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L’ouverture du discours

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Résumé de « L’ouverture du discours » d’Éric Bah : Ce livre traite d’art oratoire, d’éloquence et de rhétorique. À travers un ensemble de techniques, de conseils, d’erreurs à ne pas commettre et de multiples ressources, que vous soyez conférencier professionnel ou simple amateur en prise de parole en public, cet ouvrage a pour but de vous aider à rendre vos discours captivants, intéressants et impactants.

Par Éric Bah, 2021, 284 pages.

Chronique et résumé de « L’ouverture du discours » d’Éric Bah

Prolégomènes

Éric Bah, auteur de « L’ouverture du discours », débute son ouvrage en nous expliquant son objectif : aider les orateurs et conférenciers, quel que soit leur niveau, à réaliser un discours capable de « concentrer durablement l’écoute de son auditoire ». Pour cela, il précise que le discours doit absolument convaincre l’auditeur qu’il est important pour lui de nous écouter jusqu’au bout.

Éric Bah précise ensuite que « L’ouverture du discours » traite avant tout du contenu et de la structure d’un discours. Il ne parle pas de la prestation en soi (gestes, déplacements, expressions faciales, intonation et débit de la voix par exemple).

Enfin, l’auteur présente le plan de l’ouvrage :

  • Chapitre 1 : l’auteur étudie l’intérêt et les missions d’une ouverture de discours.
  • Chapitre 2 à 5 : Éric Bah expose en détail 28 techniques qui font naître chez l’auditeur « le désir d’entrer dans le discours ». Chaque technique est illustrée de deux exemples d’ouverture de discours :
    • L’ouverture d’un discours historique ou contemporain.
    • L’ouverture d’un discours écrit et prononcé par l’auteur lui-même : ces discours sont nommés « cas d’école » ; ils sont issus , pour la plupart, du parcours d’apprentissage de l’auteur en prise de parole en public et en leadership chez Toastmasters.

Pour chaque exemple, l’auteur pose le contexte du discours, en montre l’ouverture et réalise une analyse.

  • Chapitre 6 et 7 : après l’étude des techniques d’ouverture, l’auteur partage 15 erreurs à éviter et nous invite à suivre 15 conseils pour élever nos ouvertures de discours à un niveau d’excellence.
  • Chapitre 8 à 10 : l’auteur conclut et partage des exercices et de nombreuses ressources (bibliographie, filmographie, formations, téléchargements de discours) sur la prise de parole en public et l’art oratoire.

Pourquoi une ouverture ?

« La scène de l’orateur est un ring. Tu dois chercher le K.O. d’entrée. Tes auditeurs ne doivent pas avoir d’autres choix que de t’écouter. »

Éric Bah poursuit son propos en développant pourquoi l’ouverture d’un discours est si déterminante.

  • « Une question de vie ou de mort »

L’auteur explique que la relation d’un orateur avec son public naît dès les premières secondes, dès qu’il brise le silence qui précède sa prise de parole.

Aussi, pour que le public écoute son message, il faut absolument que cette relation soit intense, et qu’elle le soit instantanément. Pour créer une intensité immédiate, l’orateur doit arriver, dès l’ouverture de son discours, à faire comprendre aux spectateurs qu’il a quelque chose d’essentiel à leur communiquer et que, pour cette raison, ils doivent donc impérativement l’écouter jusqu’à la fin. « Après trente secondes, pas plus, parfois moins, tes auditeurs décideront s’ils continuent à t’écouter ou s’ils replongent le nez dans leur téléphone portable » lance l’auteur avant de rajouter :

« L’ouverture est une question de vie ou de mort. Si tu réussis ce passage, tu as toutes les chances de tenir ton public jusqu’au bout, et peut-être de changer quelque chose, avec une plus ou moins grande répercussion, dans la vie des gens et dans le monde. »

Bien que chaque partie du discours tienne un rôle indispensable, l’ouverture est, elle, incontournablement vitale. Pour mieux comprendre, Éric Bah formule une métaphore : l’ouverture, le développement et la conclusion d’un discours est comparable au décollage, au vol en altitude et à l’atterrissage lors d’un voyage en avion : « si tu rates ton décollage, il n’y a plus de voyage » déclare l’auteur. De la même manière, « si tu échoues à l’ouverture, tu seras mort ». Car ne pas réussir l’ouverture de son discours, c’est risquer de perdre son public ; or, c’est le public qui fait l’orateur.

  • L’auteur préfère le terme d’ »ouverture » à celui d’ »introduction »

L’ouverture correspond à la première de toutes les parties du discours.

L’auteur explique ne pas utiliser le terme d’introduction volontairement car selon lui, une introduction n’a pour fonction que de poser le sujet et d’annoncer le plan. Parler d’ouverture va au-delà de ça. Le terme d’ouverture implique une dimension plus large de la prise de parole, comme la mise en place d’une ambiance, d’un climat auprès de son auditoire. Il s’agit, en effet, de mettre à l’aise toutes les personnes de notre audience réunies au même moment dans un même espace, ou à l’inverse parfois : créer un malaise pour mieux capter l’auditoire.

  • Les 4 missions de l’ouverture 

L’ouverture de notre discours est un « instant décisif » dans notre prise de parole. Et selon Éric Bah, pour être « réussie », elle doit remplir quatre missions bien spécifiques.

