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Deep work : retrouver la concentration dans un monde de distractions

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Résumé de “Deep work retrouver la concentration dans un monde de distractions” : Dans un monde débordant d’informations et de distractions et dans une économie toujours plus concurrentielle, le travail en profondeur ou deep work est un super pouvoir qu’il est important de s’approprier pour se développer et accomplir de grandes choses.

Par Cal Newport, 302 pages

Note : Cet article invité a été écrit par Pierre-Christophe du blog Entreprendre et Réussir

Chronique et résumé de “Deep work : retrouver la concentration dans un monde de distractions”

Partie 1 : Le concept

Le deep work repose sur votre aptitude à exploiter avec intensité vos capacités intellectuelles pour en extraire un maximum de valeur. Pour parvenir à améliorer vos résultats et vos facultés, vous devez avoir une approche de travail en profondeur ou deep work en anglais.

Tous les sites d’info-divertissement comme sources de distractions avec leurs multiples accès via les smartphones et ordinateurs fragmentent l’attention. Des sites comme Youtube, Twitter, Facebook, Instagram, et autres ne sauraient favoriser le deep work qui demande de longues périodes de travail ininterrompues. Dans une époque où tous ces outils de réseaux règnent en maîtres, le travail en profondeur s’apparente à une activité superficielle. Par exemple, sur votre lieu de travail, vous devez souvent :

  • Envoyer et recevoir de façon permanente des emails comme de véritable routeurs humains.
  • Avoir des pauses fréquentes dans des moments éphémères de distractions.
routeur humain retrouver la concentration

Tous vos efforts sont morcelés et perdent en qualité. Une mouvance, non aisément réversible, d’une activité superficielle qui devient une tendance. La concentration nécessaire et votre capacité à la tenir dans la durée sont perdues parce que vous restez distrait en permanence. En étudiant la vie de personnages influents dans l’histoire, vous remarquerez tout leur potentiel à travailler en profondeur :

  • Woody Allen, en 44 ans, de 1969 à 2013, a écrit et réalisé 44 films pour 23 nominations aux oscars.
  • JK Rowling s’était distinguée par son absence des réseaux sociaux lors de l’écriture d’Harry Potter.
  • Bill Gates était connu pour réfléchir à de grandes idées en s’isolant pour mener des semaines de réflexion.

De nos jours le deep work ou travail en profondeur devient de plus en plus rare tout en devenant de plus en plus précieux. Ce sont les personnes capables d’entretenir cette habilité qui pourront s’épanouir et réussir. Si votre objectif réclame une réflexion plus approfondie, c’est que vous souhaitez sans doute modifier votre perception.

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1.1 – Le deep work est une expérience de grande valeur

Il faut reconnaître que nous sommes gâtés par la simplicité d’utilisation d’outils comme Youtube, Facebook, Instagram, etc. Des outils de distractions qui nous offrent des fonctions intuitives mais il s’agit là simplement de produits de consommation et pas d’outils sérieux. Vous ne pourrez pas prendre une longueur d’avance dans un monde qui est perturbé par les nouvelles technologies. Sans la faculté de travailler en profondeur, vous aurez des difficultés à produire des choses à un niveau exceptionnel si vous appartenez aux personnes qui :

  • succombent en permanence aux distractions et que la concentration en profondeur vous met mal à l’aise alors ne vous attendez pas à appréhender facilement des systèmes de plus en plus complexes.
  • sont trop multitâches, alors vous perdez votre attention lorsque vous passez d’une tâche A à une tâche B. Même lorsque vous menez votre tâche B, des restes d’attention issu de la tâche A sont encore présents.

De nombreuses personnes travaillent dans un état de semi-distraction. Le fait de jeter un rapide coup d’œil à votre boite de réception ou à votre smartphone peut vous paraître inoffensif mais ces basculements répétés, tout au long de la journée, nuisent à votre performance.

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Si vous n’êtes pas à l’aise pour rester concentré alors il vous sera difficile de parvenir au niveau de performance optimale aussi bien quantitativement que qualitativement. Vous aurez des difficultés à vous épanouir professionnellement. A moins que vous ne possédiez un talent, les adeptes du travail en profondeur seront beaucoup plus productifs que vous. Un travail superficiel de faible valeur est facile à reproduire alors qu’à l’inverse, il est inestimable et mieux récompensé. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il est toujours possible de réussir sans exploiter cette habilité mais cette possibilité est de plus en plus rare.

Le talent n’est pas une matière première qui ne peut être achetée. Si vous évoluez sur un marché, seuls les meilleurs sont récompensés et votre consommateur choisira “la crème de la crème”. Nous vivons dans une économie où de plus en plus d’individus sont en concurrence avec les meilleurs. 3 groupes auront un avantage particulier :

  • Ceux qui sont capables de bien travailler.
  • Ceux qui sont les meilleurs dans leur domaine.
  • Ceux qui ont accès au capital.

Même si ce ne sont pas les seuls qui réussiront, il s’agit de souligner l’importance de les suivre, du moins les deux premiers en l’absence de capital. La faculté d’apprendre rapidement est la clé dans n’importe quel domaine même pour ceux n’ayant guère de rapport avec la technologie. Mais ce n’est pas suffisant, vous devez ensuite transformer votre potentiel en résultats concrets qui seront appréciés par les autres. Votre faculté de travail en profondeur demande une pratique délibérée :

  • Toute votre attention doit être centrée sur une habilité bien précise que vous allez essayer d’améliorer dans le domaine que vous voulez maîtriser.
  • Le retour obtenu vous permettra de corriger votre approche.
rester concentrer

Les neuro-scientifiques sont persuadés que la “myéline”, une substance constituée de lipides, génère un mécanisme physique qui serait responsable des performances intellectuelles chez l’homme. C’est ce que rapporte le journaliste Daniel Coyle qui a mené l’enquête dans “The Talent Code“. Elle isole et protège nos fibres nerveuses, c’est à dire les “axiomes” qui sont le prolongement des neurones. Un peu comme une gaine en plastique qui isole le fil électrique et augmente la vitesse de propagation de l’influx nerveux. Plus vous améliorez une habilité et plus avez de “myéline” autour des neurones concernés. Vous comprenez mieux l’importance de se concentrer intensément sur la tâche, la plus importante pour vous, en évitant les distractions pour favoriser le déclenchement de la “myélinisation”. En dédiant un travail très intense sans aucune interruption, vous allez tirer parti de la loi de la productivité suivante :

Travail d’excellente qualité = [Temps passé] x [Intensité de la concentration]

2 groupes sont accessibles :

  • Ceux qui sont capables de travailler en faisant preuve de créativité avec des machines intelligentes.
  • Ceux qui sont des vedettes dans leur domaine.

