Protegor – Guide pragmatique de sécurité personnelle, self-défense et survie urbaine

protegor guide pragmatique sécurité personnelle self-defense

Phrase-résumée de “Protegor – Guide pragmatique de sécurité personnelle, self défense et survie urbaine” : Il s’agit d’un guide complet et pratique destiné à informer et à inciter tout un chacun à être attentif à sa propre sécurité, à bien réagir lors d’une agression physique et à assurer sa survie en milieu hostile.

Par Guillaume Morel et Frédéric Bouammache, 2017 (1e édition 2008), 400 pages.

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par David Belleau du blog Se défendre soi-même.

Chronique et résumé du livre “Protegor – Guide pragmatique de sécurité personnelle, self-défense et survie urbaine” :

Introduction

Tout d’abord, Protegor signifie « Je suis protégé » en latin. L’objectif de ce livre est donc de vous aider à acquérir certains principes de sécurité qui pourront un jour vous servir dans une situation difficile. Il a été écrit par deux passionnés du combat rapproché. Guillaume Morel, ceinture noire de karaté et spécialiste de la self-défense. Et Fred Bouammache, également ceinture noire de karaté et policier depuis 25 ans.

Ces derniers nous exposent l’avant, le pendant et l’après des 3 aspects de sécurité spécifiques : la sécurité personnelle (ex : préparation mentale), la self-défense (ex : agression) et la survie urbaine (ex : épidémie). Comme le dit Jean-Michel Leprêtre, instructeur de self-défense, vous devez être vigilant en termes de sécurité. Les auteurs ajoutent qu’il faut être lâche (fuir l’agresseur), égoïste (pensez uniquement à votre survie et à celle de vos proches) et paresseux (techniques de défense simples, sobres, et le moins visible possible). Et ne pas ressembler à une victime.

Pour minimiser les risques sur votre personne, les auteurs ont établi 7 grands principes à retenir :

  • Fuir, fuir, fuir : la meilleure solution est toujours la fuite.
  • Si vis pacem, para bellum (si tu veux la paix, prépare la guerre) : soyez toujours prêt à voir survenir le danger, une menace, et cela vous aidera à prendre les bonnes décisions.
  • Connais-toi toi-même : expérimentez vos émotions et vos attitudes face aux différents moments de votre vie.
  • Faire attention aux détails : la meilleure prévention est d’être attentif aux détails de votre environnement.
  • Ne pas mettre tous les œufs dans le même panier : j’imagine que vous connaissez très bien cet adage. Il peut s’agir, par exemple, de ne pas mettre toutes ses cartes bancaires dans une même poche.
  • Quand il y a doute… : écouter votre instinct peut vous sauver la vie.
  • Privilégier l’action ou l’inaction : il vaut mieux faire utilement que de faire quelque chose inutilement.

Chapitre 1 de Protegor – Sécurité personnelle

1.1 – Protection préventive

Guillaume Morel et Fred Bouammache nous expliquent qu’il y a 3 zones de protection de notre domicile.

  1. La première est la zone d’observation où vous pouvez surveiller un intrus par les portes ou les fenêtres.
  2. En deuxième, c’est la zone de contrôle. Elle permet de transiter entre les pièces par les couloirs ou les sorties.
  3. Et la dernière, la zone de sécurité, assure votre repli. Cela peut être l’une des chambres de la maison.

Du domicile, on passe à la voiture. La montée et la descente de voiture sont souvent les moments où les agresseurs agissent. Observez donc les alentours. En conduite, laissez une distance de sécurité adéquate en cas de déplacements en urgence. Centraliser vos portes une fois installé doit être un réflexe. Si votre véhicule se trouve dans un parking fermé, assurez-vous qu’il se trouve près de la sortie.

En matière de protection préventive, il existe 5 principes à prendre en compte :

  1. Prévention : connaître les coins et recoins de votre domicile et les procédures d’urgence.
  2. Cloisonnement : fermez portes et fenêtres et jetez un coup d’œil de temps en temps.
  3. Isolement : privilégier la zone de sécurité (pièce de repli).
  4. Communication : avoir une voix ferme et appuyée face à un intrus ou alerter les secours en cas de difficulté.
  5. Survie : partez du lieu d’isolement dans une situation dangereuse.

