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Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois

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Résumé de “Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois : Clark Duncan nous raconte comment, dans une Chine en plein tournant, Jack Ma, “simple” professeur chinois passionné d’anglais, a pu devenir, avec son site de e-commerce Alibaba, un géant du web et l’un des entrepreneurs les plus influents de la planète.

Par Clark Duncan, 2017, 208 pages

Titre original : “Alibaba, The House That Jack Ma Built

Chronique et résumé de “Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois” de Clark Duncan

Note : Tous les chiffres mentionnés dans ce résumé sont tirés du livre et datent donc de son année d’écriture. Depuis, ceux-ci ne cessent d’évoluer.

Introduction

Clark Duncan commence son livre en nous présentant Alibaba à travers plusieurs chiffres et données. Ainsi, cette entreprise est :

  • L’un des plus grands centres commerciaux virtuels au monde.
  • Dirigée par Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, aujourd’hui l’homme le plus riche d’Asie.
  • L’une des dix sociétés les plus valorisées au monde (environ 300 milliards de dollars).
  • Chargée de gérer des dizaines de millions d’expéditions chaque jour et près des 2/3 des livraisons de paquets en Chine.

“Alibaba joue un rôle central dans la restructuration de l’économie chinoise. […] Plus qu’aucun autre, Jack est le visage de cette nouvelle Chine. Déjà considéré comme un héros populaire, il symbolise les deux nouveaux cultes chinois : la consommation et l’esprit d’entreprise.”

Chapitre 1 – Le Triangle d’acier

Dans le premier chapitre de son livre “Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois“, Clark Duncan nous explique ce qu’est le Triangle d’acier, un concept créé et utilisé par Jack Ma pour désigner les trois forces stratégiques d’Alibaba, à savoir :

  • Le e-commerce,
  • La logistique,
  • La finance.

1.1 – L’avantage compétitif du e-commerce

avantage site e-commerce alibaba

Les deux sites de e-commerce d’Alibaba les plus populaires sont :

  • Taobao, le 3e site internet le plus visité de Chine et le 12e au monde.
  • Tmall, le 7e site internet le plus visité de Chine.

“À eux deux, ces sites représentent 80 % du chiffre d’affaires du groupe, soit près de 10 milliards de dollars par an.”

  • Premier site d’achat en ligne d’Alibaba : Taobao

Taobao, c’est :

    • Un gigantesque réseau de boutiques numériques : plus de 9 millions de magasins tenus soit par des entreprises, soit par des particuliers.
    • Une plate-forme de distribution aux fabricants (pas de stock en propre).
    • Un site d’achat en ligne offrant des produits extrêmement divers et livrés de manière rapide et fiable.

Les marchands ont, en fait, deux avantages majeurs à vendre leurs produits sur Taobao :

    • Sa popularité et son énorme quantité d’acheteurs : à tel point que cela en a fait une expression en Chine : de même que l’on “google” pour faire une recherche, le mot “tao” est devenu un raccourci pour dire que l’on va “chercher un produit en ligne”.
    • Sa gratuité : aucune charge n’est prélevée par Alibaba.

Par ailleurs :

“Le site marche bien parce qu’il réussit à mettre en avant les consommateurs et à reproduire sur le web la vitalité et l’agitation des rues commerçantes chinoises.”

En effet, acheter en ligne sur Taobao est aussi interactif que dans la vie réelle :

    • Les consommateurs ont accès à une application chat pour marchander.
    • Les vendeurs peuvent exposer leurs produits devant une webcam.
    • Et les consommateurs peuvent obtenir des rabais, une livraison ou des échantillons gratuits…

Taobao ne gagne pas d’argent en faisant payer les marchands pour vendre leur produits, mais en proposant des solutions payantes pour les aider à se démarquer parmi la multitude de vendeurs. Les marchands peuvent donc acheter à Taobao :

    • Des mots-clés pour que leurs produits soient mieux référencés sur les pages d’accueil ;
    • Des espaces publicitaires.

Taobao est géré par :

    • Les Xiaoer, les arbitres de Taobao : mis en place pour faire régner l’ordre dans les allées commerciales virtuelles de Taobao, ces assistants de clientèle arbitrent les différends entre acheteurs et vendeurs. Ils possèdent, pour cela, d’importants pouvoirs disciplinaires.
    • Une équipe disciplinaire interne qui lutte contre les tentatives de corruption dans l’entreprise.
  • Deuxième site d’achat en ligne d’Alibaba : Tmall

“Si Taobao ressemble à un amoncellement de petites enseignes, Tmall est une sorte de galerie commerciale de luxe.”

Tmall :

    • N’est pas gratuit comme Taobao : les commerçants de cette plate-forme s’acquittent, auprès d’Alibaba, d’une commission sur leur chiffre d’affaires (3 à 6 % selon les catégories de produits) et d’une redevance annuelle.
    • Abrite trois genres de magasins :
      • Les grandes enseignes gérées en direct ;
      • Des magasins sous licence d’une grande marque ;
      • Des boutiques spécialisées qui vendent des produits de différentes marques. Celles-ci représentent 90 % des magasins.
    • Regroupe aujourd’hui plus de 70 000 marques chinoises et étrangères.

En plus de ces deux sites, Alibaba en possède un troisième : un site d’achats groupés appelé Juhuasuan.com qui compte parmi les plus importants du monde.

Au total, ces trois sites rassemblent plus de 10 millions de vendeurs et offrent plus de 1 milliard de produits.

  • Acheter sur Internet en Chine, c’est un style de vie !

Clark Duncan nous explique ici pourquoi l’organisation de l’économie chinoise favorise grandement le succès des ventes en ligne dans ce pays, et cela, malgré les efforts du pays à construire nombre de galeries commerciales, supermarchés ou magasins de ville.

En fait, deux raisons principales ont contribué à la montée en puissance des ventes en ligne en Chine :

    • Faire du shopping en Chine n’est pas une expérience très plaisante. Acheter en ligne est donc une façon, pour les clients, d’économiser du temps et de l’argent.
    • Mais surtout, le prix de l’immobilier y est extrêmement élevé. Les marchands physiques traditionnels doivent payer des loyers exorbitants et faire face à des coûts de stocks très onéreux. Il leur est donc impossible d’investir autant que les opérateurs du e-commerce dans les domaines marketing, logistiques, les ressources humaines, la qualité des services comme le font les commerçants occidentaux.

“On comprend, dans ces conditions, pourquoi acheter en ligne est encore plus populaire en Chine qu’aux États-Unis. Comme le dit Jack : “Dans les autres pays, acheter sur Internet est une façon de consommer, en Chine, c’est un style de vie”.”

  • Sur les sites d’Alibaba, on trouve de tout !

Les articles les plus vendus sur les sites d’Alibaba sont les chaussures et l’habillement, puis l’épicerie (Alibaba livre des produits frais en 24 h dans plus de 60 villes !).

Voici un extrait du livre qui décrit bien l’abondance et la diversité de ce qui se vend sur Alibaba :

“En fait, il est presque impossible de dresser la liste complète de tous les produits vendus sur les sites d’Alibaba : des articles pour bébés jusqu’aux automobiles, en passant par les appareils électro-ménagers, l’électronique grand public, les livres, les produits cosmétiques, les parfums et même de la joaillerie, on y trouve tout. Même des services, dont certains sont plutôt inattendus : on peut y “louer” une petite amie pour une réception, “sous-traiter” une rupture sentimentale à un “expert”. Les épouses qui doutent de la fidélité de leurs maris peuvent apprendre toutes les ruses visant à éloigner les maîtresses de leurs époux. Les jeunes citadins qui travaillent trop peuvent embaucher un “délégué” qui ira rendre visite à leurs parents en province. On peut même y donner son sperme moyennant une rémunération de 800 dollars.”

1.2 – L’avantage logistique

“Il existe en Chine une véritable armée des ombres, celle formée par les millions de livreurs qui acheminent à pied, à bicyclette, à moto, en camionnette ou par le train les commandes des consommateurs dans tout le pays. Ce sont les héros méconnus du e-commerce. […] Sans ce service de coursiers à bas coût, Alibaba ne serait jamais devenu le géant qu’il est aujourd’hui.”

La moitié du marché logistique en Chine est absorbé par 4 sociétés, toutes nées à Tonglu :

  • Shentong (STO Express),
  • Yuantong (YTO Express),
  • Zhongtong (ZTO Express),
  • Yunda.

On les appelle “les trois Tongs et la Da” et sont surnommées “le gang de Tonglu”.

Jack Ma s’est associé aux 3 premiers groupes et à une dizaine d’autres pour créer Cainiao (China Smart Logistics), une immense plate-forme logistique “d’une puissance inégalée dans le monde” qui :

  • Traite 15 millions de colis par jour ;
  • Emploie plus d’1,5 million de salariés dans 600 villes chinoises.

Cainiao expérimente de nombreuses innovations en matière logistique (livraison par drones par exemple) pour réduire toujours plus les coûts et délais de livraison (l’ambition d’Alibaba étant, entre autres, d’être capable de livrer ses produits en 2-3 heures dans les grandes villes).

1.3 – L’avantage financier

  • Le système de paiement Alipay

Dans le domaine financier, troisième base du “Triangle d’acier”, Alibaba a créé Alipay.

Alipay est le système de paiement le plus populaire en Chine. Il est à l’origine de :

    • 750 milliards de dollars de transactions par an (trois fois plus que Paypal).
    • 1/3 des transactions mondiales.

Lorsqu’ils utilisent ce système de paiement, les clients ne sont débités de leurs achats qu’après avoir reçus leurs commandes. Et s’ils ne sont pas satisfaits, ces derniers ont sept jours pour retourner les produits.

Grâce à Alipay, le consommateur chinois peut également :

    • Transférer de l’argent ;
    • Recharger son compte téléphonique ;
    • Régler directement dans certaines boutiques et restaurants ;
    • Payer ses factures d’eau, d’électricité, de gaz ;
    • Acheter des billets d’avion ;
    • S’acquitter de ses amendes ou primes d’assurance.

“Alipay est de fait la nouvelle devise de l’économie digitale chinoise.”

  • Le fonds mutuel Yu’e Bao

Yu’e Bao est un fonds mutuel en ligne créé par Alibaba en 2013.