L’auteur les résume sous forme d’acronymes : il s’agit de la méthode A.C.I.S, signifiant Attention, Connexion, Intérêt, Sujet. Selon l’auteur, l’ordre de ces missions reste important, même s’il est possible de le modifier. Chacune de ces 4 missions répond à un de nos 4 besoins fondamentaux qui sont les besoins d’estime ou de reconnaissance, d’appartenance, d’apprentissage ou d’accomplissement et de sécurité. Éric Bah assure alors que « chaque besoin parfaitement nourri renforce chez l’auditeur sa qualité d’écoute et son adhésion à ton discours. »

l'ouverture du discours capter son auditeur

    • Mission n° 1 : Attirer l’attention ⇒ besoin d’estime ou de reconnaissance

Il s’agit d’interrompre dans ses pensées, sa lecture, sa conversation, même brutalement, celui que nous voulons être notre auditeur. C’est en quelque sorte l’interpeller pour qu’il nous regarde. Et lui montrer qu’il est, pour nous, digne d’intérêt. Le besoin de notre auditeur en lien avec cette mission est le besoin d’estime, de reconnaissance.

    • Mission n° 2 : Établir la connexion ⇒ besoin d’appartenance

Il s’agit de créer un lien solide auprès de son auditoire. Plus le public se sent proche de l’orateur et plus il se découvre des points communs avec lui, plus il l’écoutera. C’est à l’orateur de montrer les ressemblances qui le relient à son public pour répondre au besoin fondamental qu’est le besoin d’appartenance.

    • Mission n° 3 : Susciter l’intérêt ⇒ besoin d’apprentissage ou d’accomplissement de soi

Pour être écouté, il faut que le public trouve un intérêt personnel à le faire. C’est sur ce critère-là – l’intérêt personnel – que l’auditeur décide réellement s’il nous écoutera jusqu’à la fin ou pas. Pour convaincre notre auditeur qu’en nous écoutant jusqu’au bout, il bénéficiera, en retour, d’intérêts à la hauteur de ses attentes, notre discours doit commencer par lui dire soit qu’un de ses désirs sera comblé, soit qu’un de ses besoins sera satisfait, soit encore qu’un de ses problèmes sera résolu, que nous pouvons sinon répondre à l’une de ses questions ou encore lui procurer du plaisir. Susciter l’intérêt, indique l’auteur, satisfait le besoin d’apprentissage ou d’accomplissement de soi de l’auditeur.

    • Mission n° 4 : Lancer le sujet ⇒ besoin de sécurité

Le sujet détermine le thème de notre propos, notre champ d’exploration. Il représente les fondations de notre discours. Bien lancer son sujet répond alors au besoin de sécurité du public.

Pour satisfaire ce besoin, il est essentiel que le sujet soit énoncé clairement, sans ambiguïté, au risque sinon que l’auditoire navigue dans le brouillard et décroche rapidement. En fait, le public ne doit fournir aucun effort pour comprendre le thème du propos.

Pour conclure sur cette partie, l’auteur souligne qu’il est impératif que notre ouverture remplisse ces quatre missions et soit en mesure de satisfaire les besoins fondamentaux de notre public pour être impactante.

  • Les 28 techniques de l’ouvrage

Dans les quatre premiers chapitres de son ouvrage, Éric Bah répertorie et étudie 28 techniques d’ouverture à mettre en place pour remplir les quatre missions qui incombent à l’ouverture d’un discours (comme précédemment décrites).

Bien que polyvalentes, ces techniques ont toutes une mission dominante. Éric Bah les a donc classées selon leur mission dominante (7 techniques pour chaque mission).

Chapitre I – Sept techniques pour attirer l’attention

Dans le premier chapitre de « L’ouverture du discours », Éric Bah présente sept façons d’ »harponner » son public.

Toutes ces techniques ont pour objet de faire en sorte que le public ne puisse pas ignorer que nous allons commencer à parler. Elles ne demandent pas plus d’une ou deux phrases. En effet, comme le stipule l’auteur : « en quelques mots seulement, les jeux sont faits« .

1.1 – Faire une déclaration surprenante

Une information peut être surprenante soit parce qu’elle est inattendue, soit parce qu’elle est singulière. L’orateur doit donc révéler, dès le début de sa prise de parole, quelque chose  d’ »étonnant », de « choquant », d’ »incroyable » ou de « bizarre ». Cela peut se faire de façon « drôle, dramatique, insolite, ou effrayante », peu importe. Ce qui compte le plus, c’est qu’elle génère une émotion chez l’auditeur, « qu’elle l’intrigue ». En somme, le spectateur doit penser : « C’est incroyable ! Cet orateur a des choses à m’apprendre. Je vais continuer à l’écouter. »

1.2 – Révéler un paradoxe

« Un paradoxe est une affirmation étonnante qui contredit les idées reçues », les opinions couramment admises. Éric Bah explique que révéler un paradoxe, c’est alors « prendre les croyances à revers », « le contre-pied de l’idée dominante », et finalement proposer à son auditeur une nouvelle perspective, une façon de voir qu’il n’avait pas imaginé.

Cette technique démontre ainsi que nous pouvons faire vaciller les certitudes de l’auditeur et donc enrichir sa réflexion. En cela, partager un paradoxe est une excellente manière d’attirer l’attention du public.

1.3 – Piquer la curiosité

La curiosité du spectateur est piquée quand ce dernier s’interroge sur les raisons de notre propos, de notre pensée, de notre attitude (ou de ceux dont nous racontons l’histoire) et qu’il attend impatiemment d’en savoir plus.

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour piquer la curiosité du public comme :

  • La technique du cliffhanger qu’on retrouve dans certaines séries télévisuelles, et qui consiste à terminer l’épisode sur un moment de suspens crucial.
  • Démarrer « par une phrase qui donne immédiatement soif d’entendre la deuxième » : une opinion à contre-courant par exemple, « quitte à choquer son auditoire et à bouleverser ses croyances » insiste l’auteur.

