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L’art de bien agir

L'art de bien agir - Rolf Dobelli

Résumé de « L’art de bien agir – 52 voies sans issue qu’il vaut mieux laisser aux autres«  de Rolf Dobelli : Dans  « L’art de bien agir« , l’auteur partage 52 erreurs courantes que nous commettons tous dans notre vie professionnelle et personnelle et propose des conseils pour les éviter.

Par Rolf Dobelli, 2013, 246 pages.

Titre original allemand : « Die Kunst des klugen Handelns – 52 Irrwege die Sie besser anderen überlassen »

Titre english version : « The art of Thinking Clearly« 

Table des matières

Chronique et résumé de « L’art de bien agir – 52 voies sans issue qu’il vaut mieux laisser aux autres » de Rolf Dobelli

1. Pourquoi de mauvaises raisons suffisent souvent – La justification de la motivation

Dans le premier chapitre de son livre « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli s’intéresse à la question de la motivation. Il montre le rôle majeur que jouent la communication et la justification de nos actions et décisions pour faire accepter des situations difficiles aux gens.

Rolf Dobelli partage deux anecdotes dans lesquelles il se retrouve « bloqué« , dans un contexte d’attente. La première a lieu sur l’autoroute, l’autre, à l’aéroport de Francfort.

Dans les deux cas, l’auteur de « L’art de bien agir » partage son énervement face au manque d’informations sur la cause du retard.

Il compare alors cette réaction à une expérience menée par Ellen Langer, psychologue à l’université d’Harvard. La psychologue a en effet étudié les comportements d’étudiants dans la file d’attente d’une bibliothèque. Elle a mis en évidence que les gens acceptaient une demande plus facilement si elle était accompagnée d’une justification, même absurde.

Autrement dit, le simple fait de donner une raison apaise les nerfs et les frustrations.

Pourquoi ? Parce que, selon Rolf Dobelli, nous avons tous un « besoin maladif » de justification. Et cela s’applique continuellement, y compris dans nos activités professionnelles. Les employés ont besoin de raisons claires et motivantes pour se sentir engagés et impliqués dans leurs actions et dans la poursuite des objectifs de l’entreprise.

En somme, la première erreur décrite du livre « L’art de bien agir » affirme que les gens sont plus disposés à accepter et à tolérer les situations pénibles s’ils en connaissent la raison.

« Moralité : le « parce que » a sa raison d’être. Cette locution conjonctive, qui ne paie pas de mine, est le lubrifiant indispensable des relations interpersonnelles. Alors usez-en et abusez-en.« 

2. Pourquoi vous décidez mieux quand vous décidez moins – La fatigue décisionnelle. L’art de bien agir

Le deuxième chapitre du livre « L’art de bien agir » traite de la fatigue décisionnelle. Ce type de fatigue correspond au fait que prendre des décisions épuise notre capacité de concentration et de maîtrise personnelle.

Rolf Dobelli cite une étude du psychologue Roy Baumeister. Celle-ci compare la force de volonté et d’autodiscipline entre « décideurs » et « non décideurs ». Les résultats des expériences réalisées ont montré que les personnes qui prennent des décisions sont plus susceptibles de manquer de volonté par la suite.

Fatigue décisionnelle

L’auteur poursuit en expliquant que la fatigue décisionnelle peut nous être préjudiciable car elle nous rend plus disposés à succomber aux messages publicitaires et à prendre des décisions impulsives.

De la même façon qu’une batterie se vide, la volonté s’épuise. Elle doit être rechargée par le repos, la relaxation, l’alimentation, etc. L’auteur donne l’exemple des magasins Ikea qui ont placé des restaurants au milieu de leurs allées. Cette configuration permet aux clients de manger et ainsi recharger leur énergie. Ces derniers peuvent alors poursuivre leurs achats avec plus de capacité de décision.

L’exemple de l’auteur

Enfin, Rolf Dobelli termine avec l’exemple de quatre détenus d’une prison israélienne. Tous ont demandé une libération anticipée pour des délits différents. La décision des juges a été prise à des heures différentes (avant et après avoir mangé). Les juges se sont montrés plus « courageux » en ce qui concerne les verdicts des cas du début de journée. Les derniers cas ont, quant à eux, été traités davantage selon le statu quo. Ce dernier exemple révèle que les décisions de justice peuvent également être affectées par la fatigue décisionnelle.

Pour ne pas subir les effets de la fatigue décisionnelle, l’auteur de « L’art de bien agir  » nous invite ici à :

  • Nous rappeler que la prise de décision est fatigante et impacte nos décisions.
  • Limiter le nombre de décisions à prendre chaque jour.
  • Nous concentrer sur les choix importants plutôt que de nous disperser dans d’autres choix mineurs.
  • Apprendre à récupérer de l’énergie mentale.

3. Pourquoi vous ne porteriez pas le pull d’Hitler – Le biais de contamination ? l’art de bien agir.

Le troisième biais décrit dans « L’art de bien agir » porte sur les liens émotionnels existant entre les personnes et les choses. Ces choses peuvent être matérielles ou immatérielles. Elles peuvent faire partie d’un lointain passé.

Rolf Dobelli présente plusieurs exemples pour illustrer ce phénomène appelé « biais de contamination« .

Il évoque notamment l’idée qu’a eu, un jour, l’évêque d’Auvergne. À savoir, celle de réunir des nobles en présence d’ossements, de lambeaux d’étoffes et d’objets maculés de sang appartenant à des saints. Le but étant de persuader les princes et chevaliers de renoncer à la violence.

La peur et le respect des hommes du Moyen-Âge pour les saints et leurs reliques étaient tellement forts qu’ils cessèrent la guerre. L’histoire montre que cette tactique, qui se répandit ensuite dans de nombreux pays, a conduit à l’établissement de la paix dans toute l’Europe.

D’autres expériences réalisées à notre époque montrent comment cette crainte de l’invisible peut affecter les actions des gens. Les liens émotionnels alors créés avec certains objets, des personnes ou même des événements s’avèrent très puissants.

Des exemples plus explicites

Voici quelques exemples bien parlants :

  • Lors d’une expérimentation, il a été demandé à des gens d’endommager des photos de leurs proches. Bien qu’il s’agisse d’un simple jeu, l’auteur décrit leur difficulté, leur malaise et les scrupules ressentis à ce moment-là.
  • Par l’exemple d’un pull ayant appartenu à un criminel de guerre comme Adolf Hitler, l’auteur montre comment une chose inoffensive comme un vêtement peut devenir répugnante simplement en raison de son association avec une personne ou une idéologie néfaste.
  • Rolf Dobelli nous raconte l’histoire personnelle d’une amie de l’auteur, correspondante de guerre qui a, un jour, servi du vin à ses invités dans des verres plaqués or. Tous s’extasiaient devant ces objets si luxueux. L’auteur décrit comment l’extase s’est mutée en profond dégoût et rejet quand son amie leur a révélé qu’elle avait dérobé ces verres dans la salle à manger de Saddam Hussein quelques heures après que les Américains eurent pris d’assaut son palais gouvernemental.

L’auteur de « L’art de bien agir » conclut en expliquant comment les émotions peuvent :

  • Se transmettre, même sans contact direct,
  • Continuer à influencer les actions et les pensées des gens bien longtemps après que l’événement initial ait eu lieu.

4. Pourquoi l’adjectif « moyen » peut être trompeur – La problématique de la moyenne. L’art de bien agir

La quatrième partie du livre « L’art de bien agir » met en évidence l’inadéquation de l’utilisation de la moyenne pour décrire les données dans un monde de plus en plus complexe.

En effet, selon Rolf Dobelli, la moyenne peut être trompeuse. Les deux exemples qu’il cite illustrent parfaitement bien cette idée.

L’auteur prend d’abord l’exemple d’un bus dans lequel monte la personne la plus lourde du pays. Si l’on calcule le poids moyen des passagers après que cette personne soit montée, alors on constate qu’il a augmenté de 4 à 5 %. Mais imaginons une autre situation. S’il vient à monter l’individu le plus riche du pays, alors la fortune moyenne des passagers se met vraiment exploser.

Pour bien comprendre, Rolf Dobelli nous propose de chiffrer cette situation de façon réaliste. Si chacun des 50 passagers du bus possède une fortune de 54 000 € et que l’homme le plus riche du pays possède 25 milliards d’euros, alors la fortune moyenne des passagers du bus s’évalue à 500 millions d’euros chacun. Elle augmente d’un million de pourcent !

Cet exemple montre très bien comment le poids de certaines valeurs extrêmes dans la prise en compte de la moyenne peut rendre les données complètement absurdes. « Il suffit d’un cas exceptionnel pour venir bouleverser la donne et la notion de « moyenne«  n’a plus aucun sens« , affirme l’auteur. Elle peut alors masquer des biais ou erreurs dans des données et procurer une fausse impression de la réalité. Les scientifiques parlent de « loi de puissance« .

Inadéquation de la moyenne selon l’auteur

Selon Rolf Dobelli, cette inadéquation de la moyenne est encore plus flagrante dans notre monde de plus en plus dominé par des extrêmes. L’auteur cite de multiples exemples de domaines soumis à des extrêmes et pour lesquels se fier à la moyenne n’a aucun sens : la moyenne des statistiques de visite d’un site Web, celle des salaires dans le secteur du cinéma, etc.

Par conséquent, Rolf Dobelli nous encourage à la vigilance. Il nous invite à ne pas baser notre compréhension de la réalité uniquement sur les moyennes mais recourir à d’autres indicateurs pour prendre des décisions judicieuses. Il écrit :

« Lorsque quelqu’un prononce le mot « moyenne », dressez l’oreille. Essayez de creuser la distribution qui se cache derrière. Dans les domaines où un seul cas extrême n’a quasiment aucune influence sur la moyenne, comme dans le premier exemple du bus, le concept de moyenne tient debout. Mais dans ceux où un seul cas extrême domine, comme dans le second exemple, supprimez le mot « moyenne » de votre vocabulaire (et conseillez aux journalistes d’en faire autant).« 

5. L’art de bien agir, Comment démotiver à coup de primes – L’effet d’éviction de la motivation

Dans cette partie du livre « Lart de bien agir« , Rolf Dobelli revient sur le »phénomène d’éviction de la motivation intrinsèque par la motivation extrinsèque« . Ce phénomène a pour effet de dissuader des personnes de faire quelque chose en contrepartie d’une récompense financière.

Trois situations énoncées par Rolf Dobelli dans L’art de bien agir

Pour illustrer ce phénomène, l’auteur raconte trois situations. Les trois contextes sont radicalement différents.

  • Tout d’abord, l’auteur parle d’un service qu’il a proposé à son ami : quand, pour le remercier, son ami lui a fait parvenir une somme d’argent, l’auteur a ressenti que son ami avait, par cette offre, porté atteinte à leur amitié en dépréciant son geste initial.
  • Ensuite, un second exemple évoque un sondage dans lequel des citoyens suisses ont été interrogés : il s’agissait de leur demander s’ils accepteraient l’implantation d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs sur leur commune. La majorité des gens a accepté, mais lorsque la question a été assortie d’un dédommagement financier, le nombre de participants favorables a considérablement diminué. Les citadins ont ressenti cette prime comme une tentative de corruption, ou, en tout cas, elle a contribué à diminuer leur esprit civique et leur motivation à œuvrer pour l’intérêt général.
  • Enfin, l’auteur de « L’art de bien agir » cite l’exemple des crèches qui ont mis en place un système d’amende pour les parents en retard au moment de venir chercher leurs enfants. Le but était de les motiver à arriver à l’heure, mais à l’inverse, l’amende a entrainé une augmentation plutôt qu’une diminution des retards : le retard devenait légitime puisqu’on payait pour. Les rapports au départ humains entre parents et employés de crèches sont devenus mercantiles.

