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Trop intelligent pour être heureux

Trop intelligent pour être heureux Jeanne Siaud-Facchin

Résumé de « Trop intelligent pour être heureux ?  » de Jeanne Siaud-Facchin : ce livre explore les défis des adultes surdoués ou dit « à haut potentiel intellectuel », notamment en matière de relations sociales et de bien-être émotionnel, et propose des stratégies pour les surmonter et vivre une vie épanouissante.

Par Jeanne Siaud-Facchin, 2008, 320 pages.

Chronique et résumé de « Trop intelligent pour être heureux ?  » de Jeanne Siaud-Facchin

Introduction

« Trop intelligent pour être heureux » est en réalité le deuxième ouvrage de Jeanne Siaud-Facchin.

Son premier livre, intitulé « L’Enfant surdoué« portait sur le haut potentiel chez l’enfant. Celui-ci traite du haut potentiel chez l’adulte.

L’auteur nous apprend également que son objectif, avec ce deuxième ouvrage, est finalement de répondre à la question suivante : « peut-on, oui ou non, être un adulte surdoué heureux ?« 

Chapitre 1 – Trop intelligent pour être heureuxÊtre surdoué, qu’est-ce que ça veut dire ?

1.1 – Qui est le surdoué ?

Une intelligence qualitativement différente

Jeanne Siaud-Facchin commence par expliquer ce que c’est qu’être surdoué.

Elle décrit toutes les croyances et idées concernant l’intelligence et ses effets. Puis, elle définit la douance de la manière suivante :

« Être surdoué, c’est d’abord et avant tout une façon d’être intelligent, un mode atypique de fonctionnement intellectuel, une activation des ressources cognitives dont les bases cérébrales diffèrent et dont l’organisation montre des singularités inattendues. Il ne s’agit pas d’être quantitativement plus intelligent, mais de disposer d’une intelligence qualitativement différente.« 

Le paradoxe du surdoué

Jeanne Siaud-Facchin précise qu’il y a, chez le surdoué, un paradoxe qui le fragilise :

  • D’une part, son intelligence extrême et hors-norme,
  • D’autre part, sa vulnérabilité psychique.
Intellectuel et affectif, deux facettes toujours imbriquées chez le surdoué

Selon Jeanne Siaud-Facchin, deux points sont très caractéristiques de la personnalité de l’adulte à haut potentiel.

Ce dernier possède en effet :

  • D’immenses capacités intellectuelles de compréhension, d’analyse, et de mémorisation.  
  • Une forte réceptivité affective : une sensibilité, une émotivité, une perception large et intense de ses cinq sens, une clairvoyance allant jusqu’à envahir amplement le champ de sa pensée.
Être surdoué, ce n’est pas posséder un don particulier ni une surintelligence à envier

En effet, l’auteure souligne que si être surdoué, c’est bien posséder de multiples ressources intellectuelles et affectives, ces dernières ne peuvent devenir une force qu’à condition de les connaître, de les comprendre et de les intégrer.

Sans cela, le surdoué peut, en effet, ressentir un profond mal-être, un « sentiment de manque et d’incomplétude ».

Comment appeler les surdoués ?

Pour l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux », cette question n’est pas anodine.

Elle a, au contraire, toute son importance car les terminologies habituellement employées pour parler des surdoués renvoient toutes une représentation soit partielle, soit erronée, soit insatisfaisante de ce qu’ils sont réellement. Parmi eux, on a « intellectuellement précoce », « surdoué », « haut potentiel » ou « HP », « HQI »…

Et comme aucun de ces termes ne la satisfait, elle explique avoir opté pour un autre nom : celui de zèbre.

1.2 – Les spécificités cérébrales des surdoués

Ce que l’on sait aujourd’hui du cerveau des surdoués

Jeanne Siaud-Facchin explique que les praticiens, psychologues ou psychiatres s’intéressent au haut potentiel depuis quelques années. Mais, selon elle, ce sont surtout les récents progrès et découvertes en neurosciences qui ont permis de démontrer le fonctionnement singulier des surdoués sur le plan affectif et cognitif.

Ceux concernant l’imagerie fonctionnelle (IRM), en particulier, valident aujourd’hui scientifiquement ce que les spécialistes du haut potentiel savaient en réalité depuis longtemps.

L’auteur de « Trop intelligent pour être heureux » nous fait part ici des découvertes scientifiques propres aux personnes à haut potentiel sur le plan cérébral.

Ces caractéristiques spécifiques expliquent désormais les particularités de vivre et de penser des surdoués.

Le cerveau d’un surdoué est constamment en état d’hyperactivité.

L’hyperactivation cérébrale 

Les connexions dans son cerveau se déploient :

  • Extrêmement vite,
  • Simultanément dans toutes les zones du cerveau.

Pour Jeanne Siaud-Facchin, ce « bouillonnement » cérébral permanent « élargit considérablement les capacités de pensée » mais devient « très difficile à canaliser« .

Une vitesse de transmission des informations supérieure à la norme

L’auteure développe plusieurs idées à ce propos :

  • La vitesse de transmission des informations est beaucoup plus élevée chez les surdoués : la moyenne chez les individus est de 2m/s, alors que chez les surdoués, elle serait de 0,05m/s supplémentaire par point de QI en plus.
  • Cette vitesse d’informations fait que, dans le même laps de temps, les données à intégrer et analyser sont bien plus nombreuses et rapides chez le surdoué. Ce flux cérébral ininterrompu va alors entrainer, chez lui, une pensée épuisante et impossible à arrêter.
  • L’imagerie cérébrale permet de visualiser comment se fait le traitement des informations externes et internes à la fois : il s’agit d’un traitement multispatial (l’information circule dans de nombreux réseaux de neurones dans plusieurs parties du cerveau simultanément). La difficulté est alors d’arriver, « dans cette activation cérébrale permanente et accélérée », à identifier l’information principale. Car « quand on tente de saisir une idée, elle est déjà loin et des centaines d’autres ont surgi » indique l’auteure.
Le déficit de l’inhibition latente

L’inhibition latente est un processus neurologique, inconscient, qui hiérarchise et trie les informations/ stimuli reçus par notre cerveau.

En d’autres termes, l’inhibition latente permet au cerveau de sélectionner ce qu’il juge utile et pertinent pour que nous ne nous sentions pas submergé et que nous puissions nous concentrer sur l’essentiel. Pour cela, l’inhibition latente « supprime les bruits, images et sensations de fond ».

Le problème chez les surdoués, c’est que leur cerveau est surchargé d’informations à traiter, et que cette sorte de « tri automatique » ne peut donc pas se faire.

On parle alors de « déficit de l’inhibition latente« .

La conséquence, c’est que les surdoués peuvent avoir du mal à identifier les données à privilégier et à organiser leur pensée. Ce déficit de l’inhibition latente est une difficulté supplémentaire qui vient s’ajouter aux émotions et sensations associées.

Finalement, leur système cérébral est contraint d’intégrer toutes les informations de leur environnement sans effectuer de tri préalable, et donner souvent aux autres l’impression que leur esprit est constamment encombré.

La « dépendance au champ »

Jeanne Siaud-Facchin explique ici que nous fonctionnons tous avec notre propre style cognitif.

Ainsi, pour repérer un élément distinct dans un ensemble complexe, nous pouvons être « indépendant du champ » ou, à l’inverse, « dépendant du champ ».

Une personne qui est :

  • « Indépendante du champ » parvient facilement à isoler un détail et à « estomper » les informations inutiles dans la tâche qui lui est donnée. Elle sait faire « la part des choses », décontextualiser facilement, et mettre de côté la dimension affective.
  • « Dépendante du champ » distingue difficilement « l’élément cible« . Elle doit faire un effort d’attention considérable pour atteindre l’objectif fixé. Vite noyée dans tout ce qui l’entoure, elle n’arrive pas à en extraire l’essentiel.

Les surdoués, bien sûr, sont dépendants du champ.

Perdu dans le foisonnement de sa perception des choses, le surdoué a du mal à différencier les données pour les traiter avec efficacité et rapidité. Cette difficulté est amplifiée par le fait qu’il « ne peut pas fonctionner sans prendre en compte la dimension et la charge émotionnelle présentes » termine l’auteure.

Les performances du surdoué selon le contexte

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » explique ici comment les contextes impactent grandement les performances du surdoué, et particulièrement dans la résolution des problèmes.

Cette différence est particulièrement flagrante dans la façon dont la tâche à résoudre lui est présentée :

  • Dans une tâche fermée – contexte réduit, présentation des données nécessaires uniquement – « le surdoué est rapide, concentré, efficace« .
  • Alors que dans une tâche ouverte – possibilités variées, façons de faire multiples – « le surdoué s’éloigne rapidement de la consigne, les idées s’enchaînent à grande vitesse, des informations surgissent de la mémoire et… le temps passe, le problème n’est pas résolu ou les erreurs sont nombreuses« .

Cela signifie, pour Jeanne Siaud-Facchin, « qu’il est essentiel de réduire les données pour qu’un surdoué soit efficace« . « Le surdoué fonctionne en tout ou rien. Mais, pour lui, le tout, c’est souvent trop », conclut-elle.

1.3 – Les trois particularités des surdoués dans le traitement des tâches et informations

Jeanne Siaud-Facchin commence par indiquer que notre cerveau se divise en deux hémisphères : le cerveau droit et le cerveau gauche. Des compétences distinctes se répartissent dans chacune de ces deux zones cérébrales.

Le mode de fonctionnement chez les individus sera alors différent selon l’hémisphère cérébral qu’ils auront engagé dans leurs tâches.

Chez le surdoué, c’est le cerveau droit qui est privilégié.

« L’hypothèse d’une plus grande implication de l’hémisphère droit dans les processus cognitifs des surdoués a fait l’objet de nombreuses validations scientifiques », affirme Jeanne Siaud-Facchin.

Or, quand le cerveau droit domine, les apprentissages scolaires, les situations qui nécessitent d’être organisées et ordonnées de façon rigoureuse sont plus difficiles.

Voici alors trois particularités qui découlent de la prévalence du cerveau droit chez les surdoués.

La pensée du surdoué se développe de façon arborescente

Quand nous traitons une information, le cerveau dispose de deux options :

  • Le traitement linéaire ou séquentiel => pensée linéaire

Ce mode de traitement « permet de partir d’un point de départ donné et, par enchaînement logique, de parvenir à un résultat justifiable« . En procédant étape par étape, la personne peut expliciter les procédures qu’elle a utilisées. Automatiquement, le cerveau va bloquer toutes autres informations qui pourraient « perturber le fonctionnement rationnel et rassurant de ce cheminement de pensée » (= inhibition des informations non pertinentes).

  • Le traitement simultané => pensée en arborescence

C’est avec ce traitement que fonctionne le cerveau des surdoués.
Un stimulus, une idée, une consigne va faire se déployer, à très grande vitesse, tout un réseau associatif de pensées.

« Chaque idée en génère une autre sans qu’un lien logique sous-tende cette association » précise l’auteure. Plusieurs axes de pensée se développent en même temps. Des idées nouvelles et créatives jaillissent.

Se crée alors une réelle arborescence de la pensée : une pensée en réseau, riche, forte en images, en sensations et en émotions.

Rapidement, l’arborescence se densifie et se complexifie jusqu’à ce qu’il ne devienne plus possible de l’organiser et de la structurer.

La réponse intuitive est courante chez les surdoués

Bien souvent, un enfant surdoué n’aura pas de mal à résoudre un problème mathématique. Mais si vous lui demandez comment il a procédé pour trouver ce résultat, sa réponse a beaucoup de chance d’être la suivante : « Parce que c’est évident. – Mais encore ? – Parce que je le sais, c’est tout. »

L’ennui, c’est que donner une réponse sans explication reste problématique dans la plupart des situations, à l’école, mais aussi tout au long de la vie. Et pour l’auteure du livre « Trop intelligent pour être heureux« , « ce qui est le plus frustrant, c’est que le surdoué est d’une immense bonne foi. Lui non plus ne sait pas comment il le sait ni pourquoi. Cela fonctionne en deçà de son seuil de conscience ».

Les imageries cérébrales permettent de comprendre cette singularité sur un plan neuropsychologique : les surdoués ont en fait des connexions cérébrales ultrarapides et imperceptibles à la conscience qui expliquent leur intuition fulgurante et leur capacité à traiter rapidement les informations.

Le surdoué voit d’abord des images avant de les transformer en mots

Les pensées du surdoué sont visuelles et spatiales mais sont aussi en arborescence.
Leur expression en langage est donc particulièrement difficile. Car :

  • D’une part, les images produisent un halo de sens qui peut être difficile à condenser en mots.
  • D’autre part, parler implique de « faire passer ce foisonnement de pensées dans un goulot d’étranglement ».

Ce double challenge peut causer des problèmes de communication et des difficultés relationnelles. « Quand on n’arrive pas à exprimer précisément et clairement ce que l’on souhaite dire, que l’on s’embrouille et que tout devient confus, on court le risque de ne pas être compris ou compris de travers, ce qui est souvent pire » fait observer Jeanne Siaud-Facchin.

De plus, le surdoué peut avoir du mal à comprendre le sens implicite des mots, car il a tendance à comprendre les choses de manière littérale. Il peut donc avoir besoin d’explications contextuelles pour saisir le sens réel de ce qui lui est dit.

