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Slasheurs, designers, gamers : quels seront les jobs de nos enfants demain

Slasheurs, designers, gamers : quels seront les jobs de nos enfants demain

Résumé de « Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain » de Stéphane Biso : ce livre nous projette dans le futur du travail ; il décrit les transformations radicales des métiers et de l’éducation à venir face à l’innovation technologique et propose des pistes pour nous préparer et préparer nos enfants à ces changements.

Par Stéphane Biso, 2019, 192 pages.

Table des matières

Chronique et résumé de « Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain » de Stéphane Biso

Introduction

Un jour de rentrée scolaire : le déclic de l’auteur, père de famille, quant à l’avenir de son fils

Dans l’introduction de son livre « Slasheurs, designers, gamers« , l’auteur, Stéphane Biso partage une réflexion qui a émergée lors de la plénière de la rentrée scolaire de son fils, lorsque le discours du chef d’établissement coordinateur a mis en évidence l’évolution des entreprises et l’apparition de nouveaux métiers.

L’auteur comprend ce jour-là, ce que sera vraiment le futur professionnel de son fils : des métiers transformés, originaux, différents de ceux que nous connaissons et entièrement impactés par le secteur du numérique.

Devant cette prise de conscience, Stéphane Biso se dit chanceux de la clarté des ambitions de son fils. Celui-ci se projette déjà comme un « design maker ». Il souhaite travailler en tant que freelancer « slasheur ». Autrement dit, il souhaite devenir multi-entrepreneur avec plusieurs identités professionnelles.

L’auteur a alors un déclic. Il sait, en tant que parent, qu’il est bien sûr responsable de sa scolarité ; il fera en sorte que celle-ci soit la meilleure possible. Mais il réalise surtout, à ce moment-là, qu’il n’aura accompli son devoir « que lorsqu’il accédera à un enseignement lui permettant d’exercer un métier passionnant et de vivre une vie remplie de joie« .

L’adaptabilité, la créativité et le non-conformisme : des clés dans ce contexte en constante évolution

L’auteur de « Slasheurs, designers, gamers » met ainsi l’accent sur le besoin d’une vie épanouissante.

Inspiré par les pensées de Darwin, Pierre Rabhi ou encore Steve Jobs, il met également en lumière, l’importance d’une vie riche et créative pour nos enfants, loin des chemins prédéfinis et conformistes.

« Nous ne souhaitons pas que notre fils suive une vie ordinaire, prédéfinie, conformiste. Nous lui souhaitons une vie remplie d’éléments enrichissants, multiculturels, non conformes, où l’envie, le bonheur et la créativité n’auront aucune limite.« 

Le lecteur est ici invité à réfléchir à l’avenir de nos enfants dans ce contexte en constante mutation. Un avenir où les codes traditionnels de l’entreprise sont dépassés et où l’adaptabilité est clé.

Repenser l’éducation en valorisant l’échec

L’auteur rappelle ensuite que la chute n’est pas un échec. « L’échec est de rester là où l’on est tombé » lance-t-il.

Cette introduction se poursuit alors avec l’idée que l’échec doit être perçu comme une opportunité d’apprentissage et d’évolution. De ce fait, iI doit être encouragé. Selon l’auteur, il y a ici une part culturelle à considérer, notamment entre l’éducation européenne et l’éducation anglo-saxonne.  

Deux situations très parlantes sont décrites pour illustrer cette idée.

  • Dans un jardin d’enfants, une fillette fait une petite chute en faisant du toboggan. « La mère américaine lui dira : « c’est bien, tu auras au moins essayé ». La mère européenne lui dira : « tu vois, je te l’avais dit ». »
  • Le deuxième exemple montre comment l’échec entrepreneurial est perçu comme une expérience enrichissante dans les cultures anglo-saxonnes.

Pour appuyer sur cette nécessité de repenser l’éducation, d’apprendre à faire confiance en soi et de valoriser l’échec pour préparer nos enfants à leur avenir professionnel, l’auteur raconte les échecs de personnalités célèbres.

Albert Einstein, Walt Disney, Oprah Winfrey, Michael Jordan, Steve Jobs, et les Beatles : tous ont un parcours parsemé d’échecs. Et pourtant, nous savons tous qui ils sont devenus.

Aussi, ces histoires passionnantes illustrent bien la notion qu’il faut oser tenter de nouvelles choses, même si cela implique parfois l’échec.

Cette idée est appuyée dans le livre « Slasheurs, designers, gamers » par un extrait du célèbre discours de Steve Jobs à Stanford en 2006. Ce que souligne ce passage du discours, c’est la valeur de suivre son intuition et de ne pas perdre de temps à vivre une vie qui n’est pas la sienne en se laissant influencer par les dogmes extérieurs.

La progression technologique 

L’auteur parle ensuite de son inspiration et de son rôle en tant que designer.

Il explique comment son cadre professionnel évolue constamment.

Stéphane Biso travaille, en effet, dans un environnement de plus en plus connecté, augmenté. Il utilise des outils technologiques avancés : « nous utilisons des smartphones beaucoup plus puissants que les appareils qui ont permis à la NASA d’aller sur la Lune » s’amuse l’auteur. Il collabore avec des startups. Tout cela modifie sa manière d’exercer sa pratique, notamment par l’exploitation des objets connectés, la gamification des aspects marketing et la rupture des silos organisationnels.

L’introduction du livre « Slasheurs, designers, gamers » évoque ensuite :

  • La notion d’Homme augmenté.
  • Les trois étapes de la transformation, selon Schopenhauer, qu’elle soit industrielle, sociétale ou digitale : d’abord, on vous dit que c’est « ridicule », ensuite, on vous dit que c’est « dangereux », enfin, on vous dit que c’est « évident ».  Le parcours d’Apple est notamment raconté pour illustrer ces étapes.
  • L’évolution rapide de la technologie, de l’apparition des écrans plats à celle des voitures volantes.

Enfin, l’auteur pose la question de l’entreprise de demain face à cette mutation et aux enjeux que rencontreront les enfants dans ce nouveau monde du travail.

Ce que propose le livre selon Stéphane Biso

« Slasheurs, designers, gamers » se propose de :

  • Explorer ce que pourrait être l’entreprise 3.0 selon les indices que nous en percevons déjà, quelles évolutions étonnantes nous pourrions être amené à vivre dans les prochaines années.
  • Partager des clés pour mieux comprendre comment le design peut accompagner cette révolution historique.

Partie 1 – Une nouvelle génération d’entreprise ?

1.1 – Accélération et ruptures technologiques

Dans le premier chapitre de son livre « Slasheurs, designers, gamers« , Stéphane Biso nous décrit comment le monde évolue aujourd’hui à une cadence ahurissante.

Il nous rappelle notre quotidien il y a une décennie à peine : les smartphones étaient une nouveauté, Facebook faisait timidement ses premiers pas. Et depuis, notre population mondiale s’est enrichie d’un milliard d’âmes supplémentaires !

Tout cela a considérablement influencé notre vision du monde, notamment sur notre consommation technologique et son impact sur l’environnement.

Stéphane Biso qualifie judicieusement cette période de transition intense de « rupture ».

Et il identifie cinq domaines clés de cette rupture :

Première rupture – Des systèmes de production d’énergie décentralisée

Pour Stéphane Biso, le futur semble briller d’un nouvel éclat, surtout lorsque l’on se penche sur l’univers énergétique.

Oubliez les géants monolithiques qui contrôlent tout, l’ère de la « démocratie énergétique » est à nos portes. Car en effet, la façon dont l’énergie est produite et consommée pourrait bien être révolutionnée d’ici quelques années, affirme l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« .

Au cœur de cette transformation se trouvent deux concepts :

  • Enernet : inspiré par l’alliance des mots « énergie » et « Internet », « l’Enernet est un concept qui propose de mettre les technologies numériques au service des besoins énergétiques ». Il s’agit d’un réseau d’échange d’énergie en peer to peer, fonctionnant sur le même modèle qu’Internet.
  • Smart grid : nous n’avons plus simplement un réseau électrique, mais désormais un réseau intelligent. En bref, c’est une plateforme qui « favorise la circulation d’informations entre les fournisseurs et les consommateurs afin d’ajuster le flux d’électricité en temps réel« , permettant une gestion optimisée de l’électricité.

Le mariage du numérique et de l’énergétique promet une distribution d’énergie révolutionnaire. Grâce à ces innovations, les entreprises bénéficieront d’une autonomie sans précédent.

Deuxième rupture – La transformation du numérique en matière

Stéphane Biso envisage ensuite un futur où « l’industrie deviendra non seulement connectée, mais également bottom-up« . Ainsi, les TPE et PME jouent un rôle majeur, stimulées par la montée en puissance des imprimantes 3D. Elles pourraient engendrer une révolution potentiellement nommée « numatière« .

Troisième rupture – La fusion du numérique et de la biologie

La fusion du numérique et de la biologie révolutionne la santé. On passe d’un modèle curatif à un modèle préventif, bouleversant inéluctablement l’industrie pharmaceutique et agro-alimentaire.

Les technologies Healthcare montent en puissance. Parallèlement, la popularité des médecines alternatives – comme l’acuponcture, la physiothérapie ou la naturopathie – s’accroît.

