Vous êtes fous d’avaler ça !

Couverture du livre Vous êtes fous d'avaler ça - vous etes fous d'avaler ca - de Christophe Brusset

Phrase-résumée du livre Vous êtes fous d’avaler ça : Ce livre vous dévoile les coulisses de l’industrie agroalimentaire et les dérives de cette course à la rentabilité au détriment de notre santé, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…

Par Christophe Brusset, 2015, 250 pages

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Blandine Hubert du Blog En mode naturel

Chronique et résumé du livre Vous êtes fous d’avaler ça

Prologue

Christophe Brusset entre directement dans le vif du sujet. Il explique d’emblée à quel point sa vision idéaliste de l’industrie agroalimentaire était à l’opposé de ce pour quoi les grands acteurs du marché oeuvrent. Il rêvait d’un monde où les plats industriels pouvaient être sains et équilibrés. Ils seraient constitués à partir d’ingrédients nobles, rendant hommage à nos terroirs et à son amour de la nourriture. Mais la réalité en est tout autre…

Dans le prologue, Christophe Brusset insiste sur l’importance de bien s’alimenter et, le cas échéant, les incidences que cela peut produire sur notre santé. C’est d’ailleurs dans un souci de manger sainement et de partager ce mode de vie avec le plus grand nombre qu’il a décidé de dévoiler les pratiques frauduleuses des acteurs de l’industrie agroalimentaire. C’est aussi pour que nous puissions, consommateurs, prendre notre alimentation en main et faire nos choix en matière de consommation.

En avant-propos, j’aimerais insister sur le fait que tous les propos qui vont suivre sont le fruit de l’expérience personnelle de Christophe Brusset. Il a été un acteur de l’agroalimentaire pendant 20 ans.

1. Bienvenue dans le monde merveilleux de l’agroalimentaire

Les entreprises en grande majorité sont soucieuses de bien faire et si elles dérivent en choisissant des solutions de facilité c’est pour faire face aux impitoyables lois du marché et de la concurrence.

Alors pourquoi écrire le livre Vous êtes fous d’avaler ça ? Christophe Brusset explique que ce qui l’a poussé à dévoiler les coulisses et dérives de l’industrie agroalimentaire c’est certainement la répétition de fraudes alimentaires qu’il a pu observer pendant ses 20 années de carrière au sein de cette industrie. Il veut lever le voile pour que les consommateurs ne soient plus surpris par les prochains scandales alimentaires qui éclateront mais attention âmes sensibles s’abstenir, ce qu’il s’apprête à révéler ne sent pas toujours bon le terroir et la gastronomie française !

2. Le péril jaune !

Tout le monde se souvient du scandale qui a éclaté en Chine concernant le lait contaminé à la mélamine, substance chimique toxique ajoutée frauduleusement au lait pour augmenter artificiellement le taux de protéines. Or, cette substance nocive pour l’humain produirait des insuffisances rénales voire la mort du sujet. Ceci fonctionne pour le lait mais également pour les produits dérivés : yaourt, fromage, chocolat, biscuits ou bonbons.

Les consommateurs chinois eux-mêmes ont perdu confiance dans leur production nationale. Pour le gouvernement difficile de s’y retrouver tellement les fraudes alimentaires sont devenues monnaie courante !

Le Ministère de la Santé publique effectue de nombreuses arrestations. Et pourtant les scandales continuent d’éclater. Nous retrouvons des petits pains jaunis par l’ajout d’une peinture toxique, choux au formol cancérigène, viande de rat vendue comme de la viande de boeuf. Une usine de Shanghai s’est retrouvée dans le mire de la justice. Elle fabriquait des nuggets de poulet, steaks et boulettes de boeuf, pour McDonald’s et KFC entre autres. Elle a été fermée en juillet 2014 pour avoir mélangé de la viande périmée avec de la viande fraîche.*

Alors pourquoi tous ces scandales éclatent-ils malgré la présence d’un ministère de la santé publique ? Il semblerait qu’avec le passage de la Chine à l’économie de marché, les industriels sont prêts à tout pour faire de l’argent facilement et rapidement.

À cela s’ajoute la corruption, les mauvais contrôles et une réglementation laxiste qui empêchent les autorités d’éradiquer complètement ces pratiques frauduleuses.

Et avec la mondialisation, vous avez de quoi vous inquiéter car ces problèmes ne concernent pas uniquement les consommateurs chinois mais aussi l’Europe qui a importé près de 5 milliards d’euros de produits alimentaires chinois en 2013.

