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Ces entrepreneurs made in France

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Résumé de “Ces entrepreneurs made in France” de Patricia Salentey : Dans “Ces Entrepreneurs Made in France”, Patricia Salentey présente les success-stories de quinze entrepreneurs français. Des petites pépites aux grandes réussites internationales, cet ouvrage retrace en toute transparence les parcours des influenceurs actuels de l’entrepreneuriat à la française

Par Patricia Salentey, 2018, 204 pages.

Chronique et résumé de “Ces Entrepreneurs Made in France” de Patricia Salentey

Introduction

Quinze portraits d’entrepreneurs français

L’auteure, Patricia Salentey, journaliste économique, est une spécialiste du monde de l’entrepreneuriat. Elle propose dans “Ces Entrepreneurs Made in France” une série de quinze portraits d’entrepreneurs français “emblématiques” qui ont rencontré un fort succès. Et tous ces héros de nos temps modernes, nous dit-elle, sont convaincus qu’il est possible de réussir en France

Si le modèle économique de l’entrepreneuriat n’a pas toujours été plébiscité par le passé, il apparaît que ces vingt dernières années, plusieurs lois et initiatives ont permis de le remettre sur le devant de la scène en créant une nouvelle image de l’entrepreneur. L’ère du numérique et des nouvelles technologies ont joué un rôle prépondérant dans cette mutation. 

Avec l’ouvrage “Ces entrepreneurs made in France”, Patricia Salentey souhaite détailler les parcours de ces entrepreneurs français pour en comprendre les enjeux, les points forts et les points faibles. Sur la méthodologie, elle explique avoir travaillé le même format d’entretien pour chacun d’entre eux : les mêmes questions pour des récits différents, “sans filtre”.

Ces success stories sont celles d’entrepreneurs ayant créé leur société il y a 10-15 ans dans des secteurs variés, pas forcément technologiques. L’auteure utilise aussi un spectre d’animaux totems : chaque entrepreneur doit choisir celui qui le correspond le plus. 

Qui sont ces entrepreneurs ? 

Dès l’introduction, il est facile de saisir les grandes lignes des portraits qui nous attendent dans la suite de l’ouvrage : 

  • Des entrepreneurs diplômés de grandes écoles, même si Patricia Salentey rappelle bien qu’ils “n’ont pas choisi leurs études avec l’idée de devenir entrepreneur“. 
  • Passion et innovation sont les deux leitmotiv de tous les entrepreneurs. Pour réussir, ils ont tous su inventer leur activité, la défendre et la porter sur la scène économique.
  • Un objectif commun : “la croissance”. Ces entrepreneurs affichent clairement leur idéal d’expansion, en France et à l’international afin d’agrandir leurs marchés et leur employabilité.
  • Un goût prononcé pour les défis et l’engagement : l’auteure parle d’un “univers de challenges, où le mot échec n’est jamais synonyme d’impasse mais de droit à l’essai : un aiguillon nécessaire pour apprendre et rebondir, afin d’aller plus loin.”
  • La reconnaissance du travail collectif : le succès de ces entrepreneurs repose notamment sur une équipe soudée et dynamique.  

“Ces entrepreneurs made in France” s’attache aussi à rappeler que le véritable enjeu pour un entrepreneur est de rester toujours à la pointe, et même “d’avoir un coup d’avance sur les autres”. Le temps est à la fois l’ami et l’ennemi de tout entrepreneur : savoir rester innovant dans la durée

Chapitre 1 – Deux hommes et un couffin : Rodolphe Carle, Babilou

1.1 – Portrait

Comme premier portrait de “Ces entrepreneurs made in France”, Patricia Salentey nous dépeint celui de Rodolphe Carle, le cofondateur, avec son frère, de Babilou, une chaîne de crèches privées (plus de 500 au moment de l’écriture de l’ouvrage). Celui qui se décrit comme un aigle parmi le panel d’animaux totems proposés par l’auteure – “Parce que j’arrive à voir très loin, et en même temps, malgré la hauteur, je perçois tous les détails et suis capable d’être très, très précis” – vise désormais un développement international. 

Son parcours, d’abord dans le monde de la finance, l’a mené à créer son entreprise pour décider de sa propre carrière et de “son destin”. Pourtant, Babilou est loin des modèles actuels de start-up : il prend le contre-pied et choisi de se concentrer sur un “actionnariat familial” et un développement local (l’Île de France).

1.2 – Confidences

  • De l’observation à l’action

Après une formation à l’ESSEC, cursus entrepreneuriat, Rodolphe Carle a travaillé dans des entreprises de capital-risque. Cette expérience est la base de la suite de son parcours. Selon lui :

“C’est une position très privilégiée pour apprendre l’entrepreneuriat, pour se familiariser avec la notion de risque. Vous vivez tous les jours avec des entrepreneurs qui réinventent le monde, vous avez deux ou trois ans d’avance sur l’innovation.”

Ce poste d’observation de l’entrepreneuriat à grande échelle va donc lui apporter les leçons nécessaires pour lancer son business de la meilleure manière qu’il soit, basé sur des fondations et un modèle économique solides. 

  • Une autre idée de la crèche collective

“Faire comme tout le monde ne me tentait pas.”

Outsider du monde des start-ups ultra connectées, Rodolphe Carle s’est tourné vers les crèches car celles-ci avaient un vrai sens pour lui. Il n’était pas seulement question de créer un business, mais une économie qui puisse répondre à un besoin individuel (dans un futur plus ou moins proche), mais surtout sociétal.

De plus, l’univers des crèches, tel qu’il le découvre depuis l’Angleterre où il travaille, et des activités qu’il recouvre est immense. Il promet un développement international réel. Le lancement du projet Babilou a lieu en 2002. Il évoluera ensuite au fil du temps et des contraintes. 

La stratégie finalement adoptée est liée à la mise en place de nouvelles politiques sociales dont l’apparition d’aides au financement des crèches privées par le gouvernement. Travaillant désormais main dans la main avec les collectivités territoriales, Rodolphe Carle a saisi un marché qui avait besoin de se renouveler. “Nous avons prouvé qu’elle [une crèche privée] coûtait moins cher qu’une crèche municipale” déclare le chef d’entreprise. 

portrait entrepreneurs made in france babilou

  • Tout vient à point à qui sait attendre

Ayant choisi de ne pas lever de fonds pour leur entreprise, Rodolphe Carle et son frère ont basé leur lancement sur des emprunts. Fort de son expérience dans le capital-risque, l’entrepreneur connaissait, en effet, que trop bien les risques liés à ces alliances avec les fonds d’investissement. 