1.4 – Créer le suspense

Ce procédé narratif est très présent dans la littérature et au cinéma :

« Son but est de tenir le lecteur ou le spectateur en haleine, dans l’expectation – angoissante ou excitante – d’un dénouement. Par ce moyen, l’auteur fait croître habilement en chacun le désir ardent de connaître l’issue d’une situation dramatique donnée. »

Nous pouvons, nous aussi, faire monter le suspens dès l’ouverture de notre discours. Nous énoncerons alors quelques phrases, voire quelques mots, capables de maintenir le cerveau du spectateur à l’écoute, actif et attentif. Pour que l’auditeur se prenne au jeu, qu’il cherche à deviner la suite et attende « avidement » la chute, l’auteur conseille à l’orateur de semer des indices dans chacune des premières phrases.

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créer le suspens et donner des indices dès l'ouverture du discours

1.5 – Poser une question rhétorique

Poser une question rhétorique revient à poser une question et y répondre après un silence. Il n’est pas question ici d’interroger ou d’interagir avec le public. L’idée, c’est de pousser le spectateur à réfléchir à la question lancée, pour l’amener à trouver, en lui, une réponse.

L’auteur explique qu’il est aussi possible, pour donner du rythme, d’enchaîner d’autres questions rhétoriques en guise de réponses, comme dans l’exemple qu’il cite ci-dessous :

« Comment fournir une réponse honnête, et adaptée à son âge, à un enfant qui vous demande comment on fait les bébés ? » […] « Faut-il lui parler de la cigogne ? De la petite graine ? Ou l’emmener voir directement comment font la vache et le taureau ? »

Il est indispensable, par contre, de proposer à l’auditoire des réponses dans la suite de notre prise de parole, de la conférence : « c’est la promesse implicite de l’orateur. Le désir de savoir est ainsi activé » termine l’auteur.

1.6 – Exprimer une demande

Dans un discours, exprimer une demande consiste à s’enquérir de quelque chose auprès de son public. C’est le plus souvent un passage à l’action : un vote, un financement, une faveur, une sanction…

Selon Éric Bah, quand nous exprimons une demande, nous accordons de l’importance à notre auditoire : nous lui allouons, en effet, un pouvoir de décision et d’action. Aussi, le public est généralement très pressé de savoir comment nous allons justifier notre demande.

Selon l’auteur, la demande doit être exprimée simplement et formulée sans ambiguïté, d’une façon très explicite. Nous pouvons simplement dire par exemple : « Je suis venu vous demander… « . L’auteur fait remarquer que les nuances sont multiples concernant le verbe « demander ». Le vocabulaire doit donc être adapté selon la nature et la taille de l’auditoire. Il est, pour cela, judicieux d’étudier toute la palette des termes existants pour choisir le mot le plus approprié : « supplier », « implorer », « solliciter », « prier », « en appeler », « souhaiter », « inviter », « quémander », « adjurer », « mendier », etc.

Enfin, l’auteur de « L’ouverture du discours » fait part d’une autre option : celle d’exprimer sa demande sous forme de question qui sous-entend « une tacite approbation ou un passage à l’action immédiat« . Par exemple : « Pouvez-vous regarder maintenant votre voisin ou votre voisine dans les yeux, sans rien dire, pendant une minute ? » ou le type de phrases démarrant par « Voulez-vous… ? », « Acceptez-vous… ? », « Daignez-vous… ? », à l’indicatif ou au conditionnel.

1.7 – Marquer un silence

« Au fur et à mesure que le silence s’installe, l’attention du public s’accroît dans l’attente de la rupture. Le silence initial met en valeur l’ouverture et lui donne de l’importance. La parole attendue est prometteuse. »

Éric Bah nous encourage vivement à systématiquement commencer notre prise de parole par un silence. La durée qu’il préconise pour celui-ci dépend de plusieurs paramètres : l’ambiance, la réceptivité du public, la gravité du sujet…

Chapitre II – Sept techniques pour établir la connexion

Lors d’une ouverture de discours, la connexion doit s’établir entre :

  • L’orateur et chacun des participants,
  • L’orateur et le public dans sa globalité,
  • Les auditeurs les uns aux autres.

Il existe de multiples techniques qui peuvent être soit très personnelles soit fédératrices. Elles touchent, en tous les cas, à un domaine plus profond : celui du partage d’émotions.

« Quelles que soient la qualité et l’intensité des émotions qui dominent cette partie, quel que soit le ton choisi par l’orateur, sincérité, authenticité et confiance sont à l’honneur. »

2.1 – Communiquer ses émotions

Éric Bah explique que cette technique est très efficace à condition de faire preuve de sincérité. En effet, lorsque nous sommes authentique, le public accueille généralement nos émotions avec bienveillance et empathie.

L’auteur conseille de :

  • Recourir à un vocabulaire soigné mais simple.
  • Faire des phrases courtes et « sans artifices« .
  • Veiller à laisser des silences.
  • Ne pas livrer trop d’émotions dans la même ouverture de discours : en choisir trois maximum.
  • Exposer une situation qui implique des émotions dans lesquelles l’auditoire peut facilement se reconnaître (faiblesses, doutes, envies d’abandonner, enthousiasme, combativité…).
  • Rédiger un texte qui montre notre état d’esprit de la manière la plus authentique possible.

Enfin, l’auteur de « L’ouverture du discours » précise que le ton peut être dramatique ou humoristique.

2.2 – Personnaliser le discours

« Personnaliser son discours, c’est lui donner un caractère particulier en l’incarnant véritablement. »

L’exact inverse, déclare l’auteur, serait de « généraliser », de « banaliser ».

Pour rendre son discours singulier, l’orateur va devoir livrer une partie de son histoire, de son vécu, ses opinions. C’est finalement une façon de montrer à notre auditoire que nous lui accordons de la confiance.

Éric Bah nous conseille alors de :

  • Commencer notre discours en employant le « Je » : ce « je » indique que nous assumons nos actes et nos propos, que nous en prenons la responsabilité ; en cela, nous inspirons confiance au public.
  • Faire en sorte que l’auditeur ait l’impression que nous nous adressons à lui personnellement, qu’il participe à une « conversation amicale voire intime » plutôt qu’à une conférence formelle.

