La psychologie des foules

La psychologie des foules est un monument du domaine de la psychologie

Phrase-résumée du livre de Gustave Le Bon La psychologie des foules : l’auteur analyse les mécanismes psychologiques, les processus cognitifs et les forces morales qui conditionnent et orientent le comportement de la foule, et comment celle-ci transforme des individus conscients, libres et responsables en des êtres inconscients, aliénés et instinctifs, capables, selon l’excitant du moment, de crimes les plus odieux, mais aussi d’actions les plus nobles.

Couverture du livre de Gustave Le Bon La psychologie des foules

Par Gustave Le Bon (1841-1931), 1895, 130 pages.

Note : Cette chronique a été écrite par Ali Nejmi.

Chronique et résumé du livre de Gustave Le Bon La psychologie des foules

‘La Psychologie des foules’ est un ouvrage de référence concernant « la psychologie sociale », et constitue un classique incontournable dont les théories sont toujours d’actualité. Les dénominations ont changé (électorat, public, audience, consommateurs…), mais les mobiles, les mécanismes et les facteurs d’influence et de manipulation des foules restent les mêmes.

Introduction : L’ère des foules

Le contexte historique

On est à la fin du 19ème siècle, l’auteur était témoin d’une époque chaotique et incertaine, une période de transition, marquée d’un côté par l’effondrement des piliers religieux et moraux sur lesquels reposaient les structures politiques et sociales européennes, et de l’autre côté par l’émergence de nouvelles conditions de vie et de pensées octroyant aux foules (classes politiques, syndicats, associations professionnelles…) un pouvoir quasi absolu réservé, jadis, aux rois, aux princes et aux religieux (anciens initiateurs des mouvements et des changements).

Selon l’auteur, cette ligne de rupture brutale entre l’ancien monde en ruine et le nouveau en gestation nous révèle qu’un changement radical s’est opéré dans l’âme du peuple, dans le fond héréditaire des croyances et pensées.

Ce bouleversement historique s’était opéré dans des bains de sang, des larmes et des exactions les plus horribles commis par des foules barbares déchainées manifestant, selon l’excitant du moment, des actes criminels odieux, mais aussi des traits vertueux de moralité.

Il était donc d’un grand intérêt pratique, du point de vue de Gustave Le Bon, d’analyser, par les procédés scientifiques les plus rigoureux, les mécanismes psychologiques et intellectuels qui sous-tendent le dynamisme des foules, et de poser, ainsi, la pierre angulaire d’une nouvelle discipline du savoir, capable d’éclairer un grand nombre de phénomènes historiques et économiques, qui restaient jusqu’à là, totalement inintelligibles.

Livre premier : L’âme des foules

Chapitre I : Caractéristiques générales des foules.

Loi psychologique de leur unité mentale.

Le corps de la théorie de Le Bon repose sur le principe que la foule doit être analysée comme une entité psychologique irréductible aux éléments qui la composent. Cette notion fondamentale distingue la foule de point de vue psychologique du simple agrégat d’individus.

Les foules sont régies par une « unité mentale » et « une âme collective », transitoires, qui fusionnent et orientent tous les individus, dans la même direction. Ce nivèlement émotionnel et intellectuel anesthésie toute volonté personnelle et annule toutes les aptitudes individuelles qui distinguent, naturellement, des éléments hétérogènes : un philosophe dans une foule n’est pas plus intelligent qu’un simple illettré.

Selon l’auteur, l’âme de la race (l’ensemble de caractères communs que l’hérédité impose à tous les individus d’une race) est le substrat inconscient sur lequel se superposent les caractères spéciaux que la foule peut acquérir en des circonstances particulières. Cependant, la formation d’une «âme collective » par la mise en commun de qualités ordinaires n’est pas source d’intelligence mais de médiocrité, de bêtise et de bassesse.

Gustave Le Bon soutient que les foules développent ces caractères spéciaux à travers trois états psychologiques : l’irresponsabilité, la contagion et la suggestibilité.

Le sentiment d’irresponsabilité domine les foules : l’appartenance à une foule anesthésie les inhibitions et confère à l’individu un sentiment de « puissance invincible ».

La contagion se réfère à la propension des individus dans une foule à suivre, indiscutablement, les idées prédominantes et à être galvanisés par l’émotion commune : l’intérêt collectif se substitue à l’intérêt individuel.

La suggestibilité caractérise la tendance à transformer immédiatement en actes les idées suggérées, la foule étant en état d’« attention expectante », tel un hypnotisé . Cet état dérive d’une âme archaïque inconsciente et, de surcroît, de nature primitive. La conscience s’évanouit et les facultés intellectuelles s’y retrouvent fortement annihilées.

