrait

Se retirer et s’isoler face à ce qui est perçu comme un trop-plein de stimulations extérieures. Risque : peut être une forme de passivité (symbiose).

Le rituel 

Échange prévisible de signes de stimulations avec autrui (salutations) et soi-même (soins corporels, etc.). La répétition est sécurisante, mais les stimulations sont peu intenses et peuvent conduire à l’isolement social (comme le retrait).

Le passe-temps 

Échanges, conversations et transactions partiellement ritualisées et prévisibles (au café, pendant la pause) autour d’un sujet banal (salon de l’auto, cuisine, nouvelles de untel, etc.). Les passe-temps permettent d’entrer en relation de manière sécurisante avec d’autres personnes pour s’engager éventuellement dans d’autres types de transactions avec elles.

L’activité 

L’activité n’est pas nécessairement répétitive, elle est orientée par un but et le résultat visé. Elle est donc plus productive et créatrice que le rituel et le passe-temps, et peut procurer de plus grandes satisfactions dans le futur.

Rackets et jeux 

Les rackets et les jeux sont des manipulations émotionnelles de soi-même et d’autrui. Ils peuvent être assez intenses et répétitifs et permettre d’éviter l’intimité ou rencontre authentique.

L’intimité (ou rencontre authentique)

Dans l’intimité, les jeux socialement programmés disparaissent et les deux personnes se rencontrent pleinement. Cela nécessite de faire tomber des défenses et de faire confiance, ce qui peut sembler dangereux.

Ces façons de structurer le temps permettent d’obtenir des stimulations. En fonction des situations, chaque manière de structurer le temps peut être évaluée différemment (positivement ou négativement, de manière plaisante ou désagréable).

Les positions de vie

Chapitre 6 — La relation à autrui et au monde : les positions de vie

La notion de position de vie

En fonction de la manière dont votre entourage a répondu à vos besoins et à vos émotions lorsque vous étiez enfant, vous adoptez une position de vie ou position « existentielle », c’est-à-dire une façon de concevoir votre relation entre vous-même et les autres.

Cette position de vie joue ensuite un rôle déterminant dans la façon dont vous vous comportez avec les autres, ce que vous attendez des relations, comment vous cherchez à satisfaire vos besoins, les états du moi que vous adoptez, etc.

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L’analyse transactionnelle distingue quatre positions de vie principales.

  1. JE + TU + : acceptation personnelle et de l’autre. Nous cherchons ensemble à identifier un problème et des solutions. Les émotions sont spontanées. J’ai confiance en moi et je fais confiance à l’autre, j’ai conscience de mes responsabilités, j’agis de manière positive et en accord avec la réalité.
  2. JE – TU + : dévalorisation de soi et survalorisation de l’autre. Je cherche à être aimé par les autres et dépends d’eux. J’ai de la culpabilité, de la honte et de l’admiration pour les autres.
  3. JE + TU – : l’inverse. Je me sens dominant et fier et je ressens du mépris et de la pitié pour l’autre. Sauveur et combattant, c’est de cette façon que je me perçois. Pourtant, je suis persécuteur.
  4. JE – TU – : dévalorisation des deux protagonistes. Laisser aller, procrastination. Je n’agis pas ou bien uniquement dans un sens destructeur pour moi et pour les autres.

En général, une personne occupe une position dominante et peut en changer en fonction des situations. Par exemple, un employé soumis à son patron (position – +) qui tyrannise sa femme (position + -), est en position d’égalité avec ses amis du club de sport (position + +), se considère comme nul dans une société mauvaise (position – -).

Les gagnants et les perdants

Voici les différentes positions de vie analysées.

  • Plus/plus = Adulte au contrôle. Recherche de la meilleure solution aux problèmes rencontrés avec les personnes concernées. Acceptation des limites et de l’échec. Cette position gagnante entraine une attitude pour la vie tout entière.
  • Plus/moins = La faute vient des autres et ma solution est la meilleure.
  • Moins/Plus = C’est ma faute et c’est votre solution qu’il faut retenir.
  • Moins/moins = Considérée par certains comme négative, aboutit à un échec personnel ou social. Mais considérée par d’autres comme un passage vers + +.

En étant dans les positions de vie + -, – + et – -, vous avez tendance à être perdants et vous cherchez à éviter la confrontation à l’échec et la prise de risques.

