Demain, un nouveau monde en marche

Demain un nouveau monde en marche

Phrase résumée de « Demain, un nouveau monde en marche » : Surpris et atterrés de voir à quel point personne ne réagit aux prédictions écologiques catastrophiques de nombreux scientifiques, Cyril Dion et Mélanie Laurent s’en vont faire un tour du monde des bonnes idées qui pourraient changer la tendance dans les principaux piliers de notre société : alimentation, énergie, économie, démocratie ou bien encore éducation ; et si ces initiatives étaient le fondement d’un nouveau projet de société ?

Par Cyril Dion – 2015 – 350 pages

Note : cette chronique invitée est proposée par Emmanuelle du blog www.mamaisonsurlaterre.fr

Chronique et résumé de « Demain, un nouveau monde en marche » :

Introduction

Alors que les études scientifiques alarmistes pleuvent depuis plusieurs années déjà, nous annonçant la fin possible de l’Humanité d’ici 2100, le réchauffement et autres bouleversements climatiques, la destruction des ressources naturelles, la disparition des espèces et de la biodiversité, les problèmes de surpopulation,… il nous semble impossible d’agir efficacement. Que faire à notre échelle, pourquoi faire des efforts quand l’industrie et les politiques n’en font pas ? Par où commencer ?

Partant du principe que l’Homme est attiré et capable d’être motivé par les belles histoires, Cyril Dion se lance dans l’écriture de ce que pourrait être le monde de demain en partant des initiatives d’aujourd’hui.

  • L’objectif : Faire découvrir des solutions qui existent déjà et qui fonctionnent afin de mobiliser largement les populations.

Le moment crucial pour l’Humanité, c’est maintenant. Et nous avons 20 ans pour changer la tendance.

C’est ce que prouvent un nombre considérable d’études compilées ou réalisées par Elizabeth Hadly et Anthony Barnosky, éminents chercheurs de l’université de Stanford ou bien encore Lester Brown, fondateur du World Watch Institute.

Ceux-ci nous expliquent que les changements climatiques et biologiques sont progressifs, certes, mais finissent toujours par atteindre un point de bascule. Du jour au lendemain, tout change drastiquement. Notre planète a déjà connu ce type de bascule comme le passage de l’air glaciaire à notre climat tempéré actuel. Seulement, dans la configuration d’aujourd’hui, les modifications de températures iront dix fois plus vite…

Tout va changer et nous devons nous y préparer. A savoir que nous connaissons déjà les solutions : stabiliser la population mondiale autour de 10 milliards d’individus, abaisser les niveaux de consommation des occidentaux, ne plus utiliser d’énergie fossile et atteindre une économie neutre en CO2, changer nos modèles économiques, produire écologiquement notre alimentation et enfin maintenir la biodiversité.

Nous avons capacité à changer rapidement, c’est une question de volonté. Chacun doit y contribuer, faire sa part pour obtenir les résultats attendus. Il faut désormais réfléchir et agir en termes de communauté humaine unique.

Le déclin des civilisations commençant toujours par les difficultés d’alimentation, c’est logiquement vers les solutions de production agricole que nous emmène Cyril Dion.

Partie 1 : Nous nourrir pour ne pas disparaître

« Comment nourrir plus de 10 milliards de personnes tout en régénérant les écosystèmes et en stoppant le dérèglement climatique ? »

Aujourd’hui deux agricultures s’opposent à ce sujet. La première, animée par une vision industrielle, affirme que pour nourrir tous les humains il faut augmenter drastiquement nos capacités de production et que pour cela, seules les semences améliorées et produits chimiques peuvent nous y aider. La deuxième, discrimine cette méthode en affirmant que cette façon de faire détruit nos écosystèmes et nous empêche de produire en quantité et qualité pour tous.

Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation de 2008 à 2014 nous apporte un éclairage à ce sujet. Tout d’abord, un constat, à ce jour 70 à 75% de notre alimentation est produite par les « petits agriculteurs » alors que les « grands agriculteurs » (produisant sur 100 hectares et plus) produisent majoritairement pour nourrir le bétail ou produire des agro-carburants !

