Deep Survival – 2

Note : ce livre étant dense et empli d’histoires, d’anecdotes et de redites qui le rendent difficile à le résumer, j’en publie le résumé en deux parties. Voici la deuxième. La première se trouve ici. De plus, certains chapitres étant assez redondants, j’en ai sauté quelques-uns quand j’estimai qu’ils n’apportaient que peu de valeur à l’ensemble. Le titre de ces chapitres se rapportant à des histoires dont je ne parle pas forcément ici, j’ai mis entre parenthèses une description succincte du contenu de chaque passage.

Partie 2 : La Survivance

Quand tu vois quelqu’un qui pleure, soit parce qu’il est en deuil, soit parce que son fils est au loin, soit parce qu’il a perdu ce qu’il possédait, prends garde de te laisser emporter par l’idée que les accidents qui lui arrivent sont des maux. Rappelle-toi sur-le-champ que ce qui l’afflige ce n’est pas l’accident, qui n’en afflige pas d’autre que lui, mais le jugement qu’il porte sur cet accident.

Épictète

Chapitre 9 : Déplier la carte (l’importance d’un modèle mental approprié à l’environnement, les 5 étapes d’une perdition)

Un jour de 1998, Ken Killips, un pompier robuste et d’expérience, faisait une randonnée de trois jours avec son ami York dans le Parc National des Montagnes Rocheuses, une vaste étendue sauvage de 1 000 km² couverte de montagnes et de forêts.

Parc National des Montagnes Rocheuses

Photo par The Brit 2

Parc National des Montagnes Rocheuses

Photo par tgrt

Ils avaient un itinéraire précis d’environ 10 kilomètres à accomplir avec leur sac lourdement chargé, et une partie de leur randonnée les amenaient à environ 4 000 mètres d’altitude. Ils s’étaient partagés la charge et York portait la tente. Celui-ci devait régulièrement attendre Killip qui marchait moins vite que lui. Au bout de cinq ou six heures, il se lassa et distança Killip – les personnes échouent régulièrement à comprendre qu’ils doivent voyager à la vitesse du plus lent, pas du plus rapide.

Killip suivait York qui était déjà venu et connaissait les lieux. Et bien que Killip ait la carte, York avait le compas. Alors que Killip voyait York disparaître progressivement, il ne comprenait pas le processus insidieux qui était à l’oeuvre.

Un des types de modèles mentaux que les personnes forment est une carte mentale : un schéma de la zone géographique et de la route à prendre. Killip avait formé une telle carte mentale depuis qu’il avait quitté sa voiture. Parce qu’il suivait York, il ne vérifiait pas sa carte topographique, et ce n’est pas une bonne manière de créer une carte mentale. Maintenant son esprit était inconsciemment en train d’essayer de créer une carte mentale d’une route à partir d’une position qu’il ne connaissait pas vers une destination qu’il n’avait jamais vu auparavant.

Il se retrouva en train de grimper sur une pente qu’il pensait être le Mont Idea. Dès qu’il serait en haut, il trouverait des repères dont lui avait parlé York et pourrait se diriger, et notamment un lac et des rivières avec de l’eau pure comme du cristal où il pourrait se désaltérer – il avait bu la dernière rasade de sa gourde trois heures plus tôt. Quand il arriva en haut, le lac et les rivières n’étaient pas là, le soleil se couchait et la température chutait doucement.

Il n’était pas, en fait, en haut du Mont Idea. Il avait suivi une voie presque parallèle au début, qui avait fini par l’éloigner de plus de 5 kilomètres plus au nord. C’était le résultat d’une confusion géographique mineure. Il aurait pu retourner sur ses pas, et essayer de retrouver son chemin. Au lieu de cela il continua droit devant lui.

Ce comportement en apparence irrationnel fait sens quand on l’examine du point de vue du cerveau. Le fait de ne pas avoir de carte mentale, d’essayer d’en créer une à partir d’un environnement où les données sensorielles n’ont pas de sens est interprété comme une urgence et enclenche une réaction physique – c’est à dire émotionnelle. Le cerveau pousse l’organisme à se dépêcher et à aller à un endroit sûr rapidement, un endroit qui correspond à sa carte mentale, un endroit disposant de tout ce dont il a besoin pour survivre.