De plus, les auteurs attirent notre attention sur plusieurs méthodes de tromperies qui peuvent vous être préjudiciables. On a :

  • Le GHB, la drogue du viol* : elle se dissimule facilement dans une boisson. Les scientifiques estiment qu’une dose est complètement éliminée de notre métabolisme entre 4 et 8 heures.
  • Les distributeurs automatiques de billets piégés (dab) : fausses façades de dab placées sur les véritables DAB. Inspectez à la main les façades pour être sûr.
  • L’escroquerie à la carte bleue : ne laissez votre carte bancaire aux mains d’une autre personne trop longtemps.
  • Les faux employés : des voleurs déguisés en personnel d’EDF ou de mairie. N’ouvrez pas à des inconnus.
  • Les pickpockets et les terrassiers : palpez vos poches de temps à autre (pickpockets). Placez la bandoulière de votre sac autour du pied de votre chaise (terrassiers).

1.2 – Équipement personnel

Si vous vous retrouvez face à un agresseur, alors une arme ou un accessoire de défense vous sera bien utile. Concernant les armes de survie (arme à feu), la législation interdit d’en porter ou d’en transporter sur soi ou dans son véhicule sans autorisation, déclaration (Préfecture) ou sans être enregistré.

Au sujet des armes blanches, tel un couteau, ils les déconseillent, sauf si la lame à la longueur d’un pouce et une prise en main ergonomique. Le taser est, quant à lui, réservé aux forces de l’ordre. Dans des lieux au froid extrême, il est recommandé de multiplier les couches de vêtements. Et à chaleur extrême, c’est l’inverse. Ils ont choisi 4 critères de sélection d’un vêtement adapté à ces situations :

  • La technicité : séchage rapide, thermorégulation, bonne isolation…
  • L’aisance : souplesse des mouvements, confort, évacuation de la respiration…
  • Le look : passer inaperçu et se sentir bien.
  • La résistance : texture, tenue à long terme, résistance aux lavages…

Lors d’une situation d’urgence, vous pourriez avoir besoin d’un kit d’urgence et d’une trousse de secours. Vous pouvez y mettre par exemple des couvertures, des bandages, un antidiarrhéique ou des paires de gants. Et le strict minimum regroupe un sifflet, un mini-briquet, une lampe LED, un peu d’argent (100 euros), une lame et une feuille d’urgence plastifiée (numéros de cartes, de papiers d’identité et à appeler en cas d’urgence).

1.3 – Protection des informations

Avec l’expansion continuelle d’Internet et des réseaux sociaux, nos données personnelles peuvent se retrouver aux mains de n’importe qui si elles ne sont pas gérées avec vigilance. Guillaume Morel et Fred Bouammache ont classé nos données en 4 grandes familles d’informations :

  • Identités et informations personnelles : coordonnées, lien de parenté, appartenance à un club de sport…
  • Échanges et comportements : e-mails, chats sur Internet, objets connectés…
  • Travail et données : clients, projets en cours (ordinateur professionnel), échanges entre amis, photos (ordinateur personnel)
  • Compte bancaire et transactions : numéros de compte, transactions des achats ou des ventes…

Pour protéger ces informations, les auteurs nous invitent à suivre 8 principes qui sont les suivants :

  • Limiter la quantité de supports (papier ou électronique) : ne donnez pas vos informations personnelles si ce n’est pas obligatoire, demandez qu’elles ne soient pas utilisées par des tiers.
  • Protéger vos supports de données : chiffrer vos données (Bitlocker ou VeraCrypt), stocker les dans le Cloud, sécuriser vos supports portables (clé USB, lecteur MP3).
  • Sécuriser leur accès : placez vos documents confidentiels dans un coffre, utiliser un VPN (service payant) pour vos connections WiFi en extérieur.
  • Créer des mots de passe « robustes » : choisissez-en avec au moins 12 caractères (minuscules, majuscules, chiffres et caractères spéciaux), ne jamais envoyer un mot de passe par email.
  • Prendre conscience de la présence de vos informations sur un maximum de supports : en vous mettant à la place d’un individu malveillant, cela peut aider à savoir comment vos données ont fuité.
  • Organiser vos comptes : ayez plusieurs e-mails (personnel, professionnel et publicitaire) et au moins 2 comptes bancaires (un pour vos dépenses mensuelles) et un autre pour vos achats réguliers).
  • Connaître les dangers de l’Internet : le spamming (e-mail indésirable), les virus (perte de données), les spywares (conservation de vos habitudes de navigation), les scams (escroqueries commerciales), le pharming (redirection vers le site de votre banque), le phishing (récupérer vos données) et le pistage (surveillance de votre navigation).
  • Sauvegarder régulièrement vos données : sur un disque externe et les placer dans un autre lieu (maison de campagne) en cas de catastrophes naturelles, archivez-les tous les jours.
Les lecteurs de cet article ont également lu :  L'Art de la Méditation