En fait, chacun prend en main son bien-être, incitant par là même les entreprises à valoriser davantage le bien-être de leurs équipes.

Quatrième rupture – Un nouvel écosystème numérique

Tout devient connecté !

À l’instar de l’électricité ou du gaz, l’Internet évoluera pour devenir un écosystème numérique omniprésent, connectant toutes les niveaux professionnels, de la production à la distribution, en passant par la communication et l’éducation.

Cinquième rupture – De nouveaux outils de travail impactant notre quotidien

On l’a vu, le travail évolue à une vitesse fulgurante.

Stéphane Biso montre ici comment l’homme, au cœur de toutes ces transformations, se retrouve impacté dans toutes les sphères de son quotidien. Ses relations, ses loisirs, sa façon de travailler et de manager en sont bouleversés.

En fait, selon l’auteur, les salariés recherchent aujourd’hui un renouveau. Ils ne sont plus simplement des rouages d’une machine ; non, ils veulent, à présent, être acteurs du changement.

Comment ?

  • Grâce à une approche de management bottom-up, où chaque employé, quel que soit son niveau, peut contribuer par ses idées et participer activement aux décisions stratégiques de l’entreprise. Une citation du livre éclaire cela : « Le management bottom-up consiste à élaborer les politiques […] en encourageant la participation des employés à la prise de décision« .
  • Par l’adoption de l’holacratie, un modèle organisationnel innovant qui prône l’intelligence collective. Exit les postes figés, place à des rôles définis, centrés sur une mission, une raison d’être.

Dans ce contexte, il est primordial de ne pas seulement être techniquement compétent. Savoir interagir, analyser et s’adapter, devient tout aussi crucial.

1.2 – À nouveaux business models, nouvelles organisations

La fin du modèle traditionnel où le consommateur achète un produit/ service d’une entreprise qui fabrique/ distribue en touchant une marge

Cette partie de « Slasheurs, designers, gamers » traite des nouveaux modèles d’entreprise qui sont en train d’émerger et qui donnent un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler l’entreprise de 2030.

Ces entreprises sont souvent qualifiées de « disruptrices« . Elles sont associées à des exemples tels que :

  • Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon),
  • Les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber),
  • D’autres entreprises comme Booking, Deliveroo, Vizeat, Napster, Superprof, et Stootie.

Ce qui caractérise ces nouvelles entreprises, c’est leur capacité à se transformer en plateformes. Plateformes qui mettent en relation l’offre et la demande grâce à des algorithmes, sans posséder les actifs physiques liés à leur service.

Ainsi, le modèle traditionnel où le consommateur achète un produit ou un service d’une entreprise qui fabrique ou distribue, en touchant une marge, est remis en question.

Les nouvelles entreprises se positionnent comme une fine couche ajoutée à d’énormes systèmes de distribution existants, tels que les secteurs bancaires, de transport, d’assurance, d’hôtellerie, etc.

Elles permettent aux consommateurs de comparer les offres rapidement et à moindre coût, en utilisant les plateformes pour satisfaire leurs besoins. Les clients et les utilisateurs contribuent ainsi à la création de valeur ajoutée et alimentent le big data, qui est ensuite utilisé par les plateformes pour générer des revenus supplémentaires.

L’impact de ces nouveaux business models sur les métiers et les compétences

Pour l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« , l’évolution de ces modèles économiques influence les compétences recherchées dans le monde du travail.

– Premier impact : de nouveaux métiers

Le premier impact que note l’auteur est l’apparition de nouveaux métiers.

L’auteur explique que les nouveaux business models font naître des métiers liés à la donnée (data scientist), au digital et à la communication (community manager), au marketing (digital brand manager), à la robotique (solution owner), aux nouvelles démarches ou méthodes (Scrum Master), au développement durable (responsable des achats durables), aux ressources humaines (talent manager) et au management.

– Deuxième impact : de l’ubérisation à la « Netflixation »

L’ubérisation est un terme qui décrit la façon dont des entreprises disruptent le marché en supprimant les intermédiaires (référence à Uber à l’origine de la « plateformisation »). Cependant, ce terme est vu par certains comme vieillissant. Aujourd’hui, on évoque plutôt la « Netflixation », un modèle qui se focalise sur la création d’émotions chez l’utilisateur.

Il est crucial de saisir les nouvelles normes de ces nouveaux modèles d’entreprise et leurs effets sur le travail. Car ce passage influence les métiers et les compétences requises. Selon Stéphane Biso, certains emplois sont en danger et des acquis chez les salariés sont remis en question.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  The Unwritten Laws of Business

Une organisation plus flexible et contributive

Cette partie du livre « Slasheurs, designers, gamers » dépeint une nouvelle ère pour les entreprises : celle du management contributif.

Voici alors ce que le management contributif, selon Stéphane Biso, implique comme changements dans l’entreprise 3.0 :

– Une organisation souple

L’auteur présente l’organisation de l’entreprise 3.0 comme souple où le pouvoir est transversal, et non plus pyramidal.

– Une entreprise collaborative et contributive

Qu’une faible proportion de salariés en France se sent véritablement impliqués dans leur entreprise, affirme l’auteur. Proche de l’entreprise « libérée », l’entreprise 3.0 se veut, elle, collaborative et contributive. Les salariés doivent être inclus dans les décisions, se sentir valorisés et partie prenante des projets. Dans cette structure où chacun est responsabilisé, tous travaillent ensemble pour faire progresser l’entreprise, et ce, indépendamment de leur position hiérarchique.

– Un nouveau type de management

Stéphane Biso souligne le besoin d’un nouveau type de manager, reconnu pour son leadership et son expertise plutôt que pour son rang hiérarchique. Les salariés, eux, doivent être flexibles, mobiles, autonomes et capables de travailler en équipe.

– Les nouvelles attentes de la génération Y

L’auteur souligne la volatilité de cette génération, influencée par l’instantanéité du numérique. Elle privilégie sa qualité de vie, ne voit pas sa carrière sur le long terme au sein d’une même entreprise et n’hésite pas à changer pour vivre de nouvelles expériences.

Des outils facilitant l’accès aux données

Aujourd’hui, dans notre monde professionnel, l’accessibilité aux données est devenue une question essentielle. Voici ici les points-clés qui se dégagent de la réflexion de l’auteur sur les évolutions au sujet de l’accès aux données au sein des entreprises :

– Le développement des outils collaboratifs et de partage

Des plateformes comme Linkedin, Workplace by Facebook, Google Drive, WhatsApp, Facebook Messenger et Slack ont rendu la communication plus fluide et informelle. Elles favorisent le partage des données et les échanges dans l’entreprise.

– L’équilibre vie privée/professionnelle réajusté

Avec le renforcement du travail à distance, la frontière entre vie privée et professionnelle s’estompe. Cette transition technologique exige une redéfinition des limites entre ces deux aspects de notre vie.

– La nécessaire accessibilité et convivialité des interfaces

L’accessibilité est un enjeu majeur pour les entreprises. Les interfaces doivent être conviviales et faciles à utiliser pour garantir une intégration sans discrimination. Cela nécessite une gestion habile des différentes générations en entreprise.

– L’incontournable management intergénérationnel

La transition vers un management intergénérationnel, qui valorise les spécificités de chaque génération tout en répondant à leurs attentes communes, est indispensable.

– La nouvelle relation client et la notion de « consommacteurs »

L’entreprise 3.0 transforme la relation client. Les clients actifs, appelés « consommacteurs », influencent la marque et ses offres. Le marketing interactif et l’expérience client prennent donc une importance croissante.

– Le design thinking

Une expérience client positive génère un engagement fort et une fidélité à la marque. Le design thinking, qui met en avant l’empathie, l’intuition et la co-création avec l’utilisateur, offre des opportunités pour les entreprises désireuses de se différencier.

Ainsi, l’accessibilité aux données, la gestion intergénérationnelle, la relation client et le design thinking sont les principaux piliers pour naviguer dans ce monde professionnel en pleine mutation.

1.3 – De l’entreprise 2.0 des parents à l’entreprise 3.0 des enfants

L’entreprise, de manière classique, est ici décrite par Stéphane Biso comme un regroupement d’individus dont l’objectif est de produire des services ou des produits afin d’en générer des profits.

Ce modèle traditionnel, surnommé « brick and mortar », renvoie à l’idée de points de vente physiques, ancrés dans des bâtiments matériels. Dans ce contexte, l’organisation est souvent de type taylorienne, autrement dit une organisation rationnelle du travail, lui-même divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives, confiées à des travailleurs spécialisés. Ses structures de management sont hiérarchiques ou pyramidales.

Ce modèle traditionnel connaît de profondes mutations depuis plusieurs années. Ces transformations, que l’on observe déjà avec l’entreprise 2.0, seront d’autant plus palpables dans l’entreprise 3.0, l’entreprise de demain.

Cette partie du livre « Slasheurs, Designers, Gamers – Quels seront les jobs de nos enfants demain » nous amène à la découverte de cette évolution de l’entreprise qui se compose, selon Stéphane Biso, de 4 paliers que voici résumés :

Premier palier : l’entreprise 1.0, verticale et sous contrôle

L’entreprise 1.0 est le premier palier dans l’évolution de l’entreprise. Elle intègre l’intranet pour booster communication et information internes. Toutefois, le management y reste de type top-down, centralisé, visant productivité et élimination du gaspillage de temps.