Lors de son lancement, ce fond génère une véritable “frénésie” : proposant aux déposants un taux d’intérêt plus élevé que celui des banques, les épargnants se mettent à transférer des centaines de milliers de dollars vers Yu’e Bao. En l’espace de 10 mois, Yu’e Bao devient le quatrième fonds mondial. Mais très rapidement, des restrictions tombent pour faire obstacle à l’essor de Yu’e Bao. Face à la grogne des banques confrontées à une fuite de liquidités, Jack Ma réplique :

“L’industrie financière a besoin d’acteurs de rupture, d’outsiders afin de provoquer sa transformation.”

  • Des services banquiers

Malgré les contraintes, Alibaba continue de s’étendre dans les services financiers. Il lance une large gamme de produits dont, entre autres :

    • Un système de microcrédit pour les commerçants,
    • Une plate-forme de financement participatif,
    • Sa propre filiale de crédit (“Sesame Credit Management”),
    • De nombreux produits dans le domaine de la gestion de fortune, du crédit de particulier à particulier et de l’assurance.

“Ainsi, ce “Triangle d’Acier” est un facteur clé qui permet de comprendre comment Alibaba est devenu un acteur aussi dominant du e-commerce en Chine. Mais c’est d’abord et avant tout le charisme de son fondateur, sa “magie”, qui lui a permis de construire tout cet édifice en liant le capital et les hommes.”

Chapitre 2 – La “Jack Magic”

2.1 – Jack Ma, ce personnage si singulier

  • Un physique à part

L’apparence du fondateur d’Alibaba est très particulière. Surnommé E.T. par certains – car il ressemblerait à l’extra-terrestre de Steven Spielberg – ou décrit comme un imp of a man, “un petit bonhomme de rien du tout” par d’autres, Jack Ma n’a pas l’allure d’un grand patron.

Mais de ce physique, Jack Ma a réussi à en faire un véritable atout.

  • Jack Ma, ce showman

Jack Ma se dit “100 % fabriqué en Chine”. Il affirme avoir construit sa carrière sur le fait qu’il était “largement sous-estimé par ses concurrents”. Clark Duncan nous décrit Jack Ma comme un véritable showman, prenant plaisir à défier les stéréotypes et très habile pour charmer ses interlocuteurs :

“Il est une combinaison chinoise unique entre le baratin et l’audace. L’un de ses premiers collaborateurs étrangers a résumé ce talent en deux mots : “Jack Magic”.”

  • Des talents en communication

Charismatique et persévérant, surtout lorsqu’il s’agit de suivre ses propres intuitions, le patron d’Alibaba possède aussi un incroyable talent pour la communication.

Dans ses discours, Jack Ma sait être drôle, provoquer des émotions. L’homme sait capter l’attention de son auditoire, en chinois comme en anglais. Pour cela, il manie les références à la pop-culture auprès de son audience internationale ; et devant ses compatriotes chinois, Jack alimente très souvent ses discours de références aux romans d’arts martiaux ou à l’histoire de la révolution chinoise. Beaucoup de ses citations sont aujourd’hui populaires.

2.2 – Le mantra de Jack Ma

Selon le fondateur d’Alibaba, la base de la philosophie de l’entreprise est la suivante : “Les clients en premier, les employés en deuxième, les actionnaires en troisième.”

  • Les clients : Alibaba n’est pas qu’un circuit de distribution pour les clients, il leur garantit surtout une pérennité (pour les petites entreprises en particulier).
  • Les employés : il est ici question des Aliren (= les gens d’Ali) et de la forte culture de l’entreprise.
  • Les actionnaires : ceux-ci arrivent en dernier car le fondateur d’Alibaba refuse que des pressions à court terme, liés aux profits, le détourne de ses grandes ambitions.

2.3 – Une culture d’entreprise très marquée

  • Une culture de campus

Le siège d’Alibaba, les Wetlands, est un vaste campus de 240 000 m² qui porte l’empreinte de Jack Ma. Il se compose :

    • D’un complexe de tours de verre et d’acier dans lesquels on trouve, en plus des bureaux, une grande salle de gymnastique, un café Starbucks, un magasin de fruits et légumes bio.
    • D’un lac artificiel, où flottent fleurs de lotus et nénuphars.
    • De villas aux toits noirs et recourbés.
    • D’une vaste bibliothèque et librairie qui incarnent bien la passion de Jack Ma pour les livres, ceux d’arts martiaux en particulier.
  • L’importance du travail en équipe, de la camaraderie et de l’engagement

“Au-delà de la conception du campus, c’est dans toute la culture de l’entreprise que souffle l’esprit de Jack.”

Dans le campus, les employés d’Alibaba circulent souvent à bicyclettes : celles fournies par l’entreprise, aux couleurs orange de l’entreprise. Parmi ces vélos, des tandems symbolisent l’importance qu’Alibaba attribue au travail en équipe, primant sur la recherche de succès personnel.

Chez Alibaba, on accorde aussi beaucoup de poids à la camaraderie et à l’engagement. Ces valeurs transparaissent dans le quotidien des employés. Par exemple :

    • Tous les 10 mai, une cérémonie célèbre les mariages récents des employés d’Alibaba, offrant aux mariés de nombreux avantages.
    • Alibaba encourage la familiarité : les salariés doivent endosser un surnom en s’inspirant des personnages des romans de Jin Yong ou d’autres ouvrages d’arts martiaux.
    • Les employés ont la possibilité d’organiser un mini-référendum sur une décision managériale. Par ailleurs, ces derniers sont encouragés, autant que possible, à prendre leurs responsabilités et à entreprendre ou déléguer des tâches plutôt que d’attendre des instructions hiérarchiques.
    • Les collaborateurs les plus performants sont des “Rois des Soldats” (bing wang).
    • Le personnage de fiction Xu Sanduo est parfois utilisé pour illustrer un message du management.
  • “L’Épée aux six veines”

“Alibaba a codifié les valeurs de l’entreprise dans un concept singulier : L’Épée aux six veines. Encore une idée tirée des livres de Jin Yong. Cette épée n’est pas une arme réelle mais désigne l’art de se construire une force intérieure de nature à défaire n’importe quel adversaire.”

Chez Alibaba, les six veines de l’épée sont :

  1. Les clients

Les clients sont toujours placés en premier : cela se reflète dans la fonction essentielle des “arbitres” (les xiaoer de Taobao), la composition de la main d’œuvre de l’entreprise et la priorité aux contacts personnels en face à face.

  1. Le travail en équipe

Le travail en équipe se traduit par des jeux, des chants, des sorties, le système des apprentis et des mentors, des réunions pour “bien démarrer le matin et partager le soir”, les récompenses et autres expressions de reconnaissance envers les salariés méritants.

  1. L’amour du changement

L’amour du changement est incarné par la politique de ressources humaines qui privilégie la mobilité (en matière de lignes de produits et de localisation géographique). Par ailleurs, Alibaba invite à ne pas avoir peur des échecs et des erreurs (l’entreprise se situe, à ce niveau-là, en totale rupture avec la culture traditionnelle chinoise qui considère l’échec comme une honte).

  1. L’intégrité

Pour maintenir cette intégrité, Alibaba s’assure de la rotation systématique des postes.

  1. La passion

Chez Alibaba, les employés doivent se montrer passionnés dans leurs tâches, la passion étant garante d’honnêteté et de travail. Par ailleurs, on travaille selon cette maxime : “Travaille joyeusement, mais vis sérieusement” plutôt que l’inverse entendu habituellement “Travaille sérieusement, vis joyeusement.”

  1. L’engagement

Les salariés d’Alibaba (environ 12 000 nouveaux chaque année) doivent vivre en accord avec les valeurs de “l’Épée aux six veines”. Cela impacte d’ailleurs pour moitié leurs notes d’évaluation. Et cet engagement perdure parfois bien au-delà de leur présence au sein de l’entreprise : on compte, en effet, aujourd’hui environ 25 000 ex-salariés d’Alibaba dont beaucoup adhèrent au club Orange (qian cheng hui), une association réunissant les anciens d’Alibaba.

Chapitre 3 – La jeunesse de Jack Ma

Dans ce troisième chapitre d’”Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois“, Clark Duncan nous relate la jeunesse du fondateur d’Alibaba.

3.1 – L’enfance de Jack Ma dans une Chine en pleine révolution culturelle

Jack Ma est né le 10 septembre 1964 à Hangzhou, ville située à environ 180 kilomètres de Shanghai. Son prénom de naissance est Yun (qui veut dire “nuage”).

La mère du petit Yun (alias Jack) est ouvrière à l’usine. Son père est photographe. Les parents de Jack Ma partagent une passion commune : celle du pingtan, une “forme d’art folklorique chinois mêlant le chant de ballades, des morceaux de comédie, rythmés par le son de castagnettes”.

Alors que Jack Ma n’a que 2 ans, Mao Zedong reprend le contrôle de la Chine. L’empereur communiste, en lançant la Révolution culturelle, déclare la guerre aux “Quatre Vieilleries” : les vieilles coutumes, la vieille culture, les vieilles habitudes et les vieilles idées.

La famille de Jack Ma craint d’être persécutée. En effet, le pingtan, l’art dont s’adonnent ses parents est très ancré dans la culture populaire chinoise et devient la cible favorite des Gardes rouges. La famille pourrait être dénoncée, d’autant que son grand-père a été un fonctionnaire loyal du Kouo-Min-Tang. Finalement, Jack est raillé à l’école mais, au contraire de beaucoup d’autres, sa famille ne sera pas dispersée.

3.2 – L’amour de Jack pour la langue et la littérature anglaise

litterature anglaise jack ma passion

Très tôt, le petit Jack découvre l’anglais :

  • Enfant d’abord, en lisant “Les Aventures de Tom Sawyer”, célèbre roman de Mark Twain. C’est pour lui une révélation.
  • Puis, à l’âge de 14 ans, avec l’arrivée des premiers touristes étrangers (américains et européens pour la plupart) en Chine. Pendant 9 ans, tous les matins, le garçon propose aux visiteurs un tour gratuit du Lac de l’Ouest, en échange de leçons d’anglais.
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C’est d’ailleurs sur l’idée d’une touriste américaine, dont le père et le mari s’appelaient Jack, que le jeune Ma Yun décide de prendre ce prénom et que Ma Yun devint Jack Ma.