C’est ainsi que Killip s’est retrouvé à errer dans une forêt dense dans des ténèbres totales avec le sentiment horrifiant de ne pas savoir où il est. Par chance, un éclair illumina un petit étang, auprès duquel Killip put se désaltérer et remplir sa gourde. Il se prépara à passer la nuit ici, il n’avait plus le choix à présent. Il avait de la nourriture dans son sac, mais York avait la tente. Et même, il avait aussi de quoi faire un feu, mais il s’en abstint. Les règles interdisaient de faire du feu dans le parc, et Killip, en bon pompier, respecta la règle. S’il avait allumé un feu, il aurait peut-être été retrouvé plus vite.

Quand il se réveilla, il n’avait pas encore pleinement admis qu’il était perdu. Pour commencer, il erra encore toute la journée, se perdant encore davantage, car il avait tellement étendu son cercle de confusion qu’il ne pouvait plus revenir sur ses pas. Il décida de grimper en haut d’une colline pour voir sa situation, glissa à mi-chemin et dévala la pente, se blessant sévèrement aux épaules et aux jambes. Il s’arrêta à nouveau à coté d’une petite mare, s’abstint à nouveau de faire du feu alors qu’il faisait un froid glacial, puis s’endormit.

Quand il se réveilla, il était empli de frustration. Il décida alors de rebrousser chemin. Mais il ne savait pas où il était, et ne savait pas par où il était passé. Tout ce qu’il fit fut de s’avancer davantage dans la forêt. Il essaya à nouveau de grimper en haut d’un mont. Mais un orage l’arrêta et le renvoya, transi, dans la forêt. Il savait qu’il était dans de sales draps. Alors, il s’endormit à nouveau, sur la pente, un bras passé autour d’un arbre pour éviter de glisser. Il y a deux jours, il était un randonneur en parfaite santé, compétent et bien équipé, son sac contenant de quoi vivre une semaine dans la nature la plus sauvage.

A présent, il était recroquevillé sur une montagne glacée, épuisé, affamé, salement déshydraté, blessé et hypothermique. Ce qui avait commencé par une petite erreur de navigation avait progressé , pas innocent par pas innocent, jusqu’à un combat acharné pour la survie.

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Se perdre n’est pas affaire de lieu. C’est un échec de l’esprit. Cela peut arriver dans la forêt ou cela peut arriver dans la vie. Les personnes le savent instinctivement.

Les recherches suggèrent qu’il y a cinq étapes générales quand une personne se perd :

  1. Tout d’abord, vous niez que vous êtes désorienté et vous vous déplacez avec un sentiment d’urgence, essayant de faire correspondre votre carte mentale à ce que vous voyez.
  2. Ensuite, alors que vous réalisez que vous vous êtes perdu, le sentiment d’urgence s’épanouit pour se transformer en une complète urgence de survie. Penser clairement devient impossible et l’action devient frénétique, improductive et même dangereuse.
  3. Au troisième stade, souvent après une blessure ou l’épuisement, vous formez une stratégie pour trouver une place qui corresponde à votre carte mentale. C’est une mauvaise stratégie, car vous n’avez pas de carte : vous êtes perdu.
  4. Vous vous détériorez à la fois rationnellement et émotionnellement au fur et à mesure que vous vous apercevez que votre stratégie échoue à résoudre le conflit.
  5. Dans le stade final, alors que vous êtes à court d’options et d’énergie, vous devez vous résigner à votre situation difficile et l’accepter en face.

Que vous l’aimiez ou non, vous devez alors faire une nouvelle carte mentale de l’endroit où vous êtes. Vous devez devenir Robinson Crusoe ou vous mourrez. Pour survivre, vous devez vous trouver vous-même. Ensuite l’endroit où vous êtes importera peu.

Ces étapes pour se perdre ne s’appliquent pas qu’aux randonnées dans les bois. Par exemple, l’entreprise Xerox, multinationale américaine qui a vendu les premières photocopieuses qui ont fait sa fortune, s’est perdue dans la route qui la mène vers l’innovation alors que c’était le fer de lance de l’entreprise.

