Interview : Comment Florent Fouque a délocalisé l’auto-édition de son livre en Chine

Florent Fouque

Ressources dont Florent parle dans l’interview :

  • Alibaba, portail pour trouver des fabricants et distributeurs internationaux
  • Electre, base de données de livres
  • Dilicom, plateforme que Florent a utilisé pour faire référencer son livre sur Amazon

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Transcription texte de l’interview :

Olivier : Bonjour à tous. Bienvenu dans ce nouveau podcast du blog Des livres pour changer de vie. Je suis actuellement avec Florent Fouque. Bonjour Florent !

Florent : Bonjour Olivier.

Olivier : Tout comme Sébastien que l’on a interviewé la semaine dernière, Florent a eu une démarche particulière. Il a publié récemment un livre qui a fait aussi plusieurs centaines de ventes. Ce qui est vraiment intéressant – et c’est pour ça que j’ai voulu interviewer Florent – c’est qu’il a eu une démarche complètement différente de celle de Sébastien même s’ils ont fait le choix tous les deux de l’auto édition. J’ai voulu en savoir plus. Déjà, Florent, est-ce que tu peux te présenter rapidement pour nos auditeurs et présenter le contenu de ton livre ?

Florent : Je suis Florent Fouque. Mon activité principale est d’être consultant dans le Lean Six Sigma et j’ai écrit effectivement un livre sur le sujet. Pour décrire rapidement le Lean Six Sigma, c’est une méthode d’optimisation de processus qui permet concrètement de réduire les coups et les délais, et d’améliorer la qualité des produits et des services des entreprises. Voilà ce que je fais à peu près.

Olivier : C’est une méthode qui est plutôt adaptée aux grandes entreprises ?

Florent : C‘est une méthode qui est utilisée dans les grandes entreprises et dans les industries de pointe. C’est une méthode qui est accessible pour toutes les tailles d’entreprises. L’idée de mon livre, c’est d’un petit peu démocratiser cette méthode car elle s’appuie sur des outils qui sont au final très simples à mettre en œuvre même s’il y a des outils qui sont très pointus dans la méthode. Mais on ne les utilise que très rarement pour des problématiques très spécifiques.

Olivier : Je vais te poser la même question qu’à Sébastien, à savoir : pourquoi tu as fait le choix de l’auto édition plutôt que de passer par une maison d’édition classique ?

Florent : En fait, je me suis posé la question. Ce n’est pas venu naturellement. Je me suis posé la question d’autant plus que quand j’ai écrit mon livre, je l’avais proposé à un de mes anciens profs qui m’avait dit qu’il avait adoré mon livre et qu’il souhaitait me faire des lettres de recommandation par rapport à ses éditeurs parce qu’il édite un livre par an. Je me suis renseigné auprès d’un auteur qui a écrit un livre sur le Lean Six Sigma, parce que j’avais trouvé des chiffres sur Internet qui m’avait un petit peu interpellé : c’est-à-dire entre 5 et 10 % pour la rémunération des auteurs. Cela me paraissait relativement faible. Je me suis dit que c’était peut-être spécifique aux problématiques des livres ou des romans qui me concernent moins. Je voulais m’assurer de ces chiffres là. J’ai donc contacté un auteur qui avait écrit un livre sur le Lean Six Sigma. Il m’a confirmé ce chiffre de 8 %. J’ai fait un rapide calcul. Je me suis dit que j’avais travaillé neuf mois pour vendre des livres pour récolter 2000 € et que ça ne m’intéressait que très moyennement en fait.

Olivier : Quand tu t’étais posé la question, ton livre était déjà terminé…

Florent : Oui, il était aux trois-quarts terminé.

Olivier : Tu as dit que cela t’a pris six mois. Mais ça fait combien d’heures en tout par semaine ?

Florent : J’ai écrit ce livre en neuf mois. Je travaillais essentiellement les soirs et les week-ends. C’est difficile de quantifier le nombre d’heures car c’est un travail qui est très erratique. Un coup, on est motivé. Un autre, on l’est moins. On s’oblige à écrire et après on est obligé de revenir dessus… Il y a eu de grosses périodes de creux, il y a eu de grosses périodes intenses. Ecrire un livre comme ça n’est pas un long fleuve tranquille. Je me rends bien compte aujourd’hui où je travaille sur le deuxième, que j’ai beaucoup de mal.

Olivier : Tu es déjà sur un deuxième livre !

Florent : J’écris la suite en fait.

