Devenir écrivain

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Résumé de “Devenir Ecrivain – l’expérience d’Aleph-Ecriture à votre disposition : Ce livre présente la synthèse de 35 années d’écriture, d’animation d’ateliers, de recherches et d’entretiens avec des écrivains.

Par Alain André et Nathalie Hegron, 474 pages, 2018

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Vie Quatresixquatre du blog Ecrire de la Fiction.

Chronique et résumé du livre “Devenir écrivain – l’expérience d’Aleph – Ecriture à votre disposition” :

Les auteurs

Alain André est connu comme créateur de Aleph-Ecriture (1), dont il est le directeur pédagogique, et qui est LE centre de formation de référence dans le domaine de l’écriture. Il collabore à la revue numérique L’Inventoire (2). Membre de l’Association Européenne des Programmes d’Ecriture Créative, Il est aussi l’auteur de romans, nouvelles et essais.

Nathalie Hegron est journaliste, consultante et formatrice en communication digitale. Elle rédige des articles pour L’Inventoire.

NB : J’ai eu l’occasion d’avoir entre les mains une édition plus ancienne de cet ouvrage, qui ne comportait pas la partie “édition et autoédition”. Je peux donc écrire avec certitude que c’est sur cette dernière partie que Nathalie Hegron est intervenue, le reste appartient à Alain André.

Cependant, pour plus de commodité, je vais souvent écrire « l’auteur » et vous devez comprendre qu’il s’agit d’un des deux que je viens de citer, Alain André ou Nathalie Hegron.

Pour évoquer les auteurs cités par l’auteur… j’ai résolu de dire « l’écrivain » ou « les écrivains », puisque ce livre s’intitule « devenir écrivain ».

Ceci dit, ne traînons pas, nous avons 474 pages à décortiquer.

Êtes-vous prêts ? On y va.

méthode pour devenir écrivain alain andré

Pourquoi j’ai décidé de chroniquer ce livre

Devenir écrivain est un pavé de 474 pages, dont la première édition est sortie en 2007 et qui n’a jamais manqué d’être ré-édité depuis. N’ayons pas peur des mots (ce serait le comble), c’est une bible pour tout aspirant écrivain. La dernière mouture est datée de 2018, sa couverture rajeunie promet « oser écrire, trouver sa voix, aller au bout de ses chantiers, publier », elle intègre enfin un dossier sur l’autoédition.

J’ai lu de nombreux manuels d’écriture, qui se recoupent tous plus ou moins en quelques conseils de bon sens, toujours les mêmes. Est-il besoin de vous les rappeler ? Organiser son temps pour écrire tous les jours, s‘y tenir, faire un plan avant de commencer, ne pas s’arrêter avant la fin du premier jet…

Vous les connaissez tous, sans exception, si vous êtes intéressé de près ou de loin par l’écriture. Même à coup de jolies infographies et de nombreuses illustrations, on a vite fait le tour.

Mais quel est donc ce manuel, qui rencontre un si vif succès qu’il est sans cesse ré-édité ? Que peut-il bien nous raconter pour qu’il y faille 474 pages de texte, sans aucune image ?

Certes, les écrivains sont bavards. On le sait. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, c’est un fait avéré… Ce manuel m’intrigue. Un bon début pour l’auteur de fiction que je suis, je vais donc y voir de plus près.

La confrontation avec le texte

Diable ! Ce livre est si riche et si complet que, passé le premier moment d’enthousiasme à l’idée de vous en communiquer la substantifique moelle, il me vient un doute quand à ma capacité à en rendre toute la saveur.

Qu’à cela ne tienne ! Je relève le gant, je décide de “m’y coller”.

D’une part, en faire l’analyse (qui suit) me permet d’intégrer en profondeur les principes (et les non-principes) de l’écriture, tels que définis par l’auteur.

D’autre part, il aurait été dommage de vous priver d’un tel outil, vous qui écrivez, qui voulez écrire, qui rêvez d’écrire.

Quelques règles ne font jamais de mal

Pour y parvenir, je me suis toutefois fixée quelques règles :

  • Afin de ne pas dénaturer la pensée, riche, foisonnante même, d’Alain André, citer ses propres mots chaque fois que cela sera possible. Les citations seront entre guillemets et en italique, afin de faciliter la lecture.
  • Respecter à la lettre le plan de l’ouvrage et le traiter partie par partie.

A l’intérieur de ces deux contraintes, rendre compte de l’essentiel en laissant de côté de nombreuses digressions, exemples, redites, qui, si elles ont tout leur intérêt dans le cadre d’une lecture exhaustive, ne permettent pas un résumé pertinent et efficace.

J’ai donc choisi de dégager les “idées forces” et d’abandonner sur le bas côté de nombreux “détails”. Je prie l’auteur de bien vouloir m’en excuser.

J’ai opté aussi pour m’autoriser quelques didascalies et considérations personnelles, vous les reconnaîtrez sans peine, je les place entre parenthèses.

Entrons dans le cœur du sujet.

structure pour devenir écrivain

La structure et l’introduction

Devenir écrivain s’articule en deux grandes parties (fractionnées en 6 chapitres) :

  • 1-Entrer en écriture
  • 2-Apprendre le métier

auxquelles s’ajoute, dans les dernières rééditions, un dossier “S’autoéditer, faire sa promotion”.

Viennent ensuite :

  • Une conclusion
  • La bibliographie indispensable à tout manuel sérieux
  • La liste des ouvrages d’Alain André,
  • Un index thématique pour vous y retrouver si vous êtes à la recherche d’une information précise
  • Un index des propositions d’écriture

Car la grande force du livre réside dans ses propositions d’écriture. Chaque sous-chapitre est accompagné de sa proposition d’écriture, puisée dans la grande expérience de l’auteur en matière d’ateliers d’écriture.

(La théorie, c’est bien, mais la pratique, il n’y a que ça de vrai.)

Regardons-y de plus près et prenons la lecture dans l’ordre, il sera toujours temps de rechercher un thème ou un autre un peu plus tard.

L’avant-propos, comme souvent dans ce style d’ouvrage, est un avertissement au lecteur. Il s’agit de s’assurer que celui-ci sait où il met les pieds, qu’il ne se soit pas trompé de lecture.

Devenir écrivain traite de l’acte d’écrire, magie blanche, artisanat, sueur, rires et larmes. L’écriture y est abordée en tant que pratique (…). Ce n’est pas un essai théorique, transformant l’écriture en objet de spéculations abstraites. (…) Ce n’est pas non plus un livre de recettes, votre best-seller en cinq leçons et autres fariboles. Écrire est une affaire à la fois concrète, intime et au long cours, (…) qui n’a que faire des simplifications hâtives. Il présente les savoir-faire indispensables, et au-delà (…) permet de se situer, de s’épargner bien des déboires et d’éviter quelques fausses pistes.

Nous voila prévenus.

Viennent ensuite quelques généralités d’usage, le détail du plan, et les paragraphes pourquoi, pour qui et de quel droit, dans lesquels l’auteur présente son parcours d’auteur et légitime sa démarche.

A l’issue de cette mise en bouche, on pénètre, enfin, dans la pensée de l’auteur, la partie qui nous intéresse.

Chapitre 1 : S’autoriser à écrire

Alain André commence par rappeler ce qu’est l’écriture, afin, encore une fois, de s’assurer qu’on est bien sur la même longueur d’onde que lui. C’est le professeur, l’animateur, le médiateur de la littérature qui s’exprime. D’ailleurs, tout le livre est rédigé tel un cours à l’usage des étudiants en lettres, érudition et humour inclus.