Chapitre II : Sentiments et moralité des foules

1. Impulsivité, mobilité et irritabilité des foules

A l’instar des êtres primitifs régis par l’esprit instinctif impulsionnel, la foule psychologique est l’objet d’irritations et d’excitations diverses. Elle est, par nature, mobile et dynamique, pouvant passer de l’atrocité horrible à l’héroïsme le plus absolu. Elle peut parcourir successivement la gamme des sentiments variables les plus contradictoires, mais elle est toujours sous l’influence des excitations du moment. Les foules veulent les choses avec frénésie, elles ne les veulent pas bien longtemps. « Elles sont aussi incapables de volonté durable que de pensée ».

Dans ses états de frénésie, une foule suggestionnée par des idées de meurtre et de pillage cède à la tentation.

2. Suggestibilité et crédulité des foules

Gustave Le Bon affirme que l’état d’attente expectante des foules amplifie l’effet des suggestions par contagion et facilite la transformation des idées en actes.

Dépourvues de tout esprit critique, les foules ne peuvent que manifester une crédulité extrême. La perception et l’observation des évènements sont elles aussi altérées : rien n’est trop invraisemblable pour une foule.

Cet état d’âme peut expliquer le grand nombre d’hallucinations collectives subies par les foules. La plupart des légendes et des mythes ont été créés par la déformation d’événements ordinaires.

La foule ne sépare guère le subjectif de l’objectif. Elle admet comme réelles les images évoquées dans son esprit, et qui le plus souvent n’ont qu’une parenté, lointaine avec le fait observé.

Gustave Le Bon rappelle que « ce que l’observateur voit alors, ce n’est plus l’objet lui-même, mais l’image évoquée dans son esprit. Ce sont les héros légendaires, et pas du tout les héros réels, qui ont impressionné l’âme des foules ».

3. Exagération et simplisme des sentiments

La simplicité et l’exagération sont les deux traits de caractère communs à toutes les foules. Ces dernières sont enclines à ne considérer les choses qu’en bloc, les états transitoires étant inaccessibles à leur esprit primitif.

Incapables de déceler les nuances, les foules ne connaissent ni le doute ni l’incertitude. Le simple soupçon est une évidence.

L’exagération du sentiment conduit inévitablement à la force brutale et aux excès les plus exécrables. Dans cet état submergeant de sentiments extrêmes, la foule n’est réceptive émotionnellement qu’aux discours violents évoquant des images de l’inconscient collectif.

La foule est de ce fait hermétique à toute forme d’argumentation intelligente.

4. Intolérance, autoritarisme et conservatisme des foules

Gustave Le Bon considère que les foules possèdent un esprit binaire qui accepte les croyances en bloc comme vérités absolues, ou les rejette comme erreurs non moins absolues.

Ne supportant pas la contradiction et la discussion, les foules sont autoritaires et intolérantes envers les supposés opposants.

Cet état d’âme propre aux êtres ‘diminués’ psychiquement et intellectuellement pousse les foules à chercher la sécurité et la stabilité auprès des croyances établies ou auprès d’une autorité forte et protectrice.

Ceci renvoie à un autre trait de caractère typique aux foules, c’est leur conservatisme à l’égard des idées, croyances et habitudes gravées dans l’imaginaire du groupe.

« Leur respect fétichiste pour les traditions est absolu, leur horreur inconsciente de toutes les nouveautés capables de changer leurs conditions réelles d’existence, est tout à fait profonde ».

5. Moralité des foules

La nature instinctive et impulsionnelle des foules ne signifie pas qu’elles ne sont pas susceptibles de moralité ‘vertueuse’. Cette dernière apparait sous forme d’actes d’abnégation, de sacrifice de l’intérêt personnel et de dévouement absolu. Cette moralité informelle est, souvent, stimulée par l’invocation des sentiments de gloire, d’honneur, de religion et de patrie.

Une foule peut attaquer un palais et tout y détruire, au nom d’une idée qu’elle-même ne comprend pas, sans qu’aucun de ses membres ne vole un seul objet du palais !

Certes, ces manifestations inconscientes de haute moralité dérivent d’une âme psychologiquement précaire ; cependant, il est évident que sans elles les grands changements de l’histoire humaine n’auraient jamais eu lieu.

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Chapitre III : Idées, raisonnements et imagination des foules

1. Les idées des foules

Les foules sont foncièrement conservatives, le changement de leurs idées fondamentales se fait lentement durant plusieurs générations.

Elles peuvent manifester, par moment, un engouement ponctuel pour des idées transitoires ou des doctrines en vogue, mais leur influence n’est que passagère.

Pour être acceptée par la foule, une idée doit être simple, très mal définie, absolue et prendre une forme d’image nette et impressionnant l’imaginaire collectif. De ce fait, les idées philosophiques et les théories les plus élaborées doivent être présentées sous une forme beaucoup moins subtile, et dépouillées de leur grandeur originale, pour accéder à l’esprit de conception primitive des foules, avec beaucoup de temps de retard.

C’est ainsi que des idées développées par les philosophes des Lumières n’ont pu « descendre » dans les foules, qu’après plusieurs décennies, mais qu’une fois installées dans les esprits, elles ont suffisamment bouleversé les foules pour être à l’origine de la Révolution.