Par ces exemples, Rolf Dobelli explique que l’argent n’est pas toujours une motivation efficace. Il est, en effet, parfois considéré comme dévaluant notre contribution. Il peut nous détourner de notre mission plus globale.

Dans un contexte professionnel, et encore plus concernant les salariés d’une entreprise à but non lucratif, recourir à des incitations financières peut non seulement réduire l’engagement des individus, mais aussi la créativité et la qualité du travail.

6. Si vous n’avez rien à dire, ne dites rien – La tendance au verbiage, l’art de bien agir

L’auteur de « L’art de bien agir » aborde, dans ce sixième chapitre, le phénomène du verbiage. Celui-ci se caractérise par des discours creux et des propos sans fondement.

Les « discours verbeux » sont souvent employés pour cacher un manque de substance, de pensée profonde, une ignorance, remplir des silences ou pour impressionner les autres par des mots et des concepts complexes.

Le verbiage touche divers milieux. On le retrouve notamment :

  • Chez les universitaires : en ce qui concerne les prévisions économistes par exemple,
  • Dans les entreprises : pour cacher une faillite notamment,
  • Dans le sport : utilisé par les journalistes sportifs pour garder l’antenne.

Rolf Dobelli mentionne plusieurs cas de verbiage pour mieux comprendre.

  • Le cas d’une « miss » qui répond de manière confuse à une question simple lors de la finale de Miss Teen America.
  • Celui du philosophe Jürgen Habermas, dont les discours sont difficilement compréhensibles.
  • L’auteur lui-même reconnaît avoir été fasciné par les propos verbeux du philosophe Jacques Derrida dans sa jeunesse : il réalise, à présent, que cela n’avait aucun sens.

Ainsi, pour communiquer efficacement, l’auteur recommande de tout simplement ne rien dire si l’on n’a rien à dire. Sinon, de bien réfléchir avant de parler. De s’assurer que l’information est pertinente et de l’exprimer de manière claire et concise pour éviter la confusion et faciliter la compréhension.

Il termine en écrivant :

« La simplicité est le point d’arrivée d’un chemin long et pénible, et non son point de départ.« 

7. L’art de bien agir Comment afficher de meilleurs résultats sans améliorer la performance – Le phénomène de Will Roger

L’erreur n°7 de « L’art de bien agir » a trait à ce qu’on appelle le « phénomène de Will Rogers » (ou « stage migration » en anglais, qui signifie « migration de stade »).

Ce phénomène se produit lorsque les résultats sont améliorés sans pour autant qu’il y ait d’amélioration de la performance moyenne. En fait, on crée cet effet paradoxal quand on déplace des éléments aux caractéristiques inférieures d’un groupe, vers un autre groupe. Cela augmente automatiquement les résultats moyens du premier groupe.

Par exemple, si vous dirigez deux chaînes de télévision, A et B, avec une audience élevée et faible respectivement, vous pouvez déplacer une émission qui tire légèrement vers le bas l’audimat moyen de la chaîne A vers la chaîne B, ce qui augmente l’audimat moyen de la chaîne B et améliore les deux chaînes.

D’autres exemples sont cités dans :

  • La vente automobile => pour mieux répartir les résultats commerciaux dans plusieurs succursales,
  • Le domaine médical => pour augmenter les statistiques de l’espérance de vie d’un stade de maladie,
  • La gestion de fonds d’investissement privés => où un gestionnaire peut vendre certaines participations du fonds à un autre fonds pour améliorer les résultats moyens des deux fonds.

En somme, le phénomène de Will Rogers est trompeurpuisqu’il n’augmente pas les performances réelles des groupes : il améliore artificiellement les résultats moyens en manipulant les éléments dans les groupes.

Pour éviter d’être manipulé, soyons donc attentif quand nous analysons des statistiques et des données.

8. Si vous avez un ennemi, submergez-le de données – Le biais d’information, l’art de bien agir

Dans la huitième partie de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli étudie le biais d’information.

Ce biais cognitif, dit d’information, consiste à penser qu’un supplément d’informations mène forcément à une meilleure décision. Il se trouve que non.

L’auteur donne des exemples de situations où ce biais peut causer des problèmes.

L'art de bien agir : Biais d'informations dans la prise de décision
  • Dans une première anecdote, l’auteur recherche un hôtel à Berlin. Bien qu’il ait déjà présélectionné son hébergement, Rolf Dobelli va passer deux heures à rechercher encore plus d’informations sur les différentes options disponibles. Finalement, il choisit l’hôtel qui l’avait attiré dès le départ.
  • Dans un autre exemple, des médecins sont interrogés sur le choix de traitement pour un patient. Le patient peut être atteint de trois maladies graves. Un test diagnostique est proposé, mais il ne s’avère utile que dans un cas. Et bien la plupart des médecins vont recommander malgré tout de passer ce test.

Rolf Dobelli souligne que les banques, gouvernements et laboratoires d’idées sont également sujets à ce biais. Ils peuvent commander de multiples rapports économiques pour une même question, même s’ils connaissent déjà les informations essentielles, et même si les études ne sont pas très pertinentes.

Le problème, selon l’auteur, est que se retrouver ainsi submergés d’informations est source d’erreurs de jugement et de décisions préjudiciables. Pour lui, « ce qu’on n’a pas besoin de savoir ne sert à rien, même si on le sait« .

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En somme, restons vigilant face à l’excès d’informations : une quantité importante de données n’est pas nécessairement gage de qualité de décision.

9. l’art de bien agir, Pourquoi vous voyez un visage dans la pleine lune – L’illusion des séries

La neuvième erreur du livre « L’art de bien agir » est celle de « l’illusion des séries« . Elle se produit lorsque nous percevons une relation ou un schéma là où il n’en existe pas réellement.

Rolf Dobelli commence par relater plusieurs faits divers sur des personnes qui ont :

  • Entendu des messages de l’au-delà sur des bandes-son.
  • Vu apparaître des « signaux » dans des objets du quotidien : des silhouettes d’animaux, le visage de la Sainte Vierge, celui du Christ, dans des aliments et dans la roche.

Puis, il cite une anecdote sur un ami. Ce dernier a perdu tout son argent en spéculant sur les marchés financiers. Il pensait, en effet, avoir trouvé une logique de gains implacable après avoir interprété des chiffres.

Enfin, l’auteur partage l’expérience d’un psychologue qui pensait avoir découvert une loi cachée dans une série de lettres aléatoires.

Pour l’auteur de « Lart de bien agir« , toutes ces histoires montrent combien les illusions et perceptions trompeuses sont courantes dans notre vie.

Selon lui, le cerveau humain est naturellement enclin à chercher de l’ordre et de la signification dans le monde. Il va alors vouloir trouver un sens, une logique à des séries d’évènements aléatoires. Il va créer des modèles, des schémas et des règles même là où il n’y en a pas.

Rolf Dobelli nous encourage à toujours essayer de reconnaître ces illusions. Assurons-nous que nos interprétations se fondent sur des preuves solides. Qu’elles se basent sur des données objectives, pas sur des perceptions subjectives ou modèles inventés.

10. L’art de bien agir : Pourquoi vous aimez ce pour quoi vous avez souffert – La justification de l’effort

La dixième partie du livre « L’art de bien agir » traite de la »justification de l’effort« .

La « justification de l’effort » est un concept qui explique notre tendance à surestimer la valeur d’une réalisation pour laquelle nous avons investi beaucoup d’efforts.

Rolf Dobelli cite plusieurs exemples tels que :

  • John, un soldat qui attache plus d’importance à son insigne de parachutiste que toutes ses autres décorations en raison de la souffrance qu’il a endurée pour l’obtenir.
  • Marc, qui valorise la moto qu’il a restaurée jusqu’à mettre en péril son couple pendant des années,  au point de la considérer comme irremplaçable.

L’auteur examine aussi la façon dont les fabricants utilisent parfois la justification de l’effort pour vendre leurs produits. Il parle de « l’effet IKEA », par exemple, comme une forme atténuée de justification de l’effort : nous accordons plus de valeur à un meuble que nous avons monté nous-mêmes qu’à un autre similaire que nous avons simplement acheté.

Finalement, la justification de l’effort est un biais cognitif qui nous aveugle. Il peut avoir certains avantages quand nous voulons renforcer la cohésion de groupe et la motivation personnelle (via des rituels d’initiation par exemple, le passage d’épreuves difficiles). Mais il est primordial de garder à l’esprit que la valeur que nous attribuons à une réalisation peut être biaisée par notre propre perception de l’effort que nous y avons consacré.

11. Pourquoi les petites succursales sortent du lot – La loi des petits nombres, l’art de bien agir.

Ce chapitre de « L’art de bien agir » montre l’importance de comprendre la loi des petits nombres avant de prendre des décisions. Cette loi se produit lorsque nous tirons des conclusions erronées à partir d’échantillons de taille réduite.

Rolf Dobelli illustre cette idée en nous racontant la décision précipitée d’un directeur financier d’une entreprise de distribution.

Il explique que ce directeur financier souhaite faire installer des systèmes de sécurité dans ses magasins afin de réduire les vols.

Pour prendre sa décision, ce dernier se base sur une étude. Celle-ci révèle que le taux de vols à l’étalage est plus élevé dans les boutiques situées en zones rurales. Le directeur choisit donc de prioriser la mise en place des installations de sécurité dans les magasins des zones rurales.

Mais après plus d’investigations, le directeur financier réalise qu’il s’agit-là d’un biais lié à la loi des petits nombres. En effet, les magasins de campagne sont aussi les plus petits. Or, il sait que la fluctuation des taux de vol pèse bien plus lourdement dans les magasins de petite taille. Ces données ne sont donc pas comparables entre elles compte tenu des tailles différentes entre succursales.  

Nous comprenons donc que travailler avec des petits échantillons peut générer des résultats très différents de la réalité.

12. L’art de bien agir : Pourquoi ce à quoi vous vous attendez influence la réalité – L’effet des attentes.

Le chapitre n°12 du livre « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli décrit « l’effet des attentes« . Autrement dit, la manière dont les attentes peuvent influencer notre perception de la réalité, nos comportements et les résultats.

L’auteur commence par raconter comment Google a été victime de l’effet des attentes en 2006. Après avoir publié des résultats financiers impressionnants, l’entreprise a subi une baisse importante de son cours en bourse. Selon lui, cette baisse est liée au fait que les analystes attendaient des résultats encore meilleurs.

Google est l’exemple parfait d’un autre constat que fait ici Rolf Dobelli. Selon lui, les entreprises voulant satisfaire les attentes des analystes financiers, publient parfois leurs propres prévisions de résultats. Cette démarche est maladroite, déclare-t-il, car les entreprises ne font alors que renforcer les attentes et donc les critiques en cas d’échec.

Deux effets relatifs à l’effet des attentes dans L’art de bien agir

Rolf Dobelli revient enfin sur deux effets que nous connaissons probablement, relatif à l’effet des attentes :

  • L’effet Pygmalion : l’auteur décrit comment les attentes d’un enseignant envers un élève, par exemple, peuvent influencer ses résultats scolaires, souvent de manière inconsciente.
  • L’effet placebo : nous connaissons cet effet qui atteste que les attentes peuvent avoir un effet sur la biochimie du cerveau et, par conséquent, sur les résultats d’un traitement médical.

