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Le Papillon des étoiles

Couverture de Le papillon des étoiles de Bernard Werber

Résumé de « Le Papillon des étoiles » de Bernard Werber : comme à son habitude, l’auteur vous invite à l’évasion à partir d’une épopée mêlant science-fiction et réflexion — à vous de saisir le gouvernail et de partir à l’aventure !

Par Bernard Werber, 2006, 343 pages.

Table des matières

Chronique et résumé de « Le Papillon des étoiles » de Bernard Werber

À propos de Bernard Werber et de son œuvre

Né en 1961 à Toulouse, Bernard Werber est un écrivain de fiction français qui a d’abord été journaliste scientifique.

Il obtient un premier succès populaire avec la série Les fourmis. Son œuvre est aujourd’hui traduite dans le monde entier. Il aime croiser les genres en utilisant les codes du polar, de la science-fiction, mais aussi ceux de l’essai philosophique ou du guide spirituel. D’ailleurs, l’auteur parle parfois de « philosophie-fiction » pour qualifier le genre hybride de ces ouvrages.

Voici ses principaux cycles de romans :

  • Fourmis (de 1991 à 1996) ;
  • Anges (de 1994 à 2000) ;
  • Dieux (de 2004 à 2007) ;
  • Aventuriers de la science (de 1998 à 2010) ;
  • Troisième humanité (de 2012 à 2014)
  • Chats (de 2016 à 2020).

Le livre Papillon des étoiles (2006) ne fait partie d’aucun de ces cycles. Il est, avec Le Miroir de Cassandre (2009), Le Sixième Sommeil (2015) et Depuis l’au-delà (2017), l’un des romans indépendants écrits par l’auteur, qui s’est donné comme défi d’écrire un ouvrage par an, afin d’offrir « une alternative au Goncourt ».

Par ailleurs, Bernard Werber est aussi peintre et vidéaste ! Vous trouverez quelques-unes de ses peintures — et bien plus encore ! — sur son site personnel.

Partie 1 — L’ombre d’un rêve

L'eau rencontre la terre

1. Puissance de l’eau

Elisabeth Malory est une championne du monde de voile en solitaire. Lorsqu’elle est à bord de son catamaran Poisson volant, elle maîtrise les flots et les airs.

Elle est belle, puissante, ensorceleuse d’hommes. Mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est bien sa liberté de navigatrice.

2. Douceur de l’air

Yves Kramer est ingénieur, Chef du département « Innovation et Prospective » de l’ESA (European Space Agency). Il évalue des demandes de financement pour les projets spatiaux les plus fous.

Il est rêveur, intelligent et plein d’espoir : un jour, il s’en ira, il partira pour de nouveaux horizons — de lointaines contrées dont il sera le premier explorateur.

3. Première vague

Yves Kramer est au volant de sa voiture. Il est en retard, se précipite un peu, malgré la pluie et des essuie-glaces défaillants. Élisabeth traverse la rue pour rejoindre le trottoir d’en face où l’attend son rendez-vous.

C’est le choc. L’accident qui va faire bifurquer les existences. Élisabeth est projetée, puis reste au sol, pendant que Yves reste crispé sur les freins, abasourdi, stupéfait.

4. Vapeurs salées

La vie n’est pas partie, mais elle s’est transformée. Élisabeth va devoir apprendre à se déplacer avec un fauteuil roulant ; elle devra réorganiser toutes ses activités. Il lui est interdit ou simplement impossible désormais, de voguer sur les mers à bord de Poisson volant.

La vengeance : tel est désormais son leitmotiv.

5. Brumes opaques

Le procès condamne le conducteur à la peine maximum. Il ne se débat pas lorsque, le jour du procès, la jeune femme le prend violemment à partie.

Désormais, les deux êtres sont liés par la culpabilité, l’obligation de rendre des comptes et de verser une pension d’invalidité. Yves Kramer est, lui aussi, défait.

6. Obscurcissement des chemins

Une descente aux enfers s’en suit.

Pour Élisabeth, bien sûr, qui troque l’aventure extrême pour le faux confort du canapé, de la télévision en boucle, de la nourriture, des médicaments et de l’alcool. Elle s’abrutit, se gave d’informations et de denrées toxiques.

Pourtant, l’imagination ne la quitte pas complètement : entre rêve et cauchemar, elle s’imagine tantôt reprendre la mer, tantôt engloutie par une mer de pétrole.

7. Lueur dans la nuit

Pour l’ingénieur, la situation n’est pas non plus enviable. Retiré de son travail pour un an, il erre dans sa maison, repense à son histoire personnelle.

Un papillon entre par la fenêtre. La mémoire de son père lui revient. Un ingénieur et un poète ; son modèle. Il feuillette dans ses papiers à la recherche d’un projet que celui-ci avait laissé de côté jadis : un « Voilier Solaire », projeté dans l’espace par la lumière.

Serait-ce un projet viable ?

8. Réchauffement par la lumière

Yves Kramer a du temps devant lui et une erreur à effacer : il se lance à corps perdu dans le projet retrouvé, qu’il adapte aux réalités et aux possibilités actuelles.

Il se souvient plus en détail de son père, aussi : procrastinateur, amoureux de la vie et des femmes, et qui commit pourtant un suicide. Un modèle, certes, mais dont l’enfant — devenu adulte — veut aussi se dégager.

La nouvelle esquisse du Voilier Solaire est soumise à ses collègues de l’Agence spatiale. C’est un refus.

9. Larmes d’or

Gabriel Mac Namarra est milliardaire. En fait, c’est l’homme le plus riche du monde. À 53 ans, on lui annonce qu’il a un cancer du poumon, conséquence directe de son mode de vie extrême et de son goût immodéré pour les cigares.

