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Un long chemin vers la liberté

Un long chemin vers la liberté Nelson Mandela

Chronique et résumé de « Un long chemin vers la liberté » de Nelson Mandela : découvrez l’autobiographie de l’un des plus grands leaders du XXe siècle, qui a mis fin à l’apartheid et a organisé la réconciliation en Afrique du Sud — un monument d’histoire et de sagesse.

Par Nelson Mandela, 1995 [1994], 768 pages.

Titre original : A long walk to freedom.

Chronique et résumé de « Un long chemin vers la liberté » de Nelson Mandela  

À propos de l’ouvrage

Long Walk to Freedom ou Un long chemin vers la liberté est l’autobiographie de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, l’une des personnes les plus profondément influentes du XXe siècle.

Publié en 1994, le livre retrace d’abord la vie de Nelson Mandela depuis son enfance jusqu’à son emprisonnement sous le régime de l’apartheid.

La deuxième partie du livre traite de l’activité politique de Nelson Mandela au sein de la prison, puis en dehors, une fois libéré après 27 ans de détention. Le livre se termine par l’accession du leader à la présidence du gouvernement d’Afrique du Sud.

Première partie : une enfance à la campagne

La naissance d’un « fauteur de troubles »

Nelson Mandela est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, un petit village de la région du Transkei, en Afrique du Sud.

Son père, chef de village, l’a appelé Rolihlahla. Ce mot peut se traduire littéralement par « tirer les branches des arbres », mais signifie familièrement « fauteur de troubles » dans la langue xhosa.

Plus tard, d’autres appelleront Nelson Mandela du nom de clan Madiba. Quant au prénom Nelson, celui-ci lui a été donné par l’un de ses professeurs, à l’école.

Nelson Mandela est issu de la noblesse de la tribu Thembu, qui faisait partie de l’ancienne nation Xhosa. Son père était l’équivalent d’un président par intérim pour le Thembuland. Toutefois, il ne resta pas au pouvoir très longtemps.

Nelson Mandela grandit sans son père, parti travailler en ville. Sa mère et lui déménagent dans un village appelé Qunu, près d’Umtata. Élevé par sa mère, qui passe son temps à s’occuper des cultures de maïs et de sorgho, il fait office de « garçon de troupeau ». Sa famille est pauvre et il mange peu.

La mort de son père et l’éducation

Nelson Mandela aime se bagarrer avec les enfants de son âge. Mais aussi aller à l’église avec sa mère, croyante méthodiste.

Pour l’époque et le lieu, Nelson Mandela commence l’école jeune, à savoir à l’âge de 7 ans. Ce sont les amis haut placés et instruits de son père qui recommandent qu’il soit envoyé à l’école.

Il fréquente néanmoins la petite école à classe unique de son village et porte la plupart du temps le pantalon coupé de son père, attaché par une ficelle autour de la taille.

Lorsque Nelson Mandela a neuf ans, son père meurt d’une maladie pulmonaire.

Sa famille l’envoie alors vivre chez le chef Jongintaba Dalindyebo, qui se trouve être le régent intérimaire des Thembu, qui vit à Mqhekezweni, « le grand lieu » (Great Place), dans la capitale provinciale du Thembuland.

Nelson et sa mère s’installent donc dans cette résidence royale. La région étant fortement religieuse (méthodiste) et occidentalisée, la scolarité du jeune Nelson Mandela est rapidement orientée vers des métiers administratifs (police, administration, interprétariat).

À cette époque, l’enfant devient aussi beaucoup plus religieux. Mais surtout, il se passionne pour l’histoire et les héros africains, tel que Ngangelizwe, qui protège leurs terres contre les Britanniques.

Par exemple, le régent raconte à Nelson Mandela comment les Noirs vivaient dans une paix relative jusqu’à ce que les hommes blancs les envahissent et brisent leur fraternité, comme cela est arrivé en Afrique du Sud avec l’arrivée des Néerlandais et de Jan Van Riesbeck.

Une bonne éducation et un intérêt grandissant pour la rhétorique anticolonialiste

Lorsqu’il est plus grand, Nelson Mandela fréquente le Clarkebury Boarding Institute, situé dans le district d’Engcobo. Il s’agit, en ce temps-là, de la plus haute institution d’enseignement pour les Africains dans le Thembuland.

Au début, le garçon éprouve des difficultés à s’adapter à cet environnement différent et ses camarades n’hésitent pas à le traiter de « garçon de la campagne », ce qui lui donne le sentiment d’être un étranger.

Il se lie toutefois d’amitié avec une fille nommée Mathona, qui devient sa première amie féminine. Avoir une fille pour amie est nouveau pour lui, car là où il a été élevé, les femmes ne sont pas particulièrement bien traitées.