1.4 – Protection en voyage

protegor se protéger en voyage

En voyage, la préparation est essentielle pour que tout se passe comme on le souhaite. Vous devez penser aux moyens de transport à utiliser une fois sur place. S’équiper d’un guide mis à jour comme le Guide du Routard ou le Lonely Planet. S’informer sur le pays à visiter : coutumes, règlementation et l’actualité (diplomatie.gouv.fr). Pensez à mettre vos vaccins à jour. Et informez bien évidemment vos proches de votre destination et de la date de votre retour.

Aussi, il faut que vous soyez libre de vos mouvements et de vos déplacements. Un sac bien équipé du strict nécessaire est ainsi le bienvenu. Celui-ci peut contenir votre passeport, votre billet de retour, une boussole, une paire de lunettes de soleil, un briquet, un sac de couchage, un anti-moustique… Dans le cas d’un départ vers un pays froid (Russie ou Finlande), équipez-vous d’une paire de chaussure et de sous-vêtements thermiques, un blouson et un pantalon de type Soft Shell, un altimètre, une lampe frontale entre autres.

À l’inverse, dans un pays chaud (Tunisie ou Thaïlande), les auteurs conseillent un tube de crème solaire (indice 30), une poche à eau de type Camelbak, des chemises amples, des tee-shirts respirants… Autres conseils utiles : laissez vos bijoux à la maison (risque d’agression) et imaginez l’imprévisible pour réagir vite aux aléas.

1.5 – Communication dissuasive

Que ce soit notre communication corporelle ou notre communication orale, nous envoyons des messages avec des significations plus ou moins différentes. En communication corporelle, l’idée est de paraître à l’aise dans sa peau. Les auteurs de ce livre utilisent l’exemple d’une altercation avec un autre individu. Ici, l’objectif est de sortir de cette situation sans avoir recours à la force. Pour cela, il faut regarder son adversaire dans les yeux sans le fixer. Respirez profondément. Masquez votre peur et votre position de soumission (tête baissée, dos courbé…). Être conciliant et amical avec votre interlocuteur.

À propos de la communication orale, le but est le même. C’est-à-dire un ton affirmatif et une attitude sociable. Lors d’une opposition physique, parlez doucement, calmement et distinctement. Courtoisie et respect sont de rigueur. Un humour léger peut éventuellement passer. À côté de cela, plusieurs points de notre communication sont à garder en tête :

  • L’observation : en conflit, regardez les mains de la personne en face de vous (si l’une est cachée, méfiez-vous !).
  • La gestion du stress : privilégiez une expiration plus longue que l’inspiration pour un meilleur retour au calme.
  • La gestion de l’espace : elle renvoie à notre espace personnel. Lorsqu’un inconnu y entre, il peut entraîner du stress.
  • La position : en début d’un conflit, adoptez la position de paix universelle (les mains levées avec les paumes ouvertes), la position dite de Jack Benny (une main sous le menton et l’autre qui la soutient par le coude), les bras croisés (position attentiste) et la protection génitale (mains croisées sur les parties génitales).
  • La dissuasion : ayez une attitude subtile pour vous sortir de situations délicates (en face d’un agresseur avec un couteau, signalez que vous avez une maladie infectieuse).
  • L’initiative : prenez l’initiative d’attaquer devant un adversaire déterminé, ne pas avoir une attitude agressive (insulter, montrer du doigt).

Chapitre 2 de Protegor – Self-défense

2.1 – Introduction

Ici, Guillaume Morel et Fred Bouammache nous expliquent que la self-défense est un ensemble de techniques de défense simples et sûrs qui doit être proposé par un enseignant sincère dans sa démarche d’apprentissage. Elle permet de choisir de ne pas s’engager dans un combat et en préférant désamorcer celui-ci dès le départ. En parlant de commencement, Henry Plée, pratiquant d’arts martiaux, nous parle de signes avant-coureurs sous forme de 7 rituels lors d’une rixe. Nous avons donc le rituel de provocation, d’affrontement, de domination, de territoire, de séduction, de sélection et de soumission.

