Fais-toi confiance

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Phrase-résumée de “Fais-toi confiance” : Isabelle Filliozat nous éclaire sur les origines et ce qu’elle appelle les quatre “étages” de la confiance en soi, puis nous propose des introspections et des outils concrets de changement à travers 36 exercices à réaliser.

Par Isabelle Filliozat, 2013, 234 pages

Chronique et résumé de “Fais-toi confiance” :

Introduction

L’auteure, Isabelle Filliozat, est psychothérapeute. En introduction de son livre “Fais-toi confiance“, elle évoque sa pratique clinique mais surtout sa propre histoire pour nous montrer que tous les manques de confiance ne se ressemblent pas :

Tour à tour renfermée, exubérante, meneuse, silencieuse et observatrice, j’ai testé les extrêmes, exploré les dimensions variées de la timidité et du manque de confiance en soi. J’ai douté de mon image, de mon corps, de ma capacité à être aimée, de mon avenir, et même de mes compétences d’écrivain.

Le livre “Fais-toi confiance” comprend quatre parties :

  • Première partie : pour comprendre de quoi l’on parle lorsqu’on évoque le manque de confiance en soi ;
  • Seconde partie : pour identifier les origines du manque de confiance en soi ;
  • Troisième partie : pour réfléchir à des pistes de travail en vue d’en “guérir” ;
  • Quatrième partie : pour agir concrètement avec un parcours de 36 exercices.

Partie 1 – De quoi parle-t-on ?

1.1 – La confiance en soi n’est pas que beauté, facilité et succès assurés

  • Ne pas confondre “soumission” et “manque de confiance en soi”

Chacun a sa propre façon de réagir face au stress, aux hésitations, aux doutes. Ces réactions vont dépendre de nos blessures du passé et de la confiance acquise ou non auprès de nos parents et professeurs.

Certaines personnes, dans des situations particulières, vont adopter des attitudes de soumission. Ce phénomène de soumission est un réflexe automatique et inconscient, régulé par les hormones. Dès lors, la soumission se manifeste par des symptômes physiques, physiologiques, psychiques et comportementaux, que nous interprétons, très souvent, à tort, comme des signes de manque de confiance en nous.

  • Le manque de confiance en soi est une adaptation physiologique à une situation sociale

Si on a appris, à nos dépens, que s’exposer attirait des ennuis, alors, il se peut que les symptômes précédemment décrits se déclenchent abusivement. Nos expériences d’humiliation, de mauvais accueil de nos propos ou de dévalorisation ont, en fait, été mémorisés. Dans ce cas, on peut parler de manque de confiance en soi :

Quand ce déclenchement abusif est devenu habitude réflexe, quand les automatismes physiologiques de soumission sont si intégrés que nous les interprétons comme partie de notre personnalité, nous pouvons parler de manque de confiance en soi.

Cependant, même s’il entraîne des conséquences d’ordre psychologique, le manque de confiance en soi n’est pas, lui-même, un “problème psychologique”. Il s’agit, en fait, d'”une adaptation physiologique à une situation sociale en vue de maintenir la vie.”

  • Étiqueter nos réactions physiologiques normales comme “manque de confiance en soi” nous empêche de nous poser les bonnes questions

Les réactions physiologiques de notre organisme sont, pour la plupart, naturelles et normales. En effet, l’anxiété, la peur, le trac, le doute, l’inquiétude sont des afflux d’énergie utiles qui nous permettent de faire face à la situation. Elles ne sont pas forcément manque de confiance en soi.

Toutes nos palpitations ne sont pas synonymes de manque de confiance en soi, tous nos échecs et difficultés sociales n’y sont pas forcément liés. Or, faute de comprendre les motivations de certaines de nos attitudes, de nos blocages et freins, nous utilisons un peu abusivement le terme de manque de confiance. Cela nous évite de nous poser d’autres questions, plus embarrassantes, ou tout simplement plus inconscientes.

  • Apprivoiser nos peurs et notre “manque de confiance en nous” s’apprend

Pour Isabelle Filliozat, nous choisissons beaucoup de nos activités en vue de dompter l’incertitude (en pratiquant une religion par exemple).

Or, si l’angoisse, les phobies, les peurs exagérées se soignent, toutes les réactions de notre corps ne sont pas à combattre. C’est pourquoi Isabelle Filliozat nous invite à accepter nos peurs appropriées, notre manque de confiance, sain et utile, ainsi qu’une certaine dose d’insécurité.

Le vrai confiant n’a pas besoin de séduire, pas besoin de toujours réussir, pas besoin de tout savoir, pas besoin de soumettre autrui, d’organiser en permanence l’espace et le temps, de savoir quoi dire, ou d’avoir raison…

  • Être trop sûr de soi peut nuire

Oui, la confiance en soi peut être gage de succès. Cependant, elle peut aussi parfois nous jouer des tours. L’auteure cite l’exemple de personnes ayant échoué lors d’une compétition, d’un match, d’un concours, d’un examen, parce qu’elles ont abordé l’événement avec “trop de confiance en elle”.

En fait, selon l’auteure, plus on a conscience de sa situation, moins on a confiance en soi.

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Isabelle Filliozat illustre son propos en citant l’exemple des comédiens qui n’ont généralement le trac que lorsqu’ils ont du talent :

On a davantage le trac quand on a conscience des enjeux, de la perfection visée.

Quand on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants d’un problème, il peut paraître facile à résoudre. Mais si l’on prend conscience de la complexité et des enjeux de ce problème, on devient moins sûr de soi. On peut douter et changer d’avis. Mais, pour la psychothérapeute, c’est en cela que le manque de confiance en soi peut être bénéfique :

Réfléchir, c’est douter, chercher plutôt que savoir. Aller trop rapidement à la solution n’est pas faire montre d’intelligence mais de soumission à un automatisme.

Bien sûr, il y a un juste-milieu, car le défaut de confiance peut être paralysant. Mais finalement, pour Isabelle Filliozat :

    • “La crainte de ne pas réussir est plutôt un atout”,
    • “Le doute est une preuve de conscience vaste”,
    • “La peur de se fourvoyer est une manifestation d’intelligence”
    • “La peur de se tromper témoigne de notre solidité”.

1.2 – Paralysies et jambes de bois

Manquer de confiance en soi limite les ambitions, les désirs, les contacts, les relations, la carrière, l’amour…

  • Les nombreux apports inconscients du manque de confiance en soi

Celui qui manque de confiance en lui a peur de ne pas réussir, mais aussi de réussir.

En fait, inconsciemment, le manque de confiance en soi :

    • Permet de justifier notre passivité,
    • Confirme nos croyances négatives sur soi et les autres,
    • Nous empêche de sentir nos vraies souffrances,
    • Évite de remettre en cause l’éducation que nous avons reçue de nos parents.
  • La jambe de bois

Pour mieux comprendre cette idée d’apports inconscients que le manque de confiance en soi apporte, Isabelle Filliozat fait référence à ce que les psychologues appellent la “jambe de bois”. Décrit par Éric Berne, le père de l’Analyse Transactionnelle :

Le jeu de “jambe de bois” consiste à invoquer une incapacité pour dissimuler les véritables raisons de notre passivité : “Je ne peux pas aller danser, j’ai une jambe de bois.”

