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Petit traité de vie intérieure

Petit traité de vie intérieure Frédéric Lenoir

Résumé de « Petit traité de vie intérieure » de Frédéric Lenoir : En puisant dans son cheminement personnel, ses rencontres et des lectures spirituelles, philosophiques et religieuses, Frédéric Lenoir nous livre une réflexion passionnante et stimulante sur l’âme humaine.

Par Frédéric Lenoir, 2014 (1ère parution 2010), 224 pages.

Table des matières

Chronique et résumé de « Petit traité de vie intérieure » de Frédéric Lenoir

Prologue

Frédéric Lenoir nous rappelle quelques grandes questions qui font nos « défis intérieurs :

Comment…

Être en paix avec soi-même et avec les autres ?

Réagir face à la souffrance ?

Nous connaître nous-mêmes et résoudre nos propres contradictions ?

Acquérir une vraie liberté intérieure ?

Aimer ?

Accéder à un bonheur vrai et durable, qui relève sans doute davantage de la qualité de la relation à soi-même et aux autres que de la réussite sociale et de l’acquisition de biens matériels ? » (Petit traité de vie intérieure, p. 9)

Dans un monde où la consommation de biens matériels est valorisée à l’excès, qu’est-ce qui peut nous aider aujourd’hui à répondre à ces questionnements ? L’enseignement religieux seul n’y suffit plus. Il apparaît souvent comme trop rigide et dogmatique.

Frédéric Lenoir propose un autre chemin. Nourri par ses expériences de vie, ses études de philosophie et des lectures de psychologues et de certains penseurs religieux, il propose une réflexion personnelle originale.

Ce livre regroupe en vingt chapitres des réflexions d’abord élaborées sous la forme d’un enseignement oral, puis remaniées pour l’écrit.

Chapitre 1. Dire « oui » à la vie

Nous naissons tous avec des attributs que nous ne choisissons pas, comme :

  •  Le lieu et l’époque de notre naissance ;
  •  Les personnes qui prennent soin de nous (famille, ou autres personnes) ;
  •  La culture et la société dans laquelle on voit le jour ;
  •  Notre apparence et nos attributs physiques.

Est-il possible de modifier tout cela ? Non, nous dit Frédéric Lenoir. Certains pourront s’éloigner de leur famille ou de leur pays d’origine.

Pour trouver la paix intérieure, nous devons comprendre et accepter ce qu’il est possible ou non de changer. Et agir sur ce qui peut être transformé si c’est ce que nous souhaitons. Cette attitude sage est prônée par les stoïciens, penseurs du stoïcisme, grand courant de philosophie de l’Antiquité gréco-romaine. 

Cette posture est aussi celle qu’a découverte le prince Siddhârta qui, après s’être soumis à des pratiques ascétiques puis avoir médité, est devenu « le Bouddha » (« l’éveillé »).

« C’est par la connaissance de soi et par un travail de transformation profonde que nous pouvons atteindre une véritable sérénité. » (Petit traité de vie intérieure, p. 17)

Frédéric Lenoir prend l’exemple de la famille :

  • Enfants, nous n’avons pas d’autres choix que d’accepter nos parents (ou les adultes qui prennent soin de nous) car nous dépendons d’eux ;
  • Adultes, nous avons aussi le choix de les mettre à distance si cela nous est nécessaire pour nous sentir apaisés.

De même pour notre héritage culturel : nous pouvons choisir d’accepter et de valoriser certaines caractéristiques de notre culture tout en les tempérant pour les rendre acceptables et constructives. L’auteur cite l’esprit critique des Français ; pertinent pour interroger le social et la politique mais abusif quand il conduit à l’arrogance.

Nous pouvons également réaliser ce travail pour accepter nos attributs physiques.

En ce qui concerne nos traits de caractère et de personnalité, pouvons-nous les modifier ? Cela semble difficile à l’âge adulte. Cependant, nous pouvons prendre conscience de leurs effets négatifs pour nous-mêmes et dans nos relations aux autres. À partir de cette compréhension, nous pouvons essayer de les canaliser vers des buts positifs. Ainsi, par exemple, la colère peut être orientée dans la défense d’une cause juste et la rêverie dans la créativité.

Humour, confiance et lâcher prise dans le Petit traité de vie intérieure de F. Lenoir

Chapitre 2. Confiance et lâcher-prise

Suivant un état d’esprit oriental, Frédéric Lenoir définit la foi comme un moyen d’apprendre et de progresser et comme le fait de faire confiance à d’autres personnes, par exemple à :

  • Nos parents ou ceux qui se chargent de notre éducation ;
  • Nos professeurs ;
  • Des scientifiques qui émettent des résultats sur des éléments auxquels nous ne pouvons pas avoir accès (par exemple l’existence de molécules).

« Nous sommes motivés pour progresser, pour apprendre, pour avancer, pour chercher, pour nous engager, pour créer, parce que nous croyons qu’il y a quelque vérité et quelque bonté dans le monde et dans la vie. Sinon, à quoi bon se lever le matin ? » (Petit traité de vie intérieure, p. 26)

Malheureusement, certaines personnes abusent de la confiance que d’autres leur accordent pour leur faire du mal, les manipuler ou les trahir. Nous devons alors faire preuve de discernement pour se protéger de ces influences délétères.

Et si nous perdons ce que l’auteur désigne comme la « foi-confiance » (p. 27) – en les autres, en la vie –, nous restons paralysés par la peur et nous n’avançons plus dans notre vie à différents niveaux (social, professionnel, affectif).

Si nous gardons la foi en la vie, nous restons positifs et confiants malgré les adversités qui peuvent surgir sur notre chemin. Nous retrouvons ici l’état d’esprit des stoïciens.

« Cette foi-confiance dans la vie se manifeste par une attitude que l’on retrouve sous divers noms dans les sagesses et les grands courants spirituels de l’humanité : l’abandon, la quiétude, le lâcher-prise. » (Petit traité de vie intérieure, p. 27)

Comprendre que notre volonté seule n’est pas en jeu et qu’il faut aussi savoir l’abandonner et accepter ce qu’il nous arrive si cela nous procure de l’apaisement intérieur. Ce mouvement de lâcher-prise est prôné par différents courants de pensée philosophiques et religieux.