Positions de vie et états du moi

Position de vie + – : position de domination

  • État du moi dominant : Parent
  • Je dis aux autres ce qu’ils doivent faire.
  • Si je suis + – et Parent Normatif (= Parent Critique + —) : je deviens persécuteur, j’énonce une norme pour assurer un contrôle sur les autres (et non pas parce que la norme est objectivement utile). J’éprouve du mépris ou de la colère.
  • Si je suis + – et Parent Nourricier : je deviens sauveteur, j’aide les autres pour les maintenir sous ma dépendance (et non pas pour les rendre autonomes). J’éprouve de la pitié.

Position de vie – + : position de dominé

  • État du moi au contrôle : Enfant Adapté
  • Si je suis — + et Enfant Adapté Rebelle : je deviens une victime rebelle et je tends à susciter chez l’autre un comportement de persécuteur (de Parent Critique + —).
  • Si je suis — + et Enfant Adapté Soumis : je deviens une victime soumise et je tends à susciter chez l’autre un comportement de sauveteur (Parent Nourricier + —).

Le changement

Changer une position de vie négative (+ -, – +, – -) en position de vie positive (+ +) demande un travail long et astreignant. Quelques techniques de communication peuvent aider.

Chapitre 7 — Les techniques de communication

Si vous êtes en position de vie + + et avec un état du moi Adulte, vous recherchez des solutions aux problèmes qui se présentent avec méthode, bienveillance et objectivité. Vous pouvez poser des questions ouvertes (pour obtenir des informations), fermées (pour obtenir accord, décision), neutres (pour ne pas influencer la réponse).

Mais même en appliquant cette méthode, il se peut qu’il manque des éléments dans les réponses de votre interlocuteur. Il peut cacher des préoccupations et des problèmes, ne pas être clair, être méfiant, etc.

Vous devez alors relancer le dialogue en faisant comprendre que l’objectif est de résoudre le problème le plus avantageusement possible pour tout le monde.

L’écoute

Vous devez tout d’abord écouter et ne pas interrompre votre interlocuteur par des conclusions hâtives et des arguments agressifs.

Pendant que votre interlocuteur parle, vous pratiquez l’écoute active et dynamique, c’est-à-dire que vous « analysez immédiatement tout ce que vous dit votre interlocuteur, vous le reliez à ce que vous savez déjà et vous détectez les éléments importants qui vous manquent » (L’analyse transactionnelle, p.125).

Une bonne écoute est une méthode très importante pour éviter, en tant qu’Adulte, de nombreux malentendus et conflits. Elle vous permet de recueillir des informations utiles pour mieux gérer des conflits internes (choix personnels, par exemple) et externes (dans la relation avec l’environnement et les autres).

Une bonne écoute vous permet aussi d’entretenir sur la durée une relation et un climat satisfaisants entre les individus ou des groupes pour aller vers une position + +. Ainsi votre interlocuteur se sent valorisé et accepté. Cela vous permet de recueillir des informations pour mieux prendre des décisions. À l’inverse une mauvaise écoute peut instaurer une relation négative : votre interlocuteur peut avoir le sentiment d’être dévalorisé, que son point de vue et les solutions qu’il propose ne servent à rien.

De plus, il est important de s’assurer que l’on a les moyens d’une bonne écoute : un espace peu bruyant avec peu de risques de dérangements, un temps de discussion accordé entre les deux personnes, une attention de la part de votre interlocuteur.

Les questions

Pour compléter les informations que vous avez déjà obtenues par l’écoute, vous pouvez poser des questions. Attention : vous devez poser des questions en suivant une bonne technique, car votre interlocuteur ne doit pas avoir l’impression que vous procédez à un interrogatoire policier ou que vous vous désintéressez de lui.

  • Questions ouvertes : votre interlocuteur sent qu’il a de la liberté pour s’exprimer dans sa réponse. Il peut ainsi donner des informations et des opinions plus complètes et nuancées tout en évoquant ses sentiments. (« qu’en pensez-vous ? », « que voulez-vous ? »)
  • Questions fermées : elles ne laissent pas beaucoup d’espace à votre interlocuteur pour exprimer ses opinions et sentiments. Elles cherchent à l’amener à prendre position et à clarifier sa pensée. Elles concernent des objectifs, des tâches, des décisions à prendre (« êtes-vous d’accord avec ? », « que préférez-vous ? »). Attention à les utiliser avec prudence, car votre interlocuteur pourrait croire que vous cherchez à le manipuler.
  • Questions orientées : Elles suggèrent ou indiquent la réponse à donner à l’interlocuteur. Nous y indiquons souvent nos propres opinions. Elles ne permettent pas d’explorer les véritables opinions de l’interlocuteur. Il s’agit souvent du Parent qui cherche à influencer l’Enfant et de tentatives de manipulation plus ou moins conscientes (« Ne pensez-vous pas que… ? », « Ne pourrions-nous pas… ? »).
  • Questions neutres : Elles ne contiennent pas votre propre réponse et laissent votre interlocuteur libre d’exprimer son point de vue. (« Que pensez-vous des produits bio ? »). Pour formuler une question neutre, vous devez vraiment faire attention à bien choisir vos mots et à la formulation.