La personne justifie ainsi ses peurs, car si elle n’avait pas de jambe de bois, elle n’irait pas danser davantage. En réalité, la personne a peur de danser, de la relation intime, de la proximité que la danse implique. Le jeu de jambe de bois lui permet de se dégager de toute responsabilité face à sa passivité : “Ce n’est pas que je ne veuille pas, je ne peux pas !”

Ainsi, le fait de dire “je n’ai pas confiance en moi” est une jambe de bois bien commode : derrière cet argument de poids, nous cachons nos peurs, nos frustrations et parfois nos colères.

Que de changements n’opérerons-nous pas quand… nous n’aurons plus cette jambe de bois ! […] Invoqué en guise de justification, pour s’excuser aux yeux d’autrui de ne pas agir, le manque de confiance en soi peut devenir un refuge. On s’abrite derrière pour fuir…

  • “Oui mais…”

Le “oui mais…” est un autre jeu de victime décrit par Éric Berne.

Lorsqu’on propose une solution à quelqu’un qui nous fait part d’un problème, il arrive que notre interlocuteur nous réponde : “oui, mais…” En fait, sous ces mots, notre interlocuteur dénigre la solution, qu’il dit impossible, irréaliste, déjà tentée, etc.

Or, après plusieurs propositions de solutions, et toujours un “oui mais…” en guise de réponse, la personne qui cherche à aider finit par s’exaspérer : “Oh reste comme tu es, j’en ai assez !” Et la victime peut alors dire : “Décidément, personne ne peut m’aider, mon problème est vraiment insoluble.”

En réalité, pour regagner de la confiance en soi, on doit avoir fait le deuil de cette jambe de bois et de ses avantages inconscients. Et pour mieux nous en libérer, il nous faut observer quelles blessures sont tapies derrière notre manque d’assurance.

Partie 2 – D’où ça vient ?

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2.1 – Des origines variées

Le manque de confiance en soi a des origines variées. Comportement adaptatif, il est une réponse à un environnement, à une situation. Certaines blessures sont évidentes : souffrances de l’enfance, messages dévalorisants de nos parents ou d’enseignants, insultes et rejets par nos pairs à l’école. D’autres sont plus subtiles et passent inaperçues.

Pour Isabelle Filliozat, identifier la source de l’humiliation est déjà un pas pour en guérir. Puis, comprendre aide à mettre en perspective, à relativiser, et surtout à voir que “tout ne vient pas de soi”.

L’auteure précise également que la confiance des enfants ne dépend pas que des parents.  Un événement traumatique au collège, un accident, une agression extérieure sont autant d’événements qui peuvent bousculer sa confiance. Toutefois, la psychothérapeute souligne que le rôle des parents est fondamental dans la construction de la confiance en soi des enfants. C’est pourquoi, il est indispensable de leur offrir l’environnement affectif, intellectuel et social dont ils ont besoin et de les nourrir de messages positifs tout au long de leur vie d’enfant.

2.2 – Une réaction face à la souffrance

Face à la souffrance, notre pensée est généralement confuse, on se contredit,  nos paroles sont peu claires. C’est un réflexe naturel. Cependant, si cela nous arrive trop souvent, cela signifie qu’il y a ou qu’il y a eu un peu trop d’événements difficiles dans notre vie. Par conséquent, ce sont ces blessures qui sont à guérir et non le “manque de confiance”.

Isabelle Filliozat nous explique que, face à un enfant qui aurait souffert d’un événement traumatique, l’attitude à adopter est d’écouter l’enfant sans juger, sans faire de commentaires ni chercher à rassurer. Il s’agit de montrer que l’on éprouve ce qu’il vit, de refléter ses sentiments. Ainsi, pour guérir de nos blessures, la psychothérapeute nous suggère d’être, pour nous-mêmes, ce parent que nous n’avons pas eu ce jour-là. Elle nous invite à écouter les émotions de l’enfant en nous.

2.3 – Les automatismes acquis

Isabelle Filliozat développe deux points :

  • Le cerveau de l’enfant déclenche les phénomènes physiologiques et psychologiques appropriés à ce qu’il interprète comme ressemblant à la situation traumatique du passé.

Un enfant ne naît pas avec un manque de confiance. Si les réactions de soumission et de peur sont génétiquement programmées, elles ne deviennent une habitude, voire un caractère, que lorsque l’enfant a appris à avoir peur de certaines situations.

  • La négation du droit à la colère et du droit à sentir ce que l’on sent génèrent un défaut de confiance en soi.

C’est pourquoi, avec les enfants, il est indispensable :

  • Lorsque nos mots dépassent notre pensée ou quand, sous le coup de l’exaspération, on est tenté d’émettre un jugement, de s’interrompre et d’être attentif à exprimer notre colère en termes non destructeurs de sa confiance : “Je suis très mécontent… Je ne veux pas… J’ai besoin…”
  • De ne pas hésiter à s’excuser quand les mots sont partis plus vite que nous ne l’aurions voulu.
  • De leur permettre d’exprimer leur colère tout en leur montrant qu’elle n’a pas le pouvoir de nous détruire, et ce, quelle que soit son intensité. On peut, par exemple, organiser de temps en temps des batailles de coussins pour permettre à l’agressivité de sortir sans risque.

2.4 – L’exclusion

Des expériences montrent que lorsqu’une personne est exclue d’une communauté (rejet des parents, à l’école, modification de statut), un début d’état dépressif s’installe en quelques minutes seulement. Cela est dû, notamment, au fait que nous nous attribuons souvent une responsabilité dans ce qui nous arrive, même lorsque nous n’en avons aucune : “une personne est harcelée dans son entreprise parce qu’elle est faible”, “une femme se fait violer parce qu’elle l’a bien cherché”, “un homme se retrouve au chômage parce qu’il n’était pas compétent…”

Toutes ces croyances isolent celui qui est exclu et altèrent sa confiance en lui.

En réalité, ces réactions à l’exclusion sont inconscientes et dépassent tous les raisonnements rassurants que l’on peut avoir concernant sa valeur personnelle.

2.5 – Le harcèlement et les brimades

Le harcèlement moral […] est difficile à identifier tant il est insidieux. Au début, une remarque anodine, un sous-entendu, rien de bien grave en apparence. Si la victime réagit, elle est taxée de susceptibilité exagérée. Les remarques se font de plus en plus désobligeantes, les dévalorisations plus appuyées. Quand la victime se plaint, elle est moquée. Alors, elle ne dit plus rien. D’autant qu’elle a tendance à se sentir coupable.