Dans l’hypothèse que vous comptiez pratiquer une activité physique pour vous défendre, les auteurs ont déjà tout prévu. Car ils ont comparé les arts martiaux, les sports de combat et la self-défense.

  • Arts martiaux : un panel de techniques, de principes et de méthodologies améliore la puissance, la rapidité, la coordination et la résistance.
  • Sports de combat : élasticité et renforcement musculaire bénéfiques pour votre bien-être, règles restrictives et usage du fair-play semblent être des freins en combat réel.
  • Self-défense : préparation à une éventuelle agression et faire prendre conscience de cette réalité.

Toujours pour vous aider à choisir, Patrick Lombardo, pionner du combat libre en France, met en relation les caractéristiques de l’animal et celles de l’être humain pour nous aider à savoir « qui nous sommes ».

Note : Sincèrement, il s’agit d’un passage riche en enseignement que je vous conseille de lire ! C’est en page 158.

2.2 – Techniques et concepts de base

techniqus de base self défense protegor

La self-défense a pour but d’être efficace et de proposer un ensemble de tactiques et de techniques simple, personnel (morphologie, personnalité, aspirations) et illimité (tous les coups sont permis !). Les 10 techniques de base de cette méthode d’autodéfense sont :

  • Frappe avec le tranchant de la main.
  • Frappe main ouverte (paume + doigts).
  • Coup de poing marteau (au niveau de l’auriculaire).
  • Coup de coude (frappe au visage ou à la nuque).
  • Bras réactif (avant-bras pour se frayer un passage).
  • Coup de genou (très utilisé dans la rue).
  • Coup de pied aux parties génitales : sous l’effet de substances chimiques ou protégé d’une coquille, ce coup est inefficace.

Celui ou celle qui débute dans la pratique de la self-défense, peut ressentir le besoin d’être bien accompagné. Heureusement, les auteurs du livre ont regroupé les concepts de base pour cela. Ils sont aux nombres de 10 :

  • Fuir avant tout : évitez le conflit avant tout. Sinon, cherchez une issue de secours.
  • S’entraîner : faites du sport, répétez vos gammes chez vous…
  • Ne pas se laisser enfermer : prenez de la distance par rapport à votre agresseur.
  • Viser 3 cibles : les yeux, la poitrine et les jambes.
  • Enchaîner : entraînez-vous à enchaîner des frappes rapides et fortes pour perturber l’agresseur.
  • Varier les niveaux d’attaque : concentrez-vous à la fois sur la tête, le tronc et sur les jambes.
  • Absorber : esquivez en étant proche pour pouvoir contre-attaquer, relâchez votre corps pour mieux encaisser un coup et apprenez à accepter mentalement d’être touché par votre agresseur.
  • Frapper vite et fort : frappez avec relâchement, sans retenue et frappez en imaginant que la zone à atteindre est à 20 cm derrière la cible réelle.

Fred Perrin, maître d’armes (couteau) et spécialiste en sécurité personnelle, nous donne des conseils en cas d’agression. Il dit qu’il ne faut pas se poser de questions et « lâcher immédiatement les chevaux » afin de reprendre la supériorité physique et psychologique. Il ajoute également qu’il faut mettre en pratique notre apprentissage, connaître peu de techniques pour pouvoir faire face pragmatiquement à la surprise d’une agression et que des techniques supplémentaires augmenteront notre potentiel réactif.

2.3 – Étude de cas : applications des techniques de base

Dans ce moment du chapitre, les auteurs nous présentent des types de défense en situation d’agression (plaquage, coup de poing). Ils détaillent les mouvements à réaliser par des illustrations en photos, des explications précises et des points clés à respecter. On a le droit, en plus, à un entretien avec Jonathan Barbary, 25 ans d’arts martiaux. Ce dernier explique que pour bien se défendre, il ne faut pas douter de soi, s’entraîner sous stress et développer son intention. C’est-à-dire s’impliquer totalement dans sa pratique.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Comment lire, quoi lire et pourquoi : Les conseils de Thomas Carlyle

2.4 – Accessoires de défense et objets usuels

Mis à part vos bras et vos jambes, vous pouvez vous défendre à l’aide d’accessoires de défense et d’objets usuels. Pour ce qui est des accessoires de défense, vous avez le choix entre :

  • Matraque télescopique : peu encombrant, mais besoin d’espace pour la déployer.
  • Bombe lacrymogène : utilisable à distance. Attention à l’effet courant d’air pour la bombe en aérosol.
  • Matraque électrique : efficacité redoutable. Vérifiez le niveau de charge régulièrement.
  • Gomme-cogne et flashball : outil dissuasif avec un prix élevé (à partir de 100 euros).
  • Couteau court de défense : petit, efficace mais la législation l’interdit.