Cette difficulté à décoder les implicites ordinaires peut renforcer son sentiment d’étrangeté et de décalage par rapport aux autres. Et à terme, générer une souffrance émotionnelle et une atteinte à son image de soi :

« Puisque tout le monde semble fonctionner de la même façon et que moi je n’y arrive pas, alors c’est moi qui ne suis pas normal ! Il souffre doublement : de la perception de cette différence qui l’isole des autres et de l’attaque de l’image de soi qui en découle.« 

1.4 – Les singularités affectives dans le cerveau du surdoué

Selon Jeanne Siaud-Facchin, le surdoué se caractérise aussi par des particularités affectives et émotionnelles spécifiques.

Les voici résumées. 

Une hyper-réceptivité émotionnelle et une grande empathie

« Le surdoué pense d’abord avec son cœur, bien avant de penser avec sa tête » déclare l’auteure.

Véritable éponge, le surdoué possède une sensibilité exacerbée aux émotions ambiantes, y compris celle des autres. Il est donc très empathique.

Pour mieux comprendre, cette hyper-réceptivité émotionnelle, l’auteure revient sur la sensibilité particulière de l’amygdale (zone de perception des stimuli extérieurs) chez les surdoués. Elle explique que celle-ci empêche le cortex préfontal (siège des fonctions exécutives, des décisions « raisonnables » et de l’analyse) de fonctionner. Le cerveau est alors submergé et le surdoué est emporté par ses émotions.

L’hyperesthésie 

Le surdoué perçoit tout intensivement. Tous ses sens sont constamment en éveil. Cette capacité sensorielle accrue, très supérieure à la moyenne, explique son extrême réactivité émotionnelle (hyperstimulabilité).

La violence des réactions émotionnelles

« Les surdoués connaissent des crises émotionnelles explosives » observe l’auteure.

En fait, un surdoué réagit très fort à des petites choses. Sur un plan neuropsychologique, cette hyper-réactibilité émotionnelle s’explique par sa faible capacité à réguler les émotions. Là aussi, tout se joue au niveau du cortex préfrontal quand il fait face à la déferlante émotionnelle.

Selon l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux », ces crises parfois très violentes que vit le surdoué lui servent d’exutoire. L’auteure explique que le surdoué, très vite touché et blessé, se contient beaucoup.

« Une remarque anodine, un mot rapidement employé, une phrase négligemment formulée, vont déclencher des bouffées d’émotion que le surdoué, dans un premier temps, essaie de canaliser, d’intellectualiser, de minimiser. Il tente de faire baisser la charge malgré les larmes qui montent, la colère qui gronde. Mais, si la situation de pression émotionnelle se prolonge, alors toutes les digues craquent et l’intensité émotionnelle emporte tout. À l’image d’un tsunami dévastateur. La violence de la réaction n’est plus du tout en rapport avec la situation initiale, parfois banale.« 

La synesthésie

On parle de synesthésie quand se croisent plusieurs sens involontairement et simultanément.

L’origine de ce phénomène est un excès de substance blanche dans le cerveau. Cette substance blanche permet la connexion entre les différentes zones du cortex et le transfert d’informations. Il se trouve qu’on retrouve une prolifération de substance blanche dans le cerveau des surdoués.

Cette synesthésie contribue à la réceptivité sensorielle hors du commun des surdoués et à l’intensité de la perception émotionnelle.

À la fin du chapitre, Jeanne Siaud Facchin rappelle plusieurs points fondamentaux. Retenons que :

  • « Être surdoué, ce n’est pas être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec une intelligence différente« .
  • Les caractéristiques cognitives et affectives du surdoué sont validées par les connaissances scientifiques actuelles et en particulier par les neurosciences. Il ne s’agit ni de croyance, ni de mythe, ni de fantasme mais d’une réalité objectivable.
  • L’intelligence excessive est anxiogène. Elle génère « une sensibilité, une lucidité, une façon d’être au monde qui marquent l’ensemble de la personnalité« .

Jeanne Siaud Facchin conclut le premier chapitre de son livre « Trop intelligent pour être heureux » en décrivant toutes les idées reçues véhiculées sur les surdoués.

Chapitre 2 – Trop intelligent pour être heureux : Pourquoi est-il essentiel de s’intéresser à l’adulte surdoué ?

Dans le deuxième chapitre de son livre « Trop intelligent pour être heureux« , Jeanne Siaud Facchin souligne combien il est important de comprendre la douance.

trop intelligent adulte surdoué

2.1 – La nécessité de se comprendre soi-même

L’auteure commence par expliquer que, pour se construire, le surdoué a besoin, comme tout le monde, de comprendre qui il est, comment il fonctionne, ses forces et ses limites, ou encore pourquoi on l’aime et pourquoi il est rejeté.

Selon elle :

« Savoir qui on est un préalable incontournable pour comprendre ce que l’on devient. C’est la base de la construction de soi. Être un adulte surdoué, c’est vivre avec une personnalité construite sur des formes atypiques de fonctionnement intellectuel et affectif. Les connaître, c’est avoir la possibilité de vivre […] en toute conscience de soi. L’adulte surdoué a d’abord été un enfant surdoué ; le savoir, c’est lui donner toutes les possibilités de grandir au plus près de lui-même. L’enfant surdoué deviendra… un adulte surdoué.« 

2.2 – La nécessité d’être compris dans sa singularité

Pour Jeanne Siaud-Facchin, les adultes surdoués sont des personnes singulières, qui se sentent étrangères et même « fous » souvent parmi les autres.

Leur souhait le plus intime serait d’être acceptés par ce monde qu’ils ou elles « comprennent trop, tout en n’y comprenant rien« .

L’auteure insiste donc sur le besoin des surdoués d’être compris, tels qu’ils/elles sont vraiment. Être simplement compris dans leur singularité.

Enfin, pour Jeanne Siaud-Facchin :

« L’intelligence excessive est un double mal : elle fait souffrir et personne ne songe à plaindre celui qui en souffre. Au contraire, elle peut susciter jalousie et agressivité et amplifier ainsi la souffrance. On ne dira jamais de quelqu’un : « Il est sympa, mais le pauvre, il est trop intelligent !«  »

2.3 – Ce que n’est pas un surdoué

En faisant le portrait-robot de celui qu’elle nomme le BB, Brillant Bosseur, l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » nous montre ce que nous pourrions prendre pour un surdoué mais qui ne l’est pourtant pas.

Dès lors, Jeanne Siaud-Facchin décrit ce BB, Brillant Bosseur, comme doté d’une grande intelligence, mais d’une intelligence :

  • « Adaptative », c’est-à-dire qu’il saura en faire une force de réussite exemplaire, avec des facilités de réussite scolairement, professionnellement et humainement (au sens classique du terme).
  • « Semblable à celle de tous« . 
  • « Quantitativement supérieure mais qualitativement identique« .

Le profil ainsi décrit du BB se distingue du surdoué parce que :

  • Si l’intelligence du surdoué est riche et puissante, elle s’appuie sur des bases cognitives différentes.
  • Le BB utilise son potentiel sous des formes adaptées pour la société. « À côté, la nature plus échevelée, désordonnée, brouillonne, intense, tumultueuse de l’intelligence du surdoué rend son « formatage » plus difficile. Pour lui, le combat, c’est lui-même d’abord. C’est parvenir à apprivoiser, dompter, canaliser sa pensée et sa compréhension tentaculaire du monde en un courant linéaire et concentré. Tout en apaisant les aspérités les plus sensibles et douloureuses de sa sensibilité ».

2.4 – Que deviennent les enfants surdoués ?

Jeanne Siaud-Facchin insiste d’abord sur un point important : « il n’y a pas de voie tracée, identique pour tous« .

Voici ensuite 4 idées cruciales que partage l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » pour terminer ce chapitre sur le devenir des enfants surdoués.

Un diagnostic précoce aide le surdoué à mieux grandir

L’auteure fait le constat suivant :

« Il existe une grande différence sur le « devenir » de l’enfant surdoué, selon qu’il a été ou non diagnostiqué enfant et l’âge auquel ce diagnostic a été pratiqué. […] Lorsque le diagnostic a été posé tôt dans la vie de l’enfant et qu’il a grandi dans un environnement bienveillant et protecteur, il a de meilleures chances d’être épanoui et satisfait de sa vie à l’âge adulte.« 

Pour l’enfant surdoué, le fait de « savoir » lui apportera une meilleure visibilité sur lui et sur le monde

« Être surdoué ! C’est une façon d’être au monde, de comprendre, de penser, de raisonner, de ressentir, qui s’organise de façon différente et qui, si elle comporte de réelles possibilités et des ressources considérables, a besoin d’être accompagnée avec douceur et fermeté bienveillante. C’est une force fragile qui peut briller et vous éblouir, mais se casser à la moindre secousse.« 

Selon Jeanne Siaud-Facchin, « cacher un diagnostic, c’est empêcher l’enfant de se connaître tel qu’il est vraiment. C’est le faire grandir en l’amputant d’une part de lui-même« .

L’enfant peut alors vivre difficilement certaines situations ou certaines relations avec les autres sans comprendre pourquoi, Il peut se sentir différent, peiner à s’intégrer au groupe ou se sentir rejeté, et ainsi souffrir « sans avoir les clefs qui lui en expliqueraient les raisons ».

« Sa sensibilité, sa perception amplifiée du monde, son émotivité débordante seront vécues par lui comme des défauts qu’il faut réprimer. Il ne saura jamais qu’il est un enfant dont la personnalité s’articule autour de singularités intellectuelles et affectives qui en font à la fois un enfant d’une grande richesse et un enfant distinct.« 

À l’inverse, « savoir » pour le petit surdoué, « c’est comprendre que sa différence s’explique, qu’elle a un nom, qu’on peut en parler et l’expliciter. Et ça change tout ! » relève l’auteure.

Nous devons être vigilant dans la façon de parler à l’enfant de sa douance

Jeanne Siaud-Facchin nous invite à être quand même très vigilant sur la façon de parler à l’enfant de sa douance. Lorsque le dépistage est déformé, ignoré, caché, ou que le seul retour qu’il en a est qu’avec un QI élevé, il a alors tout pour réussir, les effets peuvent être très pathogènes. L’enfant peut développer une mauvaise image de lui ou même des troubles psychologiques. L’auteure le résume ici :

« C’est le lit d’une culpabilité infinie : pour l’enfant se joue un véritable drame intérieur. Même s’il n’en exprime rien. Et un drame qu’il transportera toute sa vie : si on me dit que je dois réussir, si je ne réussis pas, c’est que je suis vraiment un bon à rien, un nul, un incapable.« 

Il n’y a pas de lien de cause à effet entre la douance et l’avenir de l’enfant

Pour l’auteure, l’enfant surdoué est un « enfant atypique » qui deviendra un « adulte singulier« .

Mais attention :

« L’enfant surdoué peut devenir un adulte au talent remarquable. Ou non. Il n’y a pas de lien de cause à effet obligatoire, ni dans un sens ni dans l’autre. Chacun son chemin. Ce qui compte est qu’existe un chemin.« 

Chapitre 3 – Trop intelligent pour être heureuxDe l’enfance à l’âge adulte : la difficile construction de soi

Dans ce troisième chapitre de « Trop intelligent pour être heureux », Jeanne Siaud-Facchin examine la façon dont le surdoué va traverser toutes les étapes de sa vie

enfant surdoué adulte

3.1 – L’enfance

Les principaux défis des enfants surdoués

Jeanne Siaud-Facchin décrit ici les difficultés auxquelles les surdoués sont fréquemment confrontés pendant leur enfance, à savoir :

  • Comprendre et se faire comprendre,
  • Communiquer avec des personnes qui ne traitent pas l’information de la même manière,
  • Se sentir rejeté par les autres,
  • Ressentir des émotions intenses, y compris les émotions des autres,
  • Se sentir seul.

Et continuellement, « un vécu douloureux de décalage permanent et d’incompréhension réciproque« .

Jeanne Siaud-Facchin expose ensuite en détail comment se déroulent généralement les étapes du développement chez l’enfant surdoué.

Dans les premières années de vie

Le petit surdoué est un bébé scrutateur, curieux, qui parle tôt couramment (pas de passage par le langage « bébé », rapide acquisition du « je », syntaxe correcte, vocabulaire riche, élaboré). Il lit très tôt, questionne sans arrêt, sur tout, tout petit déjà et apprend spontanément. Il a constamment besoin d’être rassuré.

À l’école
  • L’élève surdoué a du mal à comprendre les règles implicites, ou les interprète différemment. De lourdes conséquences sur son parcours scolaire peuvent en découler.
  • Le mode de fonctionnement du surdoué suscite de l’incompréhension réciproque entre les enseignants et l’enfant surdoué : les enseignants peuvent le percevoir comme insolent, provocant, voire rebelle et résistant à la tâche scolaire, tandis que l’élève ne comprend pas les causes de ses difficultés et se sent injustement attaqué. Les reproches reçus blessent l’image qu’il a de lui-même et abîment la confiance qu’il peut témoigner aux adultes.
  • Le surdoué a besoin de précision. Il peut faire quelque chose de différent de ce qui lui a été demandé parce qu’il a compris différemment.
  • Les déceptions à l’école, comme ne pas apprendre autant que prévu et ne pas être considéré ou valorisé pour ce qu’il sait, peuvent également causer des problèmes d’estime de soi et de confiance en soi.
  • À cause du décalage qu’il vit et de son fonctionnement intellectuel atypique, l’enfant surdoué est convaincu d’être nul et incapable. En effet, ne pas arriver à justifier une réponse, à argumenter, à développer un raisonnement, à structurer ses idées, même s’il sait, correspond mal aux exigences scolaires. « Le découragement recouvre petit à petit la bonne volonté initiale » note l’auteure.
  • L’enfant surdoué connait souvent des troubles d’apprentissage : près d’un quart des enfants surdoués sont dyspraxiques ou dyslexiques, 10 % ont un trouble de l’attention. L’enfant compense ses difficultés avec son intelligence.
  • L’ennui chez les enfants surdoués peut naître du décalage entre leur rythme d’apprentissage rapide et celui des autres élèves. Le temps à l’école consacré à la répétition pour s’assurer que tous ont assimilé, peut devenir pour eux un « temps libre » pour penser et une source d’inquiétude pour ces enfants. Cela peut les amener à ne pas aimer l’école.
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La difficile rencontre avec les autres

Jeanne Siaud-Facchin décrit comment les enfants surdoués peuvent avoir du mal à trouver des repères identificatoires chez leurs pairs. Ils se sentent à la fois semblables et différents des autres.