Même si l’on parle de plus en plus du harcèlement moral en entreprise, on n’ose pas encore poser le mot dans le milieu scolaire ou dans la famille. Pourtant, il existe bien dans ces environnements-là et cause même encore plus de dommages :

Certains enfants sont harcelés au sein de leur famille, par un frère, une sœur, ou même par un de leurs parents, voire les deux. La blessure est encore plus profonde. L’enfant n’a nulle part où se réfugier. Ses parents, ceux-là mêmes qui devraient le protéger, être son réconfort, l’agressent, le blessent…

2.6 – L’incompréhension devant nos limites

  • Les troubles invisibles des enfants

Dans cette partie de “Fais-toi confiance”, Isabelle Filliozat évoque les répercussions lourdes que le handicap peut avoir en termes de confiance en soi chez les enfants, en particulier lorsque ce handicap n’est pas visible :

Beaucoup ont un handicap invisible, un problème de maturation de neurones, de sécrétion de neuro-médiateur, de défaut de l’enzyme capable de casser telle ou telle protéine… Leurs troubles sont invisibles aux yeux de la plupart des adultes, et donc à fortiori des leurs. Pire, leurs symptômes sont souvent interprétés comme des marques d’insoumission. Ils sont punis.

Dès lors, ces enfants généralisent leur difficulté et perdent confiance en eux.

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Pourtant, s’ils apprennent à maîtriser leur cerveau, s’ils accomplissent quelques exercices restaurant le cours de la maturation neuronale, ils peuvent se révéler tout aussi intelligents, calmes et posés que leurs copains.

  • Un enfant qui ne réussit pas n’est pas forcément nul

Ici, Isabelle Filliozat constate que :

    • L’école a du mal à intégrer les enfants hors normes, ceux qui dépassent par “le haut” (enfants dits “surdoués” ou “précoces”) ou par “le bas”.
    • Les enseignants ont un grand pouvoir d’influence sur les enfants, tant en négatif, qu’en positif.

La psychothérapeute insiste alors sur le fait que tout le monde ne fonctionne pas de la même façon. Dès lors, si un enfant ne réussit pas, ce n’est pas forcément parce qu’il est nul : il est probable qu’on ne lui ait pas présenté l’information de manière à ce qu’il puisse l’intégrer, qu’on ne lui ait pas appris à conduire cette machine ultra-perfectionnée qu’est son cerveau.

Plutôt que de s’accoler l’étiquette “je / tu / il manque de confiance en moi / toi / lui”, cherchons à comprendre. Où est la souffrance ? Où est la différence ? D’où vient cette différence ?

2.7 – Les échecs

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La réussite exalte et rend fort. En revanche, un échec a tendance à entraîner une perte de confiance en soi. […] Chaque réussite comme chaque échec concourt à former notre image de nous-même.

De nombreuses expériences menées par des psychologues ont montré que l’échec entraîne l’échec, comme la réussite entraîne la réussite. Avoir raté nous invite à nous montrer plus attentif, plus précautionneux la fois suivante, mais, en effet, le souvenir de l’échec crée une tendance à le répéter.

Par ailleurs, l’échec scolaire, professionnel ou même amoureux entraîne rapidement une généralisation à toute notre personne : “je ne vaux rien”, “je suis un raté”.

Ainsi, pour ne pas sombrer suite à un échec, il est important :

  • D’en saisir les raisons (et pas simplement les plus apparentes, souvent superficielles).
  • De laisser libre cours à ses émotions, d’être entendu et soutenu.

2.8 – Les deuils

Le deuil peut entraîner un manque de confiance en soi.

En fait, quand nous apprenons le décès d’un proche, nous traversons plusieurs phases : le choc, le déni, le sentiment d’injustice, la colère.

Quand cette colère peut enfin être exprimée, la tristesse nous accompagne sur le chemin de l’acceptation. Mais quand la colère n’a pas pu être dite, ni même éprouvée (car, parfois, on s’interdit de ressentir), le travail de deuil ne peut se faire. En plus du vide et de l’insécurité laissés par le décès, la colère mine alors notre confiance et nous afflige d’un fort sentiment de culpabilité.

Par ailleurs, remué jusque dans nos fondements, nous pouvons soudainement ressentir de nouvelles peurs incompréhensibles.

Tant qu’un deuil n’est pas fait, même très ancien, il maintient une fragilité, des interdits, des limites, nous n’avons pas le droit de vivre vraiment, de prendre tout notre espace. Tout cela contribue à ternir la confiance en soi.

2.9 – L’interdit de réciprocité

Les échanges entre les humains sont dirigés par un principe fondamental : la réciprocité. L’équilibre des relations en dépend. Ainsi, Isabelle Filliozat nous explique que :

Celui qui donne se vit comme opulent, puissant. Celui qui n’a que le droit de recevoir se vit débiteur, dévalorisé, inférieur. Quand le pouvoir de l’un sur l’autre est supérieur à celui de l’autre sur l’un, la loi de la réciprocité est aussi empêchée, entraînant soumission et dépendance.

Isabelle Filliozat nous encourage alors à être attentif à cette réciprocité dans nos relations, car :

Donner et recevoir sont des actes chargés d’histoire personnelle et d’enjeux affectifs qui dépassent la relation actuelle.

2.10 – La soumission et la dépendance

Le manque de confiance en soi est proportionnel à l’absence de pouvoir sur soi.

“Travailler dans une entreprise humiliant ses salariés, vivre aux côtés d’un conjoint dévalorisant, ou avec des parents usant de l’insulte et de la menace” détruit la confiance en soi, et cela, quelle que soit notre solidité. La force intérieure, selon Isabelle Filliozat, consiste alors à se sortir d’un tel environnement.

En fait, l’auteure nous explique ici que le défaut de confiance en soi n’est pas une “caractéristique” d’une personne, mais une conséquence, une réaction face à un environnement ou une situation spécifique.

Quand on se sent écouté, reconnu, valorisé, quand on a une place parmi les autres, on a de plus en plus confiance en soi. Quand on doit obéir aux ordres, se conformer aux directives, quand on est contraint, quand les finalités de nos actes sont décidées par d’autres, notre confiance en nous s’effrite rapidement.

La dépendance apporte une certaine sécurité, mais elle souligne que sans cette sécurité extérieure, on est vulnérable. Par conséquent, être dépendant nous renvoie, jour après jour, une image de plus en plus dévalorisée de nous-même. De cette manière, la dynamique de la dépendance nous enferme dans le manque de confiance en soi.

2.11 – Les attributions et humiliations

Un enfant a tendance à se conformer à ce que ses parents disent de lui. N’ayant pas encore la capacité d’interpréter, il absorbe ces attributions au premier degré, comme si elles étaient la vérité.

Pour Isabelle Filliozat, il est donc primordial de prendre conscience de l’impact important qu’ont les dévalorisations des parents (et des enseignants) sur les enfants.