Parmi eux, 2 capacités sont cruciales :

  • La capacité à maîtriser rapidement des choses difficiles.
  • La capacité à produire un travail à un niveau exceptionnel en terme de qualité et de rapidité.

Maîtriser des outils complexes est un processus sans fin. Vous devez être capable d’y parvenir rapidement et de répéter encore et encore l’opération. Dans votre domaine, vous devez vous approprier les thèmes associés pour découvrir la vérité dans chacun d’eux. Pour apprendre rapidement, vous devez adopter la concentration intense pour votre deep work ou travail en profondeur. Vous allez optimiser les résultats produits par créneaux passés à travailler. Par exemple, en restant plusieurs jours isolé à faire quelque chose comme écrire, vous affichez un niveau d’efficacité supérieur. Votre travail en profondeur ou deep work optimise votre performance.

1.2 – Le travail en profondeur est une expérience rare

Les entreprises préfèrent suivre les tendances qui abaissent activement la capacité des gens à travailler en profondeur et laisse la part belle aux distractions :

  • Le culte de l’internet : Le travail en profondeur ou deep work est écarté pour des comportements sources de distractions comme l’utilisation des réseaux sociaux dans le monde professionnel.
  • Chercher à prouver sa productivité : Nombreux sont les travailleurs à faire beaucoup de choses de façon très voyante, en l’absence de définition clairs d’indicateurs de productivité et de leurs valeurs dégagées.
  • Privilégier la facilité : En l’absence d’un retour clair de l’impact des comportements sur le résultat, la tendance est de suivre ceux qui sont les plus faciles à afficher sur l’instant.

En matière de comportements, source de distractions au travail, la culture de la connectivité est omniprésente. On s’attend à ce que vous lisiez et répondiez rapidement aux emails. Il y a aussi les réunions concernant les projets qui peuvent se multiplier et fragmenter les emplois du temps. Il devient alors difficile de se concentrer durablement sur un projet dans la journée. Chaque solution de facilité vous mène vers un travail superficiel dans une économie qui valorise la profondeur de la concentration. Enfin, bon nombre de travailleurs montrent qu’ils en font beaucoup parce qu’ils n’ont pas de meilleure solution pour prouver leur valeur. Voici quelques exemples de comportements néfastes pour le travail en profondeur :

  • Répondre à toute heure à ses emails.
  • Participer en permanence à des réunions.
  • Intervenir dans les secondes qui suivent la réception d’un message sur les systèmes de messagerie instantanée.

Le travail en profondeur ou deep work est écarté pour privilégier des comportements modernes qui sont sources de distractions. La profondeur de la concentration ne peut pas rivaliser avec les tweets, likes, murs, posts et photos taguées. Ce sont des comportements superficiels qu’ils fraudaient adopter par le simple fait qu’ils existent. En regardant de plus près, les raisons pour lesquelles nous nous laissons distraire reflètent un mauvais raisonnement associé à l’ambiguïté et la confusion qui caractérisent souvent le travail. Nos cultures de la connectivité persistent parce que “c’est plus facile !” :

  • Obtenir immédiatement la réponse à une question ou une information, facilite la vie, au moins sur le moment.
  • Il est tout à fait légitime de caler votre journée en fonction de ce qui arrive dans votre boite de réception.

Le travail superficiel est plus facile pour 3 raisons :

  • L’absence d’objectifs clairs de votre poste à votre travail.
  • L’affairement visible qui caractérise le travail superficiel et qui obéit à un instinct de conservation.
  • La croyance selon laquelle un comportement lié à internet est bon quel que soit son impact sur votre faculté de produire des choses précieuses.

L’impact sur le travail est favorisé par la difficulté à mesurer directement la valeur de la profondeur de la concentration ou le coût à payer lorsqu’on l’ignore. Cet appétit pour les distractions pourrait être éradiqué après avoir décidé de cultiver une éthique reposant sur le travail en profondeur. En sachant que les comportements sources de distractions ne s’imposent pas, vous pourrez poursuivre avec confiance l’objectif de développer votre capacité personnelle à privilégier la profondeur de la concentration pour obtenir des résultats extraordinaires. Vous devez vous efforcer de la développer systématiquement parce qu’elle deviendra de plus en plus rare et donc de plus en plus précieuse.

1.3 – Le travail en profondeur est une expérience riche

Nous vivons dans une époque où tout ce qui est lié à internet est considéré comme novateur et nécessaire. Ces comportements destructeurs pour votre travail en profondeur ou deep work tels que répondre immédiatement aux emails et rester très actif sur les réseaux sociaux sont reconnus et loués. Avoir l’habitude de vérifier constamment sa boite de réception accapare votre attention. Un moyen imprudent d’organiser sa journée de travail car votre esprit va la considérer comme empreinte de stress, de futilité, d’irritation et de frustration. Le monde représenté par votre boite de réception n’est pas un endroit où il fait bon vivre.

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Laisser votre attention dériver vers l’univers attirant de la superficialité vous fait courir le risque de tomber dans le piège de l’oisiveté, mère de tous les vices. En perdant la concentration, votre esprit a tendance à se focaliser sur quelque chose qui n’est pas adapté à votre vie. Une journée de travail superficiel est susceptible d’être contrariante et épuisante même si les éléments superficiels et les distractions semblent aux départs amusants ou inoffensifs.