Les relances

Pour amener votre interlocuteur à compléter ses réponses, vous pouvez utiliser des relances que vous avez déjà préparées en amont s’il s’agit d’un entretien.

Relances passives : rapides et faciles à utiliser, elles s’apprennent vite.

  • Indication brève de compréhension : vous donnez quelques indications « je comprends », « je vois », « hum, hum »
  • Phrases neutres : vous encouragez l’autre à continuer, mais sans l’influencer (« pouvez-vous m’en dire un peu plus/préciser… ? »). Vous pouvez aussi reformuler ce que vient de dire votre interlocuteur.
  • Attitude corporelle : hocher la tête, se pencher vers son interlocuteur pour manifester l’intérêt.
  • Silences : pour pousser l’interlocuteur à en dire davantage. Attention à utiliser les silences avec précaution en fonction de la situation et de la relation déjà établie. Trop de silence peut provoquer un malaise et bloquer la communication.

Relances actives : plus difficiles à utiliser que les relances passives. Vous devez vous entrainer à ne pas chercher à influencer votre interlocuteur.

  • Résumé : Vous résumez ce que votre interlocuteur a exprimé sans le déformer et sans y introduire vos propres opinions (« Permettez-moi de voir si j’ai bien compris le problème : vous m’avez dit que… »). Vous pouvez aussi demander à la personne qui vous a écouté de résumer ce qu’elle a compris de vos propos. Le résumé permet de bien définir et poser un problème, de vérifier que l’on comprend ce que dit l’interlocuteur, d’éclaircir des points et de terminer un entretien.
  • Réexpression des sentiments : si vous sentez que vous avez établi une bonne relation avec votre interlocuteur, vous pouvez exprimer ce qu’il a manifesté en termes d’émotions et de sentiments (« je ressens une certaine colère de votre part… » « cela a l’air de… »). Cela peut permettre à votre interlocuteur de s’ouvrir davantage. Mais si vous vous trompez, votre interlocuteur pourra se sentir heurté. Vous avez alors intérêt à préciser que vous n’êtes pas sûr de ce que vous avancez, mais que vous le suggérez pour tenter de trouver une solution.

Partie 3 — Les empreintes plus profondes

Chapitre 8 — Les mécanismes d’automanipulation

Les rackets

Lorsqu’un gangster offre une protection à une personne, c’est en réalité pour lui extorquer de l’argent (racket).

En analyse transactionnelle, un racket se produit quand vous remplacez votre émotion véritable (authentique et profonde) par une autre émotion plus acceptable socialement. Vous « rackettez » la personne avec qui vous êtes en relation, car vous lui faites une demande déguisée, qui ne correspond pas à votre véritable demande. Votre interlocuteur a alors le sentiment que, quoi qu’il fasse pour essayer de répondre à votre demande, vous n’êtes jamais satisfait.

Pourquoi le racket se produit-il ? Nous devons revenir à l’enfance pour le comprendre. L’enfant apprend à dissimuler certaines de ses émotions (par exemple la colère) si elles se sont trouvées réprimées par les personnes qui s’occupent de lui et à exprimer davantage d’autres émotions (par exemple la fatigue) qui ne correspondent pas (exactement) aux émotions réelles qu’il ressent, mais qui sont plus acceptées par son entourage. À l’âge adulte, ce phénomène se reproduit.

Le racket peut aussi se produire dans la relation de la personne à elle-même, par exemple lorsqu’elle mange beaucoup et dissimule une angoisse ou la tristesse par exemple.

Il est important de repérer les rackets pour éviter de perdre son énergie à chercher à satisfaire les demandes de quelqu’un d’autre et de donner naissance à des jeux pervers. La personne qui rackette utilise aussi souvent le chantage affectif pour vous tenir responsable de ses sentiments.

Rackets et transformation

L’analyse transactionnelle aide à reconnaître les rackets (émotions déguisées ou « de façade ») pour retrouver sa véritable énergie et créativité. Ainsi, une émotion de base (joie, tristesse, peur, colère) peut être remplacée par une autre.