Olivier : C’est une saga, OK ! Tu vas nous faire une trilogie alors ? 😉

Florent : J’espère plus ! S’il y a déjà une trilogie, ce sera alors pas mal !

Olivier : Tu as fait le choix de l’auto édition surtout par rapport à la marge. C’est ça ?

Florent : Oui. Dans le Lean Six Sigma, on calcule la valeur ajoutée. C’est-à-dire que sur tout un processus, on va calculer le temps passé pour satisfaire le client. J’ai donc calculé la valeur ajoutée sur l’édition. Je me suis rendu compte que 10 % du revenu pour l’auteur ça me paraissait un petit peu déséquilibré alors que le contenu c’est quand même ce qui importait le plus au lecteur. Mon souhait était de faire et de voir mon édition comme un projet sigma et donc de ramener la valeur ajoutée à celui qui l’apporte.

Olivier : C’est intéressant. C’est un processus qui est complètement rationnel. Finalement, tu as pris ton papier et ton crayon – je suppose plutôt ton tableur Excel – et tu as fait des calculs…

Florent : Le calcul était vite fait ! 2000 – 3000 €. Une édition de ce type, c’est environ 1000 exemplaires. Là aussi, je me suis renseigné auprès de l’auteur. 2000 – 3000 € pour un travail aussi intense et qui me prenne autant de temps, ça ne valait pas le coup. J’ai préféré essayer de me lancer tout seul, quitte à ne pas réussir du tout.

Olivier : Tu n’avais pas peur quand même de te retrouver tout seul avec ton livre à vendre et d’avoir du mal à écouler tes stocks sans disposer de la puissance marketing d’une maison d’édition ?

Florent : C’est ce que je m’étais dit. Puis au final je me suis dit que c’était assez relatif. La puissance marketing est relative dans le sens où ils ne vont pas faire plus d’action que moi. Je dirais même qu’ils seraient moins impliqués que moi. En fait, la puissance marketing d’une maison d’édition, c’est juste de poser des livres dans les librairies parce qu’elles ont des accords avec les grands libraires et du coup elle pousse des livres. Mais si les livres ne sont pas vendus à la fin de l’année, ils sont retournés et ils passent au pilon. La démarche marketing d’une maison d’édition s’arrête là. Elle ne va pas vous trouver de la presse pour parler de vous si c’est votre premier livre. Ce sera à vous de vous débrouiller.

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Olivier : C’est plus pour les auteurs qui sont déjà reconnus, qui ont publié des best-sellers, pour qui Il y a un vrai effort qui est fait. Tu as eu une démarche totalement différente de Sébastien parce qu’apparemment il n’a pas écrit son livre dans le but d’avoir une rémunération mais plus pour asseoir son statut d’expert. Je suppose que cela fait parti de tes objectifs.

Florent : Oui aussi. Mon idée est d’écrire un livre par an et d’en lire 50. Un peu comme toi. Aujourd’hui, je suis bénéficiaire. Dans un premier temps, j’ai lancé la vente de mes e-book au mois de novembre.

Olivier : On va justement détailler cela parce que tu as eu une stratégie intéressante. Plutôt que de lancer directement un livre papier en auto édition, tu t’es dit que tu allais d’abord le sortir en e-book pour pouvoir financer ensuite l’impression des livres. C’est particulièrement intéressant.

Florent : Oui. Il y a eu un travail en amont de faire faire des devis pour connaître le prix de l’édition. J’avais passé beaucoup de temps sur les visuels et les figures de mon livre. Il y a une cinquantaine de figures. Le Lean Six Sigma est quelque chose de très visuel dans les entreprises. Je voulais que mon livre soit le reflet de la méthode, qu’il soit qualitatif et en couleur. Quand j’ai fait faire des devis en France, le retour que j’avais était de 10 000 € pour 500 exemplaires, ce qui faisait à peu près 20 € l’exemplaire. J’ai entendu des chiffres l’autre jour de l’autre auteur, Sébastien. C’était 5 – 6 euros pour un livre en noir et blanc. En noir et blanc, tout de suite, on divise par cinq le prix. Par rapport à ça, ça me paraissait compliqué, même le financement par l’e-book. Il aurait fallu en vendre près d’un millier. Ce n’était pas possible. Je me suis rappelé de ce qui est écrit dans la semaine de 4 heures, à savoir sous-traiter et ne pas avoir peur d’aller voir dans les autres pays étrangers. J’ai posé une annonce sur le site d’Ali Baba, qui est une plate-forme internationale. J’ai tout de suite eu 10 -15 fournisseurs chinois qui m’ont proposé d’éditer mon livre. J’ai eu un peu peur mais au final tout c’est bien passé. J’ai réduit par cinq le prix du livre.

