Deep Survival – Comment survivre lors d’une catastrophe

Traduction de Deep Survival. Survivance Profonde – Qui Vit, Qui Meurt et Pourquoi ? Vraies Histoires de Survies Miraculeuses et de Morts Soudaines

Deep Survival - Qui Vit, Qui Meurt et Pourquoi

Phrase-résumée du livre “Deep Survival” : Lors de circonstances extraordinaires comme des accidents ou des catastrophes, certaines personnes survivent et d’autres meurent, alors que parfois tout porte à croire que les premières vont mourir et les deuxièmes survivre ; Deep Survival nous explique par de nombreux récits d’accidents et de catastrophes, et par une exploration des théories scientifiques les plus récentes – des neurosciences jusqu’à la théorie du chaos – ce qui fait qu’une personne meurt ou survit.

De Laurence Gonzales, 2003, 295 pages.

Titre original : Deep Survival

Note : ce livre étant dense et empli d’histoires, d’anecdotes et de redites qui le rendent difficile à le résumer, j’en publie le résumé en deux parties. Voici la première. De plus, certains chapitres étant assez redondants, j’en ai sauté quelques-uns quand j’estimai qu’ils n’apportaient que peu de valeur à l’ensemble. Le titre de ces chapitres se rapportant à des histoires dont je ne parle pas forcément ici, j’ai mis entre parenthèses une description succincte du contenu de chaque passage.

Chronique et résumé du livre “Deep Survival” :

L’auteur commence en nous racontant l’histoire de son père, pilote de bombardier B17 – la forteresse volante – pendant la seconde guerre mondiale. Alors qu’il menait un raid sur Dusseldorf, son avion fut frappé en plein vol par un tir de la DCA Allemande, qui coupa l’aile gauche en deux et tua sur le coup neufs membres de l’équipage – sur les dix. Son avion virevoltant en tout sens, plaqué par la force centrifuge, gravement blessé, il ne réussit pas  à agripper son parachute et à sauter. Il resta prisonnier du cockpit tout au long de la descente de six kilomètres, pendant laquelle l’avion se coupa en deux. Puis il s’évanouit.

Quand il reprit connaissance, il était au sol, et voyait le monde à travers la fenêtre brisée du cockpit. Tout son corps n’était que souffrance, et une partie du cockpit lui était rentré dans les jambes. Un paysan Allemand se tenait devant lui, un pistolet braqué sur lui. À cette époque, ceux-ci ne dédaignaient pas abattre des pilotes Américains de temps en temps. L’Allemand tira.

Il survécut. Il fut emprisonné dans un camp, puis libéré à la fin de la guerre.

L’intérêt de Laurence Gonzales pour la survie commença quand son père lui raconta son histoire. Le fait qu’il ait vécu alors que tant d’autres sont morts l’a fasciné, et il a voulu comprendre, aidé par son intérêt pour les sciences.

Quand cinq personnes font naufrage et que deux seulement reviennent, qu’est-ce qui fait la différence ? Qui a survécu aux camps nazis ? Pourquoi Robert Falcon Scott mourut lors de son expédition au pôle Nord et Roald Amundsen survécut ? Comment une adolescente de 17 ans a t-elle pu survivre seule en s’échappant de la jungle Péruvienne, alors que les adultes victimes du crash aérien avec elle moururent ? Pourquoi des personnes survivent aux pires catastrophes psychologiques, comme un divorce, une faillite, la perte d’un emploi, une maladie grave, alors que d’autres en souffrent terriblement ? Dans sa quête, il a découvert des principes qu’il nous relate dans Deep Survival. Suivez le guide.

Partie 1 : Comment les accidents surviennent

 Chapitre 1 : Regarde là-bas, voilà Ray Charles (L’impact des émotions sur nos actions et comment elles sont la source de certaines erreurs, l’impact de la peur et l’efficacité de l’humour)

Peu de temps avant que l’auteur n’arrive sur le porte-avions Américain Carl Vinson, étape importante dans sa quête l’amenant explorer cette frontière fascinante entre la vie et la mort – frontière, parce que certains réussissent, et d’autres échouent – un pilote s’est retrouvé en phase d’atterrissage, quelque chose de plutôt normal sur un tel navire. Mais son approche était bien trop basse. Et de nombreux signaux le lui montraient, que ce soit dans son cockpit ou sur la piste – l’officier d’atterrissage avait allumés les grandes lumières rouges qui signifient Vous n’avez pas la bonne approche, vous ne pouvez pas atterrir ! Et il criait bien sûr dans son micro, sa voix résonnant dans le casque du pilote. Mais celui-ci continua, alors même qu’il n’avait qu’à pousser de quelques centimètres sa manette de gaz pour repartir et tenter une nouvelle approche.

L’impact avec la queue du porte-avions coupa l’avion en deux, et envoya le pilote ricocher sur la piste dans une gerbe d’étincelles, encore accroché à son siège.