2. Les raisonnements des foules

Le raisonnement des foules suit un enchainement très simple et se caractérise par une association d’idées-images sans liens logiques. Les notions de nuance et de relativité échappent complètement à l’intelligence rudimentaire de la foule.

Un raisonnement, exigeant un effort de réflexion, est contreproductif et constitue une entrave au désir immédiat de la foule : il faut au contraire une idée d’exception, d’une puissante intensité émotionnelle, pour séduire et persuader une foule psychologique.

3. L’imagination des foules

Il est admis que les êtres inférieurs (les moins développés psychologiquement et intellectuellement) développent une imagination représentative très active, fortement puissante et vivement impressionnable.

Chez un hypnotisé (la foule), les images évoquant un souvenir douloureux, un personnage vénéré ou une gloire passée possèdent la vivacité des choses réelles.

Dans une foule sous l’influence d’une forte suggestion, l’illusion et l’hallucination peuvent se manifester facilement à travers le processus de contagion.

Ce substrat sentimental primitif favorise le côté mystérieux et légendaire des évènements auxquels assistent les foules. Celles-ci sont enclines par nature à n’être influencées que par les images les plus intenses, les plus saisissantes et les plus invraisemblables.

Les petits esprits détestent les détails ennuyeux, et préfèrent plutôt les généralités et la condensation des faits, des images et des opinions. Présenter avec un excès d’émotions un crash d’avion laissant une centaine de victimes obsède les esprits plus que des milliers d’accidents de voiture, par an, occasionnant des dizaines de milliers de morts.

Sur ce registre, le système de TVA est cité par l’auteur comme étant une solution d’imposition des plus intelligentes. S’acquitter d’un grand montant réparti dans le temps est plus acceptable par le public, que payer une somme moindre en un seul coup.

Chapitre IV : Formes religieuses que revêtent toutes les convictions des foules

Le sentiment religieux marque de son empreinte toutes les catégories de convictions embrassées par une foule.

Ce sentiment englobe toutes les manifestations propres aux croyances religieuses : fanatisme, absolutisme, intolérance à l’égard des opposants, soumission aveugle, dogmatisme, conservatisme, extrémisme.

Il suffit de se soumettre corps et âme à une idée, une personne ou à une organisation pour développer inconsciemment les symptômes du sentiment religieux. Un athée fanatique, un nationaliste extrémiste et un raciste fasciste pourraient manifester des traits de la religiosité au même titre qu’un fondamentaliste religieux.

Ces temps ne sont pas révolus. Sur ce point, Le Bon est catégorique : « Et il ne faudrait pas croire que ce sont là des superstitions d’un autre âge que la raison a définitivement chassées. Dans sa lutte éternelle contre la raison, le sentiment n’a jamais été vaincu ».

Livre II : Les opinions et les croyances des foules

Chapitre I : Facteurs lointains des croyances et opinions des foules

La naissance des idées dans l’âme des foules suit un long processus de préparation basé sur plusieurs facteurs lointains liés à la race, les traditions, les institutions et l’éducation.

Sur ce terrain, fertilisé par les œuvres littéraires, philosophiques et scientifiques, se produit l’éclosion de nouvelles idées sous l’effet pressant d’autres facteurs immédiats : images, mots et formules.

1. La race

La race est le facteur puissant qui conditionne, avec ces lois héréditaires, toutes les suggestions sociales du moment. Tous les résidus de l’histoire sont gravés dans les gènes raciaux. Sous la couche superficielle de la foule se cache le seau des ancêtres.

2. Les traditions

La synthèse de la race se trouve dans les traditions. La théorie de l’évolution soutient le fait que l’on ne peut pas dissocier un être vivant de son passé qui constitue son identité.

Le temps seul se charge de changer les traditions une fois leur utilité perdue.

Gustave Le Bon préconise de trouver un juste milieu entre la stabilité et la variabilité pour accomplir le changement des coutumes en douceur.

3. Le temps

Le temps est la force suprême responsable de la création, la transformation et la destruction des idées, des croyances et des civilisations.

C’est dans le temps que s’accomplissent les évènements légendaires, et c’est dans sa tombe que s’ensevelissent les empires les plus invincibles.

4. Les institutions politiques et sociales

Nul décret, aucune institution n’a la force d’initier le changement du caractère commun d’une nation. Seule la transformation lente des lois de la race le permet.

Pour Gustave Le Bon, les régimes politiques et les institutions sont déterminés par les facteurs raciaux et les habitudes propres à un peuple, et non le contraire.

Les noms des institutions ne sont que des étiquettes qui n’ont aucune valeur intrinsèque. C’est l’usage qu’on en fait qui est important. Et cet usage est bien évidemment associé aux facteurs fondamentaux de la race.

Par exemple, la démocratie dans les pays latins possédait une connotation très différente de celle que donnaient les anglo-saxons au même concept politique.