Que faire ? Écouter la voix du destin. Ce superstitieux dans l’âme entend une information à propos d’une étrange embarcation solaire et décide qu’il doit agir :

« Étrangement, peut-être à cause de sa mort annoncée, ce projet de vaisseau spatial propulsé par la simple lumière des étoiles lui sembla précisément un signe du destin. Il était convaincu qu’il n’avait pas entendu ce message par hasard. Il lui était personnellement destiné. Après tout “envoyer un voilier solaire dans l’espace” apparaissait comme une idée originale et amusante. Alors il nota le nom de l’ingénieur qui défendait ce projet insolite, puis il décrocha son téléphone. » (Le Papillon des étoiles, chapitre 9)

10. Évaporations de l’or

Yves Kramer et Gabreil Mac Namarra se rencontrent dans un restaurant de luxe. C’est l’occasion pour l’ingénieur d’exposer plus précisément son projet. Il s’agit de :

  • Propulser le vaisseau grâce à la lumière venant des étoiles ;
  • Sortir du système solaire ;
  • Trouver une autre planète habitable (à 2 années-lumière environ, soit 9 460 milliards de kilomètres) ;
  • Atteindre une vitesse de 2 millions de kilomètres-heure en moyenne ;
  • Soit, sur une base de 20 milliards de kilomètres par an, 1 000 ans de voyage ;
  • Ce qui implique de prévoir plusieurs générations se succédant dans le vaisseau ;
  • 2 000 personnes (1 000 hommes et 1 000 femmes), voire plus, s’accoupleraient et feraient des enfants à bord du voilier ;
  • Soit environ 50 générations d’êtres humains se succédant ;
  • Cela nécessite un grand vaisseau !

D’abord incrédule, le milliardaire finit par se laisser convaincre et surtout décide de « parier » sur ce projet « amusant ». Il demande à ce qu’il soit renommé « Dernier Espoir » : un dernier espoir pour lui, peut-être, un dernier espoir pour l’humanité aux prises avec le défi écologique aussi, sans doute.

11. Premier chaudron : le creuset

L’ingénieur se met au travail grâce aux financements reçus et aux locaux prêtés par le businessman. Mais avant d’aller plus loin, il a une idée fixe. Vous l’aurez peut-être deviné : il veut embaucher Élisabeth Malory pour piloter son voilier spatial.

Dans les mêmes temps, Yves Kramer engage le reste de l’équipe. Les chiffres d’origine, déjà astronomiques, n’en finissent pas de gonfler. On parle désormais de 10 000 personnes à bord, ce qui accroît d’autant plus la taille du bâtiment, auquel on donne le nom de Papillon des Étoiles.

12. Matin de fer

Satine Vanderbild est la collaboratrice hautement compétente et chevronnée du maître des opérations. C’est à elle qu’est confiée la charge de convaincre l’exploratrice.

La tâche n’a rien d’aisé, compte tenu de la haine viscérale que celle-ci porte à celui-là. Mais Satine s’y prend intelligemment. D’abord avec douceur, puis avec fermeté, voire avec dureté, elle invite Élisabeth Malory à quitter son mode de vie malsain et à se lancer dans l’aventure.

13. Le souffre et le feu

Le refus de la championne est net. Les semaines passent.

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Pendant ce temps, Satine Vanderbild effectue un travail impeccable, au point que l’assistante et son patron se rapprochent. Mais elle clarifie rapidement les choses : celle qu’Yves Kramer aime vraiment, c’est Élisabeth Malory.

14. Le sel vivifié

Et, finalement, celle-ci fait son apparition dans les bureaux du projet « Dernier Espoir ». Elle s’initie au projet grâce à l’aide bienveillante de Satine Vanderbild, avec laquelle elle devient amie. Elle apprend aussi progressivement à contrôler ses addictions.

Même si la navigatrice ne lui adresse pas la parole et que les deux êtres restent étrangers l’un à l’autre, pour Yves Kramer, c’est le coup de pouce qu’il lui fallait : il est plus que jamais motivé.

15. Deuxième chaudron : l’athanor

Des locaux plus spacieux sont trouvés en banlieue. Mi-centre de vacances, mi-base de lancement, c’est le lieu idéal pour concrétiser le rêve du Papillon des Étoiles. Plus de 100 personnes travaillent maintenant dans le centre « Dernier Espoir ».

16. Phase de cuisson douce

Les tests peuvent commencer ! Mais cela s’avère plus difficile qu’escompté. Serait-ce pourtant, à l’occasion de cette épreuve, le moment de la réconciliation ?

« Après ce cuisant échec la navigatrice se résolut à envoyer un mail sur l’ordinateur d’Yves Kramer. Il n’y avait qu’une phrase : “Ne perdons pas espoir.” L’ingénieur l’interpréta à double sens : 1) ne perdez pas espoir de réussir le lancement du Papillon des Étoiles. 2) Ne perdez pas espoir que je vous pardonne un jour. »  (Le Papillon des étoiles, chapitre 16)

17. Augmentation des doses

Les tests se poursuivent donc. En miniature d’abord ; puis plus ambitieux, peu à peu. Et les chiffres grimpent encore, eux aussi. Ce ne sont plus 2 000, ni même 10 000, mais bien 100 000 personnes qui sont prévues pour monter à bord.

Ce n’est donc plus un vaisseau, mais une véritable ville flottante qu’il faut concevoir et réussir à faire voler. Mais comment gérer autant de personnes, pendant autant d’années, dans un environnement fermé ?