Deuxième palier : l’entreprise 2.0, plus transversale et participative

L’entreprise 2.0 se distingue par son orientation transversale et participative. S’éloignant du management de contrôle pour embrasser un management de confiance, elle mesure la performance non plus par le temps consacré au travail, mais par l’atteinte des objectifs.

Elle encourage l’autonomie, la coopération et la montée en compétences via des outils collaboratifs, renforçant l’intelligence collective, l’agilité et l’innovation. De nouveaux métiers voient le jour grâce aux nouvelles technologies. L’entreprise 2.0, c’est cette entité où le chef d’entreprise reconnaît que « L’entreprise, c’est vous, c’est nous », abolissant le management top-down.

Troisième palier : l’entreprise 3.0, plus connectée et gamifiée

Le principe de l’entreprise 3.0 s’inspire de la fameuse citation d’Einstein : « La créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse« . Ainsi, l’entreprise 3.0 est une entité virtuelle et ludique. Elle se démarque par l’externalisation de tout, à l’exception de son « centre nerveux ». Les formations, échanges et présentations se transforment en serious games, avec des concepts modélisés en 3D et partagés sur des plateformes collaboratives (comme sur la plateforme de simulation sociétale en réalité virtuelle Sansar).

L’entreprise 3.0 se base sur un management bottom-up, où collaborateurs et clients sont au cœur des décisions. Ses prestataires sont dispersés à travers le monde pour optimiser réactivité et productivité.

En somme, l’entreprise 3.0 est un hub de transactions qui connecte son « centre nerveux », ses clients, collaborateurs et prestataires.

Dans l’ouvrage « Slasheurs, Designers, Gamer », un tableau récapitule de façon très claire et synthétique ces trois paliers.

Quatrième palier : l’entreprise 3.0 s’appuie sur le web 3.0.

L’entreprise 3.0 incarne la nouvelle ère du web, celle qui ouvre la voie à une plus grande participation, simplicité, ouverture des données et immédiateté. Cette transformation impose un changement dans la manière de penser et d’agir au sein des entreprises.

Le livre « Slasheurs, Designers, Gamers – Quels seront les jobs de nos enfants demain » distingue 4 composantes de ce qu’on nomme communément « l’ADN du Web 3.0 » :

La participation

La participation implique une étroite collaboration entre le producteur et le consommateur. Car ici, les clients contribuent à la conception et au design des produits ou services.

Cette approche bouleverse les modèles hiérarchiques traditionnels :

« Accepter d’injecter de la participation dans une entreprise, c’est accepter de basculer dans un milieu associé, c’est- à-dire que les clients prennent part, en amont, à la conception et au design des services ou des produits de l’entreprise. C’est aussi accepter, en interne, de repenser les logiques d’organisation du travail afin de s’émanciper des purs modèles hiérarchiques et administratifs. Certaines structures vont même jusqu’à rompre les codes organisationnels traditionnels.« 

« Las des organisations pyramidales avec des circuits de décision à rallonge, désabusés par les start-up où la rétribution est rarement à la hauteur des investissements« , certains adoptent alors des structures hybrides qui vont favoriser l’échange et l’innovation. Un exemple pertinent est celui des « Hacker Houses » : des espaces d’innovation où ingénieurs, designers et développeurs collaborent sur des projets innovants.

La simplicité

Les entreprises 3.0 visent la simplicité. Ainsi :

  • Les applications doivent être simples, intuitives et conviviales pour l’utilisateur, qu’il soit collaborateur ou client.
  • Une expérience utilisateur fluide est essentielle pour clients et collaborateurs. L’auteur de « Slasheurs, Designers, Gamers » note souvent un décalage entre ces deux expériences. Une interface commune pourrait résoudre ce problème.
  • L’entreprise 3.0 utilise mieux les données pour personnaliser l’accompagnement du client. Cela ouvre de nouvelles opportunités commerciales.
  • L’auteur introduit les concepts de Rich Internet Application (RIA) et de Rich Desktop Application (RDA) suggérant que leur simplicité est clé pour les entreprises 3.0.

En termes de simplicité, Stéphane Biso plaide aussi pour un changement managérial axé sur le client. Celui-ci doit être orienté vers la satisfaction du client et l’expérience utilisateur. Ainsi, l’humain est central. Les clients veulent désormais des expériences mémorables, pas juste des produits. Les outils, les compétences, l’organisation et la gestion des entreprises doivent évoluer en conséquence.

Enfin, Stéphane Biso mentionne les attentes des nouvelles générations, les « digital natives« , en termes de management participatif, de coopération et de défi collectif. Ces derniers cherchent bien-être au travail et communication interne efficace. Selon lui, ils veulent des leaders capables de donner une direction claire à leurs équipes.

L’ouverture des données

L’ouverture des données représente un véritable enjeu pour les entreprises 3.0.

Les données constituent en effet un véritable écosystème, nécessitant des interfaces de programmation applicatives (APIs) qui permettent leur intégration et leur exploitation.

Ces APIs favorisent l’accès aux données et la création de nouveaux services, tout en devant respecter des normes strictes de sécurité et de gestion des risques.

L’immédiateté et la vitesse

L’auteur du livre « Slasheurs, Designers, Gamers »revient ici sur l’immédiateté et la vitesse : des valeurs devenues fondamentales dans le monde moderne.

De nos jours, nous sommes constamment en quête d’instantanéité, que ce soit dans nos interactions personnelles ou professionnelles. Et cet état d’esprit s’est infiltré dans tous les domaines de la vie, de la politique à la consommation.

Aussi, cette tendance marquée vers le court terme et l’immédiateté est particulièrement palpable dans l’entreprise 3.0 qui doit s’adapter pour répondre rapidement et efficacement aux besoins changeants des consommateurs.

L’entreprise 3.0 implique donc une transformation profonde de l’organisation du travail, des interfaces utilisateurs et de la gestion des données, indique Stéphane Biso.

Finalement, l’entreprise 3.0 est une entreprise plus connectée, plus participative, plus ouverte et plus rapide. Cette transition nécessite cependant une évolution des compétences, des outils et de l’organisation, ainsi qu’un changement managérial pour recentrer l’entreprise sur le collaborateur et le client.

1.4 – Focus sur la TPE de demain

Cette partie du livre « Slasheurs, designers, gamers » met en lumière la mutation profonde des très petites entreprises (TPE).

La TPE d’aujourd’hui est agile et plus rapide

Confrontées à un contexte où les géants d’entreprise n’inspirent plus autant, les TPE séduisent par leur agilité et leur rapidité. Selon Stéphane Biso, elles apportent un sentiment d’appartenance fort à 75 % de leurs employés contre seulement 51 % dans les grandes structures.

Il faut dire que les TPE excellent dans l’art du travail collaboratif. Elles se regroupent en écosystèmes ouverts, espaces de co-working ou incubateurs pour décupler leurs forces.

À quoi ressemblera la TPE de demain ?

Pour l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« , les petites entreprises de demain :

  • Seront mobiles et ultra-connectées, grâce à l’influence du numérique.
  • Leurs dirigeants, technophiles et parfois engagés socialement, exploiteront pleinement le potentiel des évolutions technologiques, notamment via le Cloud et les outils numériques.
  • L’accent sera mis sur le cœur de métier, l’interaction avec les clients via les réseaux sociaux et des méthodes avancées de CRM.

La TPE de demain sera mobile

TPE de demain slasheurs

Stéphane Biso nous dessine ensuite le visage de la TPE de demain comme résolument mobile.

D’ailleurs, 58 % des dirigeants accèdent déjà à l’information de leur entreprise n’importe quand, n’importe où.

Les frontières entre sphères privée et professionnelle s’estompent. Les postes comme le commercial et la relation client sont potentiellement entièrement mobiles, affirmant ainsi la complémentarité du digital et du physique.

L’entrepreneuriat devient plus social

L’auteur de « Slasheurs, designers, gamers » met ici l’accent sur le virage social de l’entrepreneuriat.

Stéphane Biso décrit, en effet, la responsabilité croissante qu’endossent les petites structures vis-à-vis des problèmes sociétaux et environnementaux.

Ainsi, l’entrepreneur 3.0 n’est plus seulement économiquement motivé. Il prend également en compte son impact social.

La collaboration entre entreprises est également soulignée comme un levier puissant pour le bien-être collectif.

L’enjeu pour l’entrepreneur de demain, c’est quoi alors ?

Pour l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« , l’enjeu majeur de l’entrepreneur de demain est la maîtrise du parcours client dans un contexte de digitalisation croissante.

En effet, Stéphane Biso explique que l’évolution technologique complexifie les comportements d’achat. En cela, elle oblige les entreprises à accélérer leur transformation.

Pour survivre, les entreprises doivent donc adopter une approche omnicanale, autrement dit proposer une interaction continue entre la marque et chaque client. De façon incontournable, les dirigeants de TPE, quant à eux, deviennent technophiles pour gagner en autonomie et guider leur entreprise selon leurs propres usages et besoins.

L’omnicanalité et la technophilie marquent ainsi l’entrepreneuriat de demain.

Des changements qui vont se poursuivre

Dans un monde en constante évolution, la capacité à s’adapter et à innover est primordiale.