En 2015, l’AFP et RTL mettaient en garde les consommateurs européens contre les produits importés de Chine puisqu’ils représentent 64% des 2435 produits dangereux répertoriés par le système d’alerte RAPEX.

3. Berner le con…sommateur

Le jeu consiste à connaître toutes les failles du système cherchant systématiquement à les exploiter au mieux au bénéfice de l’industriel agroalimentaire.

Le mensonge n’est pas puni puisqu’il sert le compte de résultat de la société. Et le mensonge est légalement organisé lorsqu’il s’agit de mentir sur la qualité des produits et leurs origines.

Vous aimez les escargots de Bourgogne ? Les Cèpes de Bordeaux ? Et les herbes de Provence ? La moutarde de Dijon ? Et bien ces bons produits que vous achetez lorsque vous faites vos courses au supermarché le week-end, ne viennent pas de Bourgogne, de Gironde ou de Provence. Les escargots viennent des pays de l’Est, les graines de moutarde d’Inde ou du Canada et les herbes de Provence du Maroc.

Si la dernière étape du processus de fabrication est réalisée dans le pays d’origine (ici le pays recherché est la France) alors, le produit obtiendra légalement l’étiquette “Escargots de Bourgogne travaillés en France”.

Bien sûr, la qualité de ces produits est médiocre puisqu’ils sont produits dans des conditions d’hygiène déplorables.

Comment tout cela est possible ? Il suffit de présenter le produit (pour le cas de la pâte à tartiner, par exemple) d’une publicité avec un verre de lait et des noisettes pour que le consommateur croie que le produit est sain. La liste d’ingrédients est pourtant claire, le produit contient du sucre et de l’huile !

4. Bon point bon oeil

La finalité d’une entreprise n’est pas de faire du social en s’assurant du bien-être de ses salariés et de la satisfaction client mais plutôt de faire du profit. Pour cela, il suffit pour l’entreprise d’acheter moins cher qu’elle ne vend.

La réalité du marché est telle que les fournisseurs et producteurs n’ont aucune marge de manoeuvre pour augmenter leurs prix de vente. Ils doivent donc baisser leurs coûts de production ou d’achat et cela n’est possible qu’en baissant la qualité de la production ou de matières premières qu’ils achètent.

Cette pratique ayant ses limites, l’industriel a trouvé la parade: jouer sur le poids net de ses produits et vendre moins dans le même emballage pour le même prix. C’est comme ça que l’on a retrouvé sur les étalages des supermarchés: des paquets de gâteaux Petit Prince de 300 g au lieu de 330 g avec un prix inchangé, des pots de crème dessert Danette en lot de 16 qui ne pèsent plus que 115g au lieu de 125g, des tranches de jambon plus fines et des paquets de riz riquiqui.

5. En faire tout un frauxmage !

Le fromage tel que nous le connaissons en France comme un produit de qualité est malheureusement remplacé dans les rayons de nos supermarchés par des produits industriels sans saveurs ni finesse. Ils sont fabriqués à base de lait thermisé, stérilisé et ensemencé artificiellement.

Toutes les préparations à base de fromage ne sont pas non plus fabriquées à partir de lait cru ou de vrai fromage, c’est bien trop cher. L’industriel utilise un infime pourcentage de vrai fromage qu’il mélange à de l’eau, de la crème et du beurre pour pouvoir nous le servir dans les sauces industrielles. Sans compter que leur composition est bourrée d’additifs comme des sels de fonte, des polyphosphates, des orthophosphates ou encore des citrates qui n’ont rien de naturel et de sain.

Le fromage fait pourtant partie de notre patrimoine français et nous devrions faire l’effort de consommer nos produits laitiers fermiers et artisanaux même s’ils sont un peu plus chers que leur pâle copie industrielle.

Lire aussi : Où faire ses courses pour une alimentation saine

6. Additif mon ami

Fabriquer un produit alimentaire c’est avant tout de la technologie. Pas de cuisiniers ni de marmites, les plats préparés et autres produits industriels sont réalisés dans des cuves en inox en usine, avec l’aide d’ingénieurs et de techniciens.

Au coeur du produit, il y a la recette et pour l’accompagner plus de 300 additifs autorisés en France (pour la couleur, le goût, la bonne conservation, pour que ça brille, croustille, gonfle..). Il n’existe pratiquement aucun produit alimentaire de notre supermarché qui n’en contienne au moins un.

Si les “additifs alimentaires” apparaissent dans la liste d’ingrédients sous forme de E, les “additifs technologiques”, eux, n’ont aucune obligation légale d’apparaître. Cela n’empêche pas bien sûr que ces substances ne soient pas considérées comme des aliments et que certaines d’entre elles soient reconnues comme cancérigènes (nitrites dans les salaisons des charcuteries, benzopyrène dans les produits fumés…).