En Europe, les foyers dépensent en moyenne 12 à 13% de leur budget dans l’alimentation grâce aux subventions accordées par l’Etat. Ceci n’est pas le vrai prix de notre nourriture quotidienne, on nous cache les frais de l’agriculture intensive qui entraînent dépeuplement des campagnes, dégradation des sols, émissions à effet de serre, pollutions des eaux et dépenses de santé liées à la mauvaise qualité des produits fournis. Si tous ces frais étaient intégrés au prix des aliments, notre pain quotidien coûterait 25 ou 30% de notre budget familial. Les Etats choisissent la paix sociale en masquant tous ces désavantages environnementaux mais on ne fait que satisfaire des attentes à court terme.

L’agro-écologie est capable de nourrir le monde sans passer par l’ensemble des désagréments de l’agriculture industrielle. Elle a, de plus, l’avantage de relocaliser les productions, de recréer le contact entre producteurs et consommateurs, de redonner son importance à notre façon de nous alimenter et de remettre l’accent sur la diversification de nos aliments. La cerise sur le gâteau étant la non dépendance à l’importation donc la liberté des peuples.

Trois beaux exemples nous sont alors décrits par Cyril Dion. Le premier concerne la ville de Detroit, qui après un développement considérable grâce à l’industrie automobile jusque dans les années 50 n’a cessé de chuter depuis. La ville a perdu plus de la moitié de ses habitants, abritant un taux de chômage ahurissant (40%) et une pauvreté insupportable. C’est au milieu de ce chaos que les projets de fermes urbaines ont vu le jour, accompagnés d’un programme de formation agricole et d’un plan de reforestation. Plus de 1000 fermes et jardins sont désormais présents dans la ville. En respectant les terres, les êtres humains et en se passant d’énergies fossiles, les habitants de la ville relèvent la tête. Une économie locale se créée et relance le champ des possibles dans cette ville sinistrée. Alors qu’aux USA la nourriture parcoure environ 2400km entre producteur et consommateur, Detroit espère nourrir 50% de sa population d’ici 10 ans grâce à cette agriculture urbaine locale.

Todmorden, en Angleterre, a vu la naissance du mouvement « Les incroyables comestibles » ou comment faire pousser des légumes à la place des fleurs en centre-ville. Un beau mouvement citoyen, qui permet à chacun de retrouver des valeurs de base et de se reconnecter les uns aux autres. La ville est désormais parsemée d’arbres fruitiers et de plantes comestibles. Chacun prend la responsabilité d’entretenir ces cultures et de se servir quand il en a besoin. Toute la communauté se retrouve désormais autour de ce mouvement où chacun peut cultiver son potager sur n’importe quelle zone non aménagée du territoire. La population a, ici, repris le contrôle de son lieu de vie.

C’est au Bec Hellouin, en Normandie, que nous découvrons la productivité des méthodes agro-écologiques. Ici, c’est la permaculture qui œuvre. Un système de cultures associées qui reproduit le schéma naturel et sa diversité où chaque élément va profiter aux autres et se nourrir de l’ensemble. Suivis par l’INRA, Charles et Perrine Hervé-Gruyer produisent sur 1000m2 autant qu’un agriculteur industriel sur 1 hectare !

Il ne s’agit pas là de faits exceptionnels de production, toutes les études internationales sur des productions de ce type parviennent aux mêmes conclusions : les rendements de l’agriculture biologiques sont aujourd’hui supérieurs à l’agriculture industrielle. Nous avons une vraie possibilité de nourrir 10 à 12 milliards d’individus en étant respectueux non seulement de la planète mais aussi des Hommes en termes de santé (alimentation variée) et de vie sociale (travail respecté et correctement rémunéré).