Olivier : Tu es passé de 10 000 € à 2000 € ?

Florent : Je suis passé de 10 000 € à 5000 € pour 1000 exemplaires avec le CD-ROM intégré qui n’était pas dans le devis en France.

Olivier : Le site dont tu parles c’est bien alibaba.com ?

Florent : Oui, je crois que c’est ça.

Olivier : C’est une ressource intéressante pour les auditeurs qui voudraient aussi trouver des fournisseurs en outsourcing. Ça n’a pas été trop difficile ? Les Chinois parlaient en anglais, je suppose…

Florent : Oui, ils parlent très bien anglais. Il n’y a pas de problème là-dessus. Ils ont un suivi clientèle qui est assez exceptionnel.

Olivier : Donc, au niveau du service, tu as trouvé ça très bien ?

Florent : Oui, pour moi qui ne connaissais rien dans l’édition, ils m’ont quand même accompagné. Même si je savais préparer des fichiers, il y avait des choses que je ne maîtrisais pas : la couverture du livre, le côté, la taille des fichiers, la résolution, etc. Ils m’ont quand même accompagné, ils m’ont aidé dans ce que je faisais.

Olivier : Pour revenir à l’e-book, tu en as vendu suffisamment pour financer ces 5000 € ?

Florent : C’est ça. Ma base était ces 5000 €, comment trouver ces 5000 €. L’idée qui m’est venue était de publier directement. La solution de l’e-book était intéressante. J’ai donc publié mon e-book au mois de novembre. En deux mois, j’en ai vendu 200. C’était mon objectif.

Olivier : C’est pas mal ! À quel prix ?

Florent : Ca a été très variable. Le prix facial est de 28 €. Lors de la phase de lancement, j’ai fait pas mal de remises entre quatre et huit euros.

Olivier : On peut dire que tu as une marge de 95 % sur le prix de vente ?

Florent : Oui, c’est ça. Mais on peut dire aussi que la marge sur le prix de vente de l’e-book est de 100 %.

Olivier : On va dire que tu as peut-être un petit peu de coûts pour la communication. Je ne sais pas si tu avais fait de publicité. Comment as-tu fait pour vendre ces 200 exemplaires ?

Florent : Le premier support qui m’a permis d’en vendre, c’est Viadeo. J’ai publié des messages sur les forums de Viadeo. J’en ai vendu 40 comme ça.

Olivier : Il y a des forums dédiés à Lean Six Sigma ?

Florent : Oui, il y a des forums dédiés à Lean Six Sigma et ensuite j’ai élargi à d’autres forums comme la supply chain qui était dans le contexte de mon livre.

Olivier : C’est tout à fait intéressant parce que tu touches directement des prospects hautement qualifiés puisqu’ils sont très intéressés par la méthode.

Florent : En plus, ils cliquent directement sur le CV donc ils voient directement qui on est. Donc ils arrivent à jauger notre niveau d’expertise. Viadeo est pour moi un très bon support.

Olivier : Donc une quarantaine via viadeo. Est-ce que tu utilisais d’autres médias ?

Florent : Ca, c’est pour les forums de viadeo. Ensuite j’ai envoyé toujours sur viadeo une cinquantaine de mails par jour. Je marche beaucoup en marketing direct. Je faisais une recherche Lean Six Sigma sur les CV et je tombais sur des personnes qui connaissaient la méthode. J’envoyais donc un mail type à une cinquantaine de personnes tous les jours.

Olivier : Tu l’as fait toi-même ?

Florent : Oui, j’ai tout fait moi-même.

Olivier : Ca te prenait beaucoup de temps d’envoyer 50 mails par jour ?

Florent : On va dire que ça me prenait 10 minutes par jour.

Olivier : Ah oui ! C’est du copier-coller… Tu as raison.

Florent : Par contre, j’ai bien travaillé le message. J’ai fait des tests entre plusieurs messages. Je voyais ceux qui étaient les plus performants. Il y a quand même eu une semaine d’affinage sur le message. Il y a eu un gros travail fait sur le message.

Olivier : Donc, les 160 ventes faites après, c’était via ces mails que tu as envoyés ?

Florent : Je dirais que la moitié a été vendue comme ça. L’autre moitié, c’est grâce à mon blog sur le Lean Six Sigma qui me ramène un trafic assez important par rapport à cette thématique.