Cet isolement peut causer des blessures, du rejet, de l’exclusion ou des railleries.

De plus, certains enfants surdoués peuvent ressentir un besoin de diriger les autres. Non pas parce qu’ils se croient supérieurs, mais parce qu’ils ont la conviction que c’est ainsi que les choses devraient être pour le bien des autres.

L’émotion débordante

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » explique que l’émotivité intense chez les enfants surdoués peut les rendre très sensibles à leur environnement et les faire réagir de manière excessive ou inadaptée aux émotions des autres.

De plus, leur sens aigu de la justice peut les amener à prendre des positions fermes, à intervenir de manière impulsive et entrer en conflit avec les enseignants.

À la maison

L’enfant surdoué pousse à bout et demande beaucoup d’énergie à ses parents, parce qu’il :

  • « Sollicite, intervient, discute, argumente, ne se contente jamais d’explications simples, veut savoir pourquoi et encore pourquoi, remet en question toutes les consignes ».
  • Teste toujours les limites.
  • Est hyper-réceptif émotionnellement, et cela est difficile à vivre et à gérer pour tout son entourage.

3.2 – L’adolescence

L’adolescence du surdoué : de l’illusion à la trahison

L’adolescence est une période difficile pour tous les enfants, mais pour les surdoués, cette période peut être encore plus compliquée.

L’adolescent a besoin d’être comme les autres pour se sentir exister et accepté. Le jeune surdoué ne veut donc plus de sa différence.

L’impossible certitude

La pensée des surdoués est continuelle, aux associations multiples. Ce mode de fonctionnement les amène à se poser des questions et à chercher des hypothèses sans cesse sur tout. Ils doutent. Toutes les possibilités existantes peuvent alors causer de l’anxiété et rendre la prise de décision difficile.

La conscience collective

La plupart des adolescents surdoués ont une conscience collective très développée. Ils ne supportent pas les injustices du monde et les incohérences. Cependant, ils se sentent impuissants à changer le monde, ce qui rend difficile leur sérénité intérieure. Très sensibles aux critiques, ils ne parviennent souvent pas à mettre la distance nécessaire entre eux et les autres. 

Une lucidité impitoyable sur soi

Les surdoués ont une lucidité exacerbée sur le monde et sur les autres, mais aussi sur eux-mêmes. Ils s’auto-analysent avec un regard sans concession, perçoivent chacune de leurs failles, de leurs limites, de leur plus petit défaut et ont souvent du mal à s’aimer. Cette lucidité peut également entraver leur projection dans l’adulte qu’ils pourraient devenir.

La troisième dimension

« Les surdoués vivent chaque situation en trois dimensions. Ils vivent la situation et en même temps la mettent en perspective. Ils se sentent à la fois acteurs et spectateurs » nous dit l’auteure.

L’adulte surdoué anticipe ce qui va se passer, ce que l’autre va répondre ou ses émotions.

La survenue de la puberté et la défense contre la charge émotionnelle

Lorsque la puberté arrive, les jeunes surdoués peuvent couper tout contact avec la sphère émotionnelle, ce qui peut entraîner une inhibition totale de leurs émotions ou des dérives graves comme les addictions et les troubles du comportement.

La peur d’être amoureux

L’adolescent surdoué a peur de ce « débordement émotionnel ». Il craint de dévoiler sa vulnérabilité et sa sensibilité, et donc de souffrir. Il recourt souvent à l’humour comme mode d’entrée dans la communication et comme mécanisme protecteur.

L’identification aux pairs

Selon Jeanne Siaud-Facchin, l’identification aux autres est difficile pour l’adolescent surdoué car le sentiment de différence qu’il ressent s’intensifie durant cette période où être un groupe et appartenir à un groupe est la règle.

L’adolescent surdoué ne s’intéresse pas aux sujets qui animent les autres adolescents. Il doit alors faire un effort considérable pour s’adapter et peut se sentir très seul.

Une colère démesurée

Chez l’adolescent surdoué, la colère est souvent l’émotion dominante.

Les formes pathologiques spécifiques de l’adolescent surdoué

« Quand l’adolescent surdoué va mal, les formes pathologiques vont emprunter les mêmes voies que toute pathologie adolescente, mais avec des singularités qu’il faut connaître afin d’adapter la prise en charge. »

L’adolescent surdoué peut alors faire face à :

  • Des troubles liés à l’estime de soi : son mode singulier de pensée n’étant généralement pas reconnu, l’adolescent surdoué peut également se mettre à douter de sa valeur intellectuelle. L’inhibition intellectuelle permet également à l’adolescent de revêtir un masque de pseudo-débilité qui l’aide à passer inaperçu.
  • Des formes de dépression : qualifiées de « dépressions sur du vide », elles sont des mécanismes de défense contre leurs pensées qui ne s’arrêtent jamais.
  • La phobie scolaire : fréquente chez les adolescents surdoués.
Prendre en charge l’adolescent surdoué

Jeanne Siaud-Facchin souligne ici l’importance d’adapter les modalités thérapeutiques aux particularités de fonctionnement de l’adolescent surdoué pour le prendre en charge efficacement.

Il est crucial que le thérapeute reconnaisse l’adolescent surdoué pour ce qu’il est, en tenant compte de sa dimension cognitive et en évitant de le confiner dans un cadre thérapeutique rigide et uniforme.

Enfin, elle prévient : l’adolescent surdoué est « un manipulateur averti » !

Jeanne Siaud-Facchin prend l’exemple de ses rencontres avec des jeunes surdoués pour illustrer comment ils ont un besoin irrépressible d’analyser et de comprendre les personnes qui les entourent.

Ainsi, « c’est d’abord lui qui teste le psy, qui évalue ses capacités à le comprendre et à l’aider ».

Il est primordial, pour les parents et les enseignants, d’être conscients de ces perturbations et de les gérer adéquatement.

3.3 – La vie d’adulte

En grandissant, les enfants surdoués comprennent qu’ils ressentiront davantage la solitude une fois adultes.

Cela les effraie car ils doutent de leur capacité à affronter la complexité de la vie. Ils se demandent s’ils pourront se contenter d’un bonheur ordinaire et réaliser leurs rêves. Leur peur est d’autant plus grande qu’ils ont besoin de l’affectif pour se sentir épanouis.

Leur difficulté ne réside pas directement dans leur différence, mais dans leur sentiment de différence.

Chapitre 4 – Se découvrir surdoué

découvrir haut potentiel intellectuel

Ce chapitre du livre « Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin explique que, pour un surdoué, se considérer comme tel – comme « surdoué » – revient à avoir une perception de soi exagérée, et du coup, contraire à l’image qu’il a de lui-même.

En somme, c’est justement son intelligence qui va susciter le doute sur sa propre intelligence. Le vrai surdoué n’imagine donc pas un seul instant que cela le concerne.

« Pour se penser surdoué à l’âge adulte, il faut en avoir saisi toutes les dimensions, toutes les nuances. Il faut avoir compris qu’il s’agit moins d’un haut niveau intellectuel que d’une intelligence aux composantes singulières qui modifie la façon de percevoir, comprendre et analyser le monde. Il faut avoir intégré que la dimension affective est une composante essentielle de la personnalité du surdoué. Être surdoué est peut-être finalement, d’abord penser avec son cœur, bien avant de penser avec sa tête. Être surdoué, c’est une personnalité toujours marquée par ce double sceau : une intelligence puissante au fonctionnement qualitativement différent, une sensibilité intense qui imprègne chaque moment de vie.« 

4.1 – Comment peut-on se découvrir surdoué ?

Selon l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux », il y a globalement trois façons d’apprendre sa douance.

  • Via ses propres enfants => C’est probablement la manière la plus fréquente de prendre conscience de son haut potentiel. Dans ce cas, souvent, le parent commence à s’interroger :
    • En observant son enfant qui vit des événements et des difficultés qui lui rappellent son propre vécu.
    • En prenant connaissance du fonctionnement de son enfant lors du bilan psychologique de l’enfant qui lui rappelle le sien de façon troublante.
  • Via le haut potentiel des autres => à ce moment-là, c’est l’effet miroir qui fonctionne.
  • Par soi-même => Plus rarement car : « se penser intelligent ou, plutôt, différemment intelligent est rarement le fait de ceux dont l’intelligence culmine » affirme l’auteure. Les individus surdoués font preuve d’humilité, de doute et de remise en question de soi. Ce n’est qu’à travers des rencontres, des informations fortuites et des lectures opportunes que les premiers signes de compréhension commencent à se manifester discrètement.

4.2 – Comment savoir que l’on est surdoué ?

Qu’est-ce qu’un bilan ?

Un bilan est un ensemble de tests visant à comprendre globalement une personne.

« Une évaluation de l’intelligence ne prend son sens que resituée dans le contexte d’une approche globale de la personnalité. Pratiquée seule, une échelle d’intelligence n’exprime qu’une facette de la personnalité dont l’interprétation des résultats peut être compromise et erronée.« 

Les deux parties indissociables du bilan

Pour être complet et fiable, le bilan doit comporter deux parties :

  • L’évaluation intellectuelle pour mesurer l’intelligence et les ressources cognitives,
  • L’exploration de la personnalité pour évaluer l’équilibre psychologique.

L’un ne peut jamais aller sans l’autre et ne peut être compris sans l’éclairage de l’autre.

Au-delà des scores, ce qui est analysé dans une échelle d’intelligence, ce sont les procédures, les stratégies, la nature du raisonnement qui sous-tendent le fonctionnement intellectuel.

En fait, on s’intéresse davantage au comment qu’au combien. Les processus de pensée s’éclairent à la double source de l’intelligence et de l’affectif.

Le bilan ne peut qu’être réalisé par un psychologue expérimenté
  • Seul ce psychologue peut, en fonction de la démarche diagnostique envisagée, déterminer la nature des tests à réaliser.
  • Seul le diagnostic du psychologue a une valeur clinique.
  • Le psychologue doit toujours procéder à un compte rendu détaillé oral et écrit du bilan pratiqué.
  • Toute pratique qui consiste à obtenir un QI sur un document écrit sans autre explication n’est que « pure fantaisie » ou celle « d’un psychologue incompétent et aux pratiques déontologiquement incorrectes ».
La WAIS et les tests de personnalité

Les tests les plus couramment utilisés dans le monde sont :

  • La WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale) pour l’intelligence et le fonctionnement intellectuel au sens large.
  • Les tests projectifs tels que le Rorschach (tests des taches d’encre) et le test Z de Zulliger pour la personnalité.

Quelques informations sur la WAIS, le test de QI des psychologues :

  • Le QI (quotient intellectuel) n’est pas un score absolu, mais relatif. « Il ne s’agit pas d’une mesure de l’intelligence, mais de son expression » précise l’auteure. Il compare la performance du sujet à une population de référence du même âge.
  • La WAIS comporte onze épreuves (et trois optionnelles). Chaque épreuve explore une dimension intellectuelle. Les épreuves sont regroupées en deux catégories :
  • L’échelle verbale : ces épreuves sont liées aux connaissances, à la mémoire et aux compétences mathématiques. Elle représente d’une certaine façon, le bagage intellectuel dont on dispose, fruit de la culture, de l’apprentissage et de l’expérience. C’est ce que les psychologues appellent « l’intelligence cristallisée ».
  • L’échelle de performance : ces épreuves de performance évaluent la capacité du sujet à utiliser de nouvelles stratégies cognitives dans l’instant présent. Cette échelle reflète l’intelligence fluide et indépendante de l’apprentissage préalable.

4.3 – Comprendre et analyser les résultats

Analyser les résultats d’un test de QI

Jeanne Siaud-Facchin décrit comment analyser les résultats d’un test de quotient intellectuel pour dresser un profil intellectuel précis.

Elle explique que :

  • Les scores de QI se répartissent autour du QI moyen établi à 100 (la fameuse courbe en cloche de Gauss construite sur des statistiques de la population mondiale) avec un écart-type de 15.
  • Tous les indices doivent être étudiés et compris dans leurs combinaisons.
  • Le QI total reflète l’intelligence générale.
  • Deux autres mesures de QI affinent son interprétation : le QI verbal et le QI performance (ils sont les expressions des deux catégories d’épreuves proposées, l’échelle verbale et l’échelle performance).
  • Quatre autres indices seront calculés par combinaison des scores obtenus dans les différentes épreuves : compréhension verbale, organisation perceptive, mémoire de travail et vitesse de traitement.
Poser le diagnostic de surdoué
  • Un bilan est une démarche dynamique qui s’ajuste à chacun.
  • Un diagnostic de surdoué peut s’envisager à partir d’un score de QI total de 130.
  • Mais attention, un chiffre de QI n’est pas un diagnostic de surdoué. C’est un indice qui oriente le diagnostic.
  • Le diagnostic nécessite une approche globale prenant en compte d’autres facteurs. « On ne doit jamais se limiter à un seul test et encore moins au simple score de QI » informe l’auteure.
  • Le diagnostic est donc la synthèse de l’expertise du clinicien, fruit de son professionnalisme et de son expérience, dans la rencontre avec son patient.
  • Quand les scores sont homogènes à l’intérieur des catégories du test de QI : la visibilité est suffisamment bonne pour garantir un minimum d’erreurs d’interprétation.
  • Quand les scores sont hétérogènes entre les deux échelles et pas aussi significatifs, la démarche diagnostique globale a toute son importance. Il est aussi indispensable de tenir compte de certains facteurs détracteurs, d’autant plus fréquents chez les surdoués, comme l’anxiété, les états psychologiques perturbés (la dépression, par exemple), des séquelles de troubles anciens (les dyslexie, dyspraxie, problème attentionnel…).
  • On peut aussi parler d’intelligence élevée, sans diagnostic de surdoué, même si les scores aux échelles d’intelligence sont très supérieurs.