Cela l’a donc poussé à viser le marché local, à rester dans une proximité concrète avec les premières crèches ouvertes. Un vrai point fort selon lui : 

“Parce que c’est sur le terrain que j’ai compris notre métier et comment le développer à grande échelle.”

Mais l’arrivée de la concurrence impose une remise en question et une réorientation des projets : Babilou va alors se tourner du côté des entreprises, pour créer des crèches qui répondent aux attentes de proximité des travailleurs. Encore une fois, Rodolphe Carle met en avant l’argument d’un projet qui a “du sens”. Ces nouveaux choix impliquent pour la première fois chez Babilou une levée de fonds. Malgré un contexte économique défavorable, celle-ci sera un succès

  • Fédérer les énergies

Nous l’avons compris, Babilou repose sur un noyau familial. Son histoire, sa gestion et son management sont intimement liés à un fonctionnement collectif ; c’est pourquoi, suite au rachat d’unités extérieures, Rodolphe Carle a mis en place le projet “Grandir ensemble” afin de redéfinir les objectifs de management dans une dynamique collégiale

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

    • “Commencer chaque journée comme si c’était le premier jour.”
    • “Être intransigeant sur le maintien du contrôle du capital.”
    • “Il faut rêver grand quand on commence sa boîte. L’ambition, ça change tout le quotidien, ça détermine beaucoup de choses.”

Chapitre 2 – Le petit génie de la French Tech : Frédéric Mazella, BlaBlaCar

2.1 – Portrait

Diplômé d’un master en informatique, Frédéric Mazella se prédestinait à des carrières bien différentes, soit dans le domaine scientifique, soit dans la musique. Après quelques missions de recherche, il découvre le milieu des télécommunications. Un MBA sur l’entrepreneuriat en poche, il crée alors BlaBlaCar

Ceci n’aurait pas été possible sans une grande créativité : sa curiosité et sa volonté de répondre à un besoin personnel et environnemental l’ont mené à créer une activité jusque-là inexistante.

2.2 – Confidences

  • L’économie de partage

Exemple parfait de “Ces entrepreneurs made in France” qui osent conquérir de nouvelles formes d’économie, Frédéric Mazella s’est rapidement tourné vers l’économie de partage pour déterminer son projet de covoiturage

Patricia Salentey écrit :

“Ce chercheur doué pour le marketing développe sa vision à partir d’un constat concret : d’un côté des gens qui cherchent des moyens de transport moins chers, de l’autre des voitures qui voyagent presque à vide.”

Il défend vigoureusement l’idée d’un partage des ressources, afin de renforcer la cohésion sociale. L’entreprise BlaBlaCar est donc le résultat d’un besoin confronté à une demande, une nécessité même, de trouver un nouveau paradigme, une solution adaptée à tous les enjeux (environnementaux, budgétaires, etc.).

  • Ses deux principes clés

Frédéric Mazella souligne deux principes pour expliquer sa réussite : 

    • Se rapprocher toujours de l’expertise : qu’il s’agisse de se former ou de se rapprocher des experts du domaine, il faut perpétuellement apprendre pour progresser.
    • Tenter les choses :

“Quand quelque chose de très fort vous pousse, il faut suivre son intuition, c’est ce qui fait qu’on avance.”

  • Plus qu’une vocation, une mission

Le fondateur de BlaBlaCar fait partie de ces entrepreneurs qui cherchent un sens à donner à leur activité. Dans son cas, il s’agissait de trouver une solution concrète à un enjeu environnemental. 

“Une mission, c’est large, c’est avoir un but où aller.”

  • Les levées de fonds ou la double peine

Fort de plusieurs levées de fonds réussies, Frédéric Mazella pense que celles-ci sont doublement déterminantes pour l’avenir d’une entreprise. D’abord pour son expansion “classique” : avec plus d’argent, on se développe plus vite. Mais aussi, et c’est là un point clé de son témoignage, car une levée de fonds envoie un message fort aux concurrents.

“Parce qu’il a levé des fonds le premier, il empêche indirectement l’autre start-up de faire de même car les investisseurs ne suivront plus.”

  • Le droit à l’essai : Fail, learn, succeed

Comme dans tout développement d’un concept inédit, le business model de BlaBlaCar a connu quelques balbutiements avant de trouver sa forme actuelle. C’est pourquoi son fondateur prône un droit à l’échec comme source d’apprentissage

  • Chance vs opportunité

Dans le cas du succès de son projet entrepreneurial, Frédéric Mazella se refuse à considérer cela comme une chance et voit plutôt dans sa réussite un mélange de travail, de ténacité et d’opportunités. 

“Il ne faut pas confondre la chance, qui est de l’ordre de la prédiction, et l’opportunité, qui est de celui de la probabilité, donc il faut essayer plusieurs fois ! “

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “Le plaisir d’apprendre.”
  • “Écouter et suivre son intuition.”
  • “Créer un produit que l’on utilise soi-même (être à la fois concepteur et utilisateur).”

Chapitre 3 – Smart Lady : Laetitia Gazel Anthoine, Connecthings

3.1 – Portrait

La jeune matheuse Laetitia Gazel Anthoine, fondatrice de Connecthings, a largement dépassé ses attentes de liberté et d’indépendance. Cette dernière est aujourd’hui considérée par Patricia Salentey comme une “pionnière” et l’une des “expertes mondiales de l’Internet des objets connectés appliqués aux smart cities“.

Passionnée par les radiocommunications, Laeticia Gazel Anthoine découvre très vite le potentiel d’Internet et particulièrement de sa branche mobile. En 2007, elle lance Connecthings. 

3.2 – Confidences

  • Un concept innovant

Ces Entrepreneurs Made in France” présente Connecthings comme une solution interactive permettant de connecter les téléphones portables à l’environnement direct dans lesquels ils se trouvent, grâce à un système de bornes. 

“Depuis 2015, [notre offre] ne se résume plus à un identifiant sur l’arrêt de bus qui va réveiller l’application bus, mais à des technologies qui permettent d’activer aussi l’application vélo et d’autres applications de transport. Nous sommes donc passés à un modèle de réseau.”

