L’art subtil de s’en foutre

L art subtil de s en foutre Mark Manson

Phrase-résumée de “L’art subtil de s’en foutre : Un guide à contre-courant pour être soi-même” : Mark Manson nous propose de sortir du discours ambiant du développement personnel qui consiste à nous pousser à toujours être le “meilleur” ou le “plus”, en pratiquant l’art subtil de s’en foutre, autrement dit en arrêtant de focaliser sur des choses qui ne sont pas essentielles dans notre vie.

Par Mark Manson, 2017, 188 pages,

Titre original : “The subtle art of not giving a fuck

Chronique et résumé de “L’art subtil de s’en foutre” de Mark Manson :

Chapitre 1 – Don’t try

1.1 – L’histoire de Charles Bukowski ou le succès d’un raté

L’histoire de Charles Bukowski est celle d’un homme, alcoolique, dragueur, addictif au jeu, et pour reprendre les termes de l’auteur “mufle”, “radin” et “parasite”. Bukowski est aussi un poète.

Pour Mark Manson, il est la dernière personne à qui nous demanderions conseil pour vivre mieux. Il serait aussi la dernière à être citée dans un livre de développement personnel. C’est pourquoi l’auteur commence son livre en nous racontant son histoire…

Charles Bukowski passe plus de trente ans à vivre de la sorte. Puis, un jour, le responsable d’une maison d’édition lui donne sa chance. Le poète écrit son premier livre et devient ainsi, à cinquante ans, un romancier et poète renommé.

Pour Mark Manson, cet homme incarne le rêve américain. En effet, il se bat pour obtenir ce à quoi il aspire, n’abandonne à aucun moment et finit par réaliser ses rêves les plus fous.

Pourtant, pour l’auteur, ce n’est pas sa détermination à gagner qui a amené Bukowski au succès. Selon lui, il connaît le succès car il est conscient d’être un perdant, il y consent et sait exploiter cette identité en toute honnêteté en écrivant des livres. En bref, le succès de Bukowski, selon Mark Manson, c’est d’être un raté et d’en prendre son parti.

Pour l’auteur, la vie de Bokowski montre bien que, même si elles vont souvent de pair, l’amélioration de soi et la réussite, ne sont pas pour autant, systématiquement en corrélation.

1.2 – Une société centrée sur nos manques et créatrice de frustrations

Notre environnement nous bombarde de messages nous incitant à vouloir tout, tout le temps.

Le discours ambiant est saturé […]. Sois plus heureux. Sois en meilleure santé. Sois le meilleur, meilleur que les autres. Sois plus intelligent, plus rapide, plus riche, plus sexy, plus populaire, plus productif, toujours plus envié et admiré. Sois parfait, pour ne pas dire exceptionnel, et gagne des fortunes […].

Quelqu’un de vraiment heureux n’éprouve pas le besoin de se planter devant une glace pour répéter cinquante fois “je suis heureux”. Il l’est. Point barre.

En fait, ces conseils n’aboutissent qu’à nous focaliser sur ce qui nous manque. Cette obsession du positif nous rappelle constamment ce qu’on n’est pas, ce qu’on n’a pas, ou ce qu’on aurait dû être mais qu’on a échoué à devenir.

Voilà pourquoi, au final, on passe notre vie à poursuivre un bonheur vain et une satisfaction illusoire.

Ainsi, selon Mark Manson, si on veut avoir une “vie au top”, on ne doit pas essayer d’en vouloir davantage. On doit, au contraire, s’efforcer de baisser son niveau d’aspiration, et de se contenter de ce qui est vrai, immédiat et important à nos yeux.

1.3 – LA solution de Mark Manson : s’en foutre !

Ce qui nous bousille la vie, c’est justement de penser qu’il y a un truc qui cloche en nous. On s’en veut à mort de s’en vouloir à mort. On se sent coupable de se sentir coupable. On a les boules d’avoir les boules. On angoisse d’angoisser. […] C’est pour toutes ces raisons qu’il vaut mieux s’en foutre.

 Mark Manson fait part de trois postulats essentiels :

  • L’aspiration à vivre des expériences plus positives est en soi une expérience négative. Et paradoxalement, consentir à vivre les expériences négatives qui se présentent ou s’imposent à nous constitue, en soi, une expérience positive.
  • Selon la “loi de l’effort inverse” du philosophe Alan Watts (l’un des pères de la contre-culture américaine dans les années 1960) : plus on cherche à se sentir mieux, moins on se sent bien. Le fait de vouloir obtenir quelque chose, de chercher continuellement le bonheur ne fait que renforcer notre sentiment de manque. C’est pourquoi parfois, quand on se préoccupe moins de réussir certaines choses, on les réussit mieux.
  • Dans la vie, tout ce qui en vaut la peine s’obtient en acceptant l’expérience négative associée. Sinon, on produit l’effet inverse :

L’évitement de la souffrance produit de la souffrance. Le contournement de la lutte est en soi une lutte. Le déni de l’échec, c’est encore l’échec. Dissimuler ce qui est vécu comme honteux alimente un sentiment de honte.

L’auteur propose alors d’apprendre à focaliser son attention et à établir des priorités dans nos pensées le plus efficacement possible. Il s’agit, en fait, de faire le tri entre ce qui est vital pour nous et ce qui ne l’est pas, et ce, en fonction de nos valeurs personnelles.

1.4 – L’art subtil de s’en foutre, ça veut dire quoi ?

Mark Manson propose les trois “subtilités” suivantes pour expliquer ce que “s’en foutre” signifie pour lui :

  • “S’en foutre” ne signifie pas être indifférent, mais être à l’aise avec le sentiment d’être différent.

En fait, on ne peut se foutre de tout. Mais on peut se foutre de tout ce que nous considérons ne pas être important et nous mobiliser pour ce qui compte vraiment à nos yeux.

  • Pour “se foutre” de l’adversité, il faut donner de l’importance à quelque chose de plus important que l’adversité.

Identifier ce qui a de l’importance et fait sens à nos yeux est capital. Sans cela, on va “galérer” pour des choses qui n’en valent pas la peine.

  • Qu’on s’en rende compte ou pas, on choisit toujours de tenir à un quelque chose plutôt qu’à un autre.

Avec l’âge et la maturité, on devient plus sélectif, on apprend à tenir uniquement à ce qui en vaut la peine.

Si notre énergie décline à l’approche de la cinquantaine, notre identité, elle, se consolide. On sait qui on est et on s’accepte tel quel, y compris dans nos aspects les moins reluisants. Cela est libérateur. Se simplifier la vie contribue à faire de soi quelqu’un de vraiment heureux.

1.5 – Pourquoi ce livre ?

