Trop gentil pour être heureux

Trop gentil pour être heureux, le syndrôme du chic type

Phrase résumée de “Trop gentil pour être heureux” : Ce livre donne des pistes concrètes aux hommes atteints du syndrome du chic type pour arrêter de faire passer les besoins des autres avant les leurs et ainsi ne plus vivre dans la frustration que leur excès de gentillesse leur impose.

Par Robert A. Glover, 2005, 257 pages

Titre original : No more Mister Nice Guy.

Note : cette chronique invitée a été écrite par Hervé Lero, du blog changeons.fr dont l’objet est d’aider les gens (même les plus timides) à devenir super sociables.

Chronique et résumé de “Trop gentil pour être heureux, le syndrôme du chic type” :

Introduction

La version française du livre, donc Trop gentil pour être heureux, commence par une préface de Christophe André (*) . Niveau légitimité, ça renforce clairement le propos du livre (j’adore cet auteur et ses ouvrages).

Cette préface est touchante et nous raconte l’histoire de Martin, un ancien camarade d’école de Christophe André, qui a fini par se suicider à la surprise de tout le monde. Sauf qu’en creusant, Martin était atteint du syndrome du chic type, et sa gentillesse apparente cachait un mal-être profond.

C’est ce mal-être intérieur que partagent tous les chics types de la Terre. L’image extérieure qu’ils donnent est une image parfaite, lisse, sans problème, mais à l’intérieur d’eux-mêmes c’est souvent tout l’inverse. Les frustrations s’accumulent, et leur vie n’est pas heureuse.

Trop gentil pour être heureux va nous expliquer qui sont les chics types, comment ils fonctionnent. Il va nous dire pourquoi ce syndrome ne peut mener qu’à des vies malheureuses, et donner des solutions concrètes pour lutter contre ce syndrome.

C’est un livre qui peut vraiment servir d’électrochoc aux personnes atteintes de ce syndrome sans le savoir. C’est le genre d’ouvrage qui change une vie si on le lit au bon moment. D’où mon envie de le partager ici avec vous.

Même si vous n’êtes pas atteints de ce syndrome du chic type, vous connaissez forcément dans votre entourage quelqu’un qui correspond à la définition. Et après la lecture, non seulement vous serez plus à même de le comprendre, mais vous pourrez soit l’aider directement soit lui prêter le livre. Ça pourrait lui changer la vie.

(*) Christophe André est un psychiatre et psychothérapeute français qui a écrit de nombreux livres à l’attention du grand public, notamment “Imparfaits, libres et heureux” ou “Méditer jour après jour, 25 leçons pour vivre en pleine conscience”.

Chapitre 1 : le syndrome du chic type

Qui sont les chics types ?

Ce sont des hommes qui aiment rendre les autres gens heureux et qui détestent les conflits. Leur gentillesse les met dans une situation où, pour se sentir utiles, ils ressentent le besoin de faire passer tous les désirs des autres avant les leurs. Ils espèrent secrètement obtenir quelque chose en échange, et sont souvent frustrés par le manque de retour qu’ils obtiennent suite à leurs comportements excessifs. frustration chic typeMais vous allez voir que la description est plus précise que ça, voici quelques points pour vous aider à savoir si vous (ou un de vos proches) êtes atteints de ce syndrome :

  • vous donnez beaucoup et vous êtes persuadés que les autres vous aimeront pour ça
  • vous aimez prendre soin des autres et régler leurs problèmes en priorité par rapport aux vôtres
  • vous recherchez l’adhésion des autres, leur validation en permanence
  • vous évitez le conflit (surtout pas de vagues !)
  • vous êtes persuadé que vous devez cacher vos défauts ou vos erreurs
  • vous cherchez à faire les choses comme il faut les faire
  • vous réprimez vos sentiments et vos envies profondes
  • vous cherchez peut-être à vous démarquer de votre père
  • vous êtes plus à l’aise en compagnie des femmes que des hommes. Et pourtant, votre vie amoureuse n’est pas satisfaisante.
  • vous avez du mal à faire passer en premier vos propres besoins
  • vous faîtes de votre partenaire votre centre affectif