A la fin des années 70, alors que l’informatique personnelle entamait son enfance et commençait à peine à se répandre dans les foyers, et que les ordinateurs comme l’Apple 2 étaient pourvu d’interfaces en ligne de commandes qui s’affichaient en vert sur des petits – et pourtant encombrants – écrans, le Palo Alto Research Center, laboratoire appartenant à Xerox, inventait la souris, l’interface graphique, l’écran plat et Ethernet, le standard des réseaux informatiques. De véritables trésors, en avance d’une génération sur tout ce qui se faisait alors, et qui aurait pu permettre à Xerox de dominer complètement le marché émergent de la micro-informatique.

Mais d’autres allaient devenir riches avec leurs inventions. Les cadres dirigeants de Xerox, très occupés avec leurs anciens modèles mentaux tournant autour de la gestion du papier et des photocopieuses et qui ne correspondaient plus à la réalité d’un monde ayant très vite changé, ne virent pas l’énorme potentiel de ces découvertes. Ils laissèrent d’autres en profiter, et notamment Apple et son fondateur Steve Jobs, qui les utilisèrent pour créer le Lisa, puis le célèbre Macinstosh.

Contrairement à Killip, Xerox est toujours perdu dans les bois aujourd’hui.

Car Killip, après sa troisième nuit passée dans les bois, ne pouvait décemment plus nier être perdu. Il aurait pu se résigner, mais ce n’est pas la voie qu’il choisit. Premièrement, il construisit un abri et fit du feu, chose qu’il aurait pu faire dès le premier jour. Ensuite, il resta deux jours au même endroit, reposant son organisme, s’adaptant à son environnement. Il avait commencé à faire une carte de son environnement réel plutôt que d’imaginer la carte qu’il souhaiterait. Ainsi, il avait découvert la première Règle de la Vie : Soyez ici maintenant.

Finalement, un hélicoptère passa si près de lui qu’il aurait pu lui lancer une pierre. Puis il s’éloigna. Cela cassa presque son esprit en deux. Mais une des étapes les plus difficiles que le survivant doit apprendre est d’abandonner l’espoir d’être secouru, tout comme il doit abandonner l’ancien monde qu’il a quitté et accepter le nouveau. Il n’y pas d’autres remèdes pour calmer l’esprit. Cela peut sembler paradoxal, mais c’est essentiel.

Le pilote avait vu le parka bleu de Killip accroché à une branche, et il envoya les secours vers lui. Il avait perdu plus de dix kilos en cinq jours. L’état de ses genoux a requis deux opérations. Mais il s’en est tiré.

Chapitre 11 : Bordel nous allons tous  mourir ! (L’importance de garder son sang-froid et d’adopter la bonne attitude pour survivre)

En janvier 1982, Steven Callahan se préparait à traverser l’Atlantique seul à bord du petit bateau qu’il avait lui même construit, partant des Canaries pour aller aux îles des Caraïbes. Six jours plus tard, en plein tempête et au milieu de la nuit, son bateau heurta quelque chose – peut-être un requin – et commença à couler. Callahan fut réveillé par le bruit et eut tout juste le temps de sortir, sans récupérer son sac de survie, avant que l’eau n’envahisse le compartiment. Il réussit à  mettre son radeau de survie à l’eau malgré les hautes vagues et le vent déchainé, gardant un sang-froid remarquable dans une situation très dangereuse qui lui permit de maximiser ses chances de survie en agissant efficacement dès le début de la catastrophe.

A l’opposé de l’Atlantique, trois mois plus tôt, un ketch, le Trashman, était en train de couler avec 5 personnes à bord après avoir rencontré une tempête. Le second du navire hurla “Bordel nous allons tous mourir ! Bordel nous allons tous mourir !” et dans sa panique gonfla le radeau de survie sans l’avoir attaché au bateau. Il fut emporté par le vent et disparut à tout jamais de leur vue.