  • Pour les religions monothéistes (christianisme, judaïsme, islam) : croire c’est abandonner sa volonté à Dieu.
  • Dans une tout autre perspective mais inspiré de la philosophie hindoue (des Upanishads), le philosophe allemand athée Arthur Schopenhauer parle d’un « état d’abnégation volontaire, de résignation, de calme véritable et d’arrêt absolu du vouloir. » (p. 28).

Frédéric Lenoir nous invite à observer simplement ce qu’il nous arrive dans notre vie de tous les jours. Et effectivement, nous constatons qu’il nous est impossible de tout contrôler et que nous rencontrons sans cesse, à différents niveaux, des imprévus qui ne dépendent pas de notre volonté. Vouloir tout maîtriser nous condamne à « vivre dans l’angoisse » (p. 28).

Face à ce constat, l’auteur nous invite à nous préparer psychologiquement pour recevoir et vivre tous ces impondérables qui surgissent dans notre vie. En faisant confiance et en lâchant prise, nous pouvons nous détendre et accéder à plus de joie et de sentiments positifs.

Chapitre 3. Responsable de sa vie

« Lâcher prise et acquiescer à l’être ne signifient pas qu’il faut subir sa vie et se cantonner dans une attitude de complète passivité. Accepter le donné de la vie et accueillir les imprévus de l’existence nous incitent au contraire à nous impliquer totalement. Cette implication est un mélange subtil d’abandon et d’engagement, de passivité et d’action, de réceptivité et de prise d’initiative. La vie demande un engagement. » (Petit traité de vie intérieure, p. 31)

S’engager dans sa vie avec intensité et en faisant confiance : voici le secret d’une vie sereine et épanouie. Cet état d’esprit vaut pour tous les domaines de l’existence nous dit Frédéric Lenoir : personnel, amoureux, familial, professionnel, associatif, militant, etc.

Frédéric Lenoir critique les attitudes « victimales » (p. 32) qui consistent pour certaines personnes à ne jamais se remettre en question, ni à considérer leur part de responsabilité dans ce qu’il leur arrive. Ces personnes rejettent ainsi systématiquement la faute des malheurs qu’ils subissent sur des causes extérieures.

Que font les individus qui se présentent toujours comme des victimes ? Ils remettent la responsabilité de tout ce qu’il leur arrive – en positif ou en négatif – dans des instances extérieures comme la religion, l’Eglise, l’Etat, la politique, etc. C’est ainsi que dans un climat social et politique tendu, la peur incite les individus à s’en remettre à des régimes totalitaires.

« […] Ceux qui sont prêts à assumer les conséquences de la liberté ont conscience qu’ils sont véritablement responsables de leur vie. Ils n’exigent pas une sorte d’‘assurance tous risques contre les aléas de la vie. Ils assument les conséquences de leurs actes et savent que la meilleure réponse à un obstacle intérieur incontournable est une réponse intérieure : un lâcher-prise qui rend l’obstacle moins lourd parce que librement accepté, mais aussi éventuellement susceptible d’être surmonté par une initiative personnelle appropriée. » (Petit traité de vie intérieure, p. 34)

Frédéric Lenoir établit un parallèle avec les pensées du philosophe Jean-Paul Sartre et de l’écrivain Antoine de Saint-Exupéry. Par extension, nous devons aussi avoir conscience de notre responsabilité vis-à-vis des autres :

  • Dans les relations quotidiennes, nous devons avoir conscience du mal que nous pouvons faire aux autres – à travers des actes ou des paroles qui peuvent nous paraître banals – et tenter de les réparer.
  • Plus largement, nous participons, à travers nos attitudes et nos prises de position quotidiennes, d’une responsabilité collective sociale et environnementale.

Cette fraternité humaine se retrouve dans de nombreux courants spirituels. Refuser la souffrance et la violence ; se sentir concernés et agir pour défendre différentes causes écologiques et humanitaires ; faire preuve d’empathie et de compassion : autant d’attitudes qui sont aussi au cœur d’un bonheur véritable.

Chapitre 4. Agir et non agir

Dès notre plus jeune enfance, nous agissons et interagissons avec les éléments matériels qui nous entourent. Frédéric Lenoir prend l’exemple d’un petit enfant qui s’amuse de longues heures en bâtissant un château de sable.

Plus tard, à l’âge adulte, nous continuons à imprimer notre vie intérieure sur le monde à travers nos différentes activités : par le travail, le soin à d’autres personnes, des activités associatives, etc. En contemplant le résultat de ces différentes activités, nous ressentons de la joie et de la satisfaction. Nous nous sentons connectés à notre environnement et à la société dans laquelle nous vivons. Nous ressentons notre pouvoir créatif.

« L’homme, au-delà de sa survie, a besoin de s’investir dans un travail, dans une action, dans une création : l’inactivité lui pèse, au sens littéral du terme. Elle l’écrase, l’ennuie, l’empêche de se sentir totalement lui-même. Un homme qui ne fait qu’attendre dans l’oisiveté que le temps passe vit avec un goût d’inaccomplissement ; il ne peut pas développer son humanité dans toute sa richesse. » (Petit traité de vie intérieure, p. 39)

En agissant sur le monde, nous imprimons symboliquement une part de nous-mêmes, de ce que nous ressentons intérieurement. Nous transmettons nos émotions à travers un support extérieur. L’incarnation idéale de cette idée est l’œuvre d’art. Mais en réalité, de nombreux objets et supports façonnés par d’autres personnes provoquent aussi des émotions.

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À travers son propre exemple, Frédéric Lenoir nous incite à imprimer notre marque dans notre travail et les actions dans lesquelles nous sommes engagés, à commencer de nouvelles activités et ce, à n’importe quel âge !   

Petit traité de vie intérieure : méditation

Chapitre 5. Silence et méditation

Il ne suffit pas d’être dans un endroit silencieux pour faire le silence et la paix à l’intérieur de soi. Les pensées, parfois incessantes, répétitives, obsessionnelles, qui circulent dans notre mental sont souvent beaucoup plus dérangeantes que les bruits provenant de l’extérieur.

L’exercice de la méditation permet de se détacher de nos tourments et tensions intérieurs. Frédéric Lenoir donne plusieurs conseils pour parvenir à méditer :

  • Commencer par des temps courts, cinq minutes par jour, puis essayer de les allonger ;
  • Persévérer même si cela est difficile ;
  • S’assoir dans un endroit calme, éloigner les sources de distraction de soi (comme le smartphone) ;
  • Maintenir son dos droit, se concentrer sur sa respiration ;
  • Observer ses pensées et les laisser partir, ne pas les retenir.