L’adoption de nouvelles méthodologies de travail, comme le « design thinking« , a permis aux géants de l’Internet de créer des produits révolutionnaires. Malgré les résistances, cette approche s’étend désormais à divers secteurs.

Stéphane Biso souligne enfin le rôle croissant des slasheurs, designers, gamers qui pensent en dehors des sentiers battus. L’exemple du « Legal Design » utilisé par les avocats et les comptables illustre ce rôle dans la pérennité et l’adaptabilité des nouvelles tendances.

Partie 2 – L’entreprise sera collaborative, ludique et nomade

entreprise collaborative ludique et nomade

2.1 – Tous focus client !

Dans la deuxième partie de son livre « Slasheurs, designers, gamers« , Stéphane Biso commence par nous parler d’un point essentiel de la nouvelle approche des entreprises modernes : elle est avant tout axée sur le client.

L’auteur explique que placer le client ainsi, au cœur de la chaîne de valeur, permet une plus grande personnalisation et des innovations ciblées.

Selon lui, les GAFA et les NATU en sont de parfaits exemples. Car ceux-ci  ne gèrent pas des « produits », mais des « clients » qu’ils considèrent d’ailleurs comme des co-innovateurs.

Stéphane Biso mentionne aussi une expérience de BNP Paribas. Cette banque a intégré ses clients dans un processus de design thinking dans le but de co-construire son offre de demain.

Il cite aussi le nouveau business model de Volkswagen. Grâce à la digitalisation, celui-ci place le client au centre de son écosystème. De cette façon, le client peut accéder à toutes les offres, tandis que l’entreprise pourra mieux connaître le client, répondre à ses besoins et proposer des services ou produits qui plaisent davantage au client.

Si cette approche client-centrique peut affecter les marges, elle présente aujourd’hui de nombreux avantages. En premier lieu, elle optimise la rentabilité grâce, notamment, à une simplification des processus.

« Partir du besoin du collaborateur est souvent moins coûteux, plus rapide, et favorise l’engagement et l’adhésion en interne.« 

Stéphane Biso souligne que la satisfaction client nécessite celle des collaborateurs, leur engagement et leur adhésion. Elle doit passer par des initiatives d’amélioration.

En résumé, pour survivre à l’ère du digital, les entreprises doivent devenir collaboratives, ludiques et nomades.

2.2 – La dynamique humaine au service de l’entreprise de demain

Selon Stéphane Biso, l’entreprise de demain sera avant tout construite à partir des hommes et de leurs compétences, ainsi qu’à partir de l’orientation client, soutenue par la gestion optimisée des flux.

Elle ne se définira plus par le marché, mais par sa rapidité à commercialiser des idées, grâce à un nouveau rôle crucial : le pilote de flux, chef d’orchestre des flux entrants et sortants.

L’auteur articule ici sa réflexion à travers 7 points-clés que voici résumées.

Point-clé n°1 : Plus d’agilité dans le monde professionnel

Stéphane Biso explique d’abord que les organisations modernes font face à un besoin croissant d’agilité. Cette agilité est nécessaire pour elles pour mettre en œuvre plus rapidement leurs projets. Elle permet, en effet, de contrecarrer l’inertie inhérente à la conception et au développement des projets/produits. Toutefois, mettre en place une approche agile n’est pas toujours aisé. Celle-ci se heurte parfois aux silos organisationnels et à des temporalités discordantes au sein des équipes.

L’auteur continue en soulignant que les méthodes agiles sont, du côté des professionnels, en adéquation avec les nouvelles générations. En effet, les jeunes, aujourd’hui, sont en quête de modes de travail plus flexibles. Ils recherchent généralement un job favorisant leur mobilité, que ce soit au sein de l’entreprise ou à l’international. Quand ils travaillent dans des organisations agiles, ils sont encouragés à exprimer leurs opinions. Ils apportent alors des idées moins conventionnelles que leurs aînés, souvent novatrices et à la pointe de la technologie. Ceci peut contribuer à améliorer le fonctionnement des entreprises.

Enfin, selon l’auteur, nous devrions :

  • Percevoir l’agilité non seulement comme une méthode, mais aussi comme un état d’esprit. Un état d’esprit qui favorise la coopération pour trouver des solutions communes aux problèmes.
  • Considérer le « design thinking » comme moyen de favoriser l’innovation et l’agilité et d’accélérer la réalisation des projets. L’auteur partage, en effet, les conclusions d’un rapport du cabinet de conseil McKinsey & Company qui montre une corrélation positive entre de bonnes pratiques de design et la performance d’une entreprise. Le design thinking est étudié en détail dans le second point…

Point-clé n°2 : Le design au cœur de l’entreprise de demain

– Le « design thinking »

Cette partie de « Slasheurs, designers, gamers » nous invite à découvrir la montée en puissance du « design thinking« . Cette méthodologie innovante, collaborative, itérative et initialement cantonnée à l’industrie s’invite désormais dans d’autres sphères comme l’éducation, la santé et la politique.

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À l’ère de l’agilité, les entreprises y voient une opportunité d’orientation client, essentielle pour résister aux start-ups dynamiques grignotant leur marché.

Dans cette partie de l’ouvrage « Slasheurs, designers, gamers« , le design thinking est alors décrit étape par étape avec l’aide de schémas. Puis, l’auteur partage un exemple en guise d’illustration : celui d’une enseignante qui a implémenté le design thinking pour améliorer les performances mathématiques de ses élèves.

– Le « design doing »

L’auteur soutient aussi que le design thinking ne suffit pas. Selon lui, il est crucial de passer du « design thinking » au « design doing » pour concrétiser les idées. C’est ce qui a d’ailleurs participé au succès d’entreprises comme Alibaba fondée par des équipes de designers.

L’auteur insiste aussi sur le fait que dans cette nouvelle ère, il est essentiel d’oser, d’être audacieux et de ne pas craindre l’échec. C’est dans cet esprit d’innovation et de liberté que les nouvelles générations se retrouvent, s’épanouissent et apportent leur contribution à notre monde en constante évolution.

– Les professions du design

Plusieurs typologies de designers sont alors précisément décrites : le motion designer, le designer de produit/d’espace, le designer UX, le designer UI ou le Web designer, le modeleur 3D et le modeleur maquettiste.

L’auteur explique que de plus en plus d’entreprises cherchent aujourd’hui à combiner les designers et développeurs dans un processus commun, car cette collaboration favorise des idées novatrices et une approche transversale, indique-t-il.

– Trois méthodes liées au design

Stéphane Biso présente enfin trois méthodes liés au design : le design thinking, lean start-up et agile.

  • Le lean start-up qui étudie le marché via des enquêtes.
  • Le design thinking qui identifie les besoins clients, débouchant sur un « produit minimum viable » (MVP). Chaque étape intègre tous les acteurs du projet, dont les développeurs.
  • Enfin, la solution évolue suivant une méthode agile, avec des priorités définies par valeur commerciale.

Point-clé n°3 : L’open innovation

« Slasheurs, designers, gamers » aborde ici ce que l’on appelle l’Open Innovation.

Il s’agit d’un concept où les entreprises puisent des idées dans leur écosystème.

L’Open Innovation amène ainsi les grandes entreprises à vouloir s’allier aux start-ups innovantes. Ceci dans la perspective de se renouveler et de réduire leurs coûts. Le problème, c’est qu’il existe un décalage entre grandes entreprises et start-ups, et cette intégration est alors parfois maladroite. Les grandes entreprises agissent souvent comme des investisseurs en capital-risque. La collaboration devient alors ardue. Mais en dehors de cela, l’Open Innovation aide à anticiper les changements du secteur, qu’ils soient menaçants ou porteurs d’opportunités.

Point-clé n°4 : La gamificatio

Gamification Slasheurs, designers, gamers

Selon l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« , le jeu représente un outil d’apprentissage puissant chez les individus. C’est ce qui a poussé les entreprises à l’intégrer dans leur environnement.

Mais la transition vers la gamification s’avère lente car elle demande des professionnels capables d’intégrer la culture du jeu à celle de l’entreprise.

Voici ce que nous apprend Stéphane Biso à ce sujet :

– La gamification est source de créativité et de productivité dans l’entreprise

L’auteur indique que le jeu est une méthode d’apprentissage naturelle pour le cerveau. Cette idée est appuyée par des observations réalisées chez tous les mammifères.

Ce constat a mené à intégrer le concept de gamification dans le monde du travail.

On a ainsi fait entrer le jeu dans les divers secteurs de l’entreprise : sur les sites web, sur ses réseaux sociaux, dans l’apprentissage et le travail des employés.

Le concept de gamification repose sur six mécaniques (les points, les niveaux, les challenges, les badges, les classements, les dons) et six dynamiques (la gratification, le statut, la réalisation, la créativité, la compétition, l’altruisme).

L’auteur cite l’exemple de Google comme entreprise ayant délibérément créé un environnement de travail amusant. Le but étant de stimuler la productivité et la créativité des employés.

D’autres sociétés comme Accor, L’Oréal et IBM ont aussi utilisé la gamification pour diverses finalités : fidéliser les clients, recruter ou encore faciliter l’apprentissage d’outils professionnels.