3.3 – La rencontre de Jack avec la famille Morley

Parmi les voyageurs, Jack fait la rencontre, en 1980, d’une famille australienne : les Morley. Le père, Ken Morley, est un ingénieur en génie électrique tout juste retraité. Ken et son épouse Judy ont trois enfants : David, Stephen et Susan. Par hasard, Jack Ma se lie d’amitié avec David. Désireux de garder contact après le départ des Morley, les deux garçons s’écrivent régulièrement. Dans ces correspondances, Jack appelle Ken “papa”. Et Ken aide Jack à perfectionner son anglais.

3.4 – L’adolescence de Jack Ma

Les journées de Jack Ma sont bien remplies. Le jeune adolescent  :

  • Guide les touristes séduits par son vrai talent de conteur, son bon anglais et ses connaissances culturelles sur la localité.
  • Fréquente les maisons de thé où il joue aux échecs chinois, aux cartes, raconte des histoires.
  • Accompagne sa grand-mère dans les temples bouddhistes.
  • Pratique les arts martiaux, surtout le tai-chi.
  • Dévore des livres : il se passionne surtout pour les livres de Louis Cha, dit Jin Yong, dans le genre wuxia, qui allient histoire, culture, fiction, arts martiaux, chevalerie du VIe au XVIIIe siècle, bouddhisme, taoïsme et confucianisme. Dans sa vie d’entrepreneur, Jack s’inspire d’ailleurs souvent d’un personnage de ses romans : le légendaire guerrier Feng Qingyang.

3.5 – Les mathématiques, laborieuse matière du gaokao

Un des faits déterminants dans la trajectoire de vie de Jack Ma est son échec à l’examen du gaokao.

Le gaokao, l’équivalent du bac en France, est obligatoire en Chine pour pouvoir poursuivre des études supérieures. En réalité, c’est l’un des examens les plus difficiles au monde qui nécessite une grande préparation et d’importantes facultés de mémorisation. Trois matières sont fondamentales pour réussir le gaokao : les mathématiques, le chinois et les langues étrangères.

Lorsqu’il passe l’examen, la note de Jack en mathématiques est de 1/120. Avec une note aussi médiocre, Jack est recalé et se résigne à faire de petits boulots pendant un temps. Mais le jeune homme travaille ses maths et se présente une nouvelle fois au gaokao. C’est, hélas, encore un échec : Jack n’obtient que 19/120 en mathématiques. Sans emploi, Jack décide de persévérer. Tous les dimanches, il étudie à la bibliothèque les équations et formules mathématiques pour une troisième tentative. Et cette fois, sa note en mathématiques, même si elle est tout juste suffisante, est nettement meilleure (89/120). Elle lui permet d’intégrer le Hangzhou Teachers College, une université locale pour devenir professeur.

3.6 – Des études pour devenir professeur d’anglais

En 1985, Jack passe un mois chez les Morley en Australie. Puis, c’est à leur tour de revenir rendre visite à Jack. Les relations entre Jack et cette famille s’intensifient et deviennent de plus en plus chaleureuses. Les Morley vont alors soutenir Jack qui peine à survivre pendant ses études :

  • Chaque trimestre, Ken Morley envoie à l’étudiant l’équivalent de 5-6 dollars par semaine.
  • Lorsque Jack épouse Cathy, une étudiante rencontrée à l’université, la famille Morley offre 20 000 dollars au couple pour l’aider à s’installer. Avec cet argent, Jack et Cathy achètent deux petits appartements en haut d’un immeuble qu’ils transforment en penthouse.

Clark Duncan précise que :

“Jack a toujours dit qu’il ne trouverait jamais les mots pour remercier les Morley de ce qu’ils avaient fait pour lui.”

En fait, Jack Ma considérait Ken Morley comme “son père australien et son mentor”. Celui-ci meurt en 2004, à l’âge de 78 ans. Toutefois :

“Les Ma et les Morley demeurent des amis proches jusqu’à ce jour, et continuent de passer des vacances ensemble.”

3.7 – L’enseignement

Sa licence d’anglais en poche, Jack devient, en 1988, assistant professeur d’anglais à l’Institut d’ingénierie électronique de Hangzhou. Parallèlement, le professeur enseigne l’anglais à l’Auberge de jeunesse internationale de la ville. Jack aime passer du temps avec ces étudiants d’horizons divers en dehors des cours.

Mais à côté de l’enseignement, Jack nourrit un rêve : il s’est promis de créer sa propre entreprise avant d’avoir 30 ans. Il décide alors de se lancer et commence à travailler à temps partiel après ses cours sur ce projet.

Chapitre 4 – Hope et la découverte de l’Amérique

Dans ce chapitre, Clark Duncan nous raconte les tout débuts de l’aventure entrepreneuriale de Jack Ma.

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4.1 – La première entreprise de Jack Ma : une agence de traduction

À l’âge de 29 ans, en 1994, Jack Ma crée sa première entreprise, la Hangzhou Haibo Translation Agency, appelée aussi Hope : une agence de traduction qui a pour but d’aider les entreprises locales à se faire des contacts à l’étranger :

“Je voulais créer cette entreprise de traduction comme un intermédiaire entre le monde de l’enseignement et celui des affaires” se souvient Jack.

L’entreprise ne compte que cinq salariés : Jack et quatre collègues enseignants à la retraite. Jack n’est pas encore prêt à abandonner son emploi de professeur : à cette époque-là, en Chine, l’entreprise privée est, en effet, considérée comme risquée et aux limites de la légalité. La Révolution culturelle n’est pas loin, et il n’y a donc pas si longtemps, les chinois étaient arrêtés voire exécutés juste parce qu’ils avaient des activités commerciales.

4.2 – Le Zhejang : creuset de l’esprit d’entreprise chinois

Clark Duncan nous explique comment la province du Zhejang est devenue le berceau de l’entreprise privée en Chine, les villes de Hangzhou, Ningbo, Wenzhou et Yiwu en particulier.

On apprend notamment que :

  • En 2004, la moitié des 100 plus grandes entreprises privées chinoises proviennent du Zhejiang.
  • Yiwu est aujourd’hui le premier marché de gros au monde : déjà immense lorsque Jack Ma crée sa première entreprise (plus de 700 étals), celui-ci compte désormais 70 000 boutiques qui se côtoient au sein du Yiwu International Trade Center :

“Cet immeuble gigantesque, de plus de 1,2 million de mètres carrés, génère à lui seul un chiffre d’affaires annuel de plus de 6 milliards de dollars. Plus de 1,7 million de produits sont proposés à la vente : jouets, fleurs en plastique, bijouterie, bagages, vêtements, appareils ménagers, bref tout ce qui est Made in China.”

4.3 – Le rocambolesque premier voyage aux États-Unis de Jack Ma

Hope connaît des débuts difficiles. Pour faire face aux charges de l’entreprise, Jack Ma décide de vendre divers produits (fleurs, livres, tapis) dans les rues de Hangzhou. Les revenus de ces ventes permettent à Hope de survivre pendant 3 ans.

Quand un jour, le gouvernement du comté de Tonglu contacte Jack Ma. Les autorités locales lui demandent de les aider à résoudre un litige entre elles et une firme américaine dans une affaire de construction d’une nouvelle autoroute. Et pour mener cette mission, Jack Ma doit partir un mois aux États-Unis…

Au cours de ce premier séjour inattendu en Amérique, l’entrepreneur va faire une découverte qui va changer sa vie… Dès son arrivée à Los Angeles, Jack rencontre le patron de la société américaine partenaire du gouvernement de Tonglu. Mais il réalise très vite qu’il a affaire à un escroc, qu’il s’agit d’une entreprise fantôme et qu’il est sérieusement en danger. Jack se retrouve, en effet, enfermé dans une villa de Malibu menacé d’une arme par son ravisseur. Il est ensuite emmené à Las Vegas, où il est “mis aux arrêts dans une chambre d’hôtel, au dernier étage d’un casino”. Mais Jack parvient à s’enfuir et prend un vol pour Seattle.

4.4 – Internet, la révélation !

À Seattle, Jack trouve refuge chez les parents d’un ami. C’est là qu’il touche, pour la première fois de sa vie, un ordinateur et c’est surtout la première fois qu’il se connecte à Internet. Clark Duncan nous fait revivre ce premier “surf” sur le web à travers les mots de Jack qui se souvient :

“Mon ami Stuart m’a dit : “Jack, c’est Internet. Tu peux y trouver tout ce que tu cherches.” J’ai dit : “Vraiment ?” Et j’ai lancé une recherche sur le mot “bière”. […] Et j’ai trouvé “bière américaine”, “bière Allemagne” (sic) et pas “bière chinoise”. Cela a éveillé ma curiosité, alors j’ai lancé une recherche sur “Chine” : pas de Chine, aucune donnée.” Intrigué, Jack demande de l’aide à Stuart : “Pourquoi on ne ferait pas quelque chose sur la Chine”, lui suggère-t-il. “Et nous avons créé une page, très laide, pour mon agence de traduction”.”

Mais très vite, Jack a l’idée d’un nouveau projet : “aider les entreprises chinoises à trouver des opportunités de ventes à l’export via Internet”. Il propose un partenariat avec VBN et plonge dans un travail acharné.

Son ami Stuart raconte :

“Nous passions nos journées au bureau, ne sortant que pour grignoter quelque chose, puis nous rentrions à la maison pour faire un peu de tai-chi, et c’était comme cela tous les jours, aucune autre activité.”

Ainsi, ce voyage transforme Jack. Certes, sa mission pour le gouvernement est un échec : il rentre en Chine bredouille, sans argent ni autoroute. Cependant, il a, dans ses bagages, un ordinateur doté du processeur Intel 486, “le plus avancé alors en Chine”. Et il a aussi en tête l’idée de quitter l’enseignement pour se lancer complètement dans sa création d’entreprise.

Chapitre 5 – La Chine s’éveille

5.1 – Projet d’une nouvelle entreprise

Dès son retour de Seattle, Jack démissionne de son emploi de professeur à l’Institut d’ingénierie électronique de Hangzhou.