La méditation peut aussi avoir un but spirituel. Dans ce cas, elle s’apparente à une forme de prière et nécessite le suivi d’un enseignement.

Frédéric Lenoir cite deux grands hommes qui ont vécu à des époques différentes mais qui ont en commun d’avoir témoigné beaucoup d’humanité et de compassion pour leur prochain. Tous deux commençaient leur journée par 4h de méditation et de prière.

  • Saint Vincent-de-Paul, qui au XVIIe siècle a fondé « un nombre incalculable d’œuvres pour venir en aide aux pauvres, aux malades, aux victimes de guerres » (p.53). Il a aussi exercé des rôles de confesseur, aumônier, précepteurs de personnages nobles (Anne d’Autriche, la reine Marguerite de France, les neveux de l’archevêque de Paris). Il rendait également visite à des prisonniers et à des galériens.
  • Le dalaï-lama, que Frédéric Lenoir a eu la chance de rencontrer plusieurs fois et qui force l’admiration par les traits de caractère qu’il exprime (« douceur, attention aux autres, disponibilité »), par les nombreuses activités « politiques, spirituelles, culturelles » (p. 53) dans lesquelles il est engagé et les rencontres avec tout type de personnes.

Chapitre 6. Connaissance et discernement

Les préjugés sont des idées reçues, simplifiées, générales, transmises par un groupe social ou une société. Ils constituent un refuge pour beaucoup, une forme de protection face aux menaces que semblent représenter des éléments extérieurs au groupe ou à la société.

Mais que se passe-t-il lorsque nous nous en remettons à des idées reçues déjà fabriquées, à nos instincts et à la tradition ? Nous évitons de penser par nous-mêmes, nous risquons de colporter des idées négatives sur le monde et nous créons des impasses et de l’angoisse. Car les préjugés ne fournissent pas des clés d’interprétation du monde réel. 

Pour bien penser, c’est-à-dire pour penser de façon juste et ajustée aux situations, Frédéric Lenoir nous invite à :

  • Nous détacher des préjugés ;
  • Ne pas cesser de questionner ce qui nous entoure et le réel en général ;
  • (en somme) Adopter une attitude philosophique ;

Ainsi nous adoptons une attitude raisonnée face au monde et nous faisons preuve de discernement ce qui alimente en retour la paix intérieure.

« Certaines personnes ont une intelligence instinctive particulièrement forte, mais cet instinct ne suffit pas à déployer l’être humain dans sa pleine humanité. Ce qui nous rend complets, c’est la raison, cette faculté de réfléchir, de croiser les données et d’agencer les connaissances, de les analyser sous plusieurs angles avant de prendre une décision. C’est ce que j’appelle notre capacité de discernement raisonné qui, à la différence du discernement instinctif, n’est pas inné, mais acquis par l’expérience et les connaissances. Apprendre à discerner est l’une des choses les plus importantes que nous ayons à faire dans notre vie et cela requiert un savoir, une conscience, une réflexion personnelle. » (Petit traité de vie intérieure, p. 56)

Chapitre 7. Connais-toi toi-même

Le travail de connaissance du monde doit s’accompagner d’un travail de connaissance de soi. De nombreux penseurs ont avancé cette idée. Parmi eux, Socrate, qui dans l’Antiquité gréco-romaine, a affirmé que le fait de se connaître soi-même permet d’accéder aux vraies valeurs que sont « le courage, la justice et la bonté » (p. 62).

En plongeant à l’intérieur de nous-mêmes, nous pouvons examiner ce qui a trait au bien et au mal, au juste et à l’injuste, au beau et au laid. Chacun de nous peut alors accéder à ce qui constitue, au-delà de son individualité propre, l’essence de la nature humaine. Frédéric Lenoir va plus loin en évoquant des perceptions métaphysiques et religieuses « le cosmos et le divin » (p. 62).

Les états psychologiques des héros de romans de grands auteurs comme Stendhal, Flauber et Balzac constituent des exemples d’exploration de l’âme humaine dont nous pouvons nous inspirer pour nous comprendre aussi nous-mêmes.

Le « travail pratique d’introspection personnelle » (p. 63) demande de la patience et de l’humilité. Nous allons apprendre à reconnaître que nous ne sommes pas parfaits et que nous sommes aussi habités par des pulsions, des états d’esprit et des attitudes négatifs et potentiellement destructeurs. Ce processus est nécessaire pour amorcer des changements.

Comment réaliser ce travail d’exploration de soi ? Différents outils peuvent appuyer ce travail :

  • Des courants de pensée religieux, philosophiques, psychologiques qui peuvent nous aider à poser des questions ;
  • Le « journal intime » dans lequel on passait en revue les actes et pensées de la journée.

Frédéric Lenoir observe comment ces différentes réflexions sur la connaissance de soi ont été portées par différents penseurs à des époques différentes, aussi bien dans l’Antiquité grecque que chez des philosophes (Spinoza, Montaigne, Schopenhauer) ou des hommes d’Eglise (Ignace de Loyola). Il regrette que la philosophie occidentale soit davantage cantonnée à un rôle théorique aujourd’hui.

« Il en va tout autrement en Orient où la circulation de la sagesse se fait depuis plus de deux millénaires par une transmission ininterrompue de maître à disciple. Le maître spirituel […] donne une méthode de travail sur soi et en vérifie le bon usage. » (Petit traité de vie intérieure, p. 66)

Frédéric Lenoir préconise cependant la prudence et alerte sur les dangers que nous pouvons encourir en remettant notre initiation spirituelle dans les mains d’un maître. Il rappelle les abus psychologiques et physiques subis par certains.

Se connaître soi-même selon Frédéric Lenoir

Chapitre 8. L’acquisition des vertus

À partir de la lecture de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote, Frédéric Lenoir définit les vertus comme des « justes milieux » éloignés des extrêmes qui constituent des vices. Le plaisir, la fuite, le courage, la modération deviennent des vertus si et seulement si elles sont mises en œuvre à bon escient dans une situation donnée.

« La vertu est, en somme, le point d’équilibre qui nous permet de poser, par l’usage de notre volonté, des actes justes, loin de l’excès et de l’ascèse qui sont aussi nuisibles l’un que l’autre. » (Petit traité de vie intérieure, p. 72)

Cet enseignement est aussi celui du Bouddha, qui après avoir fait l’expérience d’un mode de vie marqué par un ascétisme extrême, des tortures et des privations, décide de rechercher plus d’équilibre et de modération.

