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L’adulte surdoué

l'adulte surdoué apprendre à faire simple quand on est compliqué

Résumé de « L’adulte surdoué » : Dans son livre, Monique de Kermadec propose un guide aussi bien destiné aux adultes surdoués en quête de réponses sur leur particularité, qu’à leurs proches et alliés qui cherchent à les aider à désamorcer certaines conduites d’échec.

Par Monique de Kermadec, 182 pages, publié en 2011.

Titre original : L’adulte surdoué – apprendre à faire simple quand on est compliqué.

Note : cette chronique est une chronique invitée écrite et dessinée par Paul du blog Connect The Dots

Chronique et résumé de « L’adulte surdoué » de Monique de Kermadec

Monique de Kermadec est une psychologue clinicienne et psychanalyste, spécialisée dans le domaine des personnes à hauts potentiels intellectuels. Elle fournit, dans son livre, un véritable guide qui permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’adulte surdoué. Cet ouvrage est composé des réponses aux diverses interrogations de son entourage et de ses patient(e)s durant sa carrière. Différents termes existent pour parler de la douance (le fait d’être doué(e)). Parmi eux, on retrouve surdoué, zèbre, haut potentiel, haut potentiel intellectuel, précoce, etc. Afin d’éviter des répétitions trop lourdes, je vais alterner entre ces différentes expressions au sein de ce texte.

Le but principal du livre est de donner des clefs qui permettront aux adultes zèbres de s’accepter et de potentiellement vivre une vie heureuse. En effet, les expressions haut potentiel, surdoué ou précoce sont de plus en plus utilisées en faisant référence à des enfants. Chez l’adulte, le sujet reste très marginal. Or, beaucoup peuvent ressentir une différence pesante du fait de leur grande intelligence. Pour arriver à ses fins, Monique de Kermadec cherche donc à démocratiser la douance pour permettre (1) une meilleure identification des adultes surdoués, (2) de leur donner l’opportunité de se découvrir eux-mêmes (beaucoup l’ignorent), et (3) de prendre conscience de cette richesse pour l’utiliser au mieux.

Comment reconnaître un adulte surdoué ?

Le mot surdoué désigne un individu dont les capacités cognitives (l’intelligence) sont anormalement hautes. C’est exactement la même chose pour un haut potentiel intellectuel (HPI), un précoce, un zèbre, etc. En fait, toutes ces expressions désignent une seule et même chose : la douance (soit le fait d’être doué(e)).

À ce jour, deux façons existent pour détecter un adulte surdoué. La première (méthode quantitative) consiste à faire passer un bilan psychométrique – couramment appelé test de quotient intellectuel. La seconde méthode (méthode qualitative) consiste en un bilan réalisé avec un psychologue qui est supposé, au cours de plusieurs discussions, identifier certaines caractéristiques présentes chez les zèbres.

les différents tests hpi

Test quantitatif : le test de QI

Pour identifier cette douance, il faut passer un test de quotient intellectuel. Il existe plusieurs échelles dans le monde, mais la plus répandue en Europe a été proposée par David Wechsler : la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale). Cette échelle va donner un score à l’adulte, en le positionnant au-dessus ou en-dessous d’une moyenne de 100. On remarque 7 groupes principaux parmi les scores de QI :

  1. QI supérieur à 130 : intelligence très supérieure, (cela représente environ 2,2% de la population) ;
  2. QI compris entre 120 et 130 : intelligence supérieure (environ 6,7% de la population) ;
  3. QI compris entre 110 et 120 : intelligence moyenne forte (environ 16,1% de la population) ;
  4. QI compris entre 90 et 110 : intelligence normale ou moyenne (environ 50% de la population) ;
  5. QI compris entre 80 et 90 : intelligence moyenne faible (environ 16,1% de la population) ;
  6. QI compris entre 70 et 80 : intelligence limitée (environ 6,7% de la population) ;
  7. QI inférieur à 70 : intelligence très faible, retard mental (environ 2,2% de la population).

On considère un adulte comme surdoué à partir du moment où son quotient intellectuel est supérieur ou égal à 130.