2.3 – S’intéresser à l’auditoire

« Pour que les autres s’intéressent à toi, commence par t’intéresser à eux. »

En effet, rien ne nous préoccupe plus que nous-même. Nous sommes tous en quête d’attention, en attente de reconnaissance. C’est pourquoi un conférencier qui connaît son auditoire, son histoire, crée immédiatement une relation de proximité avec son public.

relation de proximité s'intéresser à l'auditoire

L’auteur émet plusieurs suggestions comme : oser quelques mots dans la langue du pays qui nous accueille, mentionner la qualité des personnes présentes dans le public, prendre en considération les problèmes de son auditoire, reconnaître leurs préoccupations. Il souligne aussi que, parfois, juste une petite allusion s’avère suffisante.

2.4 – Obtenir la participation du public

Faire participer le public implique que les spectateurs n’aient, à aucun moment, peur de se tromper (cela ne doit donc pas engager de bonnes ou mauvaises réponses), d’où la nécessité parfois de les rassurer sur le fait qu’ils ne seront pas jugé.

Cette technique a l’avantage de « secouer » un auditoire « apathique » ou de le préparer à écouter une histoire. Elle permet d’établir une connexion facilement avec les spectateurs.

Éric Bah donne plusieurs exemples concernant les façons de solliciter le public : avec une question ludique ou une question du type « Qui a déjà… ? Levez-la main ! », un petit jeu (« levez-vous… »), un exercice physique, quelque chose qui fasse interagir les participants entre eux, etc.

2.5 – Utiliser l’humour

L’humour est l’une des techniques les plus délicates et périlleuses à pratiquer. Toutefois, c’est une « arme redoutable« . En effet, « l’humour bienveillant, s’il est habilement manié, entraîne de la bonne humeur, de la joie, chez les participants » affirme l’auteur. Et la joie (les émotions d’une manière générale) favorise la connexion entre les gens, continue-t-il. Alors si nous nous sentons à l’aise à l’utiliser, l’auteur conseille de recourir à l’humour le plus souvent possible. Attention, il faut par contre, précise-t-il, bien connaître son audience.

Éric Bah rappelle que c’est dans la manière de raconter une histoire drôle que dépend l’effet obtenu. Beaucoup de paramètres sont alors à travailler : la voix, les gestes, les expressions du visage, les déplacements, les pauses. Il faut aussi particulièrement bien soigner la chute.

2.6 – Parler de nous

« Avec le « nous », tu descends de ton piédestal de conférencier. Tu n’es pas le professeur face aux élèves, le sachant face aux ignorants, l’accusateur face aux coupables. Le « nous » est rassembleur, inclusif par essence. Là où le « vous », séparateur et exclusif, marque parfois la distance. »

Quand il dit « nous », Éric Bah sous-entend « soi et le public », « soi et chacune des personnes de son auditoire ». Le but est alors d’arriver à relier chaque participant entre eux ainsi que nous-même avec tous ces participants.

Pour cela, l’auteur nous invite à rechercher et à mettre en avant nos points communs (ceux entre nous et notre audience) et tout ce qui nous unit pour que les spectateurs se sentent tout de suite impliqués. Ces derniers seront alors « nourris dans ce besoin naturel d’appartenance que nous avons tous sans exception ».

2.7 – User d’un rappel

Le rappel, ou callback, « consiste à faire référence à quelque chose qui s’est produit avant la prise de parole« . Il peut s’agir de l’organisation de l’événement, de la prestation d’un orateur précédent, d’une intervention du public, etc. « L’anecdote peut être utilisée à des fins humoristiques, servir d’appui à un argument, ou encore aider à lancer le sujet » stipule l’auteur de « L’ouverture du discours ».

En faisant ce genre de référence, l’orateur crée une complicité avec son public : le fait de mentionner une expérience commune, un événement dont seuls les gens présents ont connaissance déclenche une connexion, fait naître une « communauté temporaire ».

Par ailleurs, cette technique montre les « capacités d’adaptation », la « souplesse d’esprit », la « faculté d’observation », les « qualités d’écoute » de l’intervenant au public « toujours admiratif d’un orateur capable d’improviser, d’actualiser son propos sur le vif ».

Chapitre III – Sept techniques pour susciter l’intérêt

Notre prise de parole en public a toujours pour objet de transmettre un message. Les techniques décrites dans ce troisième chapitre de « L’ouverture du discours » vont ainsi nous permettre, affirme l’auteur, de « vendre » ce message.

Aussi, les sept procédés exposés sont tous combinables entre eux. Les 4 premiers sont particulièrement adaptés à notre époque car ils sont très visuels.

3.1 – Faire une démonstration

Une démonstration « courte » et « frappante » est bien plus efficace que de « longues et ennuyeuses explications ». Attention toutefois, pour bien fonctionner, une démonstration doit être simple et très précise.

3.2 – Raconter une histoire

Depuis toujours, les histoires, quelle qu’en soit la forme, impactent les individus. Elles « enseignent », « persuadent », « distraient », « inspirent ». Bref, « tout le monde aime les histoires » résume Éric Bah.

Mais pour avoir de l’effet, une histoire doit donner l’impression au public qu’elle parle de lui. Dans cette histoire, fictive ou réelle, le spectateur doit, en effet, pouvoir s’identifier. Il doit y trouver son intérêt.

Dans une ouverture de discours, une histoire doit, par ailleurs, être courte (en tout cas proportionnelle à la longueur du discours) tout en possédant l’ensemble des « ingrédients qui font les bons scénarios » (situation, personnages, tension dramatique, résolution, etc.).