2.12 – Les non-dits, les secrets et mensonges

Vous aviez plutôt confiance en vous, puis, insidieusement, vous avez commencé à déraper, à douter, à vous poser des questions et à chercher à mettre des mots sur ce sentiment d’insécurité grandissant en vous ? Si rien dans votre vie ne motive ce revirement, c’est un signal. On vous cache peut-être quelque chose…

En réalité, ce que nous dit Isabelle Filliozat, c’est que “nous avons des antennes”. Selon elle, nous savons inconsciemment ce que l’on ne nous dit pas. Nous éprouvons les sentiments associés à ces non-dits, sans toutefois pouvoir les comprendre consciemment.

L’auteure nous encourage alors à pister les secrets et autres non-dits au sein de nos relations importantes.

2.13 – L’effet de contraste

Nous nous comparons les uns aux autres, plus ou moins consciemment. Et finalement, notre rôle, notre place, bien plus que notre réalité définissent la plupart de nos perceptions…

2.14 – Inconscient, quand tu nous tiens !

On nomme “effet pygmalion” cette tendance à se conformer inconsciemment à l’image que l’autre a de nous.

Nous sommes pétris d’interdits inconscients, modelés par des lois socialement admises, nous n’avons pas toujours la liberté de laisser nos compétences s’épanouir.

Selon l’environnement dans lequel nous sommes placés, on adopte des comportements différents : si on nous fait confiance, on réussit plus facilement que dans la situation inverse par exemple (et cela, même si on ne nous dit rien ouvertement).

Nous sommes donc inconsciemment influencés par le regard des autres :

  • Le regard direct de notre entourage,
  • Le regard “social”, celui que nous avons intériorisé.

Ce que nous nommons “confiance en soi” parle de notre position inconsciente dans la hiérarchie sociale.

Pour étayer ses propos, l’auteure cite l’exemple :

  • Des femmes, dévalorisées, qui ont intériorisé l’idée de leur infériorité et dont les compétences en pâtissent.
  • Des enfants dont les parents ont abusé de leur pouvoir et autorité, qui n’osent sortir de la soumission et peuvent même échouer sans comprendre, “se saboter”.

Pour la psychothérapeute, il est alors indispensable de reprendre un contrôle conscient de soi : connaître l’existence de ce biais est déjà important mais un travail supplémentaire sur nos représentations mentales doit être réalisé. Pour l’auteure :

Reprendre confiance en soi, c’est donc guérir ses blessures et conquérir son autonomie.

Or, pour Isabelle Filliozat, la colère est l’émotion qui permet à l’humain de restaurer son sentiment d’intégrité, de défendre ses droits. C’est pourquoi, elle nous encourage à l’exprimer :

Pour guérir du manque de confiance en soi, considérons notre vécu dans son contexte et osons la juste colère.

Partie 3 – Guérir

3.1 – Les quatre dimensions ou “étages” de la confiance en soi

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  • Quels sont ces quatre “étages” de la confiance en soi ?

Selon Isabelle Filliozat, le terme “confiance en soi” est beaucoup trop général. En réalité, il existe, selon elle, quatre dimensions de la confiance qui se construisent par étapes, les unes sur les autres, au cours de notre développement. C’est pourquoi, elle les nomme “étages”.

Ainsi, il y a la confiance :

    • De base : autrement nommée sécurité intérieure, il s’agit de cette sensation corporelle d’être à sa place dans la vie, cette profonde paix intérieure qui nous confère notre liberté.
    • En sa personne propre : on parle ici de la confiance en ses sensations, émotions, en son jugement, en sa capacité à affirmer ses désirs et besoins, à dire “je veux”, à dire “je” tout simplement sans craindre de se différencier des autres, d’être rejeté, ou isolé.
    • En ses compétences : on en manque lorsque l’on rencontre des difficultés à dire “je peux”, quand on manque de confiance en l’une ou l’autre de ses capacités (intelligence, talents, ressources, mémoire, connaissances…).
    • Relationnelle ou sociale : il s’agit de la confiance en l’autre, mais aussi et surtout en sa capacité à établir des relations authentiques et durables, à se sentir à l’aise en société, dans des systèmes hiérarchiques et organisés tout autant que dans des situations informelles.
  • Comment se construisent ces quatre dimensions de la confiance en soi ?

Ces quatre étages se construisent au cours de notre vie de la manière suivante :

    • Au cours de notre première année de vie : dans les bras de nos parents, on installe notre sentiment de sécurité intérieure.
    • Puis, en grandissant, on commence à s’opposer, à développer notre propre personnalité : respecté par nos parents dans nos désirs, besoins, sensations, émotions, choix, jugements, on renforce la confiance en notre personne propre.
    • À partir de 3-4 ans : on explore davantage le monde, on veut faire les choses “tout seul”, on développe la confiance en nos compétences.
    • À l’école, nous rencontrons nos pairs, nous nous faisons des amis : nous renforçons notre confiance relationnelle.

Quand ces quatre étages sont solides, on sent en nous une profonde confiance en la vie et en son devenir.

3.2 – La sécurité intérieure ou confiance de base

  • Que nous apporte la confiance de base ?

La sécurité intérieure ou confiance de base, c’est la sensation d’être confortablement installé à l’intérieur de soi, bien assis dans sa base, dans sa colonne vertébrale, dans son sacrum. C’est une sensation très physique, une expérience corporelle élaborée dans le contact avec les parents.

Cette confiance-là n’est pas liée aux seuls messages verbaux de ces parents : elle se nourrit d’intimité (touchers, regards, amour inconditionnel, tendresse, baisers).

La confiance de base :

    • Procure une certaine tranquillité face aux situations,
    • Permet d’apprécier la solitude sans se sentir isolé,
    • Permet de faire face aux épreuves de la vie sans être ébranlé dans sa personne,
    • Confère la certitude d’avoir une place sur cette terre,
    • Donne la sensation d’être solide et “protégé”.
  • Comment se construit la confiance de base ?

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Le bébé n’a pas confiance en lui automatiquement. Sa confiance de base se construit dans la relation, depuis la conception jusqu’à la fin de sa première année.

Votre enfant intègre sa confiance de base à votre contact. Il puise dans votre propre sécurité et dans la sécurité physique et affective que vous lui proposez. […] Un bébé qui pleure seul dans sa chambre est dans une terreur complète au bout de huit minutes. Le portage, le cododo, l’allaitement, tout ce qui favorise le contact physique augmente la confiance de base.

  • Les comportements liés à une “confiance de base” défaillante

Celui qui n’a pas reçu suffisamment de contact physique authentique de la part de ses parents, qui n’a pas pu intérioriser suffisamment de sécurité intérieure :

    • Éprouve le besoin d’être toujours en contact avec autrui : il vit difficilement les moments de solitude. Il est généralement dépendant du bruit de fond de la télévision, de la radio, ou du téléphone, il a peur du silence, du vide, d’être seul…
    • Se montre dépendant d’autrui ou d’un “objet transitionnel” (cigarette, alcool, travail, drogue, vêtements, nourriture, argent, pouvoir, apparence, sexe, religion…).
    • Peut se réfugier dans une secte, une communauté, un groupe politique qui l’accepte et dirige sa vie, pense à sa place et lui procure les repères dont il manque (la sécurité financière, amoureuse, professionnelle).
    • Privilégie les habitudes sur l’aventure : sa tendance est au conformisme voire à l’extrémisme. Il recherche la sécurité là où, en réalité, ce qui lui a manqué est l’intimité.
  • Comment restaurer sa confiance de base ?

