Les entrepreneurs atypiques

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Résumé de “Les entrepreneurs atypiques” de Sylvain Bersinger : Sylvain Bersinger nous raconte 10 histoires d’hommes et de femmes qui, partis de rien, ont créé une entreprise à succès ; dépassant les obstacles liés à leurs origines sociales, à leur couleur de peau, innovant et défiant les règles préétablies, tous ces entrepreneurs atypiques nous montrent finalement que la réussite entrepreneuriale est ouverte à tous !

Par Sylvain Bersinger, 2019, 168 pages

Chronique et résumé de “Les entrepreneurs atypiques” de Sylvain Bersinger

Introduction du livre “Les entrepreneurs atypiques

  • Deux points essentiels sur l’entrepreneuriat

    • L’entrepreneuriat fait appel à deux notions spécifiques : la prise de risques et la nouveauté.

“Il n’y a pas d’études qui conduisent spécifiquement à l’entrepreneuriat, l’essentiel est d’avoir des idées et la volonté de les faire vivre.”

    • L’entrepreneur se définit plus par son état d’esprit que par des caractéristiques d’âge, de nationalité, de fortune ou de quoi que ce soit d’autre. Cet état d’esprit est guidé par :
      • L’appât du gain, bien que la réussite matérielle ne soit pas la principale ni la seule motivation de l’entrepreneur.
      • Une passion, un désir d’accomplissement, une soif de nouveauté ou un désir de bouleverser une situation présente.
  • Les Entrepreneurs atypiques” : le récit de 10 histoires d’entrepreneurs qui ont réussi malgré les obstacles

Les entrepreneurs atypiques” nous raconte dix parcours d’entrepreneurs. Pas les plus célèbres, les plus fortunés ou encore les plus révolutionnaires. Non, Sylvain Bersinger a fait le choix de retracer les parcours de vie de 10 entrepreneurs qui ont réussi malgré les multiples difficultés rencontrées sur leur chemin. Car, selon Sylvain Bersinger :

“Dans l’histoire et encore aujourd’hui, le monde est ainsi fait qu’il est plus facile d’entreprendre lorsqu’on est un homme blanc et occidental plutôt qu’une femme, handicapée et appartenant à un groupe ethnique discriminé d’un pays pauvre.”

Pour Sylvain Bersinger :

“Ces exemples sont la confirmation que l’entrepreneuriat est ouvert à tous.”

Chapitre 1 – Mayer Amschel Rothschild, l’entrepreneur de la banque

Le premier destin hors-norme relaté par Sylvain Bersinger est celui de Mayer Amschel Rothschild, très grand entrepreneur du secteur bancaire, et fondateur de la célèbre dynastie qui porte son nom.

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1.1 – Une enfance marquée par la discrimination juive

Meyer Anselme (son nom, nous le verrons, deviendra plus tard Mayer Amschel Rothschild) naît le 23 février 1744 dans le ghetto juif de Francfort-sur-le-Main. À cette époque, Francfort est une des villes les plus antisémites d’Allemagne :

  • Le ghetto juif est fermé le soir (couvre-feu), le dimanche et les jours fériés chrétiens. La surpopulation, dans le ghetto (environ 3000 personnes) est source de nombreuses maladies, épidémies et incendies.
  • Considérées comme des personnes inférieures, les juifs n’ont pas le droit de circuler librement dans les rues : de nombreux espaces publics leur sont interdits. Ils doivent, par ailleurs, portés un brassard jaune et endurent de multiples brimades.
  • Les juifs sont assujettis à des taxes plus élevées que les chrétiens et ont l’interdiction d’exercer de nombreux métiers. L’une des rares professions qu’ils ont le droit de pratiquer est celle de banquier (car c’est un métier condamné par l’Église et donc non autorisé chez les chrétiens).

1.2 – Une famille pieuse de petit commerçant  

Le père de Meyer, Moïse, est un petit commerçant : il vend tour à tour des tissus, de la quincaillerie, des antiquités et des pièces de monnaie de collection. Sa mère, Schöenche, est mère au foyer.

Le petit Meyer est le quatrième enfant de la fratrie, mais se retrouve seul après la mort en bas âge des trois plus jeunes enfants (ce qui, à l’époque, n’est pas du tout exceptionnel).

Meyer grandit dans une famille très pieuse. Son père aimerait que son fils devienne rabbin ; c’est pourquoi il le pousse à étudier. L’enfant s’avère très bon élève :

“Pour Meyer, son père, et certainement d’autres juifs, l’instruction était l’un des seuls moyens d’ascension sociale, ce qui les incitait à redoubler d’efforts dans les études.”

1.3 – Une scolarité brillante mais indisciplinée

L’auteur décrit Meyer comme un garçon érudit et doté d’une intelligence “prodigieuse” :

“Intelligent, curieux, travailleur, doté d’une prodigieuse mémoire ainsi que d’une grande force de travail et de concentration, c’est un garçon brillant.”

À l’école, il est, par contre, indiscipliné et souvent puni : il n’admet pas l’injustice ni les consignes parfois absurdes des professeurs outrepassant leur droits. À l’adolescence, le jeune Meyer lit beaucoup de livres d’économie et de finance. Il accumule de grandes connaissances dans ce domaine. Par ailleurs, il comprend vite que sa condition le place dans une position d’infériorité. Il en ressort une “profonde rage de vaincre et de faire cesser les discriminations que vivent les juifs” :

“Cet objectif attise son ardeur à l’étude, bien qu’il n’envisage pas de devenir rabbin, mais plutôt riche et puissant grâce au commerce et à la finance.”

Au fil des années, Meyer devient grand et bel homme. Il possède une grande intuition en affaires, de la répartie et une personnalité qui deviendra l’un de ses plus grands atouts.

1.4 – Reprise du négoce familial et mariage

Passionné par le métier de banquier, Meyer stoppe sa carrière religieuse brutalement après la mort de son père. Et lorsque sa mère décède, un peu plus tard, d’une épidémie dans le ghetto surpeuplé, le jeune homme reprend l’affaire familiale.

À l’âge de 26 ans, et bien que les mariages entre juifs soient très limités par la loi, Meyer épouse Gulte, une jeune juive du ghetto. Ils auront 19 enfants ensemble (dont 9 décéderont). Son épouse se charge de la comptabilité de Meyer.