Partant des vertus enseignées par Pythagore, Aristote en définit quatre :

  • La prudence, vertu centrale ;
  • La tempérance ;  
  • Le courage ;
  • La justice.

Selon Aristote, la prudence est la vertu centrale « qui va nous permettre de trouver les moyens justes pour atteindre notre fin » (p. 74). Les trois autres vertus (tempérance, courage, justice) sont acquises par l’éducation, l’expérience et l’habitude et dépendent de notre volonté.

De même en Orient, le Bouddha met l’accent sur l’importance de certaines vertus et la conduite à tenir en fonction de ses interlocuteurs. Il identifie « quatre causes qui poussent chacun à commettre de mauvaises actions » (p. 75) :

  • La partialité ;
  • L’hostilité ;  
  • La stupidité ;
  • La crainte.

L’acquisition des vertus nécessite travail, entraînement et habitude. Les vertus ont besoin d’être soignées et cultivées.

Chapitre 9. Devenir libre

Différentes révolutions depuis le XVIIIe siècle, puis des modifications des mœurs au cours du XXe, ont amené les sociétés occidentales à offrir plus de libertés à leurs membres. Les individus ont des possibilités de choix beaucoup plus importantes qu’auparavant et ce, dans différents domaines de l’existence (familial, professionnel, religieux, associatif, etc.).

Pour autant, sommes-nous vraiment libres ? En réalité, des préjugés, des besoins ou des désirs irraisonnés envahissent notre espace intérieur et nous font prisonniers. Tant que nous restons habités par ces éléments négatifs, nous ne pouvons pas exercer notre pleine volonté éclairée. Nous avons besoin de nous en libérer intérieurement.

Rappelons-nous des sept péchés capitaux définis par la tradition chrétienne : la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère, l’envie.

Frédéric Lenoir met alors en parallèle les enseignements de Bouddha, Socrate et Jésus qui tous trois prônent la connaissance de soi et l’application du discernement pour parvenir à la liberté intérieure.

« […] C’est par amour et par intelligence qu’il convient d’éviter le péché. Après avoir longuement cheminé, après avoir fauté et s’être relevée, l’âme n’est plus tentée par le péché, car elle apprend à en connaître la nature nuisible. Dès lors qu’il retrouve l’accès à l’amour et à la vérité, l’homme sort de l’aliénation : il renoue avec sa source, il n’est plus coupé, enfermé sur lui-même, dans l’erreur et l’égoïsme. » (Petit traité de vie intérieure, p. 82)

Chapitre 10. Amour de soi et guérison intérieure

Le fait de se sentir relié et connecté affectivement à d’autres personnes, d’aimer et d’être aimé est un pilier essentiel de l’humanité et du bonheur.

Mais pour bien aimer les autres, il faut d’abord s’aimer, s’estimer et se respecter soi-même. Autrement, le risque est grand, comme la psychologie moderne l’a bien souligné, de projeter sur les autres tout ce que nous n’avons pas réglé avec nous-mêmes.

« La haine et le mépris d’autrui proviennent bien souvent d’une haine de soi. » (Petit traité de vie intérieure, p. 88)

Comment apprendre à s’aimer ? L’amour que nous portent nos parents ou les personnes qui prennent soin de nous lorsque nous sommes enfants constitue un des premiers piliers de cet amour de soi. Nous nous sentons alors dignes d’être aimés et développons des relations positives aux autres.

Que faire si nous n’avons pas été aimés ou victimes d’un amour « tordu », possessif par exemple ? Des expériences de relations positives avec des adultes bienveillants peuvent nous aider à réparer certaines blessures narcissiques. Cependant, il est souvent nécessaire de recourir également à des thérapies. La psychanalyse peut aider à réaliser des prises de conscience douloureuses, mais nécessaires. Les thérapies cognitivo-comportementales (comme l’hypnose éricksonienne et la sophrologie) peuvent alors intervenir, en complément, pour aider à retrouver une meilleure estime de soi.

Frédéric Lenoir se confie alors sur son propre cheminement constitué de libérations et de réparations qui ont mené à une transformation « sociale, affective et professionnelle » (p. 90). Il évoque les travaux sur la résilience du psychiatre Boris Cyrulnik et la possibilité de développer des qualités en cherchant à surmonter ses blessures et traumatismes.

Chapitre 11. La Règle d’or

« Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse » (p. 93).

Voici la « Règle d’or » à la base de toute morale humaine, présente dans toutes les cultures, religions et philosophies (p. 93 – 96).

  • Grecs et les Romains : « Ce qui vous irrite dans la conduite des autres à votre égard, ne le faites pas à autrui. »
  • Judaïsme : « Ce qui est détestable pour toi, ne le fais pas à ton prochain. »
  • Christianisme : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux vous aussi. »
  • Islam : « Aucun d’entre vous n’est vraiment croyant tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’il n’aime pas pour lui-même. »
  • Bouddhisme : « Ne blesse pas les autres avec ce qui te fait souffrir toi-même. »
  • Hindouisme : « On ne doit pas se comporter envers les autres d’une manière qui nous répugne nous-mêmes. Ceci est le cœur de toute morale. Tout le reste résulte d’une avidité intéressée. »

Cette règle de comportement implique de faire preuve l’empathie. Nous nous mettons à la place de l’autre et nous imaginons ce qu’il peut ressentir si nous adoptons telle attitude ou tel comportement envers lui. Frédéric Lenoir souligne à quel point cette idée est facile à comprendre, même par les très petits enfants.

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Dans la vie quotidienne, nous pouvons observer les comportements qui nous dérangent et qui nous font ressentir des émotions négatives – ou à l’inverse, ceux qui nous procurent des émotions positives. Ce travail d’observation quotidien peut nous aider à mieux percevoir et mettre en œuvre des attitudes vertueuses envers les autres. Ce peut être aussi des gestes tout simples : tenir la porte, sourire, écouter…

Petit traité de la vie intérieure : l'amitié et l'amour

Chapitre 12. L’amour et l’amitié

À partir de la lecture de différents auteurs et de son expérience personnelle, Frédéric Lenoir souligne à quel point l’amour et l’amitié sont deux sentiments similaires.