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Les colorants quant à eux sont là pour masquer les défauts ou rendre joli un produit de mauvaise qualité mais n’apporte rien de positif au consommateur. En effet, ils sont reconnus pour avoir des effets allergisants et potentiellement cancérigènes et mutagènes.

Pour augmenter le poids d’un produit, les industriels ajoutent de l’eau, puis des épaississants pour modifier sa texture. Le seul inconvénient d’ajouter de l’eau est que le produit se conserve moins bien et pour pallier à cela il suffit d’ajouter des conservateurs et des stabilisateurs.

7. Enfumage au royaume de l’andouille

La charcuterie industrielle est sans doute l’industrie la plus dénaturée et lointaine du métier du charcutier. Cela se passe dans une usine bien sûr et voici le processus de fabrication :

  • Pour leur faire gagner du poids, ils injectent d’abord dans le jambon des solutions contenant des additifs (polyphosphates, protéines de sang et gélifiants, sucre arôme et fumée liquide, ascorbate de sodium et sels nitrités)
  • Les jambons sont ensuite découennés et le gras est retiré, il ne reste que le muscle.
  • Ils sont ensuite placés dans des moules avant d’être cuits
  • Puis une couche de gras régulière (celle que l’on a retirée précédemment) est ajoutée et la couenne est remise par dessus.
  • Elles passent ensuite à la trancheuse

C’est comme cela que dans un croque-monsieur industriel , les additifs représentent 5% du poids du produit fini.

8. Périlleuses mises en boîte

Lorsque l’élément toxique n’est pas introduit dans le produit lui-même, il peut provenir de son emballage et plus particulièrement si c’est du carton recyclé. En effet, les vernis, encres et autres molécules chimiques d’un emballage peuvent migrer dans le produit. En réalité, c’est le cas pour beaucoup de produits secs comme les haricots, les pois chiches ou encore les graines de couscous, les pâtes, le riz.

Les substances toxiques contenues dans ces emballages comme les hydrocarbures d’huiles minérales sont cancérigènes et s’accumulent dans les tissus humains et dans le foie et préparent un cancer qui surviendra dans quelques années.

Il est donc conseillé de ne pas acheter des produits secs qui sont directement en contact avec le carton recyclé. Pour reconnaître ce fameux emballage, il suffit de regarder à l’intérieur, s’il est brun ou blanc résistant et homogène, ce sont des fibres vierges donc aucun problème. S’il est gris, se déchire facilement alors il contient des hydrocarbures d’huiles minérales cancérigènes.

A lire pour se nourrir de manière à se protéger du cancer: Anticancer de David Servan Schreiber.

9. Repeindre la vie en rose

Le marketing et la communication jouent un rôle très important pour faire croire aux consommateurs que les produits qu’ils achètent ne sont pas des produits de qualité inférieure.

Chaque marque travaille pour que son emballage soit le plus convaincant possible pour déclencher l’acte d’achat sur ses produits plutôt que sur ceux de ses concurrents.

C’est comme cela que sur les paquets de Chuppa Chups, alors qu’il n’y a que du sucre coloré et aromatisé, il est inscrit “0% de matières grasses”. De même, le service marketing mettra du rose sur les emballages de sa gamme de préparations culinaires pour attirer les ménagères.

10. Devinez l’âge du capitaine ?

Il existe un distinguo important à faire entre la DLC (date limite de consommation) et la DLUO (date limite de consommation optimale).

La DLC est généralement précédée de la mention “à consommer de préférence jusqu’au…” et concerne les produits fragiles comme les viandes ou les laitages. Pour ces produits, si la DLC est dépassée, les risques d’intoxication alimentaire sont réels. Cette date est fixée par le producteur.

La DLUO s’accompagne de la mention “à consommer de préférence avant…” Après cette date il n’est pas dangereux de consommer le produit, mais il peut avoir perdu de ses “qualités spécifiques” (perte de goût, couleur, vitamines ou changement d’odeur). Cette mention concerne tous les produits qui ne contiennent pas d’humidité: les biscuits secs, légumes secs, confiseries. C’est l’industriel qui fixe cette date.

Malheureusement, il arrive très fréquemment que cette date soit poussée au-delà du raisonnable et que l’on retrouve dans nos supermarchés des produits fades, ayant perdu leur couleur ou leur saveur.