Pour aider à son intégration auprès des chrétiens, Meyer décide de prendre un nom germanique : Meyer Anselme devient Mayer Amschel. Le nom de “Rothschild” vient, quant à lui, du nom de son commerce, Zum Roten Schild (qui veut dire “À l’écusson rouge”).

1.5 – Les débuts de la réussite de Rothschild

Devenu marchand et fin connaisseur d’antiquités et de pièces anciennes, Mayer Rothschild se fait rapidement une excellente réputation dans le domaine. Pour développer son activité, il devient aussi prêteur sur gage.

Le talent de Mayer, son ambition et le contexte local (Francfort est en plein essor commercial à ce moment-là) font fructifier l’entreprise du jeune homme, et la petite échoppe de Mayer devient rapidement trop petite. Bien que les juifs ne soient pas autorisés à construire et agrandir leur maison, l’antiquaire se débrouille pour “faire tomber quelques cloisons” dans son magasin et transforme les caves et souterrains en discrètes salles des coffres.

1.6 – My network is my net worth (mon réseau est ma valeur nette)

Grâce à son activité dans le prêt sur gage, Mayer construit des relations de confiance avec plusieurs personnalités importantes qui auront un rôle prépondérant dans son parcours, dont :

  • Le général von Estorff, proche des familles princières.
  • Guillaume IX de Hesse-Cassel, un très riche amateur d’art, d’antiquités et de vieilles pièces dont l’immense fortune provient d’une activité particulièrement immorale : la vente d’esclaves comme mercenaires.

Le prêteur sur gage met également en place un réseau de communication très performant, les pigeons voyageurs, qui lui permet de rester extrêmement bien informé.

1.7 – Investissements, ascension et enrichissement

Bien que conservant un train de vie modeste, Rothschild nourrit une ambition démesurée. Le banquier poursuit son ascension en recourant à diverses stratégies commerciales efficaces : taux plus avantageux que la concurrence, même traitement pour tous ses clients quelle que soit leur richesse, diversification de son activité et gamme de services large…

Mayer Rothschild saisit aussi les opportunités offertes par les évolutions de son époque. Il :

  • Investit dans :
    • Les mines, la sidérurgie et le transport de charbon,
    • Le textile en plein essor.
  • Finance la première ligne de chemin de fer en Allemagne.
  • Tire parti de la guerre :
    • L’occupation de Francfort par les armées françaises beaucoup moins antisémites lui est favorable car elles vont contribuer à l’émancipation de la minorité juive.
    • Il prête de l’argent aux gouvernements qui sont obligés d’emprunter pour financer leurs armées.
    • L’invasion française amène ses riches clients à lui confier des sommes importantes à cacher.

Finalement, ce sont tous ces bouleversements économiques, technologiques, politiques et militaires, toutes les occasions saisies de ces événements, un talent incontestable mêlé à une certaine dose de chance qui ont permis à Rothschild de connaître une fulgurante ascension.

1.8 – L’empire Rothschild s’agrandit dans le monde entier

Mayer Rothschild meurt en 1812. Il est alors riche et puissant. Mais au-delà de sa réussite, ce qui a fait la renommée de cet homme, c’est la longévité de sa banque.

Les cinq fils Rothschild deviendront également tous de célèbres banquiers. Ils sont symbolisés par les cinq flèches de l’emblème familial. Envoyés développer la banque aux quatre coins de l’Europe  : un restera à Francfort, les autres iront à Naples, à Paris, en Autriche, et le plus brillant à Londres. Les cinq filles Rothschild, mères au foyer, seront, quant à elles, en charge de la comptabilité des affaires.

Au fil du temps, ce sont surtout les branches française et anglaise qui ont prospéré et qui ont fait de Rothschild l’empire bancaire d’aujourd’hui.

En 2005, le magazine Forbes considéra Rothschild comme le septième homme d’affaires le plus influent de l’histoire.

Chapitre 2 – Madam C. J. Walker, de fille d’esclaves à millionnaire

Le deuxième récit des Entrepreneurs atypiques de Sylvain Bersinger est celui de Sarah Breedlove, connue sous le nom de Madam C. J. Walke. Cette femme noire américaine, fille d’esclaves, a connu une ascension extraordinaire. Elle n’a pourtant presque jamais été scolarisée, fut orpheline à 7 ans, domestique à 12 ans, mariée à 14 ans, mère à 17 ans et veuve à 20 ans.

Madam C. J. Walker entrepreneurs atypiques parcours millionnaire

2.1 – Une enfance marquée par la pauvreté sociale et éducative

Lorsque Sarah Breedlove naît en 1867, l’esclavage vient tout juste d’être aboli aux États-Unis. Ses parents, Owen et Minerva, qui ont passé toute leur vie à travailler dans les champs de coton, sont désormais libres. Malgré cela, les Afro-Américains continuent d’avoir la vie dure. En effet, “Les Chevaliers du camélia blanc”, une forme de variante du Ku Klux Klan, sévissent cruellement, et finalement, la décennie 1870 sera plutôt une période de régression pour les droits des Afro-Américains.

La famille Breedlove vit en Louisiane. Sarah est la cinquième d’une fratrie de six enfants. Son quotidien est très difficile. Ses parents analphabètes n’ont jamais eu accès à l’éducation car les Blancs craignaient bien trop pour leur pouvoir si les esclaves s’instruisaient. Après l’abolition, les suprématistes blancs ont continué de bloquer au maximum l’éducation des noirs. Sarah fréquente donc l’école que de manière très épisodique et n’acquiert que quelques rudiments en lecture et écriture.

2.2 – Un début de vie extrêmement difficile

La mère de Sarah meurt lorsque la petite Sarah a 5 ans. Elle perd ensuite son père à l’âge de sept ans. La fillette part vivre chez sa grande sœur et son beau-frère, un homme dur et violent. C’est d’ailleurs probablement plus pour fuir son beau-frère que par amour que Sarah se marie, à quatorze ans, avec Moses McWilliams. Le couple donne naissance à une petite fille : Lelia. Alors que Lelia vient d’avoir 3 ans et Sarah 20 ans, Moses décède des suites, semble-t-il, d’un lynchage.

Les conditions de vie étant très difficiles dans le sud, la jeune maman décide de déménager à Saint-Louis, dans le Missouri, car elle y a un peu de famille. Faute de moyens financiers, elle s’installe dans le quartier le plus pauvre et dangereux de la ville. La jeune femme y exerce un emploi de blanchisseuse, mal payé, pendant une dizaine d’années.