3.3 – Utiliser un support visuel

Il peut être intéressant d’utiliser un support visuel pour rendre notre prise de parole plus intéressante : une image, une vidéo, une objet exposé, éventuellement manipulé et commenté, un paperboard, un PowerPoint ou Keynote, un extrait d’article…

3.4 – Présenter un spectacle

Il est possible d’aller plus loin en présentant un spectacle : il faudra alors jouer une histoire, la mettre en scène, parfois utiliser une métaphore. Le lien entre ce spectacle et le sujet doit être naturel. L’objectif est « d’impressionner, d’impacter les esprits« , pour que le public comprenne immédiatement la problématique et ait envie de nous écouter jusqu’au bout.

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3.5 – Favoriser l’identification

« S’identifier à quelqu’un, à une situation, c’est voir des similitudes avec sa vie personnelle, son cheminement, c’est faire des rapprochements avec ses propres émotions, ses propres sentiments. »

identification au discours favoriser l'écoute lors de la prise de parole

Concrètement, l’auditeur s’identifie à nous quand il nous écoute et qu’il se dit : « Oui, c’est exactement ça. Moi aussi, ça m’est arrivé. C’est bien ce que je ressens« .

En se reconnaissant dans ce que nous exprimons ou en y reconnaissant une personne de son entourage, l’auditeur va se sentir concerné. Il va donc nous écouter. Car il sera, en effet, intéressé par les solutions que nous pouvons lui proposer.

3.6 – Établir un constat

Constater quelque chose, « c’est rapporter des faits supposés authentiques, rendre compte d’une situation observée » indique Éric Bah.

Ainsi, cette technique pose immédiatement le cadre de notre propos. Lorsque la constatation est précise (chiffrée, située dans l’espace et dans le temps, validée par une autorité), les auditeurs savent très vite pourquoi ils doivent nous écouter.

3.7 – Faire une promesse

« Faire une promesse, c’est s’engager moralement envers une personne ou un groupe de personnes, à dire quelque chose, ou à faire aboutir une action. »

Cette technique est efficace à condition que notre promesse soit crédible et envisagée comme un véritable objectif. Pour cela, elle doit répondre aux critères SMART, qui sont :

  • Spécifique : la promesse doit être « claire, précise, compréhensible et formulée avec concision« .
  • Mesurable : la réalisation de cette promesse doit être évaluable sur les plans quantitatif et qualitatif.
  • Acceptable : elle ne doit pas nuire ni aux individus ni à l’environnement.
  • Réaliste : nous devons pouvoir objectivement la concrétiser avec les moyens humains, matériels et financiers dont nous disposons.
  • Temporelle : la promesse doit s’inscrire dans le temps et pouvoir se réaliser selon le délai « explicitement énoncé ».

L’auteur explique enfin que beaucoup de promesses s’accompagnent de conditions (les personnalités politiques, par exemple, sont habituées à ce genre de promesses avec pour condition, en période électoral de voter pour eux). Notre condition à nous sera la suivante : « Si vous écoutez ma conférence jusqu’au bout…« .

Chapitre IV – Sept techniques pour lancer le sujet de notre discours

Ce dernier chapitre décrit 7 techniques pour lancer son sujet, et ainsi rassurer le spectateur sur le déroulement de notre intervention, de la conférence (sujet, angle, ordre…).

Une fois renseigné sur la destination et le plan de navigation, l’auditeur est suffisamment en confiance pour se laisser « embarquer » par l’orateur.

4.1 – Présenter des statistiques

« Les statistiques sont le recueil, l’analyse chiffrée et l’interprétation de faits économiques et sociaux » indique Éric Bah.

Faciles à utiliser, les statistiques vont, en fait, servir de preuves à ce que nous prévoyons de développer. De cette façon, elles vont nous apporter une autorité.

Pour rendre notre propos plus parlant, l’auteur de « L’ouverture du discours » suggère de :

  • Mettre ces statistiques en perspectives ou de les comparer avec des données plus familières.
  • Choisir avec soin une seule statistique pertinente, plutôt qu’en accumuler plusieurs.
  • Présenter ces statistiques de façon à ce qu’elles soient le plus alignées possible avec notre objectif et notre message.

4.2 – Faire référence à l’occasion

L’auteur propose ici une technique extrêmement simple, surtout si notre prise de parole prend place lors d’une circonstance particulière (anniversaire, enterrement, mariage, remise de prix, départ en retraite, promotion, inauguration, lancement de produits…) : il s’agit de faire référence au motif qui réunit le public le même jour dans ce même lieu.

En plus de confirmer officiellement le cadre, ce procédé présente deux avantages. Il :

  • Rassemble tout le monde sur le sujet, le projet, les motivations ou des valeurs communes au public.
  • Favorise la connexion avec le public.

4.3 – Donner une définition

Une définition informe sur le sens, les limites d’un objet, d’un concept, d’une action.

Ainsi, en donnant une définition, nous nous assurons que les informations et le sujet sont communiqués à l’auditoire sans risque de malentendus ou d’incompréhensions. En somme, nous sommes certains « que tout le monde parle le même langage » résume Éric Bah.

Cette technique est très adaptée lorsque notre discours a pour sujet une notion récente, vague, peu connue, étrangère, s’il évoque un terme de notre jargon professionnel, un mot qui suscite différentes interprétations ou ne fait pas consensus (exemples cités par l’auteur : l’épigénétique, l’expérience de sortie de corps).

4.4 – Dire une citation

Citer une personne, « c’est rapporter fidèlement sa parole, écrite ou parlée, dans le but assumé d’illustrer, d’étayer ou d’appuyer un propos ».

Une citation, bien choisie, énoncée au bon moment, apporte de l’autorité à notre discours. Il est préférable d’opter pour une citation courte, à la syntaxe simple, et d’éviter les citations trop littéraires qui ne ressortent pas forcément bien à l’oral.