Dans le cas où l’industriel a fixé une DLUO trop courte et que les produits ne sont pas venus à temps, alors il suffit de faire de la remballe. Cette pratique, bien qu’elle soit interdite, consiste à changer les DLUO sur les produits pour les laisser à la vente. C’est pour cette raison qu’elles sont imprimées sur les bouchons, c’est bien moins cher à modifier puisqu’il suffit de remplacer les bouchons !

11. À malin, malin et demi

La règle d’or est la suivante: “Il faut que les analyses du produit soient en conformité avec les normes”. Pour le reste, il suffit de se montrer malin !

L’exemple très connu de la viande de cheval retrouvé dans des lasagnes au boeuf illustre parfaitement cela. Pour semer le trouble, il suffit d’intégrer dans la chaîne de production plusieurs intervenants et des frontières pour que les documents soient dans des langues différentes, de fournir des analyses approximatives (teneur en protéines, taux de gras) et des documents imprécis (par exemple des produits désignés par des codes entreprises). Ajouté à tout cela, si la viande est vendue en petits morceaux ou broyée comme de la viande hachée par exemple, alors les différences de structure et de couleur de viande deviennent invisibles.

12. Des maisons pour les Schtroumpfs

Certaines caractéristiques des produits fragiles se trouvent parfois altérées: goût, odeur, aspect. Pour remédier à cela, il suffit de cacher intelligemment ces défauts.

Toujours dans un souci de rentabilité et pour masquer la piètre qualité du produit, l’industriel n’hésitera donc pas à transformer des champignons de Paris (origine Chine) en champignons panés pour masquer leur couleur bleue. En effet, même si le produit présente des défauts, une fois qu’ils sont achetés au producteur chinois, il est impossible de les renvoyer. Pourquoi ? Parce que les analyses sont conformes ! Il faut donc les écouler en se souciant peu de la santé du consommateur tant que le défaut reste invisible. Les détruire ? Et voir tout cet argent partir en fumée ? Certainement pas !

13. Piquante histoire de fèces

Lorsque l’industriel se fait piéger en achetant un lot de piment Indien souillé de crottes et de poils de rats, il lui fait subir un traitement thermique pour le sécher et le décontaminer et le réduit en poudre. Il suffira ensuite de mélanger ce lot à un produit de bonne qualité pour l’écouler.

14. Rouge comme une tomate

Le Xinjiang est une région de Chine où se trouve la tomate d’industrie, 5 millions de tomates destinées à la transformation et à l’export y sont produites.

Sauf qu’il n’est pas rare que les usines qui les transforme rencontrent des problèmes de panne. Les chauffeurs qui acheminent les tomates depuis le point de récolte jusqu’à l’usine attendent des heures avant de décharger. En plein soleil, dans des bennes métalliques chargées à 20 tonnes, les tomates fermentent. Dans ce cas, le concentré de tomate sera plus brun que rouge et le goût plus proche de la tomate moisie.

15. Le pays où coulent le lait mélaminé et le miel frelaté

Le mercredi 1er octobre 2014, une étude de Que Choisir affirmait que 30% des pots de miel provenant de Chine étaient trafiqués.**

La Chine est le premier producteur et exportateur de miel du monde avec 300 000 tonnes par an. Pourtant, les abeilles disparaissent à cause des niveaux de pollution catastrophiques et de l’utilisation massive de pesticides. Comment est-ce possible ? Parce qu’il est très facile de frauder sur le miel.

Le miel est en réalité un assemblage artificiel de sirops de glucose, de fructose industriel, d’arômes, de pollen et coloré avec du caramel.

Il est donc préférable d’acheter du miel qui ne vienne pas du bout du monde et d’éviter les premiers prix.

16. Sur la piste du poivre épuisé

Dans un souci d’économie et de rentabilité, il est possible d’aller encore plus loin avec le poivre. En Inde, il est possible d’acheter des baies de poivre avortées appelées “pinheads.” Ça n’a pratiquement pas de goût ni de piquant mais c’est moitié moins cher.

Pour que les analyses soient conformes, il suffit de réduire ces baies en poudre et de les mélanger avec du poivre de bonne qualité.

17. Un piment trop rouge pour être honnête

Parfois pourtant, la répression des fraudes met la main sur un lot daubé et parvient à le faire détruire, comme cela a été le cas pour le piment d’une teinte rouge trop belle pour être vraie. Il contenait en réalité un colorant généralement utilisé pour donner une teinte rouge aux peintures. Christophe Brusset explique dans ce chapitre que la société pour laquelle il travaillait a dû détruire le lot identifié par la répression de fraudes car il était daubé.