  • Un réseau à développer

Laetitia Gazel Anthoine a très vite misé sur une niche peu exploitée : le mobilier urbain et l’espace public. Ses clients sont à la fois les villes, qui se veulent “intelligentes” et connectées, et les applications que le système va mettre en action.

“La société fonde sa croissance et sa rentabilité sur une formule “duplicable” auprès de ces grandes compagnies mondiales [Airbnb, Uber, Vélib’, Ofo, etc., NDLR], friandes de données urbaines mises à jour en temps réel.” 

En répondant directement aux besoins des applications à travers une solution efficace, Connecthings se passe de marketing publicitaire et développe un fonctionnement en B to B. 

  • Le timing

Laetitia Gazel Anthoine reconnaît que si son projet est aujourd’hui au cœur de l’innovation, au moment où elle a commencé à le travailler, personne n’y croyait, ni ne mesurait son potentiel. Cela semblait même irréaliste. 

“Parfois, quand on cherche son marché, celui-ci tarde à venir ! […] Il faut savoir ne pas démarrer trop tôt !”

Pour autant, cette avance est un avantage précieux face à la concurrence. 

  • Mentorat et force collective

Pour la fondatrice de Connecthings, il est important d’être bien entourée au quotidien et qu’il y ait une véritable adhésion de ses équipes au modèle de l’entreprise. Mais elle souligne également le rôle prépondérant des mentors dans son parcours. Devenue elle-même mentor par la suite, elle confesse : 

“J’ai toujours été très preneuse de ces accompagnements, et je le suis encore aujourd’hui.”

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “La détermination.”
  • “Voir grand, ne jamais se limiter, être ambitieux.”
  • “Se lancer, ne pas attendre que tout soit fixé dans les détails.”

Chapitre 4 – La star américaine : Jean-Baptiste Rudelle, Criteo

Contrairement aux autres profils de “Ces Entrepreneurs Made in France”, il ne s’agit pas du témoignage direct du fondateur de Criteo, mais d’un portrait dressé par l’auteure de cet ouvrage. 

“Le grand frère de la bande”, comme le surnomme Patricia Salentey, a tout du prodige avec plusieurs sociétés à son actif et ce, dans des domaines très différents (les télécommunications, l’Internet mobile, la publicité et même la restauration).

Cotée en bourse depuis 2013, Criteo est une entreprise de publicité en ligne et affiche un chiffre d’affaire de 1,8 milliard de dollars. 

Jean-Baptiste Rudelle est aussi connu pour avoir créé le Galion Project : un think thank l’intelligence collective pousse les entrepreneurs de la tech sur le devant de la scène internationale pour en faire des leaders dans leur domaine. “Cet hyperactif, souvent cité en référence par ses plus jeunes congénères, a toujours eu à cœur de partager son expérience d’entrepreneur” termine l’auteure.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  La semaine de 4 heures - 2

Chapitre 5 – Premier de cordée : Stanislas Niox-Chateau, Doctolib

À l’instar du profil précédent, ce portrait – le plus jeune des entrepreneurs de l’ouvrage – est aussi dressé par Patricia Salentey, ce dernier n’ayant pas souhaité transmettre son témoignage.

Patricia Stanley utilise la métaphore du sport pour le présenter. Tennisman de haut niveau, Stanislas Niox-Chateau a bâti son entreprise sur des valeurs sportives : 

  • L’effort, 
  • Le travail collectif, 
  • La concentration, 
  • Le dépassement des obstacles.

portrait entrepreneur tennisman Stanislas Niox-Chateau doctolib

On ne sait si c’est son entraînement sportif ou un parcours brillant à HEC qui l’a mené à tant de réussites, mais Stanislas Niox-Chateau est déjà à la tête de plusieurs business florissants quand il développe Doctolib, son nouveau défi : 

“Créer une entreprise pour révolutionner le quotidien des gens [et] rassembler la communauté d’utilisateurs la plus grande possible.” 

Sa société va rapidement devenir numéro 1 en proposant une plateforme gratuite de prise de rendez-vous médicaux. Sa force : proposer une offre double en répondant à la fois aux besoins des patients et des médecins :

“Elle permet aux patients de prendre rendez-vous sur Internet avec un médecin et offre aux professionnels de santé un logiciel destiné notamment à la gestion de leurs agendas.”

Chapitre 6 – L’amazone de la mode : Anne-Laure Constanza, Envie de Fraise

6.1 – Portrait

Anne-Laure Constanza, créatrice de la marque de vêtements pour femmes enceintes “Envie de Fraise”, ne vient, à l’origine, ni du monde de la mode, ni de celui de l’entrepreneuriat. C’est sa passion pour la Chine qui va la mener vers cet incroyable parcours. 

Cette entrepreneuse a commencé par des études plutôt culturelles avant de découvrir la mode dans ses premiers jobs. Elle monte une première société : c’est un échec. Elle lance enfin Envie de Fraise. 

6.2 – Confidences

  • Besoin personnel et envie professionnelle, les clés du succès

Comme plusieurs des profils de “Ces Entrepreneurs Made in France”, la réussite de Anne-Laure Constanza repose sur un besoin personnel pour lequel elle va chercher une solution professionnelle. Cette histoire, c’est la naissance de son fils qui l’a mise sur les rails des vêtements maternité : créer une ligne sympa, pas trop chère et adaptée aux besoins des femmes enceintes

  • Internet, le facteur déterminant

Forte d’une première expérience entrepreneuriale, la fondatrice d’Envie de Fraise a rapidement fait le choix de ne distribuer sa marque que sur Internet, une première.

“La digital mum (maman connectée) a vite compris qu’Internet était le seul moyen de proposer ses créations au prix le plus juste, sans intermédiaire. Tout en contrôlant la chaîne de valeur, parce que sans rentabilité, mieux vaut arrêter.”

Internet présentait donc tous les avantages pour cibler au mieux la niche des femmes enceintes. Faire le choix du tout digital est d’ailleurs le symbole du crédo d’Anne-Laure Constanza, qui consiste à “oser écouterses besoins et ses envies, malgré les échecs.

  • Ambition et échec 

La créatrice d’Envie de Fraise a très rapidement compris que l’entrepreneuriat lui correspondait et qu’elle devait mettre toute son ambition à réaliser le projet qu’elle souhaitait créer. La chef d’entreprise confie :

“Ce qui semble impossible m’a toujours attirée. […] Je crois en la persévérance et aux opportunités.”