Beaucoup des chics types partagent ces caractéristiques. Pas de quoi s’affoler à première vue, être trop gentil ne peut pas faire de mal après tout… Sauf que…si on regarde de plus près le tableau est moins reluisant. Ces comportements sont aussi associés à un nombre non négligeable de caractéristiques négatives :

  • Les chics types sont malhonnêtes à force de réprimer leurs sentiments et de dire aux autres ce qu’ils veulent entendre
  • Ils cultivent le secret, et cachent leurs erreurs sous le tapis : gare au jour où quelqu’un le soulèvera !
  • Ils compartimentent leur vie
  • Ils sont manipulateurs, car n’exprimant jamais directement leurs envies, ils en viennent à indirectement manipuler les gens pour obtenir ce qu’ils espèrent
  • Ils veulent tout maîtriser, contrôler tous les gens qui les entourent
  • Ils donnent pour obtenir en retour, même s’ils pensent le contraire.
  • Ils ont souvent une sexualité problématique
  • Ils ne connaissent en général qu’un succès relatif, que ça soit dans leur vie sentimentale ou professionnelle.
  • Ils accumulent les frustrations, et finissent par exploser telle une cocotte minute.

Ces caractéristiques peuvent faire croire que les chics types sont rares. Pourtant, énormément de gens sont atteints de ce syndrome ou l’ont été. En lisant ce livre, j’ai reconnu beaucoup de mes comportements passés, je valide complètement de ce fait l’analyse qu’en fait l’auteur. Je sais maintenant reconnaître les chics types, et j’en croise régulièrement.

Il y en a peut-être parmi vos amis, votre conjoint, vos collègues ou vos voisins. Ce ne sont pas des cas isolés, et pour la première fois peut-être ils pourront comprendre qu’ils ont un problème et commencer à agir pour le résoudre en lisant ce livre.

Chapitre 2 : Comment devient-on un chic type ?

Le monde biaisé des chics types

Les chics types s’appuient sur des paradigmes inutiles (dans cet article, on appellera paradigme une représentation du monde personnelle).

Ça les pousse à suivre des logiques idiotes, qui ne donneront jamais de résultats. Et au lieu de les remettre en question, ils vont pousser toujours plus loin dans leur logique, en essayant d’être encore plus gentils et de donner encore plus, ce qui produira des résultats encore moins bons.

Un exemple ? Un chic type sera persuadé qu’il règlera ses problèmes relationnels avec un ami colérique en s’écrasant de plus en plus, quitte à se laisser marcher dessus. Et si ça ne fonctionne pas, il s’écrasera encore plus, en étant convaincu que c’est la bonne stratégie pour équilibrer sa relation.

D’après Robert Glover, on devient un chic type la plupart du temps à cause d’une compréhension erronée du monde dans la petite enfance. Avant l’âge de 5 ans, se forge dans l’esprit des enfants la majorité des paradigmes qui vont les guider dans leur vie. Les chics types, par un modèle parental défaillant ou par une mauvaise compréhension des dynamiques sociales, en viennent à penser qu’il faut être gentil tout le temps pour être aimé.

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C’est souvent lié à 2 phénomènes : la peur de l’abandon (si je ne suis pas gentil, mes parents vont m’abandonner ou ne pas me donner d’attention) et la conviction qu’il est dangereux d’être soi-même (d’où la dissimulation de leurs envies et de leurs désirs).

Des enfances en apparence heureuses peuvent mener à la construction d’un syndrome du chic type. Mais en creusant, les enfants ont souvent en commun d’avoir eu l’impression qu’ils n’étaient aimés que sous condition : être bon à l’école, être gentil avec son frère ou un parent, ne poser de problèmes à personne, etc. manque de reperes paternels

Le manque de repères paternels ?

Note : cette partie du livre “Trop gentil pour être heureux” se résume assez mal sans faire de raccourcis : le propos de cette partie du livre n’est pas sexiste, mais tente d’expliquer pourquoi les chics types sont devenus comme ils sont et pourquoi leur nombre a tellement augmenté en faisant des parallèles avec des tendances sociétales. C’est la partie du livre la moins convaincante à mon sens, car les explications ne sont que des thèses et non des faits prouvés. Elle n’en reste pas moins intéressante à lire, qu’on adhère ou non aux thèses de l’auteur.