Cela n’a pas empêché un industriel local en Afrique du Sud de refourguer du piment trop beau pour être vrai avec cependant des analyses parfaites. Comment a-t-il fait? Le piment était en réalité quasi stérile car ionisé. L’ionisation est la méthode de décontamination la plus efficace. Elle n’est pas dangereuse pour la santé mais elle doit être affichée sur l’emballage et ce n’est pas très vendeur. Alors pour que cela passe, il suffit là encore de mélanger le produit avec un autre lot pour truquer les analyses et que le piment ne paraisse pas trop clean.

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18. L’invasion des bêtes à bon Dieu

Lorsque ce n’est pas l’industriel qui fait le malin et la course à la rentabilité, ce sont ses filiales. On trouve ainsi des poireaux hachés pleins de terre parce que les laver supposerait de les sécher et ça ralentit le processus de livraison, de la ciboulette remplie de coccinelles séchées, du persil avec plus de tiges que de feuilles. Si l’erreur est permise, la perte non. Pour ne pas gâcher, il suffira donc de broyer le tout finement.

19. De la bonne herbe… à pizza

Le principal producteur d’origan est la Turquie. Même s’il existe de l’origan sauvage de bien meilleure qualité en Albanie, c’est en Turquie que les industriels se fournissent. La raison? Il est bien moins cher.

Christophe Brusset explique dans ce chapitre qu’il s’est retrouvé à demander à son fournisseur de mélanger de l’origan et du sumac (une plante locale qui n’est pas dangereuse mais qui n’a aucun goût et aucun parfum) pour s’aligner au prix que pratique son concurrent.

Vous êtes fous d’avaler ça - vous etes fous d'avaler ca - Christophe Brusset

20. Le safran, reine des épices

Le safran est le produit le plus souvent daubé et c’est tout à fait logique lorsque l’on sait que c’est l’épice la plus chère au monde. L’arnaque la plus répandue se trouve sur les marchés de plein air de Provence ou de Marrakech puisque le safran y est vendu entier sous forme de filaments. Il est donc facile de faire passer du pétale de carthame ou de souci pour du safran.

Le carthame n’est pas dangereux pour la santé mais il n’a pas le même pouvoir colorant et le même goût que le vrai safran.

21. On s’occupe de vos oignons

Et si l’on pouvait vendre de l’oignon au prix de l’échalote ? Rien de compliqué, l’industriel décidera d’utiliser des oignons roses de Pologne qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à de l’échalote et de le transformer pour que l’oignon rose passe incognito. L’oignon sera donc haché puis surgelé ou déshydraté pour que personne ne voie la différence.

Évidemment les contrôles se faisant rares, la supercherie n’est pas démasquée. Seul un concurrent plus malin peut trouver une solution encore moins chère et piquer des clients à l’entreprise.

22. Il est passé par ici, il repassera par là

Une bonne maîtrise de la chaîne logistique est essentielle pour un industriel malin et peu scrupuleux. En effet, s’il possède des filiales ou des sociétés amies dans certains pays stratégiques, il sera d’autant plus facile de “s’arranger” en cas de pépins.

Ainsi, lorsque l’Europe décrète un embargo sur la production animale chinoise en raison de la présence massive d’antibiotiques dans ses produits, il suffit de demander à un fournisseur vietnamien d’acheter le produit en question et de le réexpédier à l’industriel Européen avec un certificat d’origine vietnamien.

Le conseil d’or pour vous consommateurs est donc de toujours privilégier la proximité, les origines locales ou nationales. Ces produits présentent moins de risques de mélange, de tromperie sur les origines, l’espèce ou la qualité.

23. Trois cents tonnes de pes-thé-cides

Voilà le topo: 300 tonnes de thé vert de Chine bourré de pesticides (des “doses à faire tuer un cheval”). Heureusement les lots sont bloqués par l’inspection des fraudes qui décide mystérieusement quelques jours plus tard de finalement laisser passer ces lots pollués et contaminés.

L’explication est “toute simple”, tous les importateurs de thé vert de Chine en France et en Europe avaient été contrôlés et tous présentaient un niveau de pesticides trop élevé. Selon le point de vue de Christophe Brusset et son expérience dans le milieu agroalimentaire l’explication pourrait être la suivante: les instances de chaque Etat ont jugé bon de ne pas détruire les lots pour continuer à entretenir de bonnes relations avec leur partenaire économique: la Chine.