Il arrive qu’un peuple se soulève contre une institution, mais après l’apaisement, le fond des instituons renversées se reproduit à nouveau sous d’autres étiquettes. Le Bon affirme que :

« Ce qui a agi sur l’âme des foules, ce sont des illusions et des mots. Des mots surtout, ces mots chimériques et puissants dont nous montrerons bientôt l’étonnant empire ».

5. L’instruction et l’éducation

L’instruction, quelque performante soit-elle, n’a pas la force de changer ou d’améliorer automatiquement les instincts héréditaires ou la moralité des citoyens.

Partant du principe que l’enseignement donné à la jeunesse d’un pays façonne, lentement, l’âme future de toute la nation, Gustave Le Bon consacre une grande partie à la critique du système éducatif français de l’époque. Il le qualifie, justement, d’être une usine à produire des diplômés disqualifiés séquestrés, durant les années utiles et actives, dans une école et dont la tête est bourrée par un tas d’inutiles manuels théoriques.

Cette inadéquation entre la réalité professionnelle et le contenu des études augmente le nombre de chômeurs révoltés (armées de prolétaires anarchistes) et prépare le terrain à un malaise social pouvant exploser à tout moment.

La solution à cette disconvenance consiste donc, selon l’auteur, dans la mise en place d’une instruction professionnelle promouvant l’esprit d’entreprise et d’initiative chez les jeunes. Ce système repose sur l’immersion directe des étudiants, après quelques prérequis indispensables, dans le monde du travail. C’est seulement sur le terrain que chaque candidat pourrait progresser à son rythme et gravir les échelons selon ses aptitudes et son rendement.

Chapitre II : Facteurs immédiats des opinions des foules

La réceptivité spécifique à une foule repose sur les facteurs fondamentaux détaillés précédemment. C’est sur ce terrain que se superposent d’autres facteurs immédiats (images, mots, illusions..) pouvant manipuler l’âme de la foule et la pousser à l’action dans une direction bien déterminée.

1. Les images, les mots et les formules :

Chez une foule, les mots n’ont pas de signification réelle en dehors des vives images qu’ils suscitent et évoquent dans l’imagination collective.

La puissance d’un mot se rattache aux aspirations et espoirs qu’il suscite dans l’âme des hommes. C’est principalement les termes les plus mal définis (démocratie, liberté..) qui exercent une grande fascination sur les masses, par les illusions de bonheur et du bien-être qu’ils font miroiter.

Dans ce domaine, les grands manipulateurs des foules font usage de mots adéquats qui exercent l’effet de la magie sur les esprits et les sentiments des hommes.

Gustave Le Bon souligne qu’après les révolutions les plus sanguinaires, le nouvel establishment habille les anciennes structures renversées par de nouvelles appellations pour faire oublier les fâcheuses images du passé, suscitées par les anciens mots. « Ainsi la patente a pris la place de la taxe des maitrises et jurandes, et la taille est devenue contribution foncière… ».

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Pareillement, le socialisme du XIX° siècle ne fédère pas la classe ouvrière grâce à l’intelligence de la critique marxiste, mais parce que quelques mots d’ordre simplificateurs peuvent tenir lieu de slogan à la masse des moutons exaltés.

L’art de conduire la foule est de glisser le contenu-message dans le contenant-image. Décidément, Hitler n’avait rien inventé. Les systèmes les plus despotiques, les plus liberticides ont été installés par des Hommes d’Etat ayant l’intelligence et l’art de manier les mots invoquant liberté, égalité, gloire et fraternité.

2. Les illusions

Ce sont les illusions et les espoirs chimériques qui font mouvoir les foules, et qui font et défont les grandes civilisations.

Ceci n’est pas qu’inconvénient, l’histoire humaine serait un livre vide sans âme ni couleur s’il n’y avait pas tout cet héritage légué sous forme de monuments, d’œuvres d’art et de bibliothèques, dont l’inspiration première était, justement, les illusions religieuses, politiques et sociales.

La science a beau essayer, vainement, avec ferveur de désillusionner les esprits en ramenant les phénomènes à leur réalité la plus évidente, le grand facteur de l’évolution des peuples n’a jamais été la vérité déplaisante, mais bien l’erreur séduisante.

Là-dessus, Gustave Le Bon a précisé que : « Qui sait les illusionner est aisément leur maître ; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime ».

3. L’expérience

Il est communément admis que l’expérience est l’antidote efficace des illusions les plus pernicieuses.

Malheureusement, les grandes désillusions ne se réalisent que par les expériences les plus tragiques. Il a fallu, par exemple, deux guerres planétaires pour faire démontrer aux peuples le prix à payer pour le fascisme, le colonialisme et l’agression de la souveraineté des autres nations.

4. La raison

La constitution mentale rudimentaire des foules les dispense de toute forme de raisonnement logique. Elles sont, par contre, influencées par des images suggestives induites par de grossières associations d’idées (forme primitive de raisonnement). Le discours scientifique demeure, ainsi, impuissant devant l’empire des superstitions et le rideau impénétrable des sentiments d’un groupe de fanatiques.