Selon l’auteur, les chics types ont manqué de repères. Parfois leur père était absent, violent, ou ne correspondait pas à l’image de quelqu’un de bien à leurs yeux. La société, depuis plusieurs décennies, tend à uniformiser les sexes, et à ne plus proposer d’image de masculinité bien définie. Souvent, ce sont les femmes qui apprennent aux petits garçons comment devenir des hommes.

Une bonne partie des chics types ont donc adopté une perspective féminine de la masculinité. Ce qui explique en bonne partie qu’à l’âge adulte, ils soient plus souvent amis avec les femmes qu’amants. Ce sont des hommes dont les femmes disent : “tu es le mec idéal, celle qui se mettra avec toi aura bien de la chance”, mais avec qui elles ne sortiraient pour rien au monde.

Le chic type, entendant ce discours, se dira que s’il continue dans la même voie ça finira bien par payer, et redouble d’efforts dans ses tentatives de gentillesse, sans se rendre compte qu’il fait fausse route.

Chapitre 3 : Apprendre à se faire plaisir

Pour être aimé, un chic type est capable d’être tout ce qu’il pense que son interlocuteur s’attend à ce qu’il soit : avec ses amis cultivés il fera des remarques intelligentes, avec sa mère il sera le fils idéal, avec son père il ne parlera que de sport, avec ses collègues il prendra l’air cool et jurera.

Un vrai caméléon. Mais sous ces masques, se cache une peur que les autres ne l’aiment pas s’il montrait son vrai visage. D’ailleurs, il ne sait parfois pas qui il est vraiment à force d’être ce que les autres attendent de lui.

Cette quête permanente d’approbation est épuisante, et mène les gens trop gentils à être souvent malheureux et à se sentir seuls.

Parfois, les chics types s’obligeront à donner une apparence extérieure parfaite, que ça soit par des biens matériels (belle voiture, beaux vêtements) ou au travers de ses proches (sa petite fille adorable ou son épouse séduisante). Ils recherchent particulièrement la validation des femmes.

Le problème c’est qu’en recherchant l’approbation des femmes, ils leur confient le pouvoir de donner le ton de la relation, et vivent au travers des humeurs de leur partenaire, ce qui donne des relations souvent très insatisfaisantes, pour les deux partenaires. Un chic type n’arrive pas à assumer ses fautes. Il ressent une honte toxique, qui l’empêche de dire : “OK j’ai fait cette erreur, au temps pour moi !”. Il va au contraire essayer de la dissimuler par tous les moyens possibles :

  • dissimuler les preuves
  • mentir
  • falsifier les comptes
  • réparer
  • se défendre, s’expliquer, présenter ses excuses et raisonner
  • retourner la situation
  • construire un mur entre lui et les autres

Pour guérir de ce syndrome qui leur pourrit la vie, les chics types doivent apprendre à modifier leurs paradigmes. Ainsi, au lieu de rechercher une validation extérieure, ils doivent apprendre à partir en quête de leur propre approbation. Ça passe par commencer à se faire plaisir.

Apprendre à se faire plaisir, le premier pas pour la guérison des chic types.

Ce n’est pas évident, car ils se sentiront mal à l’aise d’écouter leurs désirs et de les satisfaire. Ensuite, il faut qu’ils apprennent à être eux-mêmes au lieu d’agir comme ils pensent que les autres veulent qu’ils agissent.

Robert Glover propose de lister les comportements destinés à gagner l’approbation des autres, et à l’explorer de deux manières : stopper ce comportement pendant une semaine, et/ou l’amplifier consciemment pour se rendre compte que c’est un comportement dysfonctionnel.

S’affirmer, et passer un peu de temps tout seul sont aussi des bons moyens pour s’émanciper de ce rôle de chic type, et apprendre à gérer sa peur d’être seul ou rejeté. Il faut qu’ils apprennent que comme tout être humain, ils commettent des erreurs, et que ça ne les rend pas mauvais ou indignes d’être aimés, et que ça n’empêchera pas les autres de les aimer.