Enfant sur les bancs d'école. Premier pas sur le chemin de la liberté.

Le Weslayan College

Il continue sa scolarité au Weslayan College, qui forme alors la plus grande école pour les Africains au sud de l’équateur.

Nelson y écoute avec admiration le poète xhosa Krune Mqhayi. Son discours sur le choc entre les cultures européenne et africaine ébahit le jeune homme.

Peu à peu, Nelson Mandela se découvre une identité africaine (et pas seulement locale). Celle-ci va de pair avec une rhétorique anti-européenne et anti-colonialiste. Le jeune homme commence à se passionner pour le nationalisme africain.

Fore Hare

À 21 ans, Nelson Mandela part étudier au University College de Fort Hare, dans la municipalité d’Alice, près de Healdtown. Il s’agit du seul centre d’enseignement supérieur résidentiel pour les Noirs en Afrique du Sud à cette époque.

Nelson Mandela ne soutient guère les attitudes colonialistes de ses professeurs. Pourtant, il les respecte et reste amical avec eux.

C’est ainsi qu’il apprend l’anglais, l’anthropologie, la politique, l’administration indigène et le droit romain-néerlandais. Le jeune homme envisage alors de devenir fonctionnaire ou interprète aux Affaires autochtones.

Il participe également à diverses activités extrascolaires, telles que la course de fond, le football, la rhétorique et la danse.

Un mariage raté et la fuite

Le régent, chez qui il vit toujours à ce moment, fait en sorte qu’il se marie avec une femme appelée Justice. Les jeunes gens conviennent tous deux que ce n’est pas ce qu’ils souhaitent et ils s’enfuient à Johannesburg.

La fuite lui permet également d’échapper aux problèmes politiques qu’il a engendrés en tant qu’étudiant au University College de Fore Hare. Nelson Mandela s’est en effet fait expulser de l’université après avoir soutenu un boycott des étudiants.

Pour avoir de l’argent pour partir, Nelson Mandela et sa compagne volent deux bœufs qu’ils revendent. C’est le début d’un long périple et de plusieurs mensonges en cascade.

Deuxième partie : Johannesburg

Des mensonges pour vivre

À Johannesburg, Nelson Mandela va d’abord travailler comme gardien de nuit à Crown Mines, une mine d’or locale. Il dira plus tard que la mine d’or est un signe fort de l’oppression blanche.

En effet, de nombreux Africains trimaient quotidiennement dans une énorme entreprise capitaliste qui ne profitait qu’aux propriétaires blancs.

Pour obtenir le poste, il utilise un subterfuge : il prétend que le régent — qui est une figure respectée et connue — approuve son déménagement.

Toutefois, les responsables de la mine découvrent vite le pot aux roses et demandent à Mandela de retourner immédiatement chez lui.

Refusant de quitter la ville, Nelson Mandela vit brièvement chez un cousin, puis s’installe chez le révérend J. Mabutho. Cependant, il répète le mensonge, qui, à nouveau, se retrouve très rapidement éventé. Son hôte lui demande de partir, mais s’organise néanmoins pour qu’il reste chez des voisins.

C’est aussi à cette époque que le jeune homme trouve un emploi d’avocat stagiaire auprès d’un cabinet local, Witkin, Sidelsky et Eidelman.

La nuit, il étudie afin d’obtenir son diplôme de droit à l’UNISA, l’université d’Afrique du Sud qu’il n’a pas pu terminer.

Travail au cabinet d’avocat et études de droit

À cette époque, Nelson Mandela vit dans la pauvreté. Il raconte comment les secrétaires du cabinet d’avocats lui apportent de la nourriture.

Pour économiser de l’argent, il s’installe dans une auberge que la Witwatersrand Native Labor Association (WNLA) gère pour les Noirs de toute l’Afrique du Sud et qui accueille des Zoulous, des Namibiens, des Xhosas et des Swazis.

En 1942, Nelson Mandela obtient son diplôme de bachelier. Il s’inscrit à l’université de Witwatersrand pour obtenir son diplôme de droit (la licence ou équivalent du master aujourd’hui).

Seul étudiant noir en droit, Nelson Mandela fait l’expérience du racisme, même s’il parvient aussi à s’entendre avec des personnes aux mentalités beaucoup plus libérales.

Au niveau académique, le jeune homme éprouve pour la première fois des difficultés et obtient des résultats plutôt médiocres à ses examens.

Initiation au communisme

Gaur Radebe, l’un des collègues de Nelson au cabinet d’avocats, est la première personne à initier Nelson Mandela au communisme. La seconde est son premier ami blanc, Nat Bregman.