– Passion et travail deviennent compatibles

Il devient désormais courant d’allouer 10 % du temps de travail à des activités de passion. C’est une manière de favoriser l’épanouissement au travail, indique l’auteur.

– Il est nécessaire de privilégier les compétences aux simples connaissances dans l’éducation des enfants

Stéphane Biso cite le journaliste belge Jérôme Colin, qui critique l’enseignement pour son approche industrielle archaïque et son incapacité à intégrer les avancées des sciences cognitives. Aussi, l’accent est mis sur la nécessité de doter nos enfants de compétences plutôt que d’une simple accumulation de connaissances.

L’auteur vante aussi la philosophie Montessorienne. Cette approche éducative centrée sur l’enfant et le jeu encourage la confiance en soi et l’autonomie.

– La gamification en entreprise améliore la productivité et la motivation

L’auteur partage l’exemple de l’entreprise Numeric Partner pour nous montrer comment un environnement de travail convivial et ludique peut vraiment augmenter l’implication des employés. Grâce à des formations basées sur le jeu – comme des quiz sur l’entreprise et ses produits – les employés sont plus engagés et satisfaits. De plus, la culture d’autogestion promue par cette entreprise favorise l’autonomie et la responsabilité, fondamentales pour maintenir une motivation élevée.

– La gamification favorise le suivi optimisé des performances d’entreprise

La gamification aide à suivre des performances en temps réel. Les outils de jeu permettent en effet de tenir les employés en haleine, de la même manière que les jeux vidéo, en visualisant et en suivant leurs progrès. Des classements peuvent être créés pour entretenir l’esprit de compétition, avec des bénéfices pour les employés qui cherchent à atteindre ou dépasser leurs objectifs, et pour l’entreprise qui améliore ses résultats.

– Le renforcement du partage et de l’esprit d’équipe grâce à la gamification

En favorisant l’entraide à travers le jeu, les employés se sentent valorisés et écoutés. En cela, la gamification renforce le partage d’informations et l’esprit d’équipe. Cela peut aussi servir à recueillir des retours très intéressants sur le terrain pour le marketing.

Ainsi, si la gamification, il faut le souligner, ne représente pas une solution miracle à tout, elle reste un outil précieux pour ces trois avantages. Plusieurs entreprises s’illustrent pour avoir déjà réussi à intégrer la gamification à leur organisation, comme par exemple :

  • Playboy, avec son jeu Miss Social, qui a observé une augmentation de 60 % de son chiffre d’affaires mensuel.
  • Starbucks qui a lancé son programme de fidélité « My Starbucks Rewards » pour engager davantage ses clients.
  • M&M’S qui a gagné plus de 25 000 abonnés sur sa page Facebook grâce à un simple jeu.
  • Bluewolf qui a, quant à lui, constaté une augmentation de productivité de 20 à 25 % après la mise en place d’un programme de jeu social interne.

Point-clé n°5 : Le management visuel, facilitateur de mutation

Cette partie du livre « Slasheurs, Designers, Gamers » parle de « management visuel », un concept qui change la façon de mener nos réunions : exit la table classique, place aux tableaux muraux autour desquels on se tient debout pour des « stand-up meetings« .

Christophe Parachini, de la Banque de France, y voit un moyen efficace de renforcer la cohésion d’équipe. Les secrets de cette méthode ? Choisir les tableaux ensemble, suivre les règles du « stand-up meeting » et alterner les animateurs. Le livre montre comment ces approches novatrices transforment le monde professionnel.

Point-clé n°6 : Collaboration, holacratie et liberté

Stéphane Biso, dans cette section de « Slasheurs, Designers, Gamers« , décrit la transition vers un monde professionnel plus numérique, collaboratif, axé sur le partage et libre.

Il développe ainsi plusieurs idées :

  • Le management et les RH ne sont plus de simples structures, mais des moteurs de culture et d’échange. Leur focus ? Valoriser l’expertise plus que les titres et encourager le « Positive thinking ». Stéphane Biso introduit à ce propos le concept innovant  d’Appreciative Inquiry qui mise sur le positif pour trouver des solutions.
  • Les générations Y et Z influencent le paysage des entreprises d’aujourd’hui et de demain. Résultat : des méthodes de gestion plus flexibles, centrées sur le plaisir au travail. Des exemples inspirants à travers le monde illustrent cette mutation :
    • Aux États-Unis : Intuit organise des « fêtes de la défaite » pour célébrer et apprendre de leurs erreurs. Chez 3M, 20 % du temps est consacré à des projets personnels.
    • En France : les entreprises Mars Chocolat et Leroy Merlin adoptent des pratiques participatives pour renforcer l’implication et la confiance.
    • Au Brésil : les usines Fiat encouragent leurs ouvriers à exprimer leurs humeurs, créant une communication transparente.

Stéphane Biso prédit un monde où le digital renforce le rôle des RH et du management. Il affirme que les technologies du numérique vont continuer à remodeler nos façons de travailler et nos performances.

Point-clé n°7 : Gouvernance et organisation sont à revoir

Dans cette section, Stéphane Biso partage sa vision de l’avenir en matière de collaboration et de leadership.

Il commence en expliquant que les générations Y et Z, en quête d’un « bonheur au travail » différent, provoquent une évolution des pratiques traditionnelles pour répondre à leurs aspirations et à leur conception du bonheur au travail.

Adieu aux organigrammes rigides, Stéphane Biso nous décrit un futur où nous serions presque tous égaux.

Dans l’entreprise de demain, l’auteur interroge : le chef va-t-il disparaître ? Comment dirigera-t-on en 2030 ?

L’auteur développe plusieurs idées que voici résumées :

  • Un nouveau modèle de gouvernance est en train d’émerger : la « sociocratie« . Il s’agit d’un modèle où le pouvoir est partagé. Ici, la décision est collective, valorisant davantage l’individu  et par conséquent son bonheur au travail.
  • Le rôle du chef change. Son rôle traditionnel décline au profit d’un management moderne qui  se base sur la rationalité, pas seulement sur la confiance. Il y a un besoin criant de décideurs, et non de managers qui se contentent de suivre le mouvement. Le contexte actuel nécessite désormais de vrais leaders, capables de s’adapter rapidement, d’agir avec courage et de mettre en œuvre leurs visions. Pas de simples gestionnaires. Les entreprises doivent chercher, former et promouvoir ces décideurs.  Or, beaucoup de grandes entreprises françaises ont du mal à former ces leaders.
  • Assoiffées d’autonomie, les futures générations se détournent des employeurs traditionnels et préfèrent des modèles plus flexibles et innovants, comme les start-ups ou le freelancing.

2.3 – Sortir de l’entreprise : les nouveaux codes du travail

Du salarié au slasheur

Le deuxième chapitre du livre « Slasheurs, designers, gamers » se penche ensuite sur les nouveaux codes du travail. Il dissèque notamment la tendance croissante qu’est la pluractivité, que l’on appelle plus couramment le « slashing« .

Un slasheur est quelqu’un qui jongle habilement entre plusieurs professions. Beaucoup adoptent ce mode de vie pour suivre leurs passions et se sentir plus alignés avec leurs valeurs personnelles. Loin d’être instables, les slasheurs sont polyvalents. Ils débordent de créativité et d’initiative.

Mais pour Stéphane Biso, être slasheur ne se résume pas une simple quête de diversité ou de sécurité financière : en offrant aux entreprises l’opportunité d’avoir des experts multifacettes sans avoir à s’engager à long terme, les slasheurs sont en train de redéfinir notre perception du travail. Cette pluriactivité donne un nouvel élan à l’innovation et à l’entreprenariat.

L’auteur termine en soulignant toutefois qu’être un slasheur n’est pas sans ses défis. La multiplication des tâches et des interruptions potentielles nécessite des compétences en matière de gestion du temps et de la complexité. Le slasheur doit aussi gérer des émotions variées.

Le co-working est-il un trait d’union pour l’open innovation ?

L’auteur de « Slasheurs, designers, gamers » évoque en détail le tournant de l’open innovation. Fini le travail isolé, place à une synergie collective. Les espaces de co-working émergent comme solutions. Ils deviennent des carrefours où entreprises de toutes tailles collaborent. En France et ailleurs, ils accueillent les travailleurs « sans bureau fixe ». Avec l’augmentation des indépendants et des start-up, ces lieux de partage ont un avenir radieux.

Pourquoi opter pour le co-working  ?

« Slasheurs, designers, gamers » met ici en lumière le co-working. Plus qu’une flexibilité économique, les espaces de co-working sont des creusets d’innovation. Selon le livre, ils favorisent collaboration, partage d’idées et exploration. Ils créent des ponts entre entreprises et nourrissent des communautés entrepreneuriales.

Quand lieu de vie et de travail ne font plus qu’un : les hacker houses

Stéphane Biso présente la première hacker house française, Seed-Up, fondée par Paul Poupet. Ces lieux mêlent cohabitation et travail, stimulant ainsi innovation et créativité. Leur credo ? Liberté, responsabilité et créativité. Un concept venu des États-Unis qui pourrait révolutionner notre conception du travail.