18. L’élément terre

Adrien Weiss est biologiste et psychologue. Son entrée dans le projet est devenue nécessaire pour gérer la question de la vie en milieu clos. Spécialiste des cycles écologiques et du recyclage, c’est à lui qu’incombe la tâche de faire coexister tout ce petit monde dans l’espace.

Sa solution ? Proposer un dispositif cylindrique générant une gravité artificielle, permettant ainsi aux voyageurs interstellaires de se déplacer dans le vaisseau « comme sur la Terre ». Ou presque.

19. Phase de cristallisation 

Emballé par sa propre trouvaille, le psychobiologiste ne tarde pas à être à pied d’œuvre. Il propose un prototype amélioré qui comporte un « soleil » artificiel et tout un environnement recomposé, forêt, colline et lac compris !

20. Sublimation du sel

La taille du vaisseau devient… astronomique :

  • 32 kilomètres de long ;
  • Une toile de Mylar (le matériau léger et capteur de luminosité) de 1 million de kilomètres carrés.

C’est aussi l’époque où Elisabeth Malory décide définitivement de reprendre goût à la vie et à sortir de son état larvaire. Elle organise une fête qui ressemble à un nouveau départ.

Ces réjouissances forment l’occasion pour les couples de se former : Satine Vanderbild et Adrien Weiss se mêlent aux autres couples de travailleurs vivant au secret, depuis des mois, dans le centre « Dernier Espoir ».

Un dernier défi reste toutefois à relever : comment sélectionner les 100 000, non, les 144 000 personnes qui participeront à cette aventure totalement hors du commun ? Mieux : comment « bien » les sélectionner ?

Sélection de 144 000 étincelles

21. Sélection des 144 000 étincelles

Les meilleurs experts (en ressources humaines, entre autres) sont mis à contribution pour créer un test de sélection. Six critères sont établis collégialement :

  1. Autonomie ;
  2. Sociabilité ;
  3. Motivation ;
  4. Bonne santé ;
  5. Jeunesse ;
  6. Sans emprise familiale ;
  7. Spécialité professionnelle.

Sur 1 700 000 candidatures, 973 000 répondent aux critères de base. Il faut alors faire passer des tests plus précis. Des techniques issues des services secrets sont utilisées pour vérifier la motivation. Résultat : 433 000 candidats restants.

22. Phase de décantation

Une ville truffée de caméras est ensuite construite pour « étudier » les candidats : ils sont évalués comme dans un programme de télé-réalité ! L’écrémage se produit : les personnes aux comportements indésirables sont éliminées.

Une autre information change la donne : lorsque l’équipe apprend aux candidats que l’emploi auquel ils postulent est un emploi « à vie », leur nombre chute à 185 000. Puis lorsqu’on annonce une baisse de salaire : 145 000 personnes. Enfin, après une ultime décantation, le nombre de 144 000 est atteint.

23. Phase de putréfaction

Sans le vouloir, le projet « Dernier Espoir » se fait remarquer. Dès lors, les politiciens, les journalistes et la population elle-même ne peuvent plus être tenus à l’écart.

Ce sont bientôt les organisations internationales qui s’en mêlent, ainsi que de nombreux groupes de pression cherchant à influencer la composition de l’équipage.

24. Phase de calcination

Gabriel Mac Namarra est invité à s’exprimer dans le haut lieu des Nations Unies. Il prononce un discours peu conventionnel qui attire la colère des représentants des pays du monde entier.

C’est un tollé, mais le discours est relayé et commenté partout. Il s’agit de sauver l’humanité contre toutes les pressions et tentatives d’intimidations.

25. Élixir de vie

La tension est à son comble dans le centre, après l’explosion d’une bombe dans un des locaux. Peut-on faire confiance au personnel, lui-même ?

Yves Kramer et Gabriel Mac Namarra sont obligés de réfléchir pour remettre de l’ordre dans la situation. Mais la question reste en suspens : comment agir, désormais ?

26. Assemblage des éléments

La fusée-voilier prend forme. Elle est gigantesque. À sa vue, tout l’équipage et l’équipe elle-même reprennent confiance dans le projet, malgré l’opposition venue de l’extérieur. Toutefois, d’autres éléments semblent maintenant sur le point de faire défection :

  • Satine Vanderbild, frustrée par une dispute avec Adrien Weiss, quitte le projet « Dernier Espoir » ;
  • Adrien Weiss devient instable ;
  • Gabriel Mac Namarra a une attaque cardiaque et commence à manquer de liquidités ;
  • Une nouvelle attaque, faisant un mort, complique encore un peu plus la situation.

Tout se délite. Mais c’est aussi le moment où deux éléments vont se réassembler plus durablement.

27. Purification du sel

Elisabeth Malory se rapproche d’Yves Kramer. Elle lui confie d’abord son histoire, depuis l’accident de voiture. Puis elle lui dit qu’elle ne lui pardonne pas son geste, mais qu’elle est malgré tout avec lui dans l’aventure.

Lui qui doute de son propre projet, elle lui redonne confiance en lui montrant le pouvoir de la pensée sur le corps.

28. Intégration d’un ingrédient inutile

C’est ainsi, simplement, que les choses reprennent. Les journalistes se lassent. La population, déjà occupée par le terrorisme, les virus et la pollution, ne fait plus guère attention au projet.

Peu à peu, la santé revient : Élisabeth Malory retrouve l’usage complet de son corps, Gabriel Mac Namarra récupère. Yves Kramer reprend courage et Adrien Weiss retrouve quelqu’un qu’il introduit d’ailleurs dans l’équipe de direction : Caroline Toledano, jeune astronome brillante.

Un autre ingrédient vient compléter la recette : Domino, un chaton que la navigatrice décide d’offrir à l’ingénieur.