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Nelson Mandela est alors âgé de 23 ans.

Il assiste à plusieurs réunions du parti, bravant l’avertissement de son patron qui lui conseille d’éviter la politique. Au contraire, puisqu’il décide de participer au boycott des bus d’Alexandra en août 1943.

Cette action est la première expérience de Nelson Mandela en matière de militantisme politique. Son but ? Contester l’augmentation des tarifs des bus. Dans son autobiographie, il décrit ce moment comme l’un des plus terrifiants et les plus enrichissants de sa vie politique.

En fait, les liens que Nelson Mandela noue à cette époque avec le parti communiste ont une influence considérable sur sa lutte future contre l’apartheid.

Troisième partie : La naissance d’un combattant de la liberté

La participation à l’ANC

Dans les années suivantes, Nelson Mandela s’engage plus fermement encore en politique. Il devient actif au sein du Congrès national africain (ANC), qui a pour but d’aider tous les Africains d’Afrique du Sud à obtenir la pleine citoyenneté.

Au printemps 1944, Nelson Mandela et le Dr Lionel Majombozi, malgré l’opposition du chef de l’ANC, décident de former une Ligue de la jeunesse de l’ANC, davantage axée sur le militantisme.

Mandela y siège en tant que président du comité exécutif. Avec d’autres jeunes adeptes du « nationalisme africain militant », il cherche à convaincre le président d’alors de l’ANC, le Dr A. B. Xuma, de mener une politique plus active en faveur de l’égalité politique des Noirs.

Comme le dit Mandela, décrivant ses sentiments à cette époque :

« Le nationalisme africain était notre cri de guerre, et notre credo était la création d’une nation à partir de nombreuses tribus, le renversement de la suprématie blanche et l’établissement d’une forme de gouvernement véritablement démocratique. » (Un long chemin vers la liberté, Troisième partie)

La lutte contre l’apartheid

En 1948, le Parti national, dirigé par des Afrikaners blancs (proches du régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale), arrive au pouvoir en Afrique du Sud et instaure l’apartheid, c’est-à-dire la séparation politique et l’oppression des Noirs.

Ce parti rend hors-la-loi le parti communiste sud-africain et promulgue des lois visant à restreindre les droits de la population noire.

En réaction, Nelson Mandela et ses camarades de l’ANC décident de pratiquer la désobéissance civile.

La police les arrête et les séquestre brièvement. À l’issue de l’un de ses premiers jugements (nous allons voir qu’il y en aura d’autres), le tribunal le déclare coupable de communisme « statutaire », c’est-à-dire d’opposition au gouvernement. Finalement, sa peine à neuf mois d’emprisonnement est suspendue.

En tant que membre de l’ANC, Nelson Mandela cherche à agir contre les abus du gouvernement et la ségrégation. L’association rédige une charte appelée African Claims.

Nelson Mandela rencontre également un homme nommé Anton Lembede, un Zoulou du natal. Celui-ci donne à l’ANC une conférence ayant pour objet le complexe d’infériorité des Noirs. C’est un vibrant plaidoyer en faveur de « l’africanisme ».

Mandela voit dans cette proposition un exemple de nationalisme noir africain. Plus, il considère que celui-ci est le seul antidote à la domination étrangère et à l’impérialisme occidental.

La rencontre avec sa première femme et sa vie familiale

Pendant cette période de sa vie, Mandela se marie avec Evelyn Mase, sa première femme. Celle-ci est infirmière en formation. Tous deux tombent rapidement amoureux.

Quelques jours après leur rencontre, ils sortent ensemble. Quelques mois plus tard à peine, Nelson Mandela la demande en mariage. La jeune femme accepte et ils se marient en 1945.

En 1946, le couple emménage à Orlando East. Durant sa captivité, Nelson Mandela se souviendra souvent de la maison dans laquelle ils vivaient.

C’est là que son fils, Madiba Thembekile, naît en 1946, suivi de sa fille, Makaziwe, en 1947. Malheureusement, celle-ci meurt alors qu’elle n’a que neuf mois. Un autre fils, nommé Makgatho, naît en 1950.

Changement de stratégie : réflexion sur la lutte armée

L’arrivée au pouvoir du parti national et de l’augmentation sans précédent des violences policières a fait grandir les rangs de l’ANC.

En 1952, des manifestations de masse ont lieu pour pousser le gouvernement à satisfaire les demandes sociales et politiques des Noirs.

Toutefois, à cette époque, Nelson Mandela s’interroge sur la voie à suivre : faut-il continuer à prôner la non-violence et la résistance passive, comme Gandhi, ou cela ne suffit-il plus ?