Il commence à travailler sur un concept de “pages jaunes” en ligne (intégré au site de VBN) qui répertorie, en anglais, des entreprises chinoises recherchant des clients à l’étranger.

En 1995, Jack rassemble une vingtaine de ses anciens élèves de l’école du soir, les plus dynamiques et compétents, pour recueillir leurs avis sur son concept. Après deux heures de présentation, les élèves décident de voter : sur les 24 participants, 23 élèves expriment un suffrage négatif. Cette idée ne marchera jamais, selon eux.

Jack ne se décourage pas et persiste dans son idée. Avec un ami professeur d’informatique, He Yibing, Jack Ma lance une nouvelle entreprise : China Pages.

5.2 – La deuxième entreprise de Jack Ma : China Pages

La nouvelle entreprise de Jack Ma, China Pages (Hangzhou Haibo Network Consulting selon sa dénomination sociale) est l’une des premières en Chine à se consacrer à l’Internet.

Pour lancer son affaire, Jack emprunte de l’argent à sa famille. L’entreprise occupe un bureau de 15 m² où travaillent Cathy, l’épouse de Jack, sa sœur Zhang Jin et la petite amie d’He Yibing. D’anciens étudiants prennent aussi part au projet.

Mais China Pages rencontre plusieurs obstacles pour trouver des clients. En effet :

  • Il s’avère très difficile de prouver la validité du concept de China Pages car il est encore quasiment impossible de se connecter sur la toile à Hangzhou. Internet n’y devient accessible que plusieurs mois après le lancement de China Pages (à l’automne 1995).
  • De plus en plus d’entrepreneurs émergent dans la technologie depuis l’installation d’infrastructures de télécommunications.
  • China Pages a dû mettre un terme à son partenariat avec VBN, s’équiper d’un serveur en propre et créer un nouveau site pour réduire les coûts.
  • Le coût des ordinateurs est toujours inaccessible pour le Chinois moyen (800 dollars l’unité) ; les ventes d’ordinateurs personnels sont donc encore très limitées.
  • Les prix pour installer une ligne de téléphonie fixe et une connexion web sont élevés.
  • Les gens ne connaissent pas encore vraiment ce qu’est Internet.

5.3 – La vente de China Pages

Jack redouble d’effort mais malgré quelques réussites, China Pages ne décolle pas. L’entreprise de Jack Ma n’est plus en capacité de régler les salaires de ses employés.

En 1996, Hangzhou Dife Communication fait une offre pour racheter China Pages. Finalement, les deux sociétés se mettent d’accord pour créer une joint-venture appelée Dife-Hope :

  • Dife possède 70 % du capital après un investissement de 170 000 dollars.
  • Hope conserve les 30 % restants.
  • Jack est nommé directeur général de la nouvelle entité.

Mais au fil des mois, Dife va complètement écraser son partenaire. Malgré son rôle de directeur général, Jack perd le contrôle de son entreprise. Fin 1997, il cède ses actions et laisse son poste de directeur général à son associé He Yibing.

Cette expérience marque profondément Jack Ma qui pense avoir lancé son entreprise trop tôt. Après cette échec, il accepte un poste de fonctionnaire à Pékin :

“Jack a mis ses rêves au placard, accepté un travail à Pékin, au Ministère du commerce extérieur et de la coopération économique. Il s’y sentait comme un poisson hors de l’eau, comptant les jours qui le séparaient du moment où il pourrait à nouveau plonger dans l’océan de l’Internet chinois, qui était sur le point de devenir encore bien plus profond.”

Chapitre 6 – La Bulle et la Naissance

“Alibaba aurait fort bien pu être l’entreprise aux mille et une erreurs. Mais nous avons survécu pour trois raisons. Nous n’avions pas d’argent, nous n’avions pas de technologie, et nous n’avions pas de plan.” Jack Ma

Dans ce chapitre d’”Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois“, Clark Duncan nous décrit les débuts d’Alibaba créée en 1999 : après s’être efforcé d’imposer ses deux premières entreprises, Hope et China Pages, et après avoir passé une période peu agréable dans l’administration chinoise, cette nouvelle entreprise semble être enfin la bonne !

bulle et naissance alibaba jack ma

6.1 – Les trois pionniers chinois de l’Internet

Clark Duncan nous décrit d’abord le vent étrange qui souffle dans le secteur de l’Internet à cette époque-là : tout comme Jack Ma a perdu le contrôle de China Pages, de nombreux autres entrepreneurs lancés dans le domaine de l’Internet se voient, eux aussi, poussés hors de leurs entreprises par de grandes sociétés d’État. Pourtant, malgré cela, ces grandes sociétés d’État ne parviennent pas à concurrencer les créateurs privés de contenus sur Internet.

Et, en effet, un trio de pionniers va largement se démarquer dans ce domaine. Il s’agit des entreprises :

  • Sina, créée par Wang Zhidong,
  • Sohu, créée par Charles Zhang,
  • NetEase, créée par et William Ding.

6.2 – “Si je restais à Pékin, je ne pourrais rien faire de grand ; je ne pouvais pas réaliser mes rêves en restant fonctionnaire”

Les créateurs de Sina, Sohu et NetEase surfent sur la vague montante d’Internet. Pendant ce temps, Jack Ma qui s’est installé à Pékin, occupe un poste de directeur général d’une unité de commerce électronique rattachée au Ministère du commerce extérieur et de la coopération économique (MOFTEC). Son travail l’amène à développer deux sites Internet pour le ministère. Mais la lourdeur bureaucratique rend ces sites internet peu séduisants. Jack croit fermement en l’avenir du e-commerce, mais il doit, dit-il, “être l’affaire du secteur privé”.

Au ministère, Jack vit mal le poids de la hiérarchie (celui de son patron notamment). Il est aussi très frustré de voir les succès des trois portails Internet Sina, Sohu et NetEase. Jack rêve lui aussi de créer son entreprise dans le domaine de l’Internet. Il sait qu’il ne pourra “rien faire de grand” en restant fonctionnaire à Pékin…

Son poste de fonctionnaire lui offre néanmoins une heureuse surprise : sa première rencontre avec Jerry Yang, le co-fondateur de Yahoo, alors considéré comme le roi d’Internet, en visite en Chine en 1997 pour dépister les opportunités du marché chinois d’Internet pour Yahoo.

6.3 – Alibaba, un drôle de nom pour une entreprise…

Pourquoi, pour le nom de son entreprise, Jack Ma ne s’est-il pas inspiré de ses passions pour les arts martiaux, l’histoire ou le folklore chinois ?

Clark Duncan nous explique que Jack Ma choisit le nom d’Alibaba parce que ce nom est :

  • Connu de tout le monde (et grâce à cela, beaucoup d’investissements marketing, en effet, seront évités par la suite).
  • Immédiatement rattachée à l’expression “Sésame, ouvre-toi !” qui a, selon Jack, une véritable puissance suggestive : elle correspond parfaitement à son objectif d'”ouvrir les portes du e-commerce aux petites et moyennes entreprises du pays”.
  • Facile à prononcer dans toutes les langues.
  • Commence par la première lettre de l’alphabet.

Jack Ma payera 4000 dollars à un canadien utilisant déjà ce nom pour qu’il le lui cède. Aujourd’hui, la matière imaginaire suscité par Alibaba (les Quarante voleurs, Sésame, les 1001 Nuits…) est très souvent utilisée par Jack Ma pour alimenter ses discours.

6.4 – 1999 : le lancement d’Alibaba

Jack Ma et 17 de ses amis et anciens collègues lancent Alibaba en février 1999 :

“C’était une équipe de “gens ordinaires” réunis par l’énergie de Jack et ses méthodes de management non conventionnelles. Pour bâtir cet esprit d’équipe, Jack s’est appuyé sur son amour des romans de Jin Yong et a donné à chacun des membres de l’équipe un surnom. Le sien était Feng Qinyang. Dans le roman intitulé “L’homme à l’épée” Feng est un maître de l’escrime et du kung-fu qui apprend à ses jeunes élèves à devenir des héros.”

Alibaba naît au sommet de la bulle Internet. Le nombre d’utilisateurs d’Internet explose, tout comme les ventes de PC (du fait de la baisse des prix des ordinateurs personnels). Le coût pour se connecter devient beaucoup plus accessible.

Toutefois, Alibaba arrive tard dans le monde Internet chinois. Le marché est déjà dominé par Sina, Sohu et NetEase. Jack doit alors trouver une niche. Il doit également se dépêcher d’obtenir de l’argent des investisseurs à risques s’il ne veut pas se faire distancer par les trois pionniers.

Le fondateur d’Alibaba appelle ses collaborateurs “à apprendre l’esprit de la Silicon Valley”, basé sur un travail acharné. Et pour motiver ses troupes, il pose comme objectif une introduction en bourse d’ici trois ans.

6.5 – L’arrivée de Joe Tsai chez Alibaba

En 1999, Jack Ma rencontre Joe Tsai, un investisseur d’origine taïwanaise vivant à Hong Kong. Lorsque Jack Ma lui présente sa vision d’Alibaba, Joe est tout de suite convaincu par son idée d’aider les dirigeants à commercialiser leurs produits à l’étranger (cela leur éviterait de passer par des sociétés commerciales d’État). Mais il est surtout séduit par :

  • La cohésion autour de Jack Ma et son équipe “loyale”, “qui croyait en lui” ;
  • La personnalité de Jack Ma et “l’étincelle dans ses yeux” : pour lui, l’homme est un véritable leader, différent des autres entrepreneurs.
Les lecteurs de cet article ont également lu :  Comment trouver son idée de business ?

Clark Duncan décrit Joe calme et réservé, “l’exact opposé de Jack avec son exubérance et son imprévisibilité.”

prendre la décision de quitter son job et faire une collaboration

Après avoir hésité, Joe Tsai prend la décision risquée de quitter son job très bien payé à Hong-Kong. Avec son épouse alors enceinte, Joe débarque à Hangzhou et se met au travail. Ses deux premières tâches sont :

  • D’identifier précisément les actionnaires et le nombre de clients d’Alibaba jusque-là “tenu sur des bouts de papier” ;
  • De trouver en urgence du capital (Alibaba ne réalise encore aucun chiffre d’affaires).