Chapitre 4 : apprendre à faire passer ses besoins avant ceux des autres

Aussi curieux que cela puisse paraître, les chics types n’arrivent pas à hiérarchiser leurs besoins. Pour eux, le problème de leurs amis, les soucis de leur grande tante, ou même de leur collègue passe avant les leurs. Ils se retrouvent donc dans une situation paradoxale, ou ils dépensent une énergie folle à essayer de résoudre les problèmes des autres, mais où ils n’ont pas de temps, d’énergie et d’envie pour faire la même chose avec leurs propres problèmes.

Ça peut paraître dingue vu de l’extérieur, mais pour avoir vécu ça pendant des années, je ne peux que confirmer les descriptions du livre. Je faisais passer systématiquement mes désirs et besoins après ceux des autres, ce qui entrainait une énorme frustration à la longue.

Avoir des besoins, des envies, et les assumer ça n’a rien de mal. C’est difficile à comprendre pour un chic type. Mais c’est une étape indispensable pour progresser. Car les chics types ont une stratégie désastreuse qui consiste à ne pas exprimer clairement leurs désirs, et à tout faire pour qu’ils ne soient pas satisfaits.

Par exemple, de nombreux hommes se disent très intéressés par le sexe, mais la façon dont ils s’y prennent leur garantit à peu près certainement de ne jamais obtenir ce qu’ils croient vouloir.

D’où une énorme frustration.

Ils passent des accords indirects et secrets avec leur entourage, pour eux le mode de fonctionnement est : “je fais ça et ça pour toi, et en échange tu feras telle chose pour moi. Nous ferons tous les deux comme si nous n’avions jamais entendu parler de ce marché.”

Ce mode de fonctionnement, à base de non-dits et de chantages affectifs est désastreux à long terme. Un chic type ne dira jamais “je t’aime” sans arrière pensée, il le dira pour s’entendre dire “je t’aime” en retour.

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Tous ses comportements sont indirects, ambigus et manipulateurs, sans qu’il s’en rende compte. Il donne comme il aimerait qu’on lui donne. S’occuper des autres est donc une tentative d’obtenir la satisfaction de ses besoins. Ce n’est pas de la gentillesse gratuite. Et ça résulte dans une séquence prévisible :

  • Il donne aux autres en espérant obtenir quelque chose en retour
  • Comme il n’obtient pas autant qu’il aimerait en retour, il se sent frustré et en veut à son entourage (sur ce sujet vous pouvez lire l’article : ne soyez plus jamais déçu !)
  • Lorsque son ressentiment a grandi depuis assez longtemps, il finit par être furieux, boude, fait des scènes, se replie sur lui même ou devient même agressif ou violent.

Une fois le cycle terminé, le chic type en redémarre un nouveau, sur le même schéma. Le processus de guérison passe par le fait d’avoir des besoins et de les assumer. Ce qui s’avère difficile pour lui, car il a l’impression d’être égoïste s’il fait passer ses besoins en priorité avant ceux des autres.

Il faut donc qu’il comprenne et accepte qu’avoir des besoins est inhérent à l’être humain, et que ça n’a rien de honteux. Un exercice pratique proposé par Robert Glover est d’essayer pendant une semaine entière de donner la priorité à ses propres besoins (en prévenant ses proches avant), de noter comment on se sent, et de demander par la suite à nos proches ce qu’ils ont ressenti à nous voir nous occuper de nous en priorité.

Chapitre 5 : Redécouvrir sa force intérieure

Robert Glover est un ancien chic type. Il s’est rendu compte que les chics types sont des “mauviettes”, comme il les appelle. En effet, ils agissent comme des victimes, et tendent à considérer les autres comme la cause de tous leurs problèmes. Heureusement, apprendre à ne plus être une mauviette c’est possible.

Personne ne me traite de mauviette ! Marty McFly

Il suffit pour cela d’apprendre à redécouvrir sa force intérieure, et à s’en servir. Concrètement, ça passe par accepter l’adversité, à ressentir la peur mais réussir à l’affronter.