Néanmoins, ces défauts de raisonnement propres aux foules sont, justement, les moteurs indispensables qui entraînent l’inertie de l’histoire. Les religions et les grands empires se sont construits, non pas par la promotion de la raison, mais avec des mots vagues tels l’amour de la patrie, la parole de Dieu, l’honneur et la gloire.

Chapitre III : Les meneurs des foules et leurs moyens de persuasion

1. Les meneurs des foules

L’irritabilité et l’impulsivité caractérisant la dynamique des foules les rendent incapables d’autodiscipline, chaotiques et anarchiques sans un ‘leader’ fédérateur personnifiant les idées et les aspirations du groupe.

Derrière la force du groupe et du nombre se cache la lassitude, la servilité, la faiblesse et l’insécurité psychologique des êtres primitifs.

Dépourvus de toute volonté personnelle, les membres d’une foule se tournent vers le ‘leader’ qui en possède une. Il s’agit souvent d’un homme d’action, rarement de pensée, un rhéteur subtile, ayant lui-même une foi inébranlable, une volonté de fer et prêt à tout sacrifier pour les idéaux qu’il défend.

Le meneur des hommes est toujours déifié  par la foule, ses paroles sacrées sont des ordres indiscutables et sa personne est élevée au rang des légendes. Là aussi, ce qui compte pour la foule n’est pas la nature humaine commune du chef, mais l’image que celui-ci évoque dans les esprits. Cette image du guide est justement associée aux aspirations chimériques de la foule.

Gustave Le Bon cite souvent comme exemple de ce phénomène les succès de Napoléon Ier, meneur d’hommes hors pair.

2. Les moyens d’action des meneurs ; l’affirmation, la répétition, la contagion.

Le mécanisme pour convertir les foules à une croyance ou les rendre adeptes d’une idée repose sur l’affirmation, la répétition et la contagion.

Les idées présentées d’une manière déterminée, affirmative, simple et dégagée de tout raisonnement ou de toute preuve pénètrent sans grande difficulté dans l’esprit des foules. La répétition est le procédé qui permet d’incruster définitivement les idées dans l’inconscient comme une vérité absolue.

De nos jours, ces procédés sont bien utilisés dans le marketing, la publicité, la vie politique, la guerre psychologique et la création de courants d’opinions.

Pour discréditer un homme politique auprès de l’opinion publique, il n’y a pas mieux que le lynchage médiatique où les mêmes propos diabolisant sont reproduits inlassablement.

Intervient alors le mécanisme naturel aux foules : la contagion (imitation). Ce pouvoir puissant qui fait que les idées se transmettent d’un esprit à un autre par l’intermédiaire d’une force invisible comme une onde magnétique ou télépathique.

On peut citer la mode comme illustration du pouvoir de la contagion sur l’esprit d’une foule spécifique de consommateurs. Dans ce domaine, on fait appel aux modèles que la masse inconsciente imite facilement. Un produit, aussi banal soit-il, est associé à l’image d’une célébrité (acteur, sportif…) qui en assure la promotion par son prestige dominant les esprits.

3. Le prestige

Le prestige est la domination émotionnelle paralysante qu’exerce sur les esprits la force magnétisante d’une croyance, d’une personne ou d’une divinité. Le prestige n’accepte pas de discussion, bloque tout jugement et empêche le bon sens de distinguer la part de vérité ou d’erreur.

C’est sur le prestige, exercé sur les masses, que se sont bâties les grandes religions, les gloires des empereurs et les exactions des despotes les plus redoutables.

Gustave Le Bon souligne « Malmenez les hommes tant qu’il vous plaira, massacrez-les par millions, amenez invasions sur invasions, tout vous est permis si vous possédez un degré suffisant de prestige et le talent nécessaire pour le maintenir ».

Par contre, l’insuccès, la faiblesse et la discussion font perdre au prestige son ascendant sur les âmes. Le prestige ne se gagne pas par la persuasion et la bonté, mais par l’admiration.

Chapitre IV : Limites de variabilité des croyances et opinions des foules

1. Les croyances fixes

Il y a des questions philosophiques qui demeurent éternellement sans réponse : par quelle force invisible un homme mort exerce-t-il, du fond de sa tombe, un despotisme émotionnel sur l’âme des foules ?

Toute civilisation se construit sur une structure rigide invariable formée par les croyances durables et les caractères propres à la race. Ces piliers ne subissent de changement qu’au prix exorbitant d’une rupture douloureuse (grands bouleversements), lorsque la croyance a perdu presque entièrement son empire sur les âmes.

Les peuples défendent, donc, farouchement leurs convictions, quelle que soit leur absurdité philosophique,  car elles constituent le socle de leur équilibre psychologique.

