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Je suis né un jour bleu

Couverture de Je suis né un jour bleau

Résumé de « Je suis né un jour bleu. À l’intérieur du cerveau extraordinaire d’un savant autiste » de Daniel Tammet : un témoignage passionnant sur l’évolution personnelle et la vie intérieure d’une personne surdouée atteinte du syndrome d’Asperger.

Par Daniel Tammet, 2019 (traduction française), 288 p.

Titre original : « Born on a blue day, inside the extraordinary mind of an autistic savant » (2006).

Table des matières

Chronique et résumé de « Je suis né un jour bleu. À l’intérieur du cerveau extraordinaire d’un savant autiste » de Danniel Tammet :

À propos de l’œuvre littéraire de Daniel Tammet

Daniel Tammet est l’auteur de nombreux ouvrages, dont les suivants, parus en français :

  • L’éternité dans une heure (traduit de l’anglais) ;
  • Embrasser le ciel immense (traduit) ;
  • Chaque mot est un oiseau à qui l’on apprend à chanter (traduit) ;
  • C’est une chose sérieuse que d’être parmi les hommes (traduit) ;
  • Mishenka : roman (traduit) ;
  • Portraits : poèmes (bilingue) ;
  • Fragments de paradis (rédigé en français).

Je suis né un jour bleu paru en anglais en 2006. il a été traduit en français l’année suivante aux Éditions Les Arènes. C’est son premier ouvrage publié.

Note aux lecteurs et aux lectrices : pour faciliter la lecture de la chronique, j’ai choisi de diviser les chapitres en ajoutant des sous-sections qui n’existent pas dans l’ouvrage. Cela aère le texte et permet de prendre connaissance du contenu plus facilement.

Préface

Commençons par ce beau paragraphe où Daniel Tammet exprime l’effet que la rédaction de ce premier livre a eu sur lui :

« [À] mesure que j’écrivais, une transformation s’opéra en moi : à la fin, je n’étais plus celui qui avait commencé deux cents pages plus tôt. Si étrange que cela puisse paraître, pour la première fois je me sentais entier, ma vie lisible. D’innombrables fragments de vécus avaient été recollés dans mon souvenir — des états d’âme, des éclats de voix, des silhouettes, — le tout couché sur le papier, chacun prenant place comme autant de pièces de puzzle dont j’ignorais le destin. » (Je suis né un jour bleu)

Vous l’aurez deviné : il s’agit ici d’une autobiographie. Ce qui n’est pas si commun, avouez-le, pour une personne de 26 ans seulement ! 13 ans plus tard, en 2019, Daniel Tammet écrit cette préface et reconnaît que ce livre a changé sa vie. Il y a eu, bien sûr le succès inattendu et international. Mais surtout, Daniel Tammet se consacre désormais à la littérature.

Cette préface est écrite en français, une langue qu’il a apprise voici plus de dix ans et qui lui sert aujourd’hui quotidiennement, puisqu’il vit à Paris.

Je suis né un jour bleu : pour Dnaiel Tammet, les mots sont rouges et les neufs sont bleus

1. Les 9 sont bleus, les mots sont rouges

Le « syndrome savant »

Daniel Tammet est atteint du « syndrome du savant », un syndrome qui fut rendu populaire en 1988 par le film Rayn Man et le personnage de Raymond Babbitt joué par Dustin Hoffman.

L’obsession de l’ordre et des nombres caractérise souvent ces personnes, mais pas seulement. En fait, elles ont un rapport vraiment étonnant aux chiffres et aux nombres : elles peuvent les visualiser d’une manière peu commune en leur attribuant des formes, des couleurs, des textures et même des émotions particulières. Cette association leur donne des capacités de calcul étourdissantes.

La synesthésie

Tel est le nom scientifique de cette « confusion neurologique des sens ».

« Le nombre 1, par exemple, est d’un blanc brillant et éclatant, comme quelqu’un qui dirige le faisceau d’une lampe torche directement dans mes yeux. Cinq est un coup de tonnerre ou le son des vagues qui se brisent sur des rochers. Trente-sept est grumeleux comme du porridge, alors que 89 me rappelle la neige qui tombe. » (Je suis né un jour bleu)

En d’autres termes, la relation de Daniel Tammet aux nombres est d’abord esthétique. Ses émotions et ses sens l’aident à calculer. Divisions, multiplications, etc. : toutes les opérations prennent chez lui des formes et des aspects singuliers.

Les calendriers : voilà aussi un objet d’amour et de joies colorées ! Sans oublier les nombres premiers, bien sûr.

Le syndrome d’Asperger

Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme. Diagnostiqué à 25 ans, Daniel Tammet a une forme modérée de ce handicap. Il peut vivre une vie relativement normale. Comme d’autres autistes de ce type, il a une mémoire particulièrement développée et prête particulièrement attention aux détails et aux règles.

Les émotions sont du côté des nombres, moins des personnes. Cependant, comme l’auteur l’explique, les nombres (et les sentiments qu’ils lui inspirent) peuvent servir de vecteurs pour comprendre les relations humaines et ressentir de l’empathie.

Des mots en couleurs

Les mots ne sont pas en reste. Comme les nombres, ils ont également des couleurs, des textures, des formes particulières. Bref, Daniel Tammet n’est pas seulement doué pour les mathématiques, mais aussi pour les langues (et, comme on le verra, pour l’histoire).

À l’heure où il écrit l’ouvrage, l’auteur parle :

  1. anglais (sa langue maternelle) ;
  2. finnois ;
  3. français ;
  4. allemand ;
  5. lituanien ;
  6. espéranto ;
  7. espagnol ;
  8. roumain ;
  9. islandais ;
  10. gallois.

Dix Langues ! Peu de gens en sont capables. On les appelle des hyperpolyglottes.