Olivier : C’est surtout un trafic très qualifié. Les personnes qui vont aller voir ton blog sont intéressées par la méthode. Pourquoi avoir fait le choix ensuite d’avoir un livre imprimé plutôt que de continuer à vendre des e-book ?

Florent : Je me disais que si j’avais vendu 200 e-book, ça voulait dire que je pouvais facilement vendre 1000 livres. En fait, j’avais une idée un peu péjorative de l’e-book. Je lis beaucoup comme toi, et à ce jour, je n’ai pas encore acheté d’e-book. Mon budget livre de l’année dernière était de 900 €. Je n’ai pas acheté un seul e-book. Je me disais qu’il y avait un vrai potentiel pour le livre et que si aujourd’hui les gens prenaient l’e-book, c’est parce qu’ils n’avaient pas de choix autre que l’e-book en fait.

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Olivier : C’est vrai que la valeur perçue du livre imprimé est aujourd’hui plus importante.

Florent : En tout cas à mes yeux. Mais je me suis rendu compte depuis le lancement du livre broché que les ventes de l’e-book continuent et se portent relativement bien.

Olivier : Tu proposes à la fois pour le prospect qui vient sur ton site soit d’acheter la version e-book soit d’acheter la version papier. Il y a des personnes qui choisissent l’e-book délibérément.

Florent : Oui, il y a encore des personnes qui achètent l’e-book.

Olivier : Elles recherchent sans doute le fait que ce soit instantané. Elles payent, elles ont immédiatement le livre. Elles peuvent le transporter d’un ordinateur à un autre, peut-être le lire sur leur iPhone ou sur leur Amazon Kindle ou que sais-je encore.

Florent : Oui, c’est ça. Ça répond à un vrai besoin.

Olivier : Je pense qu’il y a aussi le stockage. J’ai déménagé en fin d’année 2009. Sur les 25 cartons, il y avait 17 cartons de livres. Je me suis dit que tous ces livres-là, je suis content de les avoir, cela fait une belle bibliothèque. Mais si j’avais eu un kindle d’Amazon ou un autre lecteur d’ebook, ça aurait tenu dans un seul appareil de 300 g. Ça aurait fait une poche au lieu de faire 17 cartons.

Florent : C’est vrai. Mais, moi, je prends énormément de notes quand je lis. Je ne pourrais pas…

Olivier : Moi aussi je prends beaucoup de notes quand je lis. Je pense que le système de prise de notes sur les e-book reader est en train de se développer de plus en plus. Je pense que le kindle d’Amazon permet de prendre des notes facilement pendant la lecture. Au niveau des 1000 livres que tu as fait imprimer en Chine, après, ils ont été livrés chez toi ?

Florent : Oui.

Olivier : Ca veut dire que tu te charges toi-même d’envoyer chacun de ses livres ?

Florent : Oui.

Olivier : c’est quand même pas mal de temps. Tu t’es dit : « Je ne veux pas passer par une maison d’édition parce que la marge est trop faible par rapport au travail que j’ai fait ». Mais l’intérêt aussi quand tu passes par une maison d’édition, c’est qu’ils s’occupent eux-mêmes de tout l’aspect logistique. Est-ce que tu as pris en compte le temps que tu allais passer à l’aspect logistique dans tes calculs ?

Florent : J’avais pensé à sous-traiter cette partie-là. J’avais fait des démarches auprès des plates-formes logistiques pour sous-traiter cette partie. Mais à cause d’un contexte totalement personnel – ma femme est actuellement en congé maternité – j’ai envisagé qu’elle pouvait s’en occuper relativement facilement. Au bout du compte, c’est moi qui s’en occupe. Néanmoins, la décision a été prise par rapport à cela. Mais c’est tout à fait gérable parce qu’aujourd’hui j’envoie au maximum 15 ou 20 livres sur une journée.

Olivier : C’est pas mal ! Tu as fait combien de ventes depuis le début ?

Florent : J’ai vendu 140 livres en prévente avant même de l’avoir. D’ailleurs, j’ai essuyé aussi une petite déconvenue sur le délai de livraison parce que j’avais prévu 2 mois alors qu’en fait c’était 3 mois. Donc, effectivement, il a fallu que je fasse aussi patienter mes lecteurs [Note : Comme Sébastien qui indiquait dans la précédente interview avoir subi cette déconvenue]. Depuis, j’en ai vendu 110. Je suis à 250 livres brochés vendus.