Il survécut. Ce n’est pas le fin mot de l’histoire, ce n’est pas là où se situe la frontière. Là où se situe la frontière réside dans cette question : à quoi pensait-il ? Il était intelligent, bien préparé et avait subi une formation d’élite extrêmement performante. Quelque chose de puissant l’avait bloqué. Quelque chose qui l’avait forcé à continuer d’essayer d’atteindre la piste alors que tous les signaux lui indiquaient qu’il s’y prenait mal. Cela rappelait à Laurence Gonzales les nombreux accidents dans des sports dangereux comme le canyoning qui ont eu lieu parce que les personnes ignoraient des signes pourtant évidents de manière inexplicable. C’est ce mystère que l’auteur essayait de résoudre.

Ce que les pilotes du Carl Vinson savent, c’est que parfois les ennuis surviennent. Il y a des choses que vous ne pouvez pas contrôler. Et, vous feriez mieux de savoir comment vous allez y réagir.

La première règle est : faites face à la réalité. Les bons survivants ne sont pas immunisés à la peur. Ils savent ce qui se produit et la peur les envahit complètement. Toute la question est ce qu’ils font juste après.

Souvent, les survivants gèrent la peur grâce à l’humour, un humour parfois noir à propos de leur situation. Parce que si vous commencez à être trop sérieux à propos de ce qui se passe, vous serez trop effrayé pour faire quoi que ce soit. La peur est bonne. Trop de peur ne l’est pas. Car les émotions peuvent tromper la raison, et pour réussir vous devez utiliser les rênes de la raison sur le cheval de l’émotion. L’intellect sans émotion est comme un jockey sans cheval, mais le cheval sans jockey coure en tout sens sans but précis.

Quand un pilote prend les commandes d’un avion et s’élance sur la piste, il est souvent dans un état d’excitation avancé. Voler est sa passion et parfois il ne vit que pour elle. Chaque vol est un pur moment de joie et de bonheur, alors qu’il pilote plusieurs tonnes d’un système très instable et bourré de carburant explosif où la moindre erreur peut être fatale. Ils prennent un risque calculé, tout comme le fond les snowboarders avant de s’élancer du haut de leur montagne, les alpinistes, les parachutistes et de nombreux autres sportifs.

Dans ces moments-là, personne n’est vraiment totalement présent. Chacun est dans un état de perception, de cognition, de mémoire et d’émotion profondément altéré.

Aujourd’hui, les études scientifiques nous informent que les émotions sont une réponse instinctive conçue pour la survie. Elles sont beaucoup plus rapides que l’intellect, et actionnent de nombreux changements physiques qui sont des préparations à l’action. Le système nerveux devient plus énergique. Le sang change sa chimie afin qu’il coagule plus vite. La digestion stoppe, et de nombreux composés chimiques sont envoyés dans le sang afin d’aider le corps à être prêt pour tout ce qui doit être fait. La raison est hésitante, lente et faillible, alors que les émotions sont sûres, rapides et sans hésitation.

Donc le cheval peut travailler pour ou contre nous, il peut nous faire gagner la course ou nous projeter contre une barrière. Donc c’est le fait d’apprendre quand le calmer et le caresser gentiment et quand le laisser courir qui fait la différence entre le survivant et les autres. Et c’est à cela que sert l’humour noir de nombreuses cultures : à calmer la bête, à la tenir tranquille, puis quand il est temps de courir, à la laisser aller.

Il y a des émotions primaires et secondaires. Les émotions primaires sont celles avec lesquelles vous êtes né, comme le besoin de rechercher de la nourriture ou l’envie soudaine d’attraper quelque chose si vous vous sentez tomber. Et le système émotionnel peut être raccroché à absolument tout et n’importe quoi. Si vous êtes un homme à la guerre, l’évolution n’a pas façonné votre cerveau pour vous jeter à terre à la moindre détonation. Mais une fois que vous avez fait la connexion entre les détonations et le risque de mourir, cette connexion devient si profonde que vous n’avez même plus besoin de penser lorsque l’évènement survient : votre réaction est automatique. Ce sont les émotions secondaires : des connexions de choses avec les émotions primaires qui rendent les réactions automatiques.

La peur est une émotion très puissante. Durant une réaction de peur, l’amygdale – du cerveau, à ne pas confondre avec ceux de la gorge – aide à mettre en place une séquence incroyablement complexe d’évènements destinés à produire une réaction qui aidera à survivre, contournant l’intellect. Par exemple, si vous vous promenez sur un chemin de montagne et remarquez quelque chose à terre qui ressemble à un serpent, vous allez stopper net avant même d’avoir réellement constaté ce qui se trouve à terre, grâce à l’amygale dont la stratégie façonnée par l’évolution est “mieux vaut être en sécurité qu’être certain”. Ensuite le néocortex prendra le relais et vous dira si ce que vous voyez est un simple bâton ou un véritable serpent.

Ainsi, beaucoup de pilotes ressentent la peur alors qu’ils sont en phase d’atterrissage – décoller est facultatif, mais atterrir est une nécessité – et la peur dans un cockpit, c’est comme un combat de chevaliers dans une cabine téléphonique. Les pilotes développent à force une émotion secondaire très forte associant la sécurité et même l’extase avec le sol – ou le pont d’envol – et la sensation irrésistible que si seulement il peut ramener ce truc à terre il sera sain et sauf. Le pilote développe une mémoire physique de cette sensation, qui est un puissant instrument de motivation pour l’action couplé avec l’expérience directe d’une émotion primaire. Il a aussi un savoir intellectuel lui disant que s’il tente d’atterrir alors qu’il est trop bas ou trop lent, il peut mourir.