NDLR : cette répartition des quotients intellectuels est discutable. En fait, les QI sont – a priori – répartis selon la loi normale de Gauss. Chez Wechsler, la moyenne est à 100 avec un écart-type de 15. Cela donne donc la répartition ci-dessous.

répartition des quotients intellectuels

Cependant, la véracité et l’exactitude des tests de quotients intellectuels sont aujourd’hui un peu critiquées[1]. En effet, les résultats peuvent être affectés par plusieurs facteurs : le stress ou la fatigue du candidat, la langue dans laquelle le test est passé (certaines épreuves mesurent une richesse sémantique… cela semble plus compliqué à réaliser dans une langue qui n’est pas notre langue maternelle ; or notre niveau d’intelligence, lui, n’a pas changé). Bref, ces quelques éléments peuvent produire des divergences dans les résultats entre deux passages. Ainsi, même si le score de QI reste à ce jour la seule mesure quantifiable pour « valider » un haut potentiel, de plus en plus de chercheurs et psychologues préfèrent mettre l’accent sur des tests plus qualitatifs.

Tests qualitatifs

Ces tests qualitatifs permettent de mesurer – ou du moins d’identifier – certains aspects et caractéristiques propres aux personnes à hauts potentiels qui ne sont pas « mesurables » avec un test de QI. C’est donc là tout l’intérêt de réaliser un suivi par un professionnel pour détecter ces particularités non quantifiables. Monique de Kermadec les regroupe en 5 grandes catégories : (1) la divergence des points de vue, (2) la sensibilité, (3) l’excitabilité, (4) la clairvoyance, et (5) le perfectionnisme.

1. La divergence des points de vue

L’adulte surdoué a un raisonnement particulier. En fait, son cerveau est « câblé » différemment. Ainsi, il ne raisonne pas de la même façon et ses idées peuvent donc parfois être incomprises – ou au contraire, il peut ne pas comprendre des raisonnements « simples ». Sa pensée est arborescente et continue. Chez les enfants précoces, on le remarque régulièrement à l’école. Des questions anodines et voulues simples des professeurs peuvent donner lieu à des réponses incroyables et improbables. En fait, les implicites ne sont pas toujours perçus. Ou alors, l’enfant peut voir apparaître la réponse d’un problème mathématique, sans pour autant être capable d’expliquer et de détailler le chemin que sa pensée (trop) rapide a pris.

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Une fois adulte, les divergences d’opinion arrivent car le surdoué est incapable d’expliquer pourquoi il pense que son idée est la meilleure, mais reste pour autant persuadé qu’elle l’est.

2. La sensibilité

La sensibilité de l’adulte est exacerbée. En fait, il ne raisonne et ne fonctionne pratiquement qu’avec ses émotions. Le surdoué est généralement vu comme une personne réfléchie, alors que la réalité est toute autre. Ses émotions et sa sensibilité extrême ont une place majeure dans sa vie. On parle même d’hypersensibilité. En gros, ses sentiments sont complètement décuplés et il fait preuve d’une sensibilité extrême, arrive à percevoir les variations les plus subtiles de son environnement. Il s’agit d’une hypersensibilité émotionnelle et d’une hypersensibilité sensorielle. On appelle cela hyperesthésie : les sensations des 5 sens sont accentuées, voire douloureuses.

Si votre petit zèbre se plaint régulièrement des lumières trop fortes, d’un pyjama qui gratte, de la couture des chaussettes qui l’empêchent de marcher, ou a beaucoup de mal à rester dans les endroits trop bruyants, c’est certainement ça.

la gestion des émotions chez les hypersensibles

3. L’excitabilité

La réactivité émotionnelle de l’adulte surdoué (qui découle du point précédent) est énorme. Elle produit chez lui un surplus d’énergie. Généralement, les psychologues le remarquent en questionnant sur la facilité à s’endormir après une journée stimulante. Chez des personnes « normales » (appelées neurotypiques), on s’endort rapidement car la journée a été chargée. Pour le HPI, c’est une toute autre histoire. Son cerveau est excité et ses émotions sont en décuplées car il réagit fortement à ce qu’il vient de se passer. Pour caricaturer, même si son corps fatigue, son cerveau, lui, fait la fête.

4. La clairvoyance

La clairvoyance peut aussi être appelée extra-lucidité. Concrètement, c’est le résultat du mélange entre (1) la pensée excessive continue sur toutes les situations et (2) l’hypersensibilité à son environnement. Monique de Kermadec l’explique comme « la capacité à percevoir, en même temps, plusieurs aspects d’une situation, à en comprendre les implications et les intrications, à synthétiser immédiatement les données du problème et à entrevoir très rapidement la meilleure solution à adopter ».