Sarah ne veut pas que sa fille connaisse le même destin que le sien. Elle se démène alors pour l’envoyer dans les meilleures écoles qu’il lui est possible de payer. Elle fréquente aussi assidûment l’église. En 1893, la jeune femme se remarie avec John Davis, un homme instable, parfois violent, qui alterne petits travaux mal payés et périodes d’inactivité.

2.3 – Chute de cheveux et rencontres déterminantes

Bien que toujours mariée, Sarah se met à fréquenter un journaliste : Charles Joseph Walker. Cet homme instruit, ayant une situation, deviendra, plus tard son troisième époux.

Quelques années plus tôt, Sarah a commencé à perdre ses cheveux, un phénomène relativement fréquent chez les femmes pauvres et noires à cette époque, à cause du manque d’hygiène et des carences alimentaires. Profondément attristée par cette situation, Sarah a tenté tous les traitements possibles sans jamais n’obtenir aucun résultat. Mais dans sa quête, elle rencontre un jour Annie Minerva Turnbo, une Afro-Américaine à la tête d’une petite affaire de cosmétiques, originaire du même milieu social qu’elle, qui l’embauche pour promouvoir ses produits.

2.4 – L’idée qui forgera sa fortune

Alors qu’elle travaille pour Annie Turnbo, Sarah trouve un jour, enfin, une solution pour ses problèmes capillaires ! Elle a, en effet, réussi à mettre au point une crème qui montre des résultats étonnants sur elle, sa sœur et ses voisines !

Plusieurs versions sont à l’origine de l’idée de ce remède miracle qui, d’une part, allait faire cesser la chute des cheveux de Sarah mais également bâtir sa fortune. La version :

  • De Sarah est que Dieu aurait exaucé ses prières et “lui aurait apporté la lumière en pleine nuit”, au cours d’un rêve.
  • De l’auteur des “Entrepreneurs atypiques” : les tentatives répétées de Sarah ont simplement fini par porter leurs fruits.
  • D’Annie Turnbo, son ancienne patronne : Sarah aurait copiée ou, en tout cas, se serait fortement inspirée de ses propres produits ; c’est donc, selon elle, un vol de propriété intellectuelle.

Nous ne connaîtrons finalement jamais la véritable origine de cette pommade pour le cuir chevelu, qui deviendra le produit phare de Madam C. J. Walker, et qui sera appelé Wonderful Hair Grower (“Merveilleux Pousseur de cheveux”).

2.5 – Sarah se lance !

Juste au moment où Sarah décide de se lancer et de vendre son produit, ont lieu, à Saint-Louis, la même année (1904), l’Exposition universelle et les Jeux olympiques. Ces événements attirent des hordes de gens et permettent à la jeune femme de croiser des personnes du monde entier :

“Au-delà de l’argent gagné, l’Exposition universelle […] lui a probablement permis de rêver en grand et de comprendre qu’elle peut s’extraire de sa condition.”

En 1905, Sarah part à Denver, une ville en plein développement grâce à la découverte de minerai d’or. Elle y arrive sans argent mais avec la ferme intention de faire fortune en vendant des soins capillaires.

Elle travaille comme cuisinière et blanchisseuse à temps plein puis à temps partiel, gardant la vente de cosmétiques en activité annexe. Sur son temps libre, elle bricole un petit laboratoire et commence à fabriquer sa propre gamme de produits qu’elle vend en porte-à-porte auprès de la communauté noire de Denver. Les ventes sont plutôt prometteuses mais ne sont pas non plus fulgurantes. Sarah doit travailler d’arrache-pied. Son nouvel et troisième époux l’aide sur l’aspect commercial de l’affaire. Sarah vient d’avoir trente-huit ans.

2.6 – Les affaires commencent à prospérer

  • Marketing et promotion

Après son mariage, Sarah devient Mrs C. J. Walker et se fait appeler Madam C. J. Walker :

“Le “Madam” est une démarche marketing : Paris est déjà la capitale de la mode et prendre un nom à consonance française permet de se donner un côté chic et raffiné.”

Mr et Mrs C. J. Walker travaillent continuellement pour promouvoir leur méthode de traitement du cuir chevelu. Ils :

    • Font de la publicité dans les journaux afro-américains (photo avant/après utilisation de la solution) ;
    • Développent leur réseau en s’investissant dans des associations de défense des droits des Noirs ;
    • Clarifient la ligne commerciale de leur société ;
    • Marquettent leur produit en affirmant recourir à des traditions ancestrales d’Afrique pour fabriquer leur pommade (même si cela est faux).
  • Stratégie commerciale

Par ailleurs, Madam C. J. Walker met en place sa stratégie commerciale. Bien que n’ayant jamais étudié le commerce, la nouvelle entrepreneuse possède un sens instinctif des affaires. Elle propose :

    • Une consultation et des conseils gratuits, pour tout achat du Wonderful Hair Grower.
    • Un prix élevé du produit : aux yeux de la clientèle, c’est un gage de qualité, d’autant plus que son produit est efficace.
    • Des rabais, traitements gratuits ou autres avantages divers aux clientes qui participent au bouche-à-oreille ou qui lui ramènent de nouvelles clientes.

2.7 – L’entreprise s’implante aux quatre coins des États-Unis

En 1907, l’affaire commence vraiment à prospérer. Madam embauche sa fille Lelia pour l’aider. Désormais sûre d’elle, l’entrepreneuse veut faire croître son affaire dans d’autres villes plus peuplées. La famille Walker déménage donc à Pittsburgh puis à Indianapolis, trois ans après.

Madam forme des commerciaux à sa méthode. Elle se lance dans la vente par correspondance. Malgré une énorme crise économique et bancaire, elle continue de développer son activité, ouvre un salon, un laboratoire, des ateliers de fabrication, puis une usine. Son équipe s’agrandit. En parallèle, elle s’engage dans des œuvres de charité et fait de nombreux dons.

Au fil des années, le nom de Madam devient célèbre. La femme d’affaires commence à porter de beaux vêtements luxueux ; elle achète des œuvres d’art et conduit elle-même une voiture, une effronterie à l’époque pour une femme noire.