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Malheureusement, il n’a aucune émotion secondaire lié à cet évènement, puisqu’il ne l’a jamais expérimenté. C’est un concept abstrait, qui ne peut pas lutter à armes égales pour être une motivation pour agir.

Or la peur est souvent un déclencheur de stress. En cas de stress, le cerveau secrète de la cortisole qui a de nombreux effets. Dont le fait d’éroder notre capacité à bien percevoir les choses. Mais aussi, celui de restreindre notre champ de vision en ciblant uniquement les choses que nous considérons comme les plus importantes. Et parfois ce ne sont pas les bonnes choses. Ainsi parfois un pilote se focalise trop sur ce qu’il ressent comme étant la chose la plus importante à ce moment : la piste d’atterrissage. Chez soi.

Et donc le pilote du Carl Vinson a très bien pu ne pas entendre la voix de l’officier d’atterrissage et ne pas voir les lumières rouges sur le pont. Son organisme faisait ce qu’il savait être le mieux pour lui. Échapper au danger et se mettre en sécurité le plus rapidement possible. Le reste de l’environnement devint un bruit sans intérêt, filtré efficacement par le cerveau.

Donc il heurta le navire.

Les émotions sont des mécanismes de survie, mais elles ne fonctionnent pas toujours pour les individus. Elles fonctionnent par un nombre énorme d’essais et d’erreurs et sont efficaces au niveau de l’espèce. Les individus peuvent vivre ou mourir, mais sur une période de quelques millions d’années, davantage de mammifères ont vécus qu’il n’y en a qui sont morts en laissant leurs émotions prendre le contrôle de leurs actions, donc les émotions ont été sélectionnées.

L’humour est une des formes de contrôle des émotions les plus efficaces qui soit. Elle permet de prendre en compte le danger, de ne pas le nier, tout en restant maître de ses émotions.

A un moment de son séjour sur le porte avions, Laurence Gonzales se tenait sur le pont avec l’officier d’atterrissage, et regardait un pilote approcher nerveusement, en phase d’atterrissage, son avion vacillant sans ordre apparent. Même lui pouvait dire  que son approche était vraiment mauvaise. L’officier alluma les lumières rouges, puis fit quelque pas hasardeux, sa tête se déplaçant comme celle d’un homme aveugle, puis il lui dit :

“Regarde là-bas, voilà Ray Charles”.

Chapitre 4 : Un gorille au beau milieu de nous (Comment le cerveau filtre la réalité, les modèles mentaux et les limites de la mémoire de travail)

Aussi complexe que soit le cerveau, le monde l’est davantage encore. Le cerveau ne peut pas traiter et organiser toutes les données qu’il reçoit. Il ne pourrait pas définir un plan d’action raisonnable si tout était considéré de manière égale et perçu avec la même intensité. Ainsi, le cerveau se doit de simplifier la réalité et de n’en percevoir qu’une partie pour pouvoir traiter avec elle. Sinon il croulerait sous le poids de la complexité. C’est ce qui est difficile avec la logique : elle se fait étape par étape, de manière linéaire. La réalité n’est pas linéaire.

Le rôle du cerveau par rapport à la réalité est semblable à celui d’un moteur de recherches par rapport aux milliards de pages qui se trouvent sur Internet. Sans un moteur de recherche puissant, vous êtes paralysé.

Un des moteurs de recherche du cerveau implique les marques-pages émotionnels, dans lesquels les émotions aident à diriger la logique directe et la raison vers un endroit où ils peuvent faire un travail utile. Une deuxième stratégie que le cerveau utilise pour gérer les problèmes compliqués est de créer des modèles mentaux, des schémas simplifiés de la réalité. Un modèle mental peut vous dire quelles sont les règles d’un environnement particulier ou la couleur et la forme d’un objet familier.

Les magiciens utilisent dans leurs tours les plus subtils cette création d’un modèle mental temporaire, une mémoire à court terme du monde. Chaque modèle du monde a ses propres présupposés sous-jacents basés sur l’expérience, les mémoires, les émotions secondaires et les marques-pages émotionnels, qui influencent ce que nous nous attendons à voir et ce que nous planifions de faire à ce sujet. Le magicien créé un modèle du monde, puis passe d’un modèle à un autre, de manière si rapide que vous restez collés au premier modèle, et que vous êtes surpris par la nouvelle réalité qu’il vous montre. C’est la déconnexion entre le premier modèle et le deuxième qui est surprenante. Vous croyez que c’est le magicien qui fait le tour, mais en fait vous vous le faites vous-même.

Une des raisons pour lesquelles les tours de magie fonctionnent peut être expliqué par la mémoire de travail. La mémoire de travail est une mémoire temporaire servant à gérer ce que nous faisons au présent. Elle ne peut gérer que quelques éléments en même temps, peut-être la moitié d’une douzaine environ. Quand de nouvelles choses demandent notre attention, ces éléments sont oubliés. La mémoire de travail peut aussi utiliser de l’information de la mémoire à long terme.