Les territoires de l’écrit

Il y aurait deux écritures. Entendez, deux façons d’écrire : l’écriture artistique (roman, poèmes, théâtre, essais… ) et l’écriture autobiographique, dans laquelle entre les listes de courses et toute cette sorte de choses. Les deux écritures se confondant parfois sous la plume d’auteurs aventureux ou particulièrement créatifs tels Georges Perec (3).

Pourquoi écrire ?

Dans le chapitre suivant, Alain André revient sur Pourquoi écrire. Il rappelle les fonctions de l’écriture, les attentes des français à son égard, la possibilité d’une catharsis et la tentative d’esthétisation du monde de nombreux écrivains.

Devenir écrivain ?

Où l’on apprend qu‘il n’y a pas d’âge (ouf!) et qu’il existe trois étapes pour baliser le chemin :

  • L’étape de l’ignorance paradisiaque, où l’on écrit pour le plaisir, qui suppose juste la maîtrise des codes de la langue, syntaxe, grammaire, orthographe.
  • L’étape de la désillusion, où l’on s’aperçoit qu’on a encore beaucoup à apprendre afin de parvenir à produire un écrit de qualité suffisante pour une publication (Chouette ! C’est pour ça qu’on est là, qu’on a acheté ce livre !). C’est une étape plus ou moins longue durant laquelle il faut écrire beaucoup, accoucher de ce qu’on a à dire. Cent fois sur le métier, remettons notre ouvrage.
  • L’étape, enfin, de l’aptitude au re-travail. A force de s’exercer, on finit par être capable d’identifier les faiblesses, on “dispose des outils nécessaires pour réviser son texte et l’améliorer“.

L’auteur rappelle ensuite qu’il n’existe pas de chemin tout tracé et que l’apprentissage est différent selon chacun.

(Cet homme-là voudrait nous décourager, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Pourtant, nous sommes à la page 31 d’un livre qui en comporte 474 ! Il doit bien avoir encore quelques informations croustillantes dans sa manche ?)

Quelles sont donc les qualités nécessaires ? Y a-t-il une personnalité type de l’écrivain ? Sans surprise, comme dans tout acte créatif, le travail doit être au diapason de l’imagination.

L’imagination créatrice

L’auteur s’appuie sur les entretiens menés avec des écrivains lors de la préparation du livre, ainsi que sur des textes célèbres, pour détailler « la part de risque » qu’implique le travail artistique.

Ne serait-ce que cette corne de taureau évoquée par Michel Leiris dans “De la littérature considérée comme une tauromachie“.

Il cite le poète Pierre-Jean Jouve (4), pour qui l’écriture “est un territoire de liberté avec l’inconscient et un charme jeté sur le monstre“.

Pas de doute, nous sommes bien entrés, sous couverts de conseils et de méthode, en littérature.

(Loin des clichés sur l’écriture qui foisonnent sur le net, Alain André nous partage non seulement son expérience, mais celle d’auteurs reconnus.)

« L’acte d’écrire met bien en jeu deux dimensions. La première, intuitive, subjective, liée à l’auteur (à son histoire, à son rapport à l’écriture, à son besoin d’écrire) ; la seconde, plus rationnelle ou technique, liée au processus de l’écriture, ou si l’on préfère à la nature du travail qu’il impose. A exclure l’une de ces deux dimensions, on prend le risque de régresser, soit vers l’expression naïve, soit vers la fabrication (dans les deux cas, l’application, inconsciente ou délibérée, de recettes référées à une norme déjà existante). Écrire signifie toujours apprendre à écrire. »

C’est dit. Pas de recette imparable, pas de raccourci, pas de ligne d’arrivée. Écrire est un artisanat.

écrire est un artisanat

Oser écrire

Dans cette partie l’auteur revient sur la crainte de l’imposture qui habite tout auteur débutant.

S’autoriser à écrire implique de passer outre le manque de légitimité. Il faut bien commencer quelque part. Petit passage en revue des inhibitions, exemples éclairants, citations…

“L’écriture n’est pas en droit une activité “réservée” (…) Quelques institutions légitiment l’aspiration à écrire des candidats (…), l’édition (…), l’université (…), les médias (…).”

L’auteur termine par un rappel de l’existence des ateliers d’écriture, où tout peut être tenté, tout peut être discuté, une bonne école en somme.

Nul doute qu’Alain André connaît le sujet.

Afin d’enfoncer le clou et de proposer quelques pistes au lecteur désireux de s’y mettre sans tarder, il a par ailleurs placé, à chaque fin de sous-partie, une proposition d’écriture détaillée, à faire chez soi.

(On ne se refait pas.)

Six propositions d’écriture parsèment ces quelques pages, vous pourrez ainsi vous exercer :

  • Textes que j’aime écrire ou pas” sur le mode de l’inventaire et inspiré de Sei Shönagon (5), dame d’honneur de l’impératrice Sadako.
  • Pourquoi écrivez-vous ? ” à partir de l’ouvrage “Ecrire, pourquoi?” qui rassemble les réponses variés de quarante écrivains à cette question.
  • Vu de ma fenêtre” ou produire cinq cents mots à partir de ce thème.
  • Méditation + haïku“, est-il besoin de détailler plus ?
  • Expérience d’écriture“, qui vous demandera un effort de mémoire
  • et enfin “Possédants de l’écriture” d’après votre propre expérience.

(Parvenu à ce stade de notre lecture, faisons une pause et buvons un café. Nous sommes page 56. Si la suite est aussi dense, elle mérite que l’on prenne quelques forces.)

Chapitre 2 : La part de l’autre

Écrire à plusieurs mains

Ici, Alain Hubert évoque la pratique collective de l’écriture. « Il existe toute une tradition méconnue de l’écriture à plusieurs mains.(…) » Depuis “le renga  (6) (…) forme de poésie collective très réglée (qui) connut une faveur extrême au Japon, entre le VIIIe et le XVe siècle“, jusqu’à, au XXe siècle, les pratiques des surréalistes, papiers pliés des cadavres exquis, écriture automatique.

L’Oulipo (7) , Ouvroir de Littérature Potentielle d’André Breton et Paul Eluard, est évoqué. De la littérature comme un territoire d’expérimentation.

On expérimente les contraintes langagières, ludiques ou mathématiques, susceptibles de générer des textes, on explore les traditions…

Alain André revient ensuite sur ses propres expériences d’écriture collective, au début de sa carrière, lorsqu’il a commencé à développer des ateliers d’écriture, ce qui allait devenir Aleph-Ecriture en 1985.

Suivre des ateliers d’écriture

Le premier apport de l’atelier d’écriture, c’est la présence d’autres, qui prennent connaissance de vos écrits par la lecture à voix haute que vous en faites pour tout le groupe.

Vient ensuite un commentaire bienveillant permettant une réécriture plus affûtée.

Ce dispositif implique une émulation salutaire.

Il existe de nombreux ateliers d’écriture (il y en a sûrement un pas trop loin de chez vous), regroupés dans quelques grands courants, formalistes, pédagogiques ou ludiques. A vous de trouver le vôtre.

Renseignez-vous auparavant et vérifiez la qualité de l’intervenant, il y a des animateurs improvisés qui ne maîtrisent pas la conduite d’un atelier et peuvent produire l’effet inverse de celui recherché, vous dégoûter de l’écriture.

(arghhh!)

devenir écrivain et fréquenter un atelier écriture

Les ateliers d’écriture, pourquoi ?

