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L’apprentissage de l’imperfection

L'apprentissage de l'imperfection Tal Ben-Shamar

Résumé de « L’apprentissage de l’imperfection » de Tal Ben-Shahar : Dans ce livre, l’auteur présente ses derniers travaux scientifiques sur l’imperfection, inspirés de son cheminement personnel. Le livre se lit comme un manuel avec des exercices et s’aborde dans une approche d’action/réflexion. L’auteur souhaite à travers son ouvrage nous exposer les moyens de surmonter le perfectionnisme pour vivre plus heureux.

Par Tal Ben-Shahar, 2011, 320 pages, titre original : « The Pursuit of Perfect« 

Table des matières

Chronique et résumé de « L’apprentissage de l’imperfection » de Tal Ben-Shahar

Introduction

Titulaire d’un doctorat en psychologie et philosophie, l’auteur Tal Ben-Shahar est également fondateur de la Happiness Studies Academy et intervient dans le monde entier au sujet du bonheur.

Pourquoi ce livre ?

Tal Ben-Shahar se définit lui-même comme « professeur du bonheur ». Il exerce dans le domaine de la psychologie positive, qu’il différencie de la psychologie classique.

La psychologie positive se concentre sur les conditions nécessaires à l’épanouissement des individus, mais aussi des communautés. Tal Ben-Shahar ne s’imaginait pas que ses cours sur le bonheur pouvaient rencontrer un tel succès. Il s’est rendu compte que les gens qui suivaient ses cours avaient en commun le désir d’être heureux mais aussi « les mêmes obstacles qui les empêchent d’accéder à une existence parfaite ».

Grâce aux échanges qu’il a pu effectuer avec ses élèves, il s’est aperçu qu’ils pensaient que les gens heureux étaient à l’abri de la tristesse, de la peur ou des angoisses. Il s’agit d’une vision perfectionniste du bonheur.

Dans ce livre, l’auteur traite de la véritable nature du perfectionnisme. Il expose les moyens de surmonter cela pour vivre plus heureux. Ce livre est conçu comme un manuel avec des exercices à la fin de chaque chapitre. Les exercices du livre peuvent se pratiquer seul, à 2 ou en groupe.

Apprendre à échouer, c’est échouer à apprendre

Tal Ben-Shahar poursuit l’introduction de son livre « L’apprentissage de l’imperfection » en revenant sur sa jeunesse, lorsqu’il était étudiant. Il raconte un jour où il n’était pas dans les premiers à un résultat d’un devoir. Cet échec a provoqué chez lui une peur paralysante, selon lui, cette peur met en danger le bien-être psychique des personnes. Il poursuit en expliquant que, dans la vie, l’échec est inévitable, et qu’il serait même indispensable pour une existence réussie : « Si l’on n’apprend pas à échouer, on a échoué à apprendre ».

Le bonheur, ce n’est pas ressentir uniquement des émotions positives

L’auteur continu son récit avec une anecdote s’étant déroulée 10 ans plus tard, d’un élève attendant de lui qu’il soit tout le temps heureux parce qu’il enseignait le bonheur. Pour l’auteur, cela soulève une croyance commune, qui est que « être heureux c’est éprouver une succession ininterrompue de sentiments positifs« . Et que si un être humain est déçu, triste, anxieux ou a peur, il n’est pas vraiment heureux pour de vrai. Mais l’auteur nous rappelle qu’il est totalement normal de ressentir ces émotions, dans le cas contraire cela signifierait être un psychopathe. Il précise que paradoxalement s’interdire d’éprouver des sentiments pénibles, c’est limité sa capacité à être heureux.

Éprouver de la reconnaissance

Dans la société d’aujourd’hui, il est commun de s’attaquer à des sommets de plus en plus élevés pour conduire à une réussite personnelle et sociale. Cependant, l’auteur nous informe qu’en nourrissant de grandes espérances, on peut effectivement décrocher de grandes récompenses. Mais, si l’on souhaite vivre une existence qui apporte de vraies satisfactions, il faut se donner des objectifs réalistes et être capable de savourer ce que l’on accomplit, en éprouvant un sentiment de reconnaissance.

Les trois manifestations négatives du perfectionnisme

L’auteur conclut l’introduction par les 3 manifestations négatives du perfectionnisme , à savoir le refus de :

  • L’échec ;
  • Des émotions douloureuses ;
  • De reconnaître la réussite.

Il ajoute finalement que « si on a pour seul et unique rêve de mener une existence parfaite, on se condamne à la désillusion ». L’auteur emploie deux termes différents pour parler du perfectionnisme : il utilise le terme perfectionnisme pour mentionner le perfectionnisme négatif et le terme « optimaliste » pour mentionner le perfectionnisme positif.

Voici un tableau présentant les caractéristiques du perfectionniste et de l’optimaliste selon l’auteur, c’est avec cette base qu’il aborde les différents chapitres du livre.

Le perfectionnisteL’optimaliste
refuse l’échecaccepte l’échec
refuse les émotions douloureusesaccepte les émotions douloureuses
refuse la réussiteaccepte la réussite
refuse la réalitéaccepte la réalité

Première partie : La théorie

Dans les 4 premiers chapitres de « L’apprentissage de l’imperfection« , l’auteur nous présente, en théorie, les 4 aspects qui permettent de passer d’un perfectionniste à un optimaliste.