La confiance de base se restaure dans le lien à autrui, le contact physique. Certains la trouvent dans l’amour.

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Voici les conseils d’Isabelle Filliozat pour restaurer sa confiance de base :

    • Réapprendre à respirer.
    • S’asseoir, face à soi-même, en silence, dix minutes par jour.
    • Aller à la rencontre des émotions profondes de manque avec notre psychologue (en lui demandant de nous prendre dans ses bras par exemple).
    • Écouter l’enfant à l’intérieur de soi : lui donner l’attention et l’amour dont il a besoin, murmurer des messages comme “Je t’aime”, “Tu existes pour moi, tu es important pour moi”, “Tu es le (la) bienvenu(e)”, l’écouter se confier à nous, le câliner mentalement, lui adresser notre tendresse intérieure, sans mots.
    • Acheter un objet transitionnel (coussin ou peluche) qui nous a éventuellement fait défaut lorsqu’on était petit.
    • Diminuer les excitants (café, cigarette, sucre blanc…) et stopper les antidépresseurs, somnifères, ou autres psychotropes, pour se rapprocher de son corps.
    • Marcher et regarder la beauté de la nature autour de nous pour éveiller en soi un sentiment d’appartenance.
    • Se faire masser, masser ses enfants.
    • Pratiquer un art martial pour travailler son enracinement, le contact de nos pieds sur le sol.
    • Travailler sa voix pour mieux permettre à notre voie de s’exprimer.
    • Peindre, danser, sculpter, écrire, photographier, et d’une manière générale, favoriser toute occasion d’expression artistique pour soi et ses enfants (avec comme but, l’émergence de la sensation d’être soi et non de “faire beau”).
    • Afficher sur son réfrigérateur ou au-dessus de son lit : “J’ai le droit d’être moi. Je suis à ma place. Je m’aime.”

3.3 – La confiance en sa personne propre ou savoir affirmer sa personne

Certaines personnes ont toujours pour objectif premier de “faire plaisir”, et cela, au détriment de leur individualisation. Celles-ci sont dans l’incapacité de dire “non”. En fait, ces personnes ont tant appris à n’avoir ni désir, ni besoin, qu’elles ne savent même pas vraiment ce qui leur plaît.

être soi individuation adolescent et enfant

  • Comment se construit la confiance en sa personne propre ?

    • Entre 18 mois et 2 ans :

À cet âge-là, l’enfant traverse une période marquée par l’opposition et de nombreuses colères. L’enjeu est considérable : il s’agit de son individuation.

Cette étape peut être :

      • Très courte si elle est acceptée et accompagnée positivement par les parents. C’est qu’elle a alors atteint son objectif : permettre à l’enfant de se sentir exister en tant que personne séparée.
      • Très longue, voire durer toute une vie, si elle est empêchée, réprimée, dévalorisée.

Pour enraciner notre sentiment de sécurité intérieure, nous avions besoin des bras de maman, pour construire le sentiment de confiance en notre personne propre, nous avons besoin de son regard bienveillant, de son respect et de permissions adéquates : “Tu as le droit d’être toi et différent de moi”, une phrase qui se décline en de multiples permissions.

    • À l’adolescence :

Nous traversons une seconde période d’opposition au moment de l’adolescence. L’enjeu est une nouvelle fois l’affirmation de son individualité, sur le plan des valeurs cette fois. En fait, adolescent, on a besoin de se séparer des valeurs de ses parents pour trouver les nôtres propres. On veut être certain qu’on pense par soi-même.

  • Comment restaurer la confiance en ses désirs et ses besoins ?

Avoir confiance en sa personne propre signifie avoir confiance en ses propres émotions, pensées, sentiments et sensations.

Quand elle nous fait défaut, cette confiance se reconstruit en :

    • Osant braver l’interdit d’opposition parentale ;
    • Retrouvant nos émois d’enfant dans un travail psycho-thérapeutique et dans son quotidien ;
    • Apprenant à dire non ;
    • Faisant des choix.

Il s’agit, en somme, de faire sa “crise d’adolescence” !

Voici quelques astuces que propose Isabelle Filliozat :

    • Entrer dans une boulangerie-pâtisserie, regarder les pains pour finalement ressortir sans rien acheter ; ou demander un croissant, puis se raviser et préférer un palmier… ou non, finalement, le croissant.
    • Dans les magasins, essayer toutes sortes de vêtements, sans se limiter à ce qu’on a l’habitude de porter. Apprendre à se maquiller, changer de coiffure, travailler son look, pour oser se révéler à soi-même.
    • Au restaurant, oser “embêter” le serveur, ou prendre trois entrées plutôt qu’une entrée, un plat, un dessert.
    • Prendre la parole ou lancer un sujet de conversation plusieurs fois par jour.
    • Juger les comportements de nos parents à notre égard. Parfois, demander à nos enfants de nous juger, reconnaître la part de vérité dans leur jugement.
    • Inviter ses enfants à choisir leurs vêtements dès deux ans. Les autoriser à préférer un pull à un autre, même si ce dernier ne nous plaît pas. Leur offrir des choix de nourriture. Éviter de choisir pour eux leur coiffure.
    • Se passer de vin, d’alcool, de café ou de viande pendant une période d’un mois.
    • Se dire (et dire à ses enfants en utilisant le “tu” au lieu du “je”) : “J’ai le droit d’être différent, d’avoir un goût personnel, d’être en colère, d’avoir des désirs et des envies, d’avoir mes propres idées, de ne pas penser comme tout le monde. Tu es toi et je suis moi.”

3.4 – La confiance en ses compétences

Pour Isabelle Filliozat, personne n’est censé avoir les compétences quand il démarre dans une nouvelle fonction. En fait, selon elle, la compétence s’acquiert par l’activité et l’expérience uniquement.

  • Comment se construit la confiance en ses compétences ?

Entre 2 et 3 ans, peu après la phase du “non”, survient la phase du “tout seul”. L’enfant veut, en fait, sentir son pouvoir sur les choses, ce dont il est capable par lui-même.

Ainsi, pour construire la confiance en ses compétences, l’enfant a besoin :

    • De la permission d’explorer, d’échouer, de se relever et de recommencer ;
    • D’encouragements, de soutien logistique ;
    • Qu’on respecte ses productions : pas de jugement sur ses dessins, peintures, collages, chefs d’œuvre en pâte à modeler…
    • De la confiance que lui témoignent maman et papa en lui confiant des responsabilités, des missions, des courses…
  • Comment restaurer la confiance en ses compétences ?

Avoir cette confiance en ses compétences, c’est se penser capable de faire ou d’apprendre à faire ce qu’on désire et / ou ce qu’on nous demande.