Aussi, après avoir enregistré une structure off-shore, Joe Tasi et Jack Ma partent à San Francisco pour rencontrer des sociétés de capital-risque (il n’y avait, à l’époque, aucun financement de start-up possible en Chine). Mais le voyage est un échec : les investisseurs ne se montrent pas intéressés par le e-commerce entre entreprises (B2B).

C’est finalement un événement complètement imprévisible qui va déclencher “la ruée vers l’or de l’Internet chinois” et changer le destin de Jack Ma : l’introduction de China.com à la bourse du Nasdaq après que l’entreprise ait obtenu 34 millions de dollars d’AOL.

“Cet événement déclencha une frénésie d’investissements, car les entrepreneurs chinois se sont dit : “Si China.com a pu le faire, pourquoi pas moi ?””

Chapitre 7 – Goldman Sachs et Softbank

7.1 – Goldman Sachs, premier investisseur d’Alibaba

Après l’entrée en bourse de China.com, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à vouloir investir dans le capital de sociétés chinoises d’Internet. Jack Ma commence à se faire remarquer par la horde de médias étrangers venue couvrir la montée en puissance d’Internet en Chine. Tout le monde lui trouve quelque chose de différent.

Joe Tsai, de son côté, prend contact avec Shirley Lin, une amie taïwanaise formée aux États-Unis, en charge d’évaluer les opportunités d’investissement dans les jeunes entreprises high-tech asiatiques pour la société d’investissement Goldman Sachs. Même si elle est limitée à des investissements de 5 millions de dollars, Shirley bénéficie d’une grande marge de manœuvre. Lorsque Joe évoque Alibaba, Shirley, particulièrement intéressée, décide de rendre visite à Jack. Comme Joe avant elle, Shirley est impressionnée par le projet mais surtout par la qualité de l’équipe. Elle décide d’y investir.

Après plusieurs négociations, Goldman Sachs finit par investir 5 millions de dollars en échange de 50 % du capital (33 % pour Goldman Sachs et 17 % pour d’autres candidats).

“Jack avait réussi à attirer un grand nom, ce qui devait s’avérer crucial dans l’histoire d’Alibaba. En même temps, il regrettait d’avoir dû abandonner 50 % du capital, qu’il ne récupérerait jamais.”

De plus, 5 millions de dollars, c’est un bon départ, mais cela ne représente rien “comparés au trésor de guerre des trois grands portails Internet chinois” : en effet, Sina lève à ce moment-là 60 millions de dollars, Sohu 30 millions de dollars et NetEase 20 millions de dollars.

7.2 – Le développement de l’entreprise Alibaba

Fin 1999-début 2000, Alibaba :

  • A pour ambition de devenir le premier site Internet chinois mettant en relation vendeurs et acheteurs professionnels dans près de trente secteurs d’activité dont l’habillement, l’électronique, les équipements industriels.
  • Se dote d’un nouveau site Internet : celui-ci compte alors plus de 40 000 utilisateurs.
  • Est désormais ouvert à l’idée d’une introduction en bourse.
  • S’installe dans de nouveaux locaux de 18 000 m².

7.3 – Des obstacles à surmonter

Alibaba continue sa croissance mais est aussi confronté à de nombreux obstacles :

  • La difficulté de trouver des talents

Dans cette fièvre internet, Alibaba peine à recruter des salariés compétents, souvent obnubilés par la recherche de revenus plus élevés ou par le projet de lancer leurs propres start-ups. En effet, malgré le plan d’actionnariat de 4 ans proposé à chaque nouvelle recrue, le salaire reste modeste en contrepartie des 16 heures de travail par jour à réaliser, sans samedi ni dimanche. Aussi, Clark Duncan nous raconte que Jack accueille toujours les nouveaux avec sa citation préférée :

“Aujourd’hui est brutal, demain sera encore plus brutal, mais après-demain sera magnifique. Le problème, c’est que la majorité des gens mourront demain soir. Ils ne verront pas le soleil se lever le lendemain. Or nous, les gens d’Ali, nous devrons être capables de voir l’aube se lever après-demain.”

citations jack ma voir le soleil se lever surmonter les difficultés

  • Le prix encore un peu élevé des ordinateurs et le manque de compétences informatiques : certaines entreprises hésitent à se lancer à cause du prix des ordinateurs. D’autres n’ont pas les compétences requises en matière de technologies de l’information.
  • Le manque de confiance dans le e-commerce : les fournisseurs ont peur de n’être jamais payés ; les acheteurs étrangers craignent de recevoir des produits défectueux, des contrefaçons ou de ne pas être livrés.
  • Les difficultés d’Alibaba à décrire précisément son cœur de métier :

“Yahoo est un moteur de recherche, Amazon est un libraire, eBay un site de ventes aux enchères. Alibaba est une place de marché électronique.”

  • Le besoin rapide de liquidités : d’autant plus que l’entreprise vient d’ouvrir de nouveaux bureaux à Hong Kong et à Shanghai.

7.4 – Softbank entre en scène

Jack Ma est invité à rencontrer Masayoshi Son de la firme d’investissement japonaise SoftBank, en octobre 1999, lors de sessions de speed dating. Connu pour décider vite, Masayoshi Son est le principal actionnaire de Yahoo depuis plusieurs années. Il est multimilliardaire.

“Dès qu’il rencontra Son, Jack sut qu’il avait croisé une âme sœur. “Nous n’avons pas parlé de chiffre d’affaires, encore moins de business model. Nous avons juste partagé nos visions. Et tous les deux, nous aimions décider rapidement. Je ne portais même pas de costume ce jour-là. Il nous a suffi de cinq à six minutes pour nous apprécier”.”

Masayoshi Son accepte d’investir 20 millions de dollars dans Alibaba pour 30 % du capital :

“Cet accord s’avéra décisif pour Alibaba. En moins d’un an, Jack et Joe avaient réussi à lever 25 millions de dollars auprès de deux des plus importants et prestigieux investisseurs mondiaux.”

7.5 – Le rêve américain

À présent, l’ambition de Jack est de se faire remarquer dans la Silicon Valley. Il réussit alors à débaucher John Wu du siège de Yahoo et lui propose la direction de l’équipe de recherche et développement d’Alibaba en Californie.

“Riche d’argent frais, de nouvelles recrues et de plus de cent cinquante mille utilisateurs de cent quatre-vingt-huit pays différents, l’avenir d’Alibaba s’annonçait brillant. Mais la bulle Internet était sur le point d’exploser.”

Chapitre 8 – Explosion et retour en Chine

Ce huitième chapitre d’”Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois” retrace les années 2000-2001 parsemées d’événements difficiles pour les entreprises du web. Ces années font aujourd’hui partie de la légende d’Alibaba qui parvient, malgré les challenges, à rester debout.

8.1 – Le compromis des autorités chinoises face au développement d’Internet : le concept d’EIV

Alibaba continue de prospérer (1000 nouveaux utilisateurs par jour au printemps 2000). Pourtant, l’entreprise n’évolue pas dans un contexte favorisant son développement.

En plus de l’apparition de nombreux concurrents bénéficiant de capitaux frais, l’essor des trois portails pionniers de l’Internet chinois ont accru la volonté du gouvernement de contrôler tous ces contenus désormais accessibles aux chinois via Internet. Les autorités chinoises mettent en place plusieurs règles de manière à filtrer les contenus pouvant représenter une menace à l’encontre du Parti ou du pays. Mais elles sont incapables de véritablement stopper Internet. De plus, beaucoup d’administrations sont paradoxalement convaincues que l’informatisation et Internet sont des éléments incontournables pour le développement du pays.

La Chine doit alors chercher une solution pour ne pas décourager le développement des entreprises tout en les soumettant à la fois à un certain contrôle.

“La Chine voulait une Silicon Valley qu’elle puisse contrôler et bâtir selon ses propres termes.”

Finalement, après des mois de débats, les autorités trouvent une stratégie répondant à leurs attentes : le concept d’EIV (“Entité à Intérêt Variable”) :

“Cette structure autorise les investisseurs étrangers à profiter des revenus accumulés par une entreprise chinoise sans qu’elle soit considérée comme étrangère.”

Avec cette solution, l’introduction en bourse des trois portails Internet est enfin envisageable. Cette mise en bourse a lieu le 13 avril 2000, mais dans de très mauvaises conditions : la bulle Internet vient d’exploser.

8.2 – Le début de la notoriété pour Jack Ma

“À partir de mars 2000, le Nasdaq, alors à son pic, entame une longue descente qui durera deux ans. […] Plus aucune entreprise chinoise d’Internet ne devait entrer en bourse pendant trois ans. La porte était fermée, y compris pour Alibaba.”

Pourtant, pour Jack Ma, l’éclatement de la bulle internet représente une véritable opportunité : les investisseurs allaient, selon lui, arrêter de financer ses concurrents et au moins 60 % des entreprises chinoises du secteur de l’Internet allaient fermer. Et sur les 25 millions de dollars levés, Alibaba n’avait, elle, dépensé que 5 millions.

L’entreprise se met alors à recruter de nombreux salariés étrangers. Jack Ma multiplie les voyages dans le monde entier, en Europe notamment qu’il ne connaît pas encore et où il fait l’expérience du choc culturel. À cette période, Jack Ma devient une personnalité internationale. Il fait notamment la couverture des magazines Forbes International et The Economist.

8.3 – Nouvelles stratégies

nouvelle stratégie back to china alibaba

  • La stratégie BTC “Back to China

En 2001, Jack Ma réalise que son entreprise est difficile à mener en Californie. Partager les équipes techniques entre la Chine et les États-Unis, avec les différences de langue et de culture, a conduit à fracturer ses équipes :

“Essayer de promouvoir une entreprise chinoise aux États-Unis et en Europe, avec un nom arabe, n’était pas chose aisée.”

Alibaba décide donc de recentrer ses activités en Chine en adoptant la stratégie dite BTC “Back to China“.

  • La création de nouveaux services

Pour rassurer ses investisseurs qui commencent à s’impatienter de ne pas voir grossir le chiffre d’affaire de l’entreprise, Jack lance de nouveaux services liés au crédit, au transport, à l’assurance.