Le combat est ma vie

Quatrième partie : Le combat est ma vie

Son propre cabinet d’avocat

La même année, Nelson Mandela ouvre un cabinet d’avocats avec Oliver Tambo, un membre de la tribu de Pondoland, dans le Transkei. Pourtant, il n’a toujours pas obtenu sa licence (il a échoué aux examens).

Leur cabinet est très demandé et représente des Noirs dans de nombreuses affaires de brutalité policière. Mais les victoires sont rares. Quant aux autorités politiques, elles dénigrent ouvertement cette initiative.

La fin du pacifisme

Le point de bascule est franchi en 1953, lorsque le gouvernement nationaliste décide de déplacer les Noirs de leurs foyers urbains de Sophiatown vers des régions rurales éloignées.

Les Blancs s’installent dans les belles maisons qui appartenaient auparavant à des Noirs aisés, qui sont refoulés sans ménagement.

Nelson Mandela en appelle alors à la fin de la résistance passive. Publiquement, il prend la parole pour inviter à la violence contre le gouvernement de l’apartheid et tente même de faire parvenir des armes de Chine.

Cela ne plaît guère à l’ANC, qui le censure.

En 1953, la police lui interdit toute action politique. Des efforts sont également déployés pour radier Mandela du barreau.

Cinquième partie : Le procès de trahison

Accusation de trahison

En décembre 1956, la police de sécurité sud-africaine arrête Mandela et plus de 100 autres personnes, dont presque tous des responsables de l’ANC. Ils sont accusés de haute trahison. Toutefois, les dirigeants sont libérés en attendant le procès.

Quatre-vingt-quinze accusés sont finalement jugés. Le gouvernement déplace le procès à Pretoria et présente un nouvel acte d’accusation, qui incrimine les accusés pour avoir planifié des violences contre l’État et tenté de renverser le gouvernement et le remplacer par un État communiste.

Le procès officiel de Nelson Mandela s’ouvre à l’été 1960 et se termine en mars 1961. Les juges donnent raison à la défense. Les accusés sont donc libres.

Ceux-ci célèbrent brièvement le verdict, mais le plaisir n’est que de courte durée. Les autorités jurent de ne pas perdre à nouveau.

Pour obtenir des témoignages accablants, les forces de sécurité commencent à battre et à torturer les témoins, ce qui devient alors une habitude en Afrique du Sud.

Nouveau mariage

À cette période, le mariage de Nelson Mandela bat également de l’aile. Sa femme est partie avec leurs fils Makgatho et Thembi, et leur fille, Makaziwe. Dans son autobiographie, l’homme exprime sa tristesse de voir ainsi partir ses enfants.

L’année suivante, Nelson Mandela tombe amoureux de Nomzamo Winifred Madikizela, connue sous le nom de Winnie, assistante sociale dans un hôpital.

Il demande le divorce avec sa première femme et épouse Winnie en 1958. Elle devient rapidement active au sein de la Ligue des femmes de l’ANC. Leur première fille, Zenani, naît la même année. Une deuxième fille, Zindziswa, naît en décembre 1960.

Sixième partie : Le mouron noir

Clandestinité

Après avoir gagné son procès, Nelson Mandela entre immédiatement dans la clandestinité. Les forces de sécurité ne tardent pas à émettre de nouveaux mandats d’arrêt.

Le gouvernement met en place des barrages routiers pour empêcher ses déplacements. Il voyage subrepticement, se faisant parfois passer pour un chauffeur ou un « garçon de jardin ».

Cela lui vaut d’être surnommé « le mouron noir » (ou « Black Pimpernel » en référence au roman d’Emma Orczy de 1905, Le Pimpernel écarlate) par les journaux.

Voyage autour du monde

En 1962, l’ANC décide d’envoyer Nelson Mandela à la réunion du Mouvement panafricain de la liberté pour l’Afrique orientale, centrale et australe (PAFMECSA), en tant que délégué du mouvement.

Durant son périple, Nelson Mandela visite le Tanganyika et rencontre son président, Julius Nyerere. Arrivé en Éthiopie, où a lieu la conférence, il rencontre l’empereur Hailé Sélassié Ier, qu’il admire énormément.

Après le symposium, il se rend au Caire, en Égypte, où il admire les réformes politiques du président Gamal Abdel Nasser, puis se rend à Tunis, en Tunisie, au Maroc, au Mali, en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia et au Sénégal, où il rencontre à chaque fois les plus hautes éminences politique du pays.

Il quitte finalement l’Afrique pour Londres, où il rencontre des militants antiapartheid, des journalistes et des politiciens de premier plan. C’est à son retour en Éthiopie qu’il entreprend de se former à la guérilla.