Le lâcher prise est également une étape primordiale pour guérir de ce syndrome. Il permet aux chics types de considérer la vie non plus comme un espace sans vague et sans adversité mais plutôt comme un terrain de jeu, un laboratoire où ils peuvent apprendre, grandir ou créer.

Glover conseille également de s’ancrer dans la réalité, c’est à dire d’arrêter de placer l’autre sur un piédestal, erreur régulièrement commise par les gens trop gentils. Accepter que les autres sont imparfaits, et qu’on est imparfait soi-même. Mettre des limites aux autres est aussi un bon moyen de s’affirmer. apprendre à exprimer ses sentiments

La guérison passe impérativement par le fait d’apprendre à exprimer ses sentiments au lieu de les réprimer ou de les cacher. Les chics types ont une peur panique des sentiments, que ça soit les leurs ou ceux des autres, car ça les met en position de perte de contrôle.

Assumer ce qu’ils ressentent au lieu de focaliser son attention sur l’autre est un très bon moyen pour progresser. Les chics types qui ont envie de guérir devront également affronter leurs peurs et les assumer, au lieu de les enfouir au plus profond d’eux-mêmes.

Comme on a vu plus haut dans cet article, les chics types sont souvent malhonnêtes alors qu’ils sont persuadés du contraire. Ils mentent énormément par omission, en occultant une partie de la réalité et en cachant tout ce qui leur fait honte.

Apprendre à dire la vérité, à assumer leurs erreurs au lieu de les cacher est un processus important. Tous ces exercices leur permettront d’embrasser la vie telle qu’elle est, et non telle qu’ils la fantasmaient depuis tout ce temps.

Chapitre 6 : Renouer avec sa masculinité

Les chics types se sont coupés des autres hommes, n’ayant pas ou peu eu de modèle masculin positif. Ils ont parfois du mal à créer des liens forts avec d’autres hommes, qu’ils trouvent moins dignes d’intérêt que les femmes.

Ils sont donc déconnectés de leur propre masculinité, ne savent pas vraiment se situer. Ils quêtent l’approbation des femmes en permanence, et ont souvent idéalisé leur mère, ce qui peut leur poser des problèmes dans leurs relations de couple.

Un chic type qui veut guérir doit donc, d’après Robert Glover, renouer avec les hommes, devenir fort, trouver des modèles masculins sains, réfléchir à la relation qu’il a eue avec son père. C’est à ce prix qu’il retrouvera son équilibre, et arrêtera de se comporter comme un paillasson avec les autres.

Chapitre 7 : Trouver l’amour

La honte toxique ressentie par les chics types est un obstacle à l’amour. En effet, l’intimité implique la vulnérabilité, et cette exposition au regard et au jugement de leur partenaire est ressentie comme une menace par le chic type : il n’a pas envie que d’autres découvrent ses failles et ses faiblesses.

Quand il est en couple, le chic type peut parfois choisir de se mettre avec des femmes perturbées : tant que l’attention est mise sur les faiblesses de sa partenaire, les siennes sont invisibles. Il va sans arrêt devoir jongler entre son angoisse de la vulnérabilité et sa peur de la solitude et de l’abandon. Et souvent, ça va créer des gros problèmes :

  • soit le chic type s’implique démesurément dans sa relation amoureuse au détriment de sa propre vie
  • soit il est indisponible sur le plan affectif avec sa partenaire (tout en donnant à l’extérieur l’impression d’être le parfait compagnon).

Autrement dit, soit il capture complètement sa partenaire, au point d’en faire le centre de sa vie affective et d’être oppressant pour essayer de combler le vide qu’il ressent, soit il optera pour une stratégie d’évitement pour passer le moins de moments intimes possibles avec sa compagne.