Les (bons) ateliers “sont en mesure de proposer les activités qui facilitent le franchissement des seuils successifs conduisant à la pratiques d’un écrivain (…), formation de base, apprentissages techniques, création accompagnée puis libre.”

Les mêmes ateliers existent également à distance : ils bénéficient alors des qualités du Net, vitesse, fréquence des interactions, proximité, permettant d’envoyer et de retravailler des versions successives d’un même texte dans d’excellentes conditions.

Si vous lisez ceci, vous êtes équipé d’un ordinateur. Même en admettant que vous habitiez au fin fond d’une campagne et que le plus proche atelier se tienne à 50 kilomètres de votre domicile, vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas vous y mettre.

Il ne vous reste plus qu’à courir visiter le site internet d’Aleph-Ecriture, pour trouver des pairs dont les yeux et les oreilles seront les garants de la qualité de votre production littéraire.

Lire

A qui veut écrire, la lecture est indispensable. Il existe de nombreux auteurs qui ont “pris la peine d’écrire, souvent avec sincérité, sur leur travail. Lisez-les parce qu’écrire, c’est aussi recevoir, imiter, transmettre.”

Lisez sans craindre les influences.

Il faut traverser les influences. Être humble, se former le goût, cela ne passe pas seulement par la lecture. Écoutez la musique et regardez la peinture, conseillait aussi Hemingway. Se laisser totalement envahir, jusqu’à retrouver l’écart, qui fait que ce que vous avez à écrire n’est pas cela, que l’autre a écrit, mais ceci, qui n’appartient qu’à vous.”

Alain André conseille aussi de se confronter aux classiques, et à des styles de littérature vers lesquels on n’est pas spontanément attiré.

“La lecture, quand elle est vivante, constitue un enjeu d’identification et de construction de soi extrêmement fort”.

(Mais lisez-donc, puisqu’on vous le dit !)

Éloge du braconnage

Le plus important, c’est de vous mettre à lire différemment.

« Lire pour voir comment c’est fait. (…) Il s’agit de se faire braconnier, la lecture est une chasse. (…) Ce braconnage peut relever de la recherche d’idées. La lecture est l’un des plus grands remèdes contre les pannes (…) ou sur les procédés. La littérature est la mine. La bibliothèque recèle (…) le trésor des formes. (…) Ce trésor est le vôtre. Vous avez le droit d’expérimenter, c’est-à-dire de vous approprier les procédés littéraires qui sont utilisés. »

D’ailleurs, il existe toute une littérature, qu’Alain André nomme “de second degré“, qui a prospéré et prospère encore, produisant des œuvres d’une indéniable qualité.

L’Odyssée a inspiré nombre d’auteurs, qui en ont écrit leur version. Roméo et Juliette  a été utilisé des dizaines (peut-être des centaines) de fois par des auteurs et des scénaristes.

L’inspiration n’est pas un pillage, du moment que vous êtes sincères dans votre démarche et que vous donnez au lecteur ce qui n’appartient qu’à vous.

A ce sujet, je vous invite à lire mon article Les lieux du récit : 7 études de cas, qui peut vous aiguiller aussi sur une « autre » façon de lire.

Contraintes et liberté

Ici, Alain André développe l’idée que les contraintes (de forme, de longueur) sont nécessaires à l’écrivain. Elles permettent, en définitive, de faire mieux, de dire plus que ce que vous aviez à écrire au départ.

“Toute pratique artistique implique l’utilisation de contraintes. Il en va ainsi pour la musique. Il faut définir les motifs, les combiner. La combinatoire est l’une des dimensions de la contrainte. (…) Les Oulipiens (…) se définissent comme des rats qui construisent le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. Le labyrinthe est le texte impliqué par la contrainte. En sortir, c’est aller au bout du texte, finir (…) Les contraintes induisent une rupture avec l’expression spontanée. (…) Il y a là un enjeu d’apprentissage. Vous utilisez le langage, pas la couleur, la pierre ou les sons. Vous devez devenir un maître du langage, d’une manière ou d’une autre. (…) Faut-il avoir peur du rythme quand on apprend à danser ?”

Les propositions d’écriture pour appliquer tout ce qui vient d’être explicité :

  • Renga” (écriture collective)
  • Première fois” (à partir d’un poème de Peter Handke (8)
  • Oui ou non, répondez” (confrontation avec l’inquisiteur qui est en vous)
  • Le livre qui a changé ma vie” (votre expérience de lecteur, un thème cher à Olivier Roland, notre hôte)
  • Je me souviens” (à la manière de Michel Leiris (9) )
  • Poèmes de métro – et variantes” (pour expérimenter la contrainte)

Êtes-vous toujours là ? Si oui, merci.

Chapitre 3 : La part de soi

Un lieu à soi

La solitude est nécessaire à l’écrivain. A moins que vous ne viviez sur la lune, vous avez sûrement quelques obligations sociales, un travail à plein temps ou à temps partiel, des amis ?

(Ou pire, une famille ?)

avoir un espace de paix pour écrire et devenir écrivain

Écrire demande de pouvoir, le temps que vous décidez d’y consacrer, vous extraire de tout cela pour vous plonger dans votre projet.

« Écrire est affaire d’espace (mental, physique, relationnel), donc aussi de temps, d’argent et de volonté. »

Un lieu dédié à l’écriture est conseillé, du moment que c’est celui qui vous convient. Ce peut être un petit coin de votre cuisine ou de votre chambre à coucher, un sanctuaire aménagé dans votre garage, ou un lieu public. Une bibliothèque, un café où vous avez vos habitudes… Trouvez le lieu où vous vous sentirez bien pour écrire.

Ensuite, organisez-vous pour écrire régulièrement, c’est-à-dire tous les jours. Même une heure seulement, mais tous les jours. C’est à ce prix que vous progresserez. Parfois l’écriture coulera de source, parfois ce sera une contrainte insupportable.

(Certes, mais il y a pire, comme contrainte, que de rester assis une heure à siroter son café. Tiens ! Je vais m’en faire un deuxième. Je l’aime fraîchement moulu et passé lentement, ce qui me fait saliver de plaisir anticipé. Quelques minutes, et je reviens.)

Évitez les distractions. Est-il encore besoin de le dire ? Éteignez téléphone et internet, oubliez les réseaux sociaux, ne répondez pas à la sonnette, placardez DO NOT DISTURB (Ne pas déranger) sur la porte de votre bureau ou écrivez-le sur un post-it et collez-vous le sur le front.

Pour certains écrivains, « c’est le reste de la vie qui doit encadré, pas l’écriture, celle-ci n’étant pas négociable. » Ce sont, bien sûr, des écrivains professionnels qui tirent leur subsistance de leur travail d’écriture, ce qui n’est pas votre cas si vous lisez ceci.

Attention toutefois, un programme trop rigide à de fortes chances de ne pas fonctionner. Laissez-vous vivre un peu, quand même. Trouvez votre lieu et votre moment de la journée, écrivez avec régularité, et ne vous en faites pas. De toute façon, quand vous serez lancé au cœur de votre projet, il ne vous quittera jamais vraiment. Il y aura un espace dédié au sein de vos neurones, qui s’activera en permanence, quoique vous fassiez par ailleurs.

Ah oui, très important : gardez espoir. L’espoir d’aboutir quelque part, de finir, de produire quelque chose qui soit digne d’intérêt pour le lecteur.

Le blocage de l’écrivain

Il peut arriver que vous soyez bloqué, incapable de poursuivre. C’est arrivé à des très grands, rassurez-vous, vous n’êtes pas exceptionnel, vous n’avez rien d’un écrivain maudit.