Pour Mark Manson, l’ambition de ce livre est de nous aider à :

  • Clarifier nos choix de vie et faire le tri entre ce à quoi nous choisissons d’accorder de l’importance ou pas.

L’attitude qui consiste à s’en foutre est, à cet égard, un moyen simple de réorienter ses attentes et d’opérer la distinction entre ce qui compte et ce qui ne compte pas.

  • Convertir nos souffrances en outils, nos traumatismes en pouvoirs, et nos problèmes en problèmes légèrement moins problématiques :

Reçois-le [ce livre] comme un guide pour souffrir et pour mieux souffrir, souffrir en sachant davantage pourquoi, souffrir avec davantage de compassion et d’humilité. C’est un livre qui t’aide à te mouvoir avec légèreté en dépit de tes lourds fardeaux, à te reposer en compagnie de tes peurs, à rire même quand tes larmes coulent. Il ne t’apprendra pas à gagner, à obtenir ou réussir, mais à perdre, à lâcher, à laisser filer. Il peut aussi t’enseigner à dresser l’inventaire de ta vie pour tout mettre au rebut, sauf le plus important. Il veut surtout t’inviter à te laisser tomber à la renverse les yeux grands fermés, à ne plus te pourrir autant la vie, à arrêter d’essayer.

L art subtil de s en foutre Mark Manson

Chapitre 2 – Le bonheur est un problème

2.1 – La souffrance est incontournable et utile

Mark Manson démarre ce chapitre par l’histoire d’un roi et de son fils vivant sur les contreforts de l’Himalaya. L’histoire de ce prince qui vécut dans l’opulence et la satisfaction puis dans le dénuement et le manque, avant de trouver un certain équilibre, n’est autre que le récit de vie de Bouddha (l’auteur nous le révèle à la fin). Sa philosophie a pour principe fondamental que la souffrance et la perte sont inévitables, et qu’il est donc vain d’essayer d’y résister.

Mark Manson partage cette idée que la vie tout entière est une forme de souffrance, et que nul n’y échappe. Pour lui :

  • Le bonheur n’est pas algorithmique. On ne peut pas le décrocher, l’obtenir, l’atteindre comme on réussit à intégrer une grande école.
  • L’insatisfaction et le sentiment de mal-être font partie intégrante de la nature humaine et sont même un élément nécessaire à la construction du bonheur.

2.2 – Souhaite-toi une vie pleine de “bons” problèmes

Selon Mark Manson, la souffrance a une fonction biologique : ces états d’insatisfaction et d’insécurité intérieure poussent à bouger pour innover et survivre. C’est d’ailleurs cette insatisfaction chronique qui a poussé l’espèce humaine à sans cesse se battre, lutter, construire et conquérir. Elle est donc une caractéristique de l’évolution.

Par conséquent, pour Mark Manson, il n’est pas bénéfique d’éviter la souffrance puisque celle-ci contribue, d’une certaine manière, au bien-être.

N’attends pas une vie sans problèmes. Ça n’existe pas. Au contraire, souhaite-toi une vie pleine de bons problèmes.

2.3 – Résoudre des problèmes rend heureux

Selon Mark Manson, être heureux implique d’avoir quelque chose à résoudre. Le bonheur serait, en ce sens, une activité toujours en cours parce que la résolution des problèmes est une tâche indéfiniment renouvelée :

Tu n’es pleinement heureux que quand tu identifies les problèmes que tu as envie d’avoir et de solutionner.

Cependant, pour beaucoup de gens, la vie n’est pas si facile. Selon Mark Manson, il y a deux raisons principales à cela :

  1. La tendance au déni

Certains nient carrément avoir des problèmes. Ce qui les oblige à “se faire des films” ou à se détourner de la réalité avec diverses distractions.

  1. La mentalité de victime

Certains choisissent de se persuader qu’ils ne sont pas capables de résoudre leurs problèmes, alors qu’ils le pourraient très bien, en réalité. En se posant en victimes, ils accusent les autres de leurs maux ou incriminent les circonstances extérieures, d’où leur colère, leur sentiment d’impuissance et leur désespoir.

2.4 – Ne fais pas tout un plat de tes émotions

Nos émotions sont une mécanique dont nous sommes dotés pour nous signaler que quelque chose est soit bénéfique, soit néfaste pour nous. Par conséquent, elles fonctionnent comme des indicateurs biologiques propres à nous faire changer favorablement :

  • Les émotions négatives sont un appel à l’action (quand on les éprouve, c’est qu’on est censé faire quelque chose).
  • Les émotions positives nous récompensent d’avoir agi correctement.

Bien qu’importantes, les émotions ne font pas tout dans la vie. Ce sont des suggestions neuro-biologiques, pas des commandements. C’est pourquoi, selon Mark Manson, nous ne devons pas nous fier aveuglément à ce qu’elles nous disent, mais prendre l’habitude de les remettre en question.

2.5 – Choisis tes combats

Pour Mark Manson, il faut se battre pour être heureux.

Il faut identifier et gérer ses combats pour s’épanouir véritablement, se sentir durablement satisfait et donner du sens à sa vie.

Pour cela, il ne faut pas se demander ce qui nous ferait plaisir dans la vie. Il est beaucoup plus pertinent de se poser la question suivante : “Quelle souffrance veux-tu endurer ?”. Autrement dit, selon les termes de l’auteur : “Pour quoi es-tu prêt à en chier” ?

Pour illustrer ses propos, Mark Manson nous confie son rêve de jeunesse : devenir une rock star !

Malgré tous les plans élaborés et tout le temps qu’il a passé à imaginer sa vie de rock star, Mark Manson nous explique qu’il n’a finalement jamais réaliser, ni même essayer de réaliser son rêve. Pourquoi ? Parce qu’en fait, ce qu’il aimait, c’est le résultat (l’image de lui sur scène, les gens l’applaudissant). Il n’aimait pas assez le chemin pour y arriver. En réalité, il pensait vouloir quelque chose mais il ne le voulait pas vraiment. Il voulait la récompense mais pas les efforts, la victoire mais pas le combat.

Or, pour savoir qui on est, on doit savoir pour quoi on est prêt à se battre. Nos combats conditionnent nos réussites.

Chapitre 3 – Tu n’as rien d’extraordinaire, tu sais…

La vérité, c’est qu’un problème personnel, ça n’existe pas. Si tu as un problème, dis-toi bien que des millions de gens l’ont eu avant toi, l’ont en ce moment ou l’auront demain. Et des gens que tu connais. […] Tu n’as rien d’extraordinaire.

3.1 – Le “petit con” de Jimmy

Une nouvelle histoire, celle de Jimmy cette fois, vient ouvrir ce troisième chapitre.