Un artisan comme un forgeron doit passer le plus clair de son temps dans une profonde concentration. Dans leur univers, le lien entre travail profond et épanouissement est courant et très largement accepté. Il s’agit d’une source de satisfaction que l’on retrouve chez les travailleurs. Elle n’est pas seulement bénéfique sur le plan économique, elle a du sens et vaut la peine d’être vécue.

travail en profondeur expérience riche

1.3.1 – L’argument neurologique

Le cerveau bâtit une vision du monde qui repose “sur quoi nous portons notre attention“. Des scientifiques grâce à l’IRM fonctionnelle du cerveau, en présentant des images positives et négatives ont découvert (Pour en savoir plus, reportez-vous à l’article suivant : “At the Intersection of Emotion and Cognition: Aging and the Positivity Effect“) :

  • Chez les jeunes, l’amygdale s’active pour les 2 types d’imagerie.
  • Chez les personnes âgées, l’amygdale ne s’active qu’en cas d’image positive.

Les personnes âgées ont conditionné leur cerveau de façon à ignorer les aspects positifs. C’est en gérant leur attention qu’ils améliorent leurs univers sans rien changer concrètement. Le deep work ou travail en profondeur est empreint d’un sentiment d’importance et d’une certaine gravité. Ainsi, votre centre de commande de l’attention peut vous empêcher de remarquer les nombreux détails moins agréables qui polluent en permanence votre vie. En augmentant le temps passé dans un état de profondeur de la concentration, vous allez influer sur votre cerveau qui pour des raisons neurologiques trouvera du sens et vous apportera une grande satisfaction professionnelle.

1.3.2 – L’argument psychologique

La majorité des gens pensent que c’est l’état de détente qui rend heureux. En général, nous souhaitons moins travailler pour se prélasser dans un hamac. Mais en réalité, il est plus facile d’apprécier le travail en profondeur que le temps libre car il est doté :

  • d’objectifs
  • de retours d’informations
  • de défis

Autant d’éléments qui vous incitent à vous :

  • investir
  • concentrer
  • laisser absorber

Vous évoluez à votre meilleur niveau lorsque vous êtes immergé profondément dans une activité stimulante. Le sentiment de profondeur est gratifiant car l’esprit aime les défis quel que soit le sujet. Et votre conscience s’organise d’une manière à donner du sens à votre vie.

1.3.3 – L’argument philosophique

Dans un monde post-siècle des lumières, nous nous sommes donné pour mission d’identifier ce qui a du sens et ce qui n’en a pas. Son origine, portée par le concept des droits de l’homme a libéré bon nombre de personnes de l’oppression. Bien que positive dans la sphère politique, dans l’univers métaphysique, cette pensée a rendu essentiel, le monde de l’ordre et du sacré pour créer du sens. A cette époque, l’artisan a découvert quelque chose de cruciale : une source de sens situé en dehors de l’individu. Sa tâche n’est pas de créer du sens mais de cultiver le sens déjà présent.

Que vous soyez déjà rédacteur, spécialiste du marketing, avocat, consultant, etc, votre travail est aussi artisanal. Si vous exploitez votre habileté avec soin et respect alors vous pourrez générer du sens dans les efforts professionnels fournis au quotidien. C’est comme si notre espèce avait évolué pour deux cas de figure :

  • Soit s’épanouir dans la profondeur.
  • Soit se vautrer dans la superficialité.

Une vie profonde est satisfaisante sous n’importe quel angle.

Partie 2 – Les règles

2.1 – Règle n°1 : Travailler en profondeur

Dans un monde idéal, le travail en profondeur serait accepté et même célébré. Nous pourrions évoluer dans un environnement de travail qui nous aideraient à extraire le maximum de valeur de notre cerveau. Malheureusement la plupart du temps notre concentration est perturbée par ce genre de distractions :

  • des bureaux paysagés.
  • des boîtes de réception.
  • des réunions en permanence.

La plupart des gens sous-estiment la régularité et la force de l’envie du superficiel qui complique les efforts de concentration sur des choses ardues. Certaines études ont démontré que la volonté est limitée et qu’elle diminue à mesure de son utilisation. Elle n’est pas une manifestation d’un utilisable à l’infini mais un muscle qui se fatigue.

Néanmoins, il existe des stratégies pour vous aider à vous stimuler lorsque vous êtes constamment menacé par les distractions. Faire du travail en profondeur qui ne soit plus seulement une simple aspiration mais une véritable partie intégrante, régulière et importante de votre emploi du temps. Il est difficile au début de remplacer les distractions par la concentration. Cette difficulté est portée par la forte envie d’avoir à porter notre concentration sur quelque chose de superficiel. Tout au long de la journée, vous êtes plutôt bombardé du désir de faire tout sauf du travail en profondeur. Vous devez :

  • Adopter un schéma particulier de programmation des tâches.
  • Mettre en place des rituels pour renforcer votre concentration.

Ces stratégies vont vous aider à :

  • Détourner le centre de motivation de votre cerveau.
  • Recharger aussi vite que possible votre réservoir de volonté.

En les appliquant, vous allez augmenter considérablement les chances de succès de votre projet et installer le travail en profondeur au cœur de votre vie professionnelle. Choisissez une philosophie qui s’adapte à votre situation pour bien ancrer votre habitude de travail en profondeur.

2.1.1 – La philosophie de la profondeur

On pourrait aussi l’appeler philosophie monastique de la programmation du travail en profondeur. Elle vise à atteindre la profondeur en diminuant considérablement les obligations superficielles. Elle pourrait concerner un écrivain qui écrit un roman par exemple. L’essentiel de la réussite de cette stratégie repose sur votre capacité à faire une tâche exceptionnellement bien.

2.1.2 – La philosophie bimodale de la programmation du travail en profondeur

Le principal obstacle dans cette approche est que les périodes de travail en profondeur demandent un investissement que beaucoup craignent dans leurs fonctions actuelles. Elle implique de consacrer du temps (une partie) à des activités profondes pour laisser le reste à n’importe quelle autre tâche. L’unité de temps minimale à consacrer est d’au moins une journée entière pour afficher une intensité cognitive maximale. Elle sera généralement appliquée par des personnes qui ne peuvent réussir sans se consacrer pleinement à une activité de travail en profondeur.