L’amitié est une forme d’amour (la philia selon Aristote) qui se produit entre deux êtres humains qui :

  • Choisissent librement d’entretenir une relation faite d’écoute mutuelle, de partage, d’échanges, de réciprocité ;
  • Partagent des points de vue et des sentiments communs sur le monde, mais aussi une ou plusieurs passions et des projets communs ;
  • Qui se confient l’un à l’autre sur des sujets qui leur sont intimes et qui peuvent le faire sans craindre le jugement de l’autre.

Tout sentiment amoureux, pour être sain et conduire à une relation durable, comporte une part centrale d’amitié, c’est « l’amour d’amitié » (p. 102). Le désir fou qui anime les débuts d’une passion amoureuse mènera à une relation durable et stable uniquement s’il s’accompagne de la connaissance réelle de l’autre et d’amitié.

Lorsque l’amour est ressenti non plus pour une ou des personnes en particulier, mais pour quelque chose qui les dépasse, de l’ordre de l’universel, il prend une autre forme. C’est l’amour du prochain, de Dieu, de la religion chrétienne notamment. Aristote nomme « agapé » cet amour dirigé vers tout un chacun sans l’attente de réciprocité.

« Peu importe finalement le nom qu’on donne à cette transcendance selon les cultures et les traditions : la nature, le cosmos, Dieu, le divin, l’Absolu, le Tout, le Tao. » (Petit traité de vie intérieure, p. 105)

Frédéric Lenoir évoque alors l’expérience qu’il a vécue, en Inde, auprès de personnes très pauvres et en grande détresse. Il a alors ressenti une grande joie en donnant à d’autres qui en avaient besoin. Il rapproche cet état d’esprit de celui de l’abbé Pierre, qu’il a bien connu, et qui a fondé Emmaüs en affirmant que la solidarité et la fraternité réparent les êtres. « Au lieu de mourir, viens m’aider à aider » (p. 107) est la célèbre phrase prononcée par l’abbé Pierre à un ancien prisonnier qui voulait se suicider.

Chapitre 13. La non-violence et le pardon

Face à quelqu’un qui nous agresse et qui nous fait du mal, notre première réaction, souvent instinctive, est de nous défendre et de riposter. Et même si nous prenons la fuite pour nous protéger, nous gardons souvent au fond de nous un désir de riposte qui devient un désir de vengeance.

Pardonner est un acte difficile à réaliser. Il demande une grande volonté et une maîtrise de soi-même afin de rechercher l’apaisement dans une relation avec la ou les personnes qui nous ont fait du mal. Pour essayer d’y parvenir, Frédéric Lenoir nous conseille de chercher à nous représenter l’état d’esprit de l’agresseur qui, le plus souvent, souffre, est malheureux et ignorant. En nous le représentant ainsi, nous parvenons plus facilement à éprouver de la compassion pour lui.

« Le pardon n’est ni rationnel, ni juste, mais il nous procure joie et sérénité et il est la condition nécessaire à l’extinction de la non-violence. Pardonner, ce n’est pas oublier. C’est réussir à apaiser la blessure suscitée par autrui, dans un contexte, un environnement donnés, et à tout mettre en œuvre pour que la situation source de la blessure ne se reproduise plus. […] De par son caractère quasi surhumain, toutes les religions l’ont décrit comme le sommet de la spiritualité. » (Petit traité de vie intérieure, p. 113)

La non-violence et le pardon sont à préconiser pour toutes les sphères de l’existence et pour tout type de relation, qu’elles soient interpersonnelles, publiques, politiques, ou encore diplomatiques.

Frédéric Lenoir souligne son admiration pour le dalaï-lama qui a toujours prôné la non-violence même au plus fort des agressions chinoises contre le Tibet qui ont fait de nombreux morts parmi les Tibétains. Malgré les privations et les souffrances endurées, des personnages historiques célèbres comme Gandhi et Nelson Mandela ont mis en avant le pardon comme indissociable de l’appel à la non-violence.

Petit traité de la vie intérieure : l'amour et le partage

Chapitre 14. Le partage

Pour aller plus loin dans l’exercice de la non-violence, Frédéric Lenoir milite pour que nos sociétés pensent en profondeur les causes de la violence et prennent des mesures concrètes et fortes pour tenter de les endiguer.

Le creusement des inégalités des modes de vie et des revenus à l’intérieur d’un même pays et entre différentes régions du monde conduit à une polarisation entre :

  • D’un côté, une minorité de très riches concentrant beaucoup d’argent ;
  • Et d’un autre côté une partie croissante de la population qui s’appauvrit.

Ce phénomène de polarisation accentue les violences et les tensions politiques et sociales entre différents groupes de la population.

Une solution serait que les riches « acceptent la logique du partage » (p. 123). Le partage est prôné par nombre de messages spirituels. Jésus le met, avec la charité, au centre de sa parole tandis que le Bouddha préconise la frugalité. La zakat (don) est l’un des piliers de l’islam.

Frédéric Lenoir souligne que ces messages ne disent pas qu’il faut « tout donner », mais simplement accepter le partage. Nous devons refuser une logique consumériste qui mène à une accumulation excessive de biens matériels inutiles. De plus, cette absurdité du consumérisme a des effets désastreux pour « les équilibres écologiques et sociaux de la planète » (p. 125).

Le bonheur véritable n’est pas du tout assuré par l’acquisition de biens matériels (« l’avoir ») mais par un travail avec soi-même (« l’être »). De nombreux penseurs spirituels ont fait le choix de vivre avec peu de choses.

Chapitre 15. Attachement et non-attachement

Le bouddhisme prône le détachement général à la fois des biens matériels mais aussi des biens symboliques comme les honneurs. En effet, tous ces biens peuvent disparaître d’un jour à l’autre sans pour autant entraîner notre mort.

Pour nous protéger et pour assurer la stabilité de notre vie émotionnelle, ne faisons pas dépendre notre bonheur de ces biens et n’y plaçons pas d’affects.

Toutefois, cela ne signifie pas qu’il faut maltraiter les objets et notre environnement ! En prendre soin procure un grand apaisement.

Frédéric Lenoir apporte une objection au message du Bouddha. Il estime qu’il n’est pas nécessaire de chercher aussi le détachement de tous les êtres humains pour préserver notre bonheur. Au contraire, les liens d’amitié et d’amour, la compassion participent de notre bonheur !