29. Phase de cuisson forte

Mais les vents qui se calment reprennent. À l’occasion d’un nouvel article paru dans un journal national, le Chef de l’État s’indigne : « le projet “Dernier Espoir” est un projet d’égoïstes », dit-il !

Réactions en chaîne : manifestations anti-Papillon des Étoiles, sondages défavorables, lois votées contre le projet, création d’une patrouille spéciale de gendarmes pour surveiller et faire appliquer la Loi.

30. Fumée blanche

L’emprise de la réaction contre le projet « Dernier Espoir » devient de plus en forte. Les forces de l’ordre stationnent maintenant devant le centre. Tout est prêt pour partir, mais ne doit-on pas craindre une tentative de sabotage ou une offensive au moment du décollage ?

31. Phase de sublimation

Suit une course-poursuite pour sauver Domino et l’embarquer dans Papillon des Étoiles ! C’est finalement chose faite, malgré quelques blessures.

La fusée vrombit. Tous les feux sont allumés. Le compte à rebours a commencé. Il pleut et les gendarmes fulminent ; ils menacent d’investir le vaisseau. Mais déjà, c’est trop tard…

« Le Papillon des Étoiles avait décollé. Dans la zone de transit les 144 000 étaient fébriles. Ce fut Gabriel Mac Namarra qui, en épongeant son front luisant de sueur d’angoisse, eut la phrase historique du moment : « Bon, ça, c’est fait. » » (Le Papillon des étoiles, chapitre 31)

Partie 2 —Le village dans l’espace

Partie 2. Le village des étoiles

32. Phase de distillation

Le Papillon des Étoiles a pris son envol. Chacun se met à sa tâche. Le cockpit est décoré à l’ancienne (selon les recommandations de Caroline Toledano), un peu comme dans une histoire de Jules Verne, ou un peu comme un vieux cinéma : il y a du bois, du cuivre et même des tentures de velours.

  • Elisabeth Malory détache la voile énorme et cherche à la manœuvrer ;
  • Adrien Weiss doit faire tourner le cylindre pour créer la gravité artificielle ;
  • Yves Kramer consulte les écrans… et met un peu de musique classique ;
  • Gabriel Mac Namarra contribue également à détendre l’atmosphère ;
  • Le chaton Domino vole tranquillement en apesanteur.

33. Le troisième chaudron : l’alambic

Le cylindre est mis en marche. Impression étrange, de voir des gens marcher à l’endroit et à l’envers, collés au sol par la pression de l’air. Tous vivent à l’intérieur du cylindre, comme dans une immense machine à laver. Chaque partie du tube est décorée et aménagée pour donner l’impression de paysages naturels.

Et la ville ? Ce serait l’affaire des 144 000. À eux, durant toutes ces années, de s’organiser pour exploiter les ressources (des matériaux de base et des éléments décoratifs avaient tout de même été stockés et mis à disposition dans le vaisseau) et créer leurs habitats. De cette façon, ils s’occuperont et deviendront de véritables « habitants » du lieu.

Son nom ? Paradis-ville, bordé par un lac de couleur mauve.

34. Ouvrir le couvercle

La voile de Mylar se coince. C’est un moment de friction entre Yves Kramer et Elisabeth Malory. Celle-ci décide de sortir, de son propre chef, pour réparer son erreur. Mais l’oxygène commence à lui manquer…

35. Ne pas oublier de mettre un fil

Yves Kramer enrage, fulmine. Il décide de sortir à sa rescousse. Il la ramène à bord ; elle ne respire plus. Les efforts d’Adrien Weiss semblent inutiles. Jusqu’à ce que Domino vienne lui mordre l’oreille ! Elle reprend vie.

36. Laisser gonfler

La voile est finalement dégagée, à l’aide d’autres spationautes. Mais le plus important est le rapprochement que le danger a créé : désormais, les deux protagonistes — Elisabeth Malory et Yves Kramer — ne peuvent plus nier l’attachement émotionnel qui les lie.

Depuis la Terre, l’énorme vaisseau se voit à l’œil nu. Un immense papillon aux ailes maintenant déployées. Les uns s’intéressent de nouveau à l’expérience, les autres la rejettent ou s’y désintéressent. Comme d’habitude.

37. Sortir du feu

Tout fonctionne. D’accord, mais où aller ? Le cap est donné par l’ingénieur. Un triangle d’étoiles, au loin. Cette fois, les explorateurs quittent l’orbite terrestre pour de bon.

« Une immense clameur monta des 144 000 poitrines. Sur l’écran partagé, la sphère ronde de la Terre commençait à rétrécir. L’inventeur fit un petit signe de la main face à la vitre transparente.

— Au revoir… planète-maman.

— Adieu, rectifia la navigatrice. » (Le Papillon des étoiles, chapitre 37)

38. Cacher des composants secrets

La destination exacte reste un mystère. Quelle planète ? Seul un nom vague est donné : JW103683. Yves Kramer veut conserver le secret.

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En fait, il a tout prévu. À la manière d’un trésor, l’emplacement exact est scellé dans un coffre caché qui ne s’ouvrira que dans 1 000 ans. Il faudra donc le chercher et attendre le bon moment.

Le lieu de la cachette est bien choisi : le gouvernail lui-même, où est gravé sur une plaque : « Le dernier espoir, c’est la fuite. »

Pourquoi avoir fait ça ? Pour sauvegarder l’humanité d’elle-même. Pour rendre possible la vie ailleurs, mais pas n’importe comment, ni par n’importe qui.

C’est le moment que choisissent Yves Kramer et Elisabeth Malory pour échanger leur premier baiser. Eux ne connaîtront pas la vie sur cette nouvelle planète, mais leurs descendants, si.