Ces deux fonctionnements empêchent que se forme une réelle intimité dans le couple, et n’est satisfaisante pour aucun des deux partenaires. Contrairement aux autres personnes, le chic type ne passera pas à autre chose : il continuera encore et encore à reproduire des schémas qui ne fonctionnent pas, et se donnera de plus en plus de mal pour essayer de résoudre une situation pourtant clairement sans issue. Pour construire des relations saines, les chics types ont besoin de :

  • se satisfaire de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ont
  • se faire passer en premier au lieu de faire passer les besoins des autres en priorité
  • s’ouvrir et se confier à des personnes de confiance
  • éliminer tous les marchés secrets et indirects qu’ils passent très régulièrement
  • assumer leurs besoins, leurs envies
  • apprendre à lâcher prise
  • s’ancrer dans la réalité, et non dans leur vision biaisée du rapport aux autres
  • exprimer leurs sentiments au lieu de les réprimer
  • développer leur intégrité, leur honnêteté au lieu de mentir par omission
  • savoir poser des limites
  • intégrer leur part de masculinité
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À toutes ces techniques, l’auteur ajoute quelques stratégies supplémentaires à essayer pour trouver l’amour et avoir des relations plus saines :

  • au lieu de concentrer l’attention sur la partenaire, la concentrer sur la relation
  • ne pas renforcer certains comportements indésirables
  • faire quelque chose de différent

Robert Glover utilise une comparaison que je trouve intéressante entre les humains et les animaux de compagnie. Un chien qui urine sur votre tapis, si vous lui donnez une friandise il continuera de le faire toute sa vie.

C’est ce que les chic types font en ne posant pas leurs limites et en étant encore plus gentils avec leur partenaire (ou leurs proches) quand ceux-ci dépassent les limites. Au lieu de réprimer un comportement déviant, le chic type va redoubler d’attention, ce qui poussera l’autre personne à se dire que plus il se comporte mal, plus le chic type la récompensera.

Autrement dit, les chics types sont souvent responsables de leurs problèmes de couple et de relations.

Chapitre 8 : La vie sexuelle des chic types.

Elle est très souvent problématique. En effet, à force de cacher ses désirs, le chic type ressent :

  • de la frustration. Beaucoup.
  • la nécessité de se contenter d’une vie sexuelle qui ne le satisfait pas du tout
  • des troubles de la sexualité (impuissance, éjaculations précoces)
  • la répression pure et simple de toute vie sexuelle
  • ou au contraire une sexualité compulsive (addiction à la pornographie, masturbations compulsives).

Aussi curieux que ça puisse paraître, les chics types font souvent inconsciemment tout pour éviter d’avoir des relations sexuelles qui les mettent mal à l’aise. Ils ressentent pourtant une forte frustration de ne pas avoir une sexualité épanouie. Au bout d’un moment, ils prennent le parti de s’accommoder d’une vie sexuelle médiocre.

Car en refusant d’écouter leurs désirs, ils ne se concentrent que sur le plaisir de leur partenaire, et vivent donc une sexualité déconnectée de leurs sensations, de leur plaisir.

Chapitre 9 : Bien vivre sa vie

Vous êtes la seule personne à pouvoir satisfaire vos besoins. C’est ce que les chics types doivent comprendre pour reprendre leur vie en main. Robert Glover les invite donc à apprendre à bien vivre leur vie. Car il n’y a pas que dans leurs relations que ça coince : ils sont gênés au travail, dans leurs rêves et objectifs. La peur, l’envie de bien faire, l’auto-sabotage les guette au quotidien.

L’apprentissage passe par accepter d’aller au bout de ses passions et de son potentiel. Et pour ça, l’affrontement de leur peur est indispensable. Car les chics types acceptent passivement la place qui leur a été assignée, et font comme si il n’était pas de leur ressort de se construire une vie excitante, satisfaisante et productive.

Mon article : Êtes-vous cette personne qui passe à côté de sa vie vous permettra d’en savoir un peu plus sur le fait de vivre sa vie à 100%. En cessant d’être perfectionnistes, ils se libèrent d’un poids énorme. Ils se donnent également le droit de demander de l’aide, de s’ouvrir aux autres.

Accepter de se montrer vulnérable ou imparfait aide à guérir de ce syndrome. Les groupes de parole ont aidé beaucoup d’anciens chics types à se sentir mieux. Il est également essentiel pour eux d’identifier leurs comportements d’auto-sabotage, et de changer les paradigmes associés pour porter un regard plus juste sur le monde.

Conclusion sur “Trop gentil pour être heureux” :

Ce livre est à mon avis un livre d’utilité publique pour aider tous ces hommes qui souffrent de ce syndrome. Robert Glover est un ancien chic type qui, après s’en être sorti, a rencontré et aidé de nombreux autres hommes trop gentils depuis.