4.4 – Les tests de QI et le bilan

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » développe ensuite plusieurs points ici résumés.  

Les tests de QI sur internet ne sont pas fiables

Ceux-ci ont une vocation ludique et grand public. Les résultats ne doivent jamais être confondus avec un diagnostic. Ils ne font l’objet d’aucune validation scientifique ni d’étalonnages contrôlés.

Un QI élevé à la WAIS signifie un résultat élevé dans d’autres tests d’intelligence

La critique principale des tests d’intelligence traditionnels est qu’ils ne mesurent qu’une partie de l’intelligence, notamment l’intelligence académique, verbale, logico-mathématique et visuospatiale.

« C’est vrai » écrit Jeanne Siaud-Facchin. « Mais il faut comprendre que quand on a un QI élevé à la WAIS, cela signifie que l’on obtiendrait un résultat élevé dans d’autres tests d’intelligence« , assure l’auteure.

Les tests de QI se déclinent en trois formes d’échelles

Ce sont les psychologues français Binet et Simon qui ont créé les premiers tests d’intelligence standardisés, en 1905, à la demande de l’Éducation nationale qui souhaitait pouvoir évaluer le retard mental chez les élèves.

Daniel Wechsler, un psychologue américain adapte ce test pour les adultes en 1939. Il crée ainsi la première échelle d’intelligence de Wechsler.

Il existe aujourd’hui trois formes d’échelles :

  • La WPPSI pour les enfants avant 6 ans,
  • Le WISC pour les enfants scolarisés,
  • La WAIS pour les adultes.

Ce sont ces tests qui font référence dans les diagnostics psychologiques et qui permettent d’obtenir un QI validé.

Faire un bilan à l’âge adulte est une démarche courageuse et difficile

Faire un bilan à l’âge adulte n’est pas une démarche « qui va de soi ». C’est une démarche courageuse et difficile, car cela implique de se livrer et de s’exposer au regard d’autrui.

C’est aussi une « vraie rencontre avec soi« . On prend le risque d’obtenir des réponses aux questions que l’on se pose sur soi depuis longtemps.

Jeanne Siaud-Facchin détaille ici les étapes de la démarche :

  • Depuis le premier contact avec un psychologue, accompagné d’angoisses, d’hésitations, de doutes, de la peur de passer pour un prétentieux ou un inadapté,
  • Au passage des tests, avec la peur de se confronter à soi et au regard de l’autre sur soi.
Le soulagement mais la difficulté à accepter cette nouvelle version de lui-même

Le diagnostic du surdoué peut apporter un véritable soulagement.

En effet, ce nouvel éclairage permet de :

  • Comprendre enfin qui l’on est vraiment après de longues années d’errance.
  • S’autoriser à être ce que l’on est, d’envisager une vie qui nous ressemble. Et donc de ne plus avoir à maintenir ce faux-self épuisant, qui désigne, en psychologie, la personnalité d’apparat déformée que certaines personnes adoptent pour se conformer aux attentes des autres et ainsi être aimé.

Cependant, souvent le mode de pensée du surdoué reprend le dessus : le surdoué va se défendre, intellectualiser et nier les résultats du diagnostic.

Le diagnostic est libératoire mais l’euphorie est éphémère

Le diagnostic donne du sens à des comportements, à des événements de sa vie inexpliqués et incompréhensibles, pour tous, comme pour soi. Connaître enfin la vérité sur ce que nous sommes nous libère.

On a l’impression de redevenir « maitre du jeu« . Toutefois,  cette euphorie est éphémère, très vite assombrie par le doute sur soi. On peut ressentir également une certaine amertume, « l’impression de ne pas avoir complètement choisi sa vie ».

Vient alors la colère.

« Colère contre ses parents, contre la vie, contre les autres. Colère de ne pas avoir été compris. De n’avoir pas su se comprendre soi-même. Et parfois d’avoir fait des choix obligés ou peu adaptés. D’avoir pris des chemins dans lesquels on s’est un peu ou beaucoup perdu. Où l’on est mal.« 

Et enfin « la peur de décevoir encore, maintenant que l’on sait ».

4.5 – Les conseils de Jeanne Siaud-Facchin concernant la découverte de son haut potentiel intellectuel

Dans cette partie de « Trop intelligent pour être heureux« , l’auteure met en garde le surdoué contre la pression sociale qui peut l’amener à vouloir se conformer aux représentations qui dominent dans la société sur ce que serait une grande intelligence.

Comme si cette grande intelligence supposait l’obligation d’un grand destin, l’adulte qui vient de découvrir son haut potentiel intellectuel peut penser qu’il doit forcément remettre en question sa vie actuelle pour se montrer à la hauteur de ce diagnostic ou comme pour vite rattraper ce qu’il aurait raté : repenser son métier, ses choix professionnels, remettre en question son couple…

L’auteure souligne qu’il n’est pas du tout nécessaire pour le surdoué de tout changer. Car si un bilan peut aider à changer la perception de soi, il ne le transforme pas. Et il ne transforme pas nécessairement la réalité de sa vie.

Le véritable enjeu est une réconciliation intime avec soi-même, avec la vie et avec les autres.

Il est donc possible de ré-envisager ce que l’on vit pour être enfin soi-même, d’apporter des ajustements internes mais pas nécessairement de tout reprendre à zéro ou d’engager des bouleversements de vie majeurs.

Se faire accompagner

Pour Jeanne Siaud-Facchin, un bilan doit être suivi d’un accompagnement thérapeutique pour trouver des réponses à toutes les interrogations profondes que le diagnostic a générées sur soi, sur sa vie, sur les autres.

La prise en charge aura alors pour objectif de « retrouver le chemin vers soi« , de « revisiter son histoire à la lumière de ce nouvel éclairage« .

Diagnostic et accompagnement permet au surdoué de voir les choses d’une autre façon. Il les comprend différemment et parcourt autrement l’histoire de sa vie.

Ainsi, une nouvelle image de lui va émerger. Celle-ci va :

  • Réorienter les questions qu’il se pose sur sa vie, sur ses choix.
  • Braquer le projecteur dans des directions nouvelles.
  • Décider en pleine lumière de la vie qui lui convient et dans laquelle il se sent bien.
  • Confirmer des choix. Décider, cette fois-ci, en pleine conscience, que cela lui convient.
Dire ou ne pas dire

L’auteure rappelle toutes les questions, risques et difficultés sous-entendues derrière la question que nous nous posons forcément  de parler ou pas de ce diagnostic. Puis, elle partage son avis :

« Je serai franche. C’est difficile à faire passer. Peu sont capables d’intégrer toutes les dimensions que comporte ce diagnostic. Peu parviendront à  en intégrer toutes les nuances. Alors, oui, vous pouvez en parler. Mais seulement à ceux qui sauront vous entendre.« 

Éprouver le besoin d’en parler à ses parents

Même adulte, le surdoué ressent souvent le besoin de parler de la découverte de son haut potentiel intellectuel à ses parents.

C’est d’autant plus vrai quand les relations familiales ont été difficiles et si nos singularités n’ont jamais été comprises.

On cherche ainsi à se révéler et à apaiser d’anciennes blessures en prouvant à nos parents que nous sommes dignes de leur amour. Se réconcilier avec notre enfance peut nous aider à vivre pleinement notre chemin d’adulte.

Changer de regard sur soi change le regard des autres

Quand on commence à changer notre regard sur nous-même, les autres le perçoivent et réagissent en conséquence. Cela entraîne une nouvelle spirale d’estime de soi et d’interactions avec les autres.

Cette situation aide profondément les surdoués à réaménager leur monde intérieur et à « conquérir de nouveaux territoires extérieurs ».

Travailler en groupe, avec d’autres adultes surdoués

Pour Jeanne Siaud-Facchin, le travail en groupe, qui prend en compte la spécificité du fonctionnement des adultes surdoués en quête d’eux-mêmes, peut être un puissant catalyseur pour restaurer leur estime de soi.

Elle souligne alors l’importance de créer, au sein du groupe :

  • Un équilibre entre la similitude et la différence.
  • Une dynamique créative où chaque individu se sent impliqué et concerné, tout en se sentant respecté et compris pour ce qu’il est vraiment.

4.6 – Est-ce vraiment important de savoir ? À quoi ça sert ?

À cette question, l’auteure répond oui pour de multiples raisons. Voici un extrait de sa réponse :

« Oui, c’est essentiel de prendre conscience de ce que l’on est, mais aussi de ce que l’on peut être, en accord avec soi. Être surdoué est une immense force, une richesse inouïe, mais si, et seulement si, on en connaît bien les différentes facettes, les pièges, mais aussi les ressources infinies. […] Oui, être surdoué comporte des organisateurs spécifiques de personnalité que l’on ne doit pas subir passivement, voire douloureusement, mais que l’on doit se réapproprier pour devenir notre propre guide, éclairé, sur les chemins de la vie.« 

Chapitre 5 – Trop intelligent pour être heureuxUne personnalité aux facettes inattendues

intelligence multiple trop intelligent

Si les personnes surdouées possèdent toutes une personnalité unique, une vie et un parcours qui lui est propre, elles ont toutefois quelques caractéristiques communes.

En s’appuyant sur ces traits communs, Jeanne Siaud-Facchin dégage, dans le cinquième chapitre du livre « Trop intelligent pour être heureux« , des typologies générales pour décrire les stratégies mises en place par les surdoués au quotidien.

5.1 – Trois groupes d’adultes surdoués diagnostiqués

Jeanne Siaud-Facchin identifie trois grands groupes d’adultes surdoués diagnostiqués.

Elle précise que cette typologie est :

  • Le fruit de son observation clinique.
  • De poser des points de repère pour aider les surdoués à prendre conscience de leur façon d’être :

Elle souligne qu’il est possible de changer son mode de fonctionnement à tout moment de sa vie.

Ceux qui acceptent le cadre

Ce groupe accepte les limites, les contraintes, mais aussi les ouvertures et les possibilités de la vie. Ils jouent le jeu de la vie et acceptent les règles. Au sein de ce groupe, les profils de personnalités peuvent être très différents.

Les uns et les autres n’évolueront alors pas de la même manière.

  • Les « sages » ou la passivité dominante

Ce groupe évite la lutte et la rébellion. Ceux qui en font partie n’ont ni grands espoirs, idéaux ou projets ambitieux.

Ils ne sont pas forcément malheureux, mais ne sont pas vraiment heureux non plus. Ces surdoués adoptent souvent une philosophie simple : profiter de ce qu’ils ont et ne pas être préoccupés par ce qu’ils pourraient avoir. Cette vie « banale » est pour eux un choix acceptable, conscient, qui ne les coupe pas pour autant du risque de tomber dans des moments de dépression.

  • Les challengers ou l’activité dominante

Ce groupe aborde la vie avec passion et détermination. Ils mettent toute leur énergie dans leurs idéaux, la réussite, le dépassement de soi et l’avancement du monde.

Les difficultés renforcent leur motivation. Inépuisables, ils parviennent souvent à transformer leurs ressources de personnalité en réussite et talent. Cependant, il est important de reconnaître que cette activité démesurée peut être anxiogène et cacher une angoisse latente.

Ceux qui s’affrontent au cadre

Ce sont des rebelles. Ils refusent systématiquement le cadre. Ils sont constamment insatisfaits et en colère.

Mais parmi eux, on peut trouver des créateurs, des précurseurs et des « révolutionnaires« . Ceux-ci sont alors capables de transformer leur vie et d’ouvrir de nouvelles voies.

Il y a aussi ceux qui sont entre les deux extrêmes : les rebelles « soft ». Ceux-ci ne sont pas totalement d’accord avec le cadre, mais en tirent tout de même certains avantages. « Ils font des allers-retours entre dedans et dehors. Ils s’accommodent » nous dit l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux« .

Ceux qui évoluent sans cadre

Enfin, il y a ceux qui évoluent sans cadre. Ceux-ci sont dans une sorte d’autodestruction et d’errance, avec des questions incessantes, une pensée toujours en mouvement, mais sans but, sans direction ni projets. Ils souffrent souvent d’isolement social voire d’inadaptation sociale. Ce sont les plus vulnérables aux troubles psychologiques.

5.2 – Des spécificités dans la personnalité des surdoués

Le sentiment de réussite

Selon Jeanne Siaud-Facchin, la réussite, pour les surdoués est considérée comme quelque chose d’intime et de personnel, indépendant de l’environnement extérieur. Elle est perçue de manière transcendantale, au-delà des succès professionnels conventionnels.

Les surdoués ressentent alors une peur profonde de ne pas y arriver. Ils se sentent petits, impuissants et incompétents face aux défis qu’ils aimeraient relever.