Pour la restaurer, Isabelle Filliozat nous invite à :

    • Faire mesurer son QI (au moins deux fois, à six mois d’intervalle) ou faire un bilan de compétences.
    • Pratiquer une activité physique qui nous plaît et nous aide à renforcer notre aisance corporelle.
    • Apprendre à mieux gérer ses émotions, participer à des groupes de développement personnel.
    • Aller au cinéma ou écouter une émission, se forger une opinion sur le sujet dans le but d’en parler à une personne ensuite.
    • Inviter son enfant à réaliser un journal de famille ou un carnet de voyage (à présenter à la famille/aux amis) ou à préparer un exposé pour choisir la prochaine destination des vacances familiales.
    • Dresser l’inventaire de nos points forts et points faibles (en utilisant la liste de questions proposée par l’auteure). Miser sur nos points forts et imaginer comment améliorer nos points faibles.
    • Pour acquérir une nouvelle compétence ou qualité, faire “comme si” on avait déjà cette qualité durant une demi-heure chaque jour.
    • Prendre des risques, oser…
    • Observer attentivement une personne ayant la compétence que l’on désire acquérir, puis se mettre à l’intérieur d’elle : voir ce qu’elle voit, écouter ce qu’elle entend, ce qu’elle se dit, sentir ce qu’elle ressent, prendre les mêmes postures et sentir ce qui se passe en nous.
    • Se dire les mots suivants (et les dire à ses enfants) : “Tu es capable. Tu peux le faire. Tu as les ressources en toi pour réussir, le droit d’échouer. Il est important de se tromper pour apprendre. Plus je fais plus je deviens compétent. J’ai le droit de ne pas être parfait, de faire des erreurs, d’échouer et de me relever.”

3.5 – La confiance relationnelle

Quand on manque de confiance relationnelle, on se tait, on se cache, on tente de passer inaperçu, tout en regrettant que personne ne fasse attention à nous ! Ou bien on se construit un masque, on se compose une fausse personnalité.

Nous rencontrons, dans notre enfance, beaucoup de personnes et d’enfants, en dehors et au sein de notre famille, qui vont avoir une grande influence sur notre aisance relationnelle future. Quand on a eu des parents très timides, par exemple, on l’est aussi souvent (il peut, en effet, nous manquer une partie de l’apprentissage de la socialisation). L’école, lieu de “socialisation”, joue aussi un rôle capital dans l’apprentissage des relations.

  • Comment restaurer sa confiance relationnelle

confiance relationnelle rencontrer des personnes

La thérapeute propose de :

    • S’adresser à un inconnu au moins trois fois par jour. Le faire devant ses enfants, puis avec eux, puis les inviter à le faire alors que nous restons en arrière.
    • Observer (et faire observer à ses enfants) la manière dont les autres s’y prennent pour faire ce qu’on ne sait pas (ou ce qu’ils ne savent pas) faire. Les imiter.
    • S’exercer à l’empathie. Aider ses enfants à identifier les sentiments et les émotions des autres.
    • Accepter les invitations qui nous sont proposées. Se doter d’un projet personnel lors de ces invitations (Exemple : parler avec au moins un homme que je ne connais pas, initier la conversation une fois, se joindre à un groupe déjà constitué, proposer une coupe de champagne à une personne, parler de son dernier voyage…).
    • Inviter à dîner une personne ou un couple que l’on connaît peu ; mener la conversation tout en écoutant ses invités.
    • Proposer ses services. Demander un service à un voisin.
    • Se dire (et dire à ses enfants) : “Je peux aller vers les autres. Tout le monde partage les mêmes émotions et les mêmes besoins. J’ai droit à ma place. Je suis utile par ma simple présence. J’ai autant de valeur que les autres. Toute vie humaine a une valeur. Je participe à l’humanité. J’ai le droit de demander, donner, recevoir, refuser.”

3.6 – Comment font les confiants ?

  • Le passage à l’action

Dans cette partie, Isabelle Filliozat met en évidence l’importance du passage à l’action si l’on souhaite restaurer notre confiance en soi.

Selon elle, la psychothérapie nous aide à comprendre l’origine de nos croyances négatives et à lever les blocages émotionnels. Toutefois, la confiance en soi se nourrit des autres, de leurs retours, de nos réalisations et de nos succès. Elle s’éprouve dans le réel :

Ne dites plus : “Je ne peux pas faire cela parce que je n’ai pas confiance en moi” car c’est en ne faisant pas le cela en question que vous maintenez votre défaut de confiance en vous.

L’auteure nous suggère alors d’observer les gens à l’aise, non pour se comparer, mais pour apprendre.

  • Liste non-exhaustive d’attitudes et de comportements confiants

Une personne qui a confiance en soi :

    • Porte de l’intérêt à son interlocuteur de sorte à ce qu’il se sente valorisé et le met à l’aise en restant attentif à l’alternance de la parole ;
    • Ose le contact, se tourne vers l’autre en maintenant la “bonne” distance, touche volontiers ses interlocuteurs, serre les mains franchement, et avec le sourire ;
    • Écoute, regarde, est attentive aux réactions des autres ;
    • Prend part à la conversation sans y avoir été particulièrement invitée, et parle d’une voix claire, en regardant les autres dans les yeux ;
    • Ose se différencier et dire ce qu’elle pense vraiment ;
    • Va de l’avant, même si elle n’est pas certaine de réussir ;
    • S’estime selon l’énergie investie dans un projet, non pas en fonction du succès ou de l’échec de ce projet ;
    • Est fière de ce qu’elle fait, de ses efforts, quels qu’en soient les résultats.

Manquer de confiance en soi n’est pas avoir peur de ne pas réussir, c’est en réalité ne pas savoir perdre, ne pas pouvoir faire face à l’échec, refuser de se confronter et préférer conserver ses croyances négatives sur soi. Plus vous prenez de risques, plus vous augmentez votre confiance en vous.

  • L’assurance avec l’âge

L’âge apporte souvent de l’assurance. En effet :

    • Le regard des autres nous importe moins ;
    • Nous acquérons de l’expérience et aussi une certaine distance, une meilleure compréhension des choses et des gens ;
    • Nos rencontres, nos amis, nos amours, nous aident à nous voir différemment, à sortir de nos croyances négatives sur nous-même.

Cependant, la confiance en soi se construit par l’expérience, par le retour des autres. On ne peut la construire en solitaire. Or, en vieillissant, on connaît souvent la dépendance et l’isolement, qui sont deux grandes sources de perte de confiance en soi.

Partie 4 – Assez pensé, passons à l’action…

Dans cette dernière partie, Isabelle Filliozat nous propose une série de 36 exercices pour aller plus loin sur le chemin de nous-même…

passage à l'action fais toi confiance

Ci-dessous, vous trouverez l’idée très générale de chacun de ses exercices.

4.1 – Évaluation

À travers diverses questions, Isabelle Filliozat aide le lecteur à mesurer sa “confiance en soi” globale. Il s’agit de le faire de manière très détaillée, en reprenant chacune des quatre dimensions de la confiance décrites préalablement, puis de se fixer des objectifs d’amélioration.