« Le déchirement de la rupture ou du deuil est le prix à payer de l’amour. C’est un prix élevé, mais il semble nécessaire de l’accepter lucidement pour vivre de manière pleine. » (Petit traité de vie intérieure, p. 133)

Chapitre 16. L’adversité est un maître spirituel

L’avènement du monde moderne n’a pas fait disparaître la pression des obligations et des codes sociaux des sociétés occidentales. De nombreux messages circulent de manière paradoxale et ce qui devrait résulter de la liberté de choisir reste souvent perçu comme une obligation. C’est le cas, par exemple, du fait de se marier, d’avoir des enfants, de réaliser une carrière professionnelle enviable, de pratiquer du sport, d’avoir un beau corps, etc.   

« La pression est telle que, confrontés aux échecs, beaucoup s’effondrent. […] La dépression est souvent la conséquence, directe ou indirecte, de l’incapacité à atteindre les objectifs de performance et de réalisation de soi que la société nous donne – et que nous nous donnons aussi, sous l’influence des codes sociaux. » (Petit traité de vie intérieure, p. 137)

Frédéric Lenoir nous invite alors à opérer un changement de regard et à voir l’échec comme une occasion d’aller vers quelque chose de positif pour nous-mêmes. Ce que nous pouvons ressentir comme une déconvenue est en réalité une façon de nous contraindre à accepter la réalité de ce qui nous arrive et nous entoure. C’est pourquoi Frédéric Lenoir parle des échecs comme des maîtres spirituels, « des guides qui nous aident à rectifier notre trajectoire » (p. 137).

Les échecs deviennent des leçons de vie et des prises de conscience, à condition que nous les considérions comme tels et non plus comme des évènements dramatiques.

Des maladies se déclenchent souvent à la faveur des moments difficiles que nous traversons. Ces difficultés peuvent être marquées par le déséquilibre entre différentes sphères de l’existence (vie personnelle et professionnelle par exemple) et des tensions avec des personnes de notre entourage.

Ce sont autant de signaux d’alerte qui nous avertissent de la nécessité d’effectuer des changements dans notre vie. Il est alors temps de s’arrêter et de réfléchir avec nous-mêmes sur ce que nous voulons et sur la manière dont nous allons réorienter notre vie, en somme de faire preuve de discernement.

Chapitre 17. « Ici et maintenant »

S’engager dans l’instant présent semble la solution la plus raisonnable pour bien vivre.

Rien ne sert d’être prisonnier de son passé et de son avenir. Il est impossible de revenir en arrière et de modifier les cours d’actions passées. Il n’est pas non plus envisageable de prédire les évènements de notre vie future quand bien même nous les planifions avec minutie.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille chercher à oublier son passé à tout prix ou ne pas avoir de projets futurs. Mais nous pouvons essayer de tirer les leçons de ce que nous considérons comme nos échecs et pardonner à ceux qui nous ont fait souffrir. Ainsi seulement nous pouvons être pleinement attentifs à ce que nous vivons dans l’instant présent.

Si nous restons habités par des sentiments négatifs comme le remords, le ressentiment et la haine, nous ne parviendrons pas à établir des relations stables et harmonieuses avec les personnes qui nous entourent aujourd’hui.

De nombreuses techniques thérapeutiques peuvent nous aider à prendre conscience de nos souffrances intérieures qui ont été générées par le contact avec des personnes qui nous ont fait du mal. Nous pouvons alors identifier des schémas de relation que nous répétons et qui nous amènent à souffrir à nouveau et ainsi essayer de nous en libérer pour mieux vivre dans l’instant présent.

Des techniques thérapeutiques anciennes existent. Frédéric Lenoir cite l’exemple de méthodes bouddhistes qui ont recours à des exercices de visualisation. Si, par exemple, vous éprouvez des émotions négatives (ressentiment, colère, tristesse) en lien avec un évènement ou une situation traumatique, vous êtes incité à leur associer des émotions positives (paix, amour, pardon).

Par ailleurs, à côté de la psychanalyse, des méthodes thérapeutiques plus récentes ont vu le jour, comme :

  •  Les (psycho) thérapies comportementales et cognitives (TCC) qui se basent sur des exercices pratiques centrés sur les symptômes observables à travers notre comportement.
  •  La Gestalt-thérapie qui s’intéresse aux interactions entretenues constamment entre nous-mêmes et notre environnement. Elle essaie de débloquer des formes (sens du mot Gestalt) lorsqu’elles sont figées et répétitives.
  •  La sophrologie et l’hypnose sont des techniques basées sur la pensée positive. La sophrologie est une pratique psycho-corporelle qui vise à atteindre un bon équilibre entre le corps, le mental et les émotions. L’hypnose désigne un état modifié de conscience (état de veille) qui permet d’activer et d’agir sur certaines zones de l’inconscient du patient sources de stress et de souffrances.

De la même manière que notre passé peut empoisonner notre existence présente, le futur peut-être à la source de nombreux blocages. Certes il est judicieux et prudent de se soucier du lendemain et d’être prévoyant. Toutefois, un excès de peur et d’angoisse en relation à notre avenir peut « empêcher toute jouissance du présent » (p. 151).

À l’inverse, si vous vous représentez les évènements à venir suivant un déroulement positif, vous pouvez les influencer en ce sens !

« Ce pouvoir de la pensée positive a été intégré, en particulier, dans le monde du sport. Ainsi, la majorité des sportifs de haut niveau pratiquent des techniques de visualisation positive : ils se « voient » en train de gagner, et il est établi que cette « vision » leur offre en effet des chances supplémentaires de gagner. » (Petit traité de vie intérieure, p. 152)

Apprivoiser la mort selon Frédéric Lenoir

Chapitre 18. Apprivoiser la mort

Pour Frédéric Lenoir, la vraie sérénité et la paix intérieure s’acquièrent en acceptant le « donné de la vie » (p. 155).

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Cependant s’il y a bien une chose qu’il est réellement difficile d’accepter, c’est l’idée de la mort. Bien souvent nous la saisissons intellectuellement mais il nous est difficile d’associer cette idée dans le déroulé de notre vie actuelle.

Les premiers humains se sont distingués des animaux en construisant des sépultures pour enterrer leurs morts. Ils ont mis en place des rituels pour leur rendre hommage tout en les imaginant continuer à exister dans d’autres mondes.

Les pensées religieuses, philosophiques et spirituelles accompagnent et préparent l’idée de la mort. Cependant, le déclin de leur influence dans les sociétés occidentales modernes a conduit à faire de la mort un impensé dont on ne parle pas et auquel on ne se prépare pas, ce qui alimente des angoisses individuelles et collectives à ce sujet.