La part infantile

L’auteure décrit la part infantile présente chez les adultes surdoués, notamment leur capacité à s’émerveiller, leur naïveté, leur enthousiasme, leur énergie exceptionnelle, et leur propension à se plaindre.

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Cependant, cette part infantile peut aussi les conduire à se sentir tout-puissants, à attribuer les problèmes à l’extérieur et à osciller entre des extrêmes, révélant ainsi les défis de la construction de leur identité.

Les niveaux de maturité différents simultanément

Jeanne Siaud-Facchin met en lumière la perception particulière du temps chez les surdoués, qui peuvent ressentir simultanément ou successivement des niveaux de maturité différents en fonction des circonstances et des personnes avec lesquelles ils interagissent.

L’auteure souligne que le surdoué est un être profondément affectif. Cette affectivité joue un rôle primordial dans sa cognition : le surdoué pense d’abord avec ses émotions avant de penser avec sa tête. « Voilà ce qui lui donne parfois ce qualificatif d’immature » confie l’auteure.

Dans le même temps, la capacité du surdoué à s’adapter à son environnement va se manifester sous forme d’hypermaturité, c’est-à-dire une lucidité et une adaptation exemplaires.

La faille spatio-temporelle

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » développe ici les deux idées suivantes.

  • La perception des surdoués de vivre dans plusieurs espaces-temps 

L’auteure évoque la vie personnelle des surdoués constamment mise en perspective à l’échelle de l’univers, donnant ainsi du sens à leur existence ordinaire à travers une perspective universelle et intemporelle.

  • Le tempo est le problème central du surdoué

Le sudoué est constamment en décalage par rapport au rythme général de la vie. Il peut être en avance, allant beaucoup plus vite dans la perception, l’analyse et la compréhension des choses que les autres. Ceci peut le rendre solitaire et obligé d’attendre les autres.  D’un autre côté, il peut aussi être en arrêt ou en retrait, fixant son attention sur de petits détails qu’il juge importants (l’auteure parle d’hyperconscientisation), tandis que les autres continuent d’avancer. Ce décalage dans le tempo peut entraîner des problèmes de communication avec les autres et une sensation d’étrangeté.

De plus, le surdoué, jamais synchronisé avec le mouvement général peut avoir du mal à être pleinement présent et à profiter de l’instant présent en raison de ce décalage spatio-temporel.

La part de féminin et de masculin

Jeanne Siaud-Facchin indique que chez les hommes surdoués, la sensibilité, la réceptivité affective et l’intérêt pour les autres sont souvent présents, tandis que chez les femmes surdouées, l’indépendance, le goût du leadership, des défis et du combat psychologique peuvent être plus marqués.

Le défi pour les adultes surdoués, qu’ils soient hommes ou femmes, est alors d’accepter et d’intégrer ces deux aspects – féminin et masculin – de leur personnalité.

Chapitre 6 – De la difficulté d’être un adulte surdoué

Le sixième chapitre du livre « Trop intelligent pour être heureux » traite de la difficulté d’être un adulte surdoué selon deux angles.

difficulté adulte surdoué hpi

Jeanne Siaud-Facchin :

  • Met d’abord en avant la construction lente du surdoué, de sa personnalité et de l’image qu’il a de lui-même. Cela va influencer sa relation au monde et aux autres.
  • Aborde ensuite les particularités de fonctionnement propres aux surdoués, qui peuvent se manifester de manière singulière à l’âge adulte. Ces particularités, présentes dès l’enfance, peuvent compliquer l’équilibre de vie de l’adulte surdoué, du fait de l’entrelacement étroit entre son parcours d’enfant surdoué et l’adulte qu’il devient.

Certains de ces modes de fonctionnement peuvent également se retrouver chez d’autres profils de personnalité. Toutefois, ce qui est spécifique au surdoué est l’intensité de ces expressions de soi, la souffrance qu’elles entrainent et la fréquence d’apparition de ces caractéristiques.

6.1 La lucidité étourdissante

La lucidité d’un adulte surdoué provient de son intelligence aiguisée et de son hypersensibilité émotionnelle. À cause de cette lucidité, il est difficile, pour l’adulte surdoué, de se sentir en sécurité, de faire confiance et de se laisser porter par la vie.

Cette lucidité crée un trouble proche du vertige, car elle permet de percevoir les dysfonctionnements du monde et de soi-même de manière percutante : « la lucidité sur le monde donne une grande lucidité sur soi » écrit l’auteure. Elle entraîne alors une remise en question constante et peut conduire à des doutes sur ses propres capacités.

Mais cette lucidité, parfois douloureuse, peut également offrir une compréhension profonde. Et être la source d’une vision extralucide des choses.

6.2 La peur

Le surdoué éprouve souvent de la peur envers sa pensée profonde, ses émotions envahissantes et incontrôlables, la vie qu’il ne peut maîtriser ainsi que les autres si différents et si semblables à la fois.

Ces peurs, utiles parfois, peuvent néanmoins générer, chez le surdoué, une angoisse énorme et paralysante.

La peur de la confrontation avec soi

L’adulte surdoué redoute la confrontation avec lui-même. Il a peur de ne pas aimer ce qu’il est ou réaliser qu’il s’est trompé dans ses choix, « de se décevoir de lui-même ».

L’auteure ajoute que le surdoué ne peut, par ailleurs, s’appuyer sur personne : « le manque de confiance dans les figures d’autorité et la rapidité d’apprentissage qui conduit rapidement à dépasser le maître condamnent l’adulte surdoué à être autonome dans son activité professionnelle. Être son propre « chef » et ne dépendre que de soi » termine Jeanne Siaud-Facchin.

La peur face à l’intensité de sa pensée incessante et analytique

« Chez le surdoué, penser c’est vivre. Il n’a pas le choix. Il ne peut arrêter cette pensée puissante, incessante, qui, sans relâche, scrute, analyse, intègre, associe, anticipe, imagine, met en perspective… Aucune pause. Jamais. Alors, il pense sur tout, tout le temps, intensément. Avec tous ses sens en alerte. Les généralités et les simplifications : mission impossible. Ce qui s’active, c’est la précision et la dissection, jusqu’à l’infini.« 

L’intensité de la pensée du surdoué l’amène à anticiper les dangers de son environnement et à ressentir de l’anxiété depuis son enfance, voire de véritables malaises physiques ou de panique totale (sous forme d’agoraphobie par exemple).

Les surdoués peuvent alors :

  • Être perçus comme obsessionnels dans les discussions, poussant les arguments jusqu’au bout pour comprendre le sens précis des choses.
  • Ressentir une peur intense pour les autres, cherchant constamment à aider et protéger leurs proches. Ultra réceptifs à l’environnement, leur analyse lucide et éclairée les amène à « être « surconscients » de tous les dangers qui guettent » et à faire preuve d’une inquiétude excessive pour leurs enfants notamment.
Le perfectionnisme

La peur peut également se manifester sous forme de perfectionnisme, avec une quête d’absolu (ce doit être parfait, irréprochable, parfaitement abouti, sinon ce n’est pas la peine) et d’excellence qui peut entraîner une incapacité à entreprendre.

6.3 La culpabilité

Coupable de ne pas réussir

Le surdoué a honte de ne pas réussir, de ressentir trop, d’être en avance, de remarquer les faiblesses des autres.

Même si son entourage semble accepter ce qu’il est, il reste au fond de lui persuadé qu’il a déçu les autres, qu’il n’a pas été à la hauteur. Finalement, « rien n’est jamais assez bien en regard de ce que lui considère qu’il aurait dû atteindre » constate l’auteure du livre « Trop intelligent pour être heureux« .

Finalement, il ressent un sentiment d’inachèvement permanent.

Coupable de ressentir

Le surdoué ressent une culpabilité indicible d’avoir « trop compris » et d’être en avance par rapport aux autres.

Cette culpabilité le met mal à l’aise et le pousse à :

  • Justifier son avance : « il a envie d’avancer, d’anticiper, d’accélérer car il a compris, mais alors il se détache, seul, du peloton et il doit justifier son avance » dont il a honte.
  • Ralentir son avance pour se synchroniser avec les autres : « il attend, se cale, ralentit son système et il s’ennuie, décroche, ne s’intéresse plus, et… culpabilise encore de ne pas se sentir aussi concerné que les autres ».

Il souffre également de remarquer les faiblesses des autres. Il voudrait tellement ne pas les voir pour être en phase avec eux.

6.4 Le sentiment d’incomplétude

Jeanne Siaud-Facchin décrit ici l’insatisfaction chronique de l’adulte surdoué qui :

  • Change souvent de profession sans jamais être satisfait.
  • Regrette toujours ce qu’il n’a pas fait ou entrepris.
  • Se sent déchiré entre les multiples possibilités qui s’offrent à lui : comment choisir, renoncer, le surdoué aimerait tellement tout faire…

6.5 L’ennui

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » évoque ici l’ennui souvent ressenti par les enfants et les adultes surdoués.

Cet ennui est généré par leur compréhension rapide, leur difficulté à se faire des amis et leur besoin constant de stimulation.

Elle parle de :

  • L’ennui existentiel : les surdoués ont, en effet, besoin d’une vie stimulante, exaltante, contrastée et riche en émotions fortes et partagées pour se sentir vivants.
  • L’ennui au quotidien : les surdoués peuvent se sentir désintéressés dans les conversations et les interactions sociales, nécessitant un effort pour maintenir l’intérêt. Cet ennui peut s’insinuer dans de nombreuses situations, car les surdoués ont constamment besoin de nouveauté pour éviter de s’ennuyer.

Jeanne Siaud-Facchin mentionne également l’hyperactivité (attention, elle ne parle pas ici de la pathologie infantile du même nom, mais plutôt de suractivité) comme une réaction à l’ennui. En fait, les surdoués multiplient les activités et les projets pour éviter de s’ennuyer :

« Il [le surdoué] fait mille et une choses à la fois. De préférence vite. Il ne s’arrête jamais. Semble inépuisable. Les autres admirent son énergie, sa puissance de travail, sa force face aux événements, sa rage de vivre.« 

Attention toutefois, prévient l’auteure, car cette énergie peut être fragile et peut rapidement basculer en cas d’obstacle émotionnellement chargé.

6.6 L’impatience

Jeanne Siaud-Facchin mentionne l’impatience comme l’une des grandes caractéristiques de la personnalité des surdoués.

En effet, les surdoués ont tendance à analyser, comprendre et synthétiser les situations plus rapidement que les autres. Ils ne peuvent pas fonctionner autrement que sur un mode intuitif, global et fulgurant.

Cette situation les rend impatients dans les processus de prise de décision et d’attente.

La douloureuse attente

L’attente est difficile et « anti naturelle » chez le surdoué. Elle peut lui causer des sensations physiques et psychiques désagréables. « L’attente le ronge de l’intérieur » et lui demande un effort considérable. Parfois, cette impatience, difficile à masquer, conduit à des comportements impulsifs et intolérants envers les autres.

Le risque : désinvestir

L’impatience des surdoués est constamment critiquée.

« L’adulte surdoué a tellement entendu qu’il ne pouvait savoir sans attendre, qu’il ne pouvait décider sans attendre, qu’il ne pouvait réussir sans attendre… » qu’il finit par accepter, soumis, passif. Cela peut l’amener à douter, à perdre confiance en lui et à se retirer de la vie professionnelle, sociale et affective, avec un impact pénalisant.

En témoigne cet extrait du livre Trop intelligent pour être heureux :

« Moi, quelquefois, je n’en peux plus. Je suis en réunion, et je ne comprends pas pourquoi ça traîne ! Ils reviennent vingt fois sur le même sujet ! Alors, je bous. J’essaie de me contenir. J’ai l’impression que je vais me mettre à crier, pour leur dire ce qu’il faut décider. Mais quand j’essaie d’intervenir, il y en a toujours un pour me dire, attends, n’allons pas si vite, il faut encore étudier tel point ou tel autre… C’est insupportable parce que j’ai la sensation que cela n’apportera rien de plus. Qu’il faut décider. Avancer. Point. C’est comme s’ils voulaient éliminer tous les risques. Alors ils “discutaillent” sans fin, pour rien. Car, au final, ils arrivent… là où j’étais arrivé depuis bien longtemps !

En même temps, ce qui est toujours inquiétant pour moi, c’est que bien sûr ce processus finit par me faire douter. Alors parfois je me dis, OK, ils ont peut-être raison, faisons les choses dans l’ordre. Mais à ce moment-là je tombe dans l’excès inverse et je veux tout vérifier. Plusieurs fois. Pour être sûr. Ce qui énerve une fois encore tout le monde. Alors maintenant j’ai trouvé le truc : quand je sens que de toute façon je n’arriverai pas à imposer directement ma solution, je rêve, je décroche. Je fais semblant d’être là. Je dis oui à tout. Mais je m’ennuie terriblement. Franchement, je ne sais plus quoi faire ! »

6.7 De l’engagement surinvesti à l’instabilité amoureuse

Cette partie du livre « Trop intelligent pour être heureux » évoque un point un peu délicat.

En effet, encore plus qu’à propos des autres sujets, il est ici très difficile de faire des généralités, informe l’auteure.

Toutefois, certaines constantes méritent d’être évoquées, continue-t-elle.