39. Laisser monter la pression

Les choses s’organisent, la vie commence à trouver son équilibre au sein du vaisseau papillon :

  • Elisabeth Malory apprend à naviguer entre les constellations et les astéroïdes ;
  • Les paysages sont aménagés progressivement par les 144 000 ;
  • Le végétal prend place sur le minéral, puis le règne animal fait lui aussi son apparition.

40. Filtrage du souffre

Pour pallier l’ennui et les tensions, différentes activités sont organisées. Par exemple, un comique fait un show. Un écran géant est aussi installé.

Les actualités sordides diffusées depuis la Terre, retransmises grâce aux ondes radio dans le cylindre, ont un effet positif : elles galvanisent les 144 000 qui se trouvent plus soudés, plus mobilisés que jamais pour découvrir de nouveaux mondes.

41. Phase de fusion

Cette fois, l’amour se révèle en plein jour. Une nuit d’ébats dans le cockpit, suivie de l’emménagement dans une maison commune, au bord du lac mauve. Tous sont désormais voisins :

  • Elisabeth Malory, Yves Kramer et Domino ;
  • Adrien Weiss et Calorine Toledano ;
  • Gabriel Mac Namarra.

Tous vivent au bord de l’eau. C’est l’anniversaire de l’ingénieur. Tous savourent le moment et se sentent en famille.

42. Sel transformé en sucre

Les deux amoureux et leur chat voguent sans friction dans le grand vide de l’Espace interstellaire. Ils devisent sur le temps et la faisabilité du projet à long terme. Mais surtout, ils s’aiment et se le montrent. Au grand dam du jaloux Domino !

43. L’œuf cosmique

Élodie vient au monde neuf mois plus tard : la fille des fondateurs, la première née hors de la planète Terre. La première enfant des étoiles ou représentante d’Homo stellaris.

44. L’écume qui apparait sur la surface

Dans le même temps, les paysages urbains et campagnards, voire plus « sauvages » par endroits, prennent de plus en plus forme. La vie a pris le dessus dans le cylindre.

Les naissances humaines se multiplient également. Après Élodie, d’autres enfants apparaissent dans les maisons et dans les rues.

Paradis-Ville s’organise. Jocelyne Perez est élue maire. Au niveau des institutions sociales, le mariage n’existe pas ; les associations sont libres. La communauté se charge de l’éducation des enfants des étoiles. La possession personnelle est réduite.

Gilles, l’humoriste, continue ses sketches. La musique classique et le spectacle des grands espaces cosmiques sont très appréciés. Désormais, les émissions terrestres ne font plus frémir, mais plutôt rire : quelle comédie que l’homme sur Terre !

45. Phase de macération

Un problème chimique apparaît. La chimie de l’atmosphère artificielle baisse en qualité ; certains « Paridisiens » ou « Papilloniens » se sentent mal. Des manifestations ont lieu. Des mesures sont prises :

  • Un raccourcissement des nuits ;
  • L’annonce que tout va rentrer dans l’ordre (cela crée moins de stress, lequel générait un excès de rejet de gaz carbonique).

Quelles tendances humaines, trop humaines, gagneront ? La solidarité ou l’individualisme ? Comment évoluera l’humanité projetée dans le vide des cieux ?

46. S’accorder un temps d’observation du substrat

C’est ce que Yves Kramer et Adrien Weiss nomment la loi des fourmis (solidaires) ou la loi des rats (individualistes). On décide d’installer une fourmilière dans le cylindre, et de s’inspirer du mode d’organisation des insectes.

La règle des Tiers est proposée pour la gestion des affaires de la Cité. En fait, il est question de deux règles.

  1. Un tiers de la population travaille utilement, un autre tiers effectue des tâches libres et le dernier tiers se reposent. Puis on tourne et on se relaie.
  2. La production est divisée en un tiers d’agriculture, un tiers d’industrie et un tiers de création artistique.

Yves Kramer, un jour plus calme, décide de se balader dans Paradis-Ville et ses alentours. Il remarque des choses qui lui étaient restées inconnues :

  • Les Papilloniens arborent des couleurs vives ;
  • Ils aiment les bijoux de grande taille représentant des papillons ;
  • Les plantes permettent de soigner bien des maux ;
  • Des odeurs, des sons multiples ont proliféré dans les paysages ;
  • Il goûte au miel « fait au Paradis », produit par quelques habitants ;
  • etc.

“C’est mieux que sur la Terre. […] Il avait mis de côté le passé [; il] n’était plus obsédé par le futur. Il atteignait enfin à ce présent élargi idéal.” (Le Papillon des étoiles, chapitre 46)

Le papillon des étoiles

47. Risque de caramélisation

Ombre au tableau idyllique : un crime est commis. Un meurtre, une affaire sentimentale, un drame irréparable. Comment réagir ? Après des doutes et un procès, la décision est prise de créer une prison à Paradis-ville.

En même temps, il était difficile de laver la société humaine de ses défauts. Après tout, même dans les étoiles, la perfection n’existe pas. L’enjeu, désormais, est le suivant : « comment arriver à créer de la justice sans créer du ressentiment ? »

Une assemblée constituante de sages doit-elle être mise sur pied pour rédiger une Constitution ? Un gouvernement et une police doivent-ils être instaurés ? Pour l’instant, y a-t-il moyen de faire autrement ?

48. Décomposition

Le corps est enterré. Un arbre est planté dessus.

Ainsi, la vie reprend ; l’écologie du Cylindre est préservée.

49. Piquer la croute pour laisser sortir la vapeur

Elisabeth Malory pense à son passé. Elle revoit ses expériences malheureuses, dans l’enfance. Elle s’interroge aussi sur son propre comportement négatif, à l’âge adulte. Qu’est-ce qui nous conduit à de telles attitudes néfastes et destructrices ?