  • Le recrutement d’un nouveau directeur des opérations : Savio Kwan

L’embauche de Savio Kwan amène Alibaba à une réorganisation de l’entreprise autour de ses quatre hommes-clés :

    • Jack Ma : directeur général,
    • Joe Tsai : directeur financier,
    • John Wu : ingénieur en chef,
    • Savio Kwan : directeur des opérations.

8.4 – Retour en Chine

Tout juste arrivé, le nouveau directeur des opérations, Savio Kwan, met en place une multitude de mesures visant à redresser la situation. Mais celles-ci ne font pas des miracles. Sans résultats vraiment satisfaisants et une conjoncture qui ne s’améliore pas, Jack Ma pense, à un moment donné, quitter Alibaba et reprendre sa profession d’enseignant. Mais il se ressaisit :

“Mon mot d’ordre était alors de rester le dernier debout, d’être le dernier à tomber. Même à genoux, je devais être le dernier à mourir. Je croyais fermement que si j’avais autant de difficultés, alors mes concurrents devaient être dans un état pire encore. Celui qui resterait sur ses pieds l’emporterait.”

Finalement, dans les années suivant l’éclatement de la bulle Internet, Alibaba réussit, malgré l’absence de capitaux, à rester debout. Et cela, grâce à une nouvelle activité lancée en 2003 : une réussite dont même Jack n’a jamais imaginé l’ampleur…

Chapitre 9 – La renaissance : Taobao et l’humiliation d’eBay

9.1 – Pivoter vers le e-commerce grand public

Au début des années 2000, peu de chefs d’entreprises du Net parviennent à rester à la tête de leurs sociétés ou à les maintenir. Alibaba fait partie de celles qui survivent toujours. Toutefois, le modèle du e-commerce B2B reste incertain. Jack Ma commence alors à réfléchir à une autre stratégie : celle du e-commerce grand public, comme choisie par Amazon et eBay. D’ailleurs, plusieurs entreprises chinoises ont déjà eu l’idée de répliquer ces concepts. Les plus connues sont :

  • Dangdang.com et Joyo.com : ces deux entreprises fonctionnant sur le modèle d’Amazon rencontrent un certain succès.
  • Each.net : une sorte de “eBay chinois” créé par Shao Yibo (appelé “Bo”), un diplômé MBA d’Harvard, qui marche plutôt bien malgré son arrivée récente sur la scène chinoise d’Internet et les challenges qui s’annoncent.

9.2 – L’eBay chinois

En réalité, de multiples raisons rendent le fonctionnement du concept d’eBay dans le contexte chinois particulièrement difficile. En effet, en Chine :

  • Il n’est pas courant d’échanger des produits d’occasion : le marché de la consommation étant très récent, les Chinois n’ont pas grand-chose à vendre.
  • Le nombre d’internautes est encore faible (une dizaine de millions de chinois seulement pour des centaines de millions d’américains).
  • Les gens n’ont pas confiance dans le commerce en ligne.
  • Le paiement en ligne est quasiment inexistant.
  • Les livraisons sont très chères et peu fiables.
  • La carte de crédit, qui n’est autorisée que depuis 1999, est encore compliquée à utiliser dans les magasins traditionnels, et absolument rarissime pour des achats en ligne.

Au fil du temps, Bo réalise que le projet d’Each.net sera long et ardu. Pour lui, le seul moyen d’y arriver est alors de vendre Each.net à eBay… De son côté, la patronne d’eBay, Meg Whitman, qui vient juste d’abandonner le marché japonais, voit dans le marché chinois une véritable opportunité de lancer eBay dans le e-commerce asiatique. Et la façon parfaite de conquérir ce marché, c’est d’acheter Each.net, un acteur local qui s’est déjà implanté.

C’est ainsi qu’eBay fait l’acquisition d’Each.net.

9.3 – La création de Taoboa

Mais Jack Ma a bien l’intention de prendre aussi sa place sur le marché du e-commerce chinois. Il sait que “s’il laisse l’entreprise américaine prendre trop d’avance sur le marché grand public, il aurait des difficultés à maintenir Alibaba à flot dans le seul secteur du e-commerce professionnel”. Il lui faut donc contrer eBay.

Les préparatifs de ce que Jack Ma appelle l'”Opération chasse au trésor” démarrent dans le plus grand secret. Masayoshi Son lui apporte de nouvelles liquidités : 80 millions de dollars. L’entrepreneur constitue une équipe spéciale à qui il demande de rester dans la plus grande confidentialité. L’équipe “secrète” se met au travail et crée un nouveau site internet nommé Taobao – “chasse au trésor” en chinois.

création taoboa alibaba histoire jack ma

Le lancement de Taobao a lieu le 10 mai 2003.

9.4 – L’attaque du SRAS : une improbable bénédiction pour Alibaba

Clark Duncan revient ici sur l’épidémie du SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) qui démarre en Chine en 2002. C’est, en effet, une période qui marque positivement la vie d’Alibaba, et ce, pour deux raisons principales :

  • Ce virus, aux origines et effets inconnus, terrifiant tout le monde, va finalement contribuer à resserrer les liens entre les membres de l’équipe d’Alibaba.
  • L’épisode SRAS valide la pertinence de la téléphonie mobile et de l’Internet dans le pays. Pour les millions de Chinois confinés chez eux pendant plusieurs semaines, Internet devient leur principale source d’information et de loisirs. Ainsi, l’impact crucial du SRAS pour Alibaba, c’est d’avoir convaincu les Chinois de se lancer dans les achats en ligne.

9.5 – Les erreurs d’eBay et l’émergence de Taobao

EBay commet une série d’erreurs qui vont conduire l’entreprise à sa perte sur le marché du e-commerce chinois :

  • Première erreur : considérer qu’avec Each.net, eBay a déjà fait sa place sur le marché chinois

Très vite, des difficultés liées aux différences culturelles apparaissent entre Each.net et eBay.

Par exemple, eBay procède à une refonte du site internet d’Each.net selon ses propres critères de présentation et de classement des informations : cela déstabilise les utilisateurs chinois qui trouve désormais au site un air “étranger” (les sites américains plutôt dépouillés, stylés, bien rangés ne ressemblent en rien aux sites chinois plutôt fouillis, fourmillants de bannières et fenêtres publicitaires).

Le site d’Alibaba décrit par Clark Duncan séduit, quant à lui, davantage les chinois :

“Taobao est un site conçu par des Chinois, pour des Chinois, et cela se voit. Il ressemble à un bazar multicolore croulant sous la marchandise, comme celui de Yiwu.”

  • Deuxième erreur : ne pas prendre en compte la particularité du e-commerce chinois

En Chine, le e-commerce est très spécifique. Il est contre-intuitif par rapport à celui en Occident. La CEO d’eBay reconnaîtra d’ailleurs, quelques années plus tard :

“En Chine, vous ne pouvez pas juste exporter un système ou des produits mis au point aux États-Unis ou en Europe.”

Jack Ma, lui, a l’avantage de connaître les traditions commerciales du Zhejiang. Alibaba a, par exemple, immédiatement compris que l’un des facteurs clés du succès est la gratuité du service.

  • Troisième erreur : faire migrer le site de Chine aux États-Unis

En effet, les autorités chinoises ont mis en place de multiples systèmes de protection entraînant de nombreux obstacles pour les sites hébergés à l’étranger comme :

    • Des délais de téléchargement très longs.
    • Des blocages : les requêtes doivent passer une série de contrôle afin de vérifier que les sites étrangers ne diffusent pas d’informations “sensibles”. Le pare-feu chinois bloque donc de nombreuses requêtes.

9.6 – L’autre élément décisif : le paiement en ligne

En 2005, Jack Ma déclare :

“EBay est peut-être un requin dans l’océan, mais je suis un crocodile dans le Yang-Tsé. Si nous nous livrons combat dans l’océan, je perdrai, mais dans le fleuve, je gagnerai.”

Et c’est sur la question des paiements en ligne qu’Alibaba va prendre de l’avance. En effet, eBay utilise, pour les paiements, sa filiale PayPal. Or, en Chine, la mise en place de Paypal s’avère très compliquée. EBay décide alors de créer un système propre à la Chine et perd beaucoup de temps.

Pendant cet intervalle, Alibaba séduit de plus en plus de clients avec Alipay, son propre système de paiement en ligne lancé en octobre 2003 et qu’il a, pendant qu’eBay s’englue dans les problèmes, largement le temps de perfectionner.

9.7 – Ebay perd la Chine

Face à la situation, la seule issue pour eBay de regagner le marché chinois est de racheter Alibaba. Meg Whitman propose une rencontre avec Jack Ma. Mais la réunion “tourne au désastre” : Meg fait une offre à 150 millions de dollars, Joe et Jack en veulent 900 millions.

En dernière tentative, Meg Whitman réinjecte du capital dans les opérations chinoises pour améliorer son système de paiement, recruter de nouveaux salariés, diffuser une campagne de publicité, mais le cours de la bourse d’eBay commence à souffrir de ses difficultés en Chine. C’est la fin. EBay perd la Chine.

Chapitre 10 – Yahoo, ou le pari à un milliard de dollars

Dans ce dixième chapitre d’”Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois“, Yahoo entre en scène de manière déterminante dans la trajectoire d’Alibaba et de son fondateur Jack Ma.

10.1 – Jerry Yang, l’icône chinois de la Silicon Valley

Clark Duncan commence par nous raconter le parcours de Jerry Lang, co-fondateur de Yahoo : cet ingénieur logiciel né à Taïwan, de père chinois, devenu milliardaire très jeune, fascine les chinois.

Alors qu’il étudie à l’Université de Stanford, Jerry Yang se lie d’amitié avec David Filo, un jeune professeur assistant. Les deux jeunes hommes créent ensemble un répertoire de sites Internet : Yahoo. Mais le site va rapidement prendre une ampleur phénoménale, atteignant deux millions de visiteurs par jour en 1995.

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Jerry et David fondent officiellement leur société Yahoo en mars 1995 grâce aux investissements de Sequoia Capital (2 millions de dollars) et SoftBank (2 millions de dollars également). Lorsqu’en 1996, SoftBank investit 100 millions de dollars (avec 41 % des actions), Yahoo entre à la bourse du Nasdaq et lève 33 millions de dollars.