Mark Manson nous décrit longuement le portrait de cet homme. Jimmy est 100 % positif, mégalo, sûr de lui, parlant plus qu’il n’agit et vivant aux crochets des autres. Il est convaincu qu’il pourrait s’enrichir sans se donner la peine de faire quoique ce soit et mener la grande vie sans rien sacrifier. Bref, Jimmy est persuadé de mériter le meilleur alors qu’il est juste “un petit con” (selon les mots utilisés par l’auteur).

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Ainsi, pour Mark Manson, les méthodes de développement personnel tant vantées, qui tendent à persuader les gens qu’ils sont exceptionnels et à leur apprendre comment avoir une bonne image d’eux-mêmes sans raison valable, n’engendrent pas une population de Bill Gates ou de Martin Luther King, mais au contraire de Jimmy.

Selon Mark Manson, c’est dans la perception, l’évaluation de ses expériences négatives, de ses failles, que l’on mesure l’estime de soi.

3.2 – “Se la péter” pour compenser : la jeunesse de Mark Manson

Mark Manson nous confie, ici, une partie de son adolescence et son lot de tourments. Il relate plusieurs événements de sa jeunesse : le renvoi de son collège suite à la découverte de marijuana dans son sac alors qu’il n’a que 13 ans, ses mensonges,  le divorce de ses parents… Avec beaucoup de sincérité et d’humilité, il dresse un auto-portrait d’un adolescent plutôt sympa et futé, mais rebelle et menteur. Puis, se décrit comme un jeune adulte nombriliste, coureur de filles, immature, ayant “chopé le melon” et le besoin perpétuel d’en faire des tonnes :

Ma soif de reconnaissance, en moi jamais étanchée, a vite tourné à l’autosatisfaction – pour ne pas dire à l’auto-glorification – systématique. Je me croyais autorisé à dire ou à faire tout ce qui me passait par la tête, à trahir la confiance que les gens avait placé en moi, à les mépriser dans leurs sentiments, pour finir par me justifier à coups d’excuses pitoyables.

Au final, ce qu’analyse l’auteur à travers son propre vécu, c’est que :

Plus la souffrance est intense, plus tu te sens impuissant face à tes problèmes, et plus tu te la pètes pour compenser.

Selon lui, ce besoin se manifeste de l’une des deux façons suivantes :

  1. “Je suis génialissime et vous êtes tous nuls à chier, donc je mérite un traitement spécial.”
  2. “Je suis nul à chier et vous êtes tous génialissimes, donc je mérite un traitement spécial.”

3.3 – La tyrannie de l’exceptionnel

Les gens sont, dans l’ensemble, assez moyens dans l’essentiel des domaines. Même s’ils brillent dans un domaine, il y a de bonnes chances pour qu’ils se situent en dessous de la moyenne dans beaucoup d’autres.

Or, ce sont les extrêmes qui font la une des médias :

Tous les jours, du matin au soir, on est inondés d’extraordinaire. On retient le meilleur du meilleur. Le pire du pire. Les exploits physiques les plus dingues. Les blagues les plus hilarantes. Les nouvelles les plus renversantes. Les menaces les plus flippantes. Tout ça en continu. Mais l’existence en elle-même se déroule principalement au niveau du milieu de la courbe, dans le banal, l’ordinaire. La vie, pour l’essentiel de son déroulement, n’a rien d’extraordinaire.

Être “moyen” est devenu le nouveau marqueur de la nullité.

Le flot d’informations que l’on reçoit avec la technologie, nous amène, aujourd’hui, à penser que l’exceptionnel est la norme en vigueur. À cause de cela, nous nous sentons mal, nous doutons de nous-même, voire nous ressentons de la honte.

Dès lors, pour Mark Manson, avoir conscience et accepter que notre existence n’a rien d’exceptionnel :

  • Nous rend libre d’accomplir ce qui nous motive vraiment, sans inhibitions ni attentes irréalistes.
  • Nous aidera à apprécier chaque jour davantage des choses simples.

Chapitre 4 – La valeur de la souffrance

4.1 – Le sens de nos souffrances

  • L’histoire de Hiroo Onoda

Nouveau chapitre, nouvelle histoire ! Celle que l’auteur nous relate ici se passe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette histoire est celle Hiroo Onoda, un lieutenant japonais qui, poursuivi par les troupes américaines, se réfugie quelques mois avant la fin de la guerre, dans la jungle de l’île de Lubang aux Philippines.

Une fois la guerre terminée, Onoda, coupé du monde au fin fond d’une jungle hostile, va continuer de croire, pendant plus de trente ans, que la guerre n’a jamais cessé. Durant toutes ces années, tous les moyens possibles et imaginables sont employés par l’armée américaine et les autorités japonaises pour informer le lieutenant de la fin des combats. En vain. Rien n’y fait. Onoda n’y croit pas. Il est convaincu qu’il s’agit d’un traquenard et continue la guérilla, refusant de sortir de sa cachette. C’est finalement un jeune baroudeur marginal du nom de Suzuki, qui le retrouve et parvient à lui faire entendre raison.

  • Pourquoi souffre-t-on ?

Lorsque Suzuki demande à Onoda pourquoi il est resté là, à poursuivre la lutte armée, Onoda lui répond qu’il avait reçu l’ordre de “ne jamais se rendre” et qu’il s’y était tout simplement conformé. Comble de l’ironie, Onoda vit ses dernières années beaucoup plus déprimé qu’il ne l’a jamais été pendant des décennies dans sa jungle, là où son existence signifiait quelque chose, là où sa souffrance était supportable.

Dans cette histoire, les deux hommes ont sacrifié la majeure partie de leur vie : Onoda par loyauté à un empire défunt, Suzuki pour une folle aventure (on sait que Suzuki meurt peu de temps après au cours d’une de ces aventures).

Cependant, la souffrance d’Onoda et de Susuki signifie quelque chose à leurs yeux. Elle répond à une cause supérieure à leur personne. Et c’est parce qu’elle signifiait quelque chose, qu’ils ont réussi à trouver le courage de l’endurer, et même peut-être en retirer du plaisir.

En conclusion de ce récit, Mark Manson nous invite à réfléchir sur le sens de nos souffrances pour améliorer notre vie :

Si la souffrance comme nos problèmes sont inévitables, la question qu’on devrait se poser n’est pas “Comment est-ce que j’arrête de souffrir ?” mais “Pourquoi suis-je en train de souffrir ? Pour quelle cause ? Dans quel but ?”

4.2 – L’oignon et la conscience de soi

La conscience de soi présente, à l’image de l’oignon, de multiples sous-couches :

  • La première couche est l’appréhension basique de nos émotions.
  • La deuxième couche est la capacité à se demander pourquoi on ressent certaines émotions.
  • La troisième (et la plus importante) couche est celle de nos valeurs personnelles qui :
    • Déterminent la nature de nos problèmes et donc la qualité de notre vie.
    • Fondent qui on est et tout ce qu’on fait (tout ce que nous pensons d’une situation se rapporte, en fait, à la valeur que nous lui accordons).