Indices qui permettent de repérer un racket : vous avez l’impression que l’émotion que la personne exprime n’a pas de relation avec la situation, qu’elle semble artificielle, paradoxale. Vous vous sentez gêné et irrité, utilisé.

Comment éviter les rackets : reconnaître la responsabilité de ses émotions et de ses actes (« je me suis énervé… ») au lieu de les attribuer à autrui (« il m’a énervé »), refuser de prendre la responsabilité des émotions et des actes des autres (« il a été attristé » et pas « je l’ai attristé… »).

La collection de timbres

En analyse transactionnelle, les timbres sont des émotions négatives (frustrations) que vous réprimez de manière inconsciente (par vos rackets). Les timbres s’accumulent au fil du temps et peuvent aboutir, à certains moments, à des explosions d’émotions qui peuvent aller crescendo dans le négatif comme pour « tout décharger » (coups de gueule, colère, bagarre, meurtre). À l’inverse, des émotions positives peuvent aussi s’accumuler et faire l’objet de récompenses ponctuelles (bon dîner, vacances, partie de plaisir).

Une personne peut collectionner différentes émotions cachées (colère, honte, peur, etc.), retrouver des émotions oubliées ou laissées de côté. Les collections peuvent aussi concerner des collectifs de personnes (par exemple les griefs des habitants d’une commune).

Pour ne pas vous laisser emporter par ses collections de timbres négatifs, vous pouvez :

  • essayer de regarder en face ce que vous n’osez pas regarder
  • prendre conscience de vos émotions négatives et chercher un moyen de les sortir de vous sainement (thérapie par exemple) et d’y renoncer
  • vous accorder des activités qui vous permettent d’évacuer vos émotions négatives
  • exprimer votre ressenti et ne pas le refouler, lorsque la situation le permet
  • chercher d’autres manières plus saines et profitables d’obtenir des stimulations

Manipulation, racket et jeux

Chapitre 9 : Les mécanismes de manipulation d’autrui : les jeux

Le jeu apparaît lorsqu’une personne change soudainement de rôle : un client sympa qui devient autoritaire et impatient, un Parent nourricier qui devient moralisateur et critique. Il s’agit d’une stratégie de manipulation qui mène à des relations désagréables et improductives. Les motivations des joueurs sont souvent peu conscientes et complexes. Un comportement d’Adulte peut permettre de les éviter ou de les dévier.

Le triangle dramatique

Le triangle dramatique se joue à partir de trois rôles qui effacent les états du moi Adulte et Enfant Spontané et la position de vie ++. Voici ces trois rôles :

  • Persécuteur (Parent Normatif + -)
  • Sauveteur (Parent Nourricier + -)
  • Victime Rebelle ou Soumise (Enfant Adapté – +)

Pour sortir d’un jeu pervers de ce type, essayez d’activer la position de vie + + ou un état du moi non utilisé.

Rackets et jeux, un exemple

  • Apprentissage du racket : une petite fille fait l’expérience et comprend que pour obtenir l’attention et l’approbation de son père, elle ne peut pas exprimer de la colère (elle est alors enfermée dans sa chambre), mais elle peut exprimer de la tristesse (son père la console). Avec son père, la petite fille utilise alors ce racket (utiliser la tristesse au lieu de la colère) pour obtenir de la satisfaction. Elle se trouve alors en position de Victime Soumise et son père en position de Parent Nourricier Sauveteur.
  • Échec du racket : jeune femme, elle cherche à utiliser le même racket avec son petit ami et exprime de la tristesse alors qu’elle ressent de la colère. Le petit ami ne réagit pas à l’escalade des émotions (soupirs, pleurs) et s’éloigne.
  • Escalade et changement de rôle : La jeune femme monte alors en intensité et montre d’autres émotions négatives (jalousie, accusations). Elle devient Persécuteur de son petit ami.
  • Rétablissement du racket : Le petit ami finit par lui demander ce qui ne va pas, elle commence à pleurer et il la réconforte. La jeune femme a alors rétabli son racket : elle est Victime et son petit ami Sauveteur.
  • Bénéfice négatif : Les deux personnes continuent à ressentir un malaise dans leur relation. La jeune femme n’a pas réussi à exprimer son émotion véritable (la colère), ajoutant ainsi un timbre à la collection.