Le bateau de Callahan mit beaucoup de temps à couler. C’était le résultat de la conception ingénieuse de Callahan, qui avait introduit de multiples réservoirs étanches dans la coque. Il laissa son radeau attaché au bateau un moment, se demandant quoi faire. Alors qu’il regardait la lune, il nota soudainement à quel point ses sens étaient devenus aiguisés. Ses perceptions ne s’étaient pas rétrécies avec la peur, elles s’étaient ouvertes.

Évidemment, il avait peur et commençait à peine un âpre combat pour le contrôle de ses pensées, mais il tournait sa peur en concentration tournée de manière réfléchie vers la survie, le premier acte d’un survivant. Il réfléchit alors de manière claire et efficace. Il savait que ses chances d’être repéré et sauvé étaient faibles. Mais, il savait aussi que le courant allait l’amener à l’ouest, et non à l’est, ce qui faisait un voyage d’environ 3 000 kilomètres.

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Son radeau contenait un kit de survie, mais le sac qui était dans le compartiment inondé contenait bien plus de vivres et de matériel. Alors il prit un risque : il plongea, s’introduit dans le compartiment, coupa les attaches du sac et l’emporta avec lui à la surface. Il venait juste de risquer sa vie, mais il était à présent bien mieux armé pour la survie. Il avait fait un choix rationnel en soupesant les risques et les bénéfices.

Le récit de sa survie, qu’il nous fait partager dans son best-seller Adrift: Seventy-Six Days Lost at Sea, est un exemple de tout ce qu’il faut faire pour survivre : garder son sang-froid, prendre des décisions et agir, accepter la situation et comprendre que si les chances sont minces, tout est possible, et faire de son mieux, de son mieux le plus absolu et le plus total, pour survivre.

De nombreuses personnes se retrouvant dans des situations beaucoup moins désespérées que Callahan ne parviennent pas à garder leur sang-froid et font dès le début des erreurs calamiteuses qui réduisent drastiquement leurs chances de survie.

Ainsi, sur le Trashman, tout ce qui restait après que le radeau de survie ait été emporté par le vent était un Zodiac gonflable qui ne contenait aucun kit de survie. Cinq personnes, dont une gravement blessée après avoir été jetée sur le gréement par une vague, se tenait dans la petite embarcation semi-rigide. Hormis la blessée qui agonisait, l’équipe se divisa bientôt en deux groupes de deux personnes dont l’attitude les opposaient complètement : l’un, hystérique, paniqué et refusant de voir la situation en face, et l’autre calme, acceptant la situation et se préparant psychologiquement à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour survivre, et pas seulement pour eux, mais aussi pour toutes les personnes qu’ils aimaient et auraient soufferts de leur mort.

Le premier groupe et la blessée moururent. Les deux autres survécurent.

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Chapitre 14 : Une certaine noblesse (La nécessité de considérer toute chose jusque sa fin)

Lorsque Solon, grand homme d’état Athénien, visita la cour de Crésus, riche roi de Lydie, ce dernier montra à Solon ses immenses richesses et ses palais, et lui demanda :

“Mon cher invité d’Athènes, nous entendons souvent parler de vous ici : vous êtes célèbre pour votre culture et vos voyages, qui vous ont emmenés très loin et en de nombreux endroits. Dont j’aimerai savoir, est-ce que vous avez déjà croisé la route de quelqu’un qui est plus heureux que tous les autres ?”

Crésus s’attendait à être nommé, mais Solon donna le nom d’un homme ordinaire, Tellus d’Athènes.

“Voyez-vous, à la bataille d’Eleusis il s’engouffra dans une brèche et fit tourner les talons à nos ennemis. Il est mort, mais sa mort fut splendide, et les Athéniens lui ont fait de grandes funérailles publiques, et l’ont grandement honoré”.

Crésus s’énerva quelque peu de ne pas être cité. Solon lui répondit alors :

“Je ne serai pas en position de vous dire ce que vous me demandez de vous dire tant que vous ne serez pas mort aussi. Il est nécessaire de considérer la fin de toute chose, et de voir comment cela finira, car les dieux offrent souvent la prospérité aux hommes, puis les détruisent complètement et aveuglément.”