2. Premières années

Parents et naissance

La famille de Daniel Tammet n’est pas riche. Ses parents se connaissent jeunes, s’aiment et décident de vivre ensemble et de fonder une grande famille.

Il est le premier de neuf enfants. Bien sûr, les parents sont au départ désorganisés et surpris par le bébé qui vient de naître et qui requiert leur constante attention.

Mais les choses se corsent encore un peu : l’enfant est terriblement difficile. Il crie, il pleure sans arrêt. Il commence aussi, parfois, à se projeter d’avant en arrière et faire de fortes colères.

L’incompréhension familiale et médicale

La famille s’inquiète. Mais cherche à trouver des explications rationnelles :

  • Il faut le laisser pleurer seul, disent les uns ;
  • Il a des coliques, soutient un médecin ;
  • Non, il manque de stimulation et est frustré, prétend un autre.

Certes, il est souvent malade (et souffre notamment d’otites à répétition). Toutefois, le petit Daniel se développe bien par ailleurs : pas de retard de développement au niveau de la motricité ou du langage, par exemple.

La garderie

La naissance d’un petit frère, Lee, impose des changements. Daniel Tammet se retrouve placer en garderie. L’enfant est plutôt solitaire. Il est « dans son monde » ; il est « timide » et « sensible », affirment ses parents, en partie pour se rassurer eux-mêmes et éviter d’être stigmatisés.

Déjà, il se fait remarquer par son goût des rituels et des détails. Impossible de le ramener par un autre chemin que le chemin habituel sans engendrer une crise de colère et de larmes. En revanche, il a un premier coup de cœur vers 3 ans : les livres de la collection « Monsieur Madame », avec des personnages jaunes ou violets, ronds, triangles ou carrés.

La maison de Blithbury Road

Pour accueillir la famille plus nombreuse, les parents doivent déménager (ce qu’ils feront plusieurs fois au cours de l’enfance de Daniel Tammet, la famille s’agrandissant considérablement au cours des années).

S’il n’éprouve pas, à cette époque, beaucoup de sentiments pour son petit frère, il adore en revanche les livres, dont il se fait des cabanes dans sa chambre.

Il aime également se promener dans le parc qui borde la maison et, surtout, que son père le fasse aller doucement sur la balançoire. Par contre, les bruits d’automobile, ça non !

« Ma chambre était mon sanctuaire, un espace intime dans lequel je me sentais à l’aise et heureux. J’y passais une grande partie de la journée, au point que mes parents prirent l’habitude de monter dans la chambre, pour venir s’asseoir près de moi et passer du temps tous ensemble. Jamais ils ne m’ont montré d’impatience. » (Je suis né un jour bleu)

À la maternelle

Là aussi, ce sont les livres, mais aussi des jeux de perles multicolores, qui l’animent et retiennent son attention. Les autres ? Il ne s’en préoccupe pas vraiment, à vrai dire. Ils sont pour lui comme une partie du décor. Parfois, c’est pire. Il refuse carrément de participer aux activités et s’isole ainsi un peu plus de ses camarades.

Associer les couleurs et les nombres renforce leur mémorisation

3. Terrassé par la foudre : l’épilepsie

La première crise

D’après de nombreux témoignages, une crise d’épilepsie est une expérience hors du commun, qui charrie autant de sentiments de béatitude que de frayeur. Pour Daniel Tammet, c’est tout simplement l’impression que le temps et l’espace disparaissent et l’engloutissent avec eux.

Ses parents avaient bien remarqué quelque chose, quelques jours auparavant, mais sans savoir de quoi il pouvait s’agir. Le moment venu, il avait heureusement son petit frère à côté de lui qui, pris de peur, se mit à crier et à alerter les adultes.

L’épilepsie est un trouble des lobes temporaux, qui sont situés au-dessus des oreilles. Elle survient assez fréquemment chez les autistes. À l’inverse, il est possible que les crises d’épilepsie jouent un rôle dans l’apparition de la synesthésie.

Mais à cette époque, l’auteur n’est pas encore diagnostiqué comme tel. On lui fait passer des tests pour établir le diagnostic d’épilepsie. La confirmation de la maladie affecte beaucoup ses parents et en particulier son père, car son propre père, mort prématurément, était atteint de la même affliction.

Le traitement

Heureusement, les crises cessèrent. Le traitement s’avéra efficace, comme dans 80 % des cas. Le médicament à prendre, la carbamazépine, régule les crises. Le petit Daniel doit faire des prises de sang régulières, mais à part ça, sa vie redevient « normale », une chose à laquelle ses parents tiennent beaucoup.

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Il y a néanmoins quelques effets secondaires, et notamment une hypersensibilité aux rayons solaires, de la désorientation, de la somnolence et des troubles du sommeil (dont du somnambulisme). Ces effets combinés n’aident pas, on s’en doute, à être très éveillé en classe. C’est pourquoi, malgré ses capacités, Daniel Tammet apprend lentement durant ses premières années d’école.

Finalement, ses parents décidèrent — non sans crainte — de diminuer, puis d’arrêter le traitement. Les effets secondaires cessèrent et les progrès se firent sentir au niveau scolaire.

La théorie de la « faible cohérence centrale »

Cette théorie affirme que les autistes délaissent le « dessin d’ensemble » des choses au profit des détails, tandis que la majorité des personnes font l’inverse : ils s’attachent davantage au contexte pour lier les informations entre elles.

D’un autre côté, la stimulation magnétique transcrânienne ou SMT permet d’anesthésier des zones particulières du cerveau et de créer artificiellement, chez certains patients, des effets proches de l’autisme, en termes de performances dans la reconnaissance des détails.

Pourquoi l’auteur parle-t-il de cela ? Parce qu’il cherche à comprendre comment il est devenu la personne qu’il est devenu, en passant notamment par l’explication scientifique. Il se pourrait, en effet, que les crises d’épilepsie aient favorisé l’apparition de certaines aptitudes ou de certains handicaps.