Les trois catégories de jeux

Les jeux peuvent être classés selon le rôle qu’ils alimentent (Persécuteur, Sauveteur, Victime). L’exemple précédent est un jeu de la Victime (« pauvre de moi ») joué par la jeune femme, et accompagné d’un jeu complémentaire joué par le petit ami, qui est ainsi coresponsable du processus.

Les trois degrés de jeux

Trois degrés différents d’intensité peuvent caractériser les jeux.

  • Premier degré : le jeu a lieu en société (et pas en privé), on ressent un malaise affectif ou physique.
  • Deuxième degré : une partie du jeu se déroule en privé, il est intense et a des conséquences morales durables pour les joueurs.
  • Troisième degré : le jeu se déroule beaucoup en privé, il entraine des dommages physiques et psychologiques importants pour les joueurs (hôpital, prison, morgue…)
Les lecteurs de cet article ont également lu :  Sources of Power / Les sources du pouvoir

Transactions et jeux

Les jeux se déroulent entre des personnes qui n’en ont pas (vraiment) conscience. Ils se basent sur une succession de transactions cachées qui génèrent des émotions désagréables et un bénéfice négatif.

Quelques jeux courants

Quelques exemples de jeu courants. Lorsque rien n’est précisé, c’est que le joueur circule entre les rôles de Persécuteur et de Victime. Les noms de jeu sont « volontairement imagés ou argotiques » (p.162). Chaque jeu a un but qui renvoie au racket que le joueur tente de réaliser.

Si le jeu se met en place, ce n’est pas seulement la personne qui initie le jeu qui joue, mais c’est aussi son interlocuteur qui, par sa réaction, fait exister le jeu. La responsabilité du jeu devient partagée entre les joueurs. Le joueur qui initie le jeu flaire souvent la complémentarité du rôle qu’est prêt à jouer son interlocuteur.

Changer une petite partie de l’ensemble du système relationnel permet souvent de modifier l’équilibre de l’ensemble.

  • Jambe de bois : La personne présente des éléments (= sa jambe de bois) pour démontrer qu’elle n’a pas la responsabilité de résoudre ses propres problèmes. Victime qui devient souvent Persécuteur. Proposition d’intervention Adulte : renvoyer la responsabilité à la personne. « Alors que comptes-tu faire ? » – « Il me semble que tu as décidé qu’il n’y avait plus d’espoir ».
  • La scène (l’engueulade) : Face à un problème, le joueur fait du bruit, manifeste de la colère. Proposition d’intervention Adulte : reformuler le problème ou Enfant : demander à s’arrêter un moment.
  • « Maintenant je te tiens, salaud ! » : Le joueur cherche à tromper son interlocuteur (sentiment de triomphe) pour ne pas avoir à penser à ses propres échecs. Proposition d’intervention Adulte : manifester votre accord ou désaccord, Enfant Spontané : reconnaissez ce que l’autre est en train de faire (« tu m’as eu ») ou que vous abandonnez.
  • « Donne-moi un coup de pied » : Ici, le joueur se place soit dans la position de victime permanente, soit devient persécuteur. Le Parent Nourricier permet de couper court à ce cycle infernal.
  • « J’essaie seulement de t’aider » : Le joueur veut qu’on l’écoute et cherche la reconnaissance. Ce faisant, il passe de Sauveteur à Victime ou Persécuteur. Demandez-lui plutôt ce qu’il attend de vous pour mettre un terme au jeu.
  • « Regarde ce que tu m’as fait faire » : Le joueur ne reconnaît pas sa responsabilité dans ce qui lui arrive et cherche à vous faire culpabiliser. Pour arrêter le jeu, vous pouvez simplement formuler une observation (« c’est terrible tout ça ») ou bien ne pas donner de conseil, ne pas réagir.
  • Les défauts : Le joueur cherche à faire remarquer les imperfections des autres pour masquer les siennes. Souvent Persécuteur, il se montre en Victime. Proposition d’intervention Enfant Spontané : « J’en ai marre d’entendre parler de problèmes ! Parlons plutôt de ce qui marche ! »
  • Schlemiel (pardonne-moi) : Le joueur fait des gaffes pour ensuite se faire pardonner. Proposition d’intervention : « engueulez » avec humour ou demander si la personne a besoin de quelque chose.
  • Schlemazl (je te pardonne) : Le joueur est complémentaire de celui qui joue Schlemiel. Il se fait maltraiter pour ensuite demander des excuses ou pardonner. Proposition d’intervention Adulte : clarifier le processus du jeu entre les personnes avec leurs responsabilités réciproques.