Vous devez être inaccessible pendant des périodes bien définies. Les personnes respecteront cette exigence si vous les prévenez que vous serez de nouveau joignable en dehors de celles-ci. Concrètement vous pouvez, sur une semaine, consacrer un weekend de 4 jours à la profondeur de votre concentration et le reste à tout autre chose. Sur une année entière, vous pouvez dédier une saison à la majeure partie de votre quête de profondeur.

2.1.3 – La philosophie rythmique de la programmation du travail en profondeur

Dans cette philosophie, le moyen le plus facile pour entamer régulièrement des séances de travail en profondeur est de les transformer simplement en habitude. Comme un véritable entrainement, elle requiert une certaine confiance en vos capacités. Cette conviction reposera essentiellement sur une réussite professionnelle passée. Malgré un planning particulièrement serré, cela peut être un moyen efficace d’effectuer de longs créneaux.

2.1.4 – Ritualisation

Ceux qui se servent de leur esprit pour créer des choses de valeur ont rarement une façon de travailler désordonnée. Il n’existe pas vraiment un seul rituel de travail en profondeur. La bonne recette va dépendre du type de projet mené et de la personne. Cependant, un rituel qui est efficace présente les paramètres suivants :

  • Un endroit bien précis pour mener à bien vos efforts de grande profondeur tout en évitant les distractions.
  • Des processus et des règles pour que vos efforts restent structurés.
  • Un soutien pour votre rituel comme démarrer avec une tasse de café par exemple.
rituel pour démarrer un bon café

Vous pouvez trouver judicieusement votre rituel en amont en menant des expérimentations pour être motivé à les respecter. Offrez à votre esprit l’engagement nécessaire à basculer dans un état favorable de concentration pour créer des choses importantes. Vos rituels devront minimiser toute friction pour plonger plus facilement dans un état de concentration et le rester le plus longtemps possible.

2.1.5 – Les grands moyens

C’est la modification radicale de votre environnement habituel afin de favoriser l’exécution en profondeur d’une tâche. L’importance accordée à votre tâche réduira votre tendance à procrastiner, à succomber aux distractions et renforcera votre motivation et votre énergie. La quête de calme accompagnée d’un changement d’environnement n’est pas le seul facteur à favoriser la profondeur de concentration. Cela peut être aussi :

  • Le choix d’un lieu exotique pour vous concentrer sur votre projet.
  • Prendre une semaine de vacances pour réfléchir.
  • S’enfermer dans une chambre d’hôtel pour terminer une invention importante.

Ce sont quelques exemples pour vous aider à trouver les ressources mentales nécessaires et arriver à vos fins. Il faut savoir se donner les bonnes priorités pour atteindre ses objectifs.

2.1.6 – Ne pas travailler seul

La relation entre collaboration et profondeur de concentration peut sembler délicate. Mais savoir en tirer parti peut accroître la qualité de votre travail en profondeur ou deep work. Surtout si vous cherchez à innover, le travail en profondeur collaboratif peut donner de meilleurs résultats. En travaillant de concert avec quelqu’un sur un problème, vous serez en mesure de vous stimuler mutuellement afin d’approfondir votre réflexion. Ainsi vous obtiendrez des résultats de meilleure qualité qu’en travaillant seul.

2.1.7 – Diriger la manœuvre à la manière d’une entreprise

La distinction entre le “quoi” et le “comment” est décisive mais souvent négligée dans le monde professionnel. Même si la stratégie à adopter peut sembler simple, la difficulté pour une entreprise est la façon de la mettre en oeuvre. Il existe 4 disciplines que vous allez pouvoir adapter à vos habitudes de travail pour vous aider à prendre des mesures contre les distractions gênantes et les nombreuses obligations :

  1. Se concentrer sur ce qui est primordial : Elle doit concerner un petit nombre d’objectifs primordiaux. Vous devez définir un objectif précis qui peut vous procurer des avantages notoires et tangibles pour conserver votre enthousiasme.
  2. Agir conformément à vos indicateurs stratégiques : Une fois que vous avez identifié votre principal objectif, vous pouvez évaluer votre réussite. Pour une personne centrée sur le travail en profondeur ou deep work, votre indicateur stratégique sera principalement le temps passé dans cet état de travail vers votre objectif. Il existe 2 types de critères :
    • Les indicateurs de résultats : Ils décrivent ce que vous essayez d’améliorer.
    • Les indicateurs stratégiques : Ils évaluent les nouveaux comportements qui vous mèneront au succès sur la base de vos indicateurs de résultats.
  3. Disposer d’un tableau d’affichage stimulant : Ce support physique situé dans votre espace de travail vous montre le nombre d’heures passées dans un travail en profondeur. Cette vision peut vous conduire à vous créer un plus grand nombre d’heures de travail en profondeur chaque semaine. Cette méthode présente 2 objectifs :
    • Relier concrètement vos heures de travail en profondeur accumulées avec les résultats tangibles obtenus.
    • Vous aider à calibrer le nombre d’heures de travail en profondeur nécessaire par résultat.
  4. Créer une cadence de responsabilisation : Dans le cas où vous fonctionnez en équipe, vous pouvez mettre en place des réunions fréquentes et régulières avec un objectif primordial. Un bilan qui peut prendre quelques minutes seulement, mais à effectuer régulièrement pour donner des résultats. Même une personne seule peut faire le point régulièrement sur ce qu’elle fait. Sinon, les membres de l’équipe doivent :
    • Comparer leur tableau d’affichage.
    • Prendre des mesures précises pour améliorer le score avant la prochaine réunion.
    • Les engagements pris lors de la dernière réunion.
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2.1.8 – Être paresseux

Un arrêt intellectuel peut être salutaire pour votre capacité à produire des résultats de qualité. À cela, il y a 3 explications possibles :

  1. Vous avez davantage d’idées : Votre subconscient peut prendre certaines décisions. En offrant du repos à votre conscient, vous pouvez être capable de démêler des problèmes complexes.
  2. Vous refaites le plein d’énergie : Vous allez restaurer votre faculté de diriger votre attention. Vous pouvez exploiter des activités relaxantes à condition qu’elles ne nécessitent pas une concentration dirigée comme :
    • Préparer le dîner.
    • Jouer avec ses enfants.
    • Pratiquer une activité sportive.
  3. Votre capacité journalière est limitée : Votre capacité de travail en profondeur ou deep work, au jour le jour est limitée. Le soir, vous ne serez probablement plus en mesure de travailler efficacement. Une fois votre journée terminée, vous ne devez pas :
    • Vérifier vos emails.
    • Naviguer sur des sites internet en rapport avec votre activité.