Au sujet des objets usuels, vous avez la possibilité d’utiliser :

  • Stylo : petit, discret, usage quotidien et fragile (selon le type).
  • Clés et porte-clés : solide, usage quotidien et à ne surtout pas égarer.
  • Ceinture : multi-usage et efficace. En cuir, c’est parfait !
  • Badges d’accès, cartes de métro et cartes de crédit : frappez circulairement avec un coin en visant la gorge ou le front (pas les yeux).
  • Lampe de poche : elle permet d’aveugler et de frapper. L’inconvénient est l’autonomie des batteries.
  • Accessoires électroniques (smartphone, lecteur MP3) : objets durs mais chers (on peut hésiter à frapper avec).
  • Pince multi-pool : bon outil de frappe qui est encombrant.
  • Journal ou magazine roulé : dureté, discret. Serrer le journal avec un élastique pour une meilleure utilisation.
  • Bijoux (bagues, bracelet métallique, pendentif) : pour le pendentif, méfiez-vous des rebonds. Et attention à ce que l’agresseur ne saisisse pas l’objet.

2.5 – Étude de cas : situations contextuelles

Guillaume Morel et Fred Bouammache nous mettent dans des contextes de la vie quotidienne où l’on peut se faire agresser. Le but n’est pas de nous faire peur, mais plutôt de nous préparer à ce qui peut arriver afin d’avoir une réaction adéquate à l’événement. Les situations peuvent être : saisie par les cheveux, tentative de car-jacking, agresseur armé d’une bouteille ou tentative de viol.

Chapitre 3 de Protegor – Survie urbaine

3.1 – Fuir !

Guillaume Morel et Fred Bouammache définissent la survie urbaine comme une vocation à traiter des situations de survie à la fois physique, mentale et sociale qui peuvent arriver à un citoyen citadin. Pour eux, le meilleur moyen d’échapper à un agresseur est la fuite. Celle-ci suppose de savoir anticiper de façon à refuser de subir la violence d’autrui. Il faut également laisser son égo et sa fierté de côté et ne pas vouloir gagner le combat ou se venger à tout prix.

De plus, la manière de fuir peut différer d’une situation à une autre. Les auteurs prennent les exemples de la fuite à pied et de celle en voiture en y donnant les actions à entreprendre.

  • La fuite à pied

Si vous êtes amené à fuir sans moyen de transport, alors préférez le chemin par lequel vous êtes venu. Tout simplement parce que vous le connaissez déjà et qu’il n’y aura pas de dangers vraisemblablement. Pendant votre fuite, passez par des endroits peu éclairés (équipé d’une lampe) pour éviter que votre poursuivant ne vous repère trop facilement. Avec un poursuivant qui vous talonne de près, dirigez-vous vers un lieu fréquenté comme un centre commercial ou une place en ville. Et pour le retarder davantage, jouez la stratégie en renversant tous les objets que vous croisez pouvant servir d’obstacles.

  • La fuite en voiture

Au préalable des conseils pour ce type de fuite, les auteurs vous proposent de vous munir d’un véhicule fiable et utile plutôt qu’un véhicule montrant des signes extérieurs de richesse. L’idée est de passer inaperçu dans les lieux où vous irez.

Donc, lors d’une fuite en voiture, il y a plusieurs éléments à mettre en pratique :

    • Attacher votre ceinture de sécurité : c’est la base !
    • Se mettre à l’aise : soyez détendu, bras fléchis, souples, jambes en appui et ne placez le pouce à l’intérieur du volant.
    • Impact imminent : rentrez la tête vers l’avant avec le visage vers le sol.
    • Marche arrière rapide de secours : manœuvrer par le regard en maintenant la main immobile sur le volant.
    • Utiliser un projecteur : un phare à main de 12 volts peut gêner les poursuivants.
    • Garder une distance entre vous : en cas de dépassement ou de demi-tour.
    • Regarder régulièrement dans le rétroviseur.
    • Poursuivant tenace : arrêtez-vous dans un lieu où vous pouvez vous cacher facilement.
    • Freinage brutal : alternez pression sur la pédale de frein fortement et relâchement (technique du presse-citron).