Le fait que vous soyez capable de lire cette longue phrase est le résultat de votre mémoire à court terme qui est capable de retenir le début, le milieu et la fin de la phrase, tout en utilisant des définitions et associations venant de votre mémoire à long terme pour comprendre le sens des mots.

C’est aussi le résultat du fait que vous avez créé des modèles mentaux des mots, vous avez associé à un symbole – le mot – une signification, une image de la réalité. Puisque vous lisez chameau, vous pensez immédiatement à un chameau. Si toutefois vous avez déjà vu une image de cet animal. Si vous n’avez jamais vu d’image de cet animal, alors la signification que vous accorderez à ce mot dépendra des connaissances que vous avez acquis à ce sujet. Peut-être le classerez-vous dans la catégorie générale “animaux”, l’associerez-vous au désert, ou le mettrez tout simplement dans la case “je ne sais pas ce que c’est”. Et tout cela instantanément.

Le fait que les nouvelles informations – et en particulier les informations chargées émotionnellement – forcent les choses à sortir de notre mémoire de travail signifient que nous ne pouvons pas faire attention à trop de choses en même temps. A moins que quelque chose soit transféré avec succès dans notre mémoire à long terme, il est perdu.

La mémoire de travail est donc notre attention. Sa nature limitée, conjuguée aux inévitables failles des modèles mentaux, peut causer des défaillances surprenantes dans la manière dont nous appréhendons la réalité et prenons des décisions conscientes ou insconscientes.

En 1989, Lynn Hill, une des plus fameuses alpinistes du monde, fut ainsi victime des défaillances de sa mémoire de travail. Alors qu’elle faisait de l’escalade sur un parcours facile à Buoux, dans le sud de la France, juste pour s’échauffer, elle fut distraite pendant qu’elle était en train de nouer sa corde à son harnais et ne finit pas son noeud.

Toutefois, elle garda le fait de devoir nouer la corde dans sa mémoire de travail jusqu’à ce qu’une conversation avec une femme japonaise, et le fait de mettre ses chaussures (et de nouer ses lacets) fassent évacuer cette idée. Alors, elle escalada la paroi jusqu’au sommet, inconsciente du piège qu’elle s’était créée. Lynn Hill s’était créé un modèle mental qui avait fonctionné dans le passé, d’elle, attachée à son harnais par une corde solidement nouée. Elle dépendait de ce modèle pour qu’il corresponde à la réalité. Elle demanda à être descendue, mis tout son poids sur la corde, et le noeud a moitié noué lâcha. Par conséquent, elle chuta de 21 mètres. Et, un arbre la sauva de justesse.

manuel de survie - Deep Survival

Photo par Cuplex

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Les modèles mentaux peuvent être étonnamment forts et les capacités de la mémoire à court terme étonnamment fragiles. Le psychologue Arien Mack note ainsi que “La plupart des personnes ont l’impression qu’ils peuvent simplement voir ce qui est là, et que c’est aussi simple que d’ouvrir les yeux”. Or un groupe de psychologues de Harvard (Daniel Simons et Daniel Levin) ont récemment montré une vidéo montrant des joueurs de basket se passant la balle à des personnes, et leur ont demandés de compter le nombre de passes entre les personnes d’une même équipe.

La moitié des personnes ainsi absorbées dans leur tâche n’ont pas vu passer un homme déguisé en gorille qui se tenait pourtant clairement au milieu du terrain pendant au moins cinq secondes, et se frappait même la poitrine ! Lorsque les chercheurs leur remontraient la vidéo, ils pensaient pour la plupart qu’il s’agissait d’une autre. Un autre groupe à qui l’on avait rien demandé et qui observait juste la scène a vu le gorille à chaque fois.

Note : Voir cet article pour plus d’informations au sujet de cette expérience, avec une photo du gorille 😉

Qu’est-ce qui fait la différence entre le premier et le second groupe ? Le deuxième groupe se contentait juste de regarder la vidéo en se demandant “qu’est-ce qui se passe ?”, “qu’est-ce que je peux voir ici ?”. Ils avaient une attitude ouverte envers un monde non familier, alors que le premier, qui se contentait de compter les passes, était -trop- focalisé sur un système fermé et non ouvert aux évènements extérieurs à ce système.

La plupart des personnes diront que l’esprit nous joue des tours, mais au fond d’eux, peu le croient réellement. La plupart des personnes qui lisent ceci vivent dans des environnements à faible risque conçus spécifiquement pour que les conséquences de l’inattention et le décalage entre notre modèle mental et la réalité soient triviales.  Mais si ils adoptent cette attitude dans la nature sauvage – ou dans tout autre zone à risque de la vie, de l’amour ou du business – le coût peut en être très élevé.

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Au départ, l’idée que vous puissiez ne pas voir le gorille peut sembler être un non-sens. Mais si vous comprenez comment les modèles mentaux et la mémoire de travail fonctionnent, alors cela devient évident. Vous comptez combien de fois les joueurs se passent la balle. Vous définissez donc un modèle – une représentation simplifiée de la balle, des joueurs et des mouvements – pour vous faciliter la tâche. Maintenant un gorille apparaît. Les gorilles ne sont pas utiles à la complétion de la tâche, ils n’ont rien à voir avec le basketball. Comme ils sont hors de propos et feraient sortir de la mémoire de travail la tâche en cours, le cerveau, en bon système efficace, les filtre afin que vous puissiez continuer à compter. Votre modèle mental n’est plus adapté à l’environnement. Mais, en l’occurence il vous permet de mieux vous concentrer sur votre tâche.