Ainsi, pour Rolf Dobelli, les attentes ont un impact bien réel sur les évènements. « Elles ont le pouvoir de transformer la réalité » lance l’auteur.

Et comme nous ne pouvons pas nous soustraire aux attentes ni vivre sans en avoir, Rolf Dobelli nous invite alors à les manier avec précaution : 

« Ayez des attentes plus élevées à votre égard et à l’égard des personnes qui vous sont chères. Ainsi, vous augmenterez votre propre motivation et la leur. En même temps, diminuez vos attentes à l’égard de tout ce que vous ne pouvez pas contrôler – le marché boursier, par exemple. « 

Puis, l’auteur conclut :

« Paradoxalement, le meilleur moyen de se protéger des mauvaises surprises est justement de s’attendre à des surprises« 

13. L’art de bien agir : Ne croyez pas toutes les bêtises qui vous viennent spontanément à l’esprit – L’illusion du « c’est logique ! » 

Le treizième principe de « L’art de bien agir » porte sur notre tendance à croire des idées ou des arguments qui nous semblent logiques mais qui sont, en réalité, faux ou trompeurs.

Pour mieux comprendre, Rolf Dobelli partage les résultats du « Test de réflexion cognitive » (Cognitive Reflection Test ou CRT en anglais). Ce test a été soumis à des milliers d’étudiants de trois universités différentes. Il consiste à répondre à trois questions. Chacune des questions possède une réponse intuitive fausse et une réponse juste.

Les résultats indiquent que :

  • La pensée rationnelle est plus fatigante que l’intuition.
  • Les individus qui font confiance à leur intuition sont moins enclins à remettre en question leurs croyances.
  • Nous devrions rester sceptiques vis-à-vis des questions de logique les plus simples. Car selon l’auteur, « tout ce qui semble plausible n’est pas vrai« .

14. L’art de bien agir : Comment démasquer un charlatan – L’effet Forer

Dans cette partie du livre « L’art de bien agir« , il est question de l’effet Forer ou effet Barnum.

L’effet Forer se produit lorsqu’une personne considère qu’on a su faire une description très pertinente de sa personnalité, alors qu’en réalité, cette description correspond à la majorité des gens. C’est à cause de l’effet Forer que les pseudosciences (astrologie, graphologie, chiromancie, tarologie…) fonctionnent si bien.

Les charlatans, consultants et analystes escrocs utilisent cet effet. Ils dévoilent des généralités vagues qui s’appliquent au plus grand nombre, tout en donnant l’impression que les informations sont précises et spécifiques.

L’auteur rend compte ensuite de l’expérience du psychologue américain Bertram Forer qui a donné son nom à ce phénomène. Ce dernier a extrait une description de personnalité de la rubrique « astrologie » de divers magasines. Puis, il l’a communiquée à ses étudiants comme étant la leur. Les étudiants ont évalué la pertinence de cette description de leur personnalité à 4,3 sur 5 (soit 86 %). L’expérience a été répétée plusieurs fois au fil des décennies suivantes, avec des résultats pratiquement identiques.

Enfin, Rolf Dobelli liste 4 éléments qui ont contribué à ce que ces descriptions conviennent à tout le monde :

  • Les descriptions très générales, qui « marchent à tous les coups ».
  • Des traits flatteurs spécifiques, qu’on a tendance à accepter même s’ils ne nous correspondent pas,
  • « L’effet de la caractéristique positive » qui n’emploie jamais d’affirmations négatives.
  •  » Le biais de confirmation« , qui joue un rôle majeur dans la manière dont nous percevons ces descriptions.

15. L’art de bien agir : Pourquoi les actions caritatives, c’est bon pour les stars – La folie du bénévolat.

Pour exposer ce nouveau principe, l’auteur du livre « L’art de bien agir » commence par dépeindre la vie de Jacques.
Jacques est un photographe qui travaille pour des magazines de mode. Il est réputé dans le milieu et gagnant 500€ de l’heure.

Bien que sa vie soit enviable, Jacques commence à se poser des questions sur la valeur de son travail. Il aspire à une activité porteuse de sens. Un jour, un ancien camarade de classe, président d’une association locale de protection de l’avifaune, l’appelle. Il lui propose de participer à une journée pour confectionner des abris pour oiseaux.

Jacques – qui veut vraiment contribuer à améliorer le monde – doit décider s’il y participera ou non. Pour Rolf Dobelli, Jacques devrait refuser la proposition de son ami.

En effet, selon l’auteur, il serait plus intéressant pour tout le monde que Jacques travaille une heure supplémentaire ce jour-là en tant que photographe. Et qu’il donne la somme d’argent perçue à l’association.

Plus explicitement

Son bénévolat n’aurait du sens que s’il pouvait y investir ses compétences techniques, comme prendre une photo professionnelle pour l’association. Mais ce n’est pas ce que son ami lui demande.

Ainsi – en travaillant plus pour faire don d’une partie de l’argent gagné, Jacques :

  • Créerait du travail à un artisan que l’association pourrait rémunérer pour construire les abris,
  • Pourrait également, avec le reste de l’argent, participer au financement de l’association.

À travers cet argumentaire, l’auteur soulève la question de l’altruisme. Il est bon, dit-il, de s’interroger sur nos activités bénévoles : les fait-on de façon vraiment désintéressée ? Ou nous procurent-elles des avantages personnels ?

Car notre engagement caritatif n’est pas forcément lié à des raisons altruistes. Il peut être motivé par le désir de se sentir bien avec soi-même, d’améliorer son image publique ou d’obtenir des avantages professionnels. C’est notamment le cas des célébrités. Bien que ces dernières soient justement souvent des exceptions, puisque le simple fait de s’afficher pour une cause contribue à son retentissement international.

Par conséquent, Jacques devrait, selon Rolf Dobelli, porter un regard honnête sur lui-même. Est-il vraiment une star ou se prend-il pour une star ? Et si nous voulons vraiment agir de manière efficace, nous devrions faire la même chose :

« Tant que les gens ne nous courent pas après dans la rue, nous devrions refuser le bénévolat et nous contenter de faire des dons d’argent.« 

16. Pourquoi vous êtes le jouet de vos sentiments – L’heuristique d’affect

Dans cette partie du livre « L’art de bien agir « , il est question de l’heuristique d’affect. Ce phénomène se produit lorsque nos émotions et nos sentiments influencent notre prise de décision de manière irrationnelle.

Rolf Dobelli explique que, lorsque nous devons nous exprimer sur un sujet délicat ou faire un choix, la théorie voudrait que nous utilisions un processus décisionnel rationnel.

Nous pourrions ainsi lister les avantages et les inconvénients d’une situation. Puis, les corréler avec leur probabilité d’arriver et leurs conséquences pour obtenir une évaluation rationnelle.

Pourtant, personne ne prend de décisions de cette façon.

L’auteur développe diverses raisons à cela. Mais la principale raison, selon lui, est liée aux « heuristiques cognitives« , et plus particulièrement  à l’ »heuristique d’affect« .

Rolf Dobelli rapporte plusieurs exemples qui montrent comment nos émotions momentanées affectent nos décisions. Il cite des exemples avec les technologies, les aliments, nos activités, etc. Nos affects peuvent se former en moins d’un centième de seconde, simplement en regardant un visage souriant, mécontent ou neutre. À cause d’eux, nous allons ainsi aimer ou détester quelque chose sans tenir compte des risques et des avantages réels.

17. Pourquoi vous devriez vous remettre en question plus souvent – L’illusion d’introspection, l’art de bien agir.

Dans ce nouveau chapitre, Rolf Dobelli examine l’illusion d’introspection.

Il explique que nous croyons avoir une compréhension profonde de nos motivations et de nos comportements mais qu’en réalité, nous nous trompons souvent. En d’autres termes, lorsque nous évaluons nos propres convictions, nous pensons que notre introspection est impartiale. Mais cette conviction est souvent fausse.

Rolf Dobelli mentionne l’exemple de Bruno, un fabricant de comprimés vitaminés. À travers son histoire, l’auteur démontre que nos croyances sont souvent influencées par des facteurs extérieurs. Comme l’intérêt financier ou la tradition familiale par exemple.

L’auteur de « L’art de bien agir » explique également que les gens ont tendance à réagir de trois façons différentes lorsqu’ils rencontrent une opinion différente de la leur (qu’il pense être la plus valable) :

  • La première réaction est l’hypothèse d’ignorance => nous pensons que l’autre ne possède pas toutes les informations nécessaires pour comprendre notre point de vue.
  • La deuxième réaction est l’hypothèse d’idiotie => nous pensons que l’autre possède les informations nécessaires, mais est incapable de comprendre la situation.
  • La troisième réaction est l’hypothèse de méchanceté => nous pensons que l’autre a compris la situation, mais choisit délibérément de ne pas être d’accord avec nous.

En conclusion, Rolf Dobelli nous invite à la remise en question. Car la capacité humaine à connaître la vérité sur nos propres convictions est limitée. Les croyances peuvent être influencées par des facteurs extérieurs, et l’introspection peut être biaisée.

« Soyez d’autant plus critique envers vous-même que vos convictions sont fortes » termine l’auteur.

18. Pourquoi vous devriez brûler tous vos vaisseaux – L’incapacité à fermer des portes

Dans le chapitre n° 18 de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli évoque notre incapacité à fermer des portes.

L'art de bien agir : Fermer des portes, nouvelles opportunités,

Cette incapacité est due à deux éléments :

  • Notre peur de perdre des opportunités,
  • Notre difficulté à abandonner des options ou des projets même lorsque ceux-ci ne sont plus pertinents ou rentables.

Rolf Dobelli partage plusieurs exemples de ce comportement :

  • Ceux, comme lui, qui lisent plusieurs livres en même temps et qui finalement n’en terminent pas beaucoup.
  • Les étudiants qui suivent plusieurs filières universitaires en même temps.
  • L’auteur fait également référence à des situations historiques où des dirigeants militaires ont enlevé toutes les options de repli à leurs troupes pour les obliger à se concentrer sur un seul objectif.

Ensuite, l’auteur de « L’art de bien agir » décrit une expérience réalisée par Dan Ariely et Jiwoong Shin. Ces professeurs de psychologie ont testé des joueurs de jeu vidéo. Les résultats mettent en évidence la préférence flagrante des joueurs à se laisser toutes les options ouvertes alors même qu’ils perdent en efficacité et productivité.

Le problème, selon l’auteur, c’est que nous ne nous en rendons pas forcément compte, mais cette attitude à se laisser toutes les options ouvertes, peut coûter de l’énergie mentale, un temps précieux et réduire nos performances.

Par conséquent, si l’on veut maximiser notre efficacité et atteindre nos objectifs plus rapidement, il est préférable, affirme l’auteur, de :

  • Se débarrasser des projets qui ne sont plus pertinents ou rentables pour ne focaliser que sur ceux qui le sont.
  • Se concentrer sur une seule option à la fois, quitte à « brûler ses vaisseaux derrière soi ».
  • Apprendre à décider rapidement et de façon définitive.