Vous pouvez adopter un rituel d’arrêt à la fin de votre journée où vous passez en revue toute tâche, objectif ou projet inachevé pour avoir :

  • Un plan pour le mener a bien.
  • Un endroit où vous le retrouverez le moment venu.

Vous pouvez tout simplement passer en revue les tâches d’une liste avant de planifier les activités du lendemain.

2.2 – Règle n°2 : Éteindre l’ennui

On pense souvent la concentration juste comme une “habitude”. Ce serait un état d’esprit pour passer de la distraction à la concentration, du jour au lendemain, avec un minimum de motivation. C’est une incompréhension qui ignore les difficultés et l’entrainement nécessaire pour renforcer ses muscles mentaux. Reporter son attention sur internet a un effet négatif et durable sur le cerveau. Une fois qu’il est habitué à tomber dans les distractions, l’addiction est difficile à faire passer. La capacité à se concentrer est une habileté qui s’entretient. Approfondir votre concentration nécessite d’apprendre à votre esprit à se débarrasser de sa dépendance à la distraction. Pour tirer le meilleur de votre deep work ou travail en profondeur, vous devez vous exercer à 2 choses :

  1. Améliorer votre capacité à vous concentrer intensément.
  2. Vaincre votre désir de succomber à des distractions.

2.2.1 – Faire une pause après une période de concentration plutôt qu’une période de distraction

Si vous passez juste une journée par semaine à résister aux distractions, il est fort probable que votre cerveau cédera à l’envie. C’est le fait de passer en permanence, au moindre signe d’ennui ou de difficulté cognitive : d’activités à forte valeur ajoutée avec peu de stimuli à des activités de faible valeur ajoutée avec beaucoup de stimuli. C’est ainsi que votre cerveau apprend à ne jamais tolérer l’absence de nouveauté. C’est une bascule constante qui affaiblit les muscles mentaux qui organisent les nombreuses sources qui rivalisent pour accaparer votre attention.

Préférez de marquer une pause entre 2 périodes de concentration. Vous pouvez programmer à l’avance vos créneaux d’utilisation d’internet pour mieux l’éviter en dehors. En isolant les distractions liées à Internet, vous réduisez le nombre de fois où vous y cédez. Vous allez renforcer les muscles chargés de sélectionner ce qui doit retenir votre attention. Pour mettre en place votre stratégie, voici 3 éléments importants à prendre en compte :

  • Premier élément : Cette stratégie fonctionne même si dans votre métier, vous êtes souvent amené à utiliser internet et à répondre rapidement aux emails. L’important est de veiller à ce que vos créneaux hors ligne soient parfaitement respectés.
  • Second élément : Peu importe votre façon de programmer vos créneaux internet, les périodes en dehors doivent absolument rester vierge d’utilisation.
  • Troisième élément : En programmant son utilisation, aussi bien à la maison qu’au travail, vous allez améliorer votre concentration.

Le travail en profondeur ou deep work nécessite de reprogrammer votre cerveau de sorte qu’il n’ait plus de difficultés à résister aux stimulus des distractions. L’idée n’est pas de vous débarrasser complètement de tous les comportements distrayants mais simplement d’éliminer leur faculté de détourner votre attention.

2.2.2 – Travailler comme Teddy Roosvelt

À l’instar de Roosvelt, attelez-vous à la tâche ! Armé de tous vos neurones, vous allez travailler avec une grande intensité :

  • Pas de pauses pour consulter vos emails.
  • Pas de rêverie.
  • Pas de navigation sur les réseaux sociaux.
  • Pas de passages multiples à la machine à café.

Après avoir suivi cette stratégie pendant plusieurs mois, vous serez capables d’atteindre des niveaux d’intensité sans précédent. Dans un premier temps, tentez l’expérience une seule fois par semaine en :

  • habituant votre cerveau à la concentration intense.
  • octroyant un temps de repos nécessaire pour faire baisser votre niveau de stress.

Avec du temps, vous pourrez augmenter la fréquence des séances.

2.2.3 – Méditer de manière productive

Cette stratégie a pour objectif de profiter d’une période où vous êtes occupé physiquement mais pas mentalement. Par exemple, vous allez utiliser :

  • La marche
  • La course à pied
  • La conduite
  • La douche
utiliser la méditation de manière productive

Des moyens simples pour vous concentrer exclusivement sur un problème donné. Cette stratégie peut accroître votre productivité professionnelle. Vous devez reporter votre attention sur votre problème lorsque votre esprit a tendance à vagabonder ou à décrocher. Votre objectif sera d’effectuer 2 ou 3 séances par semaine. Comme toutes les formes de méditation, sa pratique doit être régulière. Voici 2 conseils :

  • Méfiez-vous des distractions et des boucles : Lorsque vous remarquez que votre attention se détourne du problème à régler, recentrez votre attention sur le thème de votre choix. Vous pourrez toujours revenir sur votre pensée plus tard.
  • Structurez votre réflexion en profondeur : Commencez par passer soigneusement en revue des “variables pertinentes” pour la résolution du problème, puis de la stocker dans votre mémoire à court terme. Par exemple, pour élaborer un plan de chapitre d’un livre, les variables pertinentes peuvent être les principaux ponts à travailler pour ce chapitre. Une fois les variables pertinentes identifiées, définissez la question correspondante à laquelle vous devez répondre en utilisant les variables.