24. SOS Vormischung !

Les huiles alimentaires font partie de la catégorie des commodités. En France, une taxe est prélevée, c’est la Bapsa (taxe pour le Budget annexe des prestations sociales et agricoles au profit du régime de protection des non-salariés agricoles). Sur chaque kilo vendu en France, l’industriel devra donc payer une taxe de 8 à 18 centimes d’euro.

Pour pallier à cette taxe, il suffit pour l’industriel d’acheter de l’huile à sa filiale allemande qui lui enverra à la place du “sos Vormischung”.

25. Chasse aux gaspis version industrielle

Comment “valoriser les sous-produits” pour éviter de gâcher les restes et donc de perdre de l’argent ?

Les fruits abîmés et avec des défauts sont utilisés pour les jus de fruits, yaourts et confitures. C’est ainsi que des framboises pourries habitées par quelques vers blancs sont broyées et transformées en purée, après avoir ajouté des conservateurs comme du sorbate de potassium ou du benzoate de sodium.

Le même procédé s’applique pour les légumes. Ils sont transformés en poudres de légumes et servent à la fabrication d’aliments industriels.

26. La lucrative technique du glazing

La technique du glazing consiste à protéger le produit congelé contre le dessèchement. Cette méthode est utilisée pour les crevettes, les moules, les fruits de mer et presque tout ce qui peut se congeler. Le problème c’est que la glace qui recouvre ces produits n’est pas seulement de l’eau mais elle est additionnée à des additifs.

Une autre technique consiste à utiliser un saturateur qui lui injecte directement l’eau et les additifs dans les fibres du produit pour le faire gonfler et obtenir un poids net gonflé pour augmenter le prix de vente.

Les crevettes nordiques, sauvages pêchées au Canada, en Islande ou encore en Norvège sont quant à elles meilleures et garanties sans antibiotiques. Le choix est fait !

27. De la confiture de fraises sans fraises !

Les intempéries et autres évènements climatiques influent directement sur les récoltes et donc sur les prix des marchés.

En période de crise, les industriels doivent se préparer aux fluctuations des prix et c’est comme ça qu’ils achètent des amandons d’abricots (comprenez des noyaux d’abricots) pour pallier à une hausse de prix de l’amande. Il faudra bien sûr prendre soin de ne faire figurer sur les documents que la désignation “amandon” et de mélanger cette “base” à du fructose, des arômes, colorants et autres conservateurs pour que la supercherie passe inaperçue.

Puisque nous parlons de fructose, il est important de savoir que le fructose industriel est obtenu à partir de céréales (blé ou maïs) et entre dans la composition de nombreux produits : boissons sucrées, crèmes glacées, viennoiseries, soupes, confitures…

Le fructose ou sirop de fructose est très intéressant pour l’industriel car il est moins cher que le saccharose (sucre de table) et son pouvoir sucrant est supérieur. Pour le corps humain, c’est catastrophique car le corps n’a aucun besoin biologique de sucre. D’après une étude de la Mayo Foundation for Medical Education and Research, la consommation excessive de fructose serait à l’origine du diabète de type 2.

La seule façon de consommer du fructose qui soit naturel est de manger des fruits.

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28. Délocalisation : la loi de la jungle

La délocalisation permet aux industriels de réduire significativement les charges et coûts de main-d’oeuvre, ce n’est un secret pour personne. Mais comment s’y prennent-ils concrètement pour ne pas éveiller les soupçons ?

Il suffit d’annoncer les mauvais résultats, puis la fermeture de l’usine, le plan social et les licenciements qui vont avec. En parallèle, l’industriel aura pris soin de sélectionner le pays qui accueillera la nouvelle usine et de gérer la logistique nécessaire.

La délocalisation permet donc aux industriels de produire là où c’est moins cher. Et aussi de vendre là où il y a du pouvoir d’achat.

29. Supermarchés, alliés de votre pouvoir d’achat ?

Les supermarchés et grandes surfaces imposent de verser des sommes astronomiques aux fournisseurs. Ces derniers devront payer pour se faire référencer, pour les publicités, opérations de promotion, les anniversaires d’enseigne ou encore pour garder leur place en rayon. Aucune loi n’interdit ces pratiques abusives qui font couler les petites PME de l’industrie agroalimentaire.

Cependant, ces pratiques ont un impact direct sur la qualité des produits que les consommateurs achètent. En effet, l’industriel doit intégrer ces coûts supplémentaires à son prix de vente et à ses marges, il n’a donc d’autres choix que de baisser ses coûts et donc d’acheter des produits de faible qualité.