« Le sage est celui qui s’est préparé à la mort. J’entends par ‘préparation’ le fait d’agir tout au long de sa vie de telle sorte que lorsqu’advient le moment de notre mort, nous pouvons nous en aller sans regrets, avec le sentiment d’avoir accompli cette vie le mieux possible, d’avoir ‘bien vécu’, c’est-à-dire d’avoir mené une existence juste, droite, bonne ; d’avoir été autant que possible dans le vrai. Car il est terrible de mourir avec le regret d’avoir gâché sa vie. » (Petit traité de vie intérieure, p. 159)

Chapitre 19. L’humour

L’humour qui provoque le rire est l’une des grandes « qualités de l’esprit humain » (p. 161). De nombreux philosophes ont consacré quelques réflexions au rire, une émotion qu’un tout petit enfant manifeste déjà. Spinoza accorde une très haute importance au rire qu’il présente comme libérateur de la peur.

Pour Frédéric Lenoir, l’humour et le rire sont surtout importants dans la mesure où ils permettent de prendre une « distance lucide avec le réel » (p. 162). Ils ont alors un effet positif sur la vie intérieure. Ils manifestent une forme d’intelligence et créent un lien positif entre les personnes.

« L’humour rassemble, crée immédiatement une communion, fait tomber toutes les barrières sociales et culturelles. Il est une vertu de l’humanité comme la connaissance ou la compassion. » (Petit traité de vie intérieure, p. 163)

Le rire permet aussi de faire retomber l’angoisse qui peut surgir dans certaines situations, lorsque l’on est confronté à l’inconnu par exemple. Frédéric Lenoir rapporte une situation qu’il a vécue alors qu’il voyageait dans un pays étranger et avait le sentiment d’être complètement perdu. Parfois il est même possible de recourir à l’humour pour atténuer le caractère tragique d’une situation.

Frédéric Lenoir évoque les traditions spirituelles qui ont intégré l’humour dans leurs enseignements pour répondre à des questionnements existentiels. Il reproduit des dialogues entre des personnages spirituels.

Chapitre 20. La beauté

Dans ce dernier chapitre, Frédéric Lenoir nous invite à nous laisser surprendre et à nous émerveiller de la beauté de la nature qui nous entoure. Selon lui, « tout est beau » dans la nature. Cette contemplation procure de la joie et de l’apaisement intérieur.

Nous pouvons aussi nous émerveiller de la beauté de gestes humains simples comme « le sourire d’un enfant ou le visage d’un vieillard » (p. 173).

Frédéric Lenoir cite un ouvrage précédent dans lequel il a montré comment la beauté a été mise au centre des édifices et des représentations religieuses, comme une voie d’accès au sacré.

Le philosophe Schopenhauer a montré le caractère transcendantal de l’art qui nous permet de nous détacher d’un simple rapport utile au monde et aux choses.

« Christian Bobin, le poète vivant qui me touche le plus, sait dire de manière admirable, la grâce des petites choses du quotidien. Il révèle la beauté, et même la bonté du réel, non pas dans d’impressionnants paysages, mais dans un simple pissenlit, dans la courbure du dos ou le visage ridé d’une vieille femme qu’il croise en entrant dans la boulangerie de son village. Il sait dire à merveille la beauté présente partout autour de nous […]. » (Petit traité de vie intérieure, p. 176)

Épilogue

Frédéric Lenoir ne cherche pas ici à conclure mais à souligner un questionnement important. 

Le bonheur dépend-il uniquement d’un travail sur soi que l’on réalise pour se connaître, purifier ses passions et acquérir des vertus ?

Ceci est à la fois vrai et faux nous dit Frédéric Lenoir :

  • Faux si vous avez des dispositions naturelles qui vous permettent d’atteindre facilement le bonheur (indépendamment de votre volonté) ;
  • Vrai si vous avez « un tempérament moins disposé au bonheur ou [si vous avez] eu un vécu douloureux dans votre enfance » (p. 178).

Finalement, Frédéric Lenoir souligne, au-delà même du bonheur, l’importance de la quête de sagesse.

« La sagesse permet de mieux résister aux aléas de la vie. Elle nous aide à savourer pleinement les moments heureux et à ne jamais désespérer dans les moments douloureux. Elle nous apprend à accepter la vie telle qu’elle se présente avec son lot de joie et de tristesse, en essayant de faire reculer le malheur autant que faire se peut. [La sagesse] nous permet d’accompagner le mouvement permanent de l’existence avec souplesse et attention. » (Petit traité de vie intérieure, p. 179)

Travailler avec soi-même pour ressentir de la joie alimente la quête de sagesse et inversement.

Petit traité de vie intérieure : sagesse

Addendum : Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Un dialogue inédit entre Socrate et Jacques Séguéla

Dans cet addendum, Frédéric Lenoir met en scène un dialogue imaginaire entre le publicitaire Jacques Séguéla et Socrate, philosophe grec de l’Antiquité.

Il rappelle l’erreur de communication commise par Jacques Séguéla le 13 février 2009 lorsque celui-ci a affirmé, sur un plateau de télévision : « Tout le monde a une [montre] Rolex. Si à cinquante ans, on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! » (Petit traité de vie intérieure, p. 181).

Quelques jours plus tard, face à une pluie de critiques, Jacques Séguéla a dû faire un mea-culpa public à la télévision.

Pour imaginer le dialogue entre Socrate et Séguéla, Frédéric Lenoir a tout d’abord recherché un signe de distinction symbolique qui prévalait dans l’Antiquité. Grâce à l’historien René Goscinny, il a établi qu’« avoir un menhir dans son jardin à trente ans » pouvait être l’équivalent de la montre Rolex à cinquante ans de notre époque évoquée par Séguéla. Il fait prononcer cette idée par un publicitaire de l’époque qu’il nomme « Seguelus ».

Commence alors un petit dialogue entre Socrate et un citoyen de l’époque qui a vingt-neuf ans et qui est nommé Julius Cretinus. Socrate interroge Cretinus sans relâche. Il lui demande pourquoi – après la déclaration du publicitaire Seguelus – il a soudainement décidé d’aller acheter un menhir pour le mettre dans son jardin.