Bravant toutes les difficultés et l’échec de sa première entreprise, elle a su faire de ses erreurs des forces, notamment en commuant des contraintes en innovation : 

“Il a fallu transformer ces contraintes en opportunités : distribuer différemment et produire différemment.”

Cette lucidité a aussi permis à l’entrepreneuse de vendre son entreprise afin d’aller plus vite pour le développement international. Ce rachat s’inscrit dans la dynamique globale d’Envie de Fraise et la vision de sa créatrice. Elle précise :

“L’agilité et la prise de risque sont les clés des entreprises digitales. […] Il n’y as pas de certitudes, il faut toujours se remettre en question.”

  • L’engagement

Anne-Laure Constanza se décrit elle-même comme une louve parmi les animaux totems présentés par Patricia Salentey. Car pour la fondatrice d’Envie de Fraise, “le loup est social, solidaire et n’abandonne jamais un membre de sa meute”.

Désormais associée à MK Direct, l’entrepreneuse a fondé Mompreneurs France. Cette association défend, auprès du gouvernement, ces mères entrepreneuses aux besoins spécifiques. Cet engagement est important pour celle qui s’est souvent sentie seule dans son projet. Par l’accompagnement, le mentorat ou le soutien d’autres projets, l’entrepreneuse partage aujourd’hui son expertise. Elle trouve qu’être accompagnée est essentiel quand on créé une start-up. Car “même si on porte en soi son projet, qui est par définition unique et différent, on apprend des expériences des autres aussi.”

  • Les recettes de son succès  entrepreneurial

  • “Le produit et le positionnement.”
  • “Cultiver la culture de l’audace et de l’optimisme.”
  • Créer la marque sur Internet et en faire le canal exclusif de distribution.”

Chapitre 7 – Joaillère 2.0 : Pauline Laigneau, Gemmyo

7.1 – Portrait

Pauline Laigneau fait partie des parcours atypiques mis en avant dans “Ces Entrepreneurs Made in France”. En effet, alors que certains se rêvent en entrepreneurs depuis toujours, la créatrice de Gemmyo, une marque de joaillerie innovante, a d’abord fait Normale Sup puis tenté l’ENA, sans succèsElle découvre alors HEC et la filière Entreprendre, l’origine de sa réussite future… 

7.2 – Confidences

  • Échouer pour mieux s’écouter

C’est un élément qui aurait pu être négatif qui va finalement orienter sa carrière vers la voie du succès : alors qu’elle est recalée de l’ENA, elle réalise qu’elle ne souhaite pas réellement faire ce cursus

“Il fallait que j’essaie de m’écouter un peu plus pour vivre ma vie. […] Ce que je voulais, c’était l’aventure, le risque, la création. C’était devenir entrepreneur.”

  • L’innovation au service de l’artisanat

Comme plusieurs des portraits présentés ici par Patricia Salentey, l’idée de Gemmyo est venue d’un besoin personnel : en cherchant une bague de fiançailles, Pauline Laigneau découvre une offre inadaptée à ses attentes

Elle va alors avoir l’idée de créer Gemmyo, une marque de joaillerie en ligne. Un pari risqué pour ce domaine, mais qui va séduire par un concept travaillé : des bijoux personnalisables, modernes et de qualité, à un prix moins cher qu’en boutiques puisqu’ils sont réalisés à la commande.

  • Un marketing adapté 

“Notre projet était simple, s’adresser aux Français, avec un ton plus décalé, pour sortir du côté statutaire des grandes maisons, avec des lignes plus modernes.”

Associée avec son mari et le frère de celui-ci, Pauline Laigneau mise tout sur un marketing percutant : se différencier des marques classiques, en envoyant un message clair aux jeunes mariés. Elle a rapidement compris que l’image, particulièrement dans ce milieu, fait une grosse part du travail. 

“Notre objectif de communication fin 2014 n’avait pas un objectif commercial, mais plutôt celui de créer une marque qui fait rêver, car les clients achètent un univers.” 

  • Une temporalité courte

Si plusieurs de ses camarades de “Ces Entrepreneurs Made in France” reconnaissent avoir misé sur un temps long pour le lancement de leurs sociétés, Pauline Laigneau a plutôt fait l’inverse : 

“Nous n’avons pas trop pensé aux difficultés, nous avons d’abord voulu nous lancer. […] Et plus nous y pensions, plus nous y croyions.”

Elle a donc parié, avec ses associés, sur un processus rapide, épuré et focalisé sur l’objectif : la mise en place de Gemmyo en moins de trois mois. 

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “L’association avec son mari et son beau-frère.”
  • “Marier la joaillerie et l’Internet.”
  • “Moins parler, moins réfléchir mais faire !”

Chapitre 8 – Fier de ses dessous : Guillaume Gibault, Le Slip Français

8.1 – Portrait 

Guillaume Gibault, diplômé de HEC, a commencé sa carrière dans le monde de la finance, sans réel épanouissement. Il décide donc de changer de voie et tente sa chance lors d’un stage chez Bio c’Bon : c’est l’opportunité qui va changer le cours de sa vie !

Au même moment, alors qu’il commence à envisager sérieusement l’entrepreneuriat, le jeune homme découvre le métier de son arrière-grand-père : bagagiste. C’est la naissance de grands projets. Guillaume Gibault crée alors deux sociétés : l’une pour des bagages haut de gamme et l’autre pour des slips

8.2 – Confidences

  • Le storytelling, un levier marketing puissant

Des slips oui, mais pas n’importe lesquels ! Guillaume Gibault a très vite compris qu’il fallait absolument jouer sur l’image de la société pour vendre. Le capital sympathie est décisif pour qu’une jeune marque se fasse une place sur le marché concurrentiel du textile. Le fondateur du Slip Français confie :

“On a créé une marque joyeuse, faire rire c’est déjà exister.”

Alors que l’entrepreneur utilise déjà le storytelling pour sa marque de bagages – pour laquelle il souhaite “raconter une histoire” – ce dernier surfe désormais sur la puissance des réseaux sociaux pour développer Le Slip Français. Sa vision est de : 

“Créer une marque décalée et tendance que les réseaux sociaux adopteront sur-le-champ.”

  • Des slips made in France

Pour se différencier, Guillaume Gibault choisit de mettre en avant un aspect tendance : le made in France. Ce parti pris permet de valoriser le savoir-faire français, tout en renforçant l’image de l’entreprise.