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Mais pourquoi ne développons-nous pas plus ce type d’agriculture ? Qu’est-ce qui freine ? Comment se fait-il que nous n’ayons pas plus d’informations sur ces résultats exceptionnels et qu’ils soient si controversés malgré les études scientifiques ? Eh bien, comme dans toute enquête policière il faut se poser la question : à qui profite le crime ? Evidemment les multinationales et industries pétrochimiques ont beaucoup à perdre. Mais nous savons désormais qu’il faut avancer vers un nouveau modèle économique sans pétrole et vite…

Note : le documentaire « Les moissons du futur » de Marie-Monique Robin, tourné en 2011 fait le tour des différentes techniques agro-écologiques mises en place par différents agriculteurs tout autour du monde. Le constat est le même : la productivité de ces méthodes de culture biologique est supérieure à celle des méthodes de culture avec intrants chimiques. Sans parler des graves dégâts infligés par la chimie à notre planète.

Partie 2 : Réussir la transition énergétique, peux-t-on se passer du pétrole ?

Toute notre civilisation actuelle repose sur les énergies fossiles : engrais, produits pharmaceutiques, matériaux de construction, fibres synthétiques, transports, production de chaleur et de lumière… Les rejets engendrés par cette utilisation exacerbée de ces énergies détraquent l’écosystème planétaire. Le cycle de l’eau est à son tour perturbé par l’augmentation des températures. On bascule, à grande vitesse, vers une extermination massive de notre civilisation.

Encore une fois, des solutions existent et c’est maintenant qu’il faut agir.

Thierry Salomon, ingénieur énergéticien et président de l’association NegaWatt, décortique depuis plus de 10 ans notre utilisation de l’énergie et quel scénario nous permettra d’atteindre le 100% renouvelable d’ici 2050.

Son constat et celui de son équipe est simple :

  • 50% de l’énergie que nous produisons est gaspillée inutilement ;
  • 80% de nos dépenses énergétiques sont concentrées sur le chauffage, la climatisation et les transports.

Il ne s’agit donc pas de produire autant d’énergies vertes que d’énergies fossiles. Notre société éduquée à la consommation et à l’accumulation se doit de redevenir raisonnable sans pour autant retourner à l’âge de pierre dans sa vie quotidienne (intérêt des écrans vidéo dans les espaces publics ?, intérêt de garder tous nos appareils électriques en veille 24h/24 ?, intérêt d’une climatisation exagérée et immédiate au premier coup de chaleur ?,.…).

Les premiers combats sont tout de même à diriger vers l’isolation du bâti, notamment celui réalisé entre 1946 et 1975. Rénover ces bâtiments passoires nous permettra de consommer 3 à 4 fois moins d’énergies mais aussi créera de l’emploi localement. De même, une réflexion sur nos besoins de mobilité devra aussi être conduite globalement afin de responsabiliser chaque individu.

L’exemple concret du bon fonctionnement de ce scénario est Copenhague, au Danemark. Une production d’énergie verte variée (éolien, biomasse, combustion de déchets), un isolement thermique de nombreux logements et un aménagement des espaces et des transports urbains permet désormais à chaque habitant de bénéficier d’importantes économies et pour 67% d’aller travailler en vélo !

On peut citer aussi Malmö, en Suède, où la ville construit des éco-quartiers 100% autonomes en énergie renouvelable. Avec un aménagement qui privilégie le bien-être de ses habitants. Et la Suède fait toujours partie des pays où l’on vit le plus heureux 😉

Dans ces deux exemples, les habitants et citoyens sont partie prenante de cette transition énergétique. Ils participent au financement des parcs éoliens et bénéficient des avantages économiques qui y sont liés (intérêts supérieurs à ceux d’un PEL). Ce qui permet au Danemark d’avoir pour objectif d’être au 100% renouvelable d’ici 2050.

Dans un pays comme l’Islande, 87% de l’énergie utilisée est d’origine renouvelable. Ce pays, après la première crise pétrolière, s’est tourné vers ses ressources naturelles et utilise massivement géothermie et hydroélectricité.