3.2 – Situations extrêmes

Il existe des événements compliqués à aborder et qui concernent mère nature ou notre propre comportement humain. Voici donc ces événements et le plan d’action pour y survivre :

  • L’inondation : mettez un tissu de couleur vive (visible pour les secours), s’informer sur les risques d’inondation de votre habitation au préalable, équipez-vous bien (radio à piles, nourritures, accessoires flottants).
  • Le tremblement de terre : mettez-vous sous des meubles solides ou près d’un mur, protégez-vous la tête avec vos bras, n’allumez pas de flammes (fuites de gaz fréquentes). À ce jour, les chercheurs n’ont rien de fiable pour nous prévenir de ce phénomène. **
  • La tempête, la tornade et l’ouragan : cachez-vous dans un lieu protégé (une cave par exemple), sous une table et entouré de matelas (débris volants).
  • La sécheresse et la canicule : répandez de l’eau au sol pour réduire la température ambiante (technique de l’évaporation), buvez beaucoup d’eau et ne sortez pas aux heures de pointe (12h-16h).
  • L’épidémie : sortez que pour faire des courses indispensables et portez un masque hermétique. Des scientifiques sont en train de lutter contre l’épidémie du paludisme grâce à la technique du forçage génétique. Une population de moustiques localisée en Afrique Subsaharienne a ainsi disparu. ***
  • L’incendie : installez des détecteurs de fumées chez vous, utilisez un extincteur à eau (feux de bois, de tissus et de plastiques) et un extincteur à poudre ou au CO2 (feux électriques et d’hydrocarbures en petite quantité).
  • Accident de circulation : vérifiez que personne ne fume à proximité, extraire la victime (véhicule en feu ou circulation impossible), allumez les feux de détresse, placez le triangle de signalisation (à au moins 6 mètres) et mettez-vous derrière les bandes d’arrêt d’urgence.
  • L’accident d’avion : posez un oreiller sur vos genoux et votre tête sur l’oreiller (choc imminent), sortez rapidement de l’appareil (avion au sol) et choisissez les places à l’arrière et près du couloir (chance de survie en cas de crash). ****
  • Le naufrage : gardez constamment la tête hors de l’eau, utilisez un gilet de sauvetage à gonfler dans l’eau, réchauffez-vous une fois sorti (bain chaud, boissons chaudes).
  • La chute dans une rivière : réchauffez-vous et ne luttez pas contre le courant (risque d’épuisement).
  • L’attaque par un animal : jetez un vêtement s’il charge et cachez-vous, protégez-vous (gorge, parties génitales, visage), frappez-le ces zones sensibles (museau, yeux, cervicales, colonne vertébrale).
  • L’émeute et la guérilla urbaine : ayez des options de fuite, abandonnez vos biens et richesses (si nécessaire) et développer un réseau d’assistance opérationnelle (amis, voisin, secours).
  • La bombe : longez les murs (mouvements de foule), évitez les lieux d’affluence (transport en commun par exemple).
  • La fusillade : plaquez-vous au sol, repérez la provenance des tirs (coups de feu proches), courez à l’opposé des tirs, respirez, analysez votre environnement (coups de feu lointains).
  • Prise d’otages et enlèvement : n’affrontez pas les preneurs d’otage, ne parlez pas aux autres otages (risque qu’ils croient à un complot), cachez vos marques de richesse et obéissez aux ordres.

3.3 – Secourisme

protegor secourisme survivre à une blessure

En matière de secourisme, 5 étapes sont nécessaires pour espérer survivre à une blessure ou une catastrophe naturelle. Vous avez dans l’ordre :

  1. Sécuriser (protection de la victime et de soi-même),
  2. Examiner (état de conscience, respiratoire et corporel),
  3. Alerter (appeler les secours),
  4. Agir (principes et techniques de sauvetage)
  5. Rassurer (parler calmement et positivement à la victime).
Les lecteurs de cet article ont également lu :  Vivre - La psychologie du bonheur

Ensuite, après la connaissance de ces 5 étapes, 10 principes de base surviennent : étouffement, hémorragie, inconscience + respiration (mettre en position latérale de sécurité), inconscience – respiration (massage cardiaque), brûlure, difficulté respiratoire, objet dans une plaie, ne pas faire boire de l’eau à une victime, maintenir l’axe tête-cou-tronc et couvrir une victime. La mise en pratique de ces 10 principes diffère selon les cas à traiter. Il y a donc :