2.8 – Succès international

En 1912, en plein divorce avec Charles Walker qui a puisé allègrement dans les caisses de son entreprise, Madam se lance dans l’investissement immobilier, puis décide de développer son entreprise à l’international. Sa société devient alors une multinationale.

Madam s’installe à New York, où elle acquiert un magnifique manoir et devient la voisine de personnalités aussi riches que célèbres (Rockfeller, Tiffany, Vanderbilt, Astor, Morgan…). Dans cette ville, elle ouvre une école pour former des coiffeuses et des commerciales à sa méthode de traitement capillaire.

L’entrepreneuse profite de ce succès planétaire pour élargir ses produits capillaires aux cosmétiques et soins pour la peau.

2.9 – Une histoire qui montre que la réussite est possible pour tous

Mais des difficultés financières commencent à apparaître. Des problèmes de contrefaçon puis l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, additionnés au fait que Madam et sa fille dépensent sans compter vont détériorer les affaires.

Au tournant de la cinquantaine, Madam commence à souffrir d’hypertension et de problèmes rénaux. Malgré cela, elle s’investit de plus en plus, financièrement et politiquement, dans des causes humanitaires, particulièrement pour la défense des droits des Noirs et des pays africains.

Malade, la première Afro-Américaine ayant réussi à amasser plus d’un million de dollars, décède en mai 1919. Lelia prend alors les commandes de l’entreprise. Mais “elle a beau connaître le métier pour avoir travaillé toute sa vie dans l’entreprise, elle n’a ni le charisme, ni l’instinct, ni les épaules de sa mère”. Même si au début des années 1920, les affaires marchent plutôt bien, dynamisées par les années folles, l’entreprise fera faillite après le choc de la crise de 1929.

Pour Sylvain Bersinger, l’histoire de C. J. Walker, fille d’esclaves très tôt orpheline, n’ayant quasiment pas été scolarisée, casse les clichés : selon lui, c’est bien la preuve que la réussite est possible pour tous !

Chapitre 3 – Helena Rubinstein, une incroyable épopée autour du monde

Le troisième parcours du livre “Les Entrepreneurs atypiques” que nous livre Sylvain Bersinger est celui d’Helena Rubinstein, petite juive des quartiers pauvres de Cracovie, qui a fui son milieu d’origine pour lancer, à l’autre bout du monde, un véritable empire de cosmétiques.

“Cette femme d’apparence frêle a […], ni plus ni moins, chamboulé les codes de la beauté, bouleversant par là même la société entière, notamment en ce qui concerne la place qu’y occupent les femmes. Le tout à la force du poignet, et armée d’une détermination en acier trempé, d’un sens inné des affaires, d’une bonne dose de culot et, aussi, de quelques coups de pouce du destin aux moments opportuns.”

Helena Rubinstein empire cosmétique

3.1 – Un milieu pauvre et conservateur

Chaja Rubinstein serait née le 25 décembre 1870 à Cracovie. Selon Sylvain Bersinger, cette date de naissance est sujette à débat car Chaja avait l’habitude de réécrire “des pans entiers de sa propre histoire pour la rendre plus romanesque”.

Chaja a huit sœurs et ses parents peinent à nourrir toutes ces bouches. Le petit commerce que tient son père marche au ralenti. En cette fin de XIXe siècle, Cracovie qui appartient à l’empire austro-hongrois, connaît un fort antisémitisme. La plupart des juifs “survivent”. Les parents de la petite Chaja, très conservateurs et portés sur la religion, doivent faire face au fort caractère de leur fille dès son plus jeune âge. Cette dernière refuse “d’être femme au foyer, d’avoir un mari de vingt ans son aîné qui lui fasse une douzaine d’enfants et qui soit enfermé dans une vision traditionnelle du couple”.

Les résultats scolaires de la fillette sont passables, probablement car elle a, en réalité, peu de temps à consacrer aux études. Elle doit, en effet, aider sa mère aux tâches domestiques, s’occuper de ses sœurs et seconder son père au magasin.

3.2 – Une personnalité anticonformiste

Lorsqu’elle gère le magasin, Chaja se montre particulièrement douée. Cependant, ses parents veulent la marier, pas l’embaucher au magasin. Le problème, c’est que la jeune Chaja “refuse farouchement tous les hommes qu’on lui présente”. En fait :

“La religion, la morale, la tradition et les bonnes manières ne l’intéressent pas. Elle veut vivre, être libre, indépendante, gagner sa vie, voyager, apprendre, rire et s’amuser. Autant dire qu’elle étouffe dans l’ambiance très austère de sa famille et de son quartier.”

Chez les Rubinstein, Chaja ne bénéficie d’aucune distraction ni de moyens de s’évader. Pas question non plus de flirter ni de se faire belle… Le seul cosmétique de la maison est une crème hydratante que la mère de Chaja fabrique elle-même, selon une recette ancestrale, pour protéger sa peau du rude hiver polonais. Cette crème sera déterminante dans le destin de Chaja.

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À 20 ans, Chaja n’est toujours pas mariée et désobéit à ses parents qui ont honte de cette situation. Les disputes familiales se multiplient. Pour solutionner le problème, Chaja est envoyée à Vienne chez une tante. Dans cette ville, la jeune femme perfectionne son apprentissage commercial en aidant son oncle qui possède un magasin de fourrures. Elle économise aussi afin de partir loin de cet univers qui l’étouffe de plus en plus.

3.3 – Départ pour l’Australie : Chaja devient Helena

À vingt-quatre ans, Chaja décide de s’embarquer pour l’Australie. Elle a l’intention de rejoindre de la famille installée sur ce continent. C’est un nouveau départ pour elle. Elle change de prénom : sur son passeport, Chaja devient Helena.

Après une traversée qui lui apporte la bouffée d’oxygène dont elle rêve, l’arrivée est rude : Helena (alias Chaja) atterrit dans une petite ville perdue au milieu de nulle part. Elle y passera deux ans à s’ennuyer terriblement mais surtout à travailler très durement dans la boutique de son oncle.

Dans ce magasin, les clientes, au teint buriné par le soleil, envient le teint frais de la jeune polonaise. Lorsqu’elle évoque la fameuse crème de beauté de sa mère, celles-ci sont toutes prêtes à lui en acheter un pot au prix fort. Helena en a emporté dans ses bagages, mais son stock s’épuise rapidement. Elle tente d’en fabriquer mais sans temps, moyens matériel ni compétence, c’est un échec. Elle écrit alors à sa mère qui lui envoie, en retour, d’autres pots et la recette de la crème.