Cela peut également se présenter comme une lucidité hors norme chez les plus jeunes. L’enfant est par exemple conscient très tôt de la mort, du fait que ses parents ne sont pas immortels et ne sont « que » des humains, qu’ils peuvent faire des erreurs, ainsi que ses professeurs. Il comprend que le monde n’est pas tout rose, que les guerres et les maladies existent. En fait, le petit zèbre perd très rapidement sa naïveté d’enfant pour voir le monde tel qu’il est. C’est habituellement une source de stress énorme pour lui, et il a besoin de prévoir un « plan d’action » pour chaque possibilité.

extra lucidité chez les enfants précoces

 

5. Le perfectionnisme

Le perfectionnisme : l’adulte surdoué a besoin de plaire et d’être aimé. Pour cela, il ne supporte pas de faire des erreurs et recherche la perfection dans tout ce qu’il fait. En parallèle, cela vient généralement combler sa grande sensibilité et son sens du détail. Il est sensible aux belles choses et à l’esthétisme de manière générale.

Prendre conscience de ses dons

À la fin du XXème siècle, les scientifiques se sont rendu compte que l’intelligence « classique » (appelée intelligence cognitive et mesurée par le quotient intellectuel) ne permet pas de prédire, à elle seule, la future réussite d’un individu[2]. Autrement dit, si une personne a un quotient intellectuel élevé, cela ne veut pas dire que le monde va lui sourire. C’est ainsi que la théorie des intelligences multiples est apparue.

La théorie des intelligences multiples

Dans la théorie des intelligences multiples, chaque personne aurait donc un score sur chacune de ces intelligences, et c’est la moyenne qui permettrait de définir sa potentielle réussite. Les caractéristiques majeures de ces intelligences sont :

  • Intelligence cognitive : personne plutôt « cerveau gauche » : qui aime le raisonnement et est très synthétique, comprend rapidement, aime apprendre, est indépendante avec une mémoire performante et un grand vocabulaire ;
  • Intelligence émotionnelle [3] : la personne fait preuve d’hypersensibilité, maîtrise l’humour, a de l’empathie, de l’intuition, de la passion. On est ici plutôt sur le « cerveau droit » ;
  • Intelligence relationnelle : la personne refuse l’autorité et ne se conforme pas à la société. Elle se sent en décalage avec les autres, enfermée et seule, malgré sa grande compassion envers les autres ;
  • Intelligence créative : la personne a un imaginaire débordant, est créative, inventive, pleine d’idées originales.

Avec la démocratisation de ces intelligences multiples (et principalement de l’intelligence émotionnelle[4]), on a cherché à les mesurer. Ainsi, de la même manière que l’on mesure l’intelligence cognitive avec le quotient intellectuel, on mesure l’intelligence émotionnelle avec le quotient émotionnel (QE)[5]. Les autres mesures n’ont pas encore abouti.

Intelligences multiples : le don du surdoué ?

Monique de Kermadec estime que les adultes surdoués présentent en réalité ces quatre intelligences de manière particulièrement conséquente. Même si, à ce jour, on s’accorde à dire qu’un haut potentiel n’est le fruit « que » d’un quotient intellectuel élevé, il faudrait en réalité mesurer l’ensemble de ces intelligences pour en avoir le cœur net.

On estime que les surdoués prennent conscience de leur don au milieu de l’école primaire, vers le CE2 – CM1. Même s’ils ne sont pas encore en mesure de l’exprimer ou de le définir, le sentiment de décalage arrive. L’élève n’est plus « juste » différent : il se sent différent. C’est d’ailleurs généralement à ce moment-là que les dépistages ont lieu.

Attention par contre à ne pas tomber dans les mythes et stéréotypes autour de la douance : il ne faut pas confondre surdoué et génie. Tout d’abord, un surdoué n’est pas nécessairement bon dans tous les domaines. Son fonctionnement est différent, ce qui lui permet de parfois comprendre les choses plus rapidement et avec plus de pertinence. Malgré cela, il a parfois du mal à surmonter certaines problématiques.