  • Étouffement : pencher le buste de la victime en avant et appliquer 5 tapes sèches avec le plat de la main entre les deux omoplates (l’autre main posée sur la poitrine).
  • Hémorragie : faites une compression de la plaie (paume de la main ou pansement) et allongez la victime.
  • Le membre arraché : placez-le dans un sac et mettez le sac dans la glace.
  • Inconscience : mettez la victime en position latérale de sécurité.
  • Mort apparente : pratiquez un massage cardiaque (30 compressions thoraciques et 2 insufflations) ou utilisez un défibrillateur automatique.
  • Traumatisme crânien : maintenez la tête de la victime et demandez-lui de rester immobile le temps que les secours arrivent.
  • Électrisation ou l’électrocution : éloignez le danger électrique, appelez les secours (électrisation) et faites un massage cardiaque (électrocution).
  • Fracture : immobilisez-la, refroidir avec de la glace séparée de la peau par un linge (entorse), ne jamais tenter de remettre en place une articulation luxée.
  • Plaie : allongez la victime sur le dos et levez ses jambes (plaie à l’abdomen), mettez-la en position assise (plaie au thorax) et posez un pansement sur les deux yeux (plaie à l’œil).
  • Brûlure : faites couler de l’eau du robinet à température ambiante, directement sur la brûlure sans pression.
  • Brûlure chimique : retirez les habits de la victime et refroidissez la zone atteinte.
  • Difficultés respiratoires : placez la victime position semi-assise (buste relevé). Ne pas l’allonger (il risque de mourir) !
  • Noyade : adaptez-vous en fonction de l’état de la victime (mort apparente, problèmes respiratoires…).
  • Malaise : isolez-la, analysez-la et adaptez-vous. Ne lui donnez pas à boire ! Un Coca-cola ou un morceau de sucre à la limite.
  • Douleurs thoraciques : appelez les secours (risque d’infarctus du myocarde) et donnez de l’aspirine à la victime.
  • Piqûres d’animaux : contrôlez votre stress et prenez un antidote médical.

Dernier point, il s’agit de l’attitude à avoir au moment de contacter les urgences. On a tendance à parler vite et de façon évasive. Jacques Hascoët, référent secouriste à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, nous donne des conseils pour mieux structurer notre appel d’alerte. Il préconise de donner votre numéro de téléphone, l’adresse précise du lieu de l’accident (rue, étage, interphone, un magasin caractéristique…), les circonstances de l’accident (informations le plus précises possible) et l’état de la victime (conscient ou pas, parle ou pas, saignement, fracture…).

3.4 – Défense psychologique

Guillaume Morel et Fred Bouammache admettent que la gestion du stress a un rôle clé dans les phases de sa protection personnelle. Ces phases sont l’avant, le pendant et l’après de la situation d’agression ou d’accident. Ils nous font part ensuite de règles pour gérer cela :

  • L’avant
    1. Encaisser n’est pas protéger (s’habituer à encaisser les coups ne fera pas la différence),
    2. Respirer, c’est contrôler
    3. Accepter d’être touché (s’entraîner psychologiquement).
  • Le pendant
    1. Bouger (être toujours en mouvement),
    2. Accepter d’être touché (choc psychologique)
    3. Respirer (ne pas bloquer sa respiration).
  • L’après
    1. Partagez vos angoisses avec vos proches et un psychologue.
    2. Évitez de vous venger de votre agresseur (légalement interdit, réaction négative).

3.5 – Défense juridique

Si vous êtes amené à vous défendre physiquement contre un individu malveillant, alors il serait bon de mémoriser quelques points de légitime défense. Celle-ci vous donne le droit de porter des coups lors d’une agression soudaine et imprévisible. Votre riposte demande d’être nécessaire (si la fuite est possible, la riposte n’est pas nécessaire) et proportionnée à l’attaque. Mais vous n’êtes pas autorisé à le frapper par anticipation ou en réponse à de simples provocations.

En outre, Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris, nous informe de la marche à suivre après une agression physique. Il conseille de réunir des preuves (ADN de l’agresseur, photos de dégât physiques et certificats médicaux). Vous devez aussi expliquer aux enquêteurs l’élément déclencheur et le choix du moyen de défense utilisé (coude, chaise…). Soyez de bonne foi en permanence, faites des réponses concises et précises, et soulignez la peur ressentie à ce moment-là. Il recommande enfin de faire appel à un avocat du droit pénal et de la réparation du préjudice corporel.

