Walden ou la vie dans les bois : extraits inspirants

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Transcription de la vidéo :

Un livre très spécial qui a énormément inspiré Tim Ferriss, et je l’ai lu puisque c’est un des livres recommandé à la fin de « La semaine de 4 heures », c’est « Walden ou la Vie dans les bois » de Henry David Thoreau.

Thoreau est un personnage très intéressant, très particulier. C’est un philosophe américain du XIXe siècle. Il est né en 1817 et mort en 1862.

C’est un des abolitionnistes le plus fervent du XIXe siècle. C’est quelqu’un qui haïssait l’esclavage des noirs, qui a été d’une grande influence pour l’émancipation des noirs au XIXe siècle aux États-Unis.

Notamment, il a écrit un ouvrage sur la désobéissance civile, sur le fait que parfois quand les lois sont profondément injustes, il faut savoir y résister. Ce n’est pas parce qu’une loi était votée que forcément, il faut l’accepter.

Au-delà de ça, Henry David Thoreau avait une philosophie de la vie très pratique et très intéressante qu’on peut résumer par l’art de la simplicité volontaire ou de la sobriété heureuse qui rejoint beaucoup celle des stoïciens et même des bouddhistes zen.

Il avait des vues très pratiques là-dessus.

En gros, comment on pourrait résumer la simplicité volontaire ?

Déjà, ces deux mots résument bien le concept. Il s’agit de simplifier sa vie en réfléchissant à certains fondamentaux qu’on tient pour acquis et en les remettant en cause. Du coup, en choisissant des choses qui sont plus simples pour pouvoir davantage profiter de la vie.

On trouve pas mal de points communs déjà dans la philosophie de « La semaine de 4 heures ».

Voici des passages qui vont vous faire comprendre à quel point ça reste aujourd’hui ultra pertinent.

L’édition que j’ai, c’est une traduction en français du début du XXe siècle. C’est du français un peu lourd par rapport à nos standards. Donc, je vais l’adapter en temps réel pour que ça soit un peu plus léger.

Il discute sur le fait d’avoir un abri dans les différents types de civilisation. Notamment, il va comparer les indiens. Là, il l’écrit dans les années 1840-1850, il y a encore pas mal d’indiens qui vivent d’une manière assez différente des Américains occidentaux.

A l’époque, il compare leurs modes de vie et notamment leurs habitations.

« Walden », c’est l’histoire vraie d’Henry David Thoreau qui a décidé d’aller vivre deux ans dans la forêt pour pratiquer cette simplicité volontaire.

L’histoire de Walden se passe pendant un an, mais c’est ces deux ans qui sont résumés en une année.

« A l’état sauvage, toute famille possède un abri valant les meilleurs et suffisant pour ses besoins primitifs et simples. Mais je ne crois pas exagérer en disant que si les oiseaux ont leurs nids, les renards leurs tanières, les Indiens leurs tentes, il n’y ait pas dans la société civilisée moderne plus de la moitié des familles qui possèdent un abri.

Dans les grandes villes où prévaut la civilisation, le nombre de ceux qui possèdent un abri n’est que l’infime minorité. Le reste paie pour ce vêtement le plus extérieur de tous, devenu indispensable été comme hiver, un tribut annuel qui suffirait à l’achat d’un village entier de tente indienne, mais qui pour l’instant contribue au maintien de sa pauvreté, sa vie durant.

Je ne veux pas insister ici sur le désavantage de la location comparée à la possession, mais il est évident que si l’indien possède son propre abri, c’est à cause du peu qu’il coûte. Tandis que si l’homme civilisé loue en général le sien, c’est parce qu’il n’a pas le moyen de le posséder. Et c’est à peine s’il a le moyen de le louer.

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Mais on va répondre, il suffit à la personne civilisée pauvre de payer cette taxe pour avoir un abri qui est un palais comparé à celle de l’indien. Un loyer annuel lui donne droit aux avantages des progrès réalisés par les siècles : appartement spacieux, peinture et papier, chauffage, pompe en cuivre, serrure à ressort, une cave, etc.