4.2 – Je repère mes zones de confiance

La psychothérapeute propose ici de définir sa (ses) zone(s) de confiance en soi. Elle pose différentes questions pour permettre au lecteur de prendre conscience d’au moins quelques-unes de ses ressources afin de sortir de cette étiquette “je manque de confiance en moi”.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Ces Idées qui Collent - Pourquoi Certaines Idées Survivent et d’Autres Meurent - 2

4.3 – Je considère mes qualités

Il s’agit ici de lister ses qualités de tout ordre et de réaliser des exercices pour éprouver ces qualités en soi.

4.4 – Je fais le bilan de mes difficultés

Isabelle Filliozat aide le lecteur à identifier :

  • En quoi son manque de confiance le limite à tous les niveaux de sa vie,
  • Ce qui serait différent dans sa vie s’il avait confiance en lui.

4.5 – Je piste mes éventuels bénéfices secondaires

Les questions que pose Isabelle Filliozat ont ici pour but de :

  • Nous faire rêver à la vie que nous aurions avec cette fameuse confiance ;
  • Nous faire prendre des décisions.

4.6 – Je reconsidère mes croyances

Nos croyances sur nous-même, sur les autres et sur le monde ne sont pas la “réalité”. En revanche, nos comportements créent bien notre réalité quotidienne.

Isabelle Filliozat nous accompagne ici, à l’aide d’un tableau, vers une meilleure compréhension de notre circuit auto-renforçant nos croyances. Puis elle nous invite à modifier certains comportements.

4.7 – Je découvre l’origine de mes croyances

Dans cet exercice, l’idée est de réaliser comment les messages reçus de nos parents, frères et sœurs, enseignants, copains ont pu modeler notre confiance en nous-même et dans les autres. Puis, l’auteure nous aide à décoder ces messages (verbaux, non verbaux, inconscients…).

Derrière un jugement, il y a toujours une émotion, un besoin. En fait, un jugement parle de celui qui le pose, pas de celui sur lequel il est posé. […] Ces jugements ne vous concernent pas. Ils sont des projections sur vous de leurs difficultés personnelles. Vous n’avez pas à les conserver.

Au final, les différents petits exercices proposés par la psychothérapeute vont permettre de garder les messages positifs et de se défaire des négatifs.

4.8 – Je change mes croyances

Il s’agit ici de guérir l’enfant qui est en nous. Isabelle Filliozat propose un exercice de visualisation et de méditation (avec un personnage imaginaire) utile également pour les enfants et adolescents qui ont subi un traumatisme, une hospitalisation, une humiliation à l’école.

4.9 – Je cesse de me dévaloriser

L’objectif, avec cet exercice de visualisation, est de se débarrasser de ses pensées dévalorisantes qui “tournent en boucle”.

4.10 – Je restaure ma sécurité intérieure

Il s’agit là d’un exercice de respiration et de visualisation (qui met en scène son corps physique).

4.11 – Court exercice de sécurité à refaire selon mes besoins

Isabelle Filliozat guide le lecteur dans une visualisation méditative quant à l’enfant que nous étions.

4.12 – Je m’accepte tel que je suis

S’accepter comme on est ne signifie pas rester avec des comportements toxiques ou dérangeants, ni être complice de ses symptômes. Non, c’est plutôt, comme le dit la célèbre phrase :

“Accepter ce qui ne peut être changé, modifier ce qui peut l’être et avoir la sagesse de distinguer l’un de l’autre.”

Pour accepter ce qui ne peut être changé, c’est-à-dire ce sur quoi nous n’avons pas de pouvoir, Isabelle Filliozat nous invite, au cours d’un exercice de visualisation et de relaxation, à mentalement nous regarder avec les yeux d’un sage puis nous apprend à nous nourrir de ce regard.

4.13 – Je domine mes peurs

Une peur excessive cherche souvent à masquer une colère. Ainsi, cet exercice nous amène à identifier nos peurs, puis à éprouver les éventuelles colères que nous n’avons pas pu exprimer en les dessinant, les écrivant, etc. pour  nous en libérer.

4.14 – Une sécurité pour oser davantage

Cet exercice, qui fonctionne aussi très bien avec les enfants (de manière inversée, avec un personnage imaginaire rassurant), nous propose de prendre mentalement “l’enfant que nous étions” par la main. Puis, la psychothérapeute nous apprend à rassurer cet enfant que nous étions.

4.15 – J’exprime mes colères

Toute répression de colère creuse le manque de confiance en soi. Il s’agit donc ici d’exprimer ses colères de façon saine.

4.16 – Je fais face à l’incertitude de la vie

Isabelle Filliozat nous accompagne à travers cinq techniques pour faire face à l’incertitude de l’existence sans altérer sa confiance en soi :

  • Respiration profonde,
  • Dissociation spatiale,
  • Double dissociation dans le temps,
  • Dissociation entre l’adulte d’aujourd’hui et l’enfant en soi,
  • Objectifs.

4.17 – J’identifie mes traumatismes

Isabelle Filliozat nous aide à identifier un éventuel traumatisme, c’est-à-dire un événement dans notre vie ou au sein de notre famille qui a signé un “avant” et un “après”.

Un événement ne devient “traumatisme” que lorsque les émotions ne peuvent être exprimées et entendues. Ainsi, une fois le souvenir revenu, pour ouvrir le chemin de la guérison, il nous faut permettre à ces émotions (terreur, rage, fureur, douleur) de sortir. L’auteure nous propose plusieurs solutions pour cela.

4.18 – Je réagis à l’exclusion

Isabelle Filliozat nous invite à rechercher une éventuelle situation de rejet dans notre passé ou récemment, puis d’en définir les causes externes et notre part de responsabilité. Elle nous propose enfin des exercices de visualisation pour “guérir” de ce rejet.

4.19 – Je guéris des suites de harcèlement

Cet exercice consiste à réfléchir aux situations où nous avons pu être victime de harcèlement, dévalorisé, jugé, taquiné à répétition dans notre vie. La psychothérapeute nous aide ensuite à externaliser les causes de ce que nous avons vécu via différents exercices.

4.20 – Je sors de la dépendance

La dépendance maintient le manque de confiance en soi. Il est donc essentiel de s’en libérer. L’auteure nous suggère différentes choses à mettre en place pour cela.

4.21 – Je change de “chaussures”

rôle de parents bienveillance confiance en soi

L’auteure souligne qu’assurer à nos enfants un environnement sécurisant et favorisant leur épanouissement fait partie de notre rôle de parent. En effet, quand les parents ne protègent pas leur enfant, ne le sortent pas d’un milieu qui le blesse, l’enfant perd doublement confiance en lui : du fait de la blessure, de l’humiliation, mais aussi par le manque de respect de ses besoins de la part de ses parents.

Isabelle Filliozat nous aide à établir un bilan de ce que nous vivons en termes de sécurité, de valorisation et de liberté, afin, ensuite, d’améliorer notre situation.