Le problème est quand l’inadaptation de votre modèle mental avec la réalité peut entraîner des conséquences catastrophiques. Ne pas voir un gorille sur une vidéo a des conséquences triviales. Ne pas en voir un dans la jungle peut avoir des conséquences autrement plus importantes.

Certaines personnes mettent à jour leurs modèles mentaux plus facilement que d’autres. Elles sont appelés les survivants.

Note : Le magazine Pour la Science du mois de mars propose un excellent article complémentaire à ce passage, intitulé “Une nouvelle science : la neuromagie”, de Susana Martinez-Conde et Stephen Macknik.

Chapitre 5 : Anatomie d’un acte divin (la nécessité de l’humilité, la source des erreurs)

Si vous distillez toutes les sciences cognitives, la psychologie et les neurosciences des cent dernières années, vous trouverez que nous sommes toujours Homo mais parfois pas Sapiens. Nous sommes des créatures émotionnelles, c’est à dire, des créatures physiques. Le neurologue Joseph Ledoux conclut que “les personnes font toute sorte de choses pour des raisons dont elles n’ont pas conscience… et c’est un des principaux jobs de la conscience de faire en sorte que notre vie soit construite d’une manière cohérente, en un auto-concept”. Ainsi, chacun est le héros de son propre film.

Il n’est donc pas surprenant de constater que dans bien des cas les mécanismes de base de la survie, qui ont été directement câblés en nous et sculptés par l’expérience, se révèlent non seulement être de puissants éléments de motivation poussant à agir, mais aussi fonctionnent à leur maximum quand ils court-circuitent les mécanismes de la conscience. Une fois qu’une réaction émotionnelle est enclenchée, cela peut entraîner une envie impérieuse d’agir.

Mais il y a de nombreux moyens de revisiter le script et de l’adapter aux situations hasardeuses. L’entraînement en est un. Tous les performers de haut niveau s’entraînent très dur. Et si vous suivez leur chemin, vous avez intérêt à être bien entraîné aussi. Si nous sommes débutants, nous faisons face dans la nature à la même difficulté que les experts. Celle-ci ne s’adapte pas à notre niveau.

La pratique du Zen nous apprend qu’il est impossible d’ajouter quoi que ce soit à une tasse de thé emplie d’eau. La même chose est vrai pour nos esprits. Une attitude fermée qui dit “Je le sais déjà” peut nous faire rater des informations importantes. Le Zen enseigne l’ouverture. Les professeurs de survie s’y refère en parlant “d’humilité”. En général, les performers de haut niveau comme les sauveteurs professionnels ont un équilibre personnel exceptionnel entre audace et humilité.

Être juste conscient des pièges de la nature peut aider. Cela nous aide à nous rappeler que nous sommes des primates avec une récente et assez peu testée nouvelle fonctionnalité : le néocortex. Ce que nous voyons comme des échecs de l’esprit ne sont probablement rien de plus que le processus de la nature qui bricole tranquillement avec des règles simples sur une longue période de temps évolutionniste. La nature utilise toujours beaucoup d’individus de toutes les espèces dans ses expériences, et nous sommes sa dernière expérience. Cela n’a rien de personnel, ainsi, quand notre cerveau nous joue des tours. Cela n’a rien de personnel non plus quand nous mourrons, comme l’a dit Marc-Aurèle, l’empereur-philosophe.

Chapitre 6 : L’effet du tas de sable ( Les accidents comme cause naturelle des systèmes)

Ce que nous appelons “accidents” ne se contentent pas de se produire. Les gens doivent assembler le système qui fait en sorte qu’ils se produisent. Même ainsi, rien ne peut se produire pendant longtemps. C’est ainsi que des montagnes peuvent avoir la réputation d’être faciles et adaptées aux débutants en escalade. Pourtant des accidents s’y produisent, impliquant souvent des personnes expérimentées qui ont grimpés sur des montagnes autrement plus difficiles.

Ainsi en 2002, un drame se produisit au Mont Hood, une montagne de l’Oregon censée être facile. Quatre alpinistes, dont un très expérimenté, étaient arrivés au sommet. Après avoir profité de la vue, ils ont entamés leur descente, tous attachés à la même corde. La personne la plus novice tout en bas, la plus expérimentée tout en haut. Ils n’utilisaient pas de fixations solides sur la montagne pour fixer la corde, elle était attachée à eux. La corde permet de retenir quelqu’un en cas de chute, mais à la seule condition que la personne tout en haut ne tombe pas.

En effet, la distance entre les alpinistes peut être de 10 mètres, donc si la personne tout en haut chute, la deuxième encaissera la secousse quand le premier aura fait une chute de 20 mètres (deux fois la longueur de la corde entre les deux personnes), ce qui induit un choc d’une telle énergie que cela ne peut que faire chuter la deuxième personne, et ainsi de suite. C’est pour cela que c’est la personne la plus expérimentée qui est en haut. Elle n’est pas censée chuter.