  • Oser entreprendre

Tout cela abonde évidemment dans le sens d’un entrepreneur assumé, au même titre que ses “collègues” de “Ces Entrepreneurs Made in France”. Patricia Salentey souligne : 

“Oser, c’est le moteur du jeune entrepreneur pour qui rien n’est impossible.”

Guillaume Gibault déclare :

“Le succès d’une start-up, c’est sa capacité à faire des choix radicaux, assumés, et à aller vers ce qui la différencie. […] L’entreprise doit être clivante.”

Il mesure ainsi l’importance de prendre des risques en tant qu’entrepreneur pour porter sa société au plus haut. Et ça marche : le chiffre d’affaire du Slip Français a été multiplié par quarante en six ans.

  • La force de la vente en ligne

Cette croissance a notamment été favorisée par l’outil Internet. La vente en ligne permet d’éviter tout intermédiaire et d’appliquer des coûts quasiment similaires à des produits pourtant fabriqués à l’étranger. L’exigence est là : fabriquer du Made in France oui, mais au même prix que tout autre slip de la grande distribution. 

“Notre histoire est un bon exemple du passage de l’ancienne économie à une stratégie digitale.”

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “Le plaisir, qui recoupe l’envie, la joie de vivre, l’épanouissement.”
  • “S’inscrire dans l’actualité (campagne publicitaire en lien avec un slogan électoral).”
  • “Être différent.”

Chapitre 9 – La reine de la cagnotte : Céline Lazorthes, Leetchi

9.1 – Portrait 

Céline Lazorthes, toute jeune diplômée d’HEC, lance la plateforme Leetchi en 2009 . Ce site permet de faire des cagnottes en ligne où chacun peut participer. Une innovation bancaire et digitale pour améliorer le quotidien de tous les organisateurs d’événements collectifs. 

“Son credo ? La fameuse formule anglaise “I don’t take no for an answer””

9.2 – Confidences

  • Sa motivation : trouver du sens 

management collectif équipes portrait Céline Lazorthes raconte :

“Créer un monde et une société qui me ressemble, c’était très important pour que je puisse me développer.”

Comme beaucoup d’entrepreneurs présentés dans “Ces Entrepreneurs Made in France”, pour Céline Lazorthes, il était important de trouver une activité qui ait du sens, qui soit en adéquation avec ses valeurs et ses envies. Elle a trouvé son bonheur dans l’entrepreneuriat en créant Leetchi.

  • Un management collectif : l’importance des équipes

Toujours prête à défendre l’égalité salariale, celle qui se définit, parmi les animaux totems de Patricia Salentey, comme un chat pour son indépendance et son côté sauvage, revendique la proximité avec ses équipes. Elle a notamment fait le choix de ne pas s’entourer de DRH afin de valoriser le rôle des managers, au plus près des équipes de terrain. 

“C’est un bon outil qui me permet d’être sûre aujourd’hui que les nouveaux recrutés sont en phase avec la culture d’entreprise, qu’ils correspondent bien aux équipes, que chaque manager est responsable de ce qu’il entreprend. Les gens sont alors davantage moteurs.”

Enfin, pour renforcer la cohésion du noyau dur de Leetchi, la jeune entrepreneure a pris le parti d’associer les membres importants de son équipe au capital de l’entreprise.

  • Vendre pour aller plus loin 

Au moment où Céline Lazorthes s’apprêtait à faire une levée de fonds comme la plupart des autres start-ups présentées dans “Ces Entrepreneurs Made in France”, elle a reçu une offre du Crédit Mutuel Arkéa, doublant la somme espérée.

“Manque d’ambition ? Non, un sens des réalités bien ancré par “Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”, comme le dit le dicton populaire.”

Elle franchit alors un cap en sécurisant Leetchi et en lançant un développement international grâce à son nouveau partenaire bancaire. Elle confirme ainsi son avance face à la concurrence. 

“Nous sommes sur des marchés très peu pourvus, où il reste encore beaucoup de choses à faire. C’est sain d’avoir envie de grandir, de devenir plus fort, d’avoir plus de moyens, plus d’impact. C’est mon côté un peu guerrier.”

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “La pugnacité. J’ai un caractère de battante. Et ça paye.”
  • “Foncer. Provoquer sa chance.”
  • “Avoir su s’entourer.”

Chapitre 10 – L’agitateur gourmand : Augustin Paluel-Marmont, Michel et Augustin

10.1 – Portrait

Pour caractériser Augustin Paluel-Marmont, Patricia Salentey fait référence à son côté “trublion”, aujourd’hui symbole de la marque qu’il a créée avec son ami d’enfance Michel de Rovira.

Après un parcours classique à l’université, puis en école de commerce, il débute sa carrière dans le marketing dans de grands groupes (Air France, Club Med…) : ce sera une source d’apprentissage décisive pour la suite de sa carrière. L’entrepreneur déclare :

“Je suis comme un chasseur de papillons qui collecte les bonnes idées.”

10.2 – Confidences

  • Un marketing impactant

Contrairement aux autre profils de “Ces Entrepreneurs Made in France”, ce n’est pas vers la tech qu’Augustin Paluel-Marmont va se tourner, mais vers la pâtisserie. Et pour vendre ses petits biscuits, il va faire appel à ses connaissances en marketing. Au-delà du savoir-faire, les deux amis vont tout miser sur l’image de la marque.

Patricia Salentey écrit à leur sujet :

“Se mettre en scène, raconter des histoires, créer des événements, animer une communauté sur les réseaux sociaux, [ils] jouent sur la différence, à coups de messages brillants et transgressifs. Et ça marche. “

Ces deux passionnés ont su créer une communauté qu’ils entraînent dans chacune de leurs évolutions et qui est sans doute la clé d’un tel succès.

  • Un modèle phare : Virgin

Augustin Palual-Marmont ne cache pas son admiration pour le modèle que représente Virgin, la marque fondée par Richard Branson. Son développement dans des branches diverses correspond à la vision du cofondateur de Michel et Augustin pour l’avenir de sa propre société.

“Maintenant que notre projet est solidement construit, lancé sur une bonne trajectoire, je me demande comment on pourrait, avec nos talents créatifs, notre façon de voir les choses, faire rayonner cet état d’esprit sur d’autres territoires. […] Nous explorons plusieurs pistes.”