Chapitre 1 – Accepter l’échec

L’auteur démarre cette partie en racontant une anecdote personnelle. Il raconte que lorsqu’il jouait au squash à haut niveau il réalisait de très bons entraînements mais, lors des compétitions, il était pris de crampes ou de douleurs et rencontrait des difficultés à jouer. Il relie ses difficultés au trac qu’il ressentait avant les compétitions. Dans son récit, la peur de l’échec l’empêche d’être au maximum de ses capacités.

peur de l'échec

Perfectionnisme contre optimalisme

Il s’agit ici d’examiner les points essentiels qui opposent le perfectionniste qui refuse l’échec, à l’optimaliste qui va l’accepter. L’auteur précise que ces caractères ne sont pas indépendants l’un de l’autre. Personne n’est à 100% l’un ou l’autre point.

La première différence entre ces deux caractères et que pour le perfectionnisme le trajet idéal vers son objectif est la ligne droite. L’échec n’a aucun rôle à jouer dans le parcours. Alors que l’optimiste conçoit l’échec comme partie intégrante du parcours. Le chemin qui va le mener vers son objectif est une espèce de spirale ascendante tortueuse. Elle est dirigée vers son objectif, mais il accepte le fait qu’il devra faire de nombreux détours en route. En voulant à tout prix avancer sans embûches vers son but, le perfectionnisme nourrit des attentes déraisonnables vis-à-vis de lui-même et de la vie qu’il mène : il prend ses désirs pour la réalité. Alors que l’optimaliste accepte l’idée que le parcours sera inévitablement semé d’embûches.

Une autre différence majeure entre ces deux caractères est la réaction face à la peur de l’échec. Le premier souci du perfectionnisme est de ne pas échouer. Il cherche donc à éviter autant que possible l’échec et donc à fuir toute difficulté. L’auteur précise que l’optimaliste n’aime pas non plus échouer. Mais, sa force est qu’il sait que dévier du parcours n’est pas forcément négatif et qu’il est possible d’en tirer des leçons. Pour un optimaliste l’échec est un moyen de tirer un enseignement.

Le tableau suivant résume les traits de caractère du perfectionniste vs ceux de l’optimaliste :

PerfectionnisteOptimaliste
parcours en ligne droiteparcours en spirale accidentée
peur de l’échecapprentissage à partir de l’échec
concentration sur la destinationconcentration sur le parcours et la destination
attitude défensiveouverture aux opinions extérieures
attitude tatillonnerecherche des bénéfices éventuels
dureté, rigiditéindulgence
attitude statiqueattitude adaptable, dynamique

Les conséquences

Voici les quelques conséquences au caractère perfectionniste évoquées par l’auteur :

  • La dégradation de l’image de soi : le perfectionniste ne prend pas le temps de savourer ses succès, il ressasse plutôt ses échecs. Il est alors difficile d’avoir une bonne estime de soi lorsque l’on passe son temps à penser à ses échecs ou à penser à la constante menace de l’échec suivant.
  • Les troubles de l’alimentation : les perfectionnistes sont plus sujets à trouver des défauts dans leur apparence, ce qui peut conduire à une gestion plus stricte de leur alimentation.
  • Les dysfonctionnements sexuels : l’impuissance ou la frigidité peuvent être les conséquences d’une pression trop importante vis-à-vis de l’acte sexuel.
  • La dépression : son origine tient souvent de comportements pointilleux ou l’obsession du résultat, et non du chemin parcouru. Or, relever chaque défaut de parcours est malsain pour l’esprit sur le long terme.
  • Le syndrome anxieux : généré principalement par l’angoisse de l’échec. L’anxiété peut également être provoquée par le raisonnement rigide voire inflexible, du perfectionniste. Or, dans le monde moderne, les changements sont présents à tout instant. C’est pourquoi il est important de travailler son optimalisme : pour affronter l’imprévisible et pour que le changement ne représente plus une menace, mais un défi.
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Pour l’auteur, beaucoup de perfectionnistes « sont réticents à l’idée de changer car, pour eux, si le perfectionnisme ne rend pas heureux du moins est-il une garantie de succès ». Sa conclusion sur ce chapitre sur l’échec est que « l’optimaliste a plus de chances de voir ses efforts couronnés de succès », pour les raisons suivantes :

  • Tirer les leçons de l’échec : l’Histoire démontre que les individus les plus accomplis ont souvent été ceux qui ont le plus fréquemment échoué dans leurs tentatives : « si l’échec ne garantit pas le succès, son absence est presque à coup sûr une garantie d’insuccès ». Finalement, comme les optimalistes sont plus à l’aise face à l’échec, ils sont davantage prêts à retenir les enseignements des risques qu’ils prennent.
  • Le résultat optimal : appuyé par des études, l’auteur présente le fait que la qualité des résultats obtenus décline si le degré d’excitation du sujet est trop bas ou trop haut. Pour obtenir une prestation optimale, il faut être capable de trouver le juste milieu entre l’effort et l’échec accepté.
  • Prendre plaisir au parcours : une personnalité optimaliste ne se focalise pas simplement sur le résultat, mais sur le processus dans le but de le rendre le plus appréciable possible.
  • Employer efficacement son temps : la recherche de perfection pousse souvent à la procrastination, à cause de la peur de ne pas bien faire. Il n’est pas nécessaire de réaliser toutes ses tâches à la perfection, l’auteur conseille de mettre en place dans un maximum de domaines de sa vie la loi des 80/20 (20 % des efforts amènent 80 % des résultats).

Exercices de fin de chapitre :

  • « Prendre des initiatives » : pour cet exercice, l’auteur invite le lecteur à « amorcer un changement en agissant sur son comportement ». Pour cela, il recommande de réaliser une envie refoulée par peur de l’échec, et d’adopter autant que possible un comportement optimaliste, même si ce n’est pas naturel au début.
  • « Tenir un journal de vos échecs » : Tal Ben-Shahar invite ici le lecteur à retranscrire une ou plusieurs situations d’échecs, puis de prendre du recul pour trouver des effets bénéfiques à cet échec.