De même, la Réunion utilise aujourd’hui 35% d’énergie renouvelable issue du solaire. Son ambition est de parvenir à l’autonomie énergétique d’ici 2025-2030.

L’énergie verte est partout, chaque individu peut désormais devenir acteur de la production globale et par le biais de coopération entre particuliers producteurs, devenir fournisseur à moindre coût. Cette énergie renouvelable coûte désormais moins cher et est bien plus rentable pour les consommateurs. Mais c’est encore une information qu’on nous cache…Nos amis magnats du pétrole apportant la confusion dans des chiffres pourtant bien avérés. Un watt d’énergie solaire coûte aujourd’hui 66 cents à produire et s’approche rapidement du coût zéro soit bien moins cher que toute autre énergie fossile.

L’énergie verte peut aussi être issue de l’énergie circulaire. C’est à dire issue de nos déchets. Et c’est un investissement qu’à réalisé la ville de San Francisco. Elle est devenue la plus en pointe au monde en ce qui concerne le Zéro Déchets. Son objectif est d’atteindre le 100% de déchets compostés ou recyclés d’ici 2020. En 2014, ils étaient déjà à 80% !! Et nous parlons bien de tous les déchets qu’ils soient d’origine domestique, professionnelle ou industrielle. Très impressionnant et encourageant quand on sait que 10 millions de tonnes de déchets sont jetés chaque jour dans le monde.

Comment atteignent-ils de tels résultats ? En rendant les choses faciles et obligatoires. Des conteneurs pour chaque type de déchets avec une incitation financière à utiliser le plus possible les poubelles qui recyclent ou compostent. La loi et le porte-monnaie ou pourrait-on dire le bâton et la carotte 😉

Les ordures sont ainsi vues comme des ressources et le compost produit sert notamment à l’agriculture environnante. Sans compter la ressource d’emplois que crée cette gestion des déchets : 10 fois plus d’emplois créés que pour l’enfouissement et l’incinération ! C’est donc un vrai gisement d’emplois écologiques qui s’offre à nous, partout dans le monde, puisque nous faisons tous face à la problématique des déchets.

Réussir la transition énergétique est donc possible. En arrêtant de gaspiller une grande partie de notre énergie, en réduisant raisonnablement nos consommations, en recyclant nos déchets et en diversifiant nos sources d’énergies vertes nous pouvons y arriver. On se rend même facilement compte que cela crée un nouveau modèle économique souvent plus local. Alors faut-il repenser le modèle ?

Note : pour les particuliers des astuces simples et peu coûteuses existent pour réduire leur consommation en énergie mais aussi réduire la consommation en eau.

Partie 3 : Une économie pour demain

Comment créer richesses et emplois sans forcément croitre sans fin et sans détruire la planète ?

D’après Pierre Rabhi, paysan philosophe, nous devons « retrouver la puissance de la modération, de l’autonomie, de l’intelligence. » Il n’est pas nécessaire de devenir toujours plus riche et posséder toujours plus. L’accumulation de biens ne nous rend pas plus heureux, au contraire nous en devenons esclave.

L’économie est aujourd’hui dominée par la finance et ne recherche que les profits au détriment des hommes et des écosystèmes.

Emmanuel Druon, président de Pochéco, une usine fabriquant des enveloppes, a repensé le modèle économique de l’entreprise et l’applique depuis 20 ans. Son mode d’emploi est clair et éprouvé :

  • Il faut arrêter d’enrichir les actionnaires et réinvestir les bénéfices dans l’entreprise ;
  • Il faut mettre en avant l’économie circulaire et respecter les femmes et hommes qui travaillent chaque jour au bon fonctionnement de l’entreprise ;
  • Il faut penser son mode de production d’un bout à l’autre de la chaine afin de respecter notre environnement et avoir le moins d’impact possible.
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Ainsi, Pochéco est forte de salariés autonomes prêt à tout pour améliorer la production de l’usine. Peu d’écarts de salaire entre les postes, tous les résultats de l’entreprise sont réinvestis, la production est pensée depuis l’approvisionnement (fournisseurs de bois éthique et écoresponsable) jusqu’au bout de la chaine avec ses déchets et résidus (retraitement des eaux usées) en passant par le confort des postes de travail. L’usine est devenue un lieu écologique avec forêt de bambous et toit végétalisé. Nous sommes ici sur le principe de l’énergie circulaire, une entreprise responsable qui veille au respect de l’environnement dans sa production. Emmanuel Druon appelle cela l’écolonomie et il prouve chaque jour que produire de cette façon est plus économique qu’auparavant.