Création et épilepsie

Fédor Dostoïevski, Lewis Carroll, Vincent Van Gogh : voilà trois exemples de créateurs chez qui l’épilepsie était avérée ou au moins fortement supposée, d’après les descriptions qu’ils en ont faites dans leurs œuvres respectives.

L’épilepsie serait-elle liée aux aptitudes créatives et artistiques ? Ce qui est sûr, c’est que Daniel Tammet aussi se souvient d’avoir vécu des périodes de création intenses, lorsqu’il était enfant :

« À environ 8 ans, pendant plusieurs mois, je me suis mis à écrire compulsivement, souvent pendant des heures, sur des rouleaux de papier à imprimante. Feuille après feuille, je notais des mots minuscules et serrés les uns contre les autres. » (Je suis né un jour bleu)

4. L’école

Premiers moments

Le petit Daniel aime sa maîtresse, Mrs Lemon, qu’il associe directement au fruit, bien sûr (citron, en anglais). Il aime sa classe rectangulaire et sa place près de la fenêtre, mais aussi les rassemblements du matin, ordonnés et réguliers.

Il aime aussi les chants et la crèche vivante à Noël. Mais aussi les contes, et particulièrement l’un d’entre eux : La Soupe aux cailloux. Par contre, les séries télé l’effrayent et ses réactions apeurées lui valent des surnoms peu sympathiques auprès de ses petits camarades. Néanmoins, la télévision devient l’une de ses activités favorites, à l’école et en dehors de celle-ci.

Au quotidien, toutefois, ce n’est pas toujours facile. L’écriture est fastidieuse, notamment. Petit, Danniel Tammet a des difficultés à écrire les lettres et à les souder entre elles pour former des mots.

Une famille qui s’agrandit

Cela implique un nouveau déménagement ! Mais faisons le point sur les frères et sœurs qui apparaissent au sein de la famille.

Pour l’instant, il y a Daniel Tammet, mais aussi :

  • Lee ;
  • Claire ;
  • Steven ;
  • Paul.

Certes, il n’y prête pas une grande attention. Et pourtant, rétrospectivement, l’auteur affirme :

« [L] eur présence, finalement, eut une influence très positive sur moi : elle me força à développer petit à petit des aptitudes sociales. Avoir toujours des gens autour de moi m’aida à me faire au bruit et au mouvement. En regardant silencieusement, depuis la fenêtre de ma chambre, mes frères, ma sœur et leurs amis qui jouaient ensemble, je commençais également à comprendre comment entrer en interaction avec d’autres enfants. » (Je suis né un jour bleu)

La famille est en pleine ébullition. Sans compter l’arrivée de deux petites sœurs supplémentaires, des jumelles, venant rétablir un semblant de parité filles/garçons :

  • Maria ;
  • Natasha.

La gestion de l’argent, tout comme l’organisation quotidienne des bains, lessives et autres tâches domestiques relève à cette époque du défi — pour ne pas dire du miracle ! — permanent.

Premiers exercices de mathématiques et collections en tous genres

Attentive, sa mère lui offre un livre de mathématiques. Il part à la découverte de ses dons synesthétiques en résolvant les problèmes de cet ouvrage. Ceux-ci l’emmènent au loin, plus loin que ce qui est vu et appris en classe. Il adore s’y consacrer et y passe des heures.

Daniel Tammet a aussi une autre passion, pour ne pas dire obsession, les collections. Durant toute son enfance, il cherche à collectionner le plus de :

  • Marrons ;
  • Dépliants publicitaires ;
  • Coccinelles.

Il veut aussi tout savoir sur les Jeux olympiques de Séoul (Corée du Sud) de 1988. Il répertorie tous les nombres : nombre de pays, nombre de sports, scores, etc.

Stress à l’école

Difficile de gérer ses émotions et de savoir quand ne pas intervenir ! Le petit Daniel ne comprend pas toujours pourquoi il se fait remonter les bretelles par le professeur, ni pourquoi il doit rester sur place, ni pourquoi il ne peut pas toucher ses camarades ou le résultat de leurs efforts. Il agit sans y penser, puis se sent diablement frustré d’être grondé.

Il y eut, par exemple, une excursion de plusieurs jours qui se solda, globalement, par un échec. Durant sa scolarité, il est indéniable que l’auteur préfère le confort d’une bibliothèque ou de sa maison aux sorties et aux activités collectives.

5. Bizarre, celui-là !

Se faire des amis

Cela n’a pas toujours été facile pour Daniel Tammet. Pendant son enfance, et particulièrement à l’école, il est parfois l’objet de moqueries et souffre de solitude.

« Je me souviens : je suis debout, tout seul, à l’ombre des arbres qui entourent la cour de l’école, regardant les autres enfants qui courent, qui crient et qui jouent. J’ai dix ans et je sais que je suis différent d’eux, d’une manière que je ne peux exprimer ni comprendre. […] Le sentiment de ne jamais être tout à fait à l’aise ou en sécurité, d’être toujours d’une certaine manière à part ou exclu, me pesait beaucoup. » (Je suis né un jour bleu)

Se rendant compte de son isolement, l’enfant va partir à la recherche d’amis. Ce qui n’est pas facile, car :

  • il a beaucoup de difficultés à maintenir une conversation lorsque celle-ci ne l’intéresse pas ;
  • sa tendance naturelle est de parler de tout ce qui l’intéresse lui, en allant au fond de ce qu’il veut dire, quoi qu’il en coute à l’interlocuteur ;
  • il n’arrive pas à « lire entre les lignes », c’est-à-dire à décoder le sens implicite des propos des gens ;
  • les questions, entre autres, lui posent problème (puisqu’elles utilisent parfois les doubles négations, ou ne sont pas clairement exprimées, ou qu’il s’agit de questions rhétoriques, par exemple).