Or ce jour là, Ward, l’alpiniste expérimenté, a glissé et est tombé. Il a entraîné les trois autres dans sa chute. Et, tout ce beau monde a encore entraîné deux autres alpinistes qui se trouvaient en dessous d’eux, puis encore trois qui entamaient leur ascension. Les neufs ont terminés dans une crevasse. Trois sont morts, dont Ward.

Ce type d’accident devait arriver, comme c’est toujours le cas, à quelqu’un quelque part. Toutes les théories disponibles nous disent que c’est une part inévitable d’un système plus large qui place des grimpeurs sur des pentes enneigées en grand nombre. Dans son livre Normal Accidents, Charles Perrow défend l’idée selon laquelle dans certains types de systèmes, les grands accidents, bien que rares, sont à la fois normaux et inévitables. Les accidents sont une caractéristique du système en lui-même.

Les alpinistes grimpent encordés en équipe sans protection fixe tout le temps. Ils utilisent des piolets comme des bâtons d’appui lors des descentes.

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Photo par massimobottelli

L’accident du Mont Hood impliquait deux grandes catégories d’effets. Le système mécanique que les alpinistes utilisait, et la psychologie et la physiologie qui ont contribuées à cet accident.

Dans les accidents de système, des interactions inattendues entre les forces et les composants sont naturellement générées par la complexité du système. Ce type d’accident est fait de conditions, jugements, actes et événements qui seraient sans conséquences en eux-même : à moins qu’ils ne soient couplés de la “bonne” manière au “bon” moment, ils passent inaperçus. Ainsi Ward a t-il déjà glissé par le passé, mais il a toujours réussi à se rattraper avant d’entamer une chute mortelle. Il a déjà utilisé une protection fixe, aussi, mais sans jamais tomber au point qu’elle lui soit utile. Ainsi Charles Perrow note que la plupart du temps, rien de sérieux ne se produit, ce qui conduit les opérateurs – ici les alpinistes – à croire que le comportement du système qu’ils voient est le seul état possible du système.

La navette spatiale a volé de nombreuses fois sans incidents. Elle a plusieurs fois décollée de Floride lors de matins froids, et rien de fâcheux ne s’est produit. Les personnes responsables ont commencé à voir ce comportement comme le seul possible du système. Puis, un matin, le froid a fait qu’un joint en caoutchouc s’est cassé. Les ingénieurs, qui comprenaient mieux le système que ceux qui avaient la responsabilité du décollage, ont tenté de les avertir du risque potentiel. Mais sous la pression du planning et de la politique, Challenger a tout de même été lancée, et les responsables, et le monde entier avec eux, ont pu voir de leur propres yeux une démonstration visuelle d’un autre état possible, mais rare, du système connu sous le nom de navette spatiale.

Quand un système est étroitement couplé, ses effets peuvent se répandent de manière exponentielle. Dans un système peu ou non couplé, les effets n’influencent pas les autres parties du système. Ainsi une rangée de dominos serrée fait entretenir une relation étroite entre l’état individuel de chaque domino et l’état de l’ensemble. Si un seul tombe, tous les autres peuvent être affectés. Mais si les dominos sont suffisamment espacés, la chute d’un seul n’aura aucune conséquence sur les autres.

Si les grimpeurs ne s’étaient pas attachés les uns aux autres, les conséquences de la chute de Ward auraient été beaucoup moins dramatiques. Mais l’accident n’était néanmoins la faute de personne. C’était une conséquence logique d’un système auto-organisé. Donc l’accident du Mont Hood était prévisible, mais personne ne pouvait savoir quels alpinistes allaient tomber, ni où ni quand, ou avec quelles blessures. Les grimpeurs étaient familiarisés avec le système et avait une bonne conception de son fonctionnement, mais seulement de ses plus fréquents états. Ce type d’accident large, quand il se produit, arrive très vite et ne peut pas être stoppé.

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Chapitre 7 : Les règles de la vie (les causes psychologiques des accidents)

Il y a deux environnements, deux mondes, au Mont Hood. L’un est conçu pour la survie et le confort des humains. L’autre ne l’est pas. Il y a les remontées mécaniques, les pavillons, et le restaurant cinq étoiles avec son pinot noir et son crostini au romarin. Dans cet endroit, vous pouvez embrasser du regard des milliers de mètres carrés de nature sauvage en sirotant votre vin blanc. Et ceci avec une indifférence impudente qu’aucun animal n’oserait se permettre. La montagne est contenue de manière sûre par les fenêtres double-vitrage.

Mais nous ne pouvons que régner sur notre petit modèle du monde. Il est facile de franchir cette ligne invisible entre ce qui a été adapté pour nous et ce qui demande que nous nous adaptons à lui. Mais il est aussi facile de l’oublier et d’emporter avec nous ce faux sentiment de sécurité qui peut nous être fatal lorsque nous franchissons la ligne. Ainsi, les neuf alpinistes peuvent avoir emmené avec eux un peu de cette attitude, du pavillon jusqu’à la montagne. Leurs succès dans la vie, leurs objectifs, leurs plans et leur imagination les ont amenés là. Ils ont gagnés de l’argent pour faire ce genre de choses. Ils méritaient la récompense que leur maîtrise de la vie leur avait achetée. Les personnes faisaient partie d’un système mécanique, mais ils étaient aussi un système en eux-mêmes.