Le modèle économique de cette entreprise est viable sans courir après la croissance à tous prix. Cependant, notre économie mondiale ne peut fonctionner que si la croissance existe. Alors comment faire ?

Bernard Lietaer, économiste, travaille depuis 40 ans à développer les monnaies locales complémentaires. Pour lui, ces monnaies sont la réponse aux crises financières chroniques. Il s’agit de garder dans notre économie, notre monnaie nationale qui sert sur le circuit de l’espace commercial mondial et des grosses entreprises et de la compléter localement par une monnaie qui agit sur notre lieu de vie. Nos entreprises locales sont alors dynamisées, les liens sociaux recréés car notre relation à l’argent devient différente. Nous savons qu’en utilisant la monnaie locale, celle-ci reste sur notre territoire et ne peut bénéficier qu’à nos commerçants, artisans et travailleurs locaux. La monnaie locale évite la concentration de l’argent dans les mêmes mains et est dépourvue d’intérêts. C’est une monnaie de pur échange, rien d’autre ! Plus de 5000 monnaies locales existent aujourd’hui dans le monde et relancent systématiquement l’économie des territoires.

Ces monnaies locales existent sous différentes formes. Une des plus anciennes est le WIR suisse, créée par des chefs d’entreprise en 1934 alors que le pays subissait une crise financière. Ils ont pu continuer à produire, à s’échanger des fournitures ou produits grâce à cette sorte de troc comptabilisé en monnaie WIR créée de toute pièce. Aujourd’hui, on attribue la stabilité de l’économie suisse à l’existence de cette monnaie.

Alors que le WIR ne peut être utilisé que par les entreprises, la ville de Bristol en Angleterre a mis en place une monnaie locale utilisée aujourd’hui par toute la population. Le maire lui même est payé en Bristol Pound !

Tout système a besoin de diversité, même notre économie. La création de monnaies locales agit de façon bien plus efficace sur l’économie locale mais aussi plus profondément sur l’engagement des citoyens et le respect de l’environnement. Pourquoi acheter les pommes du supermarché qui viennent du bout du monde alors qu’on peut en acheter localement avec un producteur que l’on connaît et grâce à une monnaie du territoire ? De fait, la production locale se développe, minimise l’émission de CO2 et notre producteur pourra proposer de nouveaux emplois.

L’économie doit donc se repenser. Nos comportements de consommation doivent évoluer, favoriser le local ou bien encore le partage. Mais ce n’est pas parce qu’on parle « local » que des interconnexions ne sont pas envisageables. Bien au contraire, du moment que la relation reste équitable et respectueuse de l’Homme et de l’environnement.

Toutes ces initiatives sont à l’origine de citoyens motivés pour reprendre le pouvoir de leur vie. Alors que les peuples à travers le monde ne se sentent plus impliqués dans la vie politique et se sentent exclus, il semble qu’une réflexion sur la démocratie et son évolution devienne nécessaire.

Partie 4 : Réinventer la démocratie

Malheureusement aujourd’hui, les hommes politiques sont sous le joug des multinationales. Les décisions prises sont désormais majoritairement à l’avantage de celles-ci et non pas à celui des citoyens. D’où une perte de confiance dramatique des peuples du monde.