Olivier : C’est pour le format papier. Et pour l’e-book ? Je suppose que tu as dépassé les 200 ?

Florent : Pour l’e-book je suis à un petit peu plus que 200 vendus.

Olivier : Ca fait à peu près 500 exemplaires de livres vendus. Tu es à la moitié de l’objectif !

Florent : Oui, sachant que mon objectif est de vendre tous les livres brochés !

Olivier : Etant donné que la marge est moins importante, tu as dit tout à l’heure 5000 € pour 1000 livres, cela fait donc 5 euros le coût par livre. Tu le vends toujours à 28 € ?

Florent : Il faut ajouter que j’avais sous-estimé le coût de livraison entre le port et chez moi, ainsi que les frais de dédouanement de 1000 € à peu près.

Olivier : Ta marge est donc moins importante que sur l’e-book. Maintenant que tu te rends compte que l’e-book se vend quand même, même après que tu as le livre en format papier et que tu vois que ça demande un petit peu de logistique, si jamais tu devais le refaire, est-ce que tu ferais quand même un livre imprimé ou tu resterais sur le livre numérique ?

Florent : Je ferai les deux parce que je pense que ça répond à deux besoins. Par contre, je reconsidérerai la question de l’e-book. Je le travaillerai peut-être un petit peu plus. Je ferai peut-être un peu plus de formatage. Je le rendrais peut-être un peu plus compatible. Je le revaloriserais. Mais l’objectif reste quand même de faire des livres brochés, parce que je reste sur mon idée que si je me considère comme un client potentiel, je serais plus tenté d’acheter un livre qu’un e-book.

Olivier : Est-ce que tu as fait référencer ton livre sur des plates-formes comme Amazon ?

Florent : Pour le référencement, j’ai essayé de passer par Electre, qui est une base de données qui référence tous les livres. C’est utilisé par toutes les librairies. Le problème est qu’il refuse de référencer les livres auto édités sur le seul critère que c’est le gérant de l’entreprise qui a écrit le livre. Ils m’ont refusé mon livre. Je suis passé par une autre plate-forme qui s’appelle dilicom, qui est payante. Je crois que c’est 50 € pour y être référencé. Ça permet l’accès par toutes les librairies. Les librairies peuvent commander des livres. C’était quelque chose d’important pour moi. Je ne suis pas passé par le module d’Amazon que Sébastien a utilisé.

Olivier : Sébastien passe par Lulu qui est une plate-forme d’auto édition qui se charge la logistique et Lulu référence de livres sur Amazon. Ensuite Amazon commande le livre directement chez Lulu. Tout l’aspect logistique est externalisé.

Florent : Je crois que sur la partie où Amazon prend 50 %, c’est Amazon qui gère le stock. Peut-être que Lulu et Amazon s’arrangent entre eux. Peu importe. Je passe par dilicom et dilicom gère les commandes sur Amazon. Mais, au lieu que ce soit Amazon qui vende, on a l’impression que c’est un autre prestataire qui vend via Amazon. Du coup la marge passe de 50 % à 35%. Donc on y gagne un peu.

Olivier : D’accord. Tu va le faire ou pas alors ?

Florent : Je suis déjà présent sur Amazon et mon livre a déjà 9 commentaires.

Olivier : Je ne le savais pas. C’est très bien, je mettrai le lien en dessous du podcast. Aujourd’hui comment tu te sens après l’aventure ? Tu es encore au milieu de la vente. Est-ce que tu es heureux d’avoir consacré autant de temps à écrire ton bouquin et à le publier ?

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Florent : Je suis très heureux des premiers résultats. Aujourd’hui, je ne suis qu’au démarrage. Mon livre est disponible depuis bientôt un mois. J’ai envoyé une vingtaine de livres à la presse, une trentaine de livres à toutes les universités qui traitent du Lean Six Sigma dans leur formation. Là, je suis dans la phase où je tape sur la bouteille de ketchup pour que le ketchup tombe. Pour l’instant, je n’y suis pas encore.

Olivier : J’aime bien l’image !

Florent : Tu ne la connaissais pas ? C’est assez connu dans le commerce. Tu as une grosse phase de lancement où tu tapes, tu tapes, tu tapes… Jusqu’au jour où tout tombe d’un coup. J’ai l’impression que ce jour est en train d’arriver puisse que déjà la semaine prochaine je suis sollicité pour participer à l’émission 01business sur BFM radio. Cela va me donner de la visibilité déjà. Ensuite mon livre a été sélectionné pour participer au trophée des meilleurs livres sur la supply chain qui est organisée par Supply Chain Magazine. J’ai 2 – 3 signaux qui m’indiquent que c’est en bonne voie.