La théorie du risque homéostatique stipule que les personnes acceptent un certain niveau de risque, et que si vous percevez l’environnement comme moins risqué, alors vous prendrez plus de risques et inversement. Ainsi, quand le système de freinage ABS a été introduit dans les voitures, le nombre d’accidents est resté globalement le même. Parce que les conducteurs équipés, se sentant plus en sécurité, prenaient plus de risques. De même, les alpinistes ayant affronté des montagnes réputées dangereuses avec un maximum de précautions ont tendance à se relâcher quand ils grimpent sur des montagnes réputées plus sûres.

Or, comme Héraclite le disait déjà il y a plus de 2500 ans, “à chaque fois que nous pénétrons dans une rivière, c’est une rivière différente”. A chaque fois que quelqu’un marche sur le Mont Hood, c’est une montagne différente. Les études sur les accidents de montagne montrent qu’il y a trois facteurs qui contribuent à celui qui s’est produit au Mont Hood.

  1. La descente,
  2. Chacun est encordé l’un à l’autre
  3. Pas de protection fixe.

Ces trois facteurs font qu’au niveau mondial, les types d’accidents similaires à celui du Mont Hood sont très communs.

Il y a trois difficultés avec la descente :

  1. L’attitude
  2. Une émotion liée au fait d’atteindre un but
  3. Le stress

En premier lieu, les grimpeurs, comme beaucoup, ont fêtés leur arrivée au sommet. “C’était un matin glorieux”, l’un d’eux a t-il raconté, “nous nous sommes amusés là-haut pendant une demi-heure, à faire des blagues”. L’humour. L’outil de désescalade de la réponse émotionnelle. Le piège qu’ils s’étaient dressés était dans le fait qu’ils n’étaient qu’à mi-chemin. Ils faisaient la fête alors même que la partie la plus difficile les attendaient encore. Les alpinistes sont les seuls sportifs à faire cela. Or, c’est une part naturelle du cycle des émotions humaines de baisser la garde une fois que vous pensez avoir atteint un objectif.

Il y a de nombreux stress qui contribuent aux chutes dans les descentes. La plupart des grimpeurs atteignent le somme fatigués, déshydratés, hypoxiques, hypoglycémiques et même parfois hypothermiques. Et n’importe lequel de ces facteurs peut contribuer à éroder les capacités mentales et physiques. Ils faussent le jugement et peuvent, par exemple, contribuer à prendre la décision de descendre sans protection. Les muscles fatigués sont aussi moins précis dans leurs mouvements, ce qui rend plus probable les chutes. Et même avec un cerveau au maximum de ses capacités, il n’y a pas de garantie que de bonnes décisions soient prises : les personnes échouent quotidiennement à réaliser que le fait qu’un accident ne puisse pas arriver n’est pas une garantie.

Comme le dit Scott Sagan, “des choses qui ne se sont jamais produites auparavant se produisent tout le temps”.  De plus, comme le dit Charles Perrow, “il est normal pour nous de mourir, mais nous ne le faisons qu’une fois”.

Donc les grimpeurs étaient au sommet et faisaient face à la descente avec le restaurant 5 étoiles en bas. Soudainement, l’état positif de la célébration de l’arrivée au sommet s’est transformé en la perspective de descendre lentement le long de cette longue pente. Des images d’expériences précédentes ont jaillis dans les esprits de tous les grimpeurs. Ils se sont vus tranquillement assis, au chaud, se reposant. Ils voyaient le repos et la sécurité à portée de main. Il fallait juste descendre rapidement et arriver au pavillon le plus vite possible (une douche chaude, le pinot noir, le crostini au romarin).

Or s’assurer avec des protections fixes est long, ennuyeux et fatiguant. Ils étaient déjà fatigués, et avaient déjà passés beaucoup de temps à grimper. Une succession de marques pages émotionnels se sont succédés dans leurs esprits, et un de ces marques-pages leur rappelait qu’il leur suffisait de descendre un pied après l’autre pour être en sécurité. Un autre leur disait que s’assurer avec des protections fixes signifiaient une douleur prolongée, la soif, la faim et la fatigue.  Et ils n’avaient aucun marque-page émotionnel lié au fait de chuter de 300 mètres, ou sur l’énergie qui peut être accumulée avec un système de corde si le grimpeur du haut chute.

Ils avaient aussi un faux sentiment de sécurité, de par le fait que le Mont Hood est réputé facile, de par l’expérience de Ward, de par l’entraînement d’auto-arrêt qu’ils avaient effectués avec succès la veille, de par leurs discussions sur les comportements à adopter pour sécuriser la descente.

Ainsi, pièce après pièce, inconscient du fait que leur modèle du monde n’était plus valide, ils ont assemblés leur accident. Et ils ont commencés ce processus bien avant leur arrivée au Mont Hood.

Ce genre d’accident doit se produire. Mais il n’est pas obligatoire qu’il se produise pour vous et moi.

La suite dans le prochain épisode 😉 .