Pour le futur, les super diplômes ne suffisent plus

diplôme entreprise de demain
– Les profils « mad skills »/ « soft skills » recherchés et valorisés dans l’entreprise de demain

L’auteur de « Slasheurs, designers, gamers » développe ici l’idée suivante : pour être performant et s’adapter à la transformation numérique (robotisation et IA notamment), il est nécessaire d’intégrer et de valoriser des qualités humaines au sein de l’entreprise de demain.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, les entreprises recherchent de plus en plus de profils « mad skills » : des individus non conformistes, avec des compétences éclectiques, capables d’innover et de remettre en question les normes établies.

Ces  compétences humaines, appelées « mad skills » ou « soft skills » – comme l’empathie, la créativité ou l’esprit d’entreprise – deviennent indispensables aux yeux des recruteurs, et prennent le pas sur les compétences techniques « hard skills« .

Stéphane Biso illustre ces propos avec un écrit de Michel Barabel, professeur affilié à Sciences Po Executive Education et Directeur des éditions du Lab RH.

Ce texte décrit l’avènement des profils « mad skills ». Il explique qu’au 20e siècle, l’environnement était relativement stable et simple. A cette époque, les entreprises prospéraient en recrutant des profils homogènes appelés « rameurs ». Ces derniers effectuaient des tâches routinières dans un cadre hiérarchique strict. Ils fonctionnaient en silos. Mais aujourd’hui, l’évolution rapide de la société impose aux entreprises de s’adapter constamment. Celles-ci ont donc désormais besoin de « surfeurs » ou « kayakistes » : des personnes capables de penser en dehors de la boîte, d’apprendre rapidement et de renouveler constamment leurs compétences.

Ainsi, pour Michel Barabel, être original et singulier devient une force dans ce nouvel environnement.

Les profils « mad skills », caractérisés par l’originalité, l’autonomie de pensée et des compétences exceptionnelles, sont perçus comme des innovateurs capables de remettre en question l’ordre établi et de transformer l’entreprise. Les entreprises doivent donc non seulement recruter ces profils, mais aussi encourager l’introduction de ce « gène rebelle » pour survivre.

– L’épanouissement au travail des collaborateurs aux compétences « mad skills »

Pour Stéphane Biso, les collaborateurs aux compétences « mad skills » sont aussi des profils qui ont besoin du soutien de la direction pour s’épanouir pleinement. L’auteur rappelle ici les quatre conditions sur lesquelles l’épanouissement au travail repose, selon le concept japonais de l’ikigaï : aimer ce que l’on fait, être compétent, répondre à un besoin du monde, et être rémunéré.

Si elles veulent survivre dans ce monde en mutation, les entreprises n’ont alors pas d’autres choix que de repenser leur organisation et leur environnement, pas conçue pour cela. Elles doivent créer un environnement favorable, plus ouvert et collaboratif.

2.4 – L’entreprise sera bienveillante et épanouissante

Les entreprises futures devront favoriser le bien-être et la qualité de vie au travail (QVT). Ainsi, elles stimuleront l’engagement des employés et créeront un cercle vertueux de satisfaction.

Le bien-être au travail

Stéphane Biso décrit trois sortes de bien-être au travail :

  • Le premier est « hédonique« , basé sur les émotions.
  • Le second est « eudémonique« , axé sur la croissance personnelle et la recherche de sens.
  • Le dernier est « social », centré sur les interactions entre collègues.

Puis, l’auteur explique que la QVT, ou qualité de vie au travail, influence ces trois dimensions. Elle dépend notamment  de « l’équilibre entre la vie pro et perso » et d’un travail qui a du sens. C’est pourquoi certaines entreprises, conscientes de ces enjeux, embauchent des « responsables du bonheur » pour améliorer ces domaines.

Une génération en quête de sens

La génération Y veut un travail qui ait du sens. Elle valorise l’autonomie, le développement personnel et des projets qui comptent, plus que le salaire. C’est pourquoi, nous dit Stéphane Biso, les entreprises qui attireront ces talents sont celles qui privilégient la qualité de vie au travail (QVT). Les managers, quant à eux, doivent garantir un équilibre entre travail et vie privée pour éviter que le travail ne devienne une obsession.

Du management bienveillant au télétravail

Pour Stéphane Biso, le bien-être ne se limite pas à des distractions comme le yoga. D’autres concepts apportent une réelle différence de qualité de vie au travail. Il cite :

  • Le management bienveillant,
  • Le télétravail,
  • La conciergerie, qui simplifie la vie des salariés,
  • Une clarté des objectifs professionnels,
  • Le fait de donner la parole et de l’autonomie aux salariés.

Selon l’auteur, l’absentéisme et le désengagement actuels montrent bien combien les modèles de management actuels sont à bout de souffle. Aussi, miser sur l’avenir, c’est promouvoir le bien-être et une meilleure qualité de vie au travail.

Partie 3 – L’entreprise sera connectée et intelligente

entreprise connectée et intelligente

3.1 – Vers l’entreprise data driven

La troisième partie de « Slasheurs, designers, gamers » nous plonge au cœur du virage data qu’est en train de prendre l’entreprise contemporaine.

Elle nous dévoile comment les entreprises peuvent et doivent naviguer dans l’univers complexe mais prometteur de la data. Un défi qui demande audace, innovation, mais aussi éthique et sens des responsabilités.

Les dimensions techniques et culturelles

Stéphane Biso parle ici d’une ère où le « big data » et le « small data » se confondent aujourd’hui en une simple « data » omniprésente et nécessaire à la croissance. Et le passage au « data driven » s’inscrit sur un plan aussi technique que culturel :

  • La technique devient indispensable aujourd’hui pour maîtriser la gestion de toutes ces données. Au cœur de cette transformation, le RGPD (Règlement Général de Protection des Données) occupe une place prépondérante. C’est le signe que les entreprises ne peuvent pas se permettre d’ignorer les questions d’éthique et de conformité. Stéphane Biso met notamment en lumière l’importance d’une orientation claire et d’un but précis pour exploiter efficacement ces données.
  • La transformation vers une entreprise « data driven » englobe aussi  une dimension culturelle. Car selon l’auteur, être « data driven » ou « IT driven » ne suffit pas : l’entreprise doit rester « business driven« . Et ceci implique un changement culturel majeur à développer au sein de l’entreprise.
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Les technologies, comportements et systèmes émergents

L’auteur du livre « Slasheurs, designers, gamers » explore également des ruptures technologiques émergentes, telles que l’intelligence artificielle et le machine learning, qui sont à la fois défis et opportunités pour l’entreprise moderne.

Il souligne également la naissance d’un nouvel écosystème participatif où l’individu devient acteur de sa relation commerciale.

Sept profils métiers recherchés dans le passage au data driven

Pour finir, l’auteur dresse le portrait de sept profils métiers indispensables pour accompagner l’entreprise dans cette transition vers le data driven.

Du Chief Data Officer (CDO) au Data Protection Officer, en passant par le Data Scientist, Data Analyst Data Miner ou encore Master Data Manager, ces rôles clés doivent collaborer pour gérer, analyser et protéger les données, tout en respectant les réglementations en vigueur.

3.2 – Se préparer à la prochaine révolution digitale

Stéphane Biso dessine ici un futur qui n’est pas si lointain. Et il entend nous donner des clés pour nous préparer à la révolution digitale qui nous attend.

Cette partie du livre « Slasheurs, designers, gamers » nous immerge donc au cœur de la transformation digitale. Elle appelle les entreprises à un éveil. Car cette transformation numérique sera intégrale. Elle devra être centrée sur l’humain et intégrer les potentiels de l’IA et de l’IoT.

Les défis et les opportunités de l’IA et de l’IoT

L’auteur de « Slasheurs, designers, gamers » commence par nous éclairer sur le potentiel, les opportunités, mais aussi les défis que représentent l’intelligence artificielle (IA) et l’Internet des Objets (IoT).

Dès le départ, l’auteur met en garde contre une approche trop techno-centrée. L’IA n’est pas une fin en soi, mais un outil au service de la valeur créée pour l’entreprise, les collaborateurs et les clients. Ses capacités de traitement des données surpassent largement celles des humains, mais sa capacité à prendre des décisions reste questionnée.

Quant à l’IoT, nous explique l’auteur, il matérialise le Web dans le monde réel, via des objets connectés, ouvrant les portes du Web 3.0. Les montres, véhicules, bâtiments deviennent intelligents et interconnectés. Ce maillage offre aux entreprises une flexibilité et une adaptabilité sans précédent.

L’auteur cite, à ce propos, de nombreux exemples d’interconnexion d’objets connectés comme les robots d’Ecorobotix ou de Naïo Technologies qui assistent l’homme dans des tâches difficiles. Ou encore le robot Flippy de Miso Robotics, capable de reconnaître quand retourner un steak sur le grill.

L’importance de rester centré sur l’humain

Au-delà de l’IA et de l’IoT, Stéphane Biso met l’accent sur la nécessité pour les entreprises de rester centrées sur l’humain. Aussi, un management participatif, la libération des collaborateurs des tâches ingrates au profit des fonctions cognitives sont des éléments clés pour stimuler la créativité et la qualité.

L’intégration du digital à tous les niveaux de l’ entreprise

Le dernier défi pointé par Stéphane Biso est l’intégration du digital à tous les niveaux de l’entreprise. Ce processus nécessite une culture numérique profonde, incarnée notamment par les CDO (Chief Digital Officers) qui succèdent aux DSI (Direction des Systèmes d’Information).