Pourtant, malgré ces difficultés conversationnelles, Daniel Tammet va progressivement tisser des amitiés, et cela tout au long de sa scolarité.

Ce seront notamment :

  • Babak, pendant l’école primaire ;
  • Puis Rehan et Jens, plus tard, au collège et au lycée.

Anne

Mais restons pour l’instant à l’école primaire. Pour combler son besoin d’affection et de socialité, Daniel Tammet fait durant quelques mois l’expérience d’une amitié étrange : celle d’une vieille femme, grande et douce. Mais aussi… imaginaire. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive, mais Anne — c’est son nom — l’a particulièrement marqué.

Il converse avec elle de la vie dans la cour de récréation, près des arbres. Elle a une histoire complète et bien fournie dont Daniel sait tout. Un jour, pourtant, elle décide de s’en aller. Il en est très triste. Avec le recul, l’auteur analyse cela comme la décision d’affronter ses limites et « d’essayer de trouver [sa] voie dans le vaste monde et d’y vivre ».

Les frères et sœurs

Il trouve aussi, par moments, du réconfort dans sa fratrie. Malgré sa différence, son aînesse le rend attirant auprès de ses petits frères et sœurs. De temps à autre, la relation « prend » et des jeux se forment. L’auteur se souvient par exemple de jouer à :

  • ranger les livres de la maison et les constituer en une véritable bibliothèque, avec codes et emprunts compris ;
  • faire du repassage à l’infini, en répartissant les rôles de chacun et en dépliant ce qui avait été plié quelques minutes plus tôt.

Difficultés du quotidien

Au quotidien, le garçon éprouve des difficultés pour les petites choses du quotidien. Parmi elles, il y a :

  • se brosser les dents ;
  • lacer ses chaussures ;
  • marcher dans la rue en relevant la tête ;
  • coordonner les mouvements.

Néanmoins, ses parents l’aident à trouver des trucs. Sa mère lui propose par exemple de fixer un point dans la rue pour garder la tête levée et marcher droit, de façon sécurisée.

Pour Daniel Tammet, la bibliothèque est un lieu sécurisant

6. Adolescence

Maladie et rétablissement

Son père connut une maladie psychologique (qui n’est pas nommée telle quelle) durant une période de plusieurs mois. Apathique par moments, bavard à d’autres, il semblait aussi avoir vieilli énormément.

Suite à une chute, il fut hospitalisé. Sans lui, la maison n’était plus la même. À son retour, les rôles avaient changé : le protecteur devenait celui qu’il fallait protégé, dont il fallait désormais s’occuper.

Et un jour, la maladie disparut. Il reprit vigueur et courage. Le couple, qui vacillait lui aussi, reprit des couleurs. Conséquence ? Deux enfants de plus en moins de deux ans :

  • Anne-Marie ;
  • Shelley.

Et, bien sûr, un nouveau déménagement à la clé !

Premiers jours de collège

Si le changement permanent de classes, de cours, ainsi que le rituel de la cantine furent difficiles à assimiler, Daniel Tammet s’en sortit néanmoins.

Le bus créa également quelques difficultés. Il prenait le bus tous les jours pour aller au collège et rentrer chez lui. La première fois, il le prit dans le sens inverse. Mais par la suite, il se débrouilla et arriva chaque fois à l’heure à l’école.

Son truc, lorsqu’il se perdait dans les bâtiments : suivre les autres élèves !

Les matières favorites… et les autres !

Parmi ses disciplines favorites, il y avait :

  • les mathématiques ;
  • les langues ;
  • l’histoire.

Et parmi celles qu’il aimait le moins ?

  • L’éducation physique ;
  • La menuiserie.

Les échecs

Vers 13 ans, son père lui apprend à jouer aux échecs et — après s’être fait battre deux fois d’affilée — décide d’emmener son fils dans un club. Cela devient une passion pour Daniel Tammet, qui adore les problèmes logiques liés à ce jeu. Et puis, il faut l’avouer, le jeune homme aime gagner.

Par contre, il n’aime pas beaucoup perdre. Cela le frustre énormément. Or, dans les compétitions, tout n’est pas toujours sous contrôle. Un joueur peut décider de se lever pour attendre le coup de l’adversaire ; il peut faire des gestes physiques imprévisibles qui déstabilisent Daniel Tammet. Finalement, il décide d’arrêter les tournois.

Émois

L’auteur se souvient avoir pris conscience de son homosexualité vers 11 ans. Tandis que ses camarades s’intéressaient aux filles, lui sentait son cœur se serrer à l’arrivée de certains garçons. Au lycée, c’est un nouveau qui le fait chavirer. Sans succès (pour cette fois), malgré ses tentatives d’approches à coup de notes du cours d’histoire…

7. Un billet pour Kaunas

Direction : la Lituanie

À la fin de ses études secondaires, Daniel Tammet annonce à ses parents qu’il ne souhaite pas aller à l’université. Il préfère une autre option : faire du volontariat à l’étranger. Il écrit au Service volontaire à l’Étranger suite à une annonce déposée dans le journal.

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Sa candidature est d’abord retenue pour un entretien, qu’il passe avec succès. C’est ensuite le moment de la formation. Durant une semaine, il va vivre avec d’autres apprentis, se préparer avec eux au travail d’équipe et au culturel, et en apprendre davantage sur les conditions économiques et politiques des pays visités.

On lui annonce finalement sa destination : ce sera la Lituanie. Non pas la capitale, Vilnius, mais Kaunas, la deuxième ville du pays, au Centre-Sud. À l’époque, ce pays de la Baltique sort du communisme et a déclaré son indépendance depuis quelques années seulement (le 11 mars 1990).