10.2 – Yahoo s’établit en Chine, mais difficilement

Yahoo ne peut ignorer le marché chinois qui ne cesse de progresser.

  • Founder : premier partenaire de Yahoo en Chine

Pour développer sa présence en Chine sans subir la censure de l’information, Jerry Lang décide de signer un accord avec Founder, un producteur chinois d’ordinateurs personnels et de logiciels, qui entretient d’étroites relations avec le gouvernement.

Certes, ce partenariat permet à Yahoo de s’implanter en Chine. Mais en réalité, Founder n’est pas du tout un partenaire à la hauteur des attentes de Jerry. Les relations entre Founder et le gouvernement “qui devaient servir de bouclier à l’entreprise américaine contre les errements des régulateurs chinois”, s’avèrent, en fin de compte, contre-productives et freinent l’enracinement de la culture entrepreneuriale.

  • 3721 : deuxième tentative de partenariat

Après l’échec de son partenariat avec Founder, Yahoo tente un nouveau partenariat avec le site internet chinois “3721”. Il s’agit du quatrième site le plus visité de Chine, après Sina, Sohu et NetEase. Mais comme ce fut le cas entre eBay et Each.net, le clash des cultures entre les deux entreprises conduit le partenariat à l’échec.

  • Alibaba : troisième partenariat de Yahoo

En guise de troisième tentative, Jerry Lang se tourne vers Alibaba : il propose “un milliard de dollars à Jack et les clés de Yahoo en Chine contre 40 % du capital d’Alibaba”.

“Cette opération fut un puissant moteur de transformation pour les deux entreprises. Alibaba a pu disposer des munitions nécessaires pour en terminer avec eBay en Chine et faire de Taobao et d’Alipay les géants qu’ils sont aujourd’hui.”

À présent, Alibaba possède suffisamment de liquidités pour combattre eBay. La société entre dans le club fermé qu’on appellera le BAT, aux côtés de Baidu et Tencent.

Yahoo, par contre, qui vient tout juste de transférer ses activités à Alibaba, doit faire face à d’importantes difficultés liées à deux événements : sa rupture avec Zhou Hongyi, le “bad boy” de 3721 et l’emprisonnement du journaliste Shi Tao. Dans cette dernière affaire, Yahoo est accusé par de nombreux groupes d’activistes d’être un informateur de la police. Cet épisode est, selon Clark Duncan, très significatif des risques auxquels s’expose une société étrangère opérant dans l’Internet chinois.

Chapitre 11 – Dans la douleur

11.1 – Introduction en bourse fracassante et crise financière

introduction en bourse société chinoise alibaba

Alibaba fait le choix de n’introduire en bourse que sa branche B2B, Alibaba.com. En effet, bien que prometteur (170 millions d’utilisateurs et 30 milliards de dollars de ventes), Taobao, site de e-commerce d’Alibaba, ne gagne toujours pas d’argent du fait de sa politique de gratuité des services. Alibaba.com, par contre, compte désormais 8 ans d’ancienneté sur le marché et 25 millions d’utilisateurs en Chine et à l’étranger.

L’entrée d’Alibaba.com à la bourse de Hong-Kong a lieu en novembre 2007. Elle déclenche une véritable frénésie. C’est la plus importante introduction en bourse depuis celle de Google en 2004. Sur 1,7 milliard levés, seuls 300 millions sont affectés au développement du B2B. Le restant de 1,4 milliard entre dans les réserves d’Alibaba, qui se constitue ainsi un trésor de guerre considérable et utile pour pallier l’absence de bénéfices de Taobao et Alipay.

Toutefois, les activités dans le B2B sont particulièrement affectées par la crise financière. Quelques mois seulement après cette fracassante entrée en bourse, Alibaba subit la conjoncture mondiale et donc une sérieuse chute du cours de sa bourse.

11.2 – Alibaba dans la tourmente

  • De mésaventures en mésaventures avec Yahoo

Alibaba survit à la crise financière mondiale. Cependant, l’entreprise traverse de pénibles moments. Clark Duncan nous raconte ici tous les rebondissements de situation et toutes les décisions prises par Jack Ma à cette période, à cause notamment de son lien avec Yahoo. Le chef d’entreprise doit notamment gérer plusieurs événements susceptibles d’impacter considérablement ses relations avec les autorités du pays :

    • D’abord, la possibilité de rachat de Yahoo par Microsoft : non seulement Microsoft entretient des relations ambivalentes avec le gouvernement chinois, mais si elle rachetait Yahoo, cette société ferait de Bill Gates le premier actionnaire d’Alibaba, non sans répercussions sur l’entreprise chinoise de Jack Ma. Finalement, Yahoo rejettera la proposition de rachat de Microsoft.
    • Ensuite, l’arrivée de Carol Bartz en tant que CEO de Yahoo : en plus de relations extrêmement froides entre les deux dirigeants, les prises de position de la nouvelle CEO envers le gouvernement chinois (qu’elle accuse d’infiltration pour tenter d’obtenir des informations sur les utilisateurs par exemple) exposent Alibaba à de lourdes répercussions.

Jack Ma se voit obligé de réaffirmer publiquement son indépendance et de prendre ses distances avec Yahoo, précisant qu’il ne “partage pas les vues de Yahoo”.

  • Deux crises fragilisent Alibaba

Deux découvertes vont déstabiliser Alibaba et ternir son image. Celle :

    • D’une fraude de 2 millions de dollars, dans laquelle une centaine de salariés d’Alibaba.com et 2300 commerçants sont impliqués.
    • Du transfert de la propriété d’Alipay sur une société contrôlée à 80 % par Jack Ma.

Ce dernier épisode impacte encore plus négativement l’image d’Alibaba et les relations de la société avec ses deux principaux partenaires. Clark Duncan rappelle qu’Alipay est, à ce moment-là, un système qui gère plus de 700 millions de dollars de transactions par jour sur Taobao, soit plus de 50 % de l’ensemble des paiements en ligne du pays. Alibaba explique ce transfert par la mise en place de nouvelles règles de la Banque centrale chinoise (PBOC) “exigeant que le capital des institutions non financières soit exclusivement détenu par des entités chinoises”. Finalement, après une longue période de polémique, Alibaba et ses partenaires trouvent un accord, en juillet 2011 : le transfert d’Alipay est confirmé mais, en compensation, il sera versé entre 2 à 6 milliards de dollars à Yahoo au moment de l’introduction en bourse d’Alipay.

Chapitre 12 – Icône ou Icare ?

12.1 – L’entrée d’Alibaba à la bourse de New-York

Le dernier chapitre d'”Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois” commence en revenant sur l’entrée d’Alibaba à la bourse de New-York en septembre 2014. Clark Duncan nous décrit l’ambiance du show éblouissant donné par Jack Ma à cette occasion : la salle remplie d’investisseurs, son discours inoubliable qui retrace son parcours, ses réussites et ses challenges. Puis, l’auteur poursuit ce chapitre en décrivant plusieurs événements qui ont marqué la vie de l’entreprise ces dernières années.

alibaba retour sur son histoire et le créateur jack ma clark duncan

12.2 – Alibaba accusé de contrefaçon

En janvier 2015, l’Administration d’État pour l’industrie et le commerce (SAIC), c’est-à-dire l’autorité qui régule l’activité des entreprises en Chine, accuse Alibaba de vendre des produits contrefaits et de recevoir des dessous-de-table des entreprises en échange de meilleures notations sur le site. Cette accusation donne lieu à de longs démêlés, jusqu’à ce que la SAIC et Jack Ma finissent par “enterrer la hache de guerre” : la SAIC supprime le rapport de son site. Quant à Jack Ma, il promet de “coopérer activement avec le gouvernement et d’engager davantage de ressources pour lutter contre la contrefaçon”.

Pour bien comprendre l’impact d’une telle affaire dans le parcours entrepreneurial d’Alibaba, Clark Duncan rappelle un aspect spécifique à la Chine : l’importance de cultiver de bonnes relations avec les fonctionnaires qui peuvent, dans ce pays, vraiment influer sur le destin d’une entreprise.

“En Chine, les entrepreneurs vivent en permanence sous la menace de décisions ou de régulations arbitraires. Pour diminuer leurs risques, elles peuvent être amenées à collaborer avec le gouvernement.”

Concrètement, pour tenir sa promesse, Alibaba :

  • Agrandit ses équipes qui ont la responsabilité de combattre la contrefaçon ;
  • Crée une “task force secrète” de faux commerçants pour repérer les produits contrefaits ;
  • Instaure des sanctions.

Malgré cela, tout le monde ne se montre pas convaincu par les “bonnes intentions de Jack” : le site d’Alibaba est, par exemple, inscrit sur la liste de sites “douteux” de la Représentation américaine au commerce (USTR). En Europe, Alibaba subit aussi des critiques ; l’entreprise est même traduite en justice pour violation du droit des marques.

12.3 – De nouveaux concurrents à l’horizon

Alibaba doit faire face à une concurrence de plus en plus large et active. Pour renforcer sa position, l’entreprise investit auprès des distributeurs traditionnels pour suivre une nouvelle tendance du commerce qu’on appelle le “multicanal” ou encore le “online to offline”, ou O2O.

Le concurrent le plus menaçant pour Alibaba est JD.com. Cette entreprise se montre audacieuse sur plusieurs points. Elle :

  • Dispose de son propre stock de produits et de son propre réseau logistique, ce qui, selon elle, assure aux consommateurs une meilleure qualité de produits et une livraison plus rapide.
  • Bénéficie du soutien de Tencent, un autre rival de taille pour Alibaba dans l’Internet chinois.
  • Connaît un succès phénoménal avec son service de messagerie WeChat : lancée en 2011, cette application de téléphonie mobile réunit plus de 650 millions d’utilisateurs réguliers et permet d’accéder à une gamme de services beaucoup plus étendue qu’une messagerie classique de type Messenger ou WhatsApp.

Pour contrer JD.com, et sur ce terrain-là en particulier, Alibaba a aussi créé une application de messagerie : Laiwang. Mais, lancée deux ans après WeChat, Laiwang n’a jamais réussi à se montrer à la hauteur de son concurrent.