19. Pourquoi vous troquer ce qui est bien contre ce qui est nouveau – La néomanie

L’auteur du livre « L’art de bien agir » nous rappelle comment, il y a 50 ans, les individus visualisaient notre présent. Ils imaginaient un monde avec des voitures volantes, des villes de cristal, des habitations en plastique, des cités sous-marines, des vacances sur la Lune et une nourriture sous forme de pilules.

Pourtant, fait-il remarquer, aujourd’hui, nous nous servons encore d’objets inventés il y a des milliers d’années. Nous utilisons quotidiennement des chaises, pantalons, chaussures, lunettes. Nous mangeons comme nos ancêtres, des morceaux d’animaux et de végétaux à une table en bois avec une fourchette.

En fait :

« L’ancien résiste au temps, il possède une logique inhérente – même si nous ne la comprenons pas toujours. Si quelque chose traverse les siècles, ce n’est pas pour rien. Il y a forcément une raison. Toute société qui s’imagine son avenir accorde beaucoup trop de poids aux inventions les plus excitantes du moment […]. Et toute société sous-estime le rôle des techniques traditionnelles.« 

Cette tendance est due à ce que le philosophe Nassim Taleb appelle le biais de néomanie (ou « manie de la nouveauté »).

Selon ce philosophe, les technologies ayant résisté à l’innovation pendant des siècles continueront à le faire dans le futur. Les technologies plus récentes, elles, seront éliminées.

Et même si la société surestime souvent le rôle des inventions les plus excitantes du moment, notre quotidien dans cinquante ans, ne sera, en fin de compte, pas si différent de celui d’aujourd’hui, et ce, même si de nouveaux gadgets apparaissent.

20. Pourquoi la propagande fonctionne à retardement – L’effet d’assoupissement

Dans ce chapitre, l’auteur de « L’art de bien agir » examine l’effet d’assouplissement. Cette notion désigne que la force de persuasion d’un message – comme la publicité et la propagande s’accroît avec le temps.

Rolf Dobelli commence par parler des films de propagande produits en masse pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces films avaient pour but de renforcer le patriotisme et d’encourager les soldats à se battre pour leur pays.

Des études américaines ont montré que les films de propagande n’accroissaient pas l’enthousiasme patriotique des spectateurs immédiatement après leur projection. Les spectateurs savaient qu’il s’agissait de propagande, ce qui discréditaient les informations avant même qu’on les projette.

Par contre, neuf semaines après avoir vu un film, les soldats manifestaient une sympathie beaucoup plus grande à l’égard de la guerre que ceux qui n’en avaient pas vu.

À l’heure actuelle, la meilleure explication à cet effet est la suivante : le cerveau oublie relativement vite la provenance des informations, mais beaucoup moins vite les informations elles-mêmes. C’est la raison pour laquelle des informations issues d’une source peu crédible gagnent en crédibilité avec le temps.

L’auteur de « L’art de bien agir » décrit ensuite comment l’effet d’assoupissement fonctionne aussi très bien avec les spots publicitaires agressifs régulièrement diffusés en période d’élections, et notamment auprès des électeurs indécis. La source des données est oubliée, mais les arguments les plus agressifs sont durablement mémorisés.

Rolf Dobelli conclut par trois conseils pour se prémunir de l’effet d’assoupissement.

  • D’abord, il conseille de ne pas accepter de conseils non sollicités, aussi bien intentionnés soient-ils.
  • Ensuite, de se tenir à l’écart de toute source contaminée par la publicité.
  • Enfin, d’essayer de nous souvenir de la source de tous les arguments que nous avons lus ou entendus.

21. Pourquoi vous êtes souvent aveugle à une meilleure solution – La cécité aux alternatives

Ce chapitre de « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli met en lumière les biais cognitifs qui nous empêchent de considérer toutes les alternatives avant de prendre une décision.

L’auteur prends l’exemple d’un prospectus publicitaire pour un programme de MBA qui nous fait miroiter un gain financier important. Rolf Dobelli montre d’abord comment nous sommes enclins à ne pas évaluer correctement le coût réel du MBA. Ensuite, il souligne notre tendance à oublier systématiquement de comparer une proposition à la deuxième meilleure possibilité. C’est ce que l’auteur appelle « la cécité aux alternatives« .

Rolf Dobelli mentionne également un cas dans le domaine financier. Dans cette situation, un banquier propose un placement d’épargne à ses clients. Pour les convaincre, il vante ce type de placement en le comparant à un autre peu favorable. Pour prendre notre décision, nous devrions, selon l’auteur, le comparer à d’autres solutions de placement. Pas simplement à celui qui sert de point de comparaison au banquier. Car ce dernier est, en réalité, le pire taux de placement qui soit.

C’est d’ailleurs ainsi que Warren Buffett fonctionne : il évalue chaque opération par rapport à la deuxième meilleure option possible.

Enfin, l’auteur souligne que les politiques sont souvent victimes de « cécité aux alternatives« . Quand ils ne comparent pas une proposition avec toutes les autres options possibles notamment. Il illustre ses propos en rapportant l’exemple de la construction d’un complexe sportif. La municipalité a accepté le projet car elle préférait le gymnase au terrain vague qui s’y trouvait. Mais elle ne l’a pas comparé à tout ce qu’elle aurait pu bâtir à la place.

Par conséquent, nous ne devrions pas nous contenter de comparer une proposition avec une seule autre option. Nous devrions toujours considérer minutieusement chacune des options possibles avant de prendre une décision.

22. Pourquoi vous dites du mal des ambitieux – Le biais de comparaison sociale

Dans cette partie de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli examine le « biais de comparaison sociale« . Ce phénomène pousse les individus à refuser de recommander d’autres personnes susceptibles de prendre leur place, même si cela leur fait du tort à long terme.

L’auteur nous dit avoir expérimenté ce biais quand un jour, il a beaucoup hésité à écrire un témoignage positif au dos du livre d’un auteur pouvant potentiellement devenir son concurrent.

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Mais ce biais peut avoir des conséquences plus graves. Dans le monde scientifique par exemple. En effet, les chercheurs ont pour objectif de publier un maximum d’articles dans les revues spécialisées les plus réputées. Aussi, les jeunes chercheurs qui remettent en question les connaissances établies sont parfois fustigés par les grands pontes du domaine. C’est aussi à cause du biais de comparaison sociale que certaines équipes de chercheurs ont du mal à se maintenir au top pendant plusieurs années. Car, comme dans le monde des startups, le biais de comparaison sociale entraine le processus suivant, décrit par Guy Kawasaki :

« Des joueurs A (de premier plan) embauchent des joueurs A+, c’est- à-dire des collaborateurs encore meilleurs qu’eux. En revanche, les joueurs B recrutent des joueurs C, c’est-à-dire des collaborateurs moins bons qu’eux, les joueurs C des joueurs D, encore moins bons qu’eux, les joueurs D des joueurs E, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’entreprise, au bout de quelques années, ne soit plus constituée que de joueurs Z. Alors un bon conseil : recrutez des meilleurs candidats que vous, sinon votre boîte sera bientôt pleine de losers. »

Ce qu’il faudrait retenir

À long terme, le biais de comparaison sociale peut donc vraiment nuire à notre carrière ou à notre entreprise. C’est pourquoi :

  • Les individus doivent apprendre à recommander des personnes compétentes, même si elles sont susceptibles de prendre leur place.
  • Les entreprises doivent également embaucher des candidats meilleurs qu’eux pour éviter que leur entreprise ne soit constituée que de joueurs Z.

Enfin, rappelons-nous que le succès ne se mesure pas seulement à sa position dans la hiérarchie. Il se mesure aussi à la réussite de l’équipe. Il est important de travailler ensemble pour atteindre les objectifs communs, plutôt que de se battre pour obtenir la première place.

23. Pourquoi la première impression n’est pas la bonne – L’effet de primauté et l’effet de récence

Le 23ème chapitre de l’ouvrage « L’art de bien agir » étudie examine les »effets de primauté et de récence« .

L’effet de primauté est un phénomène psychologique qui fait que la première impression que l’on a d’une personne influence notre jugement général sur elle. Et ce, même lorsque nous savons qu’il y a d’autres informations ultérieures à prendre en compte.

L’effet de primauté peut conduire à des erreurs de jugement, à une mauvaise évaluation des personnes et des situations et donc à des décisions inadéquates. Par exemple :

  • En tant que recruteur, nous pouvons être tenté de sélectionner le candidat qui nous a fait la meilleure première impression lors des entretiens individuels, au lieu de choisir le plus qualifié. L’auteur recommande alors, pour éviter cet effet, de faire venir tous les candidats en même temps et de les faire répondre aux mêmes questions les uns après les autres.
  • Dans les réunions : la première opinion exprimée sur une question est souvent déterminante pour le jugement général qui sera porté. Pour éviter que le premier à parler ait trop de poids, l’auteur conseille de solliciter les avis des participants à tour de rôle et de manière aléatoire.

L’auteur indique toutefois que l’effet de primauté peut se contrebalancer avec l’effet de récence.

L’effet de récence, quant à lui, se produit lorsque les dernières informations sont plus prégnantes dans notre mémoire.

En effet, avec une capacité de stockage très limitée, notre mémoire à court terme doit constamment faire de la place pour de nouvelles informations. Ainsi, si les impressions sont anciennes et que l’on doit agir immédiatement, l’effet de récence peut prendre le pas sur l’effet de primauté.

24. Pourquoi vous n’avez pas l’intuition de ce que vous ignorez – L’effet de saignée

Dans le chapitre 24 de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli explique que nous avons tendance à nous accrocher à une théorie, même si celle-ci est fausse, jusqu’à ce qu’une autre, apparemment meilleure, apparaisse. Cette tendance irrationnelle est appelée « effet de saignée« .

L’auteur partage l’exemple de la théorie des quatre humeurs du corps. Cette théorie a dominé la médecine pendant plus de 2000 ans, malgré son inexactitude. Elle a conduit à la pratique de la saignée, qui a souvent empiré la condition des patients plutôt que de les guérir.

Mais Rolf Dobelli explique que cette tendance existe, en fait, dans tous les systèmes complexes. Par exemple : les êtres humains, la bourse, les guerres, les villes, les écosystèmes et les entreprises.

L’auteur de « L’art de bien agir » souligne également que nous avons du mal à admettre notre ignorance, à reconnaître que nous ne savons pas. Nous devrions, au contraire – et les décideurs encore plus- être prêts à remettre en question les théories établies, même si cela peut être inconfortable.

25. Pourquoi le « fait maison » est meilleur – Le syndrome du Not Invented Here

Dans ce chapitre de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli décrit le syndrome du « Not Invented Here » (NIH). Ce syndrome, c’est la tendance à se méfier de toute idée qui n’est pas développée en interne.

Il s’applique à tout.

L’auteur constate, par exemple, que les entreprises sont portées à penser que leurs idées internes sont plus remarquables et importantes que celles des prestataires ou des fournisseurs externes. Et ce, même si objectivement, ces dernières sont meilleures.

Selon l’auteur, ce syndrome est responsable de la prospérité de certaines entreprises, mais aussi de la majorité des échecs de start-ups.

En effet, les personnes qui travaillent en équipe pour trouver des solutions sont susceptibles de développer le syndrome du NIH. Chacun a tendance à penser que son idée est la meilleure. Pour y remédier, l’auteur suggère de diviser l’équipe en deux groupes. Un groupe qui génère des idées et un autre qui les évalue. Puis, d’inverser les rôles.