Ainsi en est-il du paradoxe de la survivance : il n’est pas possible pour un homme ou pour une femme de dire qu’il a survécu et d’être un parfait survivant tant qu’il n’est pas mort, car chaque test est une préparation pour le prochain. La survie est un chemin qui doit être emprunté de la naissance à la mort.

Appendice : Les règles de l’aventure

A ce point, vous pouvez vous retourner sur tout ce qui a été écrit et vous demander : c’est très bien, mais qu’est-ce que je fait à présent ?

Le livre n’est pas conçu pour dire aux personnes que faire en cas de situation critique mais plutôt de permettre une recherche pour une meilleure compréhension qui leur permettra de savoir quoi faire quand le moment sera venu – et il vient toujours d’une manière ou d’une autre.

Néanmoins, Laurence Gonzales propose quelques suggestions qui peuvent aider dans n’importe quelle situation difficile, et pas forcément des catastrophes ou des accidents.

Pour éviter de se mettre dans des situations difficiles :

    • Percevoir, croire, et ensuite agir

Éviter les accidents est intrinsèquement lié au fait d’être intelligent. Le neurobiologiste Horace Barlow dit que l’intelligence est le fait de “bien deviner”. L’entraînement est la tentative de rendre les prédictions plus précises quant à l’environnement. Mais si l’environnement change, vous aurez besoin d’ouverture et de polyvalence, la capacité de percevoir ce qui se passe réellement et de vous y adapter. Donc l’entraînement et la prédiction peuvent ne pas être vos meilleurs amis.

Dans le Kendo – art martial impliquant des duels au sabre – le pratiquant ne doit pas anticiper les mouvements de son adversaire ou laisser libre court à sa tendance à prédire, car si l’adversaire n’agit pas conformément aux prédictions, cela peut conduire à la surprise, donc à une confusion momentanée, et donc à une mort soudaine. Au lieu de cela il doit garder les yeux ouverts, rester clair et calme, et agir au moment décisif. Le Kendo enseigne la concentration, un contrôle précis du corps, la courtoisie, l’humilité et la confiance en soi. Ce sont des qualités similaires dont vous avez besoin quand vous engagez les forces de la nature.

Ceux qui évitent les accidents et ceux qui voient le monde clairement le voient changer, et changent leur comportement en conséquence.

    • Evitez  les comportements impulsifs; ne vous précipitez pas

Les catécholamines sont une épée à double tranchant. Elles vous donnent de la puissance quand vous avez besoin d’un pic d’énergie, mais peuvent aussi vous exciter tellement que vous allez faire les mauvaises actions. Ne soyez pas le skieur ou le conducteur de moto-neige qui se rue une pente propice aux avalanches juste parce que c’est un jour merveilleux et que la beauté vous excite.

    • Connaissez votre affaire

Comme l’empereur-philosophe Marc-Aurèle le disait : “Pour chaque chose particulière, demandes-toi : ‘Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur, dans sa propre construction ?'”. Une connaissance profonde du monde qui vous entoure peut sauver votre vie.

    • Obtenez l’information

Les mêmes accidents se produisent encore et encore, année après année. Faites des recherches sur Internet. Demandez aux personnes qui savent. Les gardes-chasse, sauveteurs et autorités locales seront heureux de vous renseigner.

    • Soyez humble

Un commandant de la Navy a dit à Al Siebert, le psychologue qui étudie les survivants, que “ceux du type Rambo sont les premiers à partir”. Ne pensez pas que juste parce que vous êtes bon à une chose, vous êtes bon à une autre. L’autre principe est le danger du succès et de l’expérience, “cette lampe qui éclaire dans notre dos”. Le débutant a plus d’ouverture sur ce qui peut se produire que l’expert. Ceux qui arrivent à gagner de l’expérience tout en gardant cet esprit du débutant deviennent des survivants à long terme.

    • En cas de doute, laissez tomber

C’est un conseil difficile. Vous avez payé pour le billet. Vous avez attendu toute l’année pour ce voyage. Et, vous avez acheté tout l’équipement nécessaire. Il est difficile d’admettre que les choses ne se produisent pas comme prévu. Lors de ces moments, il est bon de vous demander si cela vaut le coup de mourir pour cela.