Selon Mark Manson, très souvent, le développement personnel proposé opère à un niveau superficiel : il vise juste à ce que les gens se sentent bien à court terme.

4.3 – Problèmes de rocks stars

L’histoire que Mark Manson nous raconte ici est très parlante.

Il s’agit de celle de Dave, un guitariste congédié, du jour au lendemain, par son groupe de musique. Fâché et humilié par son éviction, Dave décide de prendre sa revanche. Obsédé par son idée, l’homme se promet de mettre tout en œuvre pour parvenir au sommet de la gloire et pouvoir ainsi triompher face au groupe qui l’a abandonné quelques années auparavant. C’est ainsi que Dave, de son nom complet Dave Mustaine, crée le groupe de rock Megadeth !  Connu dans le monde entier, le groupe vend plus de 25 millions d’albums et réalise des tournées mondiales phénoménales.

On pourrait croire que tenant sa revanche, Dave Mustaine devint heureux. Mais non ! Car le groupe l’ayant éjecté n’en est pas moins que le célèbre groupe de rock Metallica qui vendit, de son côté, plus de 180 millions d’albums et eut un succès planétaire encore plus colossal.

Peu importe le parcours accompli depuis lors, dans sa tête, Dave Mustaine sera toujours “le gars qui s’est fait jeter de Metallica”. Même s’il est devenu un artiste reconnu qui gagne des millions de dollars, aujourd’hui, le guitariste continue de se percevoir comme un raté. Et ce, parce que, du fait de son expérience, il a choisi, pour auto-évaluer sa vie, Metallica comme étalon de référence.

Morale de l’histoire, selon Mark Manson : tout le monde ou presque se compare aux autres. Mais, selon l’auteur :

La question est celle des critères retenus. Si tu veux faire évoluer ta manière de percevoir, d’envisager tes problèmes, alors il te faut modifier tes valeurs et/ou tes instruments de mesure de l’échec et de la réussite.

4.4 – Les fausses valeurs

Ici, Mark Manson liste ce qu’il appelle les “fausses valeurs”, c’est-à-dire les valeurs qui n’engendrent, selon lui, que des problèmes inextricables :

  • Le plaisir :

Le plaisir est la forme de satisfaction la plus superficielle et la plus facile à obtenir et donc, à perdre. S’il est nécessaire (à certaines doses), il n’est pas en soi suffisant. Le plaisir n’est pas la cause du bonheur, il en est un effet.

  • La réussite matérielle :

Des recherches montrent qu’à partir du moment où l’on est capable de satisfaire ses besoins fondamentaux (nourriture, abri, etc.), la corrélation entre le bonheur et la réussite matérielle est quasiment nulle.

  • Avoir toujours raison :

Ceux qui pensent avoir de la valeur parce qu’ils ont constamment le dernier mot s’interdisent par là même de tirer leçon de leurs erreurs. En ne pouvant appréhender les choses sous un angle différent, ils ferment la porte aux enseignements de l’expérience.

  • Rester positif quoi qu’il arrive :

Même si envisager systématiquement le bon côté des choses possède bien des avantages, en réalité, la vie est parfois juste “nulle à chier”. Il n’y a alors aucun problème à exprimer nos émotions négatives. Cependant, il est important de le faire d’une manière socialement acceptable, saine et en adéquation avec nos valeurs.

À la longue, boucler un marathon nous rend plus heureux que manger un gâteau au chocolat. Élever des gamins nous épanouit davantage que gagner à un jeu vidéo. Lancer une petite entreprise avec des copains en tirant la langue pour joindre les deux bouts nous apporte davantage de satisfaction qu’acheter un nouvel ordi. Ce sont des activités stressantes, pas évidentes et souvent pas très fun qui nécessitent de déminer les problèmes les uns après les autres. Mais quel pied ! Il faut en passer par beaucoup d’efforts, de douleurs, et même de colère, voire de désespoir – mais une fois que tu en viens à bout, tu regardes en arrière et tu as la larme à l’œil en racontant ta guerre à tes petits-enfants.

Comme disait Freud : “Un jour, avec le recul, les années de lutte t’apparaîtront comme les plus belles.” C’est pourquoi ces valeurs – le plaisir, la réussite matérielle, avoir toujours raison et rester positif quoi qu’il arrive – sont des idéaux minables.

4.5 – Les valeurs “cool” et les valeurs “merdiques”

  • Les valeurs “cool” sont :

    • Basées sur la réalité,
    • Socialement constructives,
    • Immédiates et contrôlables.

Quelques exemples de valeurs “cool”, selon Mark Manson : l’honnêteté, l’innovation, la vulnérabilité, se défendre, défendre les autres, se respecter, la curiosité, la charité, l’humilité et la créativité .

  • Les valeurs “merdiques” sont :

    • Basées sur des superstitions,
    • Socialement destructrices,
    • Ni immédiates ni contrôlables.

Quelques exemples de valeurs “merdiques”, selon Mark Manson : la domination par la manipulation ou la violence, “baiser” n’importe qui, “envoyer chier” tout le monde, se sentir bien tout le temps, se regarder le nombril, ne jamais rester seul, être aimé par tout le monde, être “friqué” pour être “friqué”.

Quand on opte pour des valeurs “cool”, nous sommes capables de nous tourner vers des choses qui comptent vraiment. Celles-ci nous font nous sentir mieux et génèrent du bonheur, du plaisir et de la réussite. De cette manière, on se confronte à de meilleurs problèmes et notre vie s’en trouve améliorée.

4.6 – Cinq valeurs “négatives” les plus profitables

La suite du livre s’articule autour de cinq valeurs.

Celles-ci :

  • Ne sont pas les plus répandues, mais, sont, selon Mark Manson, les plus profitables.
  • Obéissent toutes à la “loi de l’effort inverse”, celles-ci étant “négatives” (voir Chapitre 1).
  • Demandent toutes de se confronter à ses propres problèmes.
  • Sont aussi iconoclastes et anticonformistes qu’inconfortables, mais peuvent changer la vie.

Ces cinq valeurs sont les suivantes :

  • La responsabilité radicale : prendre la responsabilité de tout ce qui nous arrive dans la vie, sans nous occuper de désigner un coupable.
  • L’incertitude : reconnaître notre propre ignorance et cultiver le doute permanent quant à nos propres croyances.
  • L’échec : être disposé à prendre connaissance de nos défauts, de nos erreurs, pour y remédier.
  • Le rejet : la capacité à dire et à entendre “non” pour définir clairement ce qu’on accepte et n’accepte pas dans ta vie.
  • La contemplation de notre condition de mortel : considérer sérieusement notre propre mort est ce qui nous aidera à relativiser toutes les autres valeurs.