Olivier : Waouh ! Ton business de consultant va exploser avec ton livre !

Florent : J’espère bien ! S’il pouvait y avoir un deuxième effet Kiss Cool, ce serait bien !

Olivier : L’intérêt de publier un livre – et je pense que c’est pour ça que Sébastien l’a fait en premier lieu – est au-delà du fait que ça puisse être une source de revenus, c’est aussi un moyen d’asseoir son expertise, d’asseoir son autorité dans un domaine précis. La, tu étais déjà un expert reconnu puisque tu étais consultant dans ce domaine. Maintenant que tu as écrit un livre, tu as une stature de grand expert. Je n’irais pas jusqu’à demi-dieu mais presque. Je suppose que dans ton métier, il y a les consultants qui ont écrit un livre et il y a les autres.

Florent : Oui, c’est vrai. Ce qu’il se voit, c’est qu’on me contacte pas mal pour participer à des conférences. Effectivement, il commence à y avoir un petit retour du marché.

Olivier : Publier un livre, ça peut être non seulement une source de revenus directs mais aussi une source de revenus indirects très intéressante, tout comme le fait d’avoir un blog d’ailleurs.

Florent : Oui tout à fait. Mais aujourd’hui, j’en suis à mi-parcours. Au-delà du fait que je lance le livre, la prochaine idée est que les ventes financent la traduction. L’e-book finançait l’édition et maintenant l’édition française va financer la traduction du livre pour le marché anglo-saxon qui est beaucoup plus important sur cette thématique qui, je pense, a un vrai potentiel.

Olivier : Ca aussi, c’est une démarche intéressante. Combien ça coûte à peu près de faire traduire un livre comme le tien ?

Florent : En France j’ai essayé de me renseigner, je n’ai pas encore de retour. Là aussi, je pense que c’est de l’ordre de 10 à 15 000 € parce qu’il y a une grosse charge de travail.

Olivier : Ton livre fait beaucoup de pages. combien de pages y a-t-il ?

Florent : Il fait 270 pages. Il y a 65 000 mots.

Olivier : Effectivement, il y a du boulot. Et du vocabulaire spécialisé en plus.

Florent : Oui, il y a du boulot. En même temps, c’est un roman d’initiation. Le fait que ce soit un roman doit rendre les choses plus accessibles. Je pense effectivement ce serait important de faire un glossaire pour le traducteur pour l’aider un petit peu.

Olivier : Ton livre a été écrit comme « Le But » : il nous raconte une histoire. C’est comme un roman qu’on lit finalement et qui nous initie au Lean Six Sigma.

Florent : D’ailleurs la première remarque qu’on a fait « c’est Le But , mais pour le Lean six sigma ? » À la différence que quand on a lu Le But, il est difficile de mettre la théorie des contraintes, alors que moi j’essaie quand même avec le CD-ROM fourni, les outils, toutes les matrices qui permettent quand même avoir des modèles et de cadrer un petit peu si on veut se lancer un projet.

Olivier : Pour ton lancement à l’international, vas-tu utiliser la même stratégie ? Vas-tu financer toi-même la traduction puis ensuite d’occuper du marketing et de la logistique ? Ou vas-tu essayer d’externaliser un petit peu ?

Florent : Là, je ne pourrais pas. D’autant que même si je ne connaissais pas le marché français, c’était pour moi plus facile de l’attaquer, d’être dedans et de vite le comprendre. Le marcher anglo-saxon est un marché beaucoup plus mûr pour cette thématique. J’ai peur d’être noyé et surtout de ne pas m’en sortir si ça réussit. Mon idée est de faire la traduction et ensuite d’être édité.

Olivier : Tu vas financer toi-même la traduction et proposer à une maison d’édition un partenariat.

Florent : Voilà, sachant que j’aurais déjà – je l’espère- le succès en France qui me permettra d’avoir une marge de négociation assez importante.

Olivier : Tout à fait. Tu pourrais essayer d’avoir un peu plus que les 8 %, enfin entre les 5 à 10% d’usage.

Florent : J’aurais du mal à accepter les 5 à 10 % d’usage. Je ne sais pas si c’est comme cela aux États-Unis, sachant qu’il y a quand même des volumes plus importants normalement. Donc c’est à voir.

Olivier : Est-ce que tu vas continuer à alimenter ton blog sur le Lean Six Sigma ?