Il peut y avoir plusieurs causes à votre blocage : vous n’êtes pas satisfait de votre prose (ou de vos vers), vous peinez à observer la régularité, vous avez donné beaucoup de vous-mêmes et votre inspiration est momentanément tarie, vous ne savez pas comment continuer.

Dans ce cas, Alain André fait quelques recommandations pleines de bon sens :

  • Pratiquez quelques exercices d’écriture, ou écrivez autre chose (journal intime, essai philosophique…) mais ne lâchez pas la régularité.
  • Lisez, pour vous distraire.
  • Marchez, pour reconnecter le processus créatif.
  • Enregistrez-vous et ré écoutez-vous, pour retrouver le contact avec votre chantier.
  • Modifiez vos habitudes, écrivez le soir si vous êtes du matin, ou l’inverse.
  • Remettez en question votre façon de travailler, peut-être appliquez-vous trop scrupuleusement un programme qui ne vous convient pas.
  • Lâchez-vous, voyez des amis, des amours, sortez, désinhibez-vous.
  • Coachez-vous ou faites vous coacher.
  • Fréquentez d’autres écrivains, avec qui vous pourrez aborder cette question.
  • Continuez, quoi qu’il vous en coûte.
  • Utilisez les contraintes d’écriture, écrivez en vers votre prochain paragraphe.

C’est bien le diable si aucun de ces “remèdes usuels” ne fonctionne. Si nécessaire, pratiquez-en plusieurs en même temps.

(Et limitez le café, vous allez finir par être énervé !)

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Originalité

“Les éditeurs cherchent une écriture, un manuscrit, une voix, qui soient o-ri-gi-naux (et se désolent : c’est si rare).”

Ne cherchez surtout pas à imiter les écritures originales du moment. Inversement, faites attention à ne pas chambouler toutes les conventions dès votre premier roman.

“Il appartient à chaque écrivain de trouver, entre l’origine, le milieu social et les contraintes de l’existence, une énergie propulsive spécifique, fondée sur une vision personnelle.”

Soyez honnête, donc, et engagez-vous dans l’écriture.

Connais ton os personnel, ronge-le. (…) Vous ne pouvez écrire que de ce point de vue, singulier, qui est le vôtre. Certes, ma colère et votre colère sont de la colère, mais la vôtre n’est pas identique à la mienne, et c’est même ce qui peut m’intéresser en tant que lecteur. Certes, toute les situations dramatiques ont été traitées, mais vous, vous n’avez traité aucune d’entre elles à votre façon, et c’est ce qui m’intéresse. La singularité de votre point de vue en fait le prix pour moi, pour autrui, et voilà pourquoi les éditeurs cherchent, oui : des écritures originales »

Au fil des entrées, des propositions d’écriture ont été faites par Alain André, ainsi que durant les premiers chapitres :

  • Votre espace d’écriture – la table – le fantasme
  • Emploi du temps” ou le déroulement de votre journée idéale d’écriture
  • Le regard du marcheur” – ou comment se balader en prenant des notes
  • La nappe phréatique” – ou comment trouver la source
  • Le rendez-vous secret” – ou prendre rendez-vous avec soi-même
  • Se relire” – pour repérer les constantes de votre écriture

Ici s’achève la première partie de ce livre, nous sommes page 157. Il est temps de faire une pause.

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Chapitre 4 : Trouver sa voix

(Chouette ! Nous allons enfin savoir ce qu’est « une voix d’auteur ». Depuis le temps qu’on nous rebat les oreilles avec, sans jamais nous dire de quoi il s’agit vraiment. Pour certains, ça n’existe tout simplement pas, c’est juste le style.)

Le travail du style

(Qu’est-ce que je vous disais?)

Alors, qu’est-ce qu’une voix d’auteur ? Alain André répond.

« Je ne parle pas seulement de style (…) il semble synonyme d’un « bien écrire », qui, à vrai dire, constitue le contraire du style authentique. Je préfère parler de « voix » : de quelque chose qui vient d’une énergie liée à un rapport singulier au monde et à son intégration dans le langage. »

(M…oui ! Mais encore ?)

Une énergie d’avant le langage

« (…) il faut la présence du dragon : de ce qui déborde, l’énergie, l’affect, (…) c’est la captation par la plume de l’énergie sombre qui ruisselle à l’intérieur du corps et de l’esprit de l’auteur. »

(Autrement dit, la voix d’auteur, c’est votre vérité qui s’exprime à travers les mots, c’est ça ?)

« Votre style, ce n’est pas l’originalité de votre personne, c’est le style qui correspond au texte que vous êtes en train d’écrire, au projet qui le sous-tend. Ne vous enfermez pas (…). Vous n’avez pas « un » style, vous pouvez en avoir en nombre, selon l’ouvrage en cours, selon votre genre, selon le lectorat spécifique auquel vous vous adressez. Point d’identité stylistique, c’est un mythe (…). Le style n’est pas lié à la forme de ce qui est dit, pas plus qu’il n’est lié au contenu grandiloquent ou sordide de ce qui est montré, il est lié à l’énergie pré-linguistique qu’il tend dans l’organisation du plaisir et de la douleur. »

(C’est bien ça. Du coup, pas besoin de se conformer au « bien écrire » ?)

« Ce n’est pas dans le bien écrire scolaire que se trouve les pépites signalant le possible avenir d’un style propre.(…) Savoir que le style est tout le contraire, à sa naissance, de la « maîtrise de la langue » (…). Je ne fais pas l’apologie du relâchement linguistique. Je veux dire que l’écart qui existe, entre les deux cents chevaux d’écrire et nos doigts tremblotant au dessus du clavier (…) nous place en position de démuni (…)

Pour trouver sa voix, travailler, travailler, et encore travailler. Aller chercher ce qu’on a a dire, et se ficher du reste.

Vent, atome ou gaz naturel ?

Il s’agit donc d’aller puiser votre matière première au plus profond de vous, d’entreprendre des fouilles systématiques dans vos expériences personnelles.

« (…) notre mémoire constitue un continent riche pour l’écriture ».

Chaque « choc » vécu par le passé est votre matière. Pas forcément pour en faire le récit, mais plutôt comme source d’énergie, comme « dragon ».

Vos rêves, aussi, sont riches de potentiels. Ils constituent une voie d’accès privilégiée à votre inconscient.

« A ce stade, mémoire et imagination se confondent. »

A vous de trouver le carburant qui vous convient.

écrire en style mandarin chevaucher le dragon

Écrire en style mandarin – Écrire en anti-mandarin

Notre langage, c’est la langue française, nous ne pouvons en sortir. Il y a pourtant plusieurs façons de l’appréhender. Deux grandes écoles s’affrontent, et parfois aussi, à certaines occasions, se mélangent : le mandarin, et l’anti-mandarin.

Le mandarin est ce qui provient de la tradition, du français tel qu’il se doit écrire, syntaxe, concordance des temps, figures de styles et ponctuation incluses. Le mandarin est tout ce qui produit des effets de manche.

L’anti-mandarin se rapproche du style journalistique et privilégie l’efficacité, l’énergie (encore une fois), se rapproche du langage parlé. La langue de Molière descend de son piédestal et tend la main au lecteur du XXIe siècle.

Dans le style anti-mandarin se tiennent aussi tous les accents, les parlers régionaux, les fautes de syntaxe, admissibles du moment qu’elles soient voulues par l’écrivain et qu’elles aient leur utilité.

Il s’agit donc de choisir sa langue , ce qui nous amène à la question « Quelle genre de phrase écrire ? »

A la symétrie d’une prose classique et policée répond le réalisme d’un contexte et d’une époque.