Ces constantes, chez les surdoués, se répartissent en trois grandes catégories de rapports amoureux, ou plus précisément de rapports à l’amour :

  • La première catégorie concerne les personnes surdouées qui ont un besoin vital de stabilité et de sécurité dans une relation amoureuse : ces personnes cherchent à construire rapidement un couple solide et une famille unie. Même s’il leur arrive de s’ennuyer dans cette relation, la peur de l’intrusion occupe leur esprit et leur énergie.
  • La deuxième catégorie concerne les surdoués qui ont besoin de stimulations amoureuses constantes : dépendants de l’euphorie et du plaisir intense des débuts de relation, ceux-ci recherchent des coups de cœur renouvelés. Certains vont alors risquer des aventures extraconjugales comme exutoires à l’ennui.
  • Enfin, il y a les ambivalents, c’est-à-dire ceux qui veulent à la fois la stabilité et l’excitation. Ces derniers vont créer un couple protecteur et stable, indispensable à leur équilibre, mais ponctuer leur vie amoureuse « trop bien réglée » de « parenthèses enchantées« .

Dans tous les cas, la peur de l’ennui (qu’elle soit combattue ou déniée) marque la vie amoureuse des personnes surdouées.

6.8 L’envie

Le surdoué envie :

  • La spontanéité et la simplicité des autres. Lui, a du mal à apprécier les choses sans les analyser constamment. « Il n’arrive pas à se mettre sur « pause » pour être tout naturellement avec les autres, comme les autres » explique l’auteure. Il se sent inférieur car il pense que les autres savent mieux comment vivre et sont tellement plus sûrs de leurs choix, de leur vie.
  • La capacité des autres de se contenter des explications qu’on leur donne. Lui, ne cesse de penser à toutes ces autres choses autour que personne d’autre que lui ne semble voir. Il aimerait pouvoir arrêter et contrôler cette pensée, comme les autres.

6.9 Le sentiment d’autrui

Jeanne Siaud-Facchin développe plusieurs idées à propos de l’empathie des adultes surdoués. Selon elle :

  • Les surdoués ont souvent une empathie surdéveloppée. Grâce à leur compréhension des émotions au plus profond des autres, ils vont vouloir aider les autres. L’adulte surdoué devient alors souvent celui auquel on se confie.
  • Mais cette empathie peut également les affecter négativement, car confidents, ils absorbent les émotions des autres. Ceci les oblige à renforcer leur système de protection pour ne pas être submergés.
  • Dans cette perspective, il arrive que certains surdoués se montrent distants. Le but est de se protéger émotionnellement, mais leur attitude distante peut être interprétée par les autres comme un manque de compassion ou un désintérêt pour eux.
  • Enfin, l’auteure souligne que les surdoués ont souvent une perception intense et intuitive des autres, une certitude à leur propos qu’ils ont du mal à expliquer.

6.10 L’hypersensibilité envahissante

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » parle ici de la façon dont les surdoués ressentent intensément les émotions et perçoivent les détails de la vie de manière amplifiée.

Elle souligne que cette hyperémotivité crée parfois une charge émotionnelle si intense qu’elle peut les rendre susceptibles.

Certains surdoués choisissent alors de se protéger en adoptant une stratégie de défense. Celle-ci consiste à ne plus rien ressentir, en filtrant tout par l’intellectuel (c’est ce que l’auteure appelle la « défense par la cognition ») et en s’éloignant émotionnellement du monde.

Ces surdoués peuvent alors ressembler à des « personnalités désaffectivées et froides, avec une sensibilité étouffée« .

6.11 L’immense solitude

Ce sentiment de solitude naît de cette distance toujours ressentie entre soi et le monde, entre soi et les autres.

Même en faisant tout son possible, le surdoué se sent alors profondément seul. Il ressent toujours une douloureuse déconnexion involontaire.

6.12 Le besoin de se sentir aimé, valorisé et compris

Cette partie du livre « Trop intelligent pour être heureux » examine les défis auxquels sont confrontés les surdoués dans leurs relations interpersonnelles.

Le besoin de compter pour les autres

Jeanne Siaud-Facchin explique que pour le surdoué, l’amitié est une « notion absolue ».

Malheureusement, au cours de sa vie, cet engagement absolu est souvent ébranlé. Le surdoué subit alors des déceptions répétées et des traumatismes. Il finit par percevoir la relation comme dangereuse.

Sa réponse est de développer, au fil des années, des réactions automatiques de fuite ou d’attaque, de peur et de défense. Il ne va donc plus faire confiance à personne et souvent garder ses distances avec les autres par peur d’être abandonné.

Malgré ces défis, les surdoués continuent d’espérer et de rechercher des relations authentiques et significatives.

Dans les relations de couple, on retrouve souvent ces mécanismes à répétition, car le surdoué a du mal à apprendre de l’expérience en raison de son élan intense envers l’autre, de son besoin d’amour réciproque et de son incapacité à se satisfaire de l’ordinaire.

Le sens aigu de la justice

L’injustice est également un sujet sensible pour le surdoué. Ce dernier est prêt à tout pour ce qu’il considère comme juste.

La moindre injustice – celle dont il est atteint mais aussi celle dont les autres sont victimes – peut le révolter. Il peut alors s’engager dans le combat, même si cela l’amène à prendre le risque de mettre en péril ses relations. « Sa placidité peut se transformer en furie, sa tendresse en haine farouche, sa passivité en agressivité irrépressible » stipule l’auteure.

Pour lui, il est préférable d’assumer son combat contre l’injustice plutôt que de « feindre d’ignorer l’arbitraire ».

En fin de compte, ce qui compte le plus pour les surdoués dans leurs relations est de se sentir aimés, valorisés et compris.

6.13 L’incompréhension réciproque du monde

L’auteure développe plusieurs idées :

  • Les surdoués ont du mal à comprendre le monde qui les entoure, ainsi que les autres personnes. Réciproquement, ils se sentent souvent incompris.
  • La quête de sens est un leitmotiv du fonctionnement des surdoués, mais cette recherche incessante et absolue peut finalement parfois aboutir à l’absurde et au non-sens. Et qui comprend alors celui qui essaie de comprendre ?
  • Du fait de leur pensée différente, les adultes surdoués peuvent être mal compris dans de nombreuses situations de la vie courante, professionnelle, intime, familiale ou amicale. Ne comprenant pas ce qui semble évident pour tout le monde, ou le comprendre autrement, peut être source de quiproquos.
  • Les surdoués peuvent aussi passer pour des « débiles » aux yeux des autres en raison de leurs décalages dans leur façon de penser, leurs interventions différentes et leurs remarques inattendues.
  • On peut enfin les trouver « insupportables avec leur manie de ne jamais être d’accord, de tout remettre en question, de discuter chaque décision, de titiller sur le moindre détail ».

6.14 La recherche d’un monde idéal perdu

Jeanne Siaud-Facchin décrit le sentiment de toute-puissance et d’immunité souvent ressenti par les surdoués.

Celui-ci les amène à croire qu’ils peuvent toujours trouver une solution à tout, qu’ils pourront toujours s’en sortir. Mais cette conviction ne les protège pas des revers de la réalité.

Ils doivent donc souvent faire face à la dure réalité que la vie ne sera pas comme ils l’ont rêvé. Et vivre une succession de deuils.

Or, renoncer à leur idéal et à leur illusion de toute-puissance peut être douloureux pour ces idéalistes sincères, même si leur vie est socialement réussie et brillamment accomplie.

6.15 L’hyperconscientisation

L’hyperconscientisation est la perception exacerbée des sens chez les surdoués.

Selon Jeanne Siaud-Facchin, le questionnement sans fin lié au traitement constant et intensif des informations que l’hyperconscientisation engendre, enrichit la pensée des surdoués. Mais, elle peut aussi les déconnecter de leur environnement immédiat en les faisant partir loin, très loin.

6.16 La rigidité de pensée

La rigidité de pensée peut être un trait caractéristique chez les surdoués.

En fait, les surdoués tentent constamment de se protéger et de contrôler le tumulte de leur pensée incessante et débordante. Pour cela, ils vont mettre en place des mécanismes qui peuvent conduire les surdoués à rechercher la précision absolue, le sens exact de chaque chose. Ils peuvent éviter la nuance, fermer le champ des possibles. Vouloir LA vérité ou avoir raison à tout prix jusqu’à agresser l’autre.

Cette rigidité de pensée, « vidée de toute consonance émotionnelle », peut alors causer des conflits dans les relations.

6.17 Les coupures de pensée

Lorsque l’arborescence mentale des surdoués (leur capacité à traiter plusieurs idées à la fois) devient trop intense et déborde, le surdoué peut subitement décrocher. Un peu comme un disjoncteur qui se déclenche lorsqu’il y a une surcharge.

Ce décrochage peut se traduire par un arrêt brutal en plein milieu d’une phrase, un regard fixé sur un détail insignifiant, un corps qui se fige en plein mouvement ou s’éloigne pendant une discussion. Ces coupures de pensée peuvent également se produire pendant des moments d’ennui.

6.18 Une manière de penser et de percevoir le monde profonde et en perspective

Les surdoués peuvent faire face à des défis spécifiques liés à leur manière de penser et de percevoir le monde.

Leur attention est souvent divisée, avec une capacité à voir les choses en profondeur et en perspective, comme un réalisateur de film qui ajuste constamment les paramètres de la scène.

Cependant, cela peut aussi les empêcher de vivre pleinement l’instant présent, car ils sont constamment en train d’anticiper les réactions des autres et les conséquences de leurs actions.

Les adultes surdoués ont également tendance à être autocritiques. Ils ne se trouvent jamais assez bien, assez compétent, assez performant et sont en quête de reconnaissance. Ils ont du mal à s’aimer et à s’apprécier.

Les surdoués sont également enclins à anticiper constamment les événements (ils savent comment la situation va évoluer alors que les autres n’en ont aucune idée). Ceci peut créer une angoisse diffuse et les empêcher, là encore, de profiter pleinement de l’instant présent (ils sont déjà « après »).

Pour contrer cela, certains surdoués choisissent de se tourner vers l’hédonisme, en recherchant le plaisir brut et les expériences sensorielles fortes pour se sentir vivants. Ponctuellement, cette stratégie alternative fonctionne, mais à long terme, elle peut causer des problèmes.

Chapitre 7 – Trop intelligent pour être heureux : Du côté des femmes

Dans ce court chapitre de « Trop intelligent pour être heureux« , Jeanne Siaud-Facchin examine les particularités de la femme surdouée dans ses différentes facettes.

adulte surdoué femme

7.1 – La trajectoire des femmes surdouées

Les particularités de la femme surdouée se situent d’abord dans sa trajectoire.

L’auteure constate que les petites filles, dans l’enfance, possèdent généralement de plus grandes capacités d’adaptation. Elles acceptent plus facilement les « règles du jeu », en particulier scolaires, et parviennent à s’y conformer.

La femme surdouée peut alors vivre toute sa vie en s’adaptant.

Elle se remet en question et cherche, en elle, des raisons à son malaise. Mais ne trouvant que peu de réponses, elle reste fréquemment, sans comprendre, dans une vie « à côté » de celle qu’elle aimerait vraiment vivre.

Son intelligence singulière l’isole encore plus que les hommes et sa sensibilité extrême la rend difficile à protéger.

7.2 – Le côté intimidant des femmes surdouées

Pour Jeanne Siaud-Facchin, les femmes surdouées intimident facilement.

« Leur regard sur le monde, leur façon d’analyser les autres, la conviction qui émane d’elles qu’elles ont compris trop de choses font peur. Aux hommes bien sûr, mais également aux femmes. Elles semblent dominatrices, inapprochables, fières et sûres d’elles.« 

On les pense « froides » et « peu sensibles ». Ce qui est complètement faux, mais leur masque et leur carapace fonctionne, les coupant des autres. « Elles qui ont tant besoin d’être aimées » et de « se sentir protégées », observe l’auteure.

7.3 – La mère surdouée

Si une mère surdouée se sait surdouée, elle peut comprendre son enfant intuitivement et s’ajuster à lui, car « elle est comme lui ». Mais attention, « cet atout peut vite se transformer en piège » stipule l’auteure.

Quand la mère surdouée n’a pas connaissance qu’elle est surdouée, elle va penser que son enfant est « normal« , comme tous les autres. Elle s’étonne quand on lui fait remarquer la vivacité, la curiosité et la précocité de son enfant.

C’est souvent l’école qui sera alors le vrai révélateur.

Mais à l’école, il y a peu de mesure : soit l’enfant surdoué dérange parce que perçu comme bizarre, inadapté. Soit il est valorisé parce que perçu comme leader et positif pour la classe. Et tout peut basculer d’un côté comme de l’autre.

La mère n’aura pas anticipé ces questions. Or, ce sont de véritables challenges qui l’attendent.

Jeanne Siaud-Facchin invite alors chaque mère surdouée à se rendre compte que son enfant est comme elle, qu’il a besoin d’elle et qu’elle peut très bien l’accompagner.

Mais à une seule condition, poursuit l’auteure en s’adressant aux mamans surdouées :

« Comprendre et accepter qu’il est singulier, et vous aussi. Alors, vous saurez, vous pourrez cheminer avec lui et lui donner fort la main pour l’emmener vers une jolie vie. […] Faites-vous confiance, […] vous avez en vous toutes les ressources pour le faire. Ce qui compte, c’est de rester au plus proche de ce que vous comprenez de votre enfant : c’est vous qui avez raison. […] Vous êtes celle qui connaît le mieux votre enfant et ses besoins.« 

7.4 – La femme surdouée en couple

L’intelligence fait peur.

Pourquoi ? Parce que l’intelligence va avec un grand sens critique envers soi et envers les autres. Elle remet alors toujours en cause et en question.

Or, encore aujourd’hui, l’homme moderne a besoin de se sentir fort, de sentir qu’il domine et qu’il peut protéger les siens.