Malheureusement, les chics types souffrent souvent en silence, inconscients du mal qui les ronge. Ils se contentent d’une vie médiocre, pleine de frustrations. Ils constituent une masse silencieuse de gens dont personne (ou presque) ne détecte les problèmes.

Ce livre de Robert Glover, c’est une superbe base pour comprendre le problème, les comportements déviants associés et les solutions pratiques pour s’en sortir. Je vais vous faire une confession : je suis un ancien chic type, et je cumulais ça avec une énorme timidité maladive.

Quand j’ai découvert ce livre, je me suis totalement reconnu dans une bonne partie des descriptions et des schémas toxiques que je suivais par le passé. Le seul regret que j’ai, c’est de l’avoir découvert après avoir déjà mis en place (parfois douloureusement) via le développement personnel une bonne partie des exercices proposés dans le livre.

Il n’a donc pas eu valeur d’électrochoc pour moi, mais a totalement confirmé que j’étais sur la bonne voie et m’a aidé à mieux comprendre pourquoi j’avais agi comme ça dans le passé et les pièges à éviter pour ne pas retomber dans ces travers. Sur quelqu’un qui est actuellement en train de vivre cette vie de “nice guy”, ce livre pourrait bien être une révélation et lui changer la vie.

Depuis que je connais l’existence de ce syndrome avec la lecture de ce livre, je repère très régulièrement des gens qui partagent tous les symptômes. Ils représentent une part non négligeable des gens qui nous entourent, ça n’a rien de marginal.

J’espère que cette chronique vous donnera envie d’en savoir plus, et vous aidera si vous êtes un chic type ou si vous en connaissez un. Personnellement, je le relis tous les 2 ans environ depuis que je l’ai lu la première fois, pour ne pas oublier d’où je viens et être sûr de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Points forts :

  • Un livre coup de poing pour les gens atteints de ce problème sans le savoir
  • Vous aidera à mieux comprendre les motivations et le fonctionnement des gens trop gentils
  • Bouscule et donne envie de se remettre en question
  • Contient des exercices pratiques pour se questionner sur ses comportements et les améliorer
  • Peut réellement et concrètement changer le quotidien des chic types et de leurs proches

  Points faibles :

  • L’appellation “chic type” n’est pas très parlante par rapport à la version anglaise “mister nice guy”, ce qui fera que certaines personnes pourtant concernées n’auront peut-être pas envie de lire le livre
  • Les explications sociétales peuvent parfois paraître un peu minces (manque de références concrètes)
  • Quelques petites répétitions par moments entre les témoignages et le texte
  • S’adresse uniquement aux hommes (même s’il peut être très utile aux femmes qui vivent avec un chic type).

La note d’Hervé Lero du blog changeons.fr :

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Avez-vous lu le livre ? Combien le notez-vous ?

Médiocre - Aucun intérêtPassable - Un ou deux passages intéressantsMoyen - Quelques bonnes idéesBon - A changé ma vie sur un aspect bien précis !Très bon - A complètement changé ma vie ! (5 votes, moyenne: 4,20 out of 5)

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13 Commentaires pour :

Trop gentil pour être heureux


  • En lisant cette chronique, j’ai compris que c’était le livre idéal que je pouvais offrir à un proche.

    Merci beaucoup Olivier!

    Note: j’aime beaucoup le format de la chronique, la longueur n’est ni trop longue, ni trop courte.

    Répondre



    • Hervé Lero

      15 Nov 2016 à 19:57

      Merci Ogier, content que la chronique vous plaise !

      Je pense aussi que ça peut aider beaucoup de gens qui se reconnaîtront dans une trop grande gentillesse, j’espère que ça sera le cas pour votre proche !

      Répondre



    • Véronique

      16 Nov 2016 à 13:28

      Très intéressant ! Pensez-vous que ce livre puisse s’adapter (pour partie) pour traiter également des chics filles ? 🙂

      Répondre



      • Herve Lero

        18 Nov 2016 à 13:46

        Bonjour Veronique,
        Le livre est essentiellement destiné aux hommes, il est tout de même possible que vous trouviez des astuces transposables aux femmes, mais ça ne sera pas la majorité.
        Dans tous les cas ça reste une lecture intéressante pour comprendre en quoi être trop gentil(le) empoisonne l’existence.