Elle est réveillée de ses pensées par le tableau de bord. Un astéroïde approche. Plus rapide que les autres. Impossible à éviter, il heurte et trouve la voile de Mylar. Heureusement, la voile est assez grande.

« Pour tous les deux cet événement était un signe porteur de message : un accroc est surmontable du moment qu’on garde le cap. » (Le Papillon des étoiles, chapitre 49)

50. Installation dans un moule lubrifié

Une vie politique qui ressemble fort à celle de nombreux pays sur Terre se met en place. Des oppositions entre « gauche », « droite » et « centre » apparaissent. La règle de trois est appliquée :

  1. Les Fondateurs (Yves Krammet, Élisabeth Malorie, Gabriel Mac Namarra, Adrien Weiss, Caroline Toledano) s’assurent de conserver l’esprit du projet en élaborant les prémices d’une Constitution ;
  2. Jocelyne Perez, aidée d’une police, forme le pouvoir exécutif ;
  3. Une assemblée de 64 personnes élues démocratiquement compose le pouvoir législatif.

51. Fumée ocre

La création d’une politique établie, avec une Constitution, suscite par contre-coup… une révolution. Qui en est l’instigateur, ou plutôt l’instigatrice ?

Satine Vanderbild ! Cachée parmi les 144 000, elle prend le contrôle de la télévision paradisienne et harangue la foule. Son intention : retourner sur Terre.

Après de sérieuses échauffourées, le calme revient : en compagnie de ses suiveurs, l’ancienne assistante s’en va à bord du petit vaisseau d’atterrissage auquel avait elle-même donné, jadis, le nom de Moucheron. Retrouver la Terre.

52. Régler la température

Cet épisode eut un côté positif : il révéla au grand jour ceux et celles qui étaient mécontents. Cela fit donc le tri entre ceux et celles qui voulaient continuer l’aventure et celles et ceux qui s’en étaient lassés.

Gabriel Mac Namarra a été touché. Blessé, à l’hôpital, il meurt peu après.

Deux propositions sont mises en œuvre pour que ce type d’événement ne se reproduise plus  :

  • Un référendum au cours duquel les 134 881 Paradisiens restants choisissent de continuer ou revenir sur Terre (ils choisissent à l’unanimité de continuer) ;
  • Une période de fêtes, un Carnaval où chacun puisse mimer la révolution sans ses conséquences désastreuses.

53. Faire tourner la mixture

24 heures de défilé, trois jours de libations et d’exagérations en tout genre (alcool, sexe et danse, entre autres), puis une semaine de repos tranquillisèrent et remirent en forme les esprits fatigués.

Surprise bienvenue ? Le taux de naissances grimpa quelques mois plus tard !

54. Régler la minuterie

Un nouveau Temps fut également décrété. L’an 00. Le début d’une Nouvelle Ère. La décision de se couper du passé sur Terre est radicale : Homo Stellaris doit émerger. En conséquence :

  • Plus de noms de famille (mais des numéros) ;
  • Plus de retransmission des images télévisuelles de la Terre ;
  • Un premier jour de l’an 00 déclaré férié.

55. Laisser reposer

Les doutes, encore. Les dangers du pouvoir, aussi. Jocelyne Perez n’y prend-elle pas goût ? Ne devient-elle pas autoritaire, à force de vouloir créer le monde parfait ? L’autodestruction est-il le moyen que la nature a trouvé pour limiter l’expansion humaine ?

Il y a des espoirs. L’un d’entre eux : Élisabeth Malory est à nouveau enceinte.

56. Le sucre transformé en sève

Des jumeaux naissent quelques mois plus tard. Mais c’est aussi le moment d’un grand chagrin. L’accouchement se passe mal et Elisabeth-1 (Élisabeth Malory) meurt. Yves Kramer doit s’occuper de ses trois enfants :

  • Eli-1 ;
  • Ela-1 ;
  • Elo-2 (la petite Élodie née plus tôt).

Il faut aussi élire un nouveau skipper.

57. Noter la recette pour les autres

C’est bientôt le chat, Domino, qui meurt. On le comprend : désormais, ce sont les générations à venir qui vont prendre le relais.

Le vaisseau papillon, quant à lui, file à toute allure à la vitesse de 2,6 millions de kilomètres-heure. Il arrive aux confins du système solaire et doit poursuivre sa route pour 900 ans au moins.

58. Phase de fossilisation

Avant de mourir, Yves-1 (Yves Kramer) donne à sa fille Elo-2 quelques indications et précieuses ressources :

  • Résoudre l’énigme pour ouvrir le coffre-fort caché dans le gouvernail (« C’est à la fin du matin. C’est au début de la nuit. Et on peut le voir quand on regarde la lune. »)
  • Prendre connaissance du Journal de bord, où figure tout l’historique de tout le projet Dernier Espoir.
  • Utiliser le manuel intitulé Nouvelle Planète : mode d’emploi, écrit par Yves Kramer.
  • Conserver l’Encyclopédie de l’ancien monde, où figurent tous les savoirs passés, compilés par l’ingénieur à partir de ses souvenirs et des témoignages des autres membres du Papillon des Étoiles.
Les lecteurs de cet article ont également lu :  Stratégies de prospérité

Après la mort de l’inventeur du projet, ce fut au tour de Jocelyne-1, Adrien-1 et Caroline-1 de s’en aller.

59. Noces chimiques

Le calme demeura jusqu’à la troisième génération. Mais alors survint la guerre. Une guerre qui opposa les pilleurs de maisons à celles et ceux qui voulaient conserver leurs biens. Sauf que toutes et tous, au final, prirent plaisir à s’entre-tuer.