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Et avec une femme trop intelligente, il aura « peur de ne pas être à la hauteur, que ses faiblesses soient démasquées, que sa vulnérabilité soit découverte » déclare l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux« .

Le challenge, pour une femme surdouée, est alors de « rester ce qu’elle est et garder son pouvoir de séduction sans faire fuir celui qu’elle tente de séduire ».

7.5 – « Moi, intelligente, vous plaisantez ! »

Pour Jeanne Siaud-Facchin, « une femme a encore plus de mal qu’un homme à se penser intelligente« .

Les femmes surdouées « résistent beaucoup« .

Le fait d’être intelligente – les représentations et remises en cause que cela suppose – les effraie, plus encore que chez les hommes, termine l’auteure.

Chapitre 8 – Les couples : qui se ressemble s’assemble ?

intelligence couple surdoué

Dans ce chapitre de « Trop intelligent pour être heureux« , Jeanne Siaud-Facchin nous parle des couples et de l’attirance que les personnes surdouées peuvent avoir les uns envers les autres.

En effet, l’auteure explique qu’un adulte surdoué a souvent des amis surdoués, car ils ont des fonctionnements similaires qui les rapprochent. Ils ressentent une « étrange familiarité« …

L’auteure répond ensuite à plusieurs questions sur l’enjeu de la douance dans les couples.

8.1 – Le fait de savoir que l’on est surdoué est-il un danger ou un bénéfice pour le couple ?

Le diagnostic et l’accompagnement d’un des partenaires vont aider à comprendre les mécanismes qui ont conduit à l’union.

Cela va permettre :

  • De les revoir sous un autre angle et parfois de démasquer « un malentendu initial » au sein du couple. Cette nouvelle compréhension oblige parfois les partenaires à repenser leur couple.
  • À l’autre partenaire, de réaliser qu’il est aussi surdoué : en faisant un travail sur soi, chacun des deux partenaires accède à des clefs de compréhension qui vont lui ouvrir la personnalité de l’autre. Ainsi, en se comprenant mieux, il comprend mieux l’autre. Cette situation conduit alors à un renforcement des liens et permet de travailler sur la complémentarité.

8.2 – Un couple de personnes surdouées est-il plus susceptible de former un couple heureux ?

Pour Jeanne Siaud-Facchin, il n’y a pas de réponse unique à la question de savoir si un couple de personnes surdouées est plus susceptible de réussir ou d’échouer, car cela dépend de la personnalité, du vécu et de l’histoire de chacun. De trop nombreux paramètres entrent en jeu. Cependant, elle souligne que « les points de similarité de fonctionnement sont des points de force« .

Chapitre 9 – Trop intelligent pour être heureux : Et ceux qui vont bien ? Le défi incontournable est l’estime de soi

estime de soi enfant surdoué

Dans ce chapitre du livre « Trop intelligent pour être heureux« , Jeanne Siaud-Facchin parle de la difficulté, pour les enfants surdoués, de se construire une image de soi solide et stable.

Dès lors, elle insiste sur l’intérêt de comprendre comment certains surdoués y sont parvenus et sont devenus des enfants qui grandissent confiants puis des adolescents pleins de vie et d’enthousiasme, avant de devenir des personnalités « vraiment attachantes et emplies d’une force de vie inouïe ».

Il est essentiel de connaître, plus précisément :  

  • Les mécanismes qui aident à prévenir les troubles liés à cette fragilité.
  • Les constantes et les piliers dans les parcours de vie des personnes surdouées heureuses et attachantes.

Elle se sert, pour cela, d’un itinéraire imaginaire d’un enfant surdoué qui deviendrait un adulte heureux. Celui-ci met en évidence les points d’ancrage dont l’enfant a besoin pour cela, que voici résumés.

9.1 – La direction à ne jamais lâcher, c’est l’estime de soi

Ce qu’il faut absolument retenir, c’est la nécessité de maintenir en permanence la confiance en soi et l’image de soi. Le « cap vital » pour guider un enfant vers l’équilibre de vie. Ainsi, il pourra grandir en restant fidèle à soi-même. Qu’il pourra devenir un adulte confiant et « armé » pour affronter la complexité de la vie sans se renier ni s’inhiber pour s’adapter.

« Tout s’articule autour de l’image de soi. C’est le point d’ancrage. Celui qui détermine toutes les autres composantes. C’est le message essentiel. Tout est possible avec une image de soi positive, tout est plus difficile quand l’image de soi est atteinte.« 

Jeanne Siaud-Facchin liste les points de vigilance pour favoriser l’estime de soi chez l’enfant surdoué.  

9.2 – Six points d’ancrage indispensable à l’enfant surdoué

Un environnement bienveillant

Pour une image de soi solide, l’enfant surdoué doit grandir dans un environnement bienveillant qui comprenne et accepte les singularités de la personnalité surdouée. Il a besoin d’un cadre familial qui a saisi l’importance de la valorisation, de la gratification, des encouragements.

L’enfant surdoué a besoin d’être très souvent « arrosé » d’amour et de paroles rassurantes. « C’est par l’affectif que l’on peut, que l’on doit, aider l’enfant surdoué à se sentir bien avec lui-même » insiste l’auteure du livre « Trop intelligent pour être heureux« .

La stabilité affective

Il est crucial que l’enfant grandisse dans une famille stable et équilibrée. Notamment parce que son immense réceptivité émotionnelle et son empathie démesurée peuvent créer des turbulences affectives qui risquant d’affecter son évolution narcissique.

Le sentiment d’être compris

L’enfant surdoué a besoin d’être compris pour ce qu’il est et d’être accepté dans ses singularités. On doit lui permettre d’être différent. Cela demande une écoute attentive et un ajustement permanent.

Un accompagnement valorisant et réconfortant

Pour aider l’enfant surdoué à se sentir bien avec lui-même, il est primordial de l’accompagner sur son chemin, en l’encourageant, en valorisant ses efforts et en le réconfortant.

L’amitié authentique et durable

Les relations d’amitié authentiques et durables pendant l’enfance et l’adolescence ont un impact positif sur la santé mentale à l’âge adulte. La relation aux autres est à privilégier et doit être favorisée par tous les moyens possibles.

Le soutien à l’école et le plaisir de réussir

Le but est de faire en sorte que le parcours scolaire de l’enfant soit constitué le plus possible de satisfactions et de réussites, avec le soutien des enseignants et des parents.

L’auteure incite à une manipulation souple et bienveillante pour que l’enfant ne renie pas mais parvienne à ajuster son intelligence, sa sensibilité, sa personnalité au contexte de l’école.

Traverser sa scolarité avec réussite préservera l’estime de soi de l’enfant surdoué et lui apportera une énergie positive disponible pour la suite de sa vie.

Un environnement qui intègre la réactivité émotionnelle comme une force de vie

Les émotions sont sources d’une grande force de personnalité.

Aussi, « lorsque le jeune surdoué parvient à ne pas étouffer sa sensibilité, sa réceptivité aux autres et son vécu émotionnel, ces particularités de son fonctionnement vont en faire une personnalité extrêmement sympathique, charismatique, chaleureuse et appréciée« , déclare l’auteure du livre « Trop intelligent pour être heureux ».

C’est pourquoi, l’enfant surdoué doit évoluer dans « un environnement qui intègre cette réactivité émotionnelle comme une force de vie et non pas comme un défaut insupportable« . La sensibilité doit être au service de la créativité, l’empathie au service des autres, les émotions au service de la sensation de vivre.

9.3 – Ce qu’il faut retenir des besoins incontournables des surdoués

Enfin, Jeanne Siaud-Facchin termine le neuvième chapitre de son livre « Trop intelligent pour être heureux » par deux points.

Elle attire d’abord notre attention sur ce que nous devons absolument retenir si nous accompagnons un petit surdoué vers une vie d’adulte heureux, à savoir que sa personnalité est une « force fragile ».

Pour s’épanouir, l’enfant surdoué a des besoins simples mais incontournables : compréhension, amour, bienveillance, valorisation.

Cette nourriture affective conditionne la construction d’une image de soi positive et d’une estime de soi solide. L’alchimie de l’intelligence élevée et de la sensibilité exacerbée en fait un cocktail explosif à manier avec grande précaution !

Enfin, l’auteure souligne que même si l’on sort fragilisé et blessé d’une enfance chaotique, tout n’est pas perdu. Il est tout à fait possible de reprendre le contrôle grâce aux capacités de résilience et à la plasticité cérébrale.

Chapitre 10 – Comment faire pour aller bien ?

Ce chapitre du livre « Trop intelligent pour être heureux » décrit la capacité à rebondir de la personne surdouée comme aussi importante que sa capacité à « sombrer ».

En effet, son mode de pensée peut dégager une grande énergie positive. Le surdoué est généralement résilient et sait trouver des solutions constructives à la complexité de sa vie rarement linéaire.

Jeanne Siaud-Facchin développe les richesses des surdoués qui leur permettent d’aller bien

richesses surdoué aller bien

10.1 – La capacité de mise en perspective

Tout d’abord, son intelligence lui permet d’être autocritique. La conscience qu’il a de lui et de ses actes est un atout majeur chez lui.

« Pendant que d’autres fonctionnent sans aucun recul, le surdoué peut se mettre en perspective » indique Jeanne Siaud-Facchin.

10.2 – L’évasion par la pensée

Il a la faculté de s’extraire momentanément de la souffrance physique ou morale par la pensée et ainsi se ressourcer.

10.3 – Des capacités de mémoire hors-normes

Le surdoué possède une mémoire visuelle inhabituelle, une mémoire nette et précise.

Cette mémoire photographique, puissante, lui permet de stocker des scènes entières réelles avec tous les détails.

Il peut alors :

  • Y puiser des images-ressources : un genre de diapositive que nous pouvons projeter  sur notre écran mental pour dévier nos pensées afin de transformer notre état émotionnel et de retrouver un bien-être dans les moments difficiles.    
  • Développer des compétences inédites de manipulation mentale pour élucider très rapidement des problèmes complexes de calcul mental notamment.

10.4 – L’intelligence arborescente

La pensée arborescente du surdoué l’amène à avoir des milliers d’idées, sans arrêt.

L’auteure conseille de noter ces idées. Cela permet de les canaliser pour ne pas oublier mais aussi de prendre connaissance de ce que l’on a « dans la tête ». Et de laisser de la place pour les nouvelles pensées.

10.5 – L’intelligence « en grand-angle »

Le surdoué est capable de penser un problème en activant simultanément des représentations multiples. Cette faculté développe largement la compréhension et l’analyse.

10.6 – La faculté de saisir les émotions

Les surdoués sont particulièrement talentueux pour repérer précisément toutes sortes d’émotions, chez eux comme chez les autres.

10.7 – Tous les sens au service du plaisir de vivre et de la beauté du monde

L’hyperesthésie des personnes surdouées décuple leurs perceptions. Et, selon l’auteure, tout ressentir est source de « moments magiques » de vie et d’un « immense plaisir« .

En effet, grâce à cela, les surdoués ont le pouvoir de :

  • « Créer du beau là où d’autres ne verront que le banal« .
  • Saisir avec une sensibilité subtile la quintessence des choses, l’esthétique.
  • Comprendre toute la poésie du monde.
  • Se sentir vivre.

10.8 – Une créativité exceptionnelle

La créativité, c’est la capacité à trouver des idées neuves. C’est la compétence des précurseurs, des innovateurs, des leaders.

La créativité du surdoué puise sa source dans l’arborescence de sa pensée et s’y alimente en continu.

Associée à sa perception exacerbée et fine du monde, « aucune possibilité ne se ferme« .

10.9 – La pensée divergente

L’arborescence de la pensée du surdoué permet à ses idées de se déployer et de se rencontrer de façon fortuite. Cela débouche sur « un croisement inattendu d’idées qui ne se seraient jamais rencontrées dans une structure séquentielle de la pensée » affirme l’auteure.

Tout comme la créativité, la pensée divergente fait partie des atouts des précurseurs :

« Avec la créativité que procurent la pensée divergente et le zeste de sentiment de toute-puissance propre au surdoué, tous les ingrédients sont présents pour devenir un précurseur dans son domaine. […] [Mais] si beaucoup ont des idées, peu parviennent à les imposer et à les assumer.« 

10.10 – Une intuition développée

Pour le surdoué, cette intuition est la résultante d’un processus complexe. « Ce n’est pas une pensée magique surgie de nulle part » précise l’auteure du livre « Trop intelligent pour être heureux« . En fait, selon elle :

« Pour le surdoué, la rapidité d’association d’idées, de compréhension, d’analyse, qui provient de plusieurs sources différentes et qui s’associe de façon fulgurante, au-delà de la conscience, produit une intuition créative du résultat.« 

10.11 – Une grande empathie

L’empathie – autrement dit la capacité à percevoir les émotions des autres – apporte une profondeur de champ exceptionnelle à la communication et aux relations aux autres.

En effet, être empathique, c’est une :

  • Compétence émotionnelle rare qui ouvre au monde et aux autres de façon intime, qui fait que les autres nous aiment et nous apprécient aussi : « être empathique, c’est être sympathique » écrit l’auteure.
  • Capacité d’adaptation qui sert à nous ajuster dans de nombreuses situations de vie et à anticiper la réponse la mieux adaptée (dans le milieu professionnel, dans une relation commerciale, au sein du couple…).
  • Source de moments magiques et ressourçant (si l’empathie est bien équilibrée) car elle saisit aussi toutes les nuances agréables du spectre émotionnel.

10.12 – L’ennui et le décalage comme moteur

Les deux peuvent être des moteurs pour les enfants surdoués.