L’installation et les cours

Le voyage est grisant : Daniel Tammet a le sentiment fort de prendre sa vie en main. Il arrive sur place et est bien accueilli. Pour la première fois, il vit seul dans un grand appartement, doit se faire à manger et assurer tous ses autres besoins quotidiens.

Assez timide au départ, il s’acclimate peu à peu. Il travaille au Fonds d’Innovation sociale. Son rôle ? Donner des cours d’anglais à des femmes sans emploi et sans ressources, aux situations différentes. L’ambiance de la classe est chaleureuse. Il a des collègues sympathiques avec qui il prépare certaines leçons.

Nouvelles amitiés

C’est l’une de ses élèves qui deviendra l’une de ses amies les plus proches : Birute. Celle-ci maîtrisait déjà bien l’anglais et proposa à Daniel Tammet de lui servir de guide pour découvrir la ville. Plus âgée, elle adoptait également un comportement à la fois protecteur et encourageant.

Au cours des semaines, le jeune homme rencontra également d’autres volontaires avec qui il partagea sa vie sur place :

  • Vikram ;
  • Liuda ;
  • Denise ;
  • Audrone ;
  • Gurcharan.

Cette dernière devint particulièrement importante aux yeux de Daniel Tammet. Cette Indienne était à la fois la plus expérimentée des volontaires et une personne très ouverte. Face au mutisme de l’auteur, elle sait y faire, elle prend patience. Finalement, ils parlent de son homosexualité et elle l’invite à prendre contact avec une association gay.

Il y rencontre un couple de jeunes gens qui deviendront également ses amis :

  • Vytautas ;
  • Zygintas.

Bien sûr, c’est durant son séjour que Daniel Tammet apprend le lituanien. Ce qui ne manque pas d’étonner ses collègues et les personnes de son entourage ; d’autant plus qu’il apprend vite, très vite !

8. Amoureux

Retrouvailles et bénéfices du voyage

Cette année à l’étranger prend fin. Lorsqu’il rentre chez lui, après des adieux émouvants à tous ses proches sur place, en Lituanie, il doit se réacclimater à sa vie en Angleterre.

Tout d’abord, sa famille a à nouveau déménagé. La maison est certes plus spacieuse, mais sa chambre lui paraît petite par rapport à l’appartement dans lequel il a vécu. Peu à peu, il s’accoutume néanmoins à vivre à nouveau avec d’autres personnes sous le même toit, prenant plaisir à rattraper le temps perdu avec les siens.

Quoi qu’il en soit, le voyage l’a transformé, et cela à plusieurs points de vue. Il connaît mieux sa « différence » et l’appréhende plus positivement ; il bénéficie également d’expériences sociales variées qu’il peut mettre à profit dans sa nouvelle vie quotidienne.

Mais Daniel Tammet a aussi appris à mieux cerner les contours de l’amitié et les principes de son évolution :

« J’étais également parvenu à comprendre que l’amitié est un processus délicat et graduel qui ne doit pas être précipité ni anticipé, mais qu’il faut permettre et encourager pour qu’il prenne son cours naturel dans le temps. Je me représentais l’amitié comme un papillon, à la fois beau et fragile, qui s’envolait dans les airs et que toute tentative d’attraper revenait à détruire. » (Je suis né un jour bleu)

Vous avez un message

Pour les personnes timides, qui ont parfois du mal à créer du lien social, l’arrivée d’Internet et des messageries en ligne fut souvent une bénédiction.

Avec l’argent de son volontariat, Daniel Tammet s’achète un ordinateur et découvre les joies du Web et du « chat » (les émoticônes, par exemple, lui rendent la tâche d’interprétation des émotions plus aisée).

C’est au cours de l’année 2000 qu’il rencontre Neil, un informaticien réservé qui deviendra son premier compagnon. La connexion se produit. Daniel Tammet décide d’en parler à ses parents ; son « coming out » est bien accueilli.

L’amour surgit peu à peu au cours des conversations, puis des premières rencontres réelles. Le sentiment de vivre quelque chose d’important et d’intense prend le pas sur le reste. Il décide d’emménager chez Neil.

Déménagements et vie de couple

Vivre en ménage est une autre histoire. Et pourtant, le jeune couple y parvient, malgré les difficultés respectives de chacun et le manque de ressources.

À cette époque, en effet, Daniel Tammet ne travaille pas et ses tentatives se révèlent infructueuses. Comme il le rappelle d’ailleurs opportunément, les autistes sont souvent victimes de discrimination à l’embauche, alors qu’ils sont en mesure d’apporter beaucoup à une entreprise.

Après quelques mois en appartement, le couple s’installe dans une maison à Herne Bay, un endroit calme près de Canterbury. Malgré quelques tensions au niveau de la communication, les routines s’installent et la vie suit son cours.

La création d’Optimnem

C’est à ce moment que Daniel Tammet conçoit l’idée de fonder Optimnem, un site éducatif d’apprentissage des langues. Neil l’aide sur le versant technique, tandis qu’il se charge de créer les supports pédagogiques. L’idée est simple : se servir de son expérience de professeur et de ses capacités pour faciliter l’apprentissage des langues.

La plateforme est un succès et est reconnue par la National Grid for Learning du Royaume-Uni, un portail du gouvernement qui recense « une sélection de contenus éducatifs de qualité sur Internet ». Désormais, Daniel Tammet gagne sa vie et en est fier.

Jay

Lorsqu’il s’installe avec Neil, celui-ci ne vit pas seul : il a une chatte prénommée Jay. Celle-ci est plutôt sauvage, mais le jeune homme parvient à l’apprivoiser à force de tendresse et de gestes affectueux. C’est elle qui en redemande ! Malheureusement, la maladie survient et Jay décède quelque temps plus tard. C’est un moment difficile.