Chapitre 2 – Accepter ses émotions

Cette partie est consacrée au refus de l’échec des perfectionnistes dans le domaine des émotions. Généralement, les personnes supportant mal l’imperfection ont tendance à souhaiter vivre une succession ininterrompue de sentiments positifs ou négatifs. Alors que l’optimaliste s’autorise à ressentir toute la gamme des émotions humaines, sans les refouler.

peur de l'image publique accepter ses émotions

Laisser libre cours à ses émotions

Comme il est nécessaire de maîtriser ses émotions en public pour maintenir une cohésion de la société, elles ont tendance à être refoulées en privé. Trop réprimer ses émotions nuit au bien-être de l’individu.

Le refoulement a un prix

Quand le perfectionniste refuse ses émotions, il ne fait que les amplifier. « La faculté d’accepter sincèrement les choses est au cœur de la différence entre perfectionnistes et optimalistes ».

L’acceptation

Pour évoluer, mener une existence plus riche et mieux remplie, il faut accepter les lois de la nature humaine dont les émotions négatives font partie.

Alléger la souffrance

En coexistant pacifiquement avec ses sentiments négatifs. L’auteur fait l’analogie entre notre cerveau et une canalisation à laquelle on appliquerait une trop forte pression. Il est important de se laisser traverser par des émotions négatives pour ne pas accumuler un mal être.

L’éventail des émotions

En tant qu’humain, il est normal de ressentir une palette très variée d’émotions. L’auteur encourage à « se donner la permission et la place de vivre et d’exprimer tout l’éventail des sentiments humains », et ne pas tomber dans le piège de n’accepter que le positif.

Acceptation et résignation

Accueillir une émotion n’est pas s’y résigner, ou s’en satisfaire. Cela signifie être prêt à « ressentir ce qu’on ressent », sans pour autant accepter les comportements qui peuvent en découler s’ils sont nocifs pour autrui (violence par exemple). C’est l’essence de ce que l’auteur définit comme « l’acceptation active » par opposition à la résignation passive.

Morale et sentiments

L’évaluation morale d’un sentiment (jugement par lequel un individu décide si quelque chose est bien ou mal) suggère qu’il ait le choix de la ressentir ou non. Ainsi, il ne sert à rien de se juger moralement lorsque l’on ressent de la jalousie par exemple.

Évolution affective

Tous les individus n’ont pas la même tolérance, notamment à la souffrance. Mais, même pour les émotions les plus dures à surmonter, un processus de guérison finit par se mettre en place : l’évolution affective. Un perfectionniste qui refoule ses émotions a plus de chance de subir un déséquilibre affectif, de stagner dans sa guérison et d’affecter sa santé mentale.

Exercices de fin de chapitre :

  • « Méditation d’auto-attention » : l’auteur définit l’auto-attention comme une pratique de méditation visant à « prendre pleinement conscience de ce que l’on est en train de faire et d’accepter le moment présent sans jugement ni évaluation ». C’est, selon l’auteur, un très bon exercice pour faciliter l’acceptation des émotions au quotidien.
  • « Vivre pleinement l’instant présent » : dans ce deuxième exercice, le but est de se focaliser présentement sur son émotion. Cela permet de vivre pleinement l’instant présent au lieu de ruminer.

Chapitre 3 – Accepter de réussir

Le perfectionniste a tendance à se châtier lui-même. En effet, aucune réussite, aucun sommet ou aucune destination n’est assez satisfaisante à ses yeux. L’optimaliste est « capable de prendre plaisir au parcours sans perdre de vue sa destination ». Ainsi, il tire des leçons de l’adversité, qui le font évoluer vers sa réussite. Une personne ayant un comportement perfectionniste refuse le succès, que ce soit avant de l’atteindre en mettant la barre trop haute, ou après l’avoir atteint en n’en retirant aucun plaisir. Au contraire, l’optimaliste « attire le succès » en adoptant des critères ancrés dans la réalité et en l’appréciant quand il arrive. Ce sont les facteurs « ancrer la réussite dans le réel et savoir en profiter«  qui selon l’auteur font toute la différence.

accepter ses succès

Ancrer ses succès

Poussé à l’extrême, le désir de s’améliorer peut faire plus de mal que de bien : c’est le syndrome du « jamais assez ». Puisqu’en tant qu’humain l’amélioration est toujours possible, la perpétuelle insatisfaction condamne au perpétuel déplaisir. L’auteur définit l’estime de soi comme « le rapport entre réussite et aspirations personnelles » : en ayant des aspirations raisonnables, nous avons plus de chances d’être content de nous-même. Il ne faut pas pour autant se fixer des objectifs « trop faciles », sans défi suffisant, au risque de s’ennuyer. Pour trouver l’équilibre entre des attentes démesurées et la réalité il faut définir proprement ses objectifs.

Une vie suffisamment bonne

Il est aujourd’hui difficile de se satisfaire parfaitement dans tous les pans de sa vie : professionnel, couple, famille, social, santé… La solution optimalisme que nous présente l’auteur pour mener une vie satisfaisante est d’adopter une nouvelle approche de notre temps et de nos attentes, une approche du « plus acceptable ». L’auteur présente comment il a réévalué dans chaque subdivision de sa vie son idéal perfectionniste en résultat acceptable. Il en retire plusieurs bénéfices dont la diminution de la frustration et un gain d’énergie.