Jeux, rackets et timbres

À travers les notions centrales de jeux, rackets et timbres, l’analyse transactionnelle donne des outils pour les percevoir à différents niveaux (relations interindividuelles, entre groupes, etc.) et percevoir différents rôles. Cela donne des appuis pour initier d’autres relations plus efficaces et autonomes.

Chapitre 10 — Le scénario ou plan de vie

Le scénario ou plan de vie est la racine de l’analyse transactionnelle

L’origine du scénario

Le scénario tire son origine dans la programmation parentale ou celle des personnes qui se sont occupées de nous lorsque nous étions enfants. Lorsque nous vivons une expérience, nous enregistrons les informations et les émotions que nous ressentons au cours de cette expérience, mais aussi les décisions que nous prenons.

Les premiers enregistrements conditionnent toute la vie de la personne et définissent le scénario.

Des exceptions peuvent avoir lieu en situation de danger ou d’urgence, lorsque nous engageons un travail de restructuration interne (psychothérapie), ou lorsque nous mettons de côté certains états du moi pour inventer de nouveaux projets.

Dans le cas d’une entreprise ou d’une organisation, les premières expériences sont celles de la fondation et elles conditionnent aussi souvent le plan de vie du collectif.

L’analyse transactionnelle permet de prendre davantage conscience des scénarios et de transformer les états du moi, valeurs (Parent), méthodes (Adulte), climat (Enfant) pour sortir du conditionnement du scénario et aller vers plus d’innovation.

La matrice du scénario ou plan de vie

  • Les injonctions : messages négatifs non verbaux (formulés par le parent du sexe opposé) que nous percevons très tôt dans notre enfance et qui jouent un grand rôle dans notre développement. Ce sont par exemple des messages qui interdisent « ne pense pas », « ne ressens pas », « ne sois pas toi-même », etc.
  • Les prescriptions (contre-injonctions) : messages formulés sous une forme positive et qui sont liés aux jugements de valeur des parents. Ces messages contiennent un risque caché de renforcer des interdictions et des injonctions négatives. Par exemple, « sois parfait » renforce l’idée que nous ne sommes jamais assez parfaits et que nos parents ne sont pas satisfaits de nous.
  • Les programmes : Souvent hérité du parent du même sexe, le programme indique comment concilier et satisfaire injonctions et prescriptions.
  • Les décisions : Nous commençons à élaborer notre propre plan de vie vers l’âge de 6 ou 7 ans. Nous prenons alors des décisions en étant influencés par ces injonctions et prescriptions paradoxales. Nous adoptons alors des positions de vie. Par la suite, ces décisions risquent de nous enfermer et de nous rendre imperméables aux changements. C’est alors que nous pouvons, par exemple, commencer des rackets et des jeux (ou les perpétuer).
  • Le scénario et le contre-scénario : Les décisions que nous prenons pour élaborer notre plan de vie contiennent des éléments centraux pour notre vie personnelle (mariage, amitié, santé) et professionnelle (argent, pouvoir, réussite, intérêt…). Bien que l’on essaie de se convaincre de ne plus adopter certaines attitudes après des expériences douloureuses, nous avons souvent tendance à revenir à ces décisions initiales prises au début de notre vie.

Différentes classifications de plans de vie personnels et professionnels

Les classifications des plans de vie se situent au niveau du contenu (amour, esprit, joie, repos), de marqueurs temporels (jusqu’à, après, sans cesse, encore, toujours, jamais, presque ou encore et encore, trop court ou sans fin prévue) et de degrés d’intensité. Ils expriment des injonctions ou des prescriptions inconditionnelles (« tu seras toujours nul », « tu ne seras pas vraiment une femme avant d’avoir eu des enfants », « après 40 ans, la vie est… »).

« Les notions utilisées au niveau du plan de vie personnel s’appliquent également, moyennant quelques aménagements, à d’autres niveaux de réalité, tels que le scénario professionnel et le scénario d’une famille ou d’un parti politique. À chacun de ces niveaux, elles rendent possible un travail de transformation basé sur des décisions précises ou porteuses d’avenir. » (L’analyse transactionnelle, p.176)

Au niveau du plan de vie personnel, vous pouvez faire appel à différents exercices pour essayer de voir les principales influences (interdictions et prescriptions parentales) et décisions. À travers différentes reformulations (avec l’aide d’un animateur par exemple et d’un groupe), vous pouvez :

  • Retenir les décisions positives (à conserver)
  • Noter les décisions négatives (à réfléchir)
  • Formuler des redécisions (exemple : « je me donne le droit de me faire plaisir et de ne pas être parfaite »).