        Répondre



      • Jean-Luc

        19 Nov 2016 à 17:12

        Bonjour Hervé et Olivier,

        Cet article tombe à point. J’avais déjà lu par ailleurs que j’avais le profile “mauviette”, mais comme c’était abordé légèrement, je ne m’étais pas senti pleinement concerné.

        Là je vois qu’en réalité je suis totalement concerné. Et ça arrive juste au moment de mon divorce (dans 5 jours si tout va bien pour moi), au moment où je me dis que ma vie est ratée sur tous les plans et qu’il faut que je change quelque chose, sans savoir trop quoi…

        Je vois clairement ce qui ne va pas à présent. Il me reste à bien y réfléchir pour noter mes problèmes et à agir au quotidien pour changer concrètement et durablement. Je sens déjà quelques inquiétudes monter pour trouver un équilibre entre me respecter et “rester humain” mais je suis déterminé à passer le cap à tout prix tant que ça me rapproche de mes objectifs (dont mon bien être).

        Je vais me procurer ce livre dès que possible.

        Merci donc Hervé pour cet article et Olivier pour avoir permis de le mettre en ligne…

        Répondre



        • Hervé Lero

          26 Nov 2016 à 15:32

          Bonjour Jean-Luc,

          Content de voir que ça vous a aidé à prendre conscience de ce que vous pouvez améliorer.

          Ne vous inquiétez pas, si vous faîtes partie des chic types vous avez une marge très confortable de progression avant de devenir quelqu’un qui n’est plus “humain”.

          Vous verrez, ça fait un bien fou d’apprendre à se respecter et se faire respecter.

          Bonne lecture et à bientôt,
          Hervé

          Répondre



      • Jules

        6 Jan 2017 à 15:33

        Je lis des livres de développement personnel depuis plus de 5 ans maintenant mais c’est avec ce livre que j’ai vraiment pris conscience de mon syndrôme de gentil garçon.
        Ce livre n’est pas parfait mais il a au moins le mérite d’ouvrir les yeux.

        Aujourd’hui, je constate à quel point ce syndrôme est partagé dans une société où l’homme par ses peurs et de moins en moins homme et adulte. En dépendance affective ou de jugement, nous cherchons l’approbation des femmes pour la plupart et nous nous sentons de moins en moins à l’aise dans des groupes d’hommes dominants.

        Une des clés selon l’auteur est de notamment partager et se livrer au sein de men’s groups. Ces groupes existent en nombre dans les pays anglo-saxons mais très peu en France.

        Alors si vous êtes interessés pour en constituer un, n’hésitez pas à m’envoyer un mail.

        Jules

        Répondre



        • Christophe

          12 Jan 2017 à 18:11

          Bonjour

          Bonjour Jules Moi je suis interresse par un Men’s Groups francais Si ca peut nous faire avancer a plusieurs allons y

          Christophe

          Répondre



          • Hervé Lero

            7 Mar 2017 à 14:20

            Effectivement Jules, vous partagez mon avis sur ce livre : un livre qui n’est pas parfait, mais qui peut servir de déclencheur et d’électrochoc pour les gentils garçons / nice guys qui s’ignorent.

            Et ainsi aboutir à des changements profonds et hyper bénéfiques dans différents aspects de leur vie.

            Avez-vous tenté les men’s groups en France finalement ?

            Répondre



            • olivier

              29 Août 2017 à 15:50

              Je suis aussi intéressé, où en est l’idée?

              Répondre



              • Benoît

                3 Déc 2017 à 06:30

                Bonjour, même chose je suis en pleine lecture de ce livre qui est pour moi une révélation et je souhaiterais savoir si vous avez pu avancer sur ce men’s groupe. Bonne journée. Benoît

                Répondre




            • […] Or, en réalité, le problème, ce n’est pas d’être trop gentil, mais c’est de ne pas être assez […]

              Répondre









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