3.3 – L’industrie intelligente

En nous exposant le concept d’industrie intelligente, cette partie du livre « Slasheurs, designers, gamers » nous fait voyager dans un monde où virtuel et réel se superposent, fusionnent, se confondent. Les objets connectés, associés à l’intelligence artificielle, révolutionnent l’industrie.

Cette transformation est la quatrième révolution industrielle. Elle repose sur l’interconnexion et la synchronisation des systèmes informatiques.

L’utilisation croissante de la réalité virtuelle et augmentée en est un exemple flagrant. De plus en plus, ces technologies se mêlent à la production, à l’approvisionnement, à la logistique, et bien plus encore. Les usines qui utilisent ces avancées deviennent des usines 4.0 : dans celles-ci, on voit des outils connectés et innovants optimiser les processus, accélérer et perfectionner les tâches des ouvriers et ingénieurs.

Stéphane Biso cite plusieurs exemples, comme Airbus qui a remplacé leurs plans papier par des tablettes, des entreprises comme Walmart, Michelin ou Bouygues Construction qui se servent de la  réalité virtuelle et de la réalité augmentée pour former leurs équipes, anticiper les besoins et améliorer les conditions de travail.

Mais cette révolution ne concerne pas seulement la production. L’industrie intelligente met le client au cœur de sa stratégie. De cette façon, elle offre des produits personnalisés tout en conservant une production à grande échelle.

En résulte l’émergence de nouveaux métiers tels que designer de réalité virtuelle, ingénieur en cybersécurité ou encore responsable des données numériques.

3.4 – Tous makers

Dans cette partie de « Slasheurs, designers, gamers« ,  Stéphane Biso étudie la mutation qui est en train d’opérer dans l’art de la fabrication.

Il évoque alors deux concepts qui sont passés du registre de « hobby » à « véritable art de fabrication » : 

Le « Maker Movement »

Il s’agit d’un mouvement qui rassemble des individus/ fabricants aux profils divers, avec pour seul objectif le partage de connaissances et la création respectueuse de l’environnement.

« Pour devenir un « maker », tout ce dont nous avons besoin c’est un esprit débrouillard, innovant et la volonté de créer. Les makers ou doers sont ouverts à l’esprit de collaboration entre ingénieurs, « géotrouvetou », concepteurs, architectes, bricoleurs, artistes et étudiants. Nous voyons alors naître une véritable synergie des esprits dans la fabrication où les rois de la débrouille et les as du bidouillage intègrent le « Maker Movement ». »

La révolution du « Do-It-Yourself »

L’univers « Do-It-Yourself » (« faites-le vous-même en anglais ») séduit un nombre croissant d’individus. Le concept vise à revisiter notre manière de consommer et à fabriquer nous-même nos produits de tous les jours (lessive, lotion pour les mains, meubles en bois ou en carton, instrument de musique, barres de céréales, confitures, etc).

L’auteur évoque la multiplication des « makerspaces » et des Fab labs, espaces dédiés à la création à disposition du public. Pour lui, les « design makers » semblent capables de tout, sans limite, et laissent présager une future révolution industrielle.

3.5 – L’évolution du Web et ses conséquences

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Web 1.0, Web 2.0, Web 3.0

Stéphane Biso analyse ici l’évolution du Web :

  • Le Web 1.0 a été l’aube d’une nouvelle ère d’information, marquée par l’essor des sites institutionnels.
  • Le Web 2.0 a introduit une nouvelle dimension : l’interactivité. De nombreuses entreprises se sont ruées vers les réseaux sociaux, cherchant à établir des relations de confiance avec leur audience.
  • Le Web 3.0 a ouvert la voie à l’exploitation des données des utilisateurs, permettant aux entreprises de personnaliser leur communication de manière beaucoup plus efficace.

Cette analyse rétrospective et prospective de l’évolution du Web et de ses implications pour les entreprises met en lumière la montée en puissance des utilisateurs. Aujourd’hui, le « consommateur augmenté » est au centre de la toile. Les internautes sont devenus des acteurs majeurs, disrupteurs des modèles économiques traditionnels, prescripteurs, loueurs, intermédiaires et même financeurs. Ainsi, nous entrons dans une ère où il est indispensable de travailler avec l’internaute et non plus seulement pour lui.

L’entreprise face à l’évolution du Web

Sur la question de l’évolution du Web, l’auteur distingue deux types d’entreprises :

  • Celles qui restent centrées sur leur force digitale sans mettre l’internaute au centre de leurs préoccupations
  • Celles qui intègrent les enjeux de l’information (Web 1.0), de l’interactivité (Web 2.0) et de la personnalisation (Web 3.0).

Enfin, l’auteur met en exergue le rôle croissant des collaborateurs dans le dialogue avec les clients. Des chartes ont été mises en place pour limiter les échanges sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres entreprises encouragent leurs employés à devenir les ambassadeurs de leur marque, solidifiant ainsi leur présence digitale.

3.6 – De nouveaux robots

La dernière partie du livre « Slasheurs, designers, gamers« , Stéphane Biso démystifie nos peurs concernant les robots et les drones. L’auteur explique en effet que ces nouvelles technologies, loin de supprimer massivement nos emplois, peuvent apporter une véritable collaboration entre l’homme et la machine.

Les drones

Stéphane Biso expose d’abord une panoplie d’applications des drones, allant de l’agriculture à l’industrie cinématographique, en passant par les assurances et la maintenance des éoliennes. Dans ce secteur en expansion, ce ne sont pas uniquement les pilotes qui sont recherchés. Managers, ingénieurs et techniciens sont aussi nécessaires.

Les cobots

Le cobot est une fusion des termes anglais « collaborative » et « robots ». Pour l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« , au lieu d’être une menace pour l’emploi, le cobot se positionne comme notre collègue de bureau. Il nous libère des tâches pénibles et répétitives.

Stéphane Biso nous apprend que ce nouveau collaborateur est déjà présent dans l’industrie automobile, où il permet d’ailleurs de réduire considérablement les troubles musculaires et les risques d’accidents.

Aussi, selon l’auteur, ces robots apportent un champ d’opportunités. Ils nous ouvrent la voie vers une croissance exponentielle.

Vous sentez-vous prêts à accueillir ces nouveaux collègues ?

Conclusion

Comment Stéphane Biso conclut-il « Slasheurs, designers, gamers » ?

Voici les nombreux points clés qu’il développe en conclusion de son livre.

La symbiose imminente entre le biologique, l’humain et le numérique

Pour l’auteur, l’évolution technologique des dix dernières années ne se résume pas seulement à la communication et aux appareils numériques que nous utilisons quotidiennement.

Il suggère que nous sommes sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de symbiose, où les frontières entre le biologique, l’humain, le matériel, l’électronique et le numérique deviennent de plus en plus floues.

« Cette nouvelle ère de l’IA va produire au minimum une accélération de l’accélération » écrit-il. « Elle va faire bouger un grand nombre de fondamentaux de notre société : la place de l’intelligence dans l’économie du savoir et la guerre des talents, la fin possible de la vie privée, l’anticipation de nombreux risques » continue Stéphane Biso.

Cette transition est rendue possible par les avancées dans les domaines des NBIC  (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l’Information et sciences Cognitives).

  • Les Nanotechnologies, par exemple, manipulent des objets de la taille du nanomètre, rendant ainsi possible la construction de matériaux, de systèmes, de robots complexes.
  • Grâce aux Biotechnologies, nous pouvons aujourd’hui modifier les organismes vivants et produire de nouveaux biens, services et nouvelles connaissances.
  • Les technologies de l’Information englobent tous les systèmes et processus utilisés pour créer et gérer les données électroniques.
  • Enfin, les sciences Cognitives étudient les mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle.

L’avenir selon « Slasheurs, designers, gamers » : vers  l’Humain augmenté

conclusion Slasheurs Designers Gamers

« Slasheurs, designers, gamers » nous invite alors à envisager un avenir où, grâce à la fusion de ces domaines, nous devenons des êtres humains améliorés et de plus en plus autonomes. Un avenir où nous serons capables de réaliser des tâches complexes à distance, comme piloter une opération de nano-chirurgie.

Et pour nous aider à nous projeter, Stéphane Biso décrit un monde où des objets connectés et mettables, comme des bracelets, des montres ou même des puces RFID implantées sous la peau, sont devenus une partie intégrante de notre quotidien.

Les inquiétudes et les défis éthiques de la technologie

Au-delà des opportunités de cette vision de l’avenir, Stéphane Biso poursuit sa réflexion en soulignant qu’elle soulève aussi des inquiétudes. Notamment en ce qui concerne la surveillance généralisée et la protection de la vie privée.

Il nous pousse alors à réfléchir à ces changements technologiques, non seulement en termes de ce qu’ils signifient pour nos vies personnelles et professionnelles, mais aussi en termes d’implications éthiques et sociétales. Il nous encourage aussi à nous engager activement dans le façonnement de cet avenir technologique.

L’analyse prédictive et l’intelligence artificielle dans notre quotidien

L’intelligence artificielle est aujourd’hui omniprésente dans notre quotidien.

Des logiciels intelligents peuvent nous observer en temps réel. Couplés à une facette de l’intelligence artificielle appelée « l’analyse prédictive« , ceux-ci peuvent même aisément faire des prédictions sur nos futurs comportements.