Chapitre 5 – Tu fais tout le temps des choix

L art subtil de s en foutre Mark Manson

5.1 – Choisir ou pas ses problèmes

Pour démarrer ce chapitre, Mark Manson prend l’exemple d’un marathon que nous aurions couru :

  • Si nous avons choisi librement de faire ce marathon et qu’on s’y est préparé, le moment est inoubliable.
  • Si, par contre, celui-ci nous a été imposé et qu’on l’a fait contre notre volonté, le marathon devient une expérience des plus pénible.

En effet, selon Mark Manson :

La seule différence entre une situation ressentie comme accablante et une autre au contraire perçue comme galvanisante est le sentiment, dans le second cas, d’avoir pu exercer un choix en toute autonomie et d’en assumer la responsabilité. […] Quand c’est toi qui choisis tes problèmes, tu te sens fort. Dès lors qu’on te les impose, tu te vis comme une malheureuse victime.

5.2 – Ne pas choisir, c’est encore choisir

Après de nombreuses années à n’être qu’un vilain petit canard, le psychologue et philosophe américain William James, dépressif, décide de  tenter une expérience : celle de passer une année avec la conviction ancrée d’être 100 % responsable de tout ce qui lui arriverait, sans aucune exception.

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Après cette expérience, sa vie change radicalement. Celle-ci est, pour lui, une “renaissance” (mot utilisé pour en parler). C’est grâce à cela qu’il dit avoir pu accomplir ce qu’il a entrepris par la suite.

L’idée phare ici est qu’il suffit de réaliser qu’on est responsable de tout ce qui nous arrive dans la vie, quelles qu’en soient les circonstances, pour évoluer.

Selon Mark Manson, on ne contrôle, certes, pas toujours ce qui survient. Cependant, on contrôle toujours le regard que l’on porte sur ce qui nous arrive et la façon dont on y réagit.

Dès lors, un même événement peut devenir positif ou négatif en fonction du critère qu’on choisit d’appliquer.

5.3 – Ne confonds pas “responsabilité” et “faute”

Il est important d’éviter l’amalgame entre “responsabilité” et “culpabilité” qui vont souvent de pair dans nos mentalités d’Occidentaux.

On est constamment responsable d’expériences qui ne sont pas de notre faute. Ça fait partie de la vie.

Mark Manson nous fait part d’un moyen pour bien dissocier les deux concepts :

  • La faute découle de choix qui ont déjà été faits.
  • La responsabilité résulte de choix que nous sommes en train d’effectuer, chaque jour, à chaque seconde.

Pour illustrer cette idée et nous aider à comprendre la différence entre “responsabilité” et “culpabilité”, Mark Manson nous raconte sa première rupture amoureuse. Alors qu’elle le trompe avec son professeur, sa copine décide de rompre avec lui. C’est un déchirement pour le jeune homme délaissé qui traîne, des mois durant, son chagrin et qui en rend sa copine pleinement responsable. Mais un jour, il réalise que même si ce qui lui arrivait et l’état dans lequel il était réduit étaient de sa faute, elle-même n’était en rien responsable de son état déplorable. En effet, c’était bien lui qui l’était !

Mark Manson nous explique alors comment il a finalement réussi, après un long processus, à se corriger dans ses relations qui ont suivi.

Revendiquer la responsabilité de ses propres problèmes est une autre paire de manches, mais les enseignements qu’on en retire sont extrêmement précieux. C’est par là que tu corriges tes travers. Se contenter d’accuser les autres, c’est se faire du mal à soi-même.

5.4 – Comment réagir aux tragédies ?

L’histoire que nous expose Mark Manson ici est poignante.

Malala Yousafzai est une petite villageoise afghane. À l’âge de 13 ans, Malala refuse ce que les talibans qui contrôlent son pays lui imposent à cause de son statut de fille. Ainsi, malgré l’interdiction en vigueur, elle fait le choix de se rendre tous les jours à l’école. À cause de cela, la jeune fille se prend, un jour, une balle dans la tête. Toutefois, elle échappe à la mort miraculeusement.

Aujourd’hui, bien que menacée de mort, la jeune militante continue de dénoncer l’oppression et les violences subies par les femmes dans les pays musulmans dans plusieurs livres. En 2014, le prix Nobel de la paix lui est décerné. Elle est désormais connue à l’échelle planétaire.

A la fin de ce récit, Mark Manson met en avant qu’il aurait été si facile à Malala de simplement dire : “Que puis-je y faire ?” ou “Je n’ai pas le choix.” Et nul ne lui en aurait fait le reproche. Mais la jeune fille a fait un autre choix.

5.5 – La vie est une partie de poker

Le poker, c’est ainsi que Mark Manson nous dit voir la vie :

On a tous en main une donne, au départ. Certains partent avec une plus belle donne que beaucoup d’autres. Et même s’il est tentant de faire une fixette sur tes cartes pour en conclure que tu t’es fait arnaquer, le vrai jeu réside dans les choix que tu fais avec, les risques que tu décides de prendre et les conséquences que tu choisis d’assumer. Ceux qui font systématiquement les meilleurs choix dans les situations qu’ils rencontrent sont aussi ceux qui s’en sortent le mieux. Dans la vie comme au poker. Et ce ne sont pas nécessairement ceux qui d’entée avaient la plus belle donne.

5.6 – La “victimattitude”

Aujourd’hui, quiconque s’estime offensé pour un quelconque motif, se sent le droit de s’indigner à la face du monde et considère comme normal d’intéresser ses congénères.

Selon Mark Manson, le préjudice de cette “victimattitude”, c’est qu’elle détourne l’attention des vraies victimes. En effet, plus il y a de gens qui se déclarent lésés par d’infimes infractions, plus les authentiques victimes sont noyées dans la masse et deviennent invisibles.

Chapitre 6 – Tu as faux sur toute la ligne (mais l’auteur aussi)

6.1 – Architectes de nos propres croyances

J’ai toujours eu faux sur toute la ligne. Je me suis archi-trompé sur moi-même, sur les autres, sur la société, sur la culture, sur le monde, sur l’univers – sur tout, depuis le début. […] Je me trompe encore et encore et encore sur tout, c’est pourquoi ma vie avance vers le mieux.

Mark Manson nous fait part d’une expérience réalisée par des psychologues. Ces derniers ont placé quelqu’un dans une pièce équipée de boutons à actionner. Puis, il lui ont demandé de trouver l’action à exercer pour que la lumière s’allume. Chaque fois que la lumière s’allume, un point est gagné. Le but est de gagner le maximum de points en 30 minutes.

L’auteur nous explique que l’objectif de cette expérience est, en fait, de montrer à quelle vitesse l’esprit humain est capable d’inventer “des conneries” et d’y croire.