De guerre lasse, les deux camps finirent par faire la paix ; un mur fut dressé entre eux. Paradis-Ville donna ainsi naissance à Enfer-Ville.

60. 1 000 ans de maturation

C’est ainsi que le cycle des guerres et des paix revint dans le monde, le monde clos du cylindre dans lequel les hommes d’après la Terre évoluèrent durant 1 000 ans.

L’Histoire interminablement se répète, même dans l’espace. Les virus tueurs refont surface. La domination aussi. Nicolas-52, brigand de son état, parvient à la tête de l’ensemble de la colonie et se fait nommer Ele-1, en référence aux fondateurs mythiques.

Mais il n’a rien de leur bonté. Lui succède Ele-2. Le Cylindre est désormais un Royaume. Dans le même temps, la religion refait surface ; les schismes et les guerres de religion aussi. Une sorte de pouvoir totalitaire naît progressivement des cendres de ces conflits. Désormais, seule la stabilité compte.

Puis, peu à peu, les choses progressent néanmoins, grâce à l’intervention de rois plus sages, tels que Ele-12 (le Lucide) et Ele 13 (le Magnifique).

61. Résidus de l’expérience

Il ne reste que 6 individus en 1251. Les guerres, les famines, les maladies ont décimé le vaisseau. Le soleil artificiel construit jadis par Adrien est prêt à s’éteindre à jamais. La ville est à l’abandon.

Elisabeth-15 est l’une des descendantes du couple fondateur et l’une des survivantes. Elle dévoile aux autres les secrets confiés par sa famille, au sujet du coffre-fort, de l’énigme et des livres.

La réponse à l’énigme est simplissime, mais il fallait y penser : N (matin, nuit, lune). Le groupe de jeunes gens découvre une carte qui les guide vers une planète. Sera-t-elle la bonne ?

Partie 3 — Arrivée en planète étrangère

Arrivée en terre étrangère

62. La pierre philosophale

Après avoir trouvé les livres précieux dans l’arbre qui avait poussé sur la tombe d’Élisabeth (un pommier). L’un d’eux expliquait comment faire renaître les espèces vivantes à partir de manipulations génétiques. Un autre exposait l’histoire de l’humanité. Il fallait aussi savoir utiliser le vaisseau d’atterrissage, Moucheron 2.

Il faut aussi sélectionner les deux qui iront à bord ! Élisabeth, dite Elith, sera de la partie pour assurer la reproduction. Mais parmi les 4 garçons restants, qui sera l’heureux élu ? C’est Adrien-18 est choisi par la jeune fille.

63. Émulsion à chaud

Il faut partir et tenter le grand saut. La planète est en vue. Il faut la « féconder » avec le vaisseau, qui est un « générateur de vie ».

« Et s’il n’y a pas d’autres vaisseaux qui décollent de l’ancienne Terre ? Demanda-t-elle. SI nous étions le seul “spermatozoïde”, issu de la seule planète où il y a de la vie, de l’intelligence et de la conscience ? Adrien-18 prit son temps avant de répondre.

— Alors l’univers restera vide. Et tout ne sera que calme, froid, silence, et immobilité jusqu’à la fin des temps. Tout retournera à Rien.

La jeune fille eut un irrépressible frisson. Elle prit une pomme qu’elle avait ramassée avant le départ, mordit dedans, et eut envie de ne jamais mourir. » (Le Papillon des étoiles, chapitre 63)

64. Fumée noire

L’arrivée sur la planète ne se fait pas sans encombre. Mais ils y parviennent. Enfin, ils trouvent un lieu stable, une nouvelle Terre ! Enfin, au départ, cela ressemble plutôt à une gigantesque piscine : de l’eau à perte de vue.

Mais ils trouvent bientôt une bande de terre et s’y posent.

65. Cendres

Moucheron 2 s’écrase, mais laisse en vie les deux ultimes représentants de l’humanité. Après bien des hésitations, Adrien se « jette à l’air » : il respire sans son casque. Par chance, l’oxygène est respirable.

66. Émulsion à froid

Après quelques difficultés d’adaptation, les deux jeunes gens commencent à explorer ce nouveau territoire. Sans eau, ils n’ont pas le choix. Ils s’enfoncent donc dans cette contrée inhospitalière lorsqu’ils entendent un bruit.

67. Glaçage

Un lézard géant, une bête quatre fois plus grande qu’eux, leur fait face. Mais étrangement, elle n’attaque pas. Elle éternue, et, comme prise d’un malaise, tourne les talons et s’en va.

D’autres « dinosaures » quadrupèdes, plus petits et herbivores, s’avancent dans les broussailles. De futures proies de choix pour les jeunes explorateurs.

68. Première dégustation

Il faut bien manger, même si le repas n’est pas délicieux ; et même — hypothèse soulevée — si ces êtres-là sont dotés d’intelligence. Adrien-18 tue donc l’un de ces animaux et un festin à la broche est préparé.

Après ce premier repas, le couple boit de l’alcool retrouvé. C’est le jour du Carnaval, selon le calendrier du Cylindre. Le jeune homme essaie de séduire sa compagne d’aventure, mais celle-ci lui résiste.

69. Remettre à mijoter

Les dinosaures sont relativement faciles à chasser : ils ferment les yeux après chaque éternuement dû à la présence des nouveaux arrivants. En fait, ceux-ci découvriront vite qu’ils leur ont transmis une bactérie ou un virus mortel.

Un classique, lorsqu’on colonise une nouvelle contrée.