Action violente : la Lance de la Nation

Dans la clandestinité, Nelson Mandela et ses camarades débattent de l’opportunité de l’action violente.

Certains, dont Nelson Mandela en tête, décident d’organiser un mouvement militaire distinct de l’ANC. Ce mouvement s’appellera Umkhonto We Sizwe, ou la « Lance de la Nation ». Le mouvement sera dirigé par Nelson Mandela lui-même.

Connu sous le nom de MK, ce mouvement est inspiré par les actions du Mouvement du 26 juillet de Fidel Castro lors de la révolution cubaine, de la guérilla des militants marxistes de Mao et du théoricien militaire Carl von Clausewitz, notamment.

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Le MK s’engage dans des campagnes de sabotage contre des lignes téléphoniques, des centrales électriques, des installations militaires, des voies de communication et des bureaux du gouvernement.

L’idée du sabotage consiste à épargner au maximum les vies humaines.

Nelson Mandela déclare qu’ils ont choisi le sabotage parce que c’était l’action la moins nuisible, qu’elle n’impliquait pas de tuer et qu’elle offrait le meilleur espoir de réconciliation raciale par la suite. Dans son autobiographie, il reconnait néanmoins qu’en cas d’échec, la guérilla aurait pu être nécessaire.

Bien qu’initialement déclaré officiellement séparé de l’ANC pour ne pas entacher la réputation de ce dernier, MK a ensuite été largement reconnu comme le bras armé du parti.

Septième partie : Rivonia

Capture et procès

Rivonia est le lieu où Nelson Mandela a passé une partie de sa captivité, entre deux voyages ou deux opérations.

En 1962, il est accusé d’avoir incité à la grève et d’avoir quitté illégalement le pays. Le militant se défend, mais ne conteste pas les accusations. Il est finalement condamné à cinq ans d’emprisonnement, sans possibilité de libération conditionnelle.

Après de nouveaux raids de la police à Rivonia en juillet 1963, de nouveaux éléments incriminants sont trouvés et associés à Nelson Mandela. Ces preuves conduisent à une seconde inculpation, plus grave, pour sabotage, un crime pouvant valoir à son auteur, alors, la peine capitale.

Le procès de Rivonia s’ouvre à la Cour suprême de Pretoria en octobre 1963. Nelson Mandela et ses camarades sont finalement accusés de quatre chefs d’accusation, dont sabotage et conspiration en vue de renverser violemment le gouvernement.

Après plusieurs péripéties, le procureur présente au procès un dossier comportant pas moins de 173 témoins et incluant des milliers de documents et de photographies.

Nelson Mandela et cinq autres accusés admettent le sabotage, mais nient avoir initié une guérilla contre le gouvernement. Ils souhaitent surtout utiliser le procès pour mettre en avant leur cause politique.

Discours et verdict

À l’ouverture des débats de la défense, Nelson Mandela prononce son — désormais — célèbre discours de trois heures, intitulé « Je suis prêt à mourir », dans lequel il déclare :

« Au cours de ma vie, je me suis consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche, et j’ai lutté contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle toutes les personnes vivent ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal que j’espère vivre et réaliser. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Le 12 juin 1964, le juge déclare Nelson Mandela et deux de ses coaccusés coupables des quatre chefs d’accusation. Cependant, bien que l’accusation ait demandé l’application de la peine de mort, le juge les condamne à la prison à vie sur Robben Island.

Nelson Mandela décide de ne pas faire appel.

Un écho international

Ce discours a eu un large écho dans la presse nationale et internationale, malgré une tentative de censure par le gouvernement sud-africain. Plus généralement, le procès a attiré encore davantage l’attention du public international sur le phénomène de l’Apartheid.

La pression exercée sur l’Afrique du Sud a donc peut-être contribué à lui sauver la vie. Un groupe d’experts des Nations unies recommande, notamment, que l’amnistie soit accordée à toute personne s’opposant à l’apartheid.

Huitième partie : Robben Island. Les années sombres

Des conditions de vie dégradantes

La vie de prisonnier à Robben Island, au large de la côte du Cap, est extrêmement dégradante. Les geôliers blancs accueillent Nelson Mandela en lui disant : « Voici l’île où tu vas mourir ».

Les cellules sont humides, exiguës et désagréables. Nelson Mandela est emprisonné dans une cellule en béton humide de 2,4 m sur 2,1 m, avec une paillasse pour dormir.

À l’intérieur, les « Coloureds » (métis) et les Indiens reçoivent la meilleure nourriture. Les Noirs reçoivent la pire.