Le niveau de plan de vie professionnel rencontre souvent celui du plan de vie personnel. Par exemple, une personne ayant reçu des prescriptions comme « travaille dur » et des injonctions comme « ne nous quitte pas » pourra devenir un fonctionnaire sérieux dans une administration.

La personne qui décide de rester dans les limites de son plan de vie pourra en retirer un certain confort. Mais en même temps, cela pourra alimenter des regrets cachés et du ressentiment.

L’analyse transactionnelle donne des outils qui peuvent permettre de se « reprogrammer ». Pour cela, vous pouvez analyser les influences du plan de vie et évaluer les décisions primaires (positives et négatives). Cela implique de prendre certains risques et de se retrouver déstabilisé.

Scénario et transformation

Le scénario (quel que soit son niveau, de l’individu à l’entreprise, en passant par le schéma familial ou professionnel) risque de vous enfermer dans un plan de vie.

L’analyse transactionnelle permet d’analyser comment des influences et des décisions passées se retrouvent dans notre vie actuelle. L’AT permet alors d’être plus conscient de son plan de vie, de le décider et d’aller vers plus d’autonomie.

Des miniscénarios peuvent nous emprisonner

Chapitre 11 — Les comportements qui nous emprisonnent : les miniscénarios

Scénario et jeu sont des structures de comportements d’échecs ou de réussite constitués par des enchaînements qui se situent à différents niveaux.

  • Scénario : au niveau de la personne. Observable sur toute une vie.
  • Jeu : entre plusieurs personnes. Durée : de quelques minutes à quelques années.
  • Miniscénarios : structures analogues repérées sur des durées très courtes (quelques secondes à quelques minutes) dans la relation de la personne avec elle-même. Liés à son scénario, ses jeux et ses positions de vie.

Description des miniscénarios

Les cinq miniscénarios désignent cinq messages contraignants (directives parentales) qui illustrent les comportements compulsifs qu’ils entrainent à l’âge adulte. Ils s’accompagnent d’attitudes et de comportements spécifiques dont on grossit volontairement les traits ici.

  • « Sois parfait » : visage sérieux, sévère, tête haute, posture droite et rigide, habillement classique, essaie de s’exprimer en n’oubliant aucun élément, essaie de se protéger des erreurs qu’on pourrait lui reprocher.
  • « Fais-moi plaisir » : geste d’accueil, comportement de séduction, recherche d’approbation de la part de l’interlocuteur, questions dirigées ou manipulatrices pour recevoir des compliments, recherche d’attention.
  • « Fais un effort » : gestes d’écoute attentive de l’autre, visage penché, regard concentré, mais en même temps de la fébrilité, de l’impatience, pose beaucoup de questions.
  • « Dépêche-toi » : gestes d’agitation et de fébrilité, arpente une pièce, impatience, coupe les phrases des autres pour les terminer, veut se dépêcher de commencer
  • « Sois fort » : gestes de fermeture, bras croisés, mains agrippées à quelque chose, émotions rarement exprimées « je m’en moque », « il faut tenir bon »

Une même personne peut être marquée par plusieurs messages contraignants qui se renforcent souvent mutuellement.

Chaque message contraignant peut avoir des conséquences positives.

  • Sois parfait : bon organisateur
  • Sois fort : tenace et résistant
  • Fais-moi plaisir : flexible, adaptable
  • Fais un effort : persistant
  • Dépêche-toi : efficace (L’analyse transactionnelle, p. 188).

Se libérer de tous les messages contraignants est difficile, mais il est possible d’augmenter leurs aspects positifs et de diminuer les effets négatifs.

Le cycle du miniscénario

Le miniscénario a aussi plusieurs étapes et vous pouvez répéter ce miniscénario très souvent.

  • Message contraignant « Sois parfait ! »
  • Arrêt « … Mais tu n’y arriveras pas ! »
  • Soumission : « Je vais essayer, mais j’ai peur de ne pas y arriver. »,
  • Revanche ou Rébellion « Je vais faire le contraire ! »
  • Échec, bénéfice négatif : « J’en étais sûr (que ça n’allait pas marcher), c’est toujours comme ça. »

Éléments pour sortir du miniscénario

Pour sortir du miniscénario, il faut prendre conscience des messages contraignants et se donner des permissions, « tu as le droit de ».