4.5 – Citer un événement

Il est possible de lancer son propos en choisissant de relater un événement local, historique ou de l’actualité au cœur du sujet que nous sommes sur le point de développer. Avec cette méthode, le spectateur saisit clairement le sujet et l’angle choisi par l’orateur pour le traiter.

La référence à l’évènement doit rester concise et se limiter « au point culminant de l’événement ».

4.6 – Annoncer le plan

Pour Éric Bah :

« Le plan est l’ossature que tu vas faire disparaître sous les arguments et les illustrations dont tu vas l’habiller. »

Cette avant-dernière technique consiste donc à divulguer cette « structure en principe invisible » pour lancer le sujet.

L’auteur présente différentes façons d’annoncer un plan. Il rappelle que ceci n’est par ailleurs pas du tout indispensable, surtout si la structure de notre développement est solide et que notre discours repose sur du storytelling.

4.7- Énoncer les points

Au lieu de présenter son plan, il est possible de livrer au public notre orientation en exposant les points que nous envisageons d’évoquer, sous forme d’ »annonce globale« . L’auteur donne un exemple de formulation. Celle-ci prévient l’audience qu’il y aura trois parties dans son propos sans toutefois préciser lesquelles : « Je vais vous expliquer trois moyens de maintenir l’harmonie dans le couple. »

Chapitre V – 15 erreurs qui nous desservent dans notre prise de parole en public

erreurs à éviter pour la prise de parole en public selon Eric Bah

Erreur n° 1 : Ne pas faire d’ouverture

Selon Éric Bah, sans ouverture, un discours ne remplit pas les quatre missions qu’il évoque en introduction et n’accroche donc pas l’auditeur.

Erreur n° 2 : Ne suivre aucun conseil

L’auteur de « L’ouverture du discours » nous invite à suivre ses conseils lorsque nous concevrons nos ouvertures de discours si nous voulons trouver une adhésion sincère de la part du public.

Erreur n° 3 : Montrer de l’hésitation

Si, dès l’ouverture de notre discours, nous hésitons (phrases non terminées, termes non précis, expressions confuses, des « euh »…, trop de mots-béquilles du type « alors… voilà… »), le public y verra soit un manque de préparation, soit un manque d’assurance. Sa confiance ne sera alors pas suffisante pour espérer une écoute de qualité. Afin d’éviter cela, Éric Bah nous conseille de toujours bien préparer notre discours (le rédiger, l’apprendre, recourir à la respiration ou à l’ancrage, etc.).

Erreur n° 4 : Redonner le titre

Partager le titre, autrement dit une information déjà connue du public (s’assurer tout de même qu’il ait bien été mentionné avant notre intervention) est une perte de temps et d’impact dans notre prise de parole.

Erreur n° 5 : Dire bonjour

Dire bonjour est aussi, selon Éric Bah, une perte de temps. Il est, selon lui, bien plus utile d’entrer directement dans le vif du sujet. Ainsi, nous donnerons « l’impression de quelqu’un de dynamique qui sait où il va et qui ne cherche pas à se donner confiance en bredouillant quelques maladroites salutations ».

Erreur n° 6 : Se présenter

Inutile également de se présenter : c’est une information que le public possède déjà. L’auteur mentionne diverses formules communément utilisées et pourtant à proscrire absolument car elles n’ont, en réalité, aucun sens.

Erreur n° 7 : S’excuser

S’excuser peut :

  • D’une part, attirer l’attention sur un détail que le public n’avait même pas remarqué.
  • D’autre part, nous faire perdre de notre autorité.

L’auteur nous encourage donc à assumer ce que nous sommes et ce que faisons plutôt qu’à nous excuser.

Erreur n° 8 : Démarrer en trombe

Commencer à parler alors que nous ne sommes pas encore arrivé au centre de la scène a plusieurs conséquences : le risque de ne pas se faire entendre, de manquer de clarté, ou sembler attribuer peu de confiance dans le message que nous nous apprêtons à transmettre.

Erreur n° 9 : Mentionner la préparation

Personne n’est intéressé par les difficultés ou les challenges que nous avons rencontrés pour rédiger notre discours ou organiser notre intervention.

De même, il est déconseillé de lister au public les discours auxquels il a échappé, du type : « Au début, je voulais vous parler de… Et puis je me suis dit… D’un autre côté, ça aurait eu du sens d’évoquer… Finalement, j’ai choisi de vous parler de… ».

Notre auditoire n’a pas envie ni de nous entendre nous plaindre ni de nous féliciter d’avoir finalement réussi à mener notre prise de parole malgré tout ce qui nous est arrivé.

Erreur n° 10 : Être ennuyeux

Si, dès l’ouverture du discours, nous paressons ennuyeux, le public va immédiatement supposer que nous le serons durant toute notre prise de parole et va décrocher. Selon Éric Bah, un public ne fera, en effet, preuve d’aucun effort pour nous suivre.

Erreur n° 11 : Débiter des banalités

Dire des banalités laisse penser au public qu’il n’aura rien à apprendre en nous écoutant. Et même si le fond de ce que nous voulons dire est banal, la forme, au moins, doit être originale. L’auteur illustre cette idée par un exemple de différence de formulation :

« Dire que la population mondiale augmente est une banalité. […] Dire que nous tous vivants aujourd’hui représentons quasiment un dixième de toute l’humanité venue sur terre depuis la nuit des temps donne le vertige. »

Erreur n° 12 : Improviser

Même si nous aimons improviser, Éric Bah déconseille formellement de le faire en ouverture de discours (et en conclusion aussi d’ailleurs).

Pourquoi ? Parce que, souvent, improviser revient à hésiter, à rester flou, à manquer de stratégie, de logique, de vocabulaire, de structure et de confiance.