  • Intuition et gestion du risque : les responsabilités de l’entrepreneur

Pour celui qui considère que l’entrepreneuriat c’est s’engager, être acteur de sa vie, la réussite est un mélange d’ambition, d’intuition et de responsabilités :  

“Mon job en tant qu’entrepreneur est d’avoir une intuition, une idée et d’arriver à transformer cette conviction en réalité.”

En écho à son éducation et dans l’idée d’une entreprise “libérée” (sans pour autant la nommer comme telle), Augustin Paluel-Marmont parie sur la responsabilisation de ses équipes pour atteindre ses objectifs. Il n’a pas peur non plus des échecs qui ne sont finalement que des apprentissages supplémentaires.

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “L’authenticité et une forme de bienveillance.”
  • “Partager cette aventure avec un ami.”
  • “Réaliser et vivre ses passions.”

Chapitre 11 – La virtuose des données : Yseulys Costes, 1000mercis

11.1 – Portrait

Patricia Salentey met cette fois en lumière un parcours différent dans son ouvrage “Ces Entrepreneurs Made in France”. En effet, Yseulys Costes n’est pas issue d’une grande école de commerce, mais d’une université classique où elle a appris le marketing quantitatif

Après un début de carrière principalement axé sur la recherche et l’enseignement, elle se tourne vers l’entrepreneuriat en utilisant ses compétences marketing. Elle crée alors 1000mercis, une plateforme qui récolte les données de ceux qui partagent une liste de cadeaux à leurs proches.

devenir entrepreneur remerciements portrait Yseulys Costes

11.2 – Confidences

  • Entrepreneuriat et recherche : duo inédit et gagnant

Contrairement à ses camarades de “Ces Entrepreneurs Made in France”, Yseulys Costes n’était pas prédestinée à l’entrepreneuriat, mais plutôt à la recherche. Traditionnellement, ces deux voies ne se recoupent pas, mais elle a fait bouger les lignes pour se créer sa propre activité :

“Devenir entrepreneure, ce n’était pas une vocation. […] Mais entreprendre, c’était le seul moyen de continuer à m’amuser en matière de marketing interactif.”

Ses connaissances académiques en matière de marketing vont alors lui permettre d’appréhender l’univers des starts-up avec tous les outils nécessaires. Elle témoigne :

“Le monde académique est très formateur pour l’entrepreneuriat. Le chercheur émet des hypothèses sans a priori, il teste, ajuste et il avance. Comme l’entrepreneur.”

  • Aller au-delà du conformisme et oser

Avec son parcours atypique, Yseulys Costes détonne et n’hésite pas à faire trembler les préjugés. Oser aller à l’encontre du conformisme, c’est ce qui fait sa force et qui explique, en partie, la réussite de 1000mercis.

“Dans l’entrepreneuriat comme dans tout, il existe un certain conformisme : il faut lever telle somme d’argent à tel moment. Or, ce n’est pas une question de doxa, il faut être décomplexé. […] Il faut avoir confiance dans ses qualités et les exprimer.”

  • Challenge et “obsession”

Cette idée de société est née d’un besoin de se challenger, tout en mêlant une activité de recherche passionnante. Au point d’en devenir aujourd’hui une obsession : celle de rester toujours au cœur de la compétition du marketing digital

“On peut se demander si la minutie et l’obstination sont des qualités ou des défauts, je pense que tous les gens passionnés sont un peu obsessionnels, or tous les entrepreneurs sont passionnés.”

Cette course effrénée permet aujourd’hui à 1000mercis d’être sur le devant de la scène internationale du marketing et de la tech.

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “Savoir innover, inventer, avancer en permanence.”
  • “Faire les choses par passion et avec liberté.”
  • “La qualité de l’équipe.”

Chapitre 12 – La comète du net : Fany Péchiodat, My Little Paris

12.1 – Portrait 

Après des études de commerce et une première expérience dans le marketing, Fany Péchiodat lance My Little Paris. Le concept ? Les adresses et les conseils “d’une bonne copine” pour découvrir Paris. Sa newsletter, conçue pour son entourage, va très vite devenir la référence. Au point de se diffuser aujourd’hui en quinze marques

12.2 – Confidences

  • Bons conseils entre amis 

My Little Paris, c’est l’histoire d’un partage de bons plans privés qui va finalement se transformer en business model innovant. Sans pour autant changer ce qui en fait son élément distinctif des autres newsletters, à savoir la proximité avec son lectorat. L’entrepreneuse explique : 

“J’ai donc voulu faire un message personnel, sur le mode d’un courrier écrit à la main que l’on reçoit dans sa boite aux lettres et un ton intime. […] C’est toujours la même règle : écrire comme si on s’adressait à notre meilleure copine. Nous lui parlons personnellement. Ce ton particulier, c’est notre signature.”

Comme l’évoque habilement Patricia Salentey, rester au plus proche de ses valeurs et de ses engagements auprès de ses millions d’amies virtuelles, c’est sans doute ce qui a poussé Fany Péchiodat à quitter le groupe après le rachat par TF1

  • Une créativité collective 

Mais elle ne laisse pas My Little Paris seule ! Ses associées continueront de tenir les rênes de la société. Un point fondamental pour cette entrepreneure pleine d’ambition et qui souligne la force du collectif, comme la plupart des profils présentés dans “Ces Entrepreneurs Made in France”. 

“J’aime pousser les talents des autres, que ce soit en management ou dans le cadre éditorial des newsletters. Comme le dit Robert Hossein : “Le talent, c’est d’en trouver aux autres”.”

  • Un management positif et bienveillant

Désormais entourée de nombreux collaborateurs, la “comète du web” comme l’appelle Patricia Salentey (mais qui se définit elle-même comme un cafard pour son côté résistant) mise sur un développement en mode “poupées russes”, grâce à un management positif. Et pour la fondatrice de My Little Paris :

“Il faut regarder partout où peuvent naître les nouvelles idées.”

D’ailleurs, au-delà de la confiance accordée à la créativité de ses équipes, Fany Péchiodat va encore plus loin en valorisant les échecs comme le symbole d’un surpassement individuel

“Plus la personne a eu des échecs, plus elle a de bonus. Car je me suis rendue compte que ceux qui avaient rencontré le plus d’échecs sont ceux qui avaient le plus expérimenté et donc le plus fait bouger les lignes.”