Gustave Le Bon conclut que le séisme du changement provient de la fracturation des croyances en profondeur. On assiste alors, simultanément, aux convulsions des croyances agonisantes et à l’éclosion incertaine de nouvelles convictions.

Une nation sans croyances vives est un cadavre sans âme. Psychologiquement parlant, l’inconscient perd son équilibre et sa stabilité lorsque les dogmes qui y sont incrustés s’ébranlent sous la lumière de la raison ou perdent leur puissance affective.

2. Les opinions mobiles des foules

Sur ces fondations solides se succèdent de nouvelles idées du moment, passagères, qui naissent et disparaissent selon leur utilité à une époque donnée, mais qui sont empreintes par les qualités et les idéaux de la race.

Les théories les plus solides philosophiquement ne sauraient durer longtemps si elles s’opposent aux orientations des croyances très profondes.

De nos jours, ce constat est très manifeste dans l’impact des mass-médias, de l’internet et des nouvelles technologies d’information sur les esprits et les psychologies. Les régulateurs d’opinions sont très nombreux, et les sources du savoir et de l’information sont multiples, ce qui rend difficile l’orientation des foules par un seul centre d’influence ou de pouvoir.

L’auteur observe que « les écrivains, autrefois directeurs de l’opinion, ont perdu toute influence, et les journaux, jadis porte-parole des régimes au pouvoir, ne font plus que refléter l’opinion des foules. Quant aux hommes d’État, loin de la diriger, ils ne cherchent qu’à la suivre ».

Cette absence totale de direction de l’opinion, et en même temps la dissolution des croyances générales, ont pour résultat final un émiettement complet de toutes les convictions, et l’indifférence croissante des foules pour ce qui ne touche pas nettement leurs intérêts immédiats. L’homme moderne est de plus en plus envahi par l’indifférence.

Livre III : Classification et description des diverses catégories de foules

Chapitre I : Classification des foules

1. Foules hétérogènes

Ce nom désigne tous les groupes composés d’individus de différentes classes sociales et d’horizons intellectuels les plus variés, formant sous l’influence de circonstances particulières une foule psychologique où les individualités conscientes s’effacent sous le joug de l’inconscience collective.

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Si l’on trouve autant de formes de démocratie, de socialismes et de libéralismes que de nations, c’est à cause des divergences rencontrées au niveau des caractères de la race des peuples. La constitution mentale héréditaire marque par son sceau la façon de penser, de se comporter et de sentir des foules, et par conséquent, les théories politiques et les organisations sociales.

L’auteur arrête une loi fondamentale : « les caractères inférieurs des foules sont d’autant moins accentués que l’âme de la race est plus forte ».

2. Foules homogènes

Les foules homogènes comprennent : les sectes ; les castes ; les classes.

  • La secte est un groupe de personnes connecté par une croyance religieuse ou une opinion politique commune.
  • La caste représente des individus de même profession et par conséquent d’éducation et de milieux à peu près semblables.
  • La classe réunit des individus liés par certains intérêts, certaines habitudes de vie et d’éducation fort semblables.

Chapitre II : Les foules dites criminelles

Une foule excitée, suggestionnée de commettre un acte cruel, qualifié légalement de crime dans des circonstances ordinaires, est convaincue qu’elle répond à un devoir sacré et légitime, un acte patriotique et méritoire. L’auteur cite l’exemple du gouverneur de la Bastille égorgé par un cuisinier enragé par la suggestion puissante des assaillants.

La nature impulsive, instinctive et variable des sentiments de la foule criminelle en action fait surgir des actes forts contradictoires, une indulgence soudaine pourrait se substituer, brièvement, à une atroce férocité; une puissante image suggestive est susceptible de changer le cours des événements du fond en comble.

Combien d’innocents (enfants, vieux) étaient massacrés par le simple motif d’appartenir à un groupe d’ennemis. La foule criminelle est encline, par son esprit simpliste, à généraliser tout ce qui particulier, aucune ombre de nuance ne lui est permise.

Chapitre III : Les Jurés de cour d’assises.

Les verdicts d’un jury de cour d’assises, quelle qu’ait été la composition, est un exemple de la prise de décision par une foule psychologique ne répondant à aucun jugement de justice impartialement établi.

Les délibérations des jurés, comme toutes les foules, sont susceptibles d’être manipulées par un prestige, une image, ou une mise en scène stimulant soit des émotions de bienveillance et d’indulgence, ou bien des sentiments de répugnance et de haine.

A L’instar des autres catégories de foules, un jury est souvent sous l’influence de quelques membres prestigieux. Aussi, un avocat habile cherche avant tout, dans sa plaidoirie, à acquérir à sa défense les membres influents du jury possédant le pouvoir d’orienter la décision générale.

Chapitre IV : Les foules électorales.

foule-electorale - la psychologie des foules

Crédits Photo: William Hall Raine

« La vérité se rencontre du côté du plus grand nombre ». C’est le dogme du suffrage universel qui possède aujourd’hui le pouvoir qu’avaient, dans le passé, les dogmes religieux.