Avec ses codétenus, il passe ses journées à casser des pierres pour en faire du gravier. En janvier 1965, il est réaffecté pour travailler dans une carrière de chaux. L’éblouissement causé par le matériau en fusion endommage la vue de Nelson Mandela de façon définitive.

La discrimination raciale à l’égard des Noirs est omniprésente. L’une des formes qu’elle prend (en plus du travail, du logement et de la nourriture a trait à l’habillement : Nelson Mandela et les autres prisonniers noirs sont obligés de porter des pantalons courts, alors que les autres détenus sont autorisés à porter des pantalons longs.

Autre restriction : le nombre de visiteurs autorisés. En tant que prisonnier de classe D, il peut recevoir une visite et une lettre tous les six mois. En outre, le courrier est fortement censuré.

La nuit, Nelson Mandela cherche à travailler à sa licence de droit (qu’il cherche encore à obtenir !), mais il se retrouve plusieurs fois en cellule d’isolement pour possession de coupures de presse non autorisées.

À l’extérieur de la prison, pendant son incarcération, les photos de lui et ses paroles étaient interdites en public.

À l’extérieur, la répression se poursuit

Pendant ce temps, le gouvernement continue et amplifie l’oppression.

En mai 1969, les forces de sécurité arrêtent Winnie Mandela. Ils la placent à l’isolement et l’interrogent brutalement pendant plusieurs mois, sans chef d’inculpation formel.

Elle est libérée, ensuite elle est placée en résidence surveillée, puis enfermée dans la prison de Kroonstad et finalement contrainte à l’exil intérieur.

Johannesburg en Afrique du Sud

Neuvième partie : Robben Island. Le début de l’espoir

Grève et amélioration des conditions de vie

En 1966, Nelson Mandela organise une grève de la faim afin d’améliorer les conditions de vie à Robben Island. Les autorités pénitentiaires comprennent l’importance de l’enjeu et acceptent les demandes des prisonniers.

À partir de 1967, les conditions de détention se sont améliorées. Les prisonniers noirs reçoivent des pantalons plutôt que des shorts, les jeux sont autorisés et la qualité de leur nourriture est améliorée.

L’université de Robben Island

Il y développe un groupe appelé l’ANC High Organ avec des personnes incarcérées sur Robben Island, soutenant l’ANC ou souhaitant s’investir.

Pour eux, il crée ce qui sera nommé l’« Université de Robben Island ». Il s’agit d’un lieu, au sein même de la prison, où les détenus peuvent étudier. L’éducation en question consiste à aider les prisonniers à se familiariser avec l’ANC.

Les prisonniers y donnent des conférences sur leurs propres domaines d’expertise et débattent de sujets sociopolitiques.

Visites in situ… et tentative d’évasion

Sa mère lui a rendu visite en 1968, peu avant de mourir.

À partir de 1975, Mandela devient prisonnier de classe A, ce qui lui permet de recevoir un plus grand nombre de visites et de lettres. Il correspond avec des militants antiapartheid, tels que Desmond Tutu.

L’auteur reçoit aussi la visite de la représentante parlementaire libérale Helen Suzman, du Parti progressiste, qui défend sa cause à l’extérieur de la prison

C’est aussi cette année-là qu’il commence son autobiographie. Il l’a fait passer en contrebande à Londres. Les autorités pénitentiaires en découvrent plusieurs pages et le punissent en lui interdisant d’étudier sa licence de droit pendant quatre ans.

La réapparition de Mandela

Le regain d’intérêt international pour son sort se manifeste en juillet 1978, lorsqu’il célèbre son 60e anniversaire. Il reçoit, notamment, un doctorat honorifique au Lesotho.

En mars 1980, le journaliste Percy Qoboza lance le slogan « Libérez Mandela ! », déclenchant une campagne internationale de soutien qui amène le Conseil de sécurité des Nations unies à demander sa libération.

Toutefois, malgré les pressions étrangères croissantes, le gouvernement refuse toujours — en s’appuyant en priorité sur ses alliés de la guerre froide, tels que le président américain Ronald Reagan et la Première ministre britannique Margaret Thatcher — de libérer Nelson Mandela.

La prison de Pollsmoor : 1982-1988

En avril 1982, Mandela est transféré à la prison de Pollsmoor, au Cap, en compagnie des hauts dirigeants de l’ANC Walter Sisulu, Andrew Mlangeni, Ahmed Kathrada et Raymond Mhlaba.

De cette façon, le gouvernement cherche surtout à les extraire de Robben Island, où ils exercent une grande influence sur les autres détenus et les jeunes militants.

Quoi qu’il en soit, les conditions à Pollsmoor sont meilleures qu’à Robben Island. S’entendant bien avec le commandant de Pollsmoor, Nelson Mandela obtient l’autorisation de créer un jardin sur le toit.