Alain André se livre alors à un « mouvement pendulaire » de citation en citation, afin de nous amener là où il veut, grâce à  Oscar Wilde, Gustave Flaubert, Cyril Connely,  Céline, Italo Calvino et Roland BarthesIsaac Bashevis Singer, mais aussi à d’autres moins connus du grand public , tels que François Bon (10) ou Richard Millet (11)

Il donne le dernier mot à Aragon :

« j’en ai donc fini avec la syntaxe ».

Il s’attaque ensuite aux images et aux clichés, toujours du point de vue du style anti-mandarin. Se rapprochant du langage vernaculaire, l’anti-mandarin ouvre grand la porte à tous les clichés, qu’il appartient à l’écrivain de dépister.

Libre à lui ensuite de les utiliser ou pas, c’est mieux de ne pas, mais parfois, dans certains cas, ça peut se justifier.

(Notez l’effort que je fais pour mettre en pratique ce que l’on vient de voir et piétiner joyeusement la syntaxe.)

Les adjectifs, aussi, sont sujets à caution. Un adjectif ne sert à rien s’il ne rajoute pas du sens, sa place, avant ou après, est à étudier avec attention. Les adverbes sont un attribut du style mandarin. Ils ont tendance à affaiblir la phrase, autant en user avec parcimonie.

Les noms, la place des mots dans la phrase, écrire à la première ou à la troisième personne, le temps des verbes, les ruptures en tout genre sont ensuite passés en revue. Pas de règle absolue à en retirer, il s’agit, là encore, d’exemples, afin d’inciter à la réflexion et amener l’impétrant vers plus de maîtrise.

Noter la musique

Ici on parle de rythme, de souffle, de ponctuation, de lisibilité. Après un bref rappel des règles de ponctuation et un peu d’histoire concernant leur origine, Alain André détaille le rôle spécifique de chaque signe, virgule, trois points, suspension, exclamation, point-virgule…

Une bonne technique pour savoir comment ponctuer une phrase est de la lire à voix haute. Là où le souffle se suspend un instant, une virgule. Là où la voix baisse naturellement, un point. Et ainsi de suite.

L’auteur attire ensuite l’attention sur la ponctuation de la page, c’est-à-dire, les paragraphes, pour une question d’esthétique et de lisibilité.

Munis de ce viatique, nous pouvons reprendre tout ce que nous avons écrit jusque là, page par page, le lire à voix haute, corriger.

Ce quatrième chapitre ne fait pas exception à la règle, il est truffé de propositions d’écriture qui permettront de mettre en pratique immédiatement ce qui vient d’être lu… ou d’y revenir un peu plus tard.

  • « Matrices et traductions » pour jouer à se surprendre en remplissant les intervalles
  • « Récits de rêves » récit littéraire bien sûr
  • « Une rencontre inopinée » matrice derechef
  • « Brièveté et travail du cliché » selon moi l’une des plus utiles
  • « Anamnèse et phrases graphiques » une anamnèse est une réminiscence
  • « Noter la musique » à vous de retrouver la ponctuation

Chapitre 5 – Aller au bout de ses chantiers

Où l’auteur revient, longuement, sur les différentes façons d’écrire, les « trucs » des uns et des autres, et ce grand mystère qu’est l’inspiration.

Personnellement, pour aller au bout de mon chantier actuel, je me suis lancée un défi, ce qui, certes, me colle un peu de pression, mais aussi me maintient concentrée sur mon projet d’écriture.

aller au bout de ses chantiers écrire un projet d'une vie

Un artisanat

Selon Alain André, les étapes « canoniques » de l’écriture d’un livre (et plutôt d’un roman ou d’un essai qu’un livre de recettes), seraient, dans l’ordre :

  • Le germe, le point de départ
  • Le sujet, un tout début de développement
  • Les décors et les personnages, s’il s’agit d’une fiction
  • Recherche et documentation, toute fiction ayant un contexte
  • La construction des personnages, en détail
  • La charpente, canevas ou fil conducteur, quelques lignes pour chaque chapitre
  • Le séquencier (c’est la charpente développée)
  • Le premier jet
  • Le tiroir, le repos du premier jet avant relecture avec des yeux « neufs »
  • La relecture et corrections liées aux problèmes de charpente
  • Relecture et corrections liées à la continuité (où on améliore l’expérience du lecteur qui doit être sur un « tapis volant »)
  • Relecture et corrections liées au style et à la langue
  • Lecteurs privilégiés ou bêta lecteurs
  • Relectures encore, corrections, tiroir
  • Envoi du manuscrit aux maisons d’édition et épreuve du réel.

On peut s’inspirer de ces étapes, mais on n’est pas absolument contraint de les respecter à la lettre, c’est à chacun de trouver sa façon de faire.

(Encore ! Eh oui… L’Art, c’est la liberté dans les contraintes.)

Il existe, pour se lancer, trois méthodes éprouvées par de grands écrivains (ouf!)  :

  • Le tâtonnement progressif (Aragon, Simenon) pas de plan, pas de charpente.
  • La routine (Simenon encore, où l’on voit que les méthodes ne s’excluent pas forcément l’une l’autre), écrire tous les jours et voir ce qu’il en sort.
  • L’emprunt, qui se fonde sur un ouvrage déjà écrit, comme lorsque James Joyce varie le thème de l’Odyssée pour son Ulysse.

Le processus

Les idées ne suffisent pas, il faut du temps. Pour Alain André, trois mois d’écriture quotidienne pour un ouvrage de commande et cinquante ans pour se décider à terminer enfin son premier roman. Pas de règle, donc, encore une fois.

(Là, normalement, vous avez compris.)

Le livre est écrit. Maintenant, prendre du temps avant de se remettre à un autre projet. Attendre et rester « disponible à soi-même », le temps de la maturation.

De nombreux écrivains continuent cependant d’écrire, mais autre chose.

« C’est la continuité de l’effort qui prime : la régularité. Le temps doit être dompté d’une autre manière : pas de rupture, pas de perte de mémoire. Rester vissé sur son siège est l’un des plus grands secrets de l’art d’écrire. »

Pour s’y remettre plus facilement le lendemain, ne jamais finir sur une phrase aboutie.

Et bien sûr, accepter de retravailler sans cesse et ne pas s’attacher à son premier jet.

« Le premier jet est un minerai».

décider de la structure forme pour devenir écrivain

Quelle forme ?

Selon votre ambition d’auteur, vous vous glisserez dans une structure classique, la structure utilisée par d’autres et qui a fait ses preuves, pour y développer votre histoire, ou bien vous rechercherez une structure qui n’appartient qu’à vous.

Alain André cite ici, non pas un écrivain, mais un peintre, Wassily Kandinsky :

 « le travail de composition doit être guidé par la nécessité intérieure. Il la décline en trois nécessités : exprimer ce qui est propre à sa personne ; exprimer ce qui est propre à son époque ; exprimer ce qui est propre à l’art. La forme, dès lors, n’est plus seulement la délimitation d’une surface par une autre surface (la délimitation de votre expérience, amoureuse ou douloureuse, par la structure de vote roman, par exemple). Elle a son contenu intérieur, dont la forme devient la manifestation extérieure. »

La voie expérimentale

Dans un monde en profonde et rapide mutation, « nous savons qui nous sommes, le monde est inconnaissable ».

La fragmentation du récit dans le roman moderne répond à la fragmentation du monde également moderne. Il s’agit de regarder différemment. Ne pas se contenter de décrire les choses mais aller voir derrière ce qui s’y cache. Prendre des notes sur des ressentis, des sensations, avant d’entrer dans l’atelier pour retravailler les fragments obtenus et en tirer votre œuvre.