Apprécier la réussite

Le constat est clair à ce stade du livre : de nombreux perfectionnistes ont du mal à apprécier et savourer leurs succès. L’auteur présente un second constat : « le bonheur est davantage contingent à l’état d’esprit qu’à celui du compte en banque, ou au statut social ». Les études menées sur la gratitude ont mis en avant le fait qu’en appréciant les bons côtés de la vie, on en profite davantage, le contraire étant également vrai. Finalement, l’auteur conclut cette partie en précisant « qu’être reconnaissant d’avoir ce qu’on a, ne pas trouver normal ce qu’on a bien réussi, c’est attirer le succès ».

Exercices de fin de chapitre :

  • « Le plus acceptable » : dans la continuité de l’exemple qu’il a donné avec sa propre vie, l’auteur nous invite tout d’abord à dresser la liste des aspects les plus importants de notre vie.  Puis, à énumérer, pour chaque catégorie, ce que l’on aimerait faire idéalement, dans quel laps de temps. Enfin, revoir toutes ses attentes pour ajouter dans la colonne de l’acceptable ce qui est réellement réalisable. Exemple : idéal, voir ses amis tous les soirs après le travail ; acceptable, prévoir une soirée entre amis deux fois par semaine. Cette liste peut être consultée régulièrement pour ajustements.
  • « La visite de gratitude » : pour cet exercice, l’auteur invite le lecteur à écrire la gratitude qu’il ressent envers une personne importante pour lui. Le fait d’écrire est déjà bénéfique, mais l’auteur encourage à envoyer cette lettre pour plus de valeur.

Chapitre 4 – Accepter la réalité

Ce chapitre aborde la métaphysique, une discipline philosophique qui se penche sur la nature de la réalité, qui joue un rôle dans l’apparition du perfectionnisme. L’auteur introduit ce chapitre en opposant les pensées platonicienne et aristotélicienne sur notre perception de la réalité. Ainsi, dire « je refuse d’être triste » est adopter une position platonicienne : tenter de rejeter la réalité. Alors que, dire « je n’aime pas être triste, mais cette émotion est naturelle et je l’accepte » est adopter une position aristotélicienne : reconnaître la réalité sensible et observable.

La vision contrainte

Penser qu’on ne peut changer la nature humaine est la vision « contrainte » de celle-ci, opposée à la vision « non contrainte ». Le perfectionniste souscrit à la vision non contrainte, ses aspirations sont d’éradiquer les émotions négatives, refuser l’échec, en somme, atteindre un degré de réussite impossible, irréaliste. Mais, cette vision est « préjudiciable tant sur le plan personnel qu’au plan sociopolitique ».

  • La loi de l’identité

« Une chose est ce qu’elle est, une personne est une personne, et une émotion est une émotion ». C’est grâce à l’acceptation implicite de cette loi que l’on peut communiquer.

Le non-respect de la loi de l’identité en matière d’émotion, peut engendrer un comportement perfectionniste, notamment chez les enfants.

  • Le parcours optimal

Nous sommes bombardés, surtout via les médias, de « parfait ». L’acceptation de la réalité est l’antidote au perfectionnisme de l’optimalisme.

Exercice de fin de chapitre :

« Les phrases à compléter » : cet exercice permet de s’exercer à l’acceptation. Il consiste à compléter des phrases par ce qui vient instantanément à l’esprit, sans filtre. Voici quelques exemples : « Quand je nie ce que je ressens… » ; « Si j’accepte l’échec… » ; « Si je deviens un optimaliste… ».

Deuxième partie : Applications

La deuxième partie de « L’apprentissage de l’imperfection » présente les applications d’un comportement optimaliste dans trois domaines.

Chapitre 5 – Optimalisme et éducation

Dans ce chapitre, est abordée l’importance de l’application de la doctrine du juste milieu (point d’équilibre entre deux extrêmes) à l’éducation.

éducation et parents perfectionnistes

Les privilégiés défavorisés

L’auteur fait référence aux élèves issus de milieux aisés, souvent pauvres en bien-être moral. En effet, ces enfants sont statistiquement plus exposés à la dépression, à l’angoisse et à la consommation de drogues. Les facteurs responsables de ce phénomène seraient l’obligation d’être performant et la surimplication de leurs parents et de leurs professeurs dans leur vie. La pression de la réussite scolaire peut se manifester chez beaucoup d’enfants par du perfectionnisme. Le système scolaire en place entretient souvent sans le vouloir l’obsession de la perfection. Finalement, le challenge pour les éducateurs (au sens large) consiste à « avoir des exigences envers les enfants mais aussi à leur permettre de prendre des risques, de faire des erreurs et d’échouer« .

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Les parents « suffisamment bons »

Ce terme, du pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott, est repris par l’auteur pour désigner la « réponse adéquate » d’un parent aux besoins de l’enfant, et non une réponse « parfaite ». Cette démarche éducative consiste donc à laisser son enfant dans l’inconfort (sans qu’il y ait de risques) avant de répondre à son besoin. En résulterait un enfant capable de composer avec le monde extérieur (dont l’échec) plus facilement. Les parents « suffisamment bons » trouvent le juste milieu entre sous-implication et surimplication, dans le but « d’immuniser l’enfant contre le germe du perfectionnisme » selon les mots de l’auteur.

Souplesse et rigidité mentales

Dans ce paragraphe, l’auteur évoque les travaux de Carole Dweck sur la rigidité et la souplesse mentales.

  • Rigidité mentale : croire que ses capacités (physiques, compétences relationnelles, intelligence) sont gravées, invariables.
  • Souplesse mentale : savoir que ses facultés sont adaptables, qu’elles changent tout au long de la vie.