70. Ranger dans un endroit à l’abri

Cahin-caha, les deux jeunes gens trouvent des habitudes dans la jungle. Ils finissent même par faire l’amour. Ce n’est pas parfait, mais au moins c’est un début.

71. Du moule sort la vie

Ils commencent à peupler la nouvelle Terre d’êtres génétiquement recréés. Durant deux années, ils s’efforcent de domestiquer le monde qui les entoure.

Jusqu’à ce qu’une dispute et qu’une vérité encore tacite émerge : l’un d’entre eux est stérile. Pas d’enfant… Comment accomplir le rêve de faire renaître l’humanité ?

72. Laisser sécher

Élisabeth s’enfuit et décide de vivre loin de son compagnon. Malheur : elle se fait mordre par un serpent. Elle meurt ; son corps complètement empoisonné. Cette fois, il n’y a vraiment plus d’autre option. Damien-18 doit agir.

Que faire ? Après des mois de dépression et de doutes, il ne sait que faire. Il s’endort en se demandant comment procéder.

73. La solution

Au matin, il a sa réponse : il décide de créer un humain par manipulation génétique. Mais pour ce faire, il doit utiliser la moelle osseuse humaine fraiche.

Or cela n’a rien d’évident… Pas d’autre choix : il doit se casser une côte. Il réalise, souffrant mais convalescent, les manipulations génétiques nécessaires.

Une fille naît. Il décide de l’appeler Eya, en référence à :

  • Élisabeth ;
  • Yves, le fondateur ;
  • A, pour Adrien, lui-même.

74. L’enfant des étoiles

Eya se révèle très intelligente, mais prononce diablement mal les mots… Elle appelle son « géniteur » Adam, plutôt qu’Adrien, s’appelle elle-même Eve et appelle Elisabeth (la jeune femme qui accompagnait Adrien-18), Lilith. Le créateur de toute cette histoire — Yves Krammer — est appelé Yahvé.

Et puis, désormais, il n’y a plus de raison de faire référence à l’Ancien Monde. C’est celui-ci qui compte.

« À cet instant il se persuada que le mot “Terre” était finalement devenu un mot générique pour baptiser la planète sur laquelle vivaient les humains qui racontaient l’histoire. Un jour la Terre d’origine serait considérée comme “planète étrangère” et il n’y aurait plus, comme planète définissant la Terre, que celle-ci. Tout serait inversé. […] L’humanité se réincarne. Et, à chaque fois, elle oublie et se croit seule sur une planète qu’elle appelle “la Terre”. » (Le Papillon des étoiles, chapitre 74)

Eve a une mission : nommer les animaux, délivrer la connaissance. Pour qu’une nouvelle Humanité émerge parmi les étoiles.

Nous sommes des terriens

Conclusion sur « Le Papillon des étoiles » de Bernard Werber :

Un roman divertissant :

Le Papillon des étoiles est un roman intéressant. Bernard Werber aime jouer avec les références historiques, les références bibliques, les avancées scientifiques, la philosophie, etc. Il s’amuse et mêle tout cela dans une histoire qui pourra faire réfléchir celles et ceux qui en ont besoin.

Bien sûr, si vous avez lu cette chronique jusqu’au bout, vous aurez eu un avant-goût, un « spoiler ». Mais cela ne doit pas vous freiner, car la lecture de ce roman n’est pas égale à la lecture d’une chronique. Si vous aimez le style de l’écrivain, vous le lirez avec plaisir, même en en connaissant la fin !

Ce qu’il faut retenir de « Le Papillon des étoiles » de Bernard Werber :

L’idée centrale du livre est cette idée de « réincarnation de l’Humanité » sur une autre planète qu’elle prend pour la Terre. Les humains iraient ainsi, colonisant de nouvelles Terres et oubliant les anciennes.

Cette « théorie » est à la fois pessimiste et optimiste.

  • Elle est pessimiste, d’abord, parce qu’elle indique que les êtres humains sont incapables de vivre en harmonie avec leur milieu : ils sont d’irrémédiables chasseurs, tueurs. Et cela au point de s’exterminer soi-même.
  • Elle est pourtant aussi, de façon étrange, optimiste. En effet, les humains du roman de Bernard Werber trouvent le moyen de « fuir » et de recréer la vie ailleurs, à l’infini.

Mais cet « optimisme », lorsqu’on y réfléchit, est un fatalisme. Pourquoi ? Parce que les hommes semblent condamnés, selon l’auteur, à recommencer à chaque fois la même Histoire, les mêmes mythologies, les mêmes erreurs et les mêmes découvertes aussi. Il n’y aurait, à ce jeu éternel de la réincarnation, qu’un retour de l’identique, sans apprentissage réel.

On peut donc être un peu déçu par la morale ou, si l’on préfère, la métaphysique proposée dans cet ouvrage par Bernard Werber. Est-ce pour autant son dernier mot sur le sujet ? Sans doute pas. L’auteur ose tout et se joue des conventions.

Par ailleurs, on peut prendre cette fresque comme l’avertissement d’une morale écologique qui pourrait être le suivant : apprenons à aimer cette Terre-ci, car l’envol vers l’Espace ne pourrait être qu’un leurre et le meilleur moyen de recommencer les mêmes bêtises ailleurs.

Points forts :

  • Si vous aimez Bernard Werber, vous ne serez pas déçu ;
  • Une fresque ludique qui se lit facilement, en voyage par exemple  ;
  • Des références qui pourront peut-être vous faire réfléchir.

Point faible :

  • Quelques préjugés très « hétérosexuels » et un peu passés de mode, malgré une volonté de donner une place importante aux femmes et aux différentes sexualités.

Ma note :

imageimageimageimageimageimageimageimage L apprentissage du bonheur - Tal Ben-Shahar

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