Certains écrivains ont développé des dispositifs, c’est-à-dire ont posé des contraintes précises, pour l’observation « quasi » scientifique du monde, tel Georges Perec, qui a tenté de lister exhaustivement tout ce qu’il voyait entre telle et telle heure, tous les samedis, assis à la même terrasse d’un café parisien, pendant des années. Le matériau obtenu devait être à même de rendre compte du temps qui passe.

(Rien ne vous empêche de construire votre propre dispositif, ou d’expérimenter celui des autres. Vous pouvez expérimenter les deux, si vous n’avez pas mieux à faire.)

Imaginer un récit

Inventer une histoire, c’est créer un suspense pour que le lecteur lise jusqu’au bout. « C’est toujours réinventer les rapports qu’on entretient avec le monde (…) Les récits sont toujours des (…) explorations symboliques. »

Le récit s’organise en trajectoire. Un point de départ, des péripéties, des obstacles, une résolution, une chute. Le dénouement aboutit à une fin naturelle… plus aucun mot n’est nécessaire. Les boucles sont bouclées.

Alain André consacre ensuite de nombreuses pages à évoquer les positions des uns et des autres.

Quête ou pas quête ?

Pour Borges, il existe seulement quatre grands types d’histoires (valant d’être racontées) :

  • La plus ancienne, « celle d’une forte cité qu’encerclent et défendent des hommes intrépides »
  • Le retour
  • La recherche (souvent condamnée à l’échec)
  • Le sacrifice (des dieux, mais pas que)

Inventer des personnages

La première chose à déterminer est le narrateur. Qui raconte ?

Avec quelle voix? Qu’est-ce que ça dit de lui ?

Ensuite définir le point de vue. Que sait-il de la situation ? Que raconte-t-il ? Et que sait-il qu’il ne raconte pas ? Qu’ignore-t-il ?

« Le personnage romanesque n’est pas un héros mythologique (…) Il obéit à la loi du changement. Il avance dans une histoire : son chemin, frayé dans un monde opaque, à déchiffre, est semé d’embûches, d’obstacles et de conflits qui le transforment. Le personnage romanesque  n’a pas de destin, mais une destinée, qui résulte de son désir et des obstacles que le paysage de sa quête lui oppose. »

Alain André donne ensuite quelques clés pour la création de personnages, puisées ici ou là.

D’abord, se méfier des descriptions exhaustives, ennuyeuses, car elles n’apportent rien au récit. Quelque traits (quelques fragments) seront plus judicieux, et permettront l’exploration progressive du personnage qui se dévoilera peu à peu. C’est ainsi que procèdent la plupart des auteurs modernes.

Dans les traits, il faut comprendre les attitudes et les pensées, pas seulement ce qui se donne à voir.

les traits et silhouettes des personnages pour savoir comment écrire

Saisir le « code existentiel » du personnage, c’est-à-dire « l’essence de sa problématique essentielle ». Chaque « figure » aura le sien propre, défini par un ou plusieurs mots-clés.

Donner aussi une « voix » différente à chacun, pas forcément un langage différent, mais une façon de s’exprimer, un rythme dans la pensée.

L’expression des pensées peut prendre plusieurs formes :

  • Il se dit : je vais faire ceci (style direct)
  • Il se dit qu’il allait faire ceci (style indirect)
  • Je vais faire ceci (monologue intérieur ou soliloque à voix haute)
  • Il songeait. Il allait faire ceci (indirect libre)

Les propositions d’écriture de ce chapitre, sont, par ordre d’entrée en scène  :

  • « Tenir le journal du livre en train de se faire »
  • « Germination » – exploration à partir d’un mot/graine
  • « La méthode du crayon » ou les microgrammes sur papier de récupération
  • « Dans la ville » – différentes manières d’exploration
  • « Villas » – créer du suspense à partir d’un lieu
  • « Crimes exemplaires » – pour s’essayer à la nouvelle brève

Chapitre 6 : Publier

Écrire un roman

Ici, Alain André recense quelques règles incontournables que vous ne lirez pas ailleurs, du moins pas sous cette forme, pour l’écriture d’un roman.

Comment construire une intrigue qui tienne le lecteur jusqu’au bout ?

« Elle implique de penser la logique de l’histoire, l’organisation et la gestion progressive des informations ; mais aussi le rythme, c’est-à-dire la vitesse, nécessairement variable, de la narration (sinon c’est la monotonie qui l’emporte) ; ainsi que la composition : le type de charpente que vous adopterez. Toutes ces données sont interdépendantes (…) elles forment, dans l’écriture, un faisceau de contraintes en interaction continuelle. (…) L’intrigue est secrète. Le lecteur suit l’intrigue sans en voir tous les fils. Sa curiosité est excitée par la pénombre dans laquelle se trouvent plongées certaines des causes qui guident l’action des personnages. C’est le grand ressort du suspense. »

Tout l’art de l’écrivain réside en somme à dévoiler petit à petit, en oubliant pas d’envoyer le lecteur sur une fausse piste de temps en temps, ou de s’arranger pour que ledit lecteur se pose des questions qui trouveront leurs résolutions plus tard.

J’ai, pour ma part, jeté un œil sur la manière de faire des écrivains américains.

Le roman s’articule en moments forts.

« La force d’un texte n’est pas continue : elle réside dans l’alternance. Si toutes les pages sont dans la violence, le lecteur se lasse. Il faut des « moments faibles= : des pauses, des silences, des moments plus stylisés ou résumés, entre les moments forts qui sont décrits avec tous les détails qui en font des scènes complètes. »

Le rythme est fait de moments alternés, parmi lesquels on distingue :

  • La scène, qui est le temps de l’action.
  • La pause descriptive, qui est le temps de l’atmosphère.
  • Le résumé, qui est la stylisation de la narration rapide des moments « entre » les actions.
  • L’ellipse, qui est l’art du silence. Parce qu’elle ne dit rien, elle accroît la vitesse du récit.

A vous de marquer le tempo, sur une charpente solide. A noter que les différents moments ne correspondent pas forcément au découpage en chapitres.

Un bon chapitre « s’ouvre sur une intrigue (il se passe quelque chose, on cache quelque chose au lecteur), puis se développe selon une ligne ascendante vers un moment fort. La fin apporte à la fois une pseudo-résolution et une attente, puisqu’il ne s’agit pas de la résolution finale. C’est sur cette fin que jouent souvent les auteurs, en choisissant d’interrompre le chapitre avant l’instant crucial. »

L’articulation des chapitres deux par deux permet de donner le rythme.

« A un chapitre émotionnellement tendu succède un chapitre calme ; à une crise, une attente.(…) Cette opposition permet de créer un rythme, de faire succéder à un chapitre rapide un chapitre plus lent, et donc de varier l’émotion éprouvée par le lecteur ».

emotion et polyphonie

Au-delà du roman, la polyphonie

L’organisation d’un roman peut se faire selon une logique propre, ne tenant pas compte des règles admises communément. Encore faudra-t-il, pour que la sauce prenne que cette organisation s’appuie sur une charpente sans défaut. Il existe des romans bâtis sur une structure de jeu de cartes, d’autres sur des lois mathématiques…

La fin d’un roman est « ce moment où l’on se saisit de tous les fils, de toutes les harmoniques : symboles, images, métaphores et indices, que la mémoire a enregistrés au fur et à mesure, prennent sens ensemble. Le lecteur éprouve son impact poétique et émotif maximal. (…) Une synthèse s’opère, après coup, qui combine les détails, met en relation des fragments éloignés. »

Au-delà du roman, la voie essayiste

Écrire un roman conventionnel peut ne pas vous satisfaire. Certains romans sont des romans/essais, d’autres des romans/documentaires.