D’après les résultats, les personnalités évolutives arrivent à relever les défis en y prenant du plaisir et finalement réussissent plus ce qu’ils entreprennent. On le comprend bien ici, alors que la personnalité rigide est voisine du perfectionnisme, la souplesse mentale est voisine de l’optimalisme. Pour aider les enfants à développer leur confiance, il faut les féliciter pour les efforts fournis (sur lesquels ils peuvent agir) et non pour leur intelligence (sur laquelle ils n’ont aucun contrôle).

Tradition et progrès

Certains récents enfants venus sur le marché de l’emploi (les vingt-cinq/trente ans) sont de la « génération glorifiée » : couverts d’éloges et peu réprimandés par leurs parents, pour leur donner confiance. Mais, ces adultes finissent par être des salariés qui ne supportent pas les critiques et qui ont besoin d’être rassurés. Ainsi, un éducateur franc qui instaure des limites précises et nettes aura plus de chance d’obtenir le respect avec le temps, que s’il cherche à tout prix à se faire aimer en cédant à tous les « caprices ». Les méthodes éducatives, traditionnelles comme progressistes, produisent des tendances perfectionnistes comparables : elles n’apprennent pas à gérer l’échec. Encore une fois, l’auteur suggère de trouver le juste milieu entre méthodes anciennes et nouvelles.

Individu et comportement

Les parents et les professeurs se doivent d’apprécier l’enfant en tant qu’individu, afin de lui permettre d’exploiter le meilleur de lui-même. Pour cela, il faut séparer l’individu de ses comportements : complimenter sur les efforts fournis et les résultats obtenus, et non sur la personnalité et le caractère.

Exercice de fin de chapitre :

« Mon meilleur professeur » : l’auteur nous demande de décrire le meilleur professeur de toute notre scolarité, puis en fonction de la réponse, penser comment mettre en application ses enseignements à notre propre façon de fonctionner en tant que pédagogue dans notre vie.

Chapitre 6 – Optimalisme et travail

Des employés perfectionnistes, parce qu’ils n’acceptent pas l’échec, sont plus susceptibles de dissimuler leurs erreurs, comportement dangereux pour l’entreprise. Ce chapitre aborde l’importance d’instaurer un climat où les employés ne craignent pas d’échouer et, surtout, de le dire.

faire des erreurs et le reconnaître

Tirer les leçons de l’échec

Avec un environnement psychologique sécurisant, les entreprises permettent aux employés de faire ressortir le côté optimaliste qui sommeille en eux. Pour la plupart, les grands chefs d’entreprises ont connu de nombreux échecs et ont su en tirer des leçons. Pourtant, ce sont souvent les succès qui sont vantés, poussant les gens à penser que leur modèle n’a jamais commis d’erreurs. Les meilleurs responsables sont ceux qui encouragent leurs équipes à prendre des risques et à positiver le ressenti de l’échec.

Perfectionnisme et micro-management

Le micro-management est une série de comportements que va adopter un manager perfectionniste pour tenter d’éliminer toute possibilité d’erreurs dans son équipe. L’auteur est clair, ce n’est pas soutenable qu’un responsable « passe au crible chaque initiative de ses collaborateurs ». Un gestionnaire optimaliste sait quand il est opportun ou pas d’appliquer du contrôle. L’exercice du contrôle doit « s’exercer autant que nécessaire, et aussi peu que possible ».

Travailler bien, travailler malin

Le syndrome d’épuisement professionnel (burn-out) est une conséquence d’un perfectionnisme malsain : travailler de manière acharnée, trop mécanique. Le « travailler dur » atteint souvent une limite. Le monde de l’entreprise doit s’inspirer du milieu sportif, et intégrer la notion de récupération. Pour donner le meilleur de lui-même au travail, un employé doit respecter les exigences du corps, planifier des périodes de récupération.

La récupération

Le besoin récupération n’est pas seulement physique, mais aussi psychologique. Il ne faut pas fermer les yeux sur les signaux affectifs de surmenage, au risque de courir à la dépression. Les « émotions douloureuses » sont un avertissement naturel du corps contre les états de surmenage. Finalement, travailler beaucoup n’est pas le problème, selon l’auteur, mais c’est plutôt le manque de repos et donc, l’insuffisance des temps de récupération, qui sont un problème dans l’entreprise.

La récupération à échelles multiples

Les employés devraient se comporter comme des coureurs de sprint, et non des coureurs de fond : alterner travail intensif et périodes de récupération. L’auteur présente trois échelles différentes de ce schéma de récupération.

  • Micro-récupération : des pauses d’au moins 15 minutes de récupération totale entre chaque session d’une heure trente minutes de concentration. Ce quart d’heure peut prendre différentes formes, le tout est d’y prendre plaisir.
  • Récupération médiane : c’est la période de sommeil, à temps variable selon les personnes, que nous effectuons toutes les 24 heures. Mais c’est aussi la récupération de fin de semaine.
  • Macro-récupération : il s’agit des périodes de vacances tout au long de l’année. La détente apporte de meilleurs résultats, notamment sur la créativité.

Toutes ses phases de récupérations favorisent la productivité car les batteries sont rechargées. La conclusion de ce chapitre sur le travail est que non seulement les optimalistes sont plus satisfaits de leur travail, mais leurs résultats sont « globalement supérieurs à ceux des perfectionnistes ».

Exercice de fin de chapitre :

« Tirer les leçons du passé le plus profitable » : raconter par écrit une période professionnelle de notre vie qui était épanouissante. L’auteur demande ensuite d’examiner cette période pour en déduire ce qui peut être appliqué dans la situation présente pour retrouver le même état de satisfaction.