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Pour gérer au mieux les situations difficiles quand elles surviennent :

    1. Percevez, croyez. Soyez attentif à votre nouvel environnement, acceptez le ainsi que les conséquences qui en découlent.
    2. Restez calme. Utilisez l’humour pour focaliser votre peur. Les survivants gardent leur sens de l’humour et donc leur calme. Ils utilisent la peur plutôt que d’être guidé par elle.
    3. Pensez/analysez/planifiez. Restez organisé. Définissez de petites tâches gérables.Les survivants s’organisent rapidement, définissent des routines et instituent une discipline.
    4. Prenez des actions correctes et décisives. Soyez à la fois intrépide et prudent lors que vous définissez vos tâches. Les survivants sont prêts à prendre des risques pour se sauver et sauver les autres.
    5. Célébrez vos succès. Ayez de la joie à accomplir vos tâches. C’est une étape très importante afin de créer un sentiment de motivation et de ne pas tomber dans une dépression sans espoir.
    6. Estimez-vous heureux. Soyez reconnaissant – vous êtes en vie. C’est ainsi que les survivants deviennent des sauveurs et non des victimes. Ils ont toujours quelqu’un d’autre à aider, même s’il n’est pas présent.
    7. Jouez. Chantez, jouez à des jeux mentaux, récitez de la poésie, comptez ce que vous voulez, faites des problèmes mathématiques dans votre esprit.
    8. Voyez la beauté. Les survivants sont sensibles aux merveilles du monde. L’appréciation de la beauté, la sensation de voir quelque chose de grandiose, ouvre vos sens, réduit votre stress et augmente grandement votre motivation.
    9. Croyez que vous allez réussir. Développez une conviction profonde que vous allez vivre.
    10. Capitulez. Laissez aller la peur de la mort en l’acceptant. Résignez-vous sans abandonner.
    11. Faites tout ce qui est nécessaire. Soyez déterminé. Ayez la volonté et les compétences. Les survivants ont un méta-savoir : ils connaissent leurs capacités et ne les surestiment ni ne les sous-estiment.
    12. N’abandonnez jamais. Ne laissez rien casser votre esprit.

Conclusion sur le livre “Deep survival” de Laurence Gonzales :

Ce livre est unique, dans le sens où il contient un excellent livre caché en son sein. Il faut le chercher, et l’assembler pièce par pièce soi-même, peut-être dans une tentative amusante pour créer un semblant d’interactivité Web 2.0 pour un bon vieux livre papier. En effet, ce livre est dense, touffu, très peu structuré, et cache le coeur de ses messages au sein de nombreuses histoires vraies, messages qui sont plus au moins répétés tout au long du livre selon des angles différents. Le coté storytelling est intéressant car il permet de bien se représenter les concepts, mais il en devient parfois indigeste à force de nous livrer encore et encore des histoires. De plus l’auteur, journaliste de profession, s’aventure sur des terrains scientifiques très difficiles – comme la théorie du chaos ou l’auto-organisation – qu’il ne semble pas totalement maîtriser, même si la tentative est louable.

Le livre est écrit simplement et se lit facilement, mais aurait gagné à être réduit de moitié et à donner dans une forme bien plus condensée le coeur des idées de l’auteur. Et ses idées, indéniablement, valent le détour.  Car Laurence Gonzales nous livre ici une philosophie de la survie et une analyse extrêmement intéressante du fonctionnement du cerveau et de l’esprit dans des situations d’urgence, qui vont bien au delà des catastrophes et autres accidents physiques qui pourraient nous affecter. Il nous décrit l’état d’esprit qui sépare ceux qui survivent de ceux qui meurent.