L’aiguillon de la valeur

Le roman achevé doit rencontrer le lecteur. Pour cela, il doit répondre à un désir du lecteur.

« Aussi difficile de faire lire un ouvrage à un lecteur qui ne le souhaite pas que de faire manger un enfant qui est entré dans le chemin de l’anorexie pour s’opposer à ses parents. »

C’est vrai pour le lecteur final mais aussi pour celui de la maison d’édition que vous aurez choisie pour y envoyer votre tapuscrit.

Sous quelle forme ? Format A4, paginé (numéroté), police Times, corps 12, interligne 2 et marge 2,5, impression recto seul.

Inutile d’arroser les éditeurs, sélectionnez soigneusement les maisons où vous enverrez votre livre, ne vous répandez pas dans le courrier d’accompagnement, soyez patient.

Pour trouvez les maisons qui correspondent à votre écriture, il existe un guide : AUDACE (13), qui les recense toutes. Vous le procurer vous fera gagner du temps.

Quel auteur allez-vous être ?

L’aspirant écrivain rêve bien souvent de se consacrer uniquement à l’écriture de son œuvre. C’est malheureusement impossible dans la très grande majorité des cas.

S’il est possible de vivre de sa plume, ce sera en variant les travaux et les commandes, en donnant des cours ou des ateliers, en travaillant en maison d’édition…

De nombreux écrivains ont un métier « à côté ». Même les plus grands. Primo Levi était chimiste, Alain Robbe-Grillet ingénieur agronome, Michel Butor professeur…

L’espace intermédiaire

Il y a différentes voies d’accès à la publication « en maison » :

  • Publier dans des revues de nouvelles
  • La littérature jeunesse
  • Les manuels scolaires

Vous pouvez aussi :

  • Envoyer vos textes dans des concours
  • Fréquenter les salons du livre
  • Participer à des lectures publiques

Quoique vous fassiez, soyez patient, organisé, respectueux, tenace et perspicace.

Les dernières propositions d’écriture de ce livre si riche :

  • « Biographies imaginaires » à partir d’une carte postale représentant un personnage
  • « Petite polyphonie épistolaire » ou raconter à partir de plusieurs voix un même événement
  • « Traités minuscules » à propos de fragments
  • « Lettres de refus » écrire une lettre de refus pour un ouvrage que vous détestez
  • « Le productif et le tourmenté » ou les attitudes des écrivains à l’endroit de leur travail
  • « Un mot et son contraire » à propos de publication

Ici s’achève selon moi la prose d’Alain André et débute celle de Nathalie Hegron. La transition se fait en douceur.

Dossier : S’autoéditer, faire sa promotion

L’édition traditionnelle

Il existe 10.000 éditeurs en France.

(S’il n’y en a pas un pour vous, c’est vraiment pas de chance!)

L’auteur détaille les différents métiers de la chaîne du livre. On parle ensuite de prix. Pas de prix littéraire, de prix de vente. La rémunération des auteurs s’établit entre 8 et 12 %, plus proche de 8 % en dessous des 10.000 exemplaires vendus.

(La plupart des livres ne dépassent pas les 500 exemplaires vendus, sachez-le!)

devenir écrivain et avoir son livre en librairie

L’édition numérique à compte d’auteur

Dans cette partie on parle plus précisément de l’autoédition, dont l’ancêtre est l’édition à compte d’auteur.

Jack London, Marcel Proust (lui-même!) ont débuté leur carrière en publiant à compte d’auteur. A cette époque, l’édition n’était que physique. Depuis, le numérique a accompli sa révolution dans tous les domaines, l’édition n’y échappe pas.

Une édition numérique, après inscription sur une plate-forme, peut se doubler d’une impression physique à la demande, qui permet une présence dans les salons.

L’auteur détaille les étapes d’une autopublication numérique, avant de revenir sur les multiples raisons qui peuvent pousser un auteur à se tourner vers ce type de publication, toutes liées à des inconvénients du circuit traditionnel :

  • Encombrement – plus 5000 tapuscrits arrivent par la poste dans les grandes maisons d’édition chaque année, une poignée sont édités.
  • Faible rémunération de l’auteur – 8 % c’est sûr que ce n’est pas le Pérou, eu égard au travail de titan qu’est l’écriture d’un roman digne de ce nom
  • Cession des droits d’auteurs à la maison d’édition qui en fait ce qu’elle veut, ce qui n’est pas du goût de tous les auteurs
  • Nécessité de « coller » à l’esprit d’une collection
  • À un délai d’attente avant publication élevé s’ajoute aucune maîtrise sur la promotion qui est faite

L’édition numérique présente aussi d’autres avantages, non négligeables :

  • L’auteur n’a pas de stock à gérer (par rapport à l’autoédition physique)
  • Il accède au tableau de bord de suivi de ses ventes.

Ce que doit savoir l’auteur indépendant pour auto éditer son livre

Il y a cependant quelques formalités administratives obligatoires :

  • Demander un n°ISBN, qui permettra, entre autres, de créer un code-barre unique pour chaque ouvrage.
  • Déposer un exemplaire à la Bibliothèque Nationale de France (ou en région).

Avant cela, il faut quand même s’assurer que l’ouvrage remplit bien toutes les conditions d’une publication de qualité. Une relecture extérieure par un correcteur professionnel s’impose.

La maquette doit correspondre à des critères précis de typographie et de mise en page, la couverture doit être réalisée par un professionnel. C’est aussi le moment de se (re)poser la question du titre. Un bon titre donne envie d’ouvrir le livre. Établir le bon prix de vente.

C’est aussi le moment pour préparer la fiche de présentation de votre livre, qui, en ligne, donnera toutes les informations pertinentes au lecteur potentiel. Résumé, genre, nombre de pages. L’auteur conseille de raisonner en terme de mots-clefs afin de permettre l’indexation par les moteurs de recherche.

Ce n’est pas fini. Ici commence la promotion. Auprès des libraires (le livre sur la plate-forme sera référencé dans leur base de données mais pas présent physiquement en librairie), des médias, et enfin des lecteurs. L’auteur peut être son propre attaché de presse, ou se faire aider par un(e) professionnel(le).

Les principaux acteurs du secteur de l’autoédition en ligne

Ici sont comparés les services des principales plate-formes d’autoédition :

  • BoD (bookondemand)
  • Amazon KDP (Kindle Direct Publishing)
  • Kobo Writing Life
  • Iggybook
  • Librinova
  • Wattpad

L’auteur et sa promotion

Pour multiplier la chance du livre de trouver son lectorat, ne pas se priver de le promouvoir sur les réseaux sociaux.

Beaucoup rêvent d’écrire : un français sur trois. Il existe de nombreux concours d’écriture. Y participer peut permettre une première reconnaissance. Les sites Concours de nouvelles  et Envie d’Ecrire les ont recensés et mis en ligne.

Les maisons d’éditions elle-même organisent des concours, ce qui leur permet de repérer les auteurs prometteurs dans le créneau qui les intéresse. Les plate-formes aussi.

  • « Le prix Masque »
  • Les concours des éditons Charleston
  • «La plume francophone », d’Amazon
  • « A la découverte des talents de demain », Kobo by Fnac

Les nouveaux outils de promotion

A l’ère de Google, la création d’une page « Auteur » sur un site dédié est, a minima, indispensable.