Au même moment, Helena trouve un emploi de vendeuse chez un pharmacien d’une ville voisine. Ce travail lui laisse plus de temps pour tester les résultats de ses expériences de fabrication de sa crème : ils sont, pour l’instant, visibles mais pas encore à la hauteur de ses attentes.

3.4 – Brisbane : Helena se concentre sur son projet

Helena souhaite davantage développer son projet de crème. Elle part alors à Brisbane rejoindre une amie rencontrée sur le bateau lors de sa traversée. Cette amie, c’est Lady Susanna, l’épouse de l’aide de camp du gouverneur du Queensland.

Helena présente sa crème et ses réflexions sur l’esthétique et les cosmétiques à Lady Susanna et ses amies. Grâce à cela, elle est très vite acceptée par la bonne société de Brisbane. Par le biais de ces contacts, Helena trouve un emploi de gouvernante auprès des enfants du gouverneur. Ce n’est pas l’emploi dont elle rêve, toutefois, la paie est correcte et ses horaires lui laissent suffisamment de temps pour se consacrer à ses recherches.

Au bout de deux ans, le gouverneur est muté à Bombay, la jeune femme part pour Melbourne.

3.5 – Melbourne : un premier institut de beauté

Dans cette nouvelle ville, Helena cumule plusieurs emplois de serveuse. Son temps libre est très limité mais elle l’utilise à améliorer sa crème.

Quand un jour, enfin, avec le matériel d’un pharmacien, Helena parvient à reproduire la fameuse crème de son enfance !

La jeune entrepreneuse se met d’abord à vendre son produit sur les marchés et en porte-à-porte. Puis, en 1902, elle démissionne de son emploi, ouvre son premier institut de beauté qu’elle nomme “Maison de beauté Valaze”, du nom de sa crème fétiche, et monte sa société Helena Rubinstein & Company.

Il faut souligner que la réussite d’Helena est aussi liée au contexte de l’époque. 1902 est, en effet, une année charnière pour les australiennes qui obtiennent, cette année-là, le droit de vote. Les mouvements féministes se développent en même temps que l’industrie des cosmétiques. Les femmes veulent se faire belles, prendre soin d’elles, de leur apparence. Le maquillage, par exemple, jusqu’alors réservé aux prostituées, devient un acte revendicatif, l’affirmation d’une indépendance nouvelle. Ainsi, comme nous le dit Sylvain Bersinger :

“Helena se trouve, par hasard, au bon endroit au bon moment.”

La jeune femme l’a bien compris et l’utilise dans ses publicités où la beauté physique est directement associée à l’émancipation des femmes.

Le premier institut d’Helena est un succès. Chic, élégant et délibérément haut de gamme, de riches femmes viennent y acheter des crèmes, se faire masser ou y demander des conseils en matière d’esthétique.

3.6 – Une entreprise en plein essor

Grâce au bouche-à-oreille, le salon d’Helena devient vite victime de son succès. Et comme il lui est impossible, au début, d’embaucher, elle doit tout faire seule avec l’aide de quelques admirateurs.

Le succès se poursuivant, Helena acquiert, au fil du temps, une belle réputation et parvient à faire croître son activité. Elle ouvre deux nouveaux salons de beauté : à Sydney, en 1907 puis à Wellington (Nouvelle-Zélande) en 1908. L’entrepreneuse emploie la plupart de ses sœurs pour travailler avec elle.

À cette époque, Helena rencontre aussi l’amour et se marie avec un avocat américain passionné d’art et de littérature, Edward William Titus. Ce dernier devient directeur du marketing et de la publicité de son entreprise. Elle aura deux garçons avec lui, mais en véritable bourreau de travail, Helena délaissera souvent, au cours de sa vie, son mari et ses enfants. Aussi, le couple divorcera quelques décennies plus tard, après une vie de couple particulièrement mouvementée.

3.7 – La conquête de l’Europe

En 1908, Helena se fait désormais appelée “Madame” et veut conquérir l’Europe.

  • Londres

Lorsqu’elle arrive à Londres, la jeune femme ne connaît personne. Perçue “comme une étrangère, juive et roturière dans une société encore très conservatrice”, elle se crée des origines dans l’aristocratie russe ou viennoise pour se faire accepter. La chance aidera aussi : Helena arrive, encore une fois, au bon moment. Les londoniennes y revendiquent un fort besoin d’émancipation. À Londres, Madame propose de nouveaux produits cosmétiques et du maquillage. Elle fonde la branche anglaise de son empire en devenir, la Helena Rubinstein Pty Ltd. Le succès est instantané.

  • Paris

À trente-six ans, Helena, grande amatrice d’art et de haute couture, rêve désormais de conquérir Paris. Dans la capitale française, elle rencontre tout le Paris des lettres, de la peinture et de la mode (Pablo Picasso, Jean Cocteau, Paul Poiret…). Elle adopte la même stratégie qu’à Londres : elle s’installe dans les beaux quartiers, mise sur une décoration flamboyante et soignée, lance une campagne de publicité massive et séduit la bonne société et les journalistes, quitte à mentir parfois un peu. En moins de deux ans, l’entreprise se dote de salons à Paris et d’une usine à Saint-Cloud.

3.8 – L’Amérique !

Après Londres et Paris, Madame s’embarque pour l’Amérique en 1914. Le “timing” est parfait : la Première Guerre mondiale éclate en Europe, donnant un coup d’arrêt aux affaires en Europe.

Aux États-Unis, deux éléments compliquent toutefois ses projets de conquête du marché américain :

  • D’abord, Madame est juive : les milieux aisés se montrent, à cette époque, très antisémites.
  • Ensuite, le marché américain de la beauté est déjà pris par une certaine Elizabeth Arden. “La rivalité entre les deux femmes sera sans merci et durera des décennies” déclare Sylvain Bersinger.

Malgré cela, le succès est fracassant. Madame y crée même des “écoles de beauté” qui forment des vendeuses spécialisées pour ses produits.

La renommée internationale acquise en conquérant l’Amérique permet désormais à Helena de faire la promotion de ses produits en se présentant comme la grande experte mondiale de la beauté.