Chapitre 7 – Optimalisme et amour

En amour aussi, la perfection n’existe pas. Une personne avec trop d’attentes sur l’amour sera déçue pour trois raisons :

  • elle n’aura pas de partenaire car elle attend la personne répondant parfaitement à ses attentes ;
  • si elle finit par vivre avec quelqu’un, elle continuera, consciemment ou non, à rechercher l’individu parfait ;
  • elle peut penser qu’elle a trouvé la personne idéale, mais sera déçue en découvrant ses faiblesses (or tout le monde en a).

Bien que dans l’art, l’amour ait une image lisse, parfaite, l’auteur précise que ceci ne reflète pas la réalité.

l'amour n'est pas toujours parfait, accepter ses défauts

L’amour réel

C’est inévitable, il arrive toujours qu’au sein d’un couple les défauts masqués par la passion du début, surgissent. Quand l’illusion de l’amour parfait se dissipe, survient une crise de confiance en soi et en l’autre. Une telle crise peut soit marquer la fin d’une relation, soit le début d’une nouvelle, celle que l’auteur qualifie « d’amour réel ». Quand un perfectionniste admet que son partenaire n’est pas parfait, sa vision passe souvent d’un extrême à l’autre : d’un partenaire sans défaut à un partenaire irrécupérable. Comme l’optimaliste considère les défauts comme naturels, il sait apprécier toutes les nuances et les complexités des relations amoureuses.

Et ils se disputèrent…

Le perfectionniste cherche à aborder tous les désaccords en début de relation afin de préparer une vie de couple sans encombre. Mais, selon l’auteur, le conflit est inévitable au sein d’un couple et est même capital pour sa réussite à long terme. Peu ou pas de conflits dans un couple démontre que les partenaires fuient les confrontations et les difficultés (attitude perfectionniste).

L’impasse

L’impasse est un stade du couple où l’on se sent pris dans le conflit sans en voir l’issue : les oppositions sont plus régulières et violentes. Ce moment est celui où la plupart des couples se séparent. L’auteur suggère pourtant, que ce stade critique, est « l’occasion d’évoluer sur le plan personnel et relationnel« . En affrontant ses problèmes personnels, l’optimaliste en ressort plus fort en tant qu’individu.

L’amour physique

L’amour et l’amour physique (celui des relations sexuelles) peuvent s’intensifier avec le temps (vision évolutive). La vision pessimiste fait de la vie couple une ligne droite. Or, les ratés sont inévitables et ne sont pas des signes de défaillance du couple. Ils permettent d’améliorer et d’approfondir la relation amoureuse. C’est ainsi que la personnalité optimaliste « s’autorise des carences, les permet à l’autre et les tolère dans le couple ».

Correspondance/opposition

La relation correspondance/opposition évoque le fait que c’est en s’opposant que les partenaires s’accompagnent. Le partenaire perfectionniste a du mal à accepter les reproches car il n’aime pas se remettre en question. Pourtant, en s’opposant à lui, le partenaire peut lui permettre de s’améliorer. La correspondance/opposition alterne l’idée de domination au sein du couple : chacun des partenaires a des moments où il s’oppose à l’autre. Lorsqu’un partenaire remet en question les paroles ou les actes de l’autre, il lui donne l’opportunité d’évoluer positivement. Les phases d’opposition doivent alterner avec des phases de soutien.

Exercice de fin de chapitre :

« Phrases à compléter » : une série de phrases est donnée, l’auteur invite à les compléter le plus rapidement possible. Puis, de les lire à voix haute pour en apprendre plus sur nos relations amoureuses. Voici quelques exemples donnés dans le livre :

  • « Je commence à comprendre que… » ;
  • « Pour renforcer l’intimité de ma relation… » ;
  • « Pour améliorer mon rapport à moi-même… ».

Troisième partie : Méditations

La dernière partie du livre « L’apprentissage de l’imperfection » est divisée en dix chapitres présentant chacun une méditation. Ce sont des points de réflexion complémentaires présentés par l’auteur.

méditation et réflexions complémentaires

Chapitre 8 – Première méditation : le changement réel

Les individus accordant de la valeur à un trait de caractère positif, ont du mal à changer chez eux l’équivalent négatif. Les perfectionnistes associent souvent ce trait de caractère à la motivation et la rigueur, c’est pourquoi ils n’arrivent (inconsciemment) pas à changer leur comportement : ils ne veulent pas passer pour des personnes négligentes ou paresseuses (les équivalents négatifs). Pour modifier son comportement perfectionniste, il faut subdiviser les composantes de son caractère, puis trier pour ne conserver que les aspects perfectionnistes bénéfiques. De cette manière, on contre l’aspect « tout ou rien » pour aller vers une analyse plus nuancée, et donc plus réaliste de sa personne.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  7 moyens d'être plus heureux

Exercice de fin de chapitre :

« Subdiviser le perfectionnisme » : l’application du chapitre est, tout d’abord, d’énumérer les caractéristiques de notre comportement que l’on souhaiterait modifier. Puis, associer à chacune d’elle son équivalent positif. Enfin, expliquer par écrit ce que l’on souhaite changer, et pourquoi.

Chapitre 9 – Deuxième méditation : la thérapie cognitive

Le concept de base de la thérapie cognitive est le suivant : nous réagissons selon notre interprétation des évènements plutôt que les évènements à proprement parler. C’est pourquoi un même facteur déclenche des réponses variées selon les individus.