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “Avoir trouvé les bons associés.”
  • “Avoir vendu.”
  • “Capitaliser sur la posture d’outsider et adopter ce qu’on appelle chez nous le Forrest Gump Way, c’est la naïveté qui mène à la créativité.”

Chapitre 13 – Le roi des services : Guillaume Richard, Oui Care

13.1 – Portrait

Ambitieux de nature, Guillaume Richard est à la tête d’un empire international : celui des services à la personne. Fondateur du groupe Oui Care (qui compte cinq marques – dont O2 ), il a toujours voulu être entrepreneur. 

“J’étais prêt à prendre des risques à titre personnel. J’avais la volonté de créer ma propre entreprise et de changer le monde.”

13.2 – Confidences

  • Changer et aider le monde grâce à l’entreprise

Patricia Salentey le souligne dans son portrait :

“Le travail comme outil d’intégration sociale, c’est son autre cheval de bataille. La garde d’enfants, le ménage et l’accompagnement de personnes âgées, il en est convaincu, constituent une nécessité sociale.”

La société de Guillaume Richard a donc une double vocation : à la fois aider ses clients, leurs apporter les services dont ils ont besoin, tout en faisant évoluer professionnellement ses salariés et collaborateurs (formations, accompagnements, promotions internes…). 

“J’ai toujours eu au fond de moi la volonté de changer la société, avec la conviction que l’entreprise devait avoir un sens pour ses clients et ses salariés, et qu’elle devait accompagner les évolutions sociétales.”

  • Le concept de “L’entreprise des possibles”

Cette vision introduit directement le concept managérial appliqué chez Oui Care. De par la multiplication des agences et du nombre de collaborateurs, Guillaume Richard a rapidement compris que la clé du succès était dans une forme de “décentralisation” des responsabilités.

“À l’entreprise libérée (N.D.A. : organisation qui donne des responsabilités et de la liberté à ses collaborateurs), je préfère largement le concept d’entreprise “libérant”, c’est-à-dire qui offre des possibilités, qui donne l’opportunité de grandir et d’évoluer, qui responsabilise.” 

  • Les compromis de l’ambition

Pour autant, si chacun doit se responsabiliser et définir ses propres objectifs pour les bons résultats du groupe, de son côté Guillaume Richard ambitionne de devenir d’ici à vingt ans le leader mondial des services à la personne. Ceci implique donc des changements de cap au sein du groupe Oui Care, autant sur le plan financier qu’humain. 

“Il n’y a pas d’utopie sans prise de risque. Pas de victoire non plus. […] Cela implique aussi d’accepter toutes les conséquences de la croissance.” 

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “Décider d’être numéro un : avoir un objectif de long terme vous oblige à trouver les moyens financiers, humains, organisationnels…”
  • “Avoir ouvert le capital tôt pour accélérer.”
  • “Bien définir ce qu’on a envie de faire.”

Chapitre 14 – La tête dans les nuages : Octave Klaba, OVH

Octave Klaba ovh portrait entrepreneur

14.1 – Portrait

OVH, fondé par Octave Klaba, né en Pologne et passionné depuis toujours d’informatique et de programmation, est devenu l’un des plus gros hébergeurs européens de serveurs. Son ambition internationale est désormais clairement affichée. 

Le roi des data centers a d’ailleurs toujours rêvé de devenir entrepreneur.

“Quand j’avais 7 ans, […] je voulais déjà gérer les gens, les projets, réussir à transmettre mes rêves à travers des équipes, réaliser les choses les plus importantes possible.”

OVH est donc une sorte “d’entrepôt de données” qui sont conservées, puis transformées pour être diffusées avec plus de valeur.  

14.2 – Confidences

  • Se démarquer des modèles américains  

Bien que Patricia Salentey évoque le modèle des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) pour imager la fulgurance et la croissance d’OVH, son fonctionnement est pourtant le contre-pied de ces entreprises américaines

“[OVH] compte bien s’imposer sur le marché international en proposant une alternative mondiale aux Gafa, dont les données des utilisateurs sont stockées aux États-Unis, et donc soumises au Patriot Act.”

OVH propose de contourner cette loi qui permet l’accès aux données personnelles en multipliant les data centers hors des États-Unis, une différence qui va en faire son point fort.

  • L’entreprise libérée comme modèle d’innovation 

À l’instar du profil de Guillaume Richard présenté précédemment dans “Ces Entrepreneurs Made in France”, Octave Klaba mise tout sur le concept d’entreprise libérée.

“Sa conviction : l’avenir digital sera forcément dans ce nouveau type d’organisation, sans hiérarchie, fondée sur un principe de responsabilisation, avec un rêve commun.” 

Grâce à la métaphore du corps humain, il est plus simple de comprendre ce mode de gestion : un corps composé de différents organes qui fonctionnent indépendamment mais toujours en interdépendance. Ces organes correspondent chez OVH à des “programmes” qui “fonctionnent comme des mini-entreprises de 30 à 300 personnes, avec leurs propres missions, objectifs et un rêve à partager”.

Octave Klaba approfondit le concept d’entreprise libérée en reprenant celui de Frédéric Laloux. Il parle, en effet, d’une entreprise dite “opale”, c’est-à-dire “une entreprise qui libère et qui apporte du sens” pour évoquer le fonctionnement et les objectifs d’OVH.

  • Une temporalité à supporter

Dans un monde ultra connecté, OVH doit évoluer toujours plus rapidement pour garder l’avance que la société a acquise au cours des années. 

“Nous entrons dans ce que l’on appelle le blitzscaling, la croissance exponentielle. Le rythme va s’accélérer et nous devons anticiper deux ou trois ans à l’avance.”

Dans l’univers numérique, les risques ne sont pas financiers mais reposent sur une temporalité à remettre perpétuellement en question. La vitesse et l’adaptabilité des entreprises à saisir les nouveaux enjeux déterminent désormais leur impact pour l’avenir.

“Nous sommes à un moment hyper-excitant de la transformation digitale du monde, où celle-ci dépend de notre activité et de notre réactivité. […] Nous participons à la fondation d’un nouveau monde et je veux que tout cela serve aux générations suivantes.”

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “La construction du premier data center en 2004 : faire de la croissance sans se stresser.”
  • “Créer l’entreprise à la fin de mes études.”
  • “Avoir des nerfs solides et être optimiste.”