9. Le don des langues

La beauté des mots

Lorsque l’auteur parle des langues, il en parle avec gourmandise : les mots ne sont pas seulement des abstractions pour lui. La synesthésie crée chez lui, on l’a dit, des associations surprenantes. Il aime parler les langues étrangères parce qu’il peut faire des connexions entre elles, mais aussi parce qu’il visualise les mots en leur attribuant des couleurs, des textures, etc.

« La relation que j’ai avec les langues est une relation esthétique : certains mots et certaines combinaisons de mots m’apparaissent comme particulièrement beaux et me stimulent. Parfois, je vais lire et relire une phrase dans un livre parce que ces mots-là me font éprouver des émotions particulières. Les substantifs sont mes mots préférés parce qu’ils sont les plus faciles à visualiser. » (Je suis né un jour bleu)

Comment l’apprentissage d’une langue débute-t-il ? Quels sont les outils nécessaires ?

  • Un dictionnaire ;
  • Des exemples de textes variés (livres pour enfants, pour adultes, journaux, etc.) ;
  • Converser avec d’autres personnes ;
  • Faire des comparaisons avec d’autres langues connues peut être utile (parce que les langues ont des liens « familiaux » entre elles) ;
  • Apprendre des mots composés.

Certains mots abstraits ou certaines phrases complexes sont particulièrement difficiles à analyser et à apprendre pour Daniel Tammet, qui a des difficultés avec l’implicite et les généralités.

Synesthésie et métaphores

De façon plus générale, l’auteur s’interroge sur le rôle des métaphores et de la synesthésie dans le langage ordinaire et dans la littérature. Il s’appuie sur quelques ouvrages scientifiques pour étayer ses propos. En fait, toutes les langues, et tous les êtres humains ont d’une façon ou d’une autre recours aux connexions synesthétiques. Prenons deux exemples :

  • Nous faisons des liens entre « bas » et « triste », et entre « haut » et « heureux » (surtout dans la langue anglaise) ;
  • Une forme arrondie sera plus facilement nommée bouba que kiki, qu’on réservera davantage à une forme anguleuse (ici, les sons des mots renvoient de façon synesthétique aux contours de chaque forme).

L’espéranto et le Mänti

Daniel Tammet a appris avec joie l’espéranto et il en expose quelques principes dans l’ouvrage. Ce qui l’étonne surtout, c’est la formation de la langue. À partir d’éléments donnés et trouvés dans d’autres langues, son créateur, l’ophtalmologue Lejzer Ludwik Zamenhof, a inventé une langue nouvelle.

C’est ce que l’auteur essaie lui-même de réaliser avec le Mänti. C’est un projet personnel qu’il a développé depuis plusieurs années et qu’il rattache à la capacité particulière qu’auraient les autistes atteints du syndrome d’Asperger à créer de nouveaux mots ou de nouvelles « combinaisons linguistiques ».

En quelque sorte, il s’agit de sa onzième langue, mais parlée de lui seul, jusqu’à présent !

Apprendre et créer des langues nouvelles : une activité qu'aime Daniel Tammet et qui ressemble selon lui à la création de puzzle

10. Une très grosse part de pi

Qu’est-ce que pi ?

Seizième lettre de l’alphabet grec, Pi est aussi un nombre. Nous l’avons tous rencontré durant nos études primaires. Au cas où vous ne vous en souviendriez pas, il désigne le rapport entre la circonférence d’un cercle et son diamètre.

L’une des particularités de pi est qu’il s’agit d’un nombre irrationnel et — surtout — infini : il a des décimales qui n’en finissent pas ! La plupart des gens connaissent 3,14 (éventuellement 3,1416). Mais ensuite ? Eh bien, vous pourriez dresser une liste littéralement interminable.

Le défi

Après un appel téléphonique avec son père, durant lequel celui-ci lui rappelait la chance qu’il avait eue de vaincre l’épilepsie et le chemin qu’il avait parcouru depuis, Daniel Tammet eut une idée : venir en aide à la Société nationale pour l’Épilepsie du Royaume-Uni en suscitant des dons.

Comment ? Eh bien, en récitant un maximum de décimales de pi, que diable ! Son objectif : viser le record européen, établi à 22 500. Il y a des techniques éprouvées pour apprendre les décimales de pi ; notamment des poèmes qui codent les décimales en mots.

Mais c’est bien sûr la synesthésie qui va venir en aide à l’auteur : il voit les formes et les textures des nombres ; il s’imagine des paysages de nombres, qui ressemblent à des paysages montagneux formés de pics et de vallées, ou à des icebergs.

La réussite

La performance devait être orale. Ce qui compliquait les choses. Mais grâce à Neil et à un entraînement intensif, Daniel Tammet étudia les décimales et se prépara à pouvoir les réciter oralement.

Le jour J, il fut introduit dans une salle poussiéreuse de l’université d’Oxford, en compagnie de Neil (plus malade encore que l’auteur), de quelques photographes, du jury d’experts et d’un tableau noir utilisé par Einstein lui-même.

En fait, au moment de commencer, Daniel Tammet se sentait calme et voyait devant lui les paysages de nombres. Il égrenait les nombres facilement, malgré le public qui entrait également dans la salle et se tenait à distance de lui. Il fit des pauses de temps à autre pour se restaurer rapidement.

À un moment donné, le noir se fit dans son cerveau. Mais ce fut de courte durée ; il reprit ensuite. Au bout de cinq heures passées, il récita : « 67657486953587 ». Il en avait fini ! 22 514 décimales ! Record européen battu.

record européen des décimales de pi

Pourquoi avoir choisi un défi lié à pi ? Voici la réponse — encore et toujours esthétique — de Daniel Tammet :

« [Pi] est pour moi quelque chose de très beau et tout à fait unique. Comme Mona Lisa ou une symphonie de Mozart, pi est sa propre raison pour être aimé. » (Je suis né un jour bleu, p. 237)

11. À la rencontre de Kim Peek

Voyage aux États-Unis

Le record européen établi par Daniel Tammet concernant les décimales de pi lui ouvre des portes. Peu après, une chaîne de télévision britannique le contacte pour réaliser, en sa compagnie, un documentaire sur la vie de Kim Peek, l’homme ayant inspiré le film Rain Man.