En réalité, l’ennui peut les pousser à avancer, à créer et à trouver des idées. Tandis que le décalage peut être une occasion de prendre du recul pour observer, analyser et comprendre le monde, leur offrant ainsi des perspectives inédites pour trouver leur place.

10.13 – Le sens du challenge

Le sens du challenge, ce plaisir que l’on ressent lorsque l’on a dépassé une difficulté, est très fort chez les personnes surdouées.

Il est lié à l’envie irrépressible de réussir, d’avancer, à ce besoin intime d’être fier de soi, de ce que l’on est, et de voir de la fierté dans le regard des autres.

C’est un grand atout chez les surdoués car le sens du challenge procure une énergie motrice d’une grande puissance pour réussir ce que l’on entreprend.

10.14 – Une énergie impressionnante

« L’énergie dont est capable de faire preuve un surdoué est impressionnante et épuisante pour les autres » indique Jeanne Siaud-Facchin.

Puis, elle continue, en parlant du surdoué :

« Les autres pensent le combat impossible, il s’y confronte. L’issue d’une situation paraît bouchée, il trouve des solutions. Toujours. […] Certaines fois, il est si absorbé dans sa tâche, concentré jusqu’à l’extrême, qu’il en oublie tout.« 

Ainsi, dans bon nombre de situations, cette énergie est une grande force.

10.15 – L’idéalisme

L’idéalisme, s’il est une souffrance parfois, est aussi une force en soi.

En effet, l’idéalisme crée un grand but qui pousse à avancer, à poursuivre les efforts nécessaires, à se surpasser pour y parvenir. En ce sens, il favorise l’accomplissement personnel.

10.16 – L’importance de se détourner de la lutte épuisante que vivent la plupart des surdoués

Pour conclure le dixième chapitre de « Trop intelligent pour être heureux« , Jeanne Siaud-Facchin invite les personnes surdouées à ne plus subir leur vie mais à la choisir :

« Le surdoué lutte en permanence, pour sa survie psychique, pour canaliser ses émotions, pour s’adapter aux autres et au monde, pour freiner sa pensée. […] Il est indispensable de détourner cette lutte.« 

Et pour cela, Jeanne Siaud-Facchin fait une suggestion :

« On peut réfléchir à sa vie, en voir toutes les limites, les imperfections. Mais aussi en repérer les points de force, les ressources, les avantages, les plaisirs. Et se dire : je choisis cette vie-là, consciemment, délibérément. On passe de victime impuissante à pilote de son destin. Et ça change tout. […] Quand on arrête de lutter contre la vie, et qu’on se tourne vers elle, on dégage de l’énergie pour construire, bâtir, créer, avancer…« 

Chapitre 11 – Trop intelligent pour être heureux : Quand rien ne va plus

trop intelligent pour être heureux hpi dépression

Le dernier chapitre du livre « Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin aborde « la face sombre » de l’expérience de l’enfant surdoué.

L’auteure décrit, chez l’enfant surdoué, une « spirale de fragilités » qui peut mener à diverses pathologies pour supporter l’immense souffrance qui en découle : des troubles de l’image de soi et de l’estime de soi ainsi que des mécanismes de défense destructeurs.

Pour Jeanne Siaud-Facchin, il est indispensable de repérer ces mécanismes et les comprendre pour les prévenir, pour aider les enfants/ personnes surdoués à s’en protéger et à les éviter.

11.1 – Les bases fragiles de l’image de soi et la douleur de vivre

Selon Jeanne Siaud-Facchin, la construction de l’image de soi d’un surdoué est fragile, car elle est confrontée à la différence depuis la petite enfance.

L’auteure nous explique alors que ces perturbations autour de l’image de soi peuvent entraîner une insatisfaction chronique et persistante, et une certaine instabilité de vie.

Une fois adulte et tout au long de sa vie, le surdoué poursuit sa conquête identitaire. Il va souvent changer de métier, de partenaire, faire de nouveaux projets, réorienter sa vie.

Le manque de confiance du surdoué génère une anxiété qui aboutit, dans ce continuum, « à l’attaque douloureuse de l’estime de soi, de sa valeur personnelle ». Il peut alors ressentir une véritable douleur de vivre.

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux » précise que l’envie de vivre est intacte. C’est plutôt la difficulté de vivre qui est alors insurmontable.

11.2 – Les mécanismes de protection

Pour se protéger des charges émotionnelles, le surdoué va mettre en place des mécanismes de protection, appelé aussi « mécanismes de défense« . Ceux-ci peuvent devenir destructeurs s’ils se rigidifient.

L’inhibition sociale

Certains surdoués se sentent parfois noyés dans des questionnements constants sur le sens de la vie. Il arrive alors qu’ils se retirent complètement du monde. Ils s’isolent, se replient sur eux-mêmes jusqu’à tomber dans une dépression chronique.

Les dérives addictives

« Du shit à l’alcool, des jeux vidéo au travail, de la télé à Internet… toutes les addictions sont possibles » prévient l’auteure.

Le surdoué cherche, en fait, à ne plus penser. S’adonner à une activité qui puisse absorber totalement sa pensée, anéantir son agitation cérébrale insupportable est, pour lui, la seule solution. Le problème, c’est que si la dérive addictive est apaisante un certain temps, elle devient vite angoissante.

Les troubles du sommeil 

Les problèmes d’endormissement sont courants. L’hypersomnie aussi. C’est, pour le surdoué, un puissant sédatif de ses pensées incessantes : « plus je dors, moins je pense ».

L’inhibition intellectuelle

Ne pas utiliser son intelligence est une stratégie d’adaptation commune aux surdoués.

L’humeur changeante sans raison apparente 

À cause de son fonctionnement cognitif qui lui fait vivre un foisonnement d’émotions différentes, le surdoué ne sait souvent « ni pourquoi il est triste ni pourquoi il se sent bien ». D’une certaine façon, il est « la victime impuissante d’un fonctionnement cérébral qui le gouverne et le dépasse« .

11.3 – L’errance, les erreurs diagnostiques et les pièges de la prise en charge

Le surdoué est victime d’errance et d’erreurs diagnostiques. Il est alors courant de les identifier comme atteint de schizophrénie, du trouble bipolaire, borderline ou encore d’état-limite.

Enfin, Jeanne Siaud-Facchin souligne que la prise en charge des surdoués est rendue difficile par le fait qu’elle se heurte fréquemment à une ambivalence :

  • D’une part leur besoin colossal de trouver une personne qui soit capable de les comprendre, qui leur permettrait de se sentir enfin porté.
  • D’autre part, leur besoin de maîtrise et de contrôle qui ne laisse pas de place à l’autre.

Conclusion de « Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin

La conclusion du livre « Trop intelligent pour être heureux« 

En conclusion, Jeanne Siaud-Facchin partage les doutes qu’elle a ressentis tout au long de la rédaction de ce livre « Trop intelligent pour être heureux » sur la réalité de ce qu’elle décrivait concernant les surdoués.

L’auteure termine en évoquant la force fragile des personnalités surdouées. Elle nous invite à prendre conscience de chaque partie qui les constitue, pour reconnaitre leur singularité et leurs multiples talents malgré les nombreux défis auxquels ils peuvent faire face.

Puis elle raconte comment tous ces doutes s’envolaient dès qu’elle se trouvait, dans sa pratique clinique, en présence d’un enfant, d’un adolescent, d’une famille ou d’un adulte qui présentait les caractéristiques des surdoués. Car elle réalisait alors que leur incroyable singularité était bien une réalité clinique avérée.

Les apports du livre « Trop intelligent pour être heureux« 

Beaucoup de réponses et une meilleure compréhension du haut potentiel intellectuel

L’ouvrage « Trop intelligent pour être heureux » est très complet. Il aborde beaucoup de questions et procure des réponses.

Jeanne Siaud-Facchin y explique notamment comment :

  • Savoir si l’on est surdoué.
  • Réussir pleinement sa vie avec les particularités du surdoué.
  • Exploiter au maximum ses ressources du surdoué.

Ce livre Trop intelligent pour être heureux offre une meilleure compréhension du haut potentiel intellectuel. Le message global étant le suivant : être surdoué est une richesse, mais c’est aussi une différence qui peut générer un sentiment de décalage, une impression de ne jamais vraiment trouver sa place.

Le regard et les conseils d’une psychologue praticienne reconnue comme spécialiste des surdoués

L’auteure de « Trop intelligent pour être heureux« , Jeanne Siaud-Facchin, est une psychologue praticienne reconnue et spécialiste des surdoués. Ancienne attachée des Hôpitaux de Paris et de Marseille, elle a créé les premiers centres français de diagnostic et de prise en charge des troubles des apprentissages scolaires appelés Cogito’Z.

« Trop intelligent pour être heureux » est un ouvrage qui permet au surdoué de renouer avec sa propre personnalité. Grâce à l’expertise de l’auteure, il apporte des stratégies et des conseils précieux :

  • Aux adultes surdoués, pour se sentir mieux avec eux-mêmes et avec les autres.
  • Aux accompagnants, parents et enseignants des enfants surdoués pour l’amener vers une vie d’adulte heureux et épanoui.

Les points forts et les points faibles du livre Trop intelligent pour être heureux

Points forts :

  • Le contenu très exhaustif apporte beaucoup de réponses sur tous les plans.
  • Les conseils pratiques pour sensibiliser les surdoués et les professionnels aux défis et au mal-être qu’ils peuvent vivre.
  • Le retour d’expérience d’une auteure spécialiste de terrain sur le sujet.

Points faibles :

  • L’ordre des propos est un peu décousu. Certaines parties parlent d’un sujet puis dévient sur un autre déjà traité auparavant ou abordé plus loin.
  • Le côté négatif du haut potentiel intellectuel est davantage mis en avant que ses aspects positifs.

Ma note :

Le petit guide pratique du livre Trop intelligent pour être heureux ? de Jeanne Siaud-Facchin

4 idées cruciales que partage l’auteure pour terminer ce chapitre sur le devenir des enfants surdoués :

  • Un diagnostic précoce aide le surdoué à mieux grandir
  • Pour l’enfant surdoué, le fait de « savoir » lui apportera une meilleure visibilité sur lui et sur le monde
  • Nous devons être vigilant dans la façon de parler à l’enfant de sa douance
  • Il n’y a pas de lien de cause à effet entre la douance et l’avenir de l’enfant

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Trop intelligent pour être heureux ? de Jeanne Siaud-Facchin

1.Comment le public a accueilli le livre Trop intelligent pour être heureux ? de Jeanne Siaud-Facchin ?

Ce livre de par les défis des adultes surdoués explorés a été très bien accueilli et a connu un succès majestueux. Il devient plus tard un best-seller.

2. Quel fut l’impact du livre Trop intelligent pour être heureux ? de Jeanne Siaud-Facchin ?

Ce livre aide à mieux comprendre et à réapproprier sa personnalité ; à vous sentir mieux dans votre peau et dans celle des autres, à réaliser enfin votre potentiel.

3. À qui s’adresse le livre Trop intelligent pour être heureux ? de Jeanne Siaud-Facchin ?

Ce livre s’adresse à tout le monde.

4. Comment appeler les surdoués ?

Pour l’auteure de « Trop intelligent pour être heureux », cette question n’est pas anodine.

Elle a, au contraire, toute son importance, car les terminologies habituellement employées pour parler des surdoués renvoient toutes une représentation soit partielle, soit erronée, soit insatisfaisante de ce qu’ils sont réellement. Parmi eux, on a « intellectuellement précoce », « surdoué », « haut potentiel » ou « HP », « HQI »…

Et, comme aucun de ces termes ne la satisfait, elle explique avoir opté pour un autre nom : celui de zèbre.

5. Que sait-on aujourd’hui du cerveau des surdoués selon l’auteure ?

  • Le cerveau d’un surdoué est constamment en état d’hyperactivité.
  • L’hyperactivation cérébrale
  • Les connexions dans son cerveau se déploient : Extrêmement vite, Simultanément dans toutes les zones du cerveau.

Enfants surdoués à la maison vs enfants surdoués à l’école

Les enfants surdoués à la maisonLes enfants surdoués à l’école
Sollicite, intervient, discute, argumente, ne se contente jamais d’explications simples, veut savoir pourquoi et encore pourquoi, remet en question toutes les consignes ».L’élève surdoué a du mal à comprendre les règles implicites, ou les interprète différemment.
Teste toujours les limites.Le mode de fonctionnement du surdoué suscite de l’incompréhension réciproque entre les enseignants et l’enfant surdoué
Est hyper-réceptif émotionnellement, et cela est difficile à vivre et à gérer pour tout son entourage.Le surdoué a besoin de précision. Il peut faire quelque chose de différent de ce qui lui a été demandé parce qu’il a compris différemment.

Qui est Jeanne Siaud-Facchin ?

Jeanne Siaud-Facchin : Auteur du livre Trop intelligent pour être heureux ?

Jeanne Siaud-Facchin, née le 26 mars 1957 à Avignon, est une psychologue clinicienne et psychothérapeute française. En 2003, elle a fondé les centres Cogito’Z d’accompagnement psychologique intégratif. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, dont le best-seller « Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué. Elle a vécu à Avignon toute son enfance et sa scolarité, jusqu’au baccalauréat. Sur le plan professionnel, elle a étudié à l’école de la publicité, de la communication et du marketing. Elle travaille dans la communication pendant douze ans, mais n’y trouve pas son compte et reprend des études de psychologie. En 1999, Jeanne Siaud-Facchin et son mari décident de s’installer à Marseille et quittent Paris. Avec Marcel Rufo, elle participe à la création de l’Espace Arthur, un service psychiatrique pour adolescents.

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