Le syndrome du NIH peut même s’appliquer à la cuisine. L’auteur partage une expérience personnelle à ce sujet. Un jour, l’auteur invente une sauce pour les soles qu’il est en train de cuisiner. Mais sa femme n’aime pas la sauce. Deux semaines plus tard, c’est au tour de sa femme de préparer une sauce similaire. Cette fois, c’est l’auteur qui trouve sa sauce détestable. Pourtant, après le repas, l’épouse de l’auteur lui révèle que la sauce proposée était en fait celle qu’il avait réalisée deux semaines plus tôt. Elle avait voulu le tester pour voir s’il avait le syndrome du NIH.

26. Comment vous pouvez mettre à profit l’impensable – Le cygne noir

Le chapitre 26 du livre « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli traite de l’importance de prendre en compte les événements imprévus, appelés « cygnes noirs », dans les décisions que nous prenons.

L'art de bien agir : Le cygne noir La puissance de l'imprévisible, Nassim Taleb,

Le concept de « cygne noir« , introduit par Nassim Taleb, décrit un événement rare et imprévisible qui impacte significativement la vie de ceux qui en sont témoins.

Cet événement peut être positif ou négatif. L’auteur cite plusieurs exemples, tels que la découverte de l’or en Californie, la chute de Moubarak en Égypte, ou encore ce genre de rencontre qui bouleverse complètement une vie.

Pour l’auteur de « L’art de bien agir« , le concept de cygne noir est capital car notre monde est de plus en plus imprévisible. Aujourd’hui, nos vies peuvent prendre des tournures totalement inattendues. Les cygnes noirs surviennent de plus en plus souvent. Et notre cerveau est mal équipé pour y faire face. Il est donc nécessaire, pointe l’auteur, de nous y préparer mentalement. Pour cela, nous devons adopter une approche anti-fragile. C’est-à-dire que nous devons apprendre à :

  • Transformer les coups du sort en opportunités de croissance.
  • Tirer des leçons des imprévus pour mieux nous adapter et nous renforcer.

27. Pourquoi votre savoir n’est pas transposable – La dépendance au domaine

L’auteur du livre « L’art de bien agir » explique pourquoi notre savoir ne se transpose pas facilement à d’autres domaines. Cette difficulté de transposer les connaissances s’appelle « la dépendance au domaine« .

L’auteur raconte deux anecdotes personnelles pour illustrer cette difficulté :

  • Lors d’un congrès médical, il explique avoir lui-même utilisé un exemple tiré de la médecine pour faire référence à l’oubli de la fréquence de base à son audience. Les médecins présents ont alors immédiatement compris. Cependant, lorsqu’il a eu recours à un exemple analogue mais tiré du domaine économique, la plupart des médecins n’ont pas réussi l’exercice proposé.
  • De même, lorsque l’auteur a tenu un discours face à des investisseurs : ces derniers ont très vite saisi les exemples financiers, mais pas les exemples biologiques.

Rolf Dobelli fait état du constat du philosophe Nassim Taleb concernant les joueurs d’échecs . En général, ceux-ci ne sont compétents que pour résoudre des problèmes d’échecs. Il leur est difficile de transposer leurs compétences à un autre domaine.

Enfin, l’auteur de « L’art de bien agir  » mentionne un exemple célèbre de dépendance au domaine. Celui d’Harry Markowitz, lauréat du prix Nobel d’économie en 1990 pour sa théorie du choix des portefeuilles. Bien qu’il ait développé une théorie sophistiquée, Markowitz était incapable de l’appliquer à son propre portefeuille.

28. Pourquoi vous pensez que les autres pensent comme vous – L’effet de faux consensus

Dans la 28ème partie de « L’art de bien agir « , Rolf Dobelli traite de l’effet de faux consensus. Celui-ci consiste à penser que les autres sont d’accord avec nous alors qu’ils ne le sont pas forcément.

L’effet de faux consensus a été mis en évidence par le psychologue Lee Ross. C’était en 1977, suite à une expérience réalisée avec des étudiants. Le psychologue a montré comment nous avons tendance à généraliser notre opinion personnelle à la majorité de la population. Et à croire que les autres pensent et ressentent les choses comme nous.

L’effet de faux consensus se manifeste particulièrement :

  • Dans les groupes de pression et les groupuscules politiques : ceux-ci surestiment systématiquement l’importance du thème qui les préoccupe.
  • Chez les politiciens, qui surévaluent régulièrement leurs chances électorales.
  • Chez les artistes qui s’attendent souvent à une réussite plus grande que celle qu’ils connaîtront au cours de leur vie.
  • Au sein des entreprises : le fait qu’un service soit convaincu par un produit ne signifie pas que les consommateurs le seront également.
  • Parmi les « bidouilleurs géniaux » : amoureux de leurs gadgets ultra sophistiqués ou de leurs appareils aux fonctionnalités illimitées, ces derniers croient, souvent à tort, que les consommateurs seront séduits par leur produit.

L’effet de faux consensus entraine une autre tendance : celle de qualifier de « pas tout à fait normaux » les gens qui ne sont pas de notre avis.

29. Pourquoi vous êtes convaincu d’avoir toujours raison – La falsification de l’histoire

Au chapitre n°29 de son livre « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli aborde le phénomène de la falsification de l’histoire.

L’auteur explique comment les individus tendent à réécrire leur propre histoire personnelle pour se convaincre qu’ils ont toujours eu raison dans leurs décisions passées. Cette pratique est particulièrement présente lorsque les décisions ont eu des conséquences négatives. Les individus cherchent alors à se protéger de la culpabilité ou de la honte.

Ce phénomène est courant au sein des gouvernements. Il les aide à maintenir leur pouvoir absolu en créant l’illusion d’une infaillibilité totale.

Mais il se produit également dans notre cerveau :

  • Inconsciemment, nos souvenirs s’adaptent à nos opinions actuelles pour devenir obsolètes et erronés : nous sommes alors convaincus que nous avons toujours eu raison ; nous pensons que nos opinions actuelles sont identiques à celles que nous avions dans le passé. Or, cela peut s’avérer bien loin de la réalité.
  • Nos souvenirs « flash » sont des souvenirs construits à partir d’éléments sélectionnés et intégrés dans notre mémoire, plutôt qu’un enregistrement fidèle de ce qui s’est passé. L’auteur évoque des études réalisées qui montrent que ces souvenirs flash sont la plupart du temps altérés.

En conclusion, l’auteur souligne que nous devons être conscients de la manière dont notre cerveau révise nos souvenirs et opinions passés. Nous devons accepter notre faillibilité et être prêts à remettre en question nos croyances passées. Accepeter que nous puissions nous tromper nous rend plus ouverts aux autres perspectives. Et plus enclins à accepter de nouvelles idées.

30. Pourquoi vous vous identifiez à votre équipe de foot – Le biais endogroupe/exogroupe

Le 30ème biais évoqué par Rolf Dobelli dans son livre « L’art de bien agir » est celui de l’effet endogroupe/exogroupe. Ce biais psychologique pousse les individus à se sentir :

  • Plus proches de ceux qui leur sont similaires, comme les membres de leur propre groupe,
  • Et plus distants de ceux qui sont différents.

L’auteur parle alors d’un phénomène d’identification au groupe.

Celui-ci, indique-t-il, est particulièrement présent au sein des équipes sportives. Rolf Dobelli s’interroge alors : pourquoi nous identifions-nous à des équipes que nous ne connaissons pas et composées de personnes avec qui nous n’avons aucun lien de parenté ?

L’auteur de « L’art de bien agir » considère que l’identification à un groupe est un biais endogroupe/ exogroupe qui s’est développé au cours de l’évolution de l’humanité. En effet, l’appartenance à un groupe était vitale pour nos ancêtres. Elle leur permettait de trouver de la nourriture et de se protéger contre les attaques. Aujourd’hui, les groupes peuvent se former sur la base de critères communs minimes, comme celui de notre lieu de naissance ou de notre entreprise.

Rolf Dobelli fait ensuite référence aux travaux du psychologue britannique Henry Tajfel. Ceux-ci ont montré que les membres d’un groupe formé sur des critères complètement aléatoires se trouvaient plus sympathiques les uns aux autres qu’ils ne trouvaient sympathiques les membres des autres groupes.

L’auteur évoque également le biais d’homogénéité de l’exogroupe. Celui-ci nous conduit à émettre des préjugés, des avis stéréotypés envers les membres d’autres groupes, voire même à déformer leurs opinions.

Rolf Dobelli conclut en nous invitant à réfléchir à notre propre identification à des groupes. Il nous encourage à prendre conscience de ces biais pour :

  • Ne pas nous fermer aux autres groupes,
  • Éviter d’adopter dans des comportements discriminatoires.

31. Pourquoi vous préférez le risque à l’incertitude – L’intolérance à l’ambiguïté

Cette partie met en évidence notre tendance à préférer les situations risquées – mais connues – plutôt que les situations incertaines.

Il s’agit plus précisément du paradoxe d’Ellsberg, ou de l’intolérance à l’ambiguïté.

Parce que nous préférons les probabilités connues à celles inconnues, nous préférons prendre des risques plutôt que de faire face à l’incertitude. Dans le risque, les probabilités sont connues et l’on peut décider si l’on souhaite ou non prendre ce risque. En revanche, dans l’incertitude, les probabilités sont inconnues : il est impossible de prendre une décision rationnelle basée sur les risques.

Selon Rolf Dobelli, risque et incertitude sont souvent confondus. Mais ces deux notions doivent être différenciées.

32. Pourquoi le statu quo, c’est sacré – L’effet du choix par défaut

Ce chapitre du livre « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli explique comment les gens ont tendance à s’accrocher au statu quo, même s’il n’est pas dans leur intérêt. Il appelle cela l’effet du choix par défaut ou le biais du statu quo.

En fait, lorsqu’un choix par défaut est proposé, la plupart des gens ont tendance à le choisir. Par confort et par manque d’information quant aux autres options possibles.

Cela peut être observé et utilisé dans divers domaines :

  • Dans le choix d’une assurance automobile ou d’une couleur de voiture par exemple.
  • Par les gouvernements pour influencer les choix des individus : en proposant un choix par défaut, le gouvernement peut orienter les citoyens vers une décision qu’il juge souhaitable, sans pour autant les contraindre.

L’auteur de « L’art de bien agir » souligne, que même en l’absence de choix par défaut, les individus préférent le statu quo. Ils sont réticents au changement. Cela peut s’expliquer par une aversion au risque et une préférence pour ce qui est familier.

33. Pourquoi vous dire que c’est votre dernière chance vous fait perdre le nord – La peur des regrets

Dans ce chapitre de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli décrit comment la peur des regrets peut nous pousser à prendre des décisions irrationnelles.

L’auteur relate deux histoires. Celles-ci racontent comment deux hommes ont mal investi leur argent :

  • Paul n’a pas vendu ses actions de la société A pour acheter des actions de la société B et a perdu de l’argent,
  • Michel a vendu ses actions de la société B pour acheter des actions de la société A et a également perdu de l’argent.

Les deux ont commis une erreur. Pourtant, les sondages montrent que, pour les gens, celui qui doit éprouver le plus de regret est Michel. Pour Rolf Dobelli, ce qui ressort du sondage est dû au fait que Paul a été passif, tandis que Michel a été actif. Et qu’il a pris une décision différente de ce qu’aurait fait la majorité des gens.