12.4 – Des investissements divers

Depuis quelques années, Alibaba réalise de nouveaux investissements :

  • Dans la technologie mobile :
    • Alipay : développement d’un “portefeuille mobile”,
    • Yu’e Bao : un fonds mutuel en ligne,
    • Mybank : la banque en ligne d’Alibaba.
  • Dans d’autres domaines :
    • Soutien de Kuaidi Dache, une compagnie de taxi fonctionnant sur le modèle d’Uber,
    • Yungfeng : la propre société de capital-investissement d’Alibaba, une sorte de “club des milliardaires” qui investit dans diverses entreprises.

12.5 – Les trois axes de développement futurs d’Alibaba

Dans le futur, Alibaba prévoit de se déployer autour de trois axes stratégiques principaux :

  • Premier axe : le “cloud”

Grâce à Aliyun, la filiale de Big Data d’Alibaba (analyse des données), l’entreprise pense pouvoir “aider les entreprises clientes d’Alibaba à mieux prévoir l’évolution de leur chiffre d’affaires, maîtriser leur chaîne logistique, anticiper les attentes de leurs clients”.

  • Deuxième axe : les marchés ruraux

Malgré tous les challenges logistiques que cela implique et le peu d’éducation des populations locales, se développer dans les zones rurales en élargissant les relations entre producteurs et consommateurs, est un objectif crucial pour Alibaba. Car, en effet, la campagne chinoise représente entre 600 et 700 millions d’habitants qui ne demandent qu’à améliorer leur niveau de vie.

  • Troisième axe : l’expansion d’Alibaba hors de Chine

Cette perspective coïncide avec les plans du gouvernement, qui souhaite que les entreprises chinoises deviennent de véritables puissances globales sur le marché mondial, pas seulement des entreprises exportatrices.

Alibaba connaît déjà beaucoup de succès au Brésil et en Russie. Son ambition est désormais de conquérir l’Europe : après avoir installé son quartier général à Londres, la société de Jack Ma a ouvert des “ambassades” en France, en Allemagne et en Italie. Jack Ma a fait savoir qu’il ne visait pas, par contre, “d’envahir” le marché des États-unis ni donc d’entrer en compétition directe avec Amazon ou eBay. Alibaba préfère, en effet, s’en tenir à sa stratégie initiale sur le territoire américain qui consiste à “aider les petites et moyennes entreprises américaines à vendre leurs produits en Chine”.

12.6 – Les autres domaines de prédilection de Jack Ma

  • L’environnement

Jack Ma est connu pour être philosophe, mais c’est aussi, selon Clark Duncan, un philanthrope et un environnementaliste. En effet, Jack Ma prend régulièrement position, publiquement, sur la nécessité de développer les énergies renouvelables. Il a d’ailleurs créé une fondation dédiée essentiellement à l’environnement et à la santé.

  • La santé et le bonheur

Pour Jack Ma, l’environnement et la santé sont des domaines qui s’inscrivent également dans ses aspirations commerciales : il a ainsi investit dans une entreprise de bases de données pharmaceutiques rebaptisée Alibaba Health. Cette entreprise a pour objectif de remédier en partie aux carences du système public de santé chinois dans deux domaines spécifiques surnommées les “2 H’s” par Jack Ma : health and happiness (santé et bonheur en anglais).

  • L’entertainment

Alibaba fait aujourd’hui partie des plus importants investisseurs chinois dans le cinéma, la télévision et la vidéo en ligne. En effet, le groupe  a fait l’acquisition :

    • D’une compagnie de cinéma de Hong Kong, rebaptisée Alibaba Pictures,
    • D’un studio de cinéma et de télévision à Pékin : Huayi Brothers,
    • D’une entreprise spécialisée dans la vente de tickets de cinéma : Yulekei,
    • Du site Internet Youkou Tudou, le YouTube chinois.

Par Ailleurs, Alibaba a lancé sa propre plate-forme de streaming, Tmall Box Office (ou TBO) et projette d’en faire un producteur de programmes du même type que Netflix aux États-Unis. Cette opération est particulièrement judicieuse en Chine où les autorités viennent de réglementer plus sévèrement la diffusion de contenus importés sur les plates-formes de visionnage et de téléchargement.

  • Les médias

Alibaba a également acheté le South China Morning Post (SCMP), le premier quotidien en langue anglaise de Hong Kong. Cette initiative a fait l’objet de nombreuses spéculations étant donné le contexte dans lequel les entreprises évoluent en Chine.

Postface – Alibaba et la France

  • La conquête des marques françaises

Depuis quelques années, Alibaba se montre de plus en plus présent en France :

    • En 2014, Jack Ma signe un accord avec le ministre des Affaires étrangères français qui permet aux sites de e-commerce d’Alibaba (Tmall surtout) d’avoir plus largement accès aux marques françaises ; sachant que, pour les Chinois, le label français est gage de qualité, de savoir-faire artisanal et de style sophistiqué.
    • En 2015, Jack Ma ouvre une “ambassade” à Paris pour “aider les entreprises et les viticulteurs français à tirer le meilleur profit des plates-formes d’Alibaba”. Pour la France, le destin de Jack Ma est perçu comme le symbole du “rêve chinois”. La Légion d’Honneur lui est attribuée.

À Paris, les bureaux d’Alibaba sont dirigés par Sébastien Badault, un ancien d’Amazon et de Google. Selon ce dernier, les sites d’Alibaba représentent une réelle opportunité à saisir pour diffuser les marques françaises en Chine. Le e-commerce est, en effet, en Chine bien plus développé qu’en France et les produits les plus demandés (mode, cosmétiques, alimentation, vin) sont justement des produits dans lesquels la France exerce un leadership mondial. Par ailleurs, les 200 marques françaises présentes sur la plate-forme bénéficient, suite à un accord signé entre Alibaba et la Poste, d’un canal logistique spécifique et approprié.

  • Les challenges français

Alibaba rencontre plusieurs challenges sur le marché français :

    • La concurrence : JD.com, le principal concurrent d’Alibaba, a lui aussi réussi à se faire une place sur le marché français (son site, notamment, attire un bon nombre de PME françaises).
    • La défiance de certaines marques : celle-ci accusent notamment Alibaba de favoriser la contrefaçon.
    • La recherche de solutions de paiement pour les touristes chinois qui voyagent en France : l’objectif d’Alibaba est que ces derniers puissent utiliser les services d’Alipay aussi facilement en Europe qu’en Chine.
  • La passion de Jack Ma pour le vin

Clarkl Duncan termine son livre “Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois” en nous décrivant la passion nouvelle de Jack Ma pour le vin. À ce propos, on apprend notamment que le directeur d’Alibaba a récemment fait l’acquisition d’un château viticole français et a créé un événement promotionnel sur Internet appelé le “Festival 9.9 des vins et spiritueux”.

Conclusion de “Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois” de Clark Duncan

  • Le parcours inspirant d’un entrepreneur atypique

Par le récit de la vie de Jack Ma, Clark Duncan nous restitue le parcours d’un homme inspirant : parti de rien, doté d’une personnalité peu ordinaire, Jack Ma est aujourd’hui non seulement un très grand entrepreneur mais il est aussi un personnage symbolique de la nouvelle économie chinoise. Son succès planétaire s’est construit à la seule force de sa détermination d’entreprendre. Quelques hasards ont fini de ficeler son destin toujours mené par l’homme avec stratégie. Ainsi, sa rencontre et son amitié indéfectible avec Les Morley, ses notes catastrophiques en math lors du gaokao, son étrange premier voyage aux États-Unis et sa découverte d’Internet, ses deux échecs entrepreneuriaux avant Alibaba, le lancement de Taobao et de Tmall… et bien d’autres événements marquants faits de hauts et de bas, nous éclairent, au-delà de la scène publique,  sur le fondateur du géant de l’Internet chinois.

  • Une ouverture vers un autre modèle de culture d’entreprise

L’histoire de l’homme se mêle à celle d’un pays en plein bouleversement politique et économique. On apprend, à travers le parcours de Jack Ma, comment la Chine s’est ouverte aux grands défis technologiques et médiatiques mondiaux, et comment ses hommes s’en sont saisis.

“Jack incarne la révolution de la consommation et de l’entreprise en Chine, avançant sur de nouveaux fronts comme la finance ou les médias, qui ont longtemps été dominés par l’État.”

Le parcours de Jack Ma nous fait traverser le néo-capitalisme chinois et découvrir le monde de l’entrepreneuriat chinois mu par Internet. L’ouvrage nous ouvre aussi les portes d’un très vaste univers : la culture entrepreneuriale chinoise, à des années lumière des modèles occidentaux.

Enfin, “Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois” est un livre captivant qui, en plus de nous dépeindre la vie de Jack Ma et les coulisses de son empire entrepreneurial, vient compléter notre culture générale en matière d’entrepreneuriat.

Points forts :

  • Le parcours inspirant d’un homme atypique et parti de rien.
  • Le récit documenté de la vie de Jack Ma mais aussi de l’économie chinoise.
  • La découverte d’une culture d’entreprise très spécifique à l’Asie et très loin de l’Occident.
  • La découverte des coulisses d’un géant du web.

Point faible :

  • La chronologie n’est pas toujours facile à suivre.

Ma note :

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4 Commentaires pour :

Alibaba : l’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois

  • Lionel

    25 Juil 2020 à 11:08

    J’ai remarqué une erreur au titre du chapitre 3; c’est écrit le jeunesse de Jack Ma au lieu de La jeunesse de Jack Ma.

    Merci pour l’article, il est superbe.
    Je lirais ce livre. Cette histoire est fantastique j’adore.

    Répondre



    • Younes

      25 Juil 2020 à 13:16

      Salut Lionel,
      Merci pour ta remarque, c’est corrigé! 🙂

      Répondre



      • Alice

        25 Juil 2020 à 14:24

        Merci pour ce résumé. La vie de cet homme est très inspirante. Il faut avoir une personnalité d’acier pour surmonter tous ces obstacles. Moi même j’ai déjà eu une entreprise qui n’a pas survécu à la crise de 2008. Je démarre un nouveau projet. J’espère avoir bien en tête cette histoire de persévérance. Merci
        Alice

        Répondre



        • Saleh Hachem

          3 Août 2020 à 20:14

          Article superbe, Merci pour le résumé

          Répondre









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