Quant aux distributeurs, pour pouvoir vendre leurs produits de la marque distributeur avec une marge suffisante, ils copient les produits des géants en proposant des produits apparemment semblables mais qui sont en réalité fabriqués avec des ingrédients de moins bonne qualité et des additifs, mélange qui finalement s’éloigne grandement de la recette originale.

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C’est ainsi qu’une pâte à tartiner se retrouve avec une recette qui contient seulement 5% de noisettes contre les 13% habituels, différence subtilement gommée par l’ajout de sucre. Il en est de même pour le miel qui passe d’un mélange de 60/40 miel-glucose à un mélange de 20-80 miel-glucose (l’arôme de miel y sera ajouté pour le goût ainsi que le caramel pour la couleur).

30. Coupables, mais pas responsables

Faire de la qualité c’est plus compliqué et plus cher, ça demande aux industriels de s’organiser différemment. Ils ne le feront pas s’ils ne sont pas poussés à le faire. Ils se contenteront de fournir des documents conformes même si nombreux sont ceux qui n’adhèrent pas à ces pratiques frauduleuses.

Comment les pousser ? Les journalistes le peuvent d’une certaine manière en allant fouiller dans ces entreprises au moyen de reportages, en révélant les scandales alimentaires et donc les failles de l’industrie agroalimentaire. Mais pas seulement…

Il est de la responsabilité du consommateur de s’informer sur ce qu’il achète dans les supermarchés et de ne pas se laisser berner par l’industriel peu scrupuleux. C’est nous consommateurs qui avons le pouvoir et qui décidons d’acheter.

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Épilogue: Petit guide de survie en magasin

  • Conseil N°1 – Surveillez les origines

Privilégiez les produits locaux, régionaux puis nationaux. Fuyez les produits alimentaires chinois et d’autres pays exotiques. Souvenez-vous que le système de normes Européen est le plus efficace au monde. Militez également pour une meilleure information sur les origines des produits.

  • Conseil n°2 – Evitez les premiers prix

Si vous voulez bien manger il faudra y consacrer un peu plus d’argent. C’est dans les produits premiers prix que se trouvent la plupart des produits daubés. Il est donc temps d’acheter moins mais mieux.

  • Conseil N°3 – Privilégiez les grandes marques

Les produits de grandes marques sont généralement de meilleure qualité. Dans les produits de marque distributeur, les ingrédients sont de moins bonne qualité et les additifs plus nombreux.

  • Conseil n°4 – Évitez les poudres et purées

De nombreux exemples illustrent que les produits de très mauvaise qualité sont souvent transformés en poudre, purée, coulis pour dissimuler les défauts. Il vaut mieux éviter de les acheter tout comme les produits panés. L’idéal est d’acheter des produits entiers.

  • Conseil N°5 – Contrôlez bien les listes d’ingrédients

Pour consommer responsable, il faut s’informer et ne pas se laisser duper. Le meilleur moyen d’appliquer cela est de vérifier la liste des ingrédients et éviter les suivants :

    • Huiles hydrogénées
    • Colorants chimiques (famille d’additifs E100)
    • Les conservateurs chimiques (E200)
    • L’aluminium sous toutes ses formes, utilisé comme colorant (E173) ou comme épaississant (de E520 à 523)
    • Le glutamate monosodique et dérivés (de E620 à E625)
    • Les édulcorants intenses comme l’aspartame et cyclamate (E951 et 952)
    • Tous les produits épuisés, comme les gousses de vanille qui contiennent des traces de solvants organiques cancérigènes.

L’idéal est de privilégier les produits avec un maximum d’ingrédients naturels, une composition simple et un minimum d’additifs.

  • Conseil n°6 – Vérifiez les emballages

Il est important de ne pas se fier aux promesses qui figurent sur l’emballage, ni sa couleur ou son joli packaging.

Il faut aussi oublier les produits secs qui sont dans des emballages en carton recyclé et donc bourré d’huiles minérales cancérigènes.

Privilégiez le bocal, verre, bouteille à la conserve. Un vernis recouvre l’intérieur des conserves et canettes. Celui-ci contient du bisphénol A qui est un perturbateur endocrinien.

  • Conseil n°7 – Contrôlez les dates limites

Pour éviter le gaspillage, il vaut mieux acheter moins et contrôler ses achats de produits alimentaires plutôt que de consommer des produits périmés. Il faudrait dans l’idéal ne pas acheter des produits trop proches de la DLC ou de la DLUO.

  • Conseil n°8 – Méfiez-vous des labels

Certains sont officiels d’autres sont des inventions pour que les consommateurs achètent. Le seul label sérieux est le AB pour Agriculture Biologique et Max Havelaar pour le commerce équitable.