  • Sois parfait : faire des erreurs
  • Sois fort : avoir des émotions, des sensations
  • Fais-moi plaisir : vivre selon ses valeurs (et non pas celles des autres)
  • Fais un effort : se limiter, penser à ses propres buts
  • Dépêche-toi : prendre son temps

Chapitre 12 – Faire de l’analyse transactionnelle : le contrat

En analyse transactionnelle, un contrat de transformation consiste :

  • À établir un bilan de sa situation et de ses problèmes actuels, de ses objectifs de transformation ;
  • Y associer des moyens (humains et matériels) et des délais de réalisation.

Le contrat peut être passé uniquement avec soi-même ou avec une autre personne. Toutefois, il est plutôt conseillé de le passer avec un agent extérieur (thérapeute, coach de vie ou professionnel, etc.). Cela aide à clarifier et à évaluer précisément les changements.

Pour être efficace, le contrat de transformation doit comporter plusieurs accords à différents niveaux des états du moi :

  • Contrat passé uniquement avec des personnes qui disposent des compétences institutionnelles, humaines et techniques adéquates (Adulte) ;
  • Définir des modalités d’échange équilibrées, mesurables, motivantes (Enfant) ;
  • Définir des objectifs, et des moyens acceptables au niveau moral et légal (Parent).

Pour éviter les transactions cachées, le contrat doit être explicite. Il faut clarifier précisément ce que vous voulez changer, mais aussi ce que vous ne voulez pas changer. Le contrat peut aussi être modifié et révisé en cours de réalisation.

Le contrat est ainsi un mobilisateur d’énergie, un puissant outil de motivation.

« La procédure du contrat de changement peut être utilement appliquée au niveau des individus (transformation personnelle et/ou professionnelle) et au niveau des systèmes collectifs, familiaux et associatifs. » (L’analyse transactionnelle, p.195).

Au niveau collectif, le contrat est plus complexe à établir, car les différents membres du collectif ont souvent des points de vue qui diffèrent.

Le contrat permet à l’Adulte de reprendre le contrôle.

Etre bien et avoir de bonnes relations grâce à l'analyse transactionnelle

Conclusion sur « L’analyse transactionnelle. Apprenez à vous connaître pour mieux vous positionner dans vos relations » de Alain Cardon, Vincent Lenhardt et Pierre Nicolas :

Une synthèse claire et pratique :

Ce livre présente de manière complète, pédagogique et synthétique les différents concepts et outils de l’analyse transactionnelle. Il entre en dialogue avec le lecteur. Des exercices pratiques liés à sa vie personnelle et professionnelle sont proposés.

Vous apprécierez tout particulièrement le grand nombre d’exemples. Mais aussi les propositions ludiques pour acquérir progressivement les connaissances et les compétences propres à cette théorie.

Pensez aussi à consulter les annexes suivantes :

  1. Jeu de l’égogramme ;
  2. Questionnaire de déblocage de situation ;
  3. Questionnaire de scénario professionnel ;
  4. Réponses aux questions de la page 37 (questions influencées).

La bibliographie est courte, mais reprend les principaux ouvrages des auteurs sur la question. Il est intéressant de comparer cette approche avec celle de l’analyse systémique.

Ce qu’il faut retenir de «L’analyse transactionnelle. Apprenez à vous connaître pour mieux vous positionner dans vos relations » de ALain Cardon, Vincent Lenhardt et Pierre Nicolas :

L’analyse transactionnelle est une théorie de la personnalité et de la communication développée par Éric Berne dans les années 1950. Elle a été appliquée à de nombreux domaines depuis.

Ancrée dans la psychologie et la psychanalyse, cette théorie mobilise des concepts novateurs. Les états du moi (Parent, Adulte, Enfant), les positions de vie, les rackets et les jeux en sont des exemples.

L’analyse transactionnelle est un outil puissant pour comprendre les aspects psychologiques et sociaux de la communication. Elle permet ainsi d’amorcer des dynamiques de transformation individuelle et collective.

Points forts :

  • Une présentation pédagogique des concepts et des outils ;
  • Des références et des ressources sérieuses ;
  • De nombreux exercices.

Point faible :

  • Quelques termes très techniques sont accumulés les uns à la suite des autres. Toutefois, cela permet à chacun d’approfondir finement les aspects qui l’intéressent le plus.

Ma note :

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Bienvenue sur mon blog spécialisé dans des livres rares, des livres exigeants qui ont tous une énorme qualité : ils peuvent vous faire changer de vie. Ces livres ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous lus et choisis parmi des centaines d’autres.

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