2.2.4 – Mémoriser un jeu de cartes

Il s’agit d’acquérir une habileté classique mais assez impressionnante figurant dans l’arsenal de la plupart des athlètes mentaux. La capacité de mémoriser un jeu de cartes mélangé. Votre esprit est capable de retenir énormément d’éléments, s’ils sont stockés correctement. Votre cerveau est comme un muscle qui réagit au poids des haltères. Cette stratégie renforce votre capacité à vous concentrer et c’est ce qui vous permet de trouver plus facilement la profondeur de concentration. Pour vous préparer à mémoriser un grand volume d’informations, vous pouvez commencer par ancrer dans votre esprit l’image mentale de votre parcours dans 5 pièces de votre habitation.

La seconde étape est l’association d’une personne ou d’une chose mémorable à chacune des 52 cartes. Une fois ces étapes franchies, vous êtes prêts pour mémoriser le plus rapidement possible l’ordre des 52 cartes récemment battues. C’est grâce à votre parcours mental, en reliant chaque personne ou chaque chose que vous retenez facilement la carte correspondante.

3.1 – Règle n°3 : Dire ADIEU aux réseaux sociaux

Si vous essayez d’améliorer votre capacité dans le deep work ou à travailler en profondeur, alors va se poser le problème des réseaux sociaux comme principale source de distractions. La volonté étant limitée, plus vous portez à votre attention, des outils attirants, plus vous aurez de mal à rester concentré sur un élément important.

Pour la plupart des gens, l’idée de fuir internet est bien entendu impensable. Les réseaux sociaux sont conçus pour devenir addictifs. Ils accaparent votre attention et votre temps au détriment d’activités en prise directe avec vos objectifs professionnels et personnels. Autant de sources de distractions susceptibles de vous épuiser.

Nous admettons de plus en plus que les réseaux sociaux fragmentent le temps dont nous disposons et nuisent à notre faculté de concentration. L’idée d’un congé sabbatique d’internet comme seule alternative est répandue. Mais la sélection des outils de réseau en fonction de leurs avantages se justifie si vous êtes en mesure d’identifier n’importe quel bienfait associé. Il ne s’agit que d’outils au même titre que le marteau du forgeron ou du pinceau de l’artiste. Ils sont simplement utilisés par des ouvriers qualifiés afin de mieux exercer leur métier.

Pour maîtriser l’art du travail en profondeur ou deep work, vous devez reprendre le contrôle de votre temps et de votre attention. Vous pourrez accepter que ces outils ne sont pas que mauvais et peuvent concourir à votre succès. Il existe un juste milieu si vous souhaitez prendre l’habitude de travailler en profondeur. Vous pouvez sélectionner vos outils avec le même degré de minutie qu’un artisan. Adoptez uniquement un outil si ses influences positives dépassent largement ses influences négatives. Il n’existe pas de simple formule mais cela demande de la pratique et des expérimentations.

3.1.1 – Appliquer la loi de PARETO

En vous concentrant sur des activités où l’influence est moindre, vous amputez votre question temporelle que vous pourriez affecter à des activités plus importantes. Cette stratégie a pour but de structurer un processus de réflexion pour rendre moins complexe le choix des outils en fonction de l’importance qu’il revête à vos yeux.

appliquer la loi de pareto et structurer votre réflexion

A la fin de cette réflexion, voici un exemple de résultat personnel :

  • Objectif personnel : Entretenir avec un groupe de personnes des amitiés proches et gratifiantes.
  • Activités-clés :
    • Prendre régulièrement le temps d’entretenir un lien avec les personnes essentielles pour moi.
    • Donner de ma personne à ceux qui sont importants pour moi.

Voici un exemple de résultat professionnel :

  • Objectif personnel : Créer des histoires dont le récit pourra modifier la compréhension du monde pour les gens.
  • Activités-clés :
    • Effectuer des travaux de recherche en faisant preuve de profondeur et de patience.
    • Soigner la rédaction en donnant un sens à ma mission.

La première étape de cette stratégie est d’identifier les principaux objectifs dans vos vies personnelles ou professionnelles. Votre liste doit comporter ce qui est le plus important pour vous et avoir une description. Une fois que vous aurez réalisé cette identification, vous aurez un petit nombre d’objectifs aussi bien pour votre vie professionnelle ou personnelle.

Dans la seconde étape, définissez pour chaque objectif 2 ou 3 activités importantes qui vous aideront à l’atteindre. Elles doivent être suffisamment précises pour vous permettre de vous imaginer clairement en train de les mener et suffisamment générales pour ne pas être liées à un résultat unique. Par exemple, lire régulièrement et comprendre les derniers résultats de mon domaine de prédilection.

Dans la troisième étape, vous allez passer en revue les activités-clés avec les outils de réseau pour vous demander pour chaque outil :

  • Est-ce que son utilisation a une influence positive considérable avec peu d’influence sur votre pratique régulière et fructueuse dans votre productivité ?

Vient maintenant la décision : Se décider si “oui” ou “non” vous allez vous servir de cet outil. Pour continuer à l’utiliser, il doit avoir des influences positives non négligeables compensant les influences négatives. C’est ainsi que vous identifiez les 20% d’activités qui apportent le gros du bénéfice (loi de Pareto).

3.1.2 – Déserter les réseaux sociaux comme source de distractions

Cette stratégie vous demande d’arrêter l’utilisation des réseaux sociaux pendant 30 jours. Vous devez juste arrêter de les utiliser d’un seul coup. Au bout de 30 jours, posez-vous les 2 questions suivantes pour chaque service dont vous vous êtes éloignés :

  • Les trente derniers jours auraient-ils été bien meilleurs si j’avais continué d’utiliser ce service ?
  • Est-ce que cela a fait quelque chose aux gens que je cesse d’utiliser ce service ?

Si la réponse est “non” aux 2 questions, quittez définitivement le service. Si la réponse est “oui”, reprenez son utilisation. Si la réponse est mitigée, c’est à vous de choisir de le réutiliser ou non.