Florent : Oui, je continue. J’ai moins de temps pour le faire. Pareil pour l’autre blog d’ailleurs. Mais oui, j’essaye. Tant bien que mal.

Olivier : Je pense qu’on a eu un bon panorama de la stratégie que tu as utilisée, de l’approche que tu as eue. C’est vraiment très intéressant parce que toi et Sébastien, vous avez eu deux approches différentes de l’auto édition qui fonctionnent. On voit qu’aujourd’hui on peut se passer de maisons d’édition en France. Je pense qu’avec l’avènement du livre numérique, ça va être de plus en plus facile de pouvoir vendre directement de l’auteur au lecteur même si je pense que les maisons d’édition auront toujours un rôle à jouer. Elles vont devoir s’adapter au monde qui change très vite comme ont dû le faire les labels musicaux et tout un tas d’autres sociétés. Je te remercie Florent pour ta stratégie et les conseils que tu nous as donnés. Je te dis à bientôt peut-être pour de nouvelles aventures.

Florent : Merci à toi Olivier. Bye Bye.

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florent fouque, stephane mahé florent fouque
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15 Commentaires pour :

Interview : Comment Florent Fouque a délocalisé l’auto-édition de son livre en Chine

  • Nahed

    13 Mai 2010 à 22:12

    Hello Olivier,

    Un énorme coucou depuis Casa, c’est incroyable comme tes interviews tombent à pique, grâce à toi j’ai fait mon blog que je lance dans quelques jours et j’ai également fait un livre sur ma passion et mon métier: cuisine et coaching. Je suis au stade de l’édition et ici au Maroc ce n’est pas mieux les pourcentages sont de l’ordre de 10%,
    j ‘avais décidé déjà de me lancer en auto édition, mais l’impression au Maroc reste chère du coup l’impression en chine why not. Mille merci .
    Nahed

    Répondre



    • Sbossoutrot

      14 Mai 2010 à 22:48

      Salut et merci pour cette interview. Ce livre est très bon dans sa construction, Mais il est vrai que la lecture ebook n’est pas des plus aisée.
      Alors c est une bonne nouvelle pour la possibilité d’impression. Mais dommage que l’on soit contrain d’ imprimer en Chine. L impression numérique a la demande. En France n aurai t elle pas été envigeasable ?
      En tout bravo pour votre travail. Sebastien, imprimeur.

      Répondre



      • Franck Quintana

        15 Mai 2010 à 06:14

        Dans le même style, un écrivain a fait la même chose

        http://www.dailymotion.com/video/xcpkl3_marc-edouard-nabe-ce-soir-ou-jamais_webcam
        http://www.dailymotion.com/video/xcpkft_marc-edouard-nabe-ce-soir-ou-jamais_webcam
        http://www.dailymotion.com/video/xcpkbp_marc-edouard-nabe-ce-soir-ou-jamais_webcam

        Répondre



        • MaxR de Maxadi

          17 Mai 2010 à 03:35

          Excellent retour d’expérience.

          Le témoignage de l’évolution de l’ebook est particulièrement intéressant aussi.

          Bon courage à Florent en tout cas, et beaucoup de succès !!

          MaxR

          Répondre



          • Florent F.

            17 Mai 2010 à 12:07

            Bonjour à tous et merci de l’intérêt que vous portez à mon récit ! 😉

            @ Nahed : Je reste à ta dispo pour te fournir les contacts de mon prestataire ! 😉

            @ Sébastien : Merci pour le clin d’oeil sur le livre ! ;-P Pour le reste… Personnellement je ne vois pas ce qu’il y a de dommage à devoir faire imprimer en Chine. Je suis terrien avant d’être français, alors les considérations démagogiques qui consistent à dire “faire travailler les Chinois avant les Français : c’est pas bien !” ne correspondent pas tout à fait à l’idée que je me fais de l’humanité. L’histoire nous prouve que le développement des libertés s’accompagne nécessairement d’un développement économique, alors si à ma mesure, je peux contribuer au développement de la Chine, alors je m’en félicite.
            Maintenant, comme je l’ai dit dans l’interview, le choix de faire imprimer en Chine n’était pas idéologique, mais rationnel. Un livre en France m’aurait couté plus de 20€ l’unité. Il ne me semble pas que la plus forte valeur ajoutée d’un livre soit dans le papier… Par ailleurs, je souhaitais fixer mon prix en fonction du prix du marché et non par rapport à mon cout d’achat. En mélangeant toute cette tambouille, l’édition en Chine paraissait aller de soi. 😉
            Maintenant, je suis persuadé que les imprimeurs français peuvent gagner en compétitivité… Ne serait-ce qu’en utilisant le Lean Six Sigma pour réduire les couts et les gaspillages…
            Mais je me voyais mal négocier une mission de conseil en LSS en échange de l’impression de mon livre… ;-P
            Voili voilo, une réponse en toute sincérité.