Socrate insiste et demande à plusieurs reprises si l’acquisition de ce menhir rendra Cretinus plus heureux. Il l’invite à réfléchir à ses réels besoins et envies. Cretinus répète à plusieurs reprises que le menhir ne lui apportera pas de bonheur. Il cite même les malheurs rencontrés par ses voisins – qui possèdent déjà un menhir – dans différents domaines de la vie (mariage, famille, travail, etc.). Cependant Cretinus s’obstine : il mettra un menhir dans son jardin pour s’assurer qu’il ne souffrira pas du jugement négatif des autres sur ce point.

Puis Frédéric Lenoir imagine un dialogue entre Socrate et Seguelus. Socrate interroge le publicitaire jusqu’à lui faire reconnaître, par un raisonnement logique, que ce n’est pas l’acquisition de biens matériels possédant une forte valeur symbolique qui rend les gens heureux. Force est de constater que les vertus s’observent très bien chez des personnes qui n’ont pas les moyens de se procurer des menhirs. À l’inverse, « bien des hommes possédant des menhirs sont malheureux, débauchés, ignares et […] personne ne les envie » (p. 187).

Finalement Socrate parvient à faire reconnaître à Seguelus l’absurdité de son comportement.

« SEGUELUS : À force d’inventer des annonces mensongères pour vendre des objets, je finis par ne plus reconnaître ce qui est vrai de ce qui est faux.

SOCRATE : Tu avoues donc que tu t’es habitué à ne plus savoir discerner la vérité de l’erreur, le bien du mal ?

SEGUELUS : Je fais un métier difficile, Socrate. Je dois vanter les qualités d’un objet, aussi inutile soit-il. Je ne réfléchis plus depuis longtemps en termes de vrai ou de bon, mais en termes d’efficacité et de gain. » (Petit traité de vie intérieure, p. 188)

Conclusion sur « Petit traité de vie intérieure » de Frédéric Lenoir :

Un ouvrage inspirant qui nous amène à réfléchir à ce qui constitue nos valeurs essentielles :

L’auteur, Frédéric Lenoir, né en 1962, est philosophe et sociologue. Écrivain, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages de différentes natures qui rencontrent un grand succès en France et à l’international. Il écrit aussi pour le théâtre, des documentaires télévisés et la bande dessinée.

Dans cet ouvrage, il nous amène à réfléchir à nous-mêmes dans un passionnant voyage à travers les siècles. En vingt chapitres abordant chacun un thème spécifique, nous cheminons entre les différentes composantes d’une vie intègre et harmonieuse. Nous sommes frappés de voir les similitudes existantes entre des réflexions de penseurs et de courants spirituels de différentes époques.

Dans l’édition de 2014, vingt-cinq pages blanches à la fin de l’ouvrage invitent le lecteur à noter des réflexions sur sa « vie intérieure ».

Ce qu’il faut retenir de « Petit traité de vie intérieure. » de Frédéric Lenoir :

Frédéric Lenoir trace les différentes composantes nécessaires à la recherche d’une vie vertueuse et heureuse. Tout d’abord, il est nécessaire de chercher à se comprendre, à se connaître et à s’aimer soi-même. Des exercices de méditation peuvent nous aider dans ce chemin de la connaissance.

Observons également les relations que nous entretenons avec les autres dans différentes situations. Bien se traiter soi-même et bien traiter les personnes avec lesquelles nous sommes en relation est essentiel à une bonne vie. La véritable amitié désintéressée, qui est aussi contenue dans l’amour, est l’incarnation idéale d’une relation réussie entre deux êtres humains. Cette relation est marquée par le respect, le partage et la non-violence.

En effectuant ces allers-retours entre ce qu’il se passe réellement dans notre vie et nos réflexions, nous pouvons alors apprendre à faire preuve d’un discernement raisonné. Cette attitude sage nous aide à prendre conscience des vertus que nous pouvons appliquer en fonction des situations.

Points forts :

  • Un ouvrage bien écrit à la lecture facile et stimulante ;
  • Des références variées qui constituent des rappels essentiels et viennent enrichir notre culture générale ;
  • Des exemples tirés de la vie personnelle de l’auteur et de ses rencontres avec des penseurs célèbres notamment.

Point faible :

  • La multiplicité des sources citées rend difficile l’approfondissement de chacune mais à vous de chercher à en savoir davantage !

Ma note :

Le petit guide pratique du livre Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir

Quels sont les meilleurs extraits et citations du livre Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir ?

  • « Nous sommes tous capables du pire…, Parce que nous sommes fragiles, blessés, frustrés. Nous avons des attentes auxquelles l’autre ne répond pas : nous allons alors le provoquer jusqu’à ce qu’il réagisse, nous allons lui faire du mal, parce que nous avons mal ».
  • « Nous devons tous chercher la vérité. La vie et trop précieuse pour chercher à nous distraire et à accumuler un trésor périssable. Cherchons plutôt à en comprendre le sens véritable et à enrichir notre âme »

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir

1. Comment le public a accueilli le livre Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir ?

Petit traité de vie intérieure a été très bien accueilli par le public. Plus de 95% des lecteurs le recommandent vivement.

2. Quel fut l’impact du livre Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir ?

Ce petit recueil donne aux lecteurs un temps d’arrêt et de nombreux outils pour les aider sur le lâcher prise. Mais aussi sur l’hygiène de vie qui roule au rythme, souvent des autres et non de notre rythme.

3. À qui s’adresse le livre Petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir ?

Ce livre est ouvert à tout public sans aucune exception.

4. Qu’est-ce que la foi d’après Frédéric Lenoir ?

Frédéric Lenoir définit la foi comme un moyen d’apprendre et de progresser et comme le fait de faire confiance à d’autres personnes.

5. Quel est le secret d’une vie sereine et épanouie ?

S’engager dans sa vie avec intensité et en faisant confiance : voilà le secret d’une vie sereine et épanouie.

Les vertus de Pythagore vs Les causes des mauvaises actions

Vertus de PythagoreCauses des mauvaises actions
La prudence, vertu centraleLa partialité
La tempéranceL’hostilité
Le courageLa stupidité
La justiceLa crainte

Qui est Frédéric Lenoir ?

Frédéric Lenoir : Auteur du livre Petit traité de vie intérieure

Frédéric Lenoir est un écrivain, philosophe et conférencier français né à Madagascar en 1962. Auteur prolifique, il a écrit une cinquantaine de livres, traduits dans une vingtaine de langues et vendus à des millions d’exemplaires. Historien des religions, il est fréquemment invité sur les plateaux de télévision.

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