Chapitre 15 – Pointure du e-commerce : Boris Saragaglia, Spartoo

15.1 – Portrait

Le dernier portrait de “Ces Entrepreneurs Made in France” présente Boris Saragaglia, fondateur de Spartoo, site de vente de chaussures en ligne. À peine diplômé (Mines et HEC) et sans apport financier, il lance sa société avec deux amis. 

Patricia Salentey résume :

“Un sentiment de revanche sociale qu’il ne masque pas, même si l’amertume ne fait pas partie du personnage. C’est plutôt de l’ordre du constat : quand on est jeune et sans fortune ni réseau, il faut se retrousser les manches.”

15.2 – Confidences

  • La figure de l’entrepreneur dirigeant

Boris Saragaglia n’a jamais caché son ambition. Celui qui est désormais l’un des trois jeunes entrepreneurs préférés des Français selon Patricia Salentey a une vision très précise de l’entrepreneur. Bien qu’ils soient trois cofondateurs chez Spartoo, il n’y a qu’un seul dirigeant

“Pour que les responsabilités ne se chevauchent pas, il n’y a toujours qu’un patron, et un seul qu’on doit suivre. […] Il doit y avoir un leader qui va montrer le chemin grâce à ses interactions avec tout le monde , et c’est celui-ci qui tranche et arbitre.”

Pour autant, son jeune âge s’avère être un inconvénient au niveau de sa posture et de sa crédibilité. Pour remédier à cela, il va faire le choix de se tourner vers des équipes plus expérimentées, grâce à l’APEC. 

  • “Entreprendre, c’est apprendre” 

Si son parcours semble être couvert de réussite, Boris Saragaglia souhaite mettre fin au mythe des success stories entrepreneuriales. L’hypercroissance accélérée peut au contraire être synonyme de plantage

“En lisant la presse, on pense qu’il n’y a que des entrepreneurs qui réussissent. Ce qui est une bêtise : s’il y a des succès, c’est qu’il y a eu de nombreux échecs. Il y en aura encore plus, et de plus violents, parce qu’il y a trop d’argent.”

Le fondateur de Spartoo reste donc prudent face aux levées de fonds et se focalise sur son activité. Chaque journée d’entrepreneur est pour lui un apprentissage pour aller plus loin : 

“Échecs, réussites, ce n’est qu’une courbe d’apprentissage. […] L’échec est un mot trop fort pour qui n’est pas adapté à la vie de l’entreprise.” 

  • Du local à l’international 

Au lieu d’une croissance exponentielle et sans limite, Spartoo a choisi de revoir sa stratégie en consolidant ses bases pour augmenter les profits. Cela passe par un meilleur ancrage au niveau local avant de viser l’implantation internationale

“Pour s’internationaliser, par exemple, il faut d’abord valider que son pays d’origine est profitable, sinon, il faut chercher à le rendre profitable avant d’aller voir plus loin.”

Boris Saragaglia garde d’ailleurs toujours un œil sur les comptes de sa société pour déterminer les évolutions de sa société, mais aussi du marché. Et de conclure : 

“Il vaut mieux aller sur des gros marchés pour avoir une petite part d’un gros gâteau qu’une grande part d’un petit gâteau.”

  • Les recettes de son succès entrepreneurial

  • “Maximiser le bon équilibre entre croissance, rentabilité et cash-flow.”
  • “S’entourer : être plusieurs fondateurs, c’est essentiel.”
  • “S’assurer qu’on a bien compris les attentes des clients, puis mesurer régulièrement leur satisfaction.”

Conclusion de Ces Entrepreneurs Made in France” de Patricia Salentey

Les éléments communs de la réussite de ces entrepreneurs made in France

Tentons, au terme de ces récits, de résumer les dénominateurs communs de ces 15 parcours entrepreneuriaux, comme autant de facteurs de succès :

  • La passion et la quête de sens comme déclencheur et motivation.
  • Une vision à long terme : la croissance et l’ambition internationale sont moteurs de développement.
  • La réactivité, l’adaptation et l’innovation : tous ces entrepreneurs ont su anticiper des attentes, repérer les tendances, prendre la mesure d’un marché potentiel en imaginant de nouvelles activités, en répondant à de nouveaux besoins ou en réinventant des modèles économiques existants.
  • Une profonde reconnaissance pour leurs équipes et associés et une approche collective du management, loin des entreprises traditionnelles. D’ailleurs, rares sont ceux qui se sont lancés seul dans l’aventure entrepreneuriale.
  • Le souci de cohésion et de créativité et l’importance de travailler dans un environnement, un cadre qui leur ressemble.
  • Un bon bagage en terme d’études secondaires.
Les lecteurs de cet article ont également lu :  5 trucs pour optimiser votre productivité de jeune entrepreneur

Ce que “Ces entrepreneurs made in France” peut vous apporter

Il est évidemment très instructif de lire et décrypter les réussites de ces 15 entrepreneurs made in France. La route du succès entrepreneurial ressemble rarement à une ligne droite, et nous découvrons alors les coulisses de ces aventures entrepreneuriales, ainsi que l’état d’esprit et l’humain dans l’ombre de ces grandes start-up françaises.

Les recettes” (terme utilisé par l’auteure) de l’entrepreneur concernant son propre succès, à la fin de chaque histoire, sont particulièrement intéressantes. Les startupers y partagent ce qu’ils pensent avoir été le facteur clé de leur succès, la décision clé, nous livrent un conseil, puis une chose qui les rend fier aujourd’hui.

Avec un panorama de talents innovants,Ces entrepreneurs made in France” témoigne de l’air nouveau qui souffle sur l’entrepreneuriat français, et ce dans des secteurs d’activité bien différents. C’est en cela un ouvrage inspirant et plein d’espoir, qui montre cependant avec réalisme et transparence les multiples obstacles qui ponctuent le chemin de l’entrepreneuriat.

Points forts :

  • Des parcours variés et inspirants : de l’univers digital à celui de la mode, en passant par la pâtisserie.
  • Une transparence sur les éventuels échecs des entrepreneurs.
  • Les bons conseils résumés sous forme de recettes pour chaque profil.

Point faible :

  • Dans “Ces Entrepreneurs Made in France”, Patricia Salentey a parfois recours à un vocabulaire très spécialisé au monde des start-up et de l’entrepreneuriat, ce qui peut engendrer quelques difficultés de compréhensions pour les novices. 

Ma note :

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