4.22 – Je me libère de l’humiliation sociale

Cet exercice nous questionne sur nos conditions de vie sociales et nous autorise à être en colère contre cette société qui juge, humilie, rejette certaines catégories sociales. La reconnaissance, les marques d’attention des autres ou le fait d’apporter sa pierre à l’édifice social, de se sentir utile sont des pistes de travail proposées par l’auteure.

4.23 – Je compare à bon escient

Il s’agit ici d’utiliser l’effet de contraste pour restaurer sa confiance en soi et non pour la détruire.

4.24 – J’accomplis mes deuils

Isabelle Filliozat nous accompagne dans une visualisation au cours de laquelle nous allons parler mentalement à l’être qui nous manque.

4.25 – Je peux échouer sans tomber

Avec cet exercice, il est question d’explorer nos succès et nos échecs, de remplacer les dévalorisations et les jugements par des encouragements et des phrases de soutien inconditionnel.

4.26 – Je sors de mes sécurités, je change mes habitudes

Les habitudes rassurent et sont confortables : elles représentent des repères dans nos relations et dans notre vie. Dès lors, l’auteure nous suggère de casser ces automatismes afin de nous interroger plutôt sur ce dont nous avons envie aujourd’hui.

4.27 – Ça me fait oui ou ça me fait non ?

Les grands décideurs écoutent souvent plus leur intuition que la simple raison. L’auteure nous encourage à comprendre que l’intuition n’est pas un don extra-sensoriel. En réalité, nous recevons des myriades d’informations sensorielles dont nous n’avons pas conscience : l’intuition, c’est, en fait, la mise en relation de ces informations.

4.28 – Je respire !

Cet exercice nous encourage à stopper nos activités toutes les heures pour respirer, écouter ce qui se passe en nous et nous demander : “Comment je me sens ?”

4.29 – Je restaure la confiance en mes désirs et besoins

L’obéissance est une soumission, elle ne construit pas la confiance en soi. En revanche, le civisme, la responsabilité consciente renforcent la confiance en soi à chaque acte.

Il s’agit ici de plusieurs exercices afin de comprendre d’abord puis de nous libérer d’une enfance où il nous était interdit de nous opposer.

4.30 – Je me différencie

Cet exercice va nous aider à nous différencier et tolérer la tension que cette différence induit.

4.31 – Je change d’avis

L’auteure nous explique ici qu’avoir confiance en soi, c’est oser remettre en cause certaines idées, avancer dans le monde sans avoir besoin de s’accrocher à ses certitudes.

4.32 – Je restaure ma confiance en mes compétences

Isabelle Filliozat nous questionne ici sur la façon dont nos parents nous laissaient explorer les choses lorsque nous étions enfant, puis nous invite à faire des liens avec nos compétences.

4.33 – J’acquiers les compétences qui me manquent

L’auteure nous encourage à apprendre. Elle nous propose d’utiliser une relaxation / visualisation pour acquérir toutes sortes de compétences techniques, professionnelles, sportives ou sociales.

4.34 – Je fais “comme si”

L’idée est ici de faire “comme si” nous avions confiance en nous. L’auteure nous liste plusieurs astuces pour y parvenir.

4.35 – Je suis exigeant et créatif

L’auteure encourage ici le lecteur à développer son aptitude à chercher de nouvelles solutions et à exercer sa créativité.

4.36 – Je prends des risques, j’ose

Pour accroître son assurance personnelle, l’auteure nous invite à oser prendre des risques, en procédant par objectifs et en se félicitant.

Conclusion de “Fais-toi confiance” d’Isabelle Filliozat

Conclusion de l’auteure

En conclusion de son livre “Fais-toi confiance“, Isabelle Filliozat rappelle d’abord plusieurs points, pour elle, essentiels :

  • Notre manque de confiance en nous est une réaction aux événements de notre histoire et de notre situation présente.
  • Quelle que soit notre histoire, nous avons le droit de reprendre les rênes de notre destinée : il nous faut alors guérir nos blessures pour récupérer du pouvoir sur nous-même.
  • La confiance en soi et le bonheur sont des conséquences et non des buts.
  • Chaque fois que nous affirmons nos valeurs, nous renforçons la confiance en nous.

Quand deux routes s’offrent à nous, suivre le chemin que nous dicte la joie et non celui auquel la peur nous invite permet de solidifier chaque jour davantage sa confiance en soi.

Ensuite, la thérapeute fait un lien entre la confiance en soi et les valeurs inscrites au fronton de nos institutions : “Liberté, égalité, fraternité” :

  • Liberté : on est vraiment libre quand on a confiance en notre personne propre, en nos compétences, et quand nous ressentons un solide sentiment de sécurité intérieure.
  • Égalité : on ne peut vivre l’égalité que lorsque tout complexe d’infériorité est banni.
  • Fraternité : c’est lorsque nous n’avons plus peur des autres que nous pouvons manifester notre fraternité.

Enfin, l’auteure mentionne ce qu’elle pense du bonheur :

Le bonheur se trouve au croisement des deux axes de notre existence. L’axe horizontal : aimer, être en relation, se sentir appartenir au groupe humain, être relié. Et l’axe vertical : se réaliser, grandir, accomplir, construire, apporter sa touche personnelle à l’univers.

Pour finir, elle nous fait part d’une citation issue de la sagesse des Amérindiens qui résume en une phrase ce qu’elle dit avoir tenté de développer dans son livre :

“Là où sont posés mes pieds, je suis à ma place.”

Un livre à la fois théorique et pratique

Fais-toi confiance” est un livre, à mon sens, très complet car il possède à la fois une dimension théorique et pratique.

En effet :

  • La lecture permet d’abord de comprendre le manque de confiance en soi, ce qui en relève et ce qui n’en relève pas.
  • Ensuite, tel un petit manuel d’introspections, ce livre nous invite à réfléchir sur nous-même, et ainsi prendre conscience, identifier les racines et les pistes de travail personnel à amorcer en matière de confiance en soi.
  • Enfin, l’auteure nous accompagne dans une vraie démarche de changement. Les exercices pratiques, variés et très nombreux, nous guident pas à pas vers nos objectifs d’amélioration.

Si vous êtes parents, il est fort probable que vous appréciez également les nombreux conseils parentaux de la psychothérapeute en vue de favoriser une confiance en soi solide chez vos enfants.

Points forts :

  • Un livre exhaustif qui invite à comprendre (approche clinique et théorique), à réfléchir (introspections) et à passer à l’action (exercices pratiques) ;
  • Une lecture accessible : les idées sont faciles à comprendre et illustrées de nombreuses histoires issues de la pratique de l’auteure ;
  • La réalisation des nombreux exercices proposés peut aboutir, à mes yeux, à une réelle démarche de changement.

Points faibles :

  • La première partie manque un peu de fil conducteur ;
  • Si on a déjà lu sur le sujet, on risque d’y retrouver de nombreux points déjà connus.

Ma note :

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