Mais comment se fait-il que celui qui jouit de tout ça est souvent un civilisé pauvre, alors que l’indien qui ne la possède pas soit riche comme un indien ?

Si on affirme que la civilisation est un progrès réel dans la condition de l’homme, et je crois qu’elle l’est, mais que les sages seulement utilisent leurs avantages, il faut montrer qu’elle a produit de bien meilleures habitations sans les rendre plus coûteuses. Or, le coût d’une chose est le montant de ce que j’appellerais la vie requise en échange. »

Oui, il a raison.

Le coût d’une chose, bien sûr, vous pouvez le donner en argent. Mais cet argent, vous devez passer un certain temps à la créer.

Donc, vous pouvez convertir l’argent que vous devez pour acheter quelque chose, y compris votre maison, y compris pour la louer, en temps de vie. D’ailleurs, c’est pour ça qu’on compare souvent les impôts en termes de temps de vie.

Si vous avez 50 % d’impôt, ça veut dire que vous travaillez pour le gouvernement de janvier à fin juin.

Thoreau continue et dit : « Pour acheter une maison, il faudra amasser une somme pendant 10 à 15 années de la vie du travailleur… » Ça, c’est à l’époque. Maintenant, c’est plutôt 15-20 ans, voire plus.

« … même s’il n’a pas de famille, de sorte qu’en général, il lui aura fallu passer plus de la moitié de sa vie avant d’avoir gagné sa tente. Imaginons qu’au lieu de ça, il paie un loyer. C’est tout simplement le choix le plus douteux entre les deux mots. »

Et Thoreau pose cette question absolument magnifique, il dit : « L’indien eut-il été sage d’échanger sa tente contre un palais contre la moitié de sa vie ?»

Est-ce qu’il est sage pour un indien d’échanger sa tente contre une maison moderne – et encore là, c’était une maison du XIXe siècle – contre la moitié de sa vie pour la payer ?

Maintenant, même si on paie sa maison pendant 20 ans, c’est plutôt 1/3 de notre vie que la moitié. Mais quand même tout le monde se dit : oui, de toute façon, il faut que je loue une maison, il faut que je paie une maison, etc. Et donc, il faut que je travaille pour ça.

Là, Thoreau pose la question autrement :

Est-ce que c’est vraiment utile ? Est-ce que c’est vraiment nécessaire de faire ça ? Est-ce qu’il n’y a pas une manière plus simple de faire cela et de profiter de la vie autrement ?

Ensuite, il va mettre en pratique cette réflexion puisqu’il va se construire lui-même une cabane dans les bois de Walden. Il va jusqu’à donner le coût le complet de cette maison et il a une réflexion qui est absolument savoureuse.

Il dit : « J’ai reconnu que l’homme qui souhaite un abri peut s’en procurer un pour la durée de la vie à un prix ne dépassant pas celui d’un loyer annuel qu’il paie à présent »

Il dit qu’en se débrouillant un peu, en faisant les choses par soi-même et en étant simple, ça ne coûte pas très cher.

« Si j’ai l’air de me vanter, je m’en excuse en vous disant que je me vante pour l’humanité plutôt que pour moi-même. Et que ni mes faiblesses, ni mes inconséquences n’affectent la véracité de mes dires. »

En fait, le coût de construction de sa cabane, c’est 28,12 dollars. C’est des dollars de l’époque, bien sûr. Aujourd’hui, ça coûterait beaucoup plus cher.

Il dit : « Au collège de Cambridge, le simple loyer d’une chambre d’étudiant à peine plus grande que la mienne est de 30 dollars par an ».

Ce qu’il dit, c’est que ça coûte par an plus cher que celle à construire, à bâtir.

« Je ne peux m’empêcher que penser que si l’on montrait un peu plus de véritable sagesse, non seulement moins d’éducation serait nécessaire, mais la dépense pécuniaire qu’entraine une éducation disparaitra en grande mesure.