Le mécanisme adopté pour séduire une foule électorale repose sur les mêmes procédés : l’affirmation, la répétition, le prestige et la contagion.

Le candidat à une élection doit posséder le facteur imposant du prestige (fortune, position, titre). En plus de cet élément capital, les électeurs ne sont définitivement acquis qu’au candidat ingénieux qui sait flatter leur égo et les faire bercer par des promesses générales, les plus fantaisistes. Les mots et les formules utilisés doivent être choisis de manière à avoir un fort impact sur les sentiments et l’imagination des foules.

Une foule électorale, sous l’effet de l’égalisation mentale, n’est pas prédisposée intellectuellement à suivre une argumentation étayée par des chiffres et des évidences; les réunions électorales ne sont, souvent, que des affirmations, des invectives, des intimidations, des acclamations et des hurlements.

Faudrait-il pour autant critiquer ce principe ‘universel’ de démocratie ? Gustave Le Bon soutient que ce serait aller contre le cours de la nature. L’infériorité mentale de toutes les collectivités, quelle que puisse être leur composition, est une évidence dont nous avons démontré la preuve.

Chapitre V : Les assemblées parlementaires

Le régime parlementaire représente l’idéal de tous les peuples civilisés modernes. Il traduit cette théorie, psychologiquement erronée mais communément admise, que beaucoup d’hommes réunis sont bien plus capables qu’un petit nombre de prendre une décision intelligente et libre sur une question donnée.

Cependant, le simplisme des opinions est une des caractéristiques les plus importantes de ces assemblées. On y rencontre une tendance invariable à résoudre les problèmes sociaux les plus compliqués par les principes abstraits les plus simples, et par des lois générales applicables à tous les cas.

Par ailleurs, les meneurs des partis politiques sont des hommes d’intelligence très moyenne, mais qui sont des hommes d’action et d’habiles orateurs. Les vrais hommes de génie ne sont que de maigres figures aux assemblées parlementaires, enclins de nature à présenter le côté complexe des choses.

Le caractère d’automatisme pourrait frapper les assemblées excitées et hypnotisées, dans des circonstances exceptionnelles, et les amener à approuver et décréter des lois et des conventions les plus homicides.

Cependant, les dysfonctionnement du régime parlementaire ne diminuent en rien son utilité pratique, car il protège contre les dérives de la dictature, et les tyrannies qui en découlent.

Conclusion sur « La psychologie des foules » :

La psychologie des foules est l’un de mes livre favoris en ce qui relève de la psychologie sociale. Il a complètement bouleversé mes connaissances dans ce domaine de savoir des plus subjectifs et des plus compliqués.

Les Théories du livre La psychologie des foules sont toujours d’actualité et nous éclairent sur l’ensemble des phénomènes liés à la manipulation des masses. L’exploitation des foules psychologiques a, peut-être, pris d’autres formes plus délicates, mais l’on découvre derrière, les mêmes mécanismes que ceux expliqués dans le livre.

Selon Gustave Le Bon, quel que soit le domaine de la manipulation (politique, publicité, guerres…), il est, toujours, aisé de faire accepter à la foule ciblée des assertions générales présentées en termes saisissants, quoiqu’elles n’aient jamais été vérifiées et ne soient peut-être susceptibles d’aucune vérification.

Gustave Le Bon souligne que l’art de conduire la foule est de glisser le contenu-message dans le contenant-image.

Pour illustrer la puissance de ce mécanisme (l’impact potentiel de la communication par l’image), on peut citer le matraquage publicitaire, qui crée un effet de contagion sur les consommateurs, et par conséquent, impose non seulement certaines façons de penser mais aussi certaines façons de sentir !

Des associations d’idées complètement dissemblables du genre « je fume une cigarette donc je suis cow-boy » ou encore « je conduis une voiture de sport donc je suis un héros », sont édifiantes.

La psychologie des foules met, aussi, à notre disposition un excellent outil d’analyse qui nous aiderait à diagnostiquer, plus rationnellement, les phénomènes nouveaux relatifs à la recrudescence de la criminalité des masses, le retour du terrorisme religieux et les malaises sociaux sur fond de crises (sociales, financières et identitaires).

En outre, étant conscients des risques réels de manipulation, nous pourrions nous en préserver par l’adoption de comportements conscients, le recours à l’esprit critique et le développement de l’intelligence émotionnelle.

Points forts

  • Lecture agréable, plume très subtile et style raffiné.
  • Pertinence des analyses pour ce qui relève de la compréhension des mécanismes psychologiques des êtres sociaux.
  • Actualité des mécanismes de manipulation (publicité, politique, religion) : affirmation, répétition, contagion, image, communication..
  • Les thèses sur le sentiment religieux des idées et ses conséquences (terrorisme, intolérance, extrémismes) sont édifiantes.