Rolf Dobelli fait part de nombreux autres exemples liées à la peur des regrets. Il mentionne la tendance des traders à vendre des actions exotiques avant la fin de l’année pour éviter les pertes. Ou encore la difficulté à se débarrasser de choses inutiles par crainte de regretter de les avoir jetées plus tard.

Ces exemples mettent aussi en évidence les décisions parfois stupides que la peur des regrets futurs engendrent. Et d’autant plus lorsque celle-ci est combinée au concept de « dernière chance ». Nous pouvons alors avoir des réactions très conventionnelles, nous limiter ou encore nous empêcher de vivre pleinement.

Selon l’auteur du livre « L’art de bien agir« , nous devrions plutôt apprendre à accepter les erreurs et les regrets comme faisant partie de notre expérience de vie et à en tirer des leçons pour avancer.

34. Pourquoi ce qui saute aux yeux n’est pas le plus important – L’effet de saillance

Dans ce chapitre de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli évoque l’effet de saillance. Il s’agit d’un phénomène psychologique qui nous pousse à accorder une importance disproportionnée aux caractéristiques les plus visibles d’une situation, au détriment de tous les autres éléments.

D’après l’auteur, ce phénomène est très répandu. Il peut largement influencer notre perception du monde et de notre entourage.

L’auteur cite plusieurs exemples :

  • La marijuana : même si elle n’a aucun lien avec la conduite automobile, si elle est trouvée dans une voiture accidentée, elle peut être présentée comme une cause possible de l’accident. Juste parce que c’est le sujet principal du moment dans les médias.
  • De même, lorsqu’une femme est promue à un poste élevé, cette promotion peut être attribuée à son sexe plutôt qu’à ses compétences, car il s’agit de la caractéristique la plus visible.
  • Un viol commis par un étranger pourra être attribué à sa nationalité plutôt qu’à d’autres facteurs. Cela conduit à une perception négative des étrangers en général. L’effet de saillance agit ici sur les préjugés.

Enfin, selon Rolf Dobelli, l’effet de saillance peut également influencer nos prévisions, comme dans le cas des élections. Les candidats avec des caractéristiques saillantes, comme une forte personnalité ou un charisme, peuvent être surévalués par rapport à leurs compétences réelles.

35. Pourquoi faire l’expérience est plus important qu’étudier – L’illusion du savoir livresque

Dans ce chapitre, l’auteur de « L’art de bien agir » soutient l’importance de l’expérience par rapport à la connaissance livresque.

Connaissance et savoir livresque vs expérience,

Pour mieux nous rendre compte, Rolf Dobelli nous invite à nous poser cette question : préférerions-nous être opéré par un médecin qui a lu des milliers de livres de médecine mais qui n’a pas pratiqué une seule opération, ou par un médecin qui n’a lu aucun livre de médecine mais qui a effectué des milliers d’opérations ? »

Pour l’auteur, expérimenter, essayer, se tromper sont plus utiles à la création de nouveaux produits/ idées que la simple connaissance des théories existantes.

Il prend l’exemple des frères Wright qui ont réussi le premier vol motorisé sans étudier de rapports scientifiques préalables. Ou encore celui de Malcom McLean, qui a inventé les conteneurs pour le transport des marchandises sans avoir lu aucun livre sur le sujet. Ces deux innovations sont beaucoup plus le fruit d’essais et d’imitations que de lectures et de réflexions.

Rolf Dobelli conclut en déclarant que nous accordons une trop grande importance à la connaissance livresque dans notre société. Inversement, nous sous-estimons la pratique qui est pourtant la meilleure manière de comprendre les nuances de la réalité. Pour lui, ce ne sont pas les universités qui créent les sociétés prospères. Ce sont les sociétés prospères qui entretiennent les universités parce qu’elles peuvent se le permettre.

36. Pourquoi l’argent n’est pas neutre – L’effet de l’argent de la maison

Le sujet consacré à cette partie du livre « L’art de bien agir » est celui de l’argent

Rolf Dobelli affirme que l’argent n’est pas neutre : nous ne le traitons pas de manière égale selon sa provenance.

L’auteur commence par nous faire constater que nos comportements en matière de dépenses diffèrent selon que l’argent est gagné à la sueur de notre front, trouvé ou hérité. L’économiste Richard Thaler appelle cela « l’effet de l’argent de la maison » (house money effect).

Rolf Dobelli affirme que les gens sont plus disposés à prendre des risques avec des gains réalisés en jouant ou en spéculant plutôt qu’avec l’argent gagné à la sueur de leur front. Cela peut d’ailleurs expliquer pourquoi les gagnants du loto sont souvent plus pauvres après avoir empoché la super cagnotte qu’avant, continue l’auteur.

Pour illustrer l’idée que notre façon de dépenser l’argent varie selon la façon dont il a été acquis, l’auteur de « Lart de bien agir » partage les réponses des gens à la question suivante :

Si vous gagnez 20 000 euros à la fin de l’année, que faites-vous ?

  • a) vous les laissez sur votre compte bancaire,
  • b) vous les investissez,
  • c) vous les utilisez pour des dépenses nécessaires
  • d) vous vous offrez une croisière de luxe.

La plupart des gens optent pour l’une des solutions a, b ou c. Cependant, si vous avez gagné 20 000 euros au loto, la plupart des gens choisissent les solutions c ou d. Ils commettent ainsi une erreur de jugement : 20 000 euros sont 20 000 euros, peu importe leur provenance.

37. Pourquoi les bonnes résolutions du Nouvel An ne fonctionnent pas – La procrastination

Dans cette partie de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli traite de la procrastination. Autrement dit, notre tendance à remettre au lendemain ce qui peut être fait aujourd’hui.

L’auteur commence par préciser que la procrastination est irrationnelle. Nous savons, en effet, ce qui est bon pour nous, mais nous ne le faisons pas. Pourquoi ? À cause du fossé temporel entre l’investissement et le rendement qui nécessite une certaine force mentale. D’ailleurs, si nous ignorons les bonnes résolutions du Nouvel An, c’est à cause de cette habitude, indique l’auteur.

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Rolf Dobelli revient ensuite sur une expérience du psychologue Roy Baumeister réalisée avec des étudiants.

Roy Baumeister a offert aux étudiants des radis et des cookies, mais il leur a interdit de manger les cookies pendant une demi-heure. Ensuite, il leur a demandé de résoudre un problème mathématique difficile. Les étudiants qui n’avaient pas mangé de cookies ont abandonné l’exercice deux fois plus vite que les autres. Selon l’auteur, leur autocontrôle leur avait, en fait, pris beaucoup d’énergie mentale. Elle leur avait alors manqué pour résoudre le problème.

Cet exemple montre que la volonté fonctionne comme une batterie à court terme : quand la volonté est épuisée, il manque de l’énergie pour relever les défis ultérieurs.

Pour lutter contre la procrastination, l’auteur fait trois suggestions :

  • Se reposer et se détendre de temps en temps pour recharger ses batteries : il est impossible de maintenir un autocontrôle vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
  • Adopter des stratégies ou des astuces pour éviter de se laisser trop distraire : lorsqu’il écrit un roman, Rolf Dobelli, par exemple, indique couper sa connexion Internet pour éviter d’être tenté de surfer sur le web.
  • Se fixer des délais.

38. Pourquoi vous avez besoin de régner dans votre propre royaume – Le piège de l’envie

Dans ce 38ème chapitre, l’auteur de « L’art de bien agir » traite de l’envie et de ses méfaits.

Rolf Dobelli développe plusieurs idées. Selon lui, l’envie :

  • Représente la plus stupide de toutes les émotions, car contrairement à la colère, à la tristesse ou à la peur, elle est facilement évitable.
  • Ne procure aucun plaisir, seulement de la souffrance.
  • Est suscitée par différents éléments, tels que la possession matérielle, le statut social, la santé, la jeunesse, le talent, la popularité et la beauté.
  • Se confond souvent avec la jalousie car les réactions physiologiques sont les mêmes. Mais contrairement à cette dernière, l’envie n’a besoin que de deux individus alors que la jalousie en réclame trois : »Pierre est jaloux de Luc parce que la jolie voisine sonne chez Luc et pas chez lui« .
  • Peut conduire à une chaîne de comportements néfastes allant de l’inaction à la destruction de biens matériels et au sabotage des projets d’autrui. Le texte illustre ce propos avec l’histoire d’un paysan qui demande à un génie de faire mourir la vache de son voisin, simplement parce qu’il n’en a pas lui-même.

Pour éviter l’envie, l’auteur conseille de :

  • Cesser de se comparer aux autres : la comparaison sociale est non seulement source de stress mais peut entraîner une envie perpétuelle, car il y aura toujours quelqu’un de mieux.
  • Se concentrer sur ses propres objectifs, pas sur ceux des autres.
  • Avoir une image réaliste de soi-même.

39. Pourquoi vous préférez les romans aux statistiques – La personnification

Ce chapitre de « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli étudie pourquoi les statistiques ne sont pas aussi efficaces que les histoires pour susciter de l’empathie chez les gens.

L’auteur explique que les histoires permettent de personnifier les informations, de les rendre concrètes et plus faciles à comprendre. Avec leurs personnages, leurs défis et leurs épreuves, elles mettent en scène une empathie.

Dès lors, une histoire aura toujours un impact émotionnel plus fort sur nous que n’importe quelle statistique. Car si les statistiques peuvent révéler des chiffres choquants sur les pertes humaines dans les guerres ou les enfants sous-alimentés en Afrique, ces dernières ne touchent pas les émotions des gens.

Les photos sont également intéressantes car elles permettent de personnaliser une situation en mettant un visage sur une situation.

L’auteur explique alors que c’est à cause de cet effet de personnification que les journalistes cherchent toujours à inclure des photos et des histoires dans leurs contenus. De cette façon, ils peuvent humaniser des événements (guerres ou catastrophes). Et ainsi faire en sorte que les gens s’identifient et se soucient des personnes touchées.

Les recherches de l’auteur Rolf Dobelli sur la compassion dans L’art de bien agir

Enfin, Rolf Dobelli partage des recherches sur la compassion. Celles-ci montrent que :

  • Les gens sont plus susceptibles de donner de l’argent à un enfant affamé qu’à une cause abstraite, telle que la faim en Afrique.
  • La compassion est un comportement humain complexe qui ne peut être réduit à un simple chiffre.

« Moralité : soyez prudent lorsqu’on vous sert des destins individuels. Si l’on vous sollicite, posez des questions sur la réalité des faits et les statistiques qui se cachent derrière. Le sort des individus ne vous laissera pas insensible, mais vous pourrez le replacer dans son contexte. En revanche, si c’est vous qui sollicitez les autres et voulez motiver, surprendre ou faire sortir les gens de leur léthargie, veillez à jouer sur la corde sensible – la corde de l’humain.« 

40. Pourquoi les crises sont rarement des opportunités – L’illusion du « ce qui ne me tue pas me rend plus fort »

Ce chapitre du livre « L’art de bien agir » explique pourquoi les crises ne sont pas toujours des opportunités. Il revient sur l’illusion que « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

En effet, pour Rolf Dobelli, les crises peuvent causer un stress énorme et nous laisser mentalement et physiquement épuisé. Ainsi, contrairement à l’idée populaire selon laquelle elles peuvent nous rendre plus forts, elles auraient plutôt tendance à nous affaiblir.

Pour illustrer son point de vue, l’auteur relate plusieurs exemples. Il évoque notamment celui d’une femme atteinte d’un cancer et celui d’un chef d’entreprise confronté à la concurrence.