3.9 – La richesse

Deux événements mondiaux vont jouer encore favorablement dans la suite de la trajectoire d’Helena Rubinstein :

  • Les années folles d’après-guerre vont libérer les femmes, et c’est une véritable aubaine pour l’industrie du maquillage et des cosmétiques.
  • Le krach boursier de 1929 qui ruine de nombreux entrepreneurs va, par le pur des hasards, enrichir l’entrepreneuse : enrichie par la vente de la branche américaine de son empire, Madame rachète les actions Helena Rubinstein qui s’écroulent au moment du krach boursier à un prix plus de trois fois inférieur au prix de vente.

Madame devient alors une des femmes les plus riches au monde. Bien qu’en âge de la retraite, Helena Rubinstein continue de travailler avec poigne et dynamisme dans son entreprise qui compte désormais 3 000 employés répartis sur les cinq continents de la planète.

3.10 – Une prospérité pérenne

Arrivant à se maintenir durant la Deuxième Guerre mondiale, l’entreprise prospère de plus belle après la guerre avec une classe moyenne avide de consommation. Au fil des années, la clientèle devient plus large, des concurrents apparaissent. Une gamme pour homme est lancée. La stratégie d’entreprise est revue régulièrement.

À 80 ans passés, Helena Rubinstein travaille toujours autant. Elle décède en 1965, à la tête d’une entreprise qui emploie plus de 32 000 salariés dans le monde. Son entreprise est rachetée une première fois par Colgate-Palmolive, puis par L’Oréal en 1988.

Chapitre 4 – Margaret Rudkin, celle qui changea le pain en or

Ce quatrième récit d’”Entrepreneurs atypiques” est celui de Margaret Rudkin, une mère de famille bourgeoise, qui va connaître la fortune grâce à une recette de pain improvisée, n’ayant pas pour but du tout, au départ, d’être vendue. Il s’agit de l’histoire de la célèbre entreprise “Pepperidge Farm”.

biographie entrepreneurs atypiques Margaret Rudkin pain

4.1 – Une enfance modeste et sans histoires

Margaret Fogarty naît le 14 septembre 1897 à New York. Ses parents Joseph et Margaret Healy Fogarty, tous deux descendants d’immigrés irlandais, ont six enfants. Margaret est l’aînée.

Toute la famille et la grand-mère de Margaret vivent dans un immeuble modeste. L’enfance de la petite Margaret est sans histoires. C’est une élève brillante qui termine ses études secondaires avec le titre de valedictorian, soit l’équivalent, en France, d’un bac avec mention très bien.

4.2 – Mariage et train de vie aisé

Au sortir de ses études, la jeune Margaret enchaîne divers emplois à New York : comptable, guichetière dans une banque, secrétaire particulière dans un cabinet de courtage. Le courtier associé du cabinet de courtage où elle travaille, Henry Albert Rudkin, devient son mari en 1923. Le couple donne naissance à trois enfants : Henry en 1924, William en 1926, puis Mark en 1929.

La famille s’installe dans une demeure cossue en bord de mer à Fairfield, dans le Connecticut, une riche banlieue de New York, avec domestiques. Le couple Rudkin joue au golf, au polo, se promène à cheval, chasse et fréquente les mondanités locales. Margaret “s’occupe surtout de suivre les devoirs des enfants et de prendre le thé avec ses nouvelles amies”.

4.3 – Fini la belle vie  

En octobre 1929, le krach boursier et la grande dépression mettent fin à cette vie luxueuse. Non seulement les affaires d’Henry Rudkin périclitent, mais, en plus, une chute de cheval alite l’homme durant six mois, engendrant une situation financière vraiment difficile. Le couple doit vendre ses voitures de luxe, ses chevaux, se sépare de ses domestiques et cesse de dépenser dans des loisirs coûteux.

“Pour boucler les fins de mois, Margaret vend les pommes qui poussent sur sa propriété et élève des dindes.”

4.4 – De la nécessité de fabriquer son pain à l’idée d’en faire un business

À cette même période, Mark, le dernier des trois garçons de la famille, alors âgé de 8 ans, se met à faire des crises d’asthme et connaît diverses allergies qui l’empêchent de manger la plupart des aliments achetés dans le commerce.

Les spécialistes conseillent alors à Margaret de cuisiner elle-même le pain pour son fils. Soucieuse de suivre ces recommandations mais sans domestique, la mère de famille se met aux fourneaux. Son premier pain est un cuisant échec mais au bout de quelques mois, à force d’essais et d’erreurs, Margaret parvient à faire un pain non seulement délicieux mais très bénéfique sur la santé de son fils. Face à ce constat, le médecin de famille encourage Margaret à en faire commerce.

Margaret prend l’idée au sérieux et commence à l’échelle de son quartier. C’est un succès ! “Les petits pains de Margaret se vendent comme… des petits pains” nous dit Sylvain Bersinger. Et lorsque la boulangère en herbe propose un partenariat au chef de l’épicerie du quartier, celui-ci d’abord dubitatif, accepte avec un immense enthousiasme de collaborer lorsqu’il goûte les échantillons apportés par Margaret.

L’entreprise de Margaret est lancée. Pour trouver sa marque, elle s’inspire des arbres bordant sa villa, connus sous le nom de pepperidge tree. La boulangère emploie des ingrédients de première qualité (son créneau sera toujours celui du “haut de gamme” précise Sylvain Bersinger) et crée ses recettes selon les conseils culinaires prodigués par sa grand-mère irlandaise quand elle était petite.

4.5 – “Pepperidge Farm” prend son envol !

L’entreprise de Margaret prend véritablement son envol en 1937.

“La cuisine familiale devenant trop petite, c’est le garage que l’on transforme en fournil. […] En moins d’un an, la production atteint 4 000 pains par semaine. Même les journaux commencent à parler de ce pain si particulier.”

Margaret emprunte 15 000 dollars (l’équivalent de 500 000 dollars aujourd’hui) pour créer sa première boulangerie industrielle.

“La fabrication quitte le stade artisanal pour entrer dans une dimension industrielle : Pepperidge Farm produit désormais 50 000 pains par semaine.”