Erreur n° 13 : S’éterniser

L’auteur de « L’ouverture du discours » résume cette idée ici :

« Lorsque l’auditeur se dit « Quand est-ce qu’il commence ? », c’est que l’ennui le guette, que son attention s’émousse et qu’il est sur le point d’abandonner. »

Erreur n° 14 : Remercier

Notre intervention doit démarrer rapidement. Les remerciements ne sont donc pas recommandés du tout à l’ouverture de notre discours. S’ils sont indispensables, Éric Bah conseille plutôt de les placer après les applaudissements au terme de notre prise de parole ou au début de la séance de questions-réponses.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Ces idées qui collent : Pourquoi certaines idées survivent et d'autres meurent

Erreur n° 15 : Être hors sujet

À l’ouverture du discours, le hors sujet est source de confusion, puis souvent de déception.

Chapitre VI – 15 conseils pour réussir sa prise de parole

Le dernier chapitre de « L’ouverture du discours » inventorie 15 conseils énoncés par l’auteur dans le but d’atteindre l’excellence en matière de prise de parole en public. Ces conseils :

  • Sont à mettre en oeuvre lorsque nous maitrisons bien les 28 techniques et les 15 erreurs précédemment décrites.
  • Sont supposées nous permettre de « hisser notre ouverture de discours à un niveau supérieur ».
  • Portent sur la préparation en amont de l’intervention (conception, apprentissage et répétition) ainsi que – mais dans une moindre mesure – sur la prise de parole en soi, le jour J.

conseils pour bien parler en public Éric Bah

1. Respecter ses objectifs

Pour le public, il est essentiel de savoir où se situe notre propos. C’est pourquoi, dès le départ, nous devons clairement nous positionner. Le spectateur doit comprendre si notre discours se veut « informatif », « inspirant », « persuasif » ou encore « divertissant ». Il est également primordial d’aligner son ouverture de discours avec notre objectif, c’est-à-dire à ce que nous voulons que nos auditeurs retiennent ou fassent après notre prise de parole.

2. Rédiger entièrement

Éric Bah conseille de rédiger son ouverture de discours « à la virgule près, du début à la fin« . L’improvisation, à ce stade, n’est pas du tout recommandée. Au contraire, chaque phrase doit être soignée, courte et formulée simplement.

3. Rédiger après le développement

L’auteur explique pourquoi il n’est pas judicieux de commencer par rédiger son ouverture de discours. Il est préférable, dit-il, de dresser d’abord un plan détaillé de notre intervention, de construire notre développement avant de nous mettre à rédiger notre ouverture. Car nous saurons, en effet, à ce moment-là clairement ce que nous allons dire, ce qui n’est pas le cas si nous le faisons avant.

4. Choisir ses mots

Il est primordial, affirme Éric Bah, de choisir des mots simples, qui aient du sens, et de bannir les mots inutiles, le jargon ou autres fioritures.

5. Agencer les mots

La place des mots est essentielle car c’est elle qui va créer l’impact souhaité.

Éric Bah cite plusieurs exemples pour montrer à quel point un mot, selon qu’il est placé en fin de phrase ou en amont, peut en changer sa résonance. D’une façon générale, le mot placé en dernier « vibrera plus longtemps que les autres » dans la tête des auditeurs.

Il est alors crucial, indique l’auteur, d’agencer les mots, dans chaque phrase, avec intelligence en fonction de l’effet voulu.

6. S’adapter

Notre façon de communiquer lors de l’ouverture de notre discours doit être adaptée au profil de l’auditoire (professionnel, néophyte, hostile, amical…) et aux circonstances (taille de la salle, etc.).

7. Calibrer

Pour qu’un discours soit équilibré, son ouverture devrait idéalement correspondre à 5 % – 10 % du discours au total (soit 1 minute environ, ou 4 phrases pour un discours de 10 minutes).

Si notre discours est vraiment très court (une vingtaine de phrases maximum), notre ouverture pourra se limiter à une phrase : une « phrase-couteau-suisse-tout-en-un » annonce l’auteur. C’est-à-dire une phrase qui remplisse à elle-seule les 4 missions développées en début d’ouvrage : « l’ouverture attire un public intéressé au sujet ».

8. Tenir le rythme

Éric Bah nous invite à « ne pas confondre dynamisme et précipitation ». Il nous encourage à :

  • Parler lentement et distinctement : pour l’ouverture, 120 mots par minute est une bonne vitesse d’élocution, 150 mots par minute pour le reste du discours.
  • Bien articuler et détacher les mots et syllabes.

9. Lire à voix haute

Le style à l’oral et celui à l’écrit sont différents. L’entraînement de lecture à voix haute s’avère alors très profitable pour déceler les éventuels ajustements.

10. Laisser reposer

Une fois notre ouverture de discours rédigée et prête, Éric Bah suggère de « laisser reposer » notre texte plusieurs jours. Ainsi, lorsque nous le relirons, nous le verrons avec un regard neuf, ce qui nous aidera à repérer et à corriger des maladresses passées inaperçues plus tôt.

11. Apprendre par cœur

Éric Bah conseille vivement d’apprendre son ouverture de discours par cœur. Mais nous devons être attentif à la travailler suffisamment pour arriver ensuite à l’énoncer de façon naturelle et élégante.

L’auteur partage son astuce pour mémoriser sans effort et restituer son discours de manière fluide et naturelle : il s’enregistre en train de formuler son discours puis s’écoute de façon répétée dès qu’il le peut (dans la rue, dans sa voiture, dans les transports en commun, dans ses tâches ménagères, en s’endormant…).

12. Répéter

Ce conseil va de pair avec le précédent : il est nécessaire de répéter inlassablement notre ouverture de discours si nous voulons la mémoriser et la ressortir naturellement.