Il lit et correspond énormément, ayant maintenant le droit d’écrire jusqu’à 52 lettres par an.

Il est également nommé président du Front démocratique uni (UDF) fondé pour combattre les réformes mises en œuvre par le président sud-africain P. W. Botha.

C’est de Pollsmoor que Nelson Mandela va engager les pourparlers pour la paix.

Dixième partie : Parler avec l’ennemi

Attentat et premières approches

En 1983, un attentat à la voiture piégée organisé par le MK fait 19 morts, dont des civils. Cet événement entraîne une nouvelle escalade de la violence des deux côtés.

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Un grand nombre de Sud-Africains noirs rejoint la lutte pour la liberté. De nouveaux groupes militants se forment. La popularité de l’ANC augmente. Les townships sont en ébullition. La violence s’intensifie.

Pour calmer la situation, le gouvernement de Botha propose de libérer Nelson Mandela s’il renonce à la violence. Celui-ci refuse, mais pense qu’il est désormais temps de négocier avec les nationalistes.

En 1986, Mandela rencontre le ministre de la Justice, Kobie Coetsee. La lutte armée est au cœur des discussions. Les nationalistes affirment que la violence contre l’État est criminelle.

Mandela déclare alors que l’État est « responsable de la violence » et que c’est toujours l’oppresseur, et non l’opprimé, qui « dicte la forme de la lutte ».

La même année, l’état d’urgence est déclaré en Afrique du Sud.

Travailler pour la paix

En 1988, un groupe de travail est formé par Nelson Mandela et de hauts fonctionnaires pour négocier une paix.

Cependant, le leader refuse toujours de renoncer à la lutte armée. Toutefois, l’ANC fait des compromis en rompant avec le parti communiste et en rejetant l’idée de gouverner sans contrepartie.

En juillet 1989, Mandela rencontre le président sud-africain lui-même. Environ un mois plus tard, Botha démissionne pour raisons médicales et c’est F.W. De Klerk qui devient président d’Afrique du Sud par intérim.

Ce nouveau président cherche à démanteler l’apartheid.

Le mouvement pour la liberté des Noirs s’accélère. Toutefois, les Sud-Africains, Blancs comme Noirs, doivent encore faire des compromis pour mettre fin à la violence et entamer la réconciliation.

Onzième partie : La liberté

Le 11 février 1990, De Klerk libère Nelson Mandela et sept de ses camarades. Au total, le militant antiapartheid aura passé 27 ans en prison.

Problèmes avec l’IFP et le gouvernement

La foule prend les rues du Cap et une énorme manifestation a lieu. Cela étonne le vieil homme, si peu habitué à ce que les gens accueillent favorablement ses idées.

L’une de ses premières actions est de rencontrer les dirigeants de l’ANC. En fait, beaucoup de groupes politiques et violents continuent de s’opposer à l’organisation, à commencer par le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi (du Parti de la liberté Inkatha, IFP) et le roi zoulou Goodwill Zwelithini.

À l’été 1990, face à la recrudescence de violence, l’ANC décide de déposer les armes et d’arrêter la lutte armée.

Mais cela n’empêche toutefois pas ses opposants de continuer à attaquer. Nelson Mandela rencontre le chef de l’IFP, mais les deux hommes ne parviennent pas à trouver un accord.

La même année, l’homme politique se rend à plusieurs reprises dans son ancienne prison de Robben Island afin de convaincre les prisonniers du mouvement MK d’accepter une amnistie.

Lorsque sa femme, Winnie, est condamnée pour enlèvement en 1991, Nelson Mandela demande le divorce.

Accession au pouvoir

Malgré des luttes encore nombreuses avec l’IFP et le gouvernement sud-africain de De Klerk tout au long de l’année 1992, un protocole d’accord est signé avec celui-ci.

Ce protocole est un pas décisif vers l’accession de Nelson Mandela à la présidence.

Il est conclu que chaque parti ayant obtenu plus de 5 % aux élections générales bénéficiera d’une représentation proportionnelle au sein du gouvernement. L’idée d’un « gouvernement d’unité nationale » est lancée.

En 1993, Nelson Mandela reçoit le prix Nobel de la Paix pour les efforts déployés tout au long de sa vie pour lutter pour les droits des Noirs africains. Le président De Clerk le reçoit également.

C’est à partir de là que commence véritablement sa campagne électorale. Au bout de la course, L’ANC — son parti — remporte 62,6 % des voix.

Nelson Mandela est élu président. C’est le premier président noir d’Afrique du Sud.

Quelques mots sur son mandat

Durant son mandat, Mandela dirige un gouvernement de tendance socialiste. Un effort particulièrement important est réalisé pour démocratiser les institutions et en finir avec toutes les politiques raciales.