Un blog est aussi un bon outil de promotion, sans compter qu’il peut comprendre une boutique en ligne.

Les commentaires et avis des lecteurs sont précieux. « Une pratique courante consiste à laisser un avis sur le livre d’un autre auteur auto-édité, qui très souvent propose de faire de même en retour. »

Tour d’horizon succinct des médias sociaux (Facebook, Twitter,Linkedin, Pinterest, Instagram, Youtube) et de la façon de les utiliser, ainsi que des communautés de lecteurs (Babelio, Livraddict, Goodreads, Library-thing).

devenir écrivain et écrire le mot fin

En guise de conclusion (des auteurs)

La conclusion est condensée en treize conseils. C’est Alain André qui reprend la parole, car ces treize conseils figuraient déjà dans les éditions précédentes. Les voici :

  • Osez écrire
  • Écrivez à partir de votre expérience
  • Trouvez-vous des lecteurs
  • Lisez les bons auteurs
  • Recourez aux contraintes
  • Organisez-vous
  • N’attendez pas l’inspiration
  • Trouvez l’énergie, visez la cible
  • Apprivoisez le processus de la composition d’un ouvrage
  • Écrivez vraiment, ne rédigez pas
  • Soyez humble et orgueilleux à la fois
  • Assumez votre position d’auteur
  • Visez le lecteur inconnu, mais avec circonspection.

Ce qui sensiblement diffère de ma propre analyse. C’est, du coup, complémentaire. Pour lire mon article les 10 commandements de l’écrivain de fiction, cliquez ici.

Conclusion sur “Devenir écrivain” :

Ce livre peut se lire de plusieurs façons. D’abord, de bout en bout. C’est ce que je vous conseille tout d’abord, pour vous en imprégner, et surtout profiter pleinement de l’érudition d’Alain André, des nombreuses citations d’auteurs divers et variés, anciens ou contemporains.

Ensuite, par thèmes, en fonction de votre “os” du moment. C’est permis non seulement par les nombreuses notes que vous aurez prises durant votre lecture, mais aussi par l’index thématique en fin d’ouvrage, qui vous permettra de retrouver telle ou telle idée qui vous fait défaut dans l’instant.

Outre, encore une fois, les nombreux exemples érudits qui suffiront à vous convaincre, si cela n’est pas déjà fait, que vous avez toute votre place dans le monde de l’écriture pour peu que vous en appreniez les règles, quitte à vous en libérer plus tard, à vous de voir, le grand + de ce manuel réside dans les propositions d’écriture qui émaillent le texte et qui vous permettront de vous découvrir et de découvrir toute l’étendue de vos possibilités.

A cet égard, Devenir écrivain est un vrai manuel de développement personnel.

(Prévoyez de une à deux heures par proposition d’écriture pour être à l’aise et bien vous laisser aller à jouer le jeu.)

Ce que j’en retire personnellement

Ce livre est à l’opposé de tous les pseudo-manuels qui vendent une façon de procéder magique permettant de réussir le chantier du moment que la méthode sera suivie à la lettre.

Érudit, complexe, extrêmement fouillé et documenté, il me fournit plutôt des pistes de réflexion.

J’en sors avec la certitude que, s‘il existe des règles en littérature, il s’agit d’Art et que donc la transgression est toujours possible et peut même déboucher sur quelque chose d’entièrement nouveau qui saisira le lecteur d’une manière imprévue mais bien réelle.

Ce livre est-il pour vous ?

Je déconseille fortement la lecture de ce livre si :

  • Vous êtes à la recherche d’une baguette magique.
  • Vous n’avez aucune culture littéraire ou très peu : vous courrez le risque de crouler littéralement sous les nombreuses références dont vous n’aurez jamais entendu parler. Mesurer votre ignorance peut vous bloquer définitivement, ce qui serait dommage. L’ignorance se « répare », pas l’inaction.

Je conseille vivement la lecture de ce livre si :

  • Vous êtes curieux de vos pairs en littérature et désireux d’en apprendre plus sur les procédés qu’ils emploient sans pour autant lire tous leurs ouvrages.
  • Vous êtes bloqués dans un passage difficile. Recourir à une proposition d’écriture de ce livre vous débloquera sûrement.
  • Vous avez besoin d’entendre (de lire) qu’il vous appartient de trouver votre manière, que tous font de même, cela ne vous placera pas au ban des écrivains si vous écrivez exclusivement entre 10 et 11 du mardi au samedi. Ça sera juste plus long.

Avez-vous appris quelque chose ?

Cette chronique vous a-t-elle appris quelque chose ? Je le souhaite. C’était, en tout cas, mon but en l’écrivant.

Avez-vous pris du plaisir à la lire ?

Ecrivez-moi un commentaire pour me le dire.

Je vous répondrai avec grand plaisir.

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout.

Vous savez  maintenant ce qu’il vous reste à faire.

Asseyez-vous.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Lead the Field

Ecrivez.

Vie Quatresixquatre du blog Ecrire de la Fiction.

Points forts :

  • Les nombreuses propositions d’écriture qui vont bien au-delà des « jeux » proposés ordinairement, que vous pouvez trouver sur internet ou ailleurs (à part sur le site d’Aleph-Ecriture, bien sûr)
  • Les nombreuses citations et références
  • L’index thématique en fin d’ouvrage pour s’y retrouver en cas de question urgente.

Points faibles :

  • Le danger de se perdre en route devant tant d’érudition, et de ne pas achever la lecture.
  • Des passages « bavards » sans réelle « efficacité », des redites.
  • Une structure assez faible avec des titres de chapitres et de sous-chapitre parfois obscurs.

Ma note :

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Avez-vous lu le livre “Devenir écrivain” de Alain André ? Combien le notez-vous?

Médiocre - Aucun intérêtPassable - Un ou deux passages intéressantsMoyen - Quelques bonnes idéesBon - A changé ma vie sur un aspect bien précis !Très bon - A complètement changé ma vie ! (Pas encore de Note)

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(1) Aleph-Ecriture : https://www.aleph-ecriture.fr/

(2) Revue L’Inventoire https://www.inventoire.com/

(3) Georges Perec  :https://textualites.wordpress.com/2015/09/22/les-lieux-de-georges-perec-une-oeuvre-eclatee/

(4)  Pierre-Jean Jouve : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Jean_Jouve

(5)  Sei Shonagon : https://fr.wikiquote.org/wiki/Sei_Sh%C3%B4nagon

(6) Renga : https://fr.wikipedia.org/wiki/Renga

(7) OULIPO : https://www.oulipo.net/

(8) Peter Handke : https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Handke

(9) Michel Leiris : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Leiris

(10) François Bon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bon

(11) Richard Millet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Millet

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4 Commentaires pour :

Devenir écrivain

  • Vie

    4 Mai 2020 à 17:17

    J’ai beaucoup appris en écrivant cet article. Merci à Habitudes zen de m’accueillir.

    Répondre



    • Nicolas

      5 Mai 2020 à 20:36

      Merci pour cette chronique !!

      Répondre




      • Oh, un ami m’a parlé de ce livre récemment en me le conseillant ! Ce résumé me donne vraiment encore plus envie de l’acheter. Merci beaucoup !

        Répondre



        • Luc

          26 Mai 2020 à 19:59

          Article intéressant avec de réels conseils et pistes sans détours.
          Ce résumé permet rapidement d’avoir les grandes lignes pour écrire et surtout des informations concrètes sur les différents types d’édition.
          Merci à vous deux

          Répondre









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