Malgré son appréhension, l’auteur accepte. C’est pour lui l’occasion inespérée de rencontrer Kim Peek, mais aussi d’être mis en contact avec des chercheurs de renommée internationale sur les questions de l’autisme, de l’épilepsie et de la synesthésie.

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C’est aussi une nouvelle aventure qui commence : la découverte des États-Unis. Premier arrêt : Los Angeles, où l’avion atterrit. Il fait chaud. Danniel Tammet doit prendre ses habitudes dans l’hôtel.

Rencontre avec le Pr Ramachandran

Le scientifique impressionne l’auteur. Son assistant, Shai, est plus accessible, émerveillé par ses aptitudes et est très sympathique : le courant passe donc bien. Le professeur procède à des expériences visant à établir si on peut mesurer, au niveau neurologique, ses « visions » des nombres.

« Parfois, on me demande si cela me gêne d’être un cobaye pour la science. Je n’ai aucun problème avec cela parce que je sais que je contribue à une meilleure connaissance du cerveau humain, ce qui est quelque chose de bénéfique pour tout le monde. C’est aussi gratifiant pour moi d’en apprendre plus sur moi-même, et sur la façon dont mon esprit fonctionne. » (Je suis né un jour bleu)

Las Vegas

L’équipe de production du documentaire souhaitait lui donner un ton « divertissant » en reproduisant certaines scènes de casino du film Rain Man. Cela ne plaît pas énormément à Daniel Tammet, mais il accepte, par curiosité. Le soleil du Nevada est brûlant. Dans les rues de la ville, les stimulations lumineuses et le bruit sont à leur apogée.

Daniel Tammet joue au Black Jack ou 21. Il s’agit d’un jeu de cartes qui se joue contre le croupier. Pour compter les cartes et établir des stratégies, Daniel Tammet a besoin de calme, or les casinos sont des endroits bruyants (rappelez-vous ses mauvaises performances durant les tournois d’échecs, face aux réactions imprévisibles de ses partenaires de jeu).

Cela dit, l’auteur parvient à maîtriser son stress. En fait, il opte pour une autre technique : il se laisse complètement aller au feeling, en faisant totalement confiance aux représentations mentales et sensorielles qui l’inondent à la vue des nombres.

Et contre tous les pronostics, il gagne une main étonnante : trois 21 de suite en une fois ! Il ressort fier et avec quelques dollars de plus en poche ! Néanmoins, il est content de quitter Las Vegas.

Salt Lake City, la rencontre avec Kim

Kim Peek vit avec son père, Fran Peek. Malgré son âge (il est né en 1951), il n’est pas autonome. Le rendez-vous a lieu à la bibliothèque publique de Salt Lake City, capitale de l’Utah, en pays mormon.

Quelques informations étonnantes, tout d’abord. Kim Peek :

  • A été capable de lire dès 16 mois ;
  • A achevé sa scolarité (lycée) à 14 ans seulement ;
  • Bénéficie d’un savoir encyclopédique (musique, géographie, histoire, littérature, sport, etc.) ;
  • Peut calculer les années et les jours du calendrier avec une facilité déconcertante ;
  • Lit pendant des heures à la bibliothèque publique ;
  • Voyage et donne des conférences gratuitement dans le monde entier.

La rencontre entre les deux hommes est émouvante. Ils se promènent dans la bibliothèque et conversent tranquillement, reconnaissant leur différence commune, mais aussi ce qui les sépare. L’équipe en filme des parties.

Daniel Tammet est profondément reconnaissant d’avoir pu le rencontrer et échanger avec Kim Peek et sa famille. Il lui rend hommage de la façon suivante :

« Le don particulier de Kim ne réside pas que dans son cerveau, mais aussi dans son cœur, son humanité, sa capacité à toucher la vie des autres d’une manière vraiment unique. Rencontrer Kim Peek fut l’un des moments les plus heureux de ma vie. » (Je suis né un jour bleu)

12. À Reykjavík, à New York, à la maison

Apprendre l’islandais

Un dernier challenge attendait Daniel Tammet. Les producteurs souhaitaient qu’il apprenne l’islandais — langue réputée particulièrement difficile à apprendre en raison, notamment de ses déclinaisons — à son retour des États-Unis. Penserez-vous qu’on lui laisserait le temps ? Non : le défi était de l’apprendre en une semaine !

L’auteur se mit au travail avec quelques outils en main, tels que :

  • Un dictionnaire ;
  • Un livre jeunesse ;
  • Deux grammaires ;
  • Des journaux ;
  • Une répétitrice ;
  • Un CD (qui ne l’aida pas beaucoup).

Comment s’assurer qu’il parle la langue ? L’équipe de tournage avait tout prévu : l’emmener en Islande et le faire participer à une émission de télévision célèbre, au cours de laquelle il aurait à réaliser une interview intégralement en islandais.

La répétitrice, Sirry, rencontrée sur place, l’aida beaucoup. Quelques voyages furent organisés pour visiter les lieux et se faire à la culture. Finalement, tout se passa bien et Daniel Tammet fut très heureux de l’expérience.

Finalement, le documentaire sera monté et diffusé pour la première fois en 2005 au Royaume-Uni. Il aura pour titre Brainman, en référence au célèbre film avec Dustin Hoffman.

Late Show with David Letterman

Tout porte à croire que l’auteur commence à prendre goût aux plateaux de télévision, à la notoriété et aux voyages. Que dire, sinon, de ce nouveau départ pour les États-Unis ? Il y est invité par David Letterman, célèbre présentateur télé d’outre-Atlantique qui souhaite s’entretenir avec lui à la suite de la projection du documentaire Brainman.