En effet, lors de l’expérience, tous les individus cobayes croient avoir découvert la séquence “parfaite”. Notre cerveau est une machine à produire du sens. Or, le “sens” qu’on attribue à quelque chose est généré par les associations que notre cerveau opère entre deux ou plusieurs expériences. En somme, il n’y a de bien, pour nous, que ce que notre expérience nous a montré.

C’est pourquoi, la clé, selon Mark Manson, est de cultiver constamment le doute et se donner tort.

6.2 – Fais gaffe à ce que tu crois

  • L’incroyable histoire de Meredith

L’histoire que nous révèle ici Mark Manson est étonnante.

Lors d’une thérapie, en 1988, Meredith, une journaliste féministe, réalise que, petite, elle a été abusée sexuellement par son père. Il s’agit, en fait, d’un souvenir refoulé, resté dans son inconscient tout une partie de sa vie. Aussi, à l’âge de 37 ans, elle raconte tout à sa famille et affronte son père qui nie. Tout l’entourage de Meredith prend parti et se divise.

Mais cette histoire est bien plus dramatique que ça. En effet, dix ans plus tard, Meredith réalise que son père ne l’a jamais abusée ! Elle a, en fait, fabriqué le souvenir traumatique avec l’aide d’un thérapeute pourtant bien intentionné. Rongée par la culpabilité, elle multiplie les excuses et les justifications, mais trop tard : son père est décédé et sa famille meurtrie pour toujours. Meredith fera de cette histoire un livre : “My Lie : A True Story of False Memory”.

  • Se faire moins confiance

En fait, dans les années 80 (l’auteur en développe les raisons), de nombreuses femmes ont accusé des hommes de leur famille d’abus sexuels pour finir par faire volte-face et se rétracter des années plus tard.

Ces faits divers montrent bien comment fonctionnent nos souvenirs :

Notre cerveau traite les situations vécues de manière à ce qu’elles cadrent avec l’ensemble des expériences précédentes, avec nos sentiments et certitudes. Dès lors, lorsque nous rencontrons des situations qui viennent contredire tout ce qu’on tenait pour vrai quant à notre passé, il génère des souvenirs fictifs pour rétablir la cohérence.

Par ailleurs, pour Mark Manson, le fonctionnement de nos souvenirs s’apparente à celui du téléphone arabe. Ce jeu consiste à dire quelque chose à l’oreille de notre voisin qui le répète à l’oreille de son voisin, et ainsi de suite. Au bout de la chaîne, ce que la dernière personne entend n’a plus rien à voir avec le message initial.

Par conséquent, notre mémoire est faillible et notre cerveau fonctionne avec des partis pris très ancrés. C’est pourquoi, contrairement à tous ces messages qui nous invitent à nous faire confiance, à faire “au feeling” ou “comme on le sent”, Mark Manson, lui, préconise au contraire, de se faire moins confiance.

6.3 – Les dangers de la certitude absolue

Laura est une jeune femme “droguée” du développement personnel. Laura a été éconduite par l’auteur après une relation sexuelle. Depuis, cette dernière le harcèle et s’accroche à des certitudes farfelues. En nous dépeignant la personnalité de Laura, habitée par une attitude et des croyances irrationnelles, Mark Manson expose trois idées :

  • La certitude n’est jamais totale.
  • La poursuite de la certitude engendre souvent une insécurité supérieure. C’est encore une fois la “loi de l’effort inverse” : plus on recherche la certitude à propos de quelque chose, plus on renforce en soi le sentiment d’incertitude et d’insécurité. Mais l’inverse est vrai aussi : plus on consent à l’état d’incertitude, plus on apprécie de progresser dans la connaissance de ce qu’on ignore.
  • L’incertitude désamorce les stéréotypes et préjugés, et prévient les jugements sommaires (y compris sur soi).

6.4 – La loi de l’évitement de Mark Manson

La loi de l’évitement, selon Mark Manson est : plus quelque chose met en danger notre identité, menace de modifier l’appréciation (positive ou négative) qu’on a de soi-même, plus nous nous efforçons de l’éviter.

Ainsi, c’est la raison pour laquelle les gens redoutent autant le succès que l’échec : cela met en péril qui ils croient être. Or, tant qu’on refuse de toucher à la représentation qu’on a de soi-même, à ce qu’on croit être et ne pas être, on ne peut pas changer.

6.5 – Garde-toi d’être exceptionnel

Une fois qu’on a compris que nos problèmes n’ont rien de bien extraordinaire, qu’on s’est débarrassé des histoires sur soi, bref, qu’on a lâcher prise, nous voilà libéré !

L art subtil de s en foutre Mark Manson

L’auteur nous conseille alors de nous définir de la manière la plus standard et la plus ordinaire possible :

Ça revient fréquemment à laisser tomber les grandes idées sur toi-même […]. Ça signifie également renoncer à te la péter et à croire que quelque chose t’est dû. Ça veut dire aussi abandonner les shoots d’adrénaline dont tu te gaves depuis des années.

6.6 – Comment avoir un peu moins de certitudes sur toi-même

Mark Manson suggère quelques questions à se poser pour nous aider à avoir un peu plus d’incertitude dans notre vie.

  • Question n ° 1 : Et si j’avais tort ?

Cette question devrait devenir une habitude mentale, un réflexe. Et ce n’est pas parce qu’on se demande si on n’a pas tort qu’on a nécessairement tort. Parallèlement, il faut garder en tête qu’il y a toujours quelque chose sur quoi on a tort.

  • Question n ° 2 : Qu’est-ce que ça voudrait dire si j’avais tort ?

Être capable de considérer et d’évaluer d’autres points de vue sans forcément les adopter est sans doute LA compétence la plus importante pour évoluer soi-même de manière constructive.

  • Question n ° 3 : Le fait d’avoir tort créerait-il un problème meilleur ou pire que mon problème actuel, pour moi et les autres ?

Si on a l’impression que c’est soi contre le reste du monde, il y a des chances pour que ce soit juste soi contre soi-même.

Chapitre 7- “Se planter” pour bien démarrer

7.1 – Le paradoxe de l’échec et du succès

Les progrès, dans quelque domaine que ce soit, passent par des milliers de minuscules échecs. […] Refuser l’éventualité de l’échec revient à fermer la porte à toute possibilité de réussir.

Pourtant, la vie nous apprend à éviter l’échec. Pour Mark Manson, en sont largement responsables :

  • Le système scolaire : tout y est rapporté à la performance, les individus sont évalués sur cette base ; ceux qui ont une trajectoire qui va de travers et ne se conforment pas au cadre sont sanctionnés.
  • Les médias de masse : qui nous montrent sans cesse des réussites spectaculaires sans parler des milliers d’heures d’entraînement nécessaires pour les atteindre.