On ne se sent plus représentés par les candidats aux élections, issus à 90% de grandes écoles ou universités et déconnectés de nos problématiques journalières. On nous demande d’aller voter une fois de temps en temps puis de leur laisser tous pouvoirs avant les prochaines élections…

Aujourd’hui, doué d’un niveau d’information élevé grâce à internet, chaque citoyen peut s’engager dans une démocratie participative. Un système de groupe de travail, où bien informé, chacun pourrait participer à la création d’un projet, d’une solution à des problèmes concrets en partenariat avec les élus. Car eux aussi ont perdu leur pouvoir d’action et une alliance intelligente entre citoyens motivés et élus locaux pourrait redonner vie au système démocratique.

Tout ceci n’est pas utopique, les Islandais sont passés à l’action en imposant sévèrement et durablement leur ras-le-bol du système en place. Ils ont ainsi obtenu la mise en œuvre d’un travail collaboratif pour écrire une nouvelle constitution.

La démocratie participative nécessite l’engagement et l’investissement de chacun malgré les barrières idéologiques ou sociales. C’est ainsi que le bel exemple de Kuttambakkam , en Inde, est décrit par Cyril Dion. Corruption, inégalités, système de castes ne permettent que difficilement à la démocratie indienne de se développer sereinement. Pour lutter contre cela Elango, intouchable, a réussi à devenir maire de sa commune et à mettre en place un système de démocratie participative où chacun devient acteur de son lieu de vie malgré les castes. En 20 ans, la ville a repris des couleurs sur tous les thèmes (éducation, propreté, chômage, infrastructures, accès à l’eau potable, habitats, …).

C’est ainsi que Vandana Shiva, décrit la démocratie « du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Et cela commence localement, au plus bas de l’échelle politique. Nos objectifs étant de respecter les lois de la Nature et celle des Droits de l’Homme. Nous avons donc un devoir de mobilisation, de participation à notre vie quotidienne et de surveillance de ce que font nos politiques face aux lourds pouvoirs économique des multinationales. Les décisions doivent toujours servir l’intérêt de l’Homme et de la Nature, pas celui de l’économie.

Vient alors la question de la façon d’élever et d’éduquer nos citoyens.

Partie 5 : Une nouvelle histoire de l’éducation

L’école d’aujourd’hui est restée sur le modèle de la fin du 19e siècle : former une main d’œuvre efficace pour répondre aux besoins du développement industriel de l’époque. Nous remplissons des têtes des mêmes savoirs du passé en appliquant contrôles et sévérité. Les élèves, capables de mieux retenir que les autres, sont considérés comme meilleurs et assurés d’une réussite sociale.

Mais le monde change, nos enfants avec et les besoins ne sont plus les mêmes. Alors que nous ne nous sommes jamais intéressés aux qualités humaines de chacun, il apparait clairement que désormais former des citoyens du monde devient une obligation.

Dans le contexte environnemental que nous connaissons, nous avons le devoir de leur enseigner les bases des fondations du monde de demain.

Empathie, travail coopératif, conscience de notre lien à la nature et de notre empreinte écologique doivent désormais largement compléter les connaissances de base du passé. Sans oublier l’utilisation de pédagogies respectant l’enfant et ses particularités, mettant en avant ses talents et ses différences et favorisant son bien-être et la fierté de ce qu’il est. Alors que l’école d’hier formatait des profils identiques, l’école de demain mettra en avant la force de la différence et la complémentarité.

La Finlande a fait ce choix depuis de longues années déjà. Et son système éducatif est pensé de bout en bout…dès le bâtiment. Désormais, toute rénovation ou construction impose que l’architecture soit au service de la pédagogie. Les enfants ont besoin d’espace et de lieux beaux et apaisants, c’est ainsi chose faite.