L’entretien se passa bien, dans la bonne ambiance un peu superficielle, typique de ce type de show. Ce qui semblait être un exercice hors de sa portée quelques années plus tôt — impliquant de se concentrer dans le bruit, de regarder quelqu’un dans les yeux et de maintenir le contact visuel en parlant, de gérer aussi la frustration et l’anxiété — fut réussi sans difficulté.

Plus largement :

« Cette expérience me montrait plus qu’aucune autre que j’étais désormais capable d’avancer dans le monde, de faire tout seul des choses que la plupart des gens considèrent comme acquises : voyager à l’improviste, rester seul dans un hôtel ou marcher dans une rue animée sans avoir le sentiment d’être submergé par les différentes visions, les bruits et les odeurs tout autour de moi. Je me sentais ivre à la pensée que tous mes efforts, loin d’être vains, m’avaient emmené au-delà de mes rêves les plus fous. » (Je suis né un jour bleu)

Retour chez soi

La fin de l’ouvrage est consacrée à ses parents et à sa famille, ainsi qu’à une confession à propos de sa foi chrétienne. Daniel Tammet reconnaît n’avoir pas toujours su comment être attaché émotionnellement à ses parents et à sa famille. Mais il sait aujourd’hui combien ils l’ont aidé dans son évolution personnelle.

L’amour ressenti pour Neil l’aide aussi à établir des relations plus stables et plus affectueuses avec tous ses proches. Il aime la compagnie de ses frères et sœurs. Il cherche à guider et à écouter comme il le peut son frère Steven, atteint d’asperger lui aussi.

L’auteur ressent pour chacun des membres de sa famille une profonde reconnaissance pour le soutien apporté et il souhaite vivre encore beaucoup d’expériences avec eux.

Chez lui : c’est là où il est le plus au calme. Certes, il sait désormais aller de par le monde, de façon autonome (à la différence, par exemple, de Kim Peek). Mais il aime plus que tout être chez lui, tranquillement, avec ses routines, ses rituels précis et les gens qu’il aime. Il aime cuisiner pour Neil, faire le jardin, passer du temps avec son compagnon.

Ses projets professionnels ?

  • Continuer à soutenir des organisations caritatives comme la National Autistic Society et la National Society for Epilepsy ;
  • Participer à des expériences et travailler avec des scientifiques.

Contrairement à un préjugé qui voudrait qu’il ne puisse pas entendre un sujet si abstrait que la religion, Daniel Tammet affirme son christianisme et donne d’ailleurs en exemple plusieurs écrivains religieux atteints d’autisme. Son christianisme est simple : il repose sur des valeurs telles que la charité et l’espérance.

Daniel Tammet, une personnalité touchante et étonnante

Conclusion sur « Je suis né un jour bleu. À l’intérieur du cerveau extraordinaire d’un savant autiste » de Daniel Tammet :

La découverte d’une personnalité touchante et étonnante

Sans aucun doute, Daniel Tammet est une personne à la fois touchante et hors du commun. Ce qui est touchant dans son histoire, c’est la façon dont il raconte ses difficultés d’ordre social et les surmonte : sa solitude, en particulier, liée à certains handicaps induits par l’autisme. Il parvient à rencontrer de nombreuses personnes et à nouer des amitiés profondes. Il devient autonome et apprend à construire une relation de couple saine.

Ce qui est exceptionnel, ce sont bien sûr ses talents pour les langues, les mathématiques et les nombres en général. À certains égards, cela peut donner l’impression de superpouvoirs un peu superflus. Pourtant, le livre montre aussi que ceux-ci doivent être canalisés et peuvent être utilisés à des fins très positives. La synesthésie, en particulier, est une aptitude particulièrement étonnante.

En somme, ce type d’autobiographie nous aide à apprendre à apprendre. Nous ressortons grandis par l’exemple donné. Apprendre à aimer la différence, à la reconnaître comme une richesse et non comme quelque chose qui devrait simplement être « toléré ». Nous apprenons aussi des trucs et astuces, de façon beaucoup plus prosaïque, pour améliorer nos interactions sociales ou notre maîtrise des langues.

Ce qu’il faut retenir de « Je suis né un jour bleu. À l’intérieur du cerveau extraordinaire d’un savant autiste » :

Il me semble particulièrement important de retenir que Daniel Tammet a réussi, à force d’expériences répétées, à développer son intelligence émotionnelle. Bien sûr, il a baigné dès son enfance dans un environnement familial et social propice. Certains autistes ne pourront pas aller jusqu’où il est parvenu. Mais cela reste un espoir.

Par ailleurs, j’ai été particulièrement attiré — vous l’aurez compris — par cette association des nombres et des mots avec des textures, des formes, des sons et des couleurs. Pourquoi ne pas tenter, après tout, d’utiliser nous aussi quelques techniques relevant de la synesthésie ? Peut-être pourrions-nous, comme je le disais plus tôt, améliorer notre maîtrise des langues par ce biais. Qui sait ?

Dernière chose à retenir, enfin : penser, être dans ses pensées, cela n’a rien de ridicule. Certes, la pensée sans l’action est une misère. Et on voit d’ailleurs beaucoup Daniel Tammet agir, dans cet ouvrage. Mais prendre le temps de penser, et laisser à celles et ceux qui en ont besoin le temps de penser, cela est capital. Soyons zen et, sans être pour autant excessifs, ne cultivons que les habitudes qui nous font du bien.

Points forts :

  • Daniel Tammet écrit bien et son autobiographie se lit très facilement ;
  • Une plongée fort intéressante dans ses façons de percevoir le monde ;
  • Une réflexion spirituelle et intellectuelle stimulante.

Points faibles :

  • Je n’en ai pas trouvé.

Ma note :

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