Rolf Dobelli développe ensuite deux idées principales à ce sujet :

  • La plupart des entreprises ne survivent pas à une crise économique, et que celles qui y parviennent, par chance, ne sont pas nécessairement renforcées par l’expérience.
  • Les gens ont tendance à justifier leur expérience de crise en prétendant qu’elle les a renforcés. Mais ceux-ci pourraient tout aussi bien apprendre les leçons qu’ils ont tirées de leur expérience de crise sans avoir à subir l’expérience elle-même.

41. Pourquoi vous devriez de temps en temps regarder sur le côté – L’illusion d’attention

Dans le chapitre 41 de « L’art de bien agir « , Rolf Dobelli nous aide à comprendre et à prendre conscience d’un phénomène appelé « l’illusion d’attention« .

L’illusion d’attention est le fait que nous croyons rien manquer de ce qui se passe dans notre champ de vision, alors qu’en réalité, nous avons tendance à voir uniquement ce à quoi nous prêtons une attention soutenue.

L’auteur partage une expérience classique de psychologie cognitive. Dans celle-ci, des volontaires regardent une vidéo d’un match de basket, sans remarquer qu’un individu déguisé en gorille traverse l’écran.

D’autres exemples sont relatés, comme :

  • L’expansion de Swissair qui n’a pas vu ses liquidités fondre,
  • La gestion défectueuse du bloc de l’Est qui a entraîné la chute du mur de Berlin,
  • Les risques qui sautaient aux yeux dans les bilans des banques, mais qui sont pourtant passés inaperçus jusqu’à la crise financière de 2008.

L’auteur de « L’art de bien agir » conclut en rappelant combien il est capital de :

  • Rester constamment attentif.
  • Se rappeler que ce à quoi nous prêtons attention n’est qu’une partie de ce qui se passe réellement autour de nous.

Ceci peut nous éviter des accidents, des manquements professionnels ou encore des prises de décisions mal éclairées.

42. Pourquoi les belles paroles et les beaux projets sont convaincants – Les fausses déclarations stratégiques

Le 42ème chapitre du livre « L’art de bien agir » explique pourquoi les belles paroles et les beaux projets peuvent être convaincants, mais peuvent aussi cacher des fausses déclarations stratégiques.

L’auteur décrit les fausses déclarations stratégiques comme des mensonges délibérés, utilisés pour persuader les gens de faire des choses qu’ils ne feraient pas autrement.

Selon lui, celles-ci sont couramment employées quand les enjeux sont élevés, comme lors d’un entretien d’embauche ou lors d’une négociation. Dans ces situations, les gens sont plus susceptibles d’être convaincus par des promesses audacieuses et des projections optimistes.

Les projets colossaux sont aussi particulièrement vulnérables aux fausses déclarations stratégiques. Les gouvernements et les entreprises ont tendance à financer les projets les plus impressionnants sur papier, plutôt que les projets qui ont la meilleure chance de réussir.

En réalité, les promoteurs de ces projets ambitieux surestiment leur capacité à atteindre les objectifs et minimisent les risques. Au final, les projets se retrouvent souvent retardés et nécessitent des coûts supplémentaires.

Enfin, Rolf Dobelli signale que la plupart des gens utilisent les fausses déclarations stratégiques, autrement dit, de grossiers mensonges, tous les jours. Que ce soit pour obtenir un emploi, signer un contrat ou simplement impressionner quelqu’un.

L’auteur termine en insistant sur le fait que si les fausses déclarations stratégiques sont un moyen efficace de persuader les gens, elles peuvent également causer des dommages très négatifs à long terme.

43. Pourquoi vous devriez parfois éteindre votre cerveau – L’excès de pensée

Dans le chapitre n°43 de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli explore le concept de l’excès de réflexion. Il insiste sur l’importance de savoir éteindre son cerveau de temps en temps.

L'art de bien agir : Excès de pensées et intuition

L’auteur commence ici par raconter une histoire : celle d’un mille-pattes intelligent qui se perd dans ses réflexions pour trouver la meilleure façon de se rendre jusqu’à un petit grain de sucre sur une table, et qui finit par mourir de faim.

Rolf Dobelli se penche ensuite sur des exemples de situations montrant pourquoi une réflexion excessive peut s’avérer très néfaste et peut conduire à de mauvaises décisions. Il relate notamment l’histoire de Jean Van de Velde. Ce golfeur a perdu le British Open de golf en 1999 parce qu’il s’est mis une pression excessive pour gagner.

Enfin, l’auteur du livre « L’art de bien agir » explique pourquoi il est parfois préférable de s’appuyer sur son intuition. C’est le cas dans les situations où nous avons acquis des compétences motrices ou des habitudes de réflexion, telles que choisir des aliments ou des amis. L’essentiel est alors de trouver un équilibre entre la réflexion et l’instinct. Puis, de comprendre quand il est préférable d’utiliser l’un ou l’autre.

44. Pourquoi vous prévoyez beaucoup trop de choses – L’erreur de planification

Le 44ème phénomène expliqué dans le livre « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli aborde »l’erreur de planification« . Ce biais cognitif conduit les gens à surestimer leur capacité à réaliser une certaine quantité de travail dans un temps donné.

L’auteur commence par souligner que, d’une façon générale, nous avons tendance à établir des to-do-list irréalistes. Nous sommes enclins à surplanifier en quelque sorte.

Cette erreur de planification s’observe dans différentes situations, y compris dans le cadre de projets économiques ou politiques. Les avantages d’un projet sont souvent surévalués, tandis que le temps de travail, les coûts et les risques sont sous-estimés.

Rolf Dobelli revient sur les raisons qui nous rendent incapables de planifier correctement :

  • D’abord, nous avons une prédisposition à nous faire des illusions et à prendre nos désirs pour des réalités.
  • Ensuite, nous nous focalisons trop sur le projet en question et occultons les facteurs extérieurs susceptibles de l’influencer.

L’auteur partage enfin les conclusions de plusieurs études menées auprès d’étudiants. Celles-ci montrent que :

  • Seulement 30 % d’entre eux ont réussi à tenir leur délai de mémoire soi-disant réaliste.
  • En moyenne, il leur a fallu presque deux fois plus de temps de temps que dans le pire des scénarios.

45. Pourquoi l’homme qui a un marteau dans la tête voit tout en forme de clou – La déformation professionnelle

Ce chapitre de « L’art de bien agir » de Rolf Dobelli traite de la déformation professionnelle. Celle-ci désigne la tendance des individus à voir tout à travers le prisme de leur profession ou de leur expertise.

En d’autres termes, les personnes formées dans un domaine particulier sont portées à utiliser les modèles de pensée de leur spécialité professionnelle pour résoudre tous les problèmes qu’ils rencontrent, même ceux qui n’ont rien à voir avec leur domaine de compétence.

L’auteur partage plusieurs exemples pour illustrer ce phénomène :

  • Le chirurgien qui souhaite intervenir pour résoudre la quasi-totalité des problèmes médicaux, alors que le patient pourrait être traité par une méthode moins invasive.
  • L’ingénieur du bâtiment qui pense à des solutions de génie civil pour résoudre des problèmes qui ne nécessitent pas de telles solutions.

Rolf Dobelli termine en soulignant que la déformation professionnelle peut s’avérer dangereuse. C’est le cas quand elle concerne des domaines où les méthodes propres à une spécialité particulière n’ont pas leur place.

46. Pourquoi vous oubliez rarement une tâche qui n’est pas terminée – L’effet Zeigarnik

L’auteur du livre « L’art de bien agir » nous explique ici ce qu’est l’effet Zeigarnik. Il s’agit, nous dit-il, d’un phénomène qui se caractérise par le fait que les tâches non terminées sont souvent mémorisées et rappelées, alors que les tâches achevées sont oubliées.

Ce sont les psychologues Zeigarnik et Lewin qui ont commencé à étudier ce comportement après avoir observé un serveur dans un restaurant. Ils ont remarqué que ce dernier retenait toutes les commandes jusqu’à leur exécution.

L’auteur fait ressortir, à l’aide d’exemples, plusieurs points à retenir concernant l’effet Zeigarnik.  

Il s’interroge d’abord : si les tâches non terminées restent dans notre tête tant qu’elles ne sont pas réalisées, comment font les personnes qui ne se laissent pas déborder par les tâches en cours ?

Et bien, des études menées par Roy Baumeister à l’université de Floride ont montré qu’en réalité, les tâches ne nous obsèdent que jusqu’à ce que nous voyions clairement comment nous allons les accomplir. Pour ne pas ressentir de stress lié aux tâches en cours, il suffit donc de se concentrer sur la façon dont nous allons les réaliser – avec un programme bien pensé par exemple – plutôt que de simplement chercher à les terminer.

47. Le bateau dans lequel vous êtes assis compte plus que la force avec laquelle vous ramez – L’illusion de compétence

Dans ce chapitre de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli expose toute une réflexion sur « l’illusion de la compétence à travers laquelle il soutient les idées suivantes :

  • L’auteur s’interroge d’abord sur les raisons pour lesquelles il existe si peu d’entrepreneurs en série, c’est-à-dire des personnes ayant créé plusieurs entreprises à succès. Selon lui, c’est parce que la chance joue un rôle plus important que les compétences dans la réussite d’une entreprise.
  • Ensuite, pour Rolf Dobelli, si les compétences et le travail acharné sont certes nécessaires au succès, ils ne sont pas suffisants pour le garantir. L’auteur explique en effet que la réussite durable d’un individu n’est déterminante que s’il réussit mieux et plus longtemps que d’autres moins compétents que lui.
  • À travers une étude, l’auteur montre également que les traits de personnalité des PDG d’entreprise ne sont pas, non plus, des critères déterminants.
  • Enfin, l’auteur souligne que, dans certains domaines, les compétences ne jouent aucun rôle dans la réussite. Il cite notamment le cas d’une société de gestion de patrimoine, où les performances des conseillers ont été établies sur la base d’un classement sans prendre en compte leurs compétences.

L’auteur nous invite alors à réfléchir à :

  • L’illusion de la compétence,
  • L’importance de la chance dans la réussite d’une entreprise,
  • La pertinence du culte du PDG dans le monde de l’entreprise.

48. Pourquoi les listes de vérification rendent aveugle – L’effet de la caractéristique positive

Le 48ème phénomène expliqué par Rolf Dobelli dans « L’art de bien agir » est l’effet de la caractéristique positive. Ce dernier se produit lorsque les gens ont une réaction plus forte à quelque chose qui est présent plutôt qu’à quelque chose qui est absent.

L’auteur partage plusieurs exemples qui montrent qu’en général, nous attribuons plus de poids à ce qui est présent qu’à ce qui est absent. Il est, par exemple, plus facile de reconnaître la présence de certains chiffres dans une série de nombres que l’absence de chiffres. Ou encore penser à l’absence de douleur demande une certaine énergie.

Selon Rolf Dobelli, c’est à cause de cet effet que les listes de vérification peuvent être trompeuses.

Les gens ont en effet tendance à se concentrer sur les éléments qui sont inclus dans la liste plutôt que sur ceux qui ne le sont pas. Par conséquent, si quelque chose est omis de la liste, il peut être facilement manqué ou ignoré. L’auteur attire notre attention sur le fait que, dans certains cas, cela peut être vraiment problématique : quand il s’agit de fraude financière ou de la teneur en cholestérol d’un produit alimentaire par exemple.