De plus, beaucoup d’adultes surdoués souffrent de leur grande intelligence. Ils étaient, en toute logique, des enfants précoces quelques années avant. Or, la douance est un sujet encore peu connu et donc bien trop peu détecté. Le résultat, c’est que de nombreux petits zèbres souffrent de leur sentiment de différence, de l’absence d’image positive d’eux-mêmes, et de la difficulté qu’ils rencontrent dans leurs rapports aux autres.

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Comprendre le « problème » pour le maîtriser

Le mal-être et le sentiment de différence décrits précédemment chez les personnes à hauts potentiels intellectuels peuvent être atténués lorsque le « problème » est expliqué. Ce qui est dur, c’est de ne pas comprendre ce qu’il se passe. En comprenant la source de ses maux, il est très probable que l’enfant intellectuellement précoce se sente déjà un peu mieux.

Les sources du mal-être du surdoué

Monique de Kermadec explique que « l’adulte surdoué ne comprend pas comment le plus grand nombre s’accommode de la médiocrité, de l’imperfection et de la niaiserie des divertissements organisés pour écarter les Hommes de l’étude et des Arts ».

En effet, l’adulte surdoué a tendance à se questionner – tout le temps, et sur tout. Depuis qu’il est tout petit, il pense au sens de la vie, de la mort, à l’univers, ses limites, sa création ; bref, tout y passe. De même, les adultes à hauts potentiels sont des personnes entières et honnêtes. Pour eux, il n’y a rien de plus important que la justice et la vérité. Ainsi, ils ne supportent absolument pas le mensonges et l’hypocrisie qui sont généralement très présents dans notre société. Ils se donnent généralement entièrement dans leurs relations amicales et amoureuses, mais finissent trop souvent déçus. Au fond, ce sont juste des idéalistes qui cherchent le meilleur mais se heurtent brutalement à une réalité qui leur déplait.

Ces interrogations interminables autour de « grandes questions existentielles » peuvent agacer. D’ailleurs, les adultes surdoués sont souvent vus comme différents, difficiles à vivre, bizarres, excentriques, trop sensibles, indiscrets, rebelles, paresseux, perturbateurs, etc. Tous ces adjectifs négatifs reflètent la différence qu’il existe entre le monde « normal » et la façon de voir la vie d’un point de vue surdoué.

l'adulte surdoué et son besoin de justice

Les stratégies d’adaptation de l’adulte surdoué

Malgré tout, ils essayent de s’adapter car ces commentaires sont la source de souffrances énormes. La gestion interne de ces critiques se produit de deux façons différentes, selon Monique de Kermadec, en fonction de la connaissance ou non par l’adulte de sa propre douance.

S’il ne le sait pas et ignore sa douance, il est très probable qu’il modifie peu à peu sa personnalité. Son soi profond va se « cacher », et être guidé par une autre version de lui-même, plus en accord avec les normes sociales et sociétales. Cette fausse personnalité est appelée faux-self. De manière générale, tout le monde modifie un petit peu son comportement en groupe afin de se comporter « comme il faut ». C’est tout à fait normal, et même plutôt sain. Le faux-self doit prendre le contrôle par moment, mais laisser le vrai-self s’exprimer la plupart du temps et quand il le souhaite. Chez les adultes surdoués non identifiés, le faux-self prend généralement le dessus pendant des durées trop importantes, et le vrai-self fini par s’oublier. C’est ainsi que, peu à peu, des symptômes dépressifs et d’autres troubles mentaux apparaissent.

En revanche, si l’adulte surdoué est au courant de sa douance, alors la situation est toute autre. Déjà, cela lui permet de réaliser que la différence qu’il ressent – et que les autres lui font remarquer – s’explique. Dis comme ça, cela peut sembler peu voire ridicule, mais (croyez-moi !) c’est un pas de géant pour une personne qui se sent perdue. À partir de ce moment, plusieurs stratégies existent pour réussir à s’accepter et à vivre mieux sa douance :

  • Adhérer aux attentes sociales, donc se « formater » un peu pour se sentir accepté ;
  • Éviter les contacts avec les autres (qui se traduit généralement par s’occuper entièrement avec son travail ou sa passion) ;
  • S’inscrire à des clubs de surdoués (le plus connu étant la MENSA, mais de nombreux autres clubs et associations existent).

Vous conviendrez donc qu’il est très important pour l’adulte zèbre de comprendre l’origine de sa différence, de son « problème », pour avancer.