Les affaires sont plus ou moins suspendues pendant la Seconde Guerre mondiale mais l’entreprise redémarre dès 1945. Pepperidge Farm se développe alors considérablement :

  • Henry quitte son travail de financier et se lance dans l’aventure entrepreneuriale avec son épouse, accompagnés des deux fils aînés, Henry Jr et William.
  • De nouvelles usines sont créées en Pennsylvanie, puis dans l’Illinois, en 1953.
  • Des pains de différentes textures, farines et arômes font leur apparition, puis des biscuits et des pâtisseries (dont les fameux biscuits Goldfish).
  • Des campagnes publicitaires télévisées sont lancées et rendent Margaret Rudkin célèbre et emblématique pour la marque.
  • Margaret publie un livre de cuisine, le premier à figurer dans la liste des meilleures ventes du New York Times.

4.6 – Vente de l’entreprise à “Campbell Soup” et retraite

En 1961, Margaret vend son entreprise à la Campbell Soup Company pour 28 millions de dollars. Malgré la vente, Margaret Rudkin désormais âgée de 64 ans, conserve la direction de Pepperidge Farm, mais après quelques années, l’entrepreneuse passe progressivement le relais à son fils cadet William. Elle continuera toutefois d’intervenir dans diverses universités européennes et américaines jusqu’à prendre définitivement sa retraite en 1966, quelques mois après la mort de son mari.

Elle décède à presque 70 ans des suites d’un cancer. À sa mort, Pepperidge Farm vendait, chaque année, 70 millions de son fameux pain.

Chapitre 5 – Anita Roddick, l’union des affaires et de l’éthique

Dans cette nouvelle histoire des “Entrepreneurs atypiques”, Sylvain Bersinger nous révèle le parcours hors norme d’Anita Roddick, la fondatrice des fameux magasins de cosmétiques The Body Shop. Il nous explique comment l’entrepreneuse a réussi, et ce, en faisant exactement l’inverse de ce qui se fait habituellement dans l’industrie cosmétique et dans les affaires en général.

Anita Roddick the body shop histoire d'entrepreneurs

5.1 – Une enfance modeste

Anita Perella est née en 1942 à Littlehampton dans le sud de l’Angleterre. Elle et son jeune frère sont issus d’une relation extra-conjugale. Sa mère, Gilda, immigrée italienne arrivée en Angleterre comme nourrice, mariée, finira par divorcer de son époux pour finalement vivre avec son amant, le véritable père de ses enfants mais qu’on présenta comme le beau-père.

Anita grandit dans la petite communauté italienne, assez pauvre et peu ouverte de Littlehampton. Ses parents tiennent un café-restaurant et travaillent beaucoup pour des revenus modestes. La famille ne part jamais en vacances et vit dans la promiscuité de quelques pièces.

La petite Anita est une élève plutôt en difficulté. Sa mère, qui ne voit pas beaucoup d’intérêt à l’école, ne la motive pas dans ses apprentissages. C’est un professeur qui va lui donner le goût d’apprendre et la rendre finalement studieuse.

Enfant, Anita a l’occasion déjà d’apprendre quelques rudiments en matière de commerce :

  • Dans le café de ses parents, la fillette comprend l’importance de l’ambiance et du décor dans une activité commerciale.
  • Dans la cour de récréation, elle échange des bandes dessinées et chewing-gums américains et s’initie, en quelque sorte, à l’analyse de marché (en choisissant, par exemple, de ne pas vendre son stock rapidement pour éviter une baisse de prix).

Anita grandit et devient une adolescente semblable à toutes les autres. Elle décide de s’orienter vers l’enseignement. Ses études, à l’université de Bath, lui plaisent.

5.2 – Amours et passion des voyages

Lorsqu’elle a 20 ans, la jeune étudiante entreprend un séjour de quelques mois dans un kibboutz en Israël. Elle part ensuite à Paris où elle travaillera un an dans une librairie.

De retour en Angleterre, Anita occupe un poste d’enseignante à temps partiel. Mais sa passion pour les voyages prend le dessus : elle repart en Grèce, puis à Genève où elle décroche un emploi à l’ONU. Ce job ne lui convient pas. La baroudeuse démissionne et part voyager en sac à dos à Tahiti, en Australie et en Afrique.

Anita a 26 ans lorsqu’elle rentre en Angleterre et rencontre Gordon Roddick. Ce dernier est comme Anita : un original pour son époque. Agriculteur de formation, il est aussi poète et passionné de voyages. Anita et Gordon tombent amoureux. Deux enfants vont naître de leur union : Justine et Samantha. Le couple se marie un peu plus tard.

5.3 – De projets en projets

Alors qu’Anita donne des cours, Gordon essaye de vendre les textes qu’il écrit. Mais le couple ne parvient pas à obtenir des revenus réguliers.

Anita et Gordon décident alors de se lancer dans une activité saisonnière d’aubergistes, et parallèlement, dans la restauration, afin de compléter leurs revenus. Mais le couple s’épuise pour de bien faibles gains. Il décide d’arrêter et revend le restaurant, laissant place aux remises en question…

Pour Gordon, c’est le moment de réaliser son rêve de toujours : voyager à cheval de Buenos Aires à New York. Il quitte sa femme et ses deux filles le temps de cette aventure.

Anita, quant à elle, a une idée : pourquoi n’ouvrirait-elle pas un magasin de cosmétiques ? Une boutique qui, “loin du clinquant des grandes enseignes”, proposerait des produits naturels ?

Depuis toujours, Anita s’irrite de constater que, très souvent, sur le marché, les produits cosmétiques s’achètent à des prix inabordables, n’ont rien de naturels, sont élaborés à base de tests sur les animaux et créent finalement de faux besoins chez les consommateurs au lieu de satisfaire leurs attentes réelles. La jeune femme décide alors de “la créer elle-même, sa boutique rêvée”.

5.4 – Première boutique “The Body Shop”

Au tout début de son projet, Anita peine à obtenir un prêt bancaire et à trouver un fournisseur qui accepte de l’approvisionner selon les caractéristiques des produits qu’elle désire. Mais cette étape de création d’entreprise lui apprend finalement les ficelles de l’entrepreneuriat : Anita ajuste ses stratégies et finit par convaincre une banque et un petit herboriste de la région comme fournisseur.

En 1976, Anita Roddick ouvre son premier magasin à Brighton, une ville étudiante et “bobo”, selon le terme utilisé de nos jours.