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Ensuite, le principe réside dans le fait de mettre l’enfant au cœur du système. Les enseignants s’adaptent aux élèves et ajustent leurs méthodes d’apprentissage. A titre d’exemple, dans une même classe une enseignante utilisera plusieurs techniques pour apprendre aux enfants à lire. Elle choisira la méthode qui semble le mieux convenir à tel ou tel enfant. Chaque élève est respecté dans son rythme : sur le même exemple, s’ils ne savent pas tous lire le même jour et en même temps cela n’a pas d’importance. Le rythme est respecté dans les apprentissages mais aussi dans la biologie 😉 Parlons ici du rythme biologique de nos enfants : pas de séquences de cours supérieures à 45mn et des pauses systématiques de 15mn. Surprenant n’est-ce pas ? Ceci ne sert pourtant qu’à respecter le rythme de notre cerveau et de ses capacités d’apprentissage.

Evidemment, la position de l’enseignant n’a rien à voir avec celle que nous connaissons en France. Les relations avec les enfants sont basées sur la confiance et l’échange. Les liens entre les élèves sont favorisés ainsi que les apprentissages entre eux. L’enseignant n’est pas vu comme une autorité suprême mais comme une sorte de jardinier.

La Finlande a désormais un des systèmes éducatifs les plus performants au monde loin devant ceux des autres pays européens. Il s’est construit doucement depuis 40 ans, sans pression politique et avec énormément d’intelligence et de confiance aux enseignants.

Proposer un enseignement de qualité autrement que dans nos schémas actuels est donc possible.

Partie 6 : Commencer à s’y mettre

Maintenant que nous comprenons mieux les tenants et aboutissants et que tant d’exemples vers le changement existent…il ne nous reste plus qu’à agir.

Nous avons 20 ans pour nous bouger ! Ensemble, nous devons recréer un écosystème où chacun à son importance et est interdépendant des autres pour que tout le système fonctionne.

Nous n’avons pas besoin de tout le monde au départ, quelques personnes suffisent. La révolution silencieuse est en marche depuis un moment déjà, partout dans le monde. A notre tour d’y participer.

Conclusion sur “Demain un nouveau monde en marche” :

  • Conclusion de l’auteur

Aujourd’hui, notre mobilisation est impérative. Pas une simple mobilisation, une mobilisation mondiale et de fond qui nous permette de recréer un écosystème viable.

Nous avons déjà un grand nombre de solutions pour un grand nombre de problèmes. Evidemment rien n’est rose ou toujours positif, mais ne rien faire serait pire ! C’est à nous de reprendre le pouvoir en passant à l’action, en agissant et en ayant le plaisir de le faire.

Tout ces exemples, cités dans le livre, peuvent être réalisés à notre porte. Un merveilleux avenir peut se dessiner devant nous. Mais c’est maintenant qu’il faut en décider.

  • Ma conclusion

Un livre bien construit qui aborde les cinq principaux piliers de notre société : alimentation, transition énergétique, économie, démocratie et éducation. Ainsi, dans chacun de ces domaines on peut comprendre de quelle façon nous en sommes arrivés là et quelles solutions ont été mises en place. La grande majorité des exemples cités part d’actions citoyennes, de regroupement d’anonymes motivés par une envie de changement et d’action. Et les résultats sont là ! Evidemment à petite échelle mais c’est assez simple d’imaginer quelle ampleur cela pourrait prendre, si, dans chaque contrée du monde nous décidions de reprendre le pouvoir sur nos vies. Car il s’agit bien de cela, reprendre nos vies en main. Ne plus attendre que l’Etat nous donne la becquée sous prétexte qu’à notre niveau nous n’avons aucun moyen d’agir. Eh bien si, nous avons le pouvoir d’agir sur nos vies sans pour autant être des révolutionnaires.

Demain – Un nouveau monde en marche – c’est la faisabilité de lendemains qui chantent, de respect de l’environnement et de vies saines, de liens qui se créent entre les Hommes pour reprendre le gouvernail de notre futur…

Bien sûr rien n’est toujours aussi simple et le livre ne décrit que les aspects positifs de chacun des projets. Mais quel projet se fait facilement à partir du moment où l’on décide de réécrire une façon de faire ? Est-ce décourageant pour autant ? Non, car ces exemples fonctionnent et parfois depuis de nombreuses années et l’important, ici, c’est le résultat.