3.1.3 – Ne pas utiliser Internet pour vous divertir

Tous les sites Web axés sur le divertissement sont destinés à capter et à retenir votre attention, le plus longtemps possible. Ils sont particulièrement néfastes lorsque s’achève votre journée de travail. Un moment de liberté où ils occupent pourtant une place centrale. Ils affaiblissent la faculté de votre esprit à résister aux distractions pour rendre difficile le deep work ou travail en profondeur. Pire, ces outils ne demandent aucune inscription, restent disponibles et à votre portée.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  The Path of Least Resistance | Le chemin de moindre résistance - Partie 2

Cette stratégie vise à exploiter votre temps libre à la manière d’un aristocrate qui est de s’attacher avec rigueur à s’améliorer. En offrant à votre esprit quelque chose de sérieux à faire, vous finirez votre journée plus épanouie et entamerez la suivante plus détendue.

Vous devez donc vous mettre à l’aise et ne pas céder à tout ce qui attire votre attention sur l’instant mais à réfléchir au préalable à ce que vous souhaitez vraiment faire. Il est crucial que vous sachiez à l’avance ce que vous allez faire de vos soirées et week-ends :

  • Des passe-temps structurées
  • Un programme de lecture
  • De l’exercice physique
  • Une soirée agréable en bonne compagnie

Offrez à votre cerveau une alternative de qualité pour cultiver le sentiment de vivre et non uniquement d’exister.

4.1 – Règle n°4 : Fuir la superficialité

Le travail superficiel qui sollicite votre attention est moins utile qu’il n’y paraît sur le moment. De nombreuses activités chronophages pour de nombreux postes ne vous laissent que peu de temps pour travailler sur vos tâches les plus importantes.

Les plus grands adeptes du deep work ou travail en profondeur ne peuvent passer plus de 4h00 dans un tel niveau d’intensité et de concentration. Une fois la limite atteinte en matière de travail en profondeur ou deep work sur une journée, les bénéfices diminuent si vous voulez continuer d’exercer la tâche en question. Le volume d’efforts d’une personne est limitée durant la journée.

L’objectif est de maîtriser l’emprise du travail superficiel et non de l’éradiquer. Les stratégies suivantes vont vous aider à identifier la superficialité présente dans votre emploi du temps pour la réduire à son strict minimum. Vous aurez plus de temps pour les efforts fournis en profondeur qui ont davantage d’importance.

4.1.1 – Planifier chaque minute de votre journée

Une très grande partie de la journée est passée sur le pilote automatique sans vraiment réfléchir à ce que nous faisons de notre temps. Une journée non structurée est ouverte à de l’imprévu. On laisse facilement le temps dont on dispose vers le superficiel et les distractions avec :

  • Les emails.
  • Les réseaux sociaux.
  • La navigation internet.

L’objectif n’est pas à tout prix de s’en tenir à son emploi du temps, mais de prévoir et de réfléchir à ce que vous allez faire du temps qu’il vous reste pour la journée. La spontanéité est autorisée et même vivement conseillée. S’il vous vient une idée capitale, c’est une raison valable pour ignorer vos tâches programmées pour le reste de la journée.

stratégies et planning une bonne organisation

Prenez une nouvelle page de carnet (avec des lignes), au début de chaque journée, pour y indiquer toutes les heures de travail de la journée. Divisez les heures de la journée en créneaux auxquels vous affectez des activités. Dessinez un cadre englobant vos activités. Les créneaux peuvent aussi concerner le déjeuner ou les pauses détentes. La durée minimale d’un créneau doit être de 30 minutes.

Vous devez vous efforcer au fil du temps de prévoir avec précision le temps que vous prendront les différentes tâches. Si vous n’êtes pas certain de la durée d’une activité, définissez une durée plus longue que prévue. Cette stratégie vous permet de conserver une certaine harmonie dans le déroulement de votre journée.

4.1.2 – Quantifier le degré de profondeur de chaque activité

Planifier votre journée présente l’avantage de pouvoir déterminer le temps passé aux activités superficielles. Ce sont toutes ces tâches logistiques non exigeantes sur le plan cognitif et souvent exécutées en étant distrait. Des efforts qui ont tendance à ne pas créer beaucoup de valeur et qui sont faciles à reproduire. Cette stratégie va vous aider à prendre des décisions claires et cohérentes quant à vos tâches professionnelles qui peuvent aller de la superficialité à la profondeur. Une fois que vous avez déterminé vos tâches superficielles de vos tâches profondes, privilégiez le temps à consacrer pour les tâches à exécuter en profondeur.

4.1.3 – Demander à votre patron un budget temps pour les tâches superficielles

Vous allez vous poser la question suivante : “Quel pourcentage de mon temps dois-je consacrer à des tâches superficielles ?”. Si vous avez un patron, soulevez cette question avec lui. Les décisions doivent être précédées d’une conversation avec votre chef car vous avez besoin du soutien de votre structure :

  • Si vous travaillez pour quelqu’un, vous êtes ainsi couvert lorsque vous rejetez une obligation ou restructurez un projet pour minimiser la superficialité.
  • Si vous êtes votre propre patron, cet exercice vous force à percevoir le peu de temps que vous consacrez à la création de valeurs dans votre agenda “chargé”.

4.1.4 – Terminer votre travail à 17h30

Cette stratégie repose sur le bonheur du principe de la productivité à horaires fixes. Vous pouvez commencer par définir des quotas stricts concernant les principales sources de tâches superficielles. Par exemple, vous pouvez décider de ne pas voyager plus de 5 fois par an. Toute obligation n’entrant pas dans le cadre de vos efforts en ce qui concerne le deep work ou travail en profondeur devient suspecte. Considérée comme potentiellement perturbatrice, votre réponse par défaut est alors “non”.

La barre pour accéder à votre temps et à votre attention est placée beaucoup plus haute. Vous allez pouvoir organiser avec une redoutable efficacité les efforts nécessaires à franchir les obstacles.

4.1.5 – Devenir difficile à joindre

Ce n’est pas parce qu’une messagerie électronique est inévitable que vous devez céder toute autorité à son rôle dans votre paysage mental. Vous pouvez mieux contrôler votre communication électronique que vous ne le pensez.