7.2 – La douleur fait partie du processus

Dans les années 1950, Kazimierz Dabrowski, un psychologue polonais, mène des recherches relatives aux survivants de la Seconde Guerre mondiale. De nombreux survivants disent que ces traumatismes accumulés ont finalement fait d’eux des individus plus matures et même plus heureux. Bien que le degré d’horreur de leur vécu soit au-delà de l’imaginable, certains sont parvenus à rebondir, à prendre élan de ces années d’épreuves et gagner en résilience.

Ce que veut nous dire Mark Manson en nous relatant ces recherches, c’est que la souffrance fait partie du processus. La ressentir compte beaucoup. Chercher à s’en abstraire, la masquer, se complaire dans la pensée positive revient à se priver de la motivation indispensable à toute métamorphose :

Selon Dabrowski, la peur, l’anxiété et la tristesse ne sont pas des états nécessairement ou systématiquement perturbateurs ou inutiles, au contraire. De la même manière que l’épreuve physique vient fortifier l’organisme, ils fonctionnent comme autant de moteurs, de vecteurs de l’évolution psychoaffective.

Ainsi, selon Mark Manson :

On a besoin de crises existentielles, sous une forme ou sous une autre, pour considérer en toute objectivité ce qui a fait sens dans notre vie et éventuellement envisager de changer de direction.

7.3 – Fais d’abord quelque chose, le reste suivra

Si vous séchez sur un problème, ne restez pas assis à y réfléchir ; mettez-vous à travailler dessus. Même si vous ne savez pas où vous allez, le seul fait de travailler dessus finira par faire surgir les bonnes idées.

L’action n’est pas seulement l’effet de la motivation. Elle en est aussi la cause. Les gens pensent que l’inspiration émotionnelle amène la motivation qui amène, à son tour, l’action. Point. Or, selon Mark Manson, la motivation s’inscrit, en réalité, dans un cycle sans fin : inspiration → motivation → action → inspiration → motivation → action → etc.

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Il est donc, selon l’auteur, tout à fait possible de refaçonner son état d’esprit de la manière suivante : action → inspiration → motivation.

À ce propos, l’écrivain et entrepreneur américain Tim Ferriss rapporte le propos entendu d’un confrère, auteur de plus de soixante-dix romans :

Si tu mets en œuvre ce principe du “fais d’abord quelque chose, le reste suivra”, te planter t’indiffère. Avec “agir” pour critère de réussite, n’importe quel résultat se perçoit comme un progrès, l’inspiration se fait récompense au lieu de n’être que la condition préalable. Tu ne redoutes plus de te vautrer. Te voilà propulsé.

Chapitre 8 – L’importance de dire non

8.1 – L’utilité de frontières étanches dans la relation

Dans une relation bienveillante, les partenaires :

  • Identifient leurs problèmes respectifs et cherchent à les solutionner en s’épaulant mutuellement.
  • Ont une faculté à assumer leurs responsabilités (ce qui lui appartient exclusivement, sans chercher à se charger de ce qui revient à l’autre).
  • Sont capables de rejeter l’autre ou d’accepter de se trouver rejeté par lui ; ils ne redoutent pas les crises et conflits, encore moins les blessures narcissiques.

Dans une relation toxique, on voit souvent deux stratégies d’évitement des responsabilités :

  1. Soit une personne assume la responsabilité de problèmes / d’émotions qui ne sont pas les siens,
  2. Soit elle en vient à charger l’autre de la responsabilité des siens.

On parle souvent de deux profils comme aimantés l’un par l’autre : une personne qui fout le feu pour se donner de l’importance – la victime (dans le cas n°2), et une autre qui se valorise en éteignant l’incendie – son sauveur (dans le cas N°1).

8.2 – Comment bâtir la confiance

La confiance est l’ingrédient principal d’une relation. Mark Manson nous fait part de deux idées à ce sujet :

  • Dans une relation, il faut des conflits pour qu’il y ait de la confiance.
  • Quand la confiance est détruite, elle ne peut renaître qu’à deux conditions :
    • Que le fauteur admette les mobiles de l’”abus de confiance” ;
    • Qu’il fasse la démonstration de son changement de comportement dans la durée.

8.3 – S’engager pour être libre

Mark Manson nous fait part de plusieurs idées sur le fait de multiplier les expériences ou de s’engager auprès de certaines :

  • La société de consommation nous pousse à en vouloir toujours plus. Toutefois, “plus”ne signifie pas forcément “mieux”. C’est même plutôt le contraire.
  • Quand on est submergés d’opportunités et d’options, on souffre de ce que les psychologues appellent le “paradoxe du choix” : en gros, plus on nous propose d’options, moins on est satisfait de notre choix parce qu’on garde en tête toutes les autres possibilités auxquelles on a renoncé.
  • Il est vrai que s’engager vis-à-vis d’une personne, s’investir pleinement dans un lieu, un job ou une activité prive d’un tas d’autres expériences ; or, élargir le champ de ses expériences est nécessaire au cours de sa jeunesse. Cependant, plus on “prend de la bouteille”, moins les expériences inédites nous affectent, et multiplier les expériences prive de goûter à la joie de l’expérience dans sa plénitude.
  • L’engagement concentre l’énergie sur quelques objectifs prioritaires, avec, de ce fait, des chances de réussite plus élevées que pour celui qu’on aurait atteint en se dispersant.

Chapitre 9 – … Et puis tu meurs

9.1 – L’histoire de la mort de Josh

Pour ce dernier chapitre, Mark Manson nous brosse une histoire triste et tragique. Une histoire qu’il a vécu, plus jeune, et qui a totalement bouleversé sa vie.

Cette histoire, c’est la mort de son ami Josh. Lors d’une soirée dans une copropriété au nord de Dallas, l’auteur et son ami Josh, après avoir “descendu” plusieurs bières, se mettent au défi de sauter d’une falaise d’une dizaine de mètres surplombant un lac. Mais le jeu et la rigolade tourne au drame. Josh en meurt accidentellement.

Le récit de Mark Manson est émouvant. Ce dernier nous livre la douleur qu’il a connu et la dépression qu’il a traversée après la mort de son ami. Puis, il nous dévoile en quoi cet événement a été un tournant dans sa vie :

Avant sa disparition, j’étais inhibé, sans ambition, obnubilé par ce que j’imaginais qu’on pouvait penser de moi. Après le drame, plus rien n’a été comme avant. Je suis devenu un autre, quelqu’un de responsable, de curieux, de bosseur. […] C’était la mort de quelqu’un d’autre qui m’avait donné la permission de vivre. Cet épisode, incontestablement le plus dur, est aussi celui qui a le plus transformé le cours de ma vie.