  • Conseil n°9 – Vérifiez les étiquetages

D’après une enquête de l’ONG américaine Oceana de 2013***, 30% des étiquetages de poissons et fruits de mer sont faux. Ne faites confiance à personne et informez-vous pour qu’il soit plus difficile de vous berner.

  • Conseil n°10 – Faites de votre pire ennemi votre meilleur allié

Ce sont les consommateurs qui décident d’acheter et de choisir un produit selon son packaging ou sa praticité. Croire ce qui est marqué sur l’emballage est tellement plus simple de. Au lieu de cela, il faut contester, s’indigner, réclamer !

Souvenez-vous que la nourriture doit être votre médecine, pas votre poison. Donnez votre argent à ceux qui font de la qualité et les industriels finiront pas vous donner de la qualité. Soutenez les associations comme FoodWatch qui auront plus de poids face aux industriels que si vous agissez seuls.

Une autre chroniques a ne pas rater si vous désirez améliorez votre alimentation est le livre de Gilles Lartigot EAT : chroniques d’un fauve dans la jungle alimentaire.

Conclusion sur “Vous êtes fous d’avaler ça” :

Le livre Vous êtes fous d’avaler ça appuie plus fort là où ça fait mal. Nous, consommateurs, ne sommes pas idiots, nous savons bien que notre yaourt n’est pas fabriqué dans les règles de l’art par une crémière et qu’il contient un arôme et non pas des fraises entières. Alors pourquoi continuons-nous d’acheter ces produits transformés ? À la lumière des nombreux exemples de fraudes et dérives que Christophe Brusset raconte de l’intérieur, une fois le livre refermé il ne sera plus possible de faire l’autruche et d’ignorer que ce que nous mettons dans nos paniers est mauvais pour notre santé.

Comme le dit si bien Christophe Brusset, le consommateur a sa part de responsabilité. J’ai envie d’ajouter encore davantage après la lecture de son livre puisque maintenant nous sommes au courant! Si nous changeons notre manière de consommer, les industriels devront produire de la qualité.

La lecture de Vous êtes fous d’avaler ça m’a permis de comprendre ce qui se cache vraiment derrière l’industrie agroalimentaire. Et aussi pourquoi on entend parler de scandale mais que l’affaire est si souvent étouffée, classée sans suite.

Personnellement, j’ai déjà fait le choix d’éviter la nourriture industrielle. Je privilége autant que possible le local, régional, national, les circuits courts. J’ai choisi de manger VRAI.

Et pour vous qui lirez ce livre, j’espère qu’il vous aidera à déchiffrer les étiquettes (comme cela a été le cas pour moi). Il vous donnera l’envie de changer de mode de consommation. Surtout, je pense qu’après avoir lu ce livre vous opterez pour la qualité plutôt que la quantité et vous choisirez de soutenir les petits acteurs du marché de l’agroalimentaire qui oeuvrent tous les jours pour nous fournir des produits de qualité comme les petites PME ou les artisans.

* Article relatant le scandale de la viande avariée, publié par le journal Le Monde en 2014

** Article récent de 2017 publié par le journal Le Monde relatant les résultats de l’étude produite par UFC Que Choisir en 2014

*** Article de 2015 publié par la radio RFI relatant les résultats de l’étude produite par l’ONG Oceana en 2013

Points forts :

  • Christophe Brusset nous fait prendre conscience qu’en tant que consommateurs nous avons le pouvoir de choisir ce que nous mangeons et donc d’influencer les industriels
  • Les anecdotes sont racontées par un professionnel de l’industrie agroalimentaire qui a vécu les fraudes au quotidien. Elles sont nombreuses et bien détaillées.
  • L’ouvrage dans son ensemble est clair et bien écrit
  • L’humour utilisé permet de dédramatiser un peu la situation même si le rire reste jaune.

Points faibles :

  • Le guide de survie ne va pas assez loin à mon sens. Dix-huit pages pour s’en sortir dans les supermarchés ça me semble un peu léger.
  • Certains chapitres sont un peu redondants et auraient mérité d’être regroupés par catégorie. Par exemple, les épices. C’est toujours la même finalité qui est de moudre des épices de basse qualité pour masquer les défauts.

La note de Blandine Hubert du blog En mode naturel :

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Format de poche :

Je vous invite aussi à visionner ma vidéo “🌞5 astuces prouvées par la science 👨‍🔬 pour vivre longtemps ⌚et en bonne santé 🏊” qui accompagne très bien cette chronique 🙂:

 

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Vous êtes fous d’avaler ça !







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