La question de l’identité profonde

Dans ce chapitre, Monique de Kermadec revient plus en profondeur sur la notion de vrai et faux-self évoquée précédemment, et son impact sur l’identité profonde du surdoué.

Le vrai-self représente donc notre partie authentique et véritable. C’est notre personnalité profonde, qu’elle soit (hyper)sensible, timide, gaie, curieuse, etc. C’est ce que nous sommes nous, vraiment.

A contrario, le faux-self ne correspond pas vraiment à ce que nous sommes. Il faut plutôt l’imaginer comme un masque que l’on peut porter et qui modifie notre comportement. On le porte généralement lors d’interactions sociales au cours desquelles on ne souhaite pas se mettre à nu. Monique de Kermadec le définit comme « un masque élaboré depuis la plus tendre enfance pour protéger le [vrai] self ». Voyez-le comme votre tour de contrôle, ou un filtre qui permet de vous adapter à votre environnement et aux règles sociales de convenance.

vrai self vs faux self

Tout le monde possède cette relation entre le vrai et le faux-self. Lors d’un entretien d’embauche par exemple, il y a fort à parier que l’on ne soit pas « naturel » et que l’on ne montre pas au recruteur notre véritable personnalité profonde. Encore une fois, c’est tout à fait normal et cet équilibre est sain. Le problème, c’est que chez les surdoués l’équilibre est généralement mal géré.

En fait, les zèbres sont effrayés à l’idée de laisser échapper leur véritable personnalité. Ils se sentent différents et sont trop profondément atteints lorsqu’on le leur fait remarquer. Du coup, ils préfèrent camoufler leur vrai-self derrière leur faux-self qui conviendra mieux aux besoins et attentes des autres (du moins, c’est ce qu’ils pensent). Ce besoin d’approbation sociale les mène vers une route bien sombre : stress, angoisse, frustration, névroses, dépression, etc. L’adulte surdoué passe à côté de sa vie juste pour plaire au plus grand nombre et ne pas écouter son talent.

le faux self prend le contrôle

Les raisons de consulter

La principale raison de consulter un(e) psychologue est donc, selon Monique de Kermadec, de démêler (ou plutôt de déterrer) le vrai-self du faux-self. L’adulte surdoué doit en effet comprendre sa particularité ainsi que d’où elle vient, pour pouvoir par la suite se comprendre lui-même. Les blocages jusque-là inconscients vont peu à peu être identifiés et le travail thérapeutique peut commencer.

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Cependant, il arrive parfois que le faux-self soit extrêmement présent et totalement ancré dans la personnalité de l’adulte surdoué. Le vrai-self étant ainsi oublié, tout au fond de la conscience de l’individu. Monique de Kermadec précise que, au cours de son expérience, elle a vu beaucoup de personnes à hauts potentiels intellectuels refuser le diagnostic. L’accepter est, pour eux, accepter qu’il existe une différence. Or, ils viennent pour certains de passer de nombreuses années à gommer cette différence – jusqu’à potentiellement en oublier son existence – que le retour à la réalité peut parfois être douloureux.

Le travail suivant est donc autour de la transformation de cette différence perçue comme négative en force positive. La colère devient une force motrice. Très souvent, les surdoués n’ont pas une belle image d’eux-mêmes et souffrent du syndrome de l’imposteur. Ils ne se sentent pas plus intelligents ou plus doués que les autres.

Pour toutes ces raisons et plein d’autres encore, consulter un(e) professionnel(le) est primordial pour l’adulte zèbre.

Les bénéfices d’une thérapie

Les bénéfices de la thérapie pour un adulte surdoué sont nombreux. Je ne vais vous récapituler là que les principaux :

  • Tout d’abord, la thérapie permet au zèbre de comprendre la source de ses maux. Il y a fort à parier qu’il se soit senti différent et en décalage pendant la majeure partie de sa vie. Mettre des mots et une justification dessus lui fera le plus grand bien ;
  • Ensuite, la thérapie va l’aider, au cours de nombreuses discussions et introspections, à (re)mettre le doigt sur et à (re)trouver son vrai-self. Cette étape est certainement la plus délicate de ce travail thérapeutique car elle peut être vécue comme libératrice pour le haut potentiel intellectuel. En effet, c’est pour lui l’occasion de renouer avec sa personnalité profonde qu’il avait parfois oubliée.
  • Puis, vient le moment pour l’adulte surdoué d’accepter sa différence et d’en faire sa force. Attention tout de même, « en faire sa force » ne veut pas dire qu’il va, du jour au lendemain, devenir le nouvel Einstein. Cela veut surtout dire qu’il va embrasser sa sensibilité, son raisonnement, et toutes les autres facettes qui le composent pour mener au mieux sa vie selon ses besoins.