La plupart des gens pourront l’accepter car ils souhaiteraient pouvoir bénéficier du même droit. Surtout, ils apprécient la clarté de la situation. Si vous avez la possibilité de le faire, considérez que le fait de filtrer les expéditeurs comme un moyen de reprendre le contrôle de votre temps et de votre attention.

Conseil n°1 – Faire en sorte que les personnes qui vous envoient un email fassent un effort supplémentaire :

Vous pouvez vous servir d’un filtre d’expéditeurs pour diminuer vos messages reçus. Faites en sorte que vos correspondants soient bien conscients que vous ne leur répondrez probablement pas. La boîte de réception devient une collection d’occasions à laquelle vous pouvez jeter un coup d’œil lorsque vous avez un peu de temps pour vous en quête des causes et contenus pour lesquels il est sensé de vous engager.

Un tas de messages non lus peuvent vous faire naître un sentiment d’obligation. Si vous le souhaitez, vous pouvez tous les ignorer et il ne vous arrivera probablement rien de mal. Cela va entraîner une libération psychologique.

Conseil n°2 – En faire plus lorsque vous envoyez des e-mails ou y répondez :

Vous pouvez vous poser la question suivante : “Quel est le projet associé à ce message et quel est le processus le plus efficace (en matière de message généré) pour que ce projet soit mené à bien avec succès ?”. Commencez par identifier le projet faisant l’objet du message. Par exemple, l’annonce des travaux concernant un problème de recherche, de petites difficultés logistiques ou la programmation d’une rencontre autour d’un café.

Prenez ensuite 1 à 2 minutes pour réfléchir à un processus à partir de la situation actuelle pour arriver au résultat souhaité avec un nombre minimal de messages. L’étape finale est de rédiger une réponse décrivant clairement le processus et la situation courante.

Conseil n°3 – Ne pas répondre :

L’envoi d’emails génère plus d’emails. Le fait de se débattre avec des emails ambigus ou hors de propos est une source majeure de stress liée au contenu de sa boîte de réception. Dans cette stratégie, l’expéditeur doit convaincre le destinataire de la nécessité de répondre. En l’absence d’arguments convaincants et si vous ne réduisez pas suffisamment les efforts à fournir par le destinataire pour répondre, vous n’obtiendrez aucune réponse.

Les gens sont capables de s’adapter rapidement à vos habitudes en matière de communication. Le fait que vous ne répondez pas à leurs messages rédigés à la hâte n’est probablement pas un événement central de leur existence. Au final, vous envoyez moins d’emails et ignorez ceux difficiles à traiter. De facto, vous réduisez significativement l’emprise de votre boîte de réception sur votre temps et sur votre attention. Vous ne devez pas répondre à un email s’il présente l’une des caractéristiques suivantes :

  • Il est ambigu ou ne permet pas de rédiger une réponse valable.
  • La question ou proposition ne vous intéresse pas.
  • Il ne se passera rien de bon si vous répondez et rien de mal si vous ne répondez pas.

Conclusion sur “Deep work : retrouver la concentration dans un monde de distractions”

Nous vivons dans un monde rempli de distractions qui tentent de capter de plus en plus notre attention. S’engager à travailler en profondeur n’est pas une prise de position philosophique ou une posture morale mais c’est reconnaître de façon pragmatique que la capacité de concentration est une habileté qui permet de faire des choses importantes.

Le travail en profondeur ou deep work est beaucoup plus puissant et important que ne pensent la plupart des gens.

Quitter la foule pour rejoindre les personnes vraiment concentrées sur leurs tâches est une expérience qui peut transformer une personne. Bien entendu, cette approche n’est pas à la portée de tout le monde parce qu’elle demande des efforts considérables et un changement radical des habitudes. Il faut être prêt à sortir de sa zone de confort, se désintoxiquer des distractions et avoir confiance en soi pour consentir les efforts nécessaires et exploiter son esprit au maximum de ses capacités.

Je me suis procuré ce livre au départ pour améliorer mon efficacité dans mon travail. J’ai découvert que l’épanouissement s’accompagne d’un travail mené avec concentration et qu’un effort répété dans le temps constitue un effet de levier pour créer de la valeur.

Depuis la lecture du livre, je sais identifier les outils favorisant la distraction pour les éviter. J’ai réalisé qu’il ne suffisait pas simplement de répéter une action. Il faut aussi l’améliorer pour la rendre exceptionnelle. Je bloque des créneaux de travail en profondeur ou de deep work tout en les préservant des distractions. Je suis devenu impitoyable pour refuser des engagements chronophages. J’utilise un compteur d’heures de travail pour évaluer ma progression et je me concentre sur moins de choses pour gagner en efficacité. Même si j’avais déjà banni la plupart des réseaux sociaux bien avant de lire ce livre, sa lecture m’a confortée dans mon choix et me motive à continuer.

Pierre-Christophe du blog Entreprendre et Réussir

Points forts :

  • Les histoires de personnes connues dans divers domaines appuient le propos.
  • Nous pouvons mieux appréhender les effets de l’entrainement de notre cerveau. La compréhension de son comportement nous donne les clés pour amorcer un changement.
  • Le problème des distractions posé par les nouveaux usages de nos technologies est un sujet omniprésent et important à traiter.

Points faibles :

  • J’aurais apprécié un ton un peu plus conversationnel.
  • J’aurais aimé avoir davantage d’exemples pratiques pour favoriser la concentration ou le travail profond comme l’utilisation de certaines musiques.

Ma note :

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2 Commentaires pour :

Deep work : retrouver la concentration dans un monde de distractions

  • Rémi

    16 Juil 2021 à 10:08

    J’ai fait un article récemment qui parlait de cette thématique. Nous sommes d’accord sur les réseaux sociaux, qui sont le moyen de distraction par excellence. Mais on sent la maîtrise et l’expertise du sujet, il est très complet et pertinent. Merci pour m’avoir fait voir des éléments auxquels je n’avais pas pensé 😉

    Répondre




    • Merci pour tes mots Rémi 🙂
      Pierre Christophe

      Répondre









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