« Chris Anderson, le directeur des conférences TED, estime que tu peux prétendre maîtriser parfaitement ton texte, si tu te montres capable de le dire imperturbablement devant une émission de télévision (avec le son, bien sûr). J’ai essayé ; et c’est vrai que c’est implacable ! Quand tu réussis cette prouesse, tu sais qu’une fois sur scène, rien ne pourra te dévier de ton axe. Ça donne une grande confiance et beaucoup d’assurance. Et l’auditoire le sent. »

13. Respirer

Il est très courant de ressentir du trac ou de l’excitation avant notre intervention. Pour gérer ces émotions, Éric Bah nous invite à fermer les yeux et à s’attacher à notre respiration pour la rendre « profonde », « lente », « fluide » et « régulière ». Le but est de se sentir en paix pour que celle-ci « colore » notre voix.

14. Occuper la place

« Une fois sur la scène, avance sereinement et en silence jusqu’au centre. […] Une fois au centre de la scène, reste immobile, droit, les jambes légèrement écartées. Prends conscience de tes plantes de pied ; ancre-toi solidement. »

Pour Éric Bah, nous devrions avoir pris nos marques sur cette scène quelques heures avant notre prise de parole.

Une fois ancré sur scène, l’auteur nous propose d’imaginer que « notre aura se densifie, s’épaissit et s’élargit jusqu’à remplir toute la scène ». Puis il nous invite à « regarder avec assurance le public dans les yeux« .

15. Marquer une pause

Éric Bah termine ce chapitre en racontant ce que lui ressent lorsqu’il se trouve au centre de la scène, face à la salle tendue vers lui. Le silence qui se fait à ce moment-là est, confie-t-il, « le moment le plus jouissif de la prise de parole en public ». C’est « un mélange de peur et d’excitation, l’envie de rire et de pleurer à la fois ». Il faut le savourer pleinement car :

« La qualité du silence que l’on obtient alors est d’une profonde pureté […]. Ce silence est ce qu’il y a de plus puissant pour capter l’attention. »

Chapitre VII à X – Épilogue et annexes du livre

  • L’entrainement pour rendre la pratique de cette méthode naturelle

Éric Bah recommande de pratiquer ces 28 techniques jusqu’à les intégrer et les exécuter naturellement. C’est en effet, selon lui, en s’entraînant, en écrivant de nombreuses ouvertures, que les techniques exposées deviendront automatiques et nous ferons ainsi oublier la méthode.

À ce propos, l’auteur fait part de son expérience personnelle : parce qu’il a répété l’exercice de l’écriture maintes et maintes fois, toutes ces techniques sont désormais complètement assimilées pour lui. Aujourd’hui, explique-t-il, ce n’est que lorsque son ouverture de discours est entièrement terminée qu’il reprend, à l’aide d’une check-list, les points de sa méthode ; et ce, uniquement dans un but de vérification.

  • Exercices sur la prise de parole

L’auteur invite ici le lecteur à tester et à développer ses capacités en prise de parole en travaillant sur 10 ouvertures de discours retranscrits dans cette partie.

  • Fiches vierges

Éric Bah partage des fiches vierges à utiliser pour s’entraîner à étudier des ouvertures de discours.

  • Ressources

Cette section est consacrée à :

    • La solution des 5 quizz proposés tout au long du livre ;
    • Les références de tous les discours cités ;
    • Des ressources en matière de discours et de concours d’éloquence ;
    • Un inventaire de formations intéressantes sur la prise de parole ;
    • Une liste de films inspirants qui parlent de l’art oratoire ou « dont les protagonistes font preuve d’éloquence, d’argumentation et de persuasion » ;
    • Une bibliographie.
  • Ce que l’auteur appelle « le bouquet »

Éric Bah termine son ouvrage en proposant le téléchargement gratuit d’un recueil de 140 pages de tous les discours mentionnés dans son ouvrage, ainsi qu’un lien vers sa conférence « La Voie de la Constance ».

Conclusion de « L’ouverture du discours«  d’Éric Bah 

Un contenu structuré, concis et riche

« L’ouverture du discours » est un ouvrage assez court et concis. Mais ce n’est pas pour autant que le contenu en est moins riche et pertinent, au contraire. En effet, « L’ouverture du discours » va à l’essentiel et regroupe une grande quantité et qualité d’informations : des techniques clairement décrites, concrètes et accessibles, de multiples illustrations audio et vidéos, des ressources à consulter, des liens pour approfondir nos apprentissages, des discours analysés, des exercices pour s’entraîner…

Des conseils concrets, accessibles et convaincants

Les techniques et conseils décrits dans cet ouvrage sont pertinents notamment parce qu’ils s’appuient sur un enjeu très intéressant dans l’art oratoire : celui des besoins psychologiques de l’audience.

Ainsi, le lecteur orateur, comprend l’importance de structurer et d’élaborer l’ouverture de son discours selon ces besoins et selon les quatre missions inhérentes à ces besoins pour captiver son auditoire.

Les nombreux discours retranscris en texte et/ ou vidéo (ceux-ci n’apparaissent pas dans ce résumé), choisis et analysés avec soin, apportent une valeur supplémentaire au contenu : ils rendent les principes concrets et parlants. Ils sont, d’autre part, un véritable terreau d’entrainement et d’analyse pour le lecteur.

Je recommande vivement la lecture de ce livre à tous ceux qui sont amenés à prendre la parole en public, à un niveau personnel ou professionnel. « L’ouverture du discours » est un ouvrage qui peut vous aider à faire la différence, à captiver, intéresser et impacter votre auditoire. Il vous donnera les clés pour améliorer vos capacités d’orateur et faire une excellente impression lors de vos prises de parole.

Points forts :

  • La pertinence et la qualité du contenu.
  • Les exemples de discours nombreux et analysés par l’auteur.
  • Les nombreuses références sur la prise de parole : audios, vidéos, livres, formations, leaders, conférenciers, etc.
  • Les touches d’humour de l’auteur.

 Point faible :

  • Je n’en vois point.

Ma note :

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