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Les commodités que réclame l’étudiant à Cambridge ou ailleurs lui coûtent à lui ou à quelqu’un d’autre un sacrifice de vie dix fois plus grand qu’elle ne le ferait avec une autre organisation. »

Il dit que rien que l’endettement que doit consentir l’étudiant pour ses études va justifier déjà en partie le besoin qu’a l’étudiant de faire des études de gagner un salaire supérieur.

Et là, on a aussi une réflexion très intéressante que je partage d’ailleurs dans mon livre « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études » qui est qu’il y a quelque chose dont on ne parle jamais qui est le coût d’opportunité de faire des études supérieures.

Admettons que vous décidez de faire un Bac+5 au lieu d’un Bac+2. Donc, vous faites 3 ans d’année supplémentaire. Ce qu’on ne vous dit pas ou pas assez, c’est que vous allez sans doute gagner un salaire supérieur, même si ce n’est pas garanti.

Je donne aussi tous les chiffres au début de « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études ». Mais pendant 3 ans, vous n’allez pas gagner de salaire alors que vous pourriez le gagner si vous arrêtez vos études après un Bac+2 et que vous trouvez un emploi.

Et du coup, ça fait 3 ans de perte sans compter que 3 ans où vous ne touchez pas de salaire, 3 ans où vous payez des études en plus, 3 ans où vous auriez pu aussi investir votre argent, 3 ans où vous auriez pu acquérir de l’expérience.

Ça fait vraiment 3 ans de perdu qui vont créer un coût d’opportunité.

Le coût d’opportunité :

c’est le coût que vous avez par rapport à une autre option que vous auriez choisi, que vous auriez fait de gagner de l’argent autrement.

Par exemple, si entre un choix A et un choix B, vous prenez le choix A qui vous rapporte 8 000 euros et si vous avez pris le choix B, ça vous aurait apporté 10 000 euros, le coût d’opportunité du choix A est de 2 000 euros.

Au-delà de ça, il y a aussi un facteur dont finalement parle Thoreau parce que c’est la différence qui fait entre l’indien et l’homme civilisé comme il dit. Ça a la même racine.

C’est que plus vous avez un job qui est prestigieux et souvent c’est lié à un diplôme plus prestigieux, plus vous allez être tenté, voire même vous sentir obligé d’avoir des dépenses qui vont avec ce statut.

Quand vous êtes médecin, même si foncièrement vous vous en foutez de vous balader en 2CV ou dans une voiture pourrie, c’est compliqué pour vous en tant que médecin de vous balader dans une voiture pourrie.

Vous allez vous sentir obligé beaucoup plus qu’une infirmière d’acheter une voiture un peu plus luxueuse parce que ça fait partie de votre statut, que tout le monde s’attend à ça et que les gens vont trouver ça bizarre si vous vous baladez dans une voiture qui est pourrie.

Alors que l’infirmière qui a fait beaucoup moins d’étude que vous, qui commence à gagner sa vie beaucoup plus tôt et que si elle gagne beaucoup moins que vous, elle n’a pas besoin de dépenser autant.

Je ne dis pas que c’est forcément négatif de vivre dans un meilleur confort, je dis simplement que c’est aussi un coût d’opportunité qu’on ne voit pas quand on passe un diplôme supérieur.

Ensuite, il dit : « Si je considère mes voisins, les fermiers de ma ville, je constate que pour la plupart, elles ont peiné 20, 30 ou 40 années pour devenir les véritables propriétaires de leurs fermes qu’en général, ils ont hérité avec des charges ou acheté avec de l’argent emprunté à intérêt.

Nous pouvons considérer 1/3 de ce labeur comme représentant le coût de leurs maisons. Mais qu’ordinairement en général, ils n’ont pas fini de payer leurs fermes.

Et parfois les dépenses de la ferme sont plus importantes que la valeur de la ferme au point que la ferme devient une lourde charge sans qu’il manque de se trouver un homme pour en hériter, en disant qu’il la connait à fond et que ce ne sera pas un problème.