Points faibles

  • Les thèses avancées sont corroborées par les faits historiques d’une courte période de l’histoire (révolution française).
  • La rigueur scientifique des analyses est discutable.
  • Généralisation de cas particuliers.
  • Vision plutôt individualiste et élitiste face à la société.

Ma note :

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6 Commentaires pour :

La psychologie des foules

  • Serge

    23 Nov 2015 à 08:44

    Bravo Ali pour cette chronique, clairement une de mes préférées.

    Cet ouvrage est une référence pour ouvrir les yeux sur les biais psychologiques des foules : il appartient bien sûr à chacun d’analyser / modérer certaines des conclusions. Le sujet est véritablement passionnant.

    Un livre qui complète bien cette lecture et adresse quant à lui les biais du cerveau humain de manière générale : “Thinking Fast and Slow”, de Daniel Kahneman.
    J’aime beaucoup “Influence” de Robert Cialdini également (très accessible).

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    • Ali

      23 Nov 2015 à 13:24

      Merci Serge,
      Évidemment que chacun de nous doit être outillé de boucliers ‘psychologiques’, en plus de l’esprit critique, pour se protéger contre les manipulations de tout genre (médias, discours religieux, intolérance …).
      Merci pour les ouvrages proposés.

      Répondre



    • Patrick

      23 Nov 2015 à 20:29

      L’anarchie est partout quand la responsabilité n’est nulle part, autre concept du même auteur.

      Que dire du pouvoir des foules ?

      Le contre-pouvoir est né depuis il s’appelle le web, qui certes peut être source de manipulation MAIS la contre-proposition est toujours accessible et l’éducation faisant la recherche du contraire est à porter de main.

      Je n’ai pas des compétences en science humaine universitaire néanmoins en + d’un siècle et la révolution de l’information en marche, il est manifeste que la donne à changer, et l’une des dernières révolutions à l’est de l’Europe fut même de “velours”, c’est une exception mais cela prouve que c’est possible.

      Ce qui change aussi fondamentalement aussi entre les écrits de Gustave le Bon et aujourd’hui ceux sont les régimes politiques, qu’on le veuille ou non même si des poches d’obscurantisme sont à moins de 4h de vol ou 1h d’un porte d’avion, il y a plus de Démocratie et un niveau de pauvreté moindre en 2015 qu’il n’y en avait 120 ans.

      Les concepts énoncés par l’auteur restent vrai si l’on enlèvent le web, la presse et la démocratie….et je fais le vœux que les concepts de Le Bon ne reviennent d’actualités car là comme disait Einstein “La quatrième guerre mondiale se fera à coup de lance-pierre.”

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      • Ali

        27 Nov 2015 à 12:14

        Tout à fait d’accord avec vous Patrick.
        Le WEB et la démocratie font partie des produits extraordinaires du progrès que connait l’humanité. C’est vrai que les sources du savoir sont énormes, avec le WEB. Mais ça n’empêche qu’ils sont des outils susceptibles d’être utilisés pour des fins obscures. A titre d’exemple, le terrorisme en recrudescence recrute ses victimes dans le WEB. La publicité fait usage des réseaux sociaux pour écouler des produits souvent inutiles…Donc, la psychologie humaine est manipulable tout le temps.

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        • Patrick

          28 Nov 2015 à 01:23

          Bonsoir,
          Je suis d’accord aussi avec vous Ali -:)
          Le web est une source de recrutement terroriste certes, les marchands font leur beurre au premier rang on y retrouve des licornes tel Amazon Goggle et consort MAINTENANT la circulation des idées est le gage de l’avancée de la démocratie, la propagation des cultures permet d’ouvrir les esprits et cette démultiplication n’a pu voir le jour qu’avec la puissance de l’internet. Cet outil peut servir à la manipulation sauf qu’à la différence de la Bravda des années 70 ou il n’y avait qu’un média par exemple en URSS, il en existe 100 fois plus même dans la Russie de V Poutine.On peut toujours dire qu’il y a des contrôle dans des pays tel que la Russie, la Chine, la Corée du Nord….sauf qu’il y a toujours un moyen de contourner et de faire passer d’autres messages ; si Twitter n’avait pas exister “les printemps Arabes” n’auraient éclos. Autre exemple les régimes des mollah en Iran ont bcp de soucis à se faire car cette jeunesse savent que d’autres façon de penser sont possibles.
          Je ne décris pas un monde bisounours, les manipulations par internet sont possibles et existent aussi sauf qu’il y a toujours un moyen d’aller rechercher d’autres informations et c’est la démultiplication des sources qui permettent de limiter les obscurantismes.
          L’éducation et je dirai même l’éducation à l’outil internet est le moyen d’éviter justement la manipulation. En cela des médias indépendants et non prosélytisme sont les garants justement.
          MAINTENANT là où je vous suis, cela implique une qualité celui d’être curieux et d’oser se poser des questions et là il y a du taff !
          Restons optimiste !

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      • […] “La psychologie des foules“, de Gustave Le Bon […]

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