Évènement (génère) à Pensée (suscite) à Émotion

Le but de ce type de thérapie est de « restaurer chez le sujet une perception réaliste du milieu ». En effet, la réaction émotive entraîne des pensées biaisées et irrationnelles qui conduisent à une réponse affective disproportionnelle.

L’auteur nous présente la méthode du PRP, la plus utile qu’il ait trouvée pour affronter les émotions désagréables liées à l’échec. Elle s’illustre ainsi : « je me donne la permission d’être humain, je procède à la reconstruction de la situation et j’y gagne une plus vaste perspective« .

  • Permission : pour faire face de manière constructive à une émotion, il faut avant tout accepter sa réalité. Au-delà de l’émotion, c’est la réalité de l’évènement à l’origine qu’il faut accepter. Deux conseils pour accepter ses émotions : les écrire et se concentrer sur leurs manifestations physiques.
  • Reconstruction : passer d’une vision négative et inutile de la situation à une vision positive et utile. La reconstruction aboutit à la réinterprétation d’une épreuve en une aventure, d’une menace en un enjeu, d’une obligation en un privilège…
  • Perspective : replacer la situation dans un contexte plus large facilite la diminution des inquiétudes et des déceptions. La perspective permet de prendre du recul pour extraire les bons côtés d’un évènement négatif.

Exercice de fin de chapitre :

Appliquer la méthode PRP à un évènement perturbateur récent. Répéter souvent l’exercice sur des évènements passés, pour peu à peu l’appliquer sur des évènements présents.

Chapitre 10 – Troisième méditation : l’imperfection des conseils

imperfection des conseils

Il nous arrive très souvent, lorsqu’un proche nous demande un conseil, que nous répondions avec notre propre expérience et nos conseils. Mais, ce ne sont pas des solutions que notre proche recherche, ce qu’il veut, c’est de l’écoute. C’est pourquoi le rôle d’un thérapeute est de créer un contexte où le patient se sente « l’objet d’une attention positive quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse ». La compassion et l’empathie sont indispensables pour se mettre à la place de l’autre et véritablement saisir ses besoins. Les perfectionnistes sont naturellement disposés à prodiguer des conseils, mais peu enclins à en demander pour eux-mêmes. Avoir un comportement optimaliste, c’est être capable d’admettre ses faiblesses.

Exercice de fin de chapitre :

« Les enseignements d’autrui » : choisir une personne qui aide ou a aidé dans un moment difficile de la vie. En décrivant la situation, tirer des enseignements sur sa façon de parler ou d’agir.

Chapitre 11 – Quatrième méditation : le meilleur des mondes

Notre obsession de la recherche de la perfection nous pousse à croire que pour vivre heureux il ne faut jamais éprouver de sentiments négatifs. Or, Tal Ben-Shahar écrit que lorsqu’il ressent une grande tristesse, qu’il se sent dépassé ou désespéré, c’est souvent parce qu’il est allé au bout de lui-même. Les sensations négatives permettent de réaliser qu’il est temps de ralentir ou de lâcher prise, c’est un signe de l’esprit à ne pas ignorer.

Exercice de fin de chapitre :

« Focalisation interprétative » : le but de l’exercice présenté est de nous permettre de changer notre façon d’interpréter les faits, et donc nos réactions affectives. l’exercice se présente sous la forme d’un tableau à 3 colonnes : un événement qui a provoqué une réaction affective douloureuse, L’interprétation perfectionniste que l’on a pu faire à ce moment-là, et l’interprétation optimaliste appropriée que l’on ferait maintenant. Voici un exemple donné par l’auteur dans le livre :

ÉvènementInterprétation perfectionnisteInterprétation optimaliste
J’ai raté un examen.Je ne suis bon à rien, je n’arriverai jamais à rien.Ce n’est qu’un examen, et la prochaine fois je fournirai de plus gros efforts.

Chapitre 12 – Cinquième méditation : le rôle de la souffrance

Aux premiers abords, entamer un parcours vers l’optimalisme peut sembler être l’éradication de toutes douleurs ou souffrances, ce qui n’est pas possible. L’auteur nous démontre que la souffrance est accompagnée de bienfaits, qui permettent de mieux l’accepter :

  • La sagesse : on ne pose pas de questions quand on va bien, c’est dans les moments plus difficiles qu’une réflexion apparaît.
  • L’endurance : traverser des épreuves permet de forger le caractère.
  • La compassion : accepter et accueillir la souffrance des autres est possible seulement si on s’autorise à la ressentir nous-même.
  • Un profond respect de la réalité : le malheur rappelle les limites et les contraintes de la réalité qui sont souvent oubliées quand tout va bien.

Exercice de fin de chapitre :

« Réfléchir sur le rôle de la souffrance » : consacrer au moins 20 minutes à l’évocation d’une époque de souffrance de notre vie. Décrire les impacts de cette expérience et les leçons tirées pour en retenir des enseignements et extraire l’évolution positive qu’elle a permise.

Chapitre 13 – Sixième méditation : la règle d’or du juste milieu

On a tendance à ne pas exiger des autres qu’ils soient parfaits, alors que nous l’exigeons de nous-même. L’auteur nous invite à appliquer sa règle d’or « ne pas se faire à soi-même ce qu’on ne ferait pas aux autres ». Il faut être capable d’autocompassion et d’autoestime aussi envers soi-même.