Conclusion

Le livre s’achève par un appel à l’action de Nelson Mandela, qui invite le peuple noir à continuer sa longue marche vers la liberté. Voici comment il conclut l’ouvrage :

« J’ai parcouru ce long chemin vers la liberté. J’ai essayé de ne pas hésiter ; j’ai fait beaucoup de faux pas. Mais j’ai découvert ce secret : après avoir gravi une haute colline, tout ce qu’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir. Je me suis arrêté un instant pour me reposer, pour contempler l’admirable paysage qui m’entoure, pour regarder derrière moi la longue route que j’ai parcourue. Mais je ne peux me reposer qu’un instant ; avec la liberté viennent les responsabilités, et je n’ose m’attarder, car je ne suis pas arrivé au terme de mon long chemin. » (Un long chemin vers la liberté, Dixième partie)

Mémorial Nelson Mandela

Conclusion sur « Un long chemin vers la liberté » de Nelson Mandela :

Ce qu’il faut retenir de « Un long chemin vers la liberté » de Nelson Mandela :

Lire ce récit de première main et contemporain de la vie de Nelson Mandela est une chance extraordinaire.

Nelson Mandela, combattant de la liberté en Afrique du Sud et prisonnier politique pendant 27 ans, raconte comment il a aidé ses compatriotes noirs à se débarrasser des chaînes de l’apartheid.

Si vous voulez prendre modèle sur cet homme hors du commun, l’un des plus grands leaders de son temps, alors lisez ce livre. Vous y apprendrez le courage, la détermination et la confiance en soi.

Et puis ce n’est pas seulement l’histoire d’un homme, mais bien l’histoire du XXe siècle que vous réviserez en lisant cet ouvrage fascinant, qui plonge son lecteur dans les arcanes de la politique africaine et mondiale.

Découvrez aussi les citations marquantes de Nelson Mandela !

Points forts :

  • Le témoignage de l’une des personnalités les plus importantes du XXe siècle ;
  • Un livre écrit de la main même de Nelson Mandela ;
  • Une plongée dans l’histoire de l’Afrique du Sud ;
  • Des prises de conscience et des réflexions passionnantes.

Point faible :

  • Aucun, sinon que vous devrez vous armer de patience (le livre fait près de 800 pages) !

Ma note :

Le petit guide pratique du livre Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela

Autour de quoi s’accentue le livre Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela ?

Le livre Un long chemin vers la liberté raconte l’extraordinaire voyage de Nelson Mandela, ses épreuves et ses triomphes sur la voie de la fin de l’apartheid et de la création d’une Afrique du Sud libre et juste.

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela

1. Comment le public a accueilli le livre Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela ?

Un long chemin vers la liberté est devenu un best-seller et a été salué par les critiques littéraires pour sa profondeur émotionnelle et historique. Le livre a été adapté en un film du même nom, qui est sorti au cinéma en 2013 et a attiré un public plus large.

2. Quel fut l’impact du livre Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela ?

Ce livre a eu un impact significatif sur la sensibilisation, la mobilisation et la promotion de la réconciliation et de la justice sociale. Il a contribué à faire de Nelson Mandela un personnage historique important et continue d’être une œuvre importante et inspirante dans le domaine des droits de l’homme et de la lutte contre l’oppression.

3. À qui s’adresse le livre Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela ?

Le livre de Nelson Mandela s’adresse à tous ceux qui s’intéresse à l’histoire, à la justice sociale, à la réconciliation et à l’expérience humaine. Son histoire personnelle et émouvante a touché de nombreux lecteurs dans le monde entier et continue d’inspirer les générations qui luttent pour la liberté et l’égalité.

4. En quelle année est né l’auteur ?

Nelson Mandela est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, un petit village de la région du Transkei, en Afrique du Sud.

5. En quelle année les manifestations de masse ont lieu pour pousser le gouvernement à satisfaire les demandes sociales et politiques des Noirs ?

En 1952

Le mouron noir vs Rivonia

Le mouron noirRivonia
ClandestinitéCapture et procès
Voyage autour du mondeDiscours et verdict
Action violente : la Lance de la NationUn écho international

Qui est Nelson Mandela ?

Nelson Mandela : Auteur du livre Un long chemin vers la liberté

Nelson Mandela est un leader politique sud-africain emblématique, connu pour sa lutte contre l’apartheid, son emprisonnement de 27 ans et sa contribution à la réconciliation en Afrique du Sud en tant que premier président noir du pays en 1994. Il est l’un des principaux défenseurs de la paix et des droits de l’homme dans le monde.

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