9.2 – La part d’immortel en toi

Ernest Becker était un paria universitaire. C’est ainsi que Mark Manson nous présente cet homme original, anthropologue et non conformiste.

Alors qu’il est sur le point d’être congédié pour la cinquième fois par un employeur en six ans, Ernest Becker déclare un cancer du côlon. Son pronostic vital est engagé. Contraint de passer les années suivantes alité, sans réel espoir d’en sortir, il décide d’écrire un livre sur la mort.

Cet ouvrage, “The Denial of Death, remporte le prix Pulitzer et devient l’une des œuvres intellectuelles les plus influentes du XXe siècle, bouleversant les domaines de la psychologie et de l’anthropologie. “The Denial of Death soutient deux points essentiels :

  1. En tant qu’humains, nous sommes les seuls animaux capables de conceptualiser et de se représenter de manière abstraite.

En effet, nous sommes uniques en notre genre parmi les autres espèces. Nous naissons avec la capacité de nous imaginer dans des situations hypothétiques, de considérer le passé et le futur et d’envisager d’autres versions de la réalité. Par ailleurs, nous sommes les seuls animaux en mesure d’imaginer une réalité dont nous serions absents. Cette acuité de la conscience engendre ce que Becker désigne comme la “terreur de la mort”, une angoisse existentielle profonde qui sous-tend tout ce que nous pensons ou faisons.

  1. Becker part du principe que nous avons, à la base, deux moi :

    • Le premier moi est le moi physique : celui qui mange, dort, ronfle, etc.
    • Le second moi est le moi conceptuel : notre identité ou l’image qu’on a de nous-mêmes.

La thèse de Becker est la suivante : on est peu conscient que notre moi physique va mourir, que c’est inévitable. Du coup, pour compenser notre peur de la mort, on s’efforce de construire un moi conceptuel qui, lui, sera éternel. On met en oeuvre, comme Becker les appelle, des “projets d’immortalité” . Ces projets permettent à notre moi conceptuel de survivre à notre mort physique, de prolonger notre moi très au-delà.

Qu’il débouche sur la maîtrise d’un art, la conquête d’une nouvelle terre, l’accumulation de richesses ou l’engendrement d’une lignée dont le nom se perpétuera d’une génération à l’autre, le sens de notre vie est tout entier déterminé par cette aspiration innée à ne jamais mourir tout à fait.

Puisqu’elle est inévitable, s’efforcer d’accepter la mort vaut mieux que l’ignorer.

La mort nous terrifie tous autant que nous sommes. Paradoxalement, la mort est la lumière qui fait ressortir la pénombre du sens de l’existence. Sans la mort, rien ne revêtirait d’importance.

9.3 – La face lumineuse de la mort

Quand nous passons notre temps à courir après un peu plus de fric, un peu plus de gloire et d’attention, un peu plus d’assurance, que nous avons raison ou que nous sommes aimés, la mort qui balaie tout nous confronte à une question autrement plus lourde : que vas-tu laisser derrière toi ? Quelle empreinte ? Quelle influence auras-tu eue ? En quoi le monde sera-t-il différent quand tu n’en seras plus ? On dit qu’un papillon qui bat des ailes en Afrique peut provoquer un ouragan en Floride ; eh bien, quel ouragan vas-tu laisser dans ton sillage ?

Pour terminer son livre, Mark Manson relate une expérience vécue sur le site du Cap de Bonne Espérance : il nous raconte ce qu’il a ressenti, secondes après secondes, au moment où, en haut d’une falaise vertigineuse face à l’océan et au vent violent, il s’est approché de quelques centimètres du bord de la paroi verticale.

L’auteur nous explique que de telles rencontres provoquées de notre condition de mortels se pratiquaient déjà dans l’Antiquité. C’était une manière de toujours garder bien présente à l’esprit l’idée de sa propre mort afin de goûter la vie et d’en relativiser l’accueil des difficultés.

Par une anecdote, Mark Manson, nous révèle qu’après cette expérience, il s’est senti “vivant, très vivant” !

Rien ne rend aussi présent à soi-même, aussi conscient de l’instant comme d’être à quelques centimètres de sa propre mort.

L art subtil de s en foutre Mark Manson être soi même

Conclusion de “L’art subtil de s’en foutre : Un guide à contre-courant pour être soi-même” de Mark Manson

  • Ce qu’on apprend dans ce livre

Ce livre possède de nombreux points de réflexion, dont les plus forts pourraient être les suivants :

    • Toujours rechercher des expériences positives engendre souvent, au final, des expériences négatives.
    • Toute action comporte un sacrifice associé, et on doit l’accepter : tout ce qui nous fait nous sentir bien va à un moment nous faire nous sentir mal.
    • Il est capital d’apprendre à établir des priorités afin de focaliser son attention sur ce qui en vaut vraiment la peine.
    • Se simplifier la vie contribue à faire de soi quelqu’un de vraiment heureux.
    • Les problèmes et les souffrances font partie intégrante de la vie et sont inévitables ; à nous donc de savoir nous créer de “bons” problèmes.
    • Chacun est responsable de son interprétation et de ses réactions face aux événements. Il est indispensable d’en prendre l’entière responsabilité.
    • L’action est source de motivation ; ce n’est pas seulement la motivation qui crée l’action.
    • Notre existence n’a rien d’exceptionnelle. L’accepter nous rend libre. L’extraordinaire se trouve dans l’ordinaire.
    • Le “plus” n’est pas le “mieux”.
    • On est dans une perpétuelle quête de vérité (qu’on n’atteint jamais) : on se trompe tout le temps et juste un peu moins au fur et à mesure de nos apprentissages dans la vie.
    • Renoncer à certaines expériences permet de vivre la plénitude et la profondeur de celles pour lesquelles on aura choisi de s’engager.
    • La mort est ce qui donne du sens à la vie.
  • Un livre que je recommande !

Avec sa sagesse pratique, “L’art subtil de s’en foutre” est un livre que j’ai beaucoup aimé pour toutes les raisons que je décris ci-dessous, en points positifs. C’est donc un ouvrage que je recommande vivement !

Points forts :

  • La liberté de ton, sans pour autant faire perdre de la profondeur au contenu ;
  • L’originalité des idées à contre-courant qui sortent du discours ambiant ;
  • L’humour un peu décalé qui n’enlève pas de pertinence aux propos ;
  • Les nombreuses histoires bien racontées, captivantes, souvent vécues et toujours intéressantes qui rendent la lecture d’autant plus agréable ;
  • L’humilité et la sincérité dans les propos de l’auteur.

Point faible :

  • Certains pourraient ne pas apprécier la critique des idées établies et rarement contestées qu’on trouve dans les livres de développement personnel (comme la pensée positive ou la recherche de l’excellence par exemple).

Ma note :

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