Concernant le harcèlement, les auteurs nous incitent à garder toutes les traces (écrit, e-mail, enregistrements), ne jamais répondre, déposer une main courante (premièrement) et porter plainte (deuxièmement). Dans le cas d’une escroquerie sur Internet, les auteurs prennent l’exemple du directeur d’une entreprise pour appuyer leur propos. L’idée est d’identifier la personne (LinkedIn, Google), de trouver l’e-mail sur Internet ou le format e-mail de l’entreprise (nom de domaine) et de contacter la personne en question par e-mail.

Conclusion sur “Protegor” de Guillaume Morel et Frédéric Bouammache :

Pour terminer, je dirais que Protegor est une véritable mine d’informations essentielles pour protéger notre intégrité physique et morale. Je l’ai lu parce que je suis un peu curieux. Et parce qu’après avoir pratiqué 3 ans de self-défense à travers le krav maga, j’avais besoin d’un peu de théorie. En lisant cet ouvrage, j’ai approfondi et revu mes connaissances en termes de défense personnelle. Dedans, on découvre des astuces pour préserver sa vie privée, des comportements à avoir face à un agresseur potentiel ou avéré et une marche à suivre dans un environnement étranger.

Enfin, ce sont des astuces que je mets en pratique dans ma vie de tous les jours. Je prends donc l’habitude d’observer les gens qui m’entourent (position des mains, expression du visage, démarche…). Toujours récupérer la clé de ma voiture une fois sortie, même pour quelques secondes. Un vol arrive extrêmement vite ! Travailler ma communication non verbale dans le but de faire passer un message clair et précis et non broyé à mon interlocuteur. Et bien d’autres encore. Ce sont les petits détails qui font une grande différence en fin de compte.

Aussi, je pense que les lecteurs de ce livre seront beaucoup plus vigilants à la lumière de ses informations sensées et réfléchies. Ils s’impliqueront davantage sur leur sécurité. Que ce soit chez eux, en voyage, ou en ville. Et ce, tout en profitant de leur vie sereinement comme le souhaitent Guillaume Morel et Fred Bouammache. Et moi aussi du coup !

Points forts :

  • De très nombreux conseils et astuces pour préserver sa vie.
  • Rends optimiste quant aux moyens d’action contre les multiples menaces du monde actuel (virus Internet, agression, inondation…).
  • Informations qualitatives (avis d’experts en sécurité, en combat, en justice) et quantitatives (adresses, sites Internet et magazines à consulter à la fin du livre).
  • Aborde un sujet qui concerne tout le monde (notre propre survie).

Point faible :

  • Les actions à mettre en place pour se défendre (appel à un avocat, système de surveillance à son domicile…) peuvent être contraignantes en termes de temps et d’argent.

La note de David Belleau du blog Se défendre soi-même :

imageimageimageimageimageimageimageimageimage

Avez-vous lu le livre “Protegor – Guide Pragmatique” ? Combien le notez-vous ?

Médiocre - Aucun intérêtPassable - Un ou deux passages intéressantsMoyen - Quelques bonnes idéesBon - A changé ma vie sur un aspect bien précis !Très bon - A complètement changé ma vie ! (1 votes, moyenne: 5,00 out of 5)

Loading...

Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livreProtegor – Guide Pragmatique”

Visitez Amazon afin d’acheter le livreProtegor – Guide Pragmatique” :

Ressources :

  1. *Article relatant les conséquences du GHB dans l’organisme, publié par le média MAAD Digital en 2018.
  2. **Article relatant la possibilité de prédire les séismes, publié par le journal le Temps en 2014.
  3. ***Article relatant l’éradication d’une population entière de moustiques, publié par le magazine Slate en 2018.
  4. ****Article expliquant comment survivre à un crash d’avion ? Publié par le journal Futura Sciences en 2013.

Crédits photos : Everst, Sergey Nivens, Billion Photos

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Pas de Commentaires pour :

Protegor – Guide pragmatique de sécurité personnelle, self-défense et survie urbaine







    Les commentaires postés avec une adresse email non valide ne seront pas publiés

    Bienvenue sur mon blog spécialisé dans des livres rares, des livres exigeants qui ont tous une énorme qualité : ils peuvent vous faire changer de vie. Ces livres ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous lus et choisis parmi des centaines d’autres.