            @ Frank : merci, je vais regarder cela avec intérêt.

            @ MaxR : plus d’info sur mon aventure ici : http://esprit-riche.com/auto-edition-et-publication-debook-recit-dune-aventure/ et ici : http://www.conseilsmarketing.fr/e-marketing/comment-creer-faire-connaitre-et-vendre-un-ebook

            Répondre



            • Argancel

              17 Mai 2010 à 22:54

              Excellent ce témoignage. On voit qu’il faut un minimum de crédibilité au niveau expérience professionnelle pour vendre un livre. Je fais partie de ceux qui lisent beaucoup d’ebook, et les notes je les prends en direct dans mon logiciel de prise de notes.

              Merci encore pour l’interview

              Répondre



              • Bernard

                19 Mai 2010 à 17:36

                Merci Florent de faire profiter de ton expérience.
                Si une traduction en Russe t’intéresse contacte-moi !
                Amicalement !
                Bernard

                Répondre



                • lamarche

                  25 Mai 2010 à 07:58

                  Bonjour,
                  Pourriez vous expliquer a quoi correspond l’ebook?Je cherche a éditer le livre qui raconte mon enfance abandonner est malheureuse enfin bref!mais je me rencontre que les frais d’édition sont tres chéres,alors que j’ai une amie qui ne veut pas m’aider bien qui a trouver un éditeur qui a accepter de l’éditer sans avancer d’argent seule condition vendre 200 livres.Pourriez vous m’aider?et me conseiller au début je voulais de l’aide pour écrire le livre mais on me réclamer 3000euro somme que je ne peu pas sortir je ne suis pas riche.Merci de votre reponse.Salutations sincères!

                  Répondre



                  • mokemo

                    4 Août 2010 à 21:25

                    Bonjour
                    J’aurais aimé savoir quel est l’imprimeur chinois en question?
                    Comment éviter l’arnaque?
                    Quelle garantis on peut avoir ?

                    Répondre



                    • Florent F.

                      5 Août 2010 à 09:32

                      Bonjour Mokemo,

                      Je vous transmet les coordonnées de mon fournisseur par mail… 😉

                      Au plaisir.
                      Florent.

                      Répondre




                      • […] vous avez écouté ou lu les interviews de Florent Fouque, Sébastien Night ou Alexandre Roth, vous avez vu que l’auto-édition est une voie de plus en […]

                        Répondre



                        • sebastien

                          14 Déc 2010 à 18:26

                          Bonjour

                          dans la même lignée, j’ai vu une association pour les auteurs indépendants:
                          http://www.association-des-auteurs-independants.com

                          Bonne lecture
                          seb

                          Répondre



                          • Sophie

                            29 Juin 2012 à 14:50

                            Merci pour cet excellent article, très instructif.Je suis intéressée aussi par l’impression en Chine, mais j’hésite à cause des droits de douane. J’ai beau chercher sur les sites des douanes, je ne trouve pas d’éléments me permettant d’évaluer leur cout. Pourriez-vous m’en dire plus sur votre expérience ? Merci

                            Répondre



                            • Pascal

                              2 Août 2013 à 09:59

                              Merci pour cette interview très intéressante !

                              Vendre 200 ebooks en 2 mois à 28 € c’est vraiment très encourageant.

                              Le fait d’avoir un blog sur le sujet (un thème niche) est une réelle opportunité. On peut considérer que l’ensemble des visiteurs de ton blog sont de potentiels lecteurs.

                              Concernant l’ebook, personnellement je lis énormément sur liseuse (Kindle) et le fait d’avoir le Broché ne me fait pas acheter la version papier (sauf si la différence de prix est minime entre les deux formats).

                              En tout cas, beaucoup d’auteurs auto-édités aimeraient avoir ta réussite !

                              Le fruit de la réussite vient d’une stratégie bien huilée et on voit bien que tu as réfléchi à chaque point en ayant des objectifs précis!

                              Pascal

                              Répondre




                              • […] vous avez écouté ou lu les interviews de Florent Fouque, Sébastien Night ou Alexandre Roth, vous avez vu que l’auto-édition est une […]

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