Des outils tels que Discover de Spotify, les suggestions de Netflix ou encore d’Amazon exploitent constamment ces technologies pour personnaliser nos expériences.

Pour Stéphane Biso, cette symbiose entre l’homme et la machine s’illustre aussi parfaitement dans les chatbots, de plus en plus courants, l’optimisation de nos déplacements avec Google Maps ou encore la voiture électrique Renault Symbioz, conçue comme une extension de la maison

Tous ces développements technologiques, autrefois de science-fiction, symbolisent notre relation croissante avec l’intelligence artificielle. Ils ont une incidence profonde sur notre quotidien.

La fracture numérique et l’accessibilité à la technologie : un problème sérieux

La conclusion de « Slasheurs, designers, gamers » souligne aussi un point à ne pas oublier : cette connexion n’est pas universelle. Un quart des Français peinent avec le numérique. Ce phénomène est appelé « illectronisme« . Et cette fracture numérique, qui ne cesse de s’agrandir, pose un problème sérieux à mesure que la France avance vers une dématérialisation complète de son administration.

Le rôle déterminant de la créativité et la place centrale de l’humain dans l’élaboration de la société future

Dans ce contexte, la créativité et le design sont des éléments clés dans l’élaboration de la société technologique future.

Le designer a un rôle essentiel à jouer, non seulement dans la réflexion sur la place de l’humain dans la société, mais aussi dans la mise en place de nouvelles organisations d’entreprise.

Stéphane Biso rappelle que l’humanisme – pas seulement la science, la technologie ou le business – doit être au centre de nos préoccupations.

La transformation nécessaire des entreprises face à l’accélération technologique

Pour l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers« , toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, doivent se transformer si elles veulent rester compétitives.

Si cette transformation est indispensable dans un monde globalisé et en rapide accélération, elle est toutefois délicate à mettre en œuvre.

Le nécessaire changement de vision du monde du travail en réponse à la transformation digitale

Face à ces changements, nous devons revoir notre vision du monde du travail, affirme Stéphane Biso.

Il s’agit de ne pas subir ces transformations, mais de choisir consciemment comment nous nous y adaptons, tout en protégeant notre vie privée.

Pour réussir cette transformation, il nous faut également changer notre façon de travailler. Nous devons, selon l’auteur de « Slasheurs, designers, gamers » :

  • Porter une attention particulière à l’innovation et à la conduite du changement dans l’organisation.
  • Mettre en place une nouvelle forme d’organisation dynamique, flexible et ouverte. Car pour survivre dans ce monde en constante mutation, une entreprise doit être capable de se réorganiser quasiment en temps réel et rester ouverte à de nouveaux talents.
  • Donner une place importante au design : en mettant l’accent sur l’humanisme, il a le potentiel de nous aider à créer une société future où la technologie et l’homme coexistent harmonieusement.

Conclusion de « Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain » de Stéphane Biso

Alors que nous naviguons à grande vitesse dans une ère de ruptures technologiques, le livre de Stéphane Biso, « Slasheurs, designers, gamers« , se présente comme une bouée salvatrice pour quiconque s’interroge sur l’avenir du monde professionnel.

L’Entreprise de demain à la lumière de « Slasheurs, Designers, Gamers« 

« Slasheurs, designers, gamers » nous montre comment les accélérations technologiques provoquent une cascade de mutations : depuis les systèmes de production d’énergie décentralisée jusqu’à l’entreprise 3.0, en passant par l’émergence d’une symbiose inédite entre le biologique, l’humain et le numérique

Mais pour l’auteur, il serait naïf de ne pas mentionner les défis qui accompagnent cette évolution. La technologie, tout en offrant d’innombrables opportunités, suscite des inquiétudes éthiques. L’intelligence artificielle s’invite dans notre quotidien, et l’analyse prédictive promet des avancées mais aussi des dilemmes sans précédent. La fracture numérique, accentuée par des disparités d’accès à la technologie, est un défi majeur à surmonter.

Toutefois, comme Stéphane Biso le suggère, au cœur de cette révolution se trouve une constante indéfectible : la créativité humaine. Il souligne l’importance de la place centrale de l’homme dans la conception de notre futur. En dépit de l’accélération technologique, ce sont nos valeurs, notre vision et surtout notre capacité d’adaptation qui définiront l’entreprise de demain.

Le message est clair : l’avenir n’est pas uniquement dicté par la technologie, mais par la façon dont nous, en tant qu’êtres humains, la façonnons et l’intégrons. L’ouvrage de Stéphane Biso est un appel à l’action pour les décideurs, les entrepreneurs et tous ceux qui aspirent à modeler l’entreprise de demain.

Les 4 grands points clés que vous découvrirez en lisant le livre « Slasheurs, designers, gamers » de Stéphane Biso

En plongeant dans « Slasheurs, designers, gamers« , vous découvrirez à quoi pourrait bien ressembler l’avenir du monde professionnel.

Stéphane Biso décode avec brio la manière dont les avancées technologiques redéfinissent notre vision du travail, tout en soulignant l’importance de préserver notre humanité. Cet ouvrage vous aidera alors à comprendre et à naviguer dans le paysage en constante évolution de la technologie et du travail.

Voici plus précisément 4 idées clés largement développées – parmi plein d’autres – que vous retrouverez dans le livre :

Point-clé n°1 : La symbiose entre biologie, humain et numérique est sur le point d’être une révolution majeure

Le premier point clé du livre « Slasheurs, designers, gamers » est la transformation majeure que nous observons aujourd’hui, à savoir : la fusion imminente entre le biologique, l’humain et le numérique.

Vous comprendrez pourquoi cette transition est amplifiée par des avancées impressionnantes dans les domaines des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l’Information et sciences Cognitives). et pourquoi, pour Stéphane Biso, l’avenir se dirige vers l’Humain augmenté, une version améliorée de l’humanité avec une forte intégration technologique.

Point-clé n°2 : L’avenir du travail réside dans l’entreprise 3.0

Les entreprises ne sont plus ce qu’elles étaient. L’ère des organisations verticales et rigides s’efface, cédant la place à des structures plus flexibles, gamifiées et centrées sur l’humain.

Pour Stéphane Biso, le futur réside dans une entreprise 3.0. Un modèle d’entreprise qui s’appuie sur le web 3.0, prônant participation, simplicité, et ouverture des données. Cette transition, qu’il qualifie judicieusement de « rupture », nécessite une profonde réflexion sur notre consommation technologique, ainsi qu’une conscience accrue de son impact sur l’environnement.

Côté business, les modèles traditionnels s’estompent. Dans leur sillage, de nouveaux métiers voient le jour, portés par une logique de « Netflixation » de l’économie. Ce nouvel ordre économique influence fortement les compétences recherchées dans le monde du travail. Au centre de cette mutation : l’humain. Aussi, le design, l’open innovation et la gamification se révèlent comme des vecteurs d’efficacité et de créativité en entreprise.

Point-clé n°3 : La technologie apporte son lot de défis éthiques

Mais à mesure que la technologie progresse, elle apporte son lot de préoccupations.

Stéphane Biso insiste donc aussi sur les inquiétudes éthiques liées à l’intégration croissante de l’analyse prédictive et de l’intelligence artificielle dans notre quotidien. De plus, la fracture numérique grandissante et l’accessibilité limitée à ces technologies avancées posent un défi majeur pour notre société.

Point-clé n°4 : L’humain occupe une place centrale face à la transformation technologique

Malgré le rythme effréné de la digitalisation, le livre « Slasheurs, designers, gamers » rappelle également l’importance de la créativité humaine. Les entreprises doivent se transformer pour répondre à cette accélération technologique, mais il est vital qu’elles gardent à l’esprit que c’est l’humain qui reste au cœur de cette élaboration de la société future.

Un livre pour vous préparer à l’avenir du travail

« Slasheurs, designers, gamers » est, à mon sens, une lecture incontournable pour quiconque souhaite anticiper, comprendre et se préparer à l’avenir du travail. Un avenir où l’humain augmenté n’est pas seulement une possibilité, mais une réalité en devenir. À vous, désormais, de décider si vous souhaitez être un acteur ou un simple spectateur de cette transformation.

Je recommande vivement ce livre pour de nombreuses raisons mais surtout pour sa capacité à démystifier les tendances technologiques tout en mettant en lumière les implications éthiques et sociétales. Aussi, parce que Stéphane Biso nous rappelle que, malgré la technologie omniprésente, l’humain doit rester au centre de nos préoccupations.

Points forts :

  • Tout au long du livre, les illustrations, définitions, encarts et nombreux schémas récapitulatifs qui permettent une compréhension facile et agréable des propos de l’auteur.
  • L’exploration de la fusion entre le biologique, l’humain et le numérique et la mise en avant de l’humain comme élément central malgré la transformation numérique.
  • L’éclairage porté sur les défis éthiques liés à l’avancée technologique.
  • Un ouvrage très accessible pour comprendre l’évolution du monde professionnel face à la technologie. 

Point faible :

  • Il aurait été pertinent d’approfondir comment adapter l’éducation et les apprentissages actuels de nos enfants aux compétences requises pour les métiers de demain.

Ma note :

★★★★★

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