Il décrit l’importance des modèles mentaux, d’une attitude mentale positive, des effets du stress, et la nécessité absolue de comprendre ce paradoxe : pour survivre, il faut capituler sans renoncer, c’est à dire accepter pleinement la réalité dans toute son horreur et ne jamais abandonner la volonté de survivre. Cela permet de s’adapter rapidement à une situation plutôt que de sombrer dans le déni. Et cela aide à se consacrer au moment présent, comme l’auteur le décrit dans des passages qui ne sont pas sans rappeler certains de L’art de la Méditation .

Ce livre, malgré sa forme qui en perdra certain, est donc immensément intéressant et permettra à tout un chacun d’apprendre de nombreuses choses sur le fonctionnement de l’esprit, et sur l’attitude à adopter pour s’en tirer dans toute sortes de situations épineuses. Et qui sait, peut-être vous servira t-il un jour pour vous tirer d’une situation qui mettra votre vie en danger. ?

Points forts :

  • Philosophie et psychologie de la survie
  • Sujet universel s’appliquant à toute situation délicate malgré sa focalisation sur les catastrophes
  • Nombreuses informations intéressantes sur le fonctionnement du cerveau, le rôle de certaines hormones, et leur fonctionnement en situation de crise
  • Nombreuses histoires illustrant les propos de l’auteur

Points faibles :

  • Dense et touffu, inutilement long
  • Nombreuses redites
  • Un peu trop d’histoires à mon goût
  • L’auteur s’aventure parfois sur des terrains qu’il maîtrise peu, comme la théorie du chaos

Ma note : imageimageimageimageimageimageimageimageimage

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6 Commentaires pour :

Deep Survival – 2

  • Julie

    1 Mar 2009 à 18:57

    Merci beaucoup pour cet excellent résumé.

    Dommage que le livre ne soit pas disponible en français, il ferait un très beau cadeau pour un de mes proches.

    Du reste, j’avoue avoir presque passé autant de temps à réfléchir sur la petite maxime d’Epictète que sur le reste de l’article.

    Répondre



    • Olivier Roland (Auteur)

      1 Mar 2009 à 21:27

      Bonjour Julie,

      Content de savoir que mon résumé t’a plu.

      Concernant Epictète , au plus je lis les écrits des Stoïciens, au plus je suis frappé par l’extrême modernité de leur philosophie et par les nombreux points communs qu’elle a avec le développement personnel moderne.

      Tu peux découvrir ou redécouvrir Sénèque par exemple, en passant le test de vitesse de lecture que je viens juste de publier 😉 .

      Au sujet de la maxime d’Epictète, elle préfigure ce que nous appelons aujourd’hui la proactivité, et la différenciation stimuli/réponse théorisée par le psychologue Victor Frankl. Je t’invite à écouter mon dernier podcast, Proactivité, Responsabilisation et Crise, pour plus d’infos à ce sujet 🙂 .

      Répondre


      • Alexandre Delivré

        2 Mar 2009 à 13:17

        Bonjour Olivier,

        J’ai lu ces deux articles d’une traite, il sont excellents !

        Merci encore pour ton travail, ton blog est décidément un vrai condensé de savoir, c’est surprenant tout ce que tu arrives à résumer et à écrire en si peu de temps… Chapeau !

        A très bientôt.

        Répondre



        • giviz

          3 Mar 2009 à 00:29

          Bravo pour ces deux articles, on y apprend plein de choses et aborde des points de vue qui finalement nous semble tomber sous le sens même si on ne les avait jamais envisagées sous cet angle.

          Pour ce qui est de l’utilisation des histoires par l’auteur pour illustrer ses propos, je trouve que ca à le mérite d’aider à bien mémoriser l’idée générale. Quand on lis ce genre de livres, habituellement on passe en revue une grande quantité de “règles” et de “conseils” que l’on ne retient pas assez souvent, ceux illustrés avec ce genre d’histoires me reviennent bien plus facilement.

          Bon courage pour la suite !

          Répondre



          • Michael

            4 Mar 2009 à 09:02

            Merci d’avoir résumé cet ouvrage et bravo pour ton travail !

            Cela permet de relativiser les accidents et bien sur d’essayer de mieux réagir.
            Il se pourrait que cette compétence redevienne au goût du jour…

            Répondre




            • […] La suite dans le prochain épisode 😉 . […]

              Répondre









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