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En m’adressant aux contrôleurs fiscaux, je m’étonne d’apprendre qu’ils sont incapables de nommer d’emblée 12 personnes dans la ville qui sont en possession de ferme sans charge.

En fait, l’homme qui a bel et bien payé sa ferme grâce à son travail est aussi rare que tout le voisin peut le montrer du doigt. Je me demande s’il en existe seulement trois dans ma ville. »

À travers ce passage et dans toute la première partie du livre, Thoreau fait une critique extrêmement pertinente parce qu’il dit que le problème des fermiers, c’est qu’ils vont 20, 30 à 40 ans de leurs vies à travailler pour payer leurs fermes.

Ça boucle en fait. C’est comme quand il dit que les étudiants doivent passer un diplôme supérieur en partie pour pouvoir payer leurs études.

Il veut montrer la vacuité de tout ça et le fait qu’on s’enferme dans des schémas récurrents qui se bouclent sur eux-mêmes sans véritable réflexion. On se rend nous-même esclave de nos besoins, qu’on pourrait juste apprendre à avoir des besoins plus simples et, du coup, avoir davantage de temps pour profiter de la vie.

Il dit finalement :

Où est la logique dans le fait que le fermier passe l’essentiel de sa vie à travailler pour payer sa ferme, alors que moi, je peux construire une maison pour un coût qui est inférieur à ce qu’un étudiant loue pour l’année la chambre qu’il besoin pour étudier ?

Donc, cette réflexion est pertinente. En tout cas, elle interpelle et elle reste toujours d’actualité aujourd’hui.

Pour ceux qui ont lu la première partie de « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études », ça se connecte à cette réflexion sur ce coût d’opportunité des études, et finalement une réflexion dont on ne vous parle jamais et qui pourtant est salutaire parce qu’avec cette réflexion, on peut quand même décider de faire comme avant. Mais au moins, on le fait de manière plus éclairée.

Après, personnellement quand j’ai lu Walden, ça m’a vraiment interpellé. Ça m’a vraiment inspiré. Ce n’est pas pour autant que je serais d’accord pour aller vivre dans une cabane dans les bois.

Par contre, ça m’inspire pour simplifier les choses, pour essayer de comprendre, de détecter quand je me mets dans des situations qui bouclent sur elles-mêmes, quand je décide de travailler plus pour me payer des choses qui au final me serve à travailler plus ou qui sont finalement peu importantes, qui sont des choses que je vais faire par habitude.

C’est Walden notamment entre autres avec d’autres livres qui m’a inspiré à me débarrasser de 95 % de mes possessions puisque je me suis rendu compte que l’essentiel des objets que j’avais achetés et que j’ai cumulés prenait la poussière dans les armoires et que je ne m’en servais jamais. J’avais gagné de l’argent pour acheter des choses qui étaient inutiles.

Et ça rejoint une citation que je donne dans mon livre de quelqu’un qui parle de la course des rats. C’est Nigel Marsh qui dit : « Il y a des milliers et des milliers de gens qui travaillent pendant des longues et difficiles heures à des boulots qu’ils haïssent pour gagner de l’argent afin d’acheter des choses dont ils n’ont pas besoin, pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas. »

Là, c’est un cycle qui se met en route sans réflexion. Au final, on se retrouve à se boucler sur soi-même sans que ça nous apporte davantage de bonheur.

Ce livre « Walden ou la Vie dans les bois » est très philosophique. Je vous recommande fortement sa lecture. Achetez une édition moderne avec une traduction récente. Ce sera plus sympa.

Le but, ce n’est pas de pousser la pensée de Thoreau aussi loin, de se dire que j’allais construire une cabane dans les bois et je vais être content, mais de prendre cela comme une inspiration pour essayer de simplifier les choses, pour essayer de détecter quand on se met dans des boucles qui sont stériles, et de se poser la question : comment pourrais-je simplifier les choses et de quoi pourrais-je débarrasser aujourd’hui pour devoir moins travailler et profiter davantage de la vie, pour arrêter de courir après toujours plus, et simplement me concentrer sur l’essentiel.

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