Conclusion sur « L’adulte surdoué » de Monique de Kermadec :

Pour conclure, « L’Adulte Surdoué » de Monique de Kermadec est une véritable mine d’informations pour comprendre et appréhender la douance.

Je suis moi-même un adulte surdoué, détecté peu avant mes 18 ans. C’était (objectivement) relativement tôt, mais j’ai cependant passé la quasi-totalité de ma jeunesse dans l’incompréhension quant à ma différence et mon sentiment de décalage. Je l’ai découvert un peu par hasard, lors d’une consultation psychologique. Ma psychologue de l’époque, que je voyais pour une raison autre, m’a dit un jour « Paul, je pense que tu es une personne à haut potentiel intellectuel. J’aimerais te faire passer des tests plus approfondis sur le sujet si tu le veux bien ». Bref, de fil en aiguille, nous nous sommes rendu compte que :

  1. J’étais bel et bien un petit zèbre
  2. et les problèmes qui avaient valu ma présence dans son cabinet étaient en fait liés au fait que mon vrai-self, mon moi, mon vrai moi, était porté disparu depuis plusieurs années.

En lisant les écrits de Monique de Kermadec quelques années après, et tout particulièrement la partie sur les dangers de trop porter son faux self, je me suis rendu compte de toute la pertinence et l’exactitude de ses propos. Rien que pour cette raison, je pense que cet ouvrage devrait être plus répandu. La douance devrait être bien plus démocratisée afin d’éviter que d’autres jeunes dont j’ai fait partie ne vivent des moments de souffrance inutiles.

En lisant ce livre, je parie que vous remarquerez des similitudes avec votre vécu ou le vécu d’une personne que vous connaissez. Avec 2 à 3% de la population HPI, il est fort probable que vous connaissiez au moins une personne pour qui ce livre serait d’une précieuse aide. En tout cas, moi, au moment où j’écris ces lignes j’en suis à ma troisième lecture complète. À chaque fois, je découvre une partie qui n’avait précédemment pas attiré mon attention mais qui pourtant la mérite. À chaque fois il m’offre la possibilité de réfléchir sur de nouveaux thèmes et me fait me poser de nouvelles questions pour interpréter cette personnalité compliquée qu’est la mienne, la nôtre. Et à chaque fois, il fait écho à une partie de la construction de ma personnalité.

Paul du blog Connect The Dots

Points forts :

  • Très complet et permet de se faire une belle première idée de ce qu’est la douance, comment elle se manifeste et comment la gérer au mieux ;
  • Certains concepts qui peuvent être compliqués sont ici expliqués de manière simple et très vulgarisée ;
  • C’est un must-have (ou plutôt must-read) pour toutes les personnes qui se pensent surdouées ou qui pensent qu’un de leur proche l’est.

Points faibles :

  • J’ai eu quelques fois un sentiment de répétition entre les parties ;
  • Ce livre est très théorique, mais donne moins de « petites astuces » pour la vie de tous les jours (à part le message clef : aller consulter).

Ma note :

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Ressources :

[1] Boomsma D., Dolan C., Hessen D., Oosterveld P., Span M., van Baal C., Wicherts J., (Intelligence), Are intelligence tests measurement invariant over time? Investigating the nature of the Flynn effect, 2004.

[2] Boodoo G., Bouchard T., Boykin W., Brody N., Ceci S., Halpern D., Loehlin J., Neisser U., Perloff R., Sternberg R., Urbina S., (American Psychologist), Intelligence: Knowns and unknowns, 1996.

[3] Mayer J., Salovey P., (Imagination, Cognition and Personality), Emotional Intelligence, 1990.

[4] Goleman D., L’intelligence émotionnelle : Analyser et contrôler ses sentiments et ses émotions, et ceux des autres (version française), 2014

[5] Bar-On R., (Psicothema), The Bar-On Model of Emotional-Social Intelligence, 2006.

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