Exercice de fin de chapitre :

« Phrases à compléter » : nouvelle série de phrases à compléter. Voici deux exemples pour ce chapitre :

  • « Pour augmenter mon autoestime… » ;
  • « Pour devenir cinq pour cent plus compatissant envers les autres… »

Chapitre 14 – Septième méditation : oui, mais…

L’auteur souligne la présence du « oui, mais… » dans les conversations sur des personnalités, qui apparaît souvent lorsqu’un point positif est évoqué, comme un couperet qui tombe. Les phrases avec « oui, mais… » sont souvent des phrases assassines qui vont par exemple dévaloriser des personnes pourtant hors du commun. C’est un réflexe perfectionniste : on a du mal à admettre que ces « héros » sont avant tout des êtres humains. Pour l’auteur, soulever plutôt les points positifs que négatifs ou inversement, détermine ce que nous voyons chez nous-mêmes et chez les autres. Se focaliser sur les aspects négatifs (focalisation négative) est typique d’un « perfectionniste tatillon », au contraire, l’optimalisme est conscient du côté positif des choses (focalisation positive). Avec cette vision, les optimalistes ne craignent pas d’agir car ils acceptent les erreurs. Les perfectionnistes se retiennent d’agir car ils craignent de se tromper, d’avoir un « oui, mais… »

Exercice de fin de chapitre :

« Rendre le monde meilleur » : que pouvons-nous faire pour rendre le monde un peu meilleur ? L’auteur nous invite à nous engager à agir avec une ou deux actions précises destinées à apporter quelque chose aux autres, et pourquoi pas, en retirer des bénéfices personnels.

Chapitre 15 – Huitième méditation : l’industrie pro-âge

avoir une vision positive de la vieillesse

D’après une étude américaine présentée par l’auteur, nous apprenons qu’avoir une vision positive de la vieillesse augmente la durée de vie. Les croyances et la perception de la vieillesse affectent les individus sur leur santé physique et mentale. L’auteur encourage à accepter, une fois de plus, la réalité telle qu’elle est (nous vieillissons), pour vivre plus heureux.

Exercice de fin de chapitre :

« Écouter les anciens » : discuter avec une personne plus âgée et qui a de l’expérience dans un domaine que l’on souhaite approfondir. Mettre l’accent sur son vécu, ses victoires et ses erreurs.

Chapitre 16 – Neuvième méditation : la grande illusion

Pour l’auteur, bien que les mœurs aient évoluées au fil des âges, l’humain demeure un être affectivement prude. On retrouve chez les perfectionnistes cette tendance : il essaie de paraître heureux, cache à tout prix son malaise affectif. Mentir sur ses sentiments est éprouvant, c’est le « stress du refoulement affectif ». Il n’est pas non plus nécessaire de parler constamment à cœur ouvert, mais il est possible de trouver un juste milieu entre tout dissimuler et tout révéler. Finalement, dévoiler ce que l’on ressent peut aider les autres : ils se sentent rassurer car ils ne sont pas les seuls à ressentir de la tristesse « derrière le masque ».

Exercice de fin de chapitre :

« Phrases à compléter » : encore une fois, l’auteur nous met au défi de compléter des phrases en y trouvant six fins possibles. Après examen des réponses, il nous encourage à prendre des engagements. Exemples de phrases à compléter :

  • « Quand je cache ce que je ressens… » ;
  • « Si je suis plus sincère par rapport à ce que je ressens… »

Chapitre 17 – Dixième méditation : savoir et ne pas savoir

Naturellement, la peur de l’inconnu nous pousse à vouloir tout savoir. Cette crainte de l’inconnu peut générer des angoisses. La solution serait « d’accepter l’évidence » : parfois on ne peut pas savoir. Il s’agit du réalisme : assumer aussi bien le fait de savoir que de ne pas savoir.

Exercice de fin de chapitre :

« Marcher, c’est tout » : le but de cet exercice est d’aller marcher sans but précis, mais en prenant le temps de savourer et d’apprécier ce moment. L’auteur nous encourage à instaurer un rituel de marche, leçon qu’un professeur lui a enseignée.

marcher sans but méditation

Conclusion de Tal Ben-Shahar

L’auteur conclut cet ouvrage en indiquant qu’accepter son perfectionnisme fut pour lui une libération. Il démarre d’ailleurs sa conclusion par « Je m’appelle Tal, et je suis perfectionniste ». Il ajoute également qu’admettre que le perfectionnisme ne disparaît jamais vraiment, l’aide à avancer vers l’optimalisme.

Les traits de caractère optimaliste et perfectionniste ne sont pas distincts, mais coexistent en chacun d’entre nous. Ce que nous pouvons faire, c’est évoluer vers l’un ou l’autre état. Symboliquement, Tal Ben-Shahar termine le livre par « Je suis Tal, et je suis aussi un optimaliste ».

Conclusion de « L’apprentissage de l’imperfection » de Tal Ben-Shahar

Le message principal à retenir de ce livre est que pour vivre heureux, il faut accepter de vivre imparfaitement. Tout au long du livre, l’auteur confronte les concepts de perfectionnisme et d’optimalisme au travers d’exemples pour démontrer comment un changement de comportements vis-à-vis de situations peut contribuer à un meilleur bien être. Autre point important pour l’auteur : personne n’est complètement perfectionniste ou optimaliste, nous sommes tous un savant mélange entre ces états.

Ce livre se lit et se relit pour intégrer les concepts et conseils.

Points forts :

  • Présence de petits encarts pause qui proposent une réflexion au lecteur ;
  • Les propos proviennent toujours de psychologues, psychothérapeutes ou philosophes dont les travaux sont cités si les lecteurs sont intéressés pour approfondir le sujet ;
  • Exemples concrets donnés, inspirés de son vécu ;
  • Ajout de nombreux exercices pour appliquer les concepts exposés par l’auteur.

Point faible :

  •  Pour le lecteur francophone, certaines références peuvent être inconnues, et il y a parfois un léger décalage culturel.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

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