Ce livre est pour moi un vrai éclairage positif. Une vraie lumière au bout du tunnel de la catastrophe écologique. Chacun, à son échelle, a le pouvoir de décider et d’abonder dans le bon sens en suivant simplement les exemples. Pas besoin de réinventer la poudre. Cette lecture a été, pour moi, le déclencheur de la mise en œuvre de mon blog Ma maison sur la terre et me permet de contribuer, à mon échelle, au monde de demain. Je n’ai plus honte d’en faire « si peu » pour ma planète. Je sais maintenant que les petits ruisseaux font les grandes rivières et je m’y attache.

Par ailleurs, ce récit met la lumière sur un nouveau modèle économique bien plus créateur d’emploi que le modèle actuel. Et nous parlons bien d’emplois locaux, revigorant nos territoires.

Mais n’oublions pas, pour ce Demain là, il faut agir maintenant ! C’est notre dernière chance.

Points forts :

  • Approche pédagogique, œuvre grand-public ;
  • Toujours un point sur le « comment nous en sommes arrivés là ?» et le « que pouvons nous envisager maintenant ?» ;
  • Un livre chapitré par grands domaines, qui permet éventuellement de choisir son sujet et de ne pas tout lire d’une seule traite ;
  • Un livre tourné vers le positif et les solutions malgré le constat scientifique abordé dans les premières pages ;
  • Un livre qui donne envie, qui appelle à l’action tellement les solutions sont simples et de bon sens ;
  • Un point de départ vers d’autres œuvres convergentes et plus focalisées sur un thème tel que « Power to Change » de Carl A. Fechner (transition énergétique) ou « Les moissons du futur » de Marie-Monique Robin (agriculture) sans oublier l’ensemble des œuvres de Pierre Rabhi sur notre société d’aujourd’hui et la nécessité d’un retour à l’essentiel ;
  • Un film-documentaire, moins détaillé dans les interviews, permet d’aborder les 5 chapitres du livre plus facilement ;
  • Une belle opportunité pour nombre de personnes de passer à l’acte et pourquoi pas de créer une entreprise ?

Points faibles :

  • Nous ne voyons que la face positive de chaque projet, les difficultés de mise en place ne sont pas abordées ;
  • Le livre est dense et peut nous laisser flottant quant à choisir le sujet par lequel commencer ;
  • Si vous êtes déjà affuté sur les questions d’environnement vous risquez d’en apprendre peu sur les raisons du « Pourquoi on en est là ? » ;
  • Voyager en avion autour du monde pour cette œuvre peut paraitre antinomique vu le sujet…

La note d’Emmanuelle du blog www.mamaisonsurlaterre.fr :

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Avez-vous lu le livre ? Combien le notez-vous ?

Médiocre - Aucun intérêtPassable - Un ou deux passages intéressantsMoyen - Quelques bonnes idéesBon - A changé ma vie sur un aspect bien précis !Très bon - A complètement changé ma vie ! (1 votes, moyenne: 5,00 out of 5)

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2 Commentaires pour :

Demain, un nouveau monde en marche

  • Cédric

    8 Juin 2017 à 14:55

    Tiens, je ne savais pas qu’il existait une version du film en livre. Je pense que je vais me le procurer rapidement. Il sera une grande source d’inspiration pour mon nouveau blog : se-preparer-au-monde-de-demain.com
    Il correspond parfaitement à la thématique. Il est temps de se bouger pour faire avancer les choses ! Demain est une grande opportunité pour créer, innover et vivre de merveilleuses aventures !

    Répondre



    • Emmanuelle

      19 Juin 2017 à 08:52

      Heureuse de vous avoir fait découvrir cet ouvrage. Et heureuse de vos projets à venir quant à la création de votre blog.

      Bougeons nous pour avancer, c’est une très bonne idée 😉 L’univers des possibles est grand ouvert, remettre de l’optimisme dans le changement ne peut être que positif.

      Belle continuation à vous.

      Répondre









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