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Je vous invite aussi à visionner ma vidéo intitulée “Comment survivre à toutes les situations”, qui accompagne bien cette chronique du livre Deep Survival 🙂:

Les 12 règles de survie de Deep Survival :

  1. Percevez correctement la situation et rendez-vous à l’évidence. Ne tombez pas dans le piège mortel du déni ou de l’immobilisation qui accompagne la peur. Admettez-le : vous avez vraiment des problèmes et vous allez devoir vous en sortir.
  2. Restez calme – Utilisez votre colère. Lors d’une crise, la peur ne gouverne pas les survivants, au contraire, ils s’en servent. Leur peur ressemble souvent à (et se transforme en) une colère, ce qui les motive et les rend plus en contrôle.
  3. Pensez, analysez et planifiez. Les survivants s’organisent rapidement, établissent des routines et instituent la discipline.
  4. Prenez des mesures correctes et décisives. Les survivants sont prêts à prendre des risques pour se sauver et sauver les autres. Mais ils sont simultanément audacieux et prudents dans ce qu’ils entreprennent. Ils gèrent ce qui est en leur pouvoir de traiter d’instant en instant, d’heure en heure, de jour en jour.
  5. Célébrez votre succès. Les survivants tirent une grande joie même de leurs plus petites réussites. Cela aide à garder la motivation élevée et empêche une chute mortelle dans le désespoir. Viktor Frankl a dit ceci : «Ne visez pas le succès, plus vous visez et plus vous en faites une cible, plus vous allez le manquer.»
  6. Soyez un sauveteur, et non une victime. Les survivants font toujours ce qu’ils font pour quelqu’un d’autre. Et ceci, même si ce dernier se trouve à des milliers de kilomètres. Il existe de nombreuses stratégies pour ce faire. Lorsqu’Antoine Saint-Exupéry s’est retrouvé coincé dans le désert libyen à la suite d’une panne de moteur, il a pensé à la souffrance que sa femme subirait s’il abandonnait et ne revenait pas.
  7. Profitez de votre mésaventure. Cela peut sembler paradoxal, mais même dans les pires circonstances, les survivants trouvent quelque chose à apprécier, un moyen de jouer et de rire. La survie peut être fastidieuse et l’attente est un art.
  8. Voyez la beauté. Les survivants sont sensibles aux merveilles de leur monde, en particulier face aux dangers mortels. L’appréciation de la beauté, le sentiment de crainte, ouvre les sens à l’environnement. (Quand vous voyez quelque chose de beau, vos pupilles se dilatent réellement.) Lorsque l’avion de Saint-Exupéry s’écrase dans le désert Libyen, il est certain qu’il est condamné. Mais, il poursuit dans cet esprit. «Nous voici condamnés à mort, et cependant la certitude de mourir ne peut être comparée au plaisir que je ressens. La joie que je tire de cette moitié d’orange que je tiens dans ma main est l’une des plus grandes joies que je connaisse.»
  9. Croyez que vous allez réussir. C’est à ce stade, suivant ce que j’appelle «la vision», que la volonté de vivre du survivant se fixe fermement.
  10. Abandonnez-vous à la réalité de la situation. Oui, vous pourriez mourir. En fait, il est certain que vous allez mourir – c’est le sort qui nous attend tous. Mais peut-être aujourd’hui. Ne laissez pas ça vous inquiéter.
  11. Faites ce qui est nécessaire. Lors d’un accident de randonne dans un canyon du Utah, l’aventurier américain Aron Ralston s’est amputer son bras droit afin de se libérer d’un rocher d’une tonne qui s’était écrasé sur sa main. Les survivants ont une raison de vivre et sont prêts à tout parier sur eux-mêmes.
  12. N’abandonnez jamais votre quête de survie. Tant et aussi longtemps que vous êtes encore en vie, vous pouvez toujours faire quelque chose.

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6 Commentaires pour :

Deep Survival – Comment survivre lors d’une catastrophe


  • […] le résumer, j’en publie le résumé en deux parties. Voici la deuxième. La première se trouve ici. De plus, certains chapitres étant assez redondants, j’en ai sauté quelques-uns quand […]

    Répondre



    • Podcast : Deep Survival

      18 Août 2010 à 20:23

      […] 17ème podcast est la chronique du livre Deep Survival, qui explore les raisons pour lesquelles certaines personnes vivent et d’autres meurent […]

      Répondre



      • Bertrand Wild

        13 Nov 2010 à 15:36

        Génial ! Ce n’est pas du tout ce que je cherchais mais je n’ai pas pu décrocher de ce résumé passionnant, merci !
        A bientôt sûrement, je reviendrai vous lire.
        Meilleures salutations,
        Bertrand

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        • […] bienfaits de l’ikigaï est qu’il apporte solidité et résilience, deux forces indispensables quand un drame surgit (lors des catastrophes naturelles qui touchent le Japon assez régulièrement par […]

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          • […] le résumé en deux parties. Voici la deuxième. La première se trouve ici. De plus, certains chapitres étant assez redondants, j’en ai sauté quelques-uns […]

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            • […] 17ème podcast est la retranscription audio de la chronique du livre Deep Survival (voir ici la chronique texte publiée il y a quelques mois), qui explore les raisons pour lesquelles certaines personnes vivent et d’autres meurent […]

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