L’auteur suggère que, pour éviter cette « cécité aux omissions », les listes de vérification soient construites en incluant des éléments spécifiques qui pourraient être manquants. Il nous invite également à prendre conscience des omissions potentielles afin d’éviter de manquer des éléments importants.

49. Pourquoi vous voulez peindre la cible autour de la flèche – Le parti pris informationnel

Dans cette partie de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli expose les conséquences de ce qu’il nomme le « parti pris informationnel« .

Le « parti pris informationnel » est, en fait, une technique qui consiste à ne présenter que les aspects positifs d’un produit ou d’un service et d’en cacher les aspects négatifs.

Nous la retrouvons, par exemple :

  • Sur les sites Web des hôtels qui ne montrent que les photos les plus flatteuses,
  • Sur les brochures commerciales qui ne vantent que les meilleurs produits,
  • Ou encore dans les rapports d’activité des entreprises qui ne mettent en avant que les objectifs atteints.

Le « parti pris informationnel » touche toutes les industries et tous les secteurs d’activité. Mais, selon Rolf Dobelli, le domaine de la recherche universitaire est particulièrement concerné. En effet, les chercheurs sont souvent récompensés pour ce qu’ils ont fait, mais sont rarement reconnus pour ce qu’ils n’ont pas fait. Les scientifiques de la recherche sur les médicaments antibiotiques, par exemple, sont plus souvent mis en avant que les héros obscurs de la lutte antitabac.

Pour conclure, l’auteur nous invite à prendre du recul. Pour contrer le parti pris informationnel, nous devons être attentifs à ne pas nous laisser entraîner par les anecdotes ou les histoires qui renforcent ce biais. Les chefs d’entreprise doivent, eux, faire preuve de transparence et d’honnêteté sur les défis qu’ils ont à relever et les objectifs qu’ils n’ont pas atteints, tout en mettant en avant les avantages qu’ils ont apportés.

50. La sempiternelle chasse aux boucs émissaires – Le biais de la cause unique

Le 50ᵉ biais mis en lumière par l’auteur de « L’art de bien agir » est celui de la cause unique. Autrement dit, de la tendance à réduire une situation complexe ou à attribuer les échecs ou les problèmes à une seule cause, plutôt qu’à un ensemble de causes.

Nous le retrouvons notamment lorsque des journalistes posent des questions telles que « Quelle est la raison de cette guerre ? » ou « Pourquoi avons-nous envahi l’Irak? ». 

Or, Rolf Dobelli nous fait remarquer que, dans la plupart des cas, il y a plusieurs facteurs à l’origine d’une situation donnée. Il est donc dangereux de se concentrer sur une seule d’entre elles. L’auteur mentionne, en guise d’exemple, la crise financière de 2008 causée par une combinaison de politiques monétaires, de modèles de risque et de notation erronés, etc.

La simplification excessive de la causalité est un biais qui peut avoir des conséquences néfastes sur les décisions, les politiques et nos attitudes. Par exemple, dans le cas de la criminalité, le biais de la cause unique peut nous amener à nous concentrer sur une seule cause, comme la pauvreté ou l’immigration, sans tenir compte des nombreux autres facteurs qui y contribuent pourtant aussi.

Enfin, l’auteur de « L’art de bien agir » souligne que la simplification excessive de la causalité est aussi préjudiciable quand elle est utilisée pour justifier des actions ou des politiques non efficaces ou aux effets négatifs.

51. Pourquoi les chauffards apparaissent comme des conducteurs moins dangereux – Le biais de l’intention de traiter, l’art de bien agir.

L’avant-dernier chapitre du livre « L’art de bien agir » nous met en garde vis-à-vis du « biais de l’intention de traiter« . Ce biais cognitif conduit à des résultats trompeurs dans l’analyse des données.

Il peut se manifester lorsque nous comparons des groupes de personnes selon des critères préétablis (ex. : leur comportement ou leur performance).

Ce biais n’est pas facile à reconnaître. L’auteur montre comment ce biais explique pourquoi :

  • Les conducteurs les plus rapides semblent être les moins dangereux,
  • Les entreprises endettées ont une meilleure rentabilité que les entreprises non endettées,
  • Un médicament peut sembler efficace alors qu’il ne l’est pas réellement.

Dans tous ces cas, le biais est dû à la sélection des données et à l’exclusion de certains individus qui auraient dû être inclus dans l’analyse.

Pour éviter les conclusions erronées, Rolf Dobelli nous invite à rester sur nos gardes :

« Vérifiez immédiatement si l’objet de l’étude – automobilistes responsables d’accidents, entreprises en faillite, patients gravement malades – fait toujours partie de l’échantillon ou l’a quitté sans crier gare, pour quelque raison que ce soit. Dans ce dernier cas, vous pouvez mettre votre étude à la poubelle.« 

52. Pourquoi trop d’info tue l’info – L’illusion des nouvelles

Dans le dernier chapitre de « L’art de bien agir« , Rolf Dobelli nous fait part d’une dernière tendance qu’il appelle « l’illusion des nouvelles« . Celle-ci consiste à croire que plus nous avons d’informations, mieux nous sommes informé.

L’auteur commence par expliquer que les « news » sont toxiques pour notre esprit.

Selon lui, les informations que nous recevons quotidiennement sont beaucoup trop abondantes pour que notre cerveau parvienne à bien les assimiler.

Finalement, ce sont les « news » sensationnelles et scandaleuses qui vont le plus attirer notre attention car elles captent notre cerveau avec une multitude de stimuli bruyants, choquants et changeants sans cesse. Alors que les informations abstraites, complexes et nécessitant une explication sont ignorées. Nous sommes, de cette façon, très mal informés.

Rolf Dobelli confie avoir personnellement décidé de ne plus consommer de nouvelles pendant trois ans. Pour cela, il a résilié tous ses abonnements à des journaux, magazines. Il a éliminé la télévision et la radio. Il a supprimé les applications de news de son téléphone et détourné le regard quand il voyait un journal à côté de lui. L’auteur affirme que cette expérience lui a permis d’avoir une pensée plus claire, des points de vue de plus grande valeur. Il a aussi gagné beaucoup de temps libre. Quant à ses décisions, elles étaient, déclare-t-il, bien meilleures. Il précise, à ce propos, que parmi les 10 000 informations brèves que nous lisons environ tous les ans, il est très rare qu’une seule d’entre elles soit suffisamment pertinente pour nous aider à prendre une décision importante.

Conclusion de « L’art de bien agir : 52 voies sans issue qu’il vaut mieux laisser aux autres » de Rolf Dobelli

C’est pourquoi la consommation de nouvelles est, pour Rolf Dobelli, un véritable désavantage concurrentiel et une perte de temps. Nous devrions la limiter considérablement et nous créer un « vrai » réseau social d’amis et de connaissances en chair et en os pour filtrer les nouvelles importantes.

« L’art de bien agir » de Rolf Dobelli est un ouvrage exhaustif. Il offre un tour d’horizon des erreurs que nous pouvons faire au quotidien sans nous en rendre compte.

Sa lecture nous permet alors de :

  • Prendre conscience et de comprendre quelles sont exactement ces 52 erreurs courantes que nous commettons tous sans le savoir

Ces erreurs sont liées aux biais cognitifs et aux illusions mentales. Elles concernent tous les domaines de notre vie personnelle et professionnelle. Les très nombreux exemples et les études évoqués dans l’ouvrage rendent leur compréhension très accessible.

  • Prendre les mesures qu’il faut pour éviter de tomber à nouveau dans ces pièges et reprendre le contrôle dans nos prises de décisions

En mettant en évidence ces erreurs et en nous aidant à comprendre comment nous fonctionnons avec nos biais, « L’art de bien agir » nous aide à reprendre le pouvoir sur nos décisions et nos actions. Nous avons des clés pour ne plus (ou moins) être manipulé.

L’auteur décrit ces erreurs en s’inspirant de ses propres expériences. Il illustre ses propos avec de nombreux travaux de psychologues, de sociologues et de chercheurs en économie. Toutes ces données et anecdotes viennent enrichir le propos et rendre la lecture agréable.

Les points forts et les points faibles de L’art de bien agir de Rolf Dobelli

Points forts :

  • L’alternance entre le contenu théorique et le narratif permet de bien saisir les informations.
  • Les multiples exemples, histoires, études qui servent d’illustrations rendent la lecture agréable et viennent contrebalancer la monotonie de la structure des chapitres.
  • Le contenu est exhaustif, il aborde une grande variété de sujets dans sa thématique.

Points faibles :

  • Les conseils et certains propos pourraient être davantage étayés.
  • Le livre est structuré mais presque trop. Il en devient un peu rébarbatif. Les chapitres, qui font tous 3 pages, s’enchainent tous de la même manière, comme dans un catalogue, rendant sa lecture linéaire monotone.

Ma note :

Le petit guide pratique du livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli

4 éléments qui ont contribué à ce que les descriptions conviennent à tout le monde :

  • Les descriptions très générales, qui « marchent à tous les coups ».
  • Des traits flatteurs spécifiques, qu’on a tendance à accepter même s’ils ne nous correspondent pas,
  • « L’effet de la caractéristique positive » qui n’emploie jamais d’affirmations négatives.
  •  » Le biais de confirmation », qui joue un rôle majeur dans la manière dont nous percevons ces descriptions.

Foire Aux Questions (FAQ) du livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli

1. Comment le public a accueilli le livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli ?

Ce livre a été très bien accueilli par le public avec son mérite de format catalogue.

2. Quel fut l’impact du livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli ?

Ce livre nous donne des conseils pertinents pour éviter les multiples erreurs de réflexion quotidiennes que nous commettons tant dans nos vies personnelles que professionnelles.

3. À qui s’adresse le livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli ?

Ce livre s’adresse à tout le monde sans exception.

4. Comment ne pas subir les effets de la fatigue décisionnelle selon l’auteur ?

  • Nous rappeler que la prise de décision est fatigante et impacte nos décisions.
  • Limiter le nombre de décisions à prendre chaque jour.
  • Nous concentrer sur les choix importants plutôt que de nous disperser dans d’autres choix mineurs.
  • Apprendre à récupérer de l’énergie mentale.

5. Quels sont les deux effets relatifs à l’effet des attentes ?

On a l’effet pygmalion et l’effet placebo.

Les milieux du verbiage vs les cas de verbiage

Les milieux du verbiage Les cas de verbiage
Chez les universitaires : en ce qui concerne les prévisions économistes par exempleLe cas d’une « miss » qui répond de manière confuse à une question simple lors de la finale de Miss Teen America
Dans les entreprises : pour cacher une faillite notammentCelui du philosophe Jürgen Habermas, dont les discours sont difficilement compréhensibles
Dans le sport : utilisé par les journalistes sportifs pour garder l’antenneL’auteur lui-même reconnaît avoir été fasciné par les propos verbeux du philosophe Jacques Derrida dans sa jeunesse : il réalise, à présent, que cela n’avait aucun sens

Qui est Rolf Dobelli ?

Rolf Dobelli : Auteur du livre L’art de bien agir.

Rolf Dobelli est écrivain, économiste et entrepreneur. Il est le fondateur de Zurich Minds, une communauté internationale de personnalités du monde des affaires, de la culture et de la science, et a cofondé getAbstract, un important détaillant en ligne de livres abrégés sur les affaires, basé à Lucerne. Il a coécrit avec Nassim Nicholas Taleb le livre The Black Swan (Le cygne noir).

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