Le nom de sa boutique, The Body Shop, s’inspire d’un magasin de produits biologiques qu’elle a connu lors d’un voyage aux États-Unis (des années plus tard, Anita sera d’ailleurs contrainte de racheter très cher le nom de cette marque en quelque sorte dérobée).

Dès le début, Anita imprime sa marque et son style. Son concept se veut novateur pour l’époque et consiste à faire du fonctionnel pas cher. Anita dévore tous les livres traitant des soins dermatologiques, expérimente et se perfectionne : elle parfume, par exemple, la rue pour attirer les passants dans sa boutique, ou encore instaure un concept de flacons de cosmétiques consignés. Enfin, chose rare chez les commerçants : Anita paie ses fournisseurs comptant, et construit ainsi de solides relations de confiance avec eux.

5.5 – Une affaire menée par la nécessité et la passion

Les débuts sont loin d’être simples. La jeune entrepreneuse est confrontée à plusieurs problèmes. Elle y fait face mais le magasin vivote. Pourtant, elle envisage déjà, “avec cette insouciance propre aux néophytes”, d’ouvrir un autre magasin. Ne trouvant aucun banquier pour la suivre dans cette aventure, c’est un ami qui accepte finalement d’investir en échange de la moitié des parts :

“Cet homme aura réalisé l’un des plus beaux investissements que l’on puisse imaginer. Sa mise de départ sera multipliée par environ 10 000 en une vingtaine d’années…”

Et petit à petit, l’affaire prend son essor. Pour Anita, ce sont la nécessité et la passion qui expliquent cette réussite :

  • La nécessité de devoir gagner sa vie lui donne, à ce moment-là, une force immense, car elle n’a finalement pas le droit à l’erreur : “elle ne compte ni ses heures ni sa sueur, car il faut bien rapporter de quoi remplir le frigo” nous dit Sylvain Bersinger.
  • La passion, car c’est elle qui lui fait croire fermement à ce qu’elle fait.

Enfin, Mark Constantine, un herboriste original et hors normes sociales, qui deviendra l’un des principaux fournisseurs d’Anita, a aussi beaucoup participé au succès de The Body Shop.

5.6 – Chaîne de franchises 

Lorsque Gordon revient de son périple, le couple vend le petit hôtel familial et se lance en tandem à la tête de l’entreprise :

  • Anita se charge de la vente et des produits.
  • Gordon s’occupe de la logistique, de l’administration, de la comptabilité et des finances.

Ils développent une sorte de réseau de franchise : ami ou relation désirant ouvrir sa boutique et possédant suffisamment de fonds peuvent se lancer. De cette manière, une multitude de magasins en franchise s’ouvrent en Angleterre mais aussi à Bruxelles, Stockholm et Athènes.

5.7 – Un concept différent 

Le concept de The Body Shop, c’est aussi :

  • Zéro budget publicitaire ;
  • Un budget minimal dans le marketing et le packaging ;
  • L’utilisation de produits naturels avec refus de les tester sur des animaux ;
  • Une forte implication dans des causes sociétales.

Et le succès est là ! L’absence totale de publicité et de communication est palliée par les médias et un bouche-à-oreille grandissant.

5.8 – Le grand saut dans le marché boursier

En 1984, The Body Shop fait son entrée en Bourse, non pas pour lever des fonds comme c’est habituellement le cas, mais dans le but de :

  • Assurer une sécurité financière au couple Roddick.
  • Redorer l’image de The Body Shop dans les milieux financiers et économiques.
  • Attirer la presse et se faire de la publicité gratuitement.
Les lecteurs de cet article ont également lu :  La semaine de 4 heures (deuxième édition)

5.9 – Une culture d’entreprise très forte

La culture d’entreprise de The Body Shop est très forte et marquée :

  • Très engagée, la marque s’associe avec plusieurs organisations non gouvernementales (Greenpeace, Les amis de la Terre, Amnesty International….), et les Roddick ont très vite employé leur argent et profiter de la notoriété de leur chaîne à la défense de causes politiques qui leur sont chères (défense de l’environnement, l’aide au tiers-monde, les droits de l’homme…).
  • The Body Shop prend soin de recruter des professionnels en phase avec les valeurs et la vision de la maison.
  • Le management et l’organisation de l’entreprise est très spécifique et originale.

5.10 – Une fin décevante

Malade, Anita Roddick meurt à l’âge de soixante-quatre ans, en 2007.

  • Une année plus tôt, en 2006, The Body Shop est vendu à L’Oréal qui, “horreur suprême pour une telle entreprise, aurait pratiqué des tests sur des animaux.”
  • En 2017, The Body Shop, qui compte plus de 3000 franchises dans plus de 60 pays, est revendu au brésilien Natura.

Les entrepreneurs atypiques” conclut sur cette histoire :

“Qu’importe si la chute de cette aventure déçoit un peu, si The Body Shop a fini par se faire croquer par les gros poissons qui écœuraient tant Anita. Elle aura construit à la force du poignet une chaîne originale et prospère de magasins, et prouvé qu’une entreprise peut s’envoler en bourse sans forcément perdre son âme.”

Chapitre 6 – Liu Chuanzhi, le précurseur chinois

La sixième histoire des “Entrepreneurs atypiques” relaté par Sylvain Bersinger est celle de Liu Chuanzhi, fondateur de Lenovo. Elle se déroule en Chine dans le début des années 1980, où l’économie de marché est encore très récente. Le pays sort tout juste du règne de Mao qui avait entièrement “cadenassée l’économie” et interdit aux chinois de créer une entreprise sous peine d’emprisonnement.

entrepreneur chinois Liu Chuanzhi biographie

6.1 – Brillantes études dans un contexte politique défavorable

Liu Chuanzhi naît en 1944 près de Shanghai. Son père est banquier. En 1949, l’arrivée au pouvoir des communistes de Mao oblige le père de Liu à partir à Pékin pour travailler à la Bank of China, l’une des plus grandes banques commerciales d’État.

Liu obtient l’équivalent chinois du baccalauréat en 1962. Il rêve de devenir pilote de chasse. Mais ses projets aéronautiques sont compromis quand son père est dénoncé comme étant “de droite”.

Il effectue des études en électronique dans une prestigieuse université puis exerce le métier d’ingénieur dans les radars, dans l’armée. Mais peu convaincu par son patriotisme, le régime refuse finalement au jeune homme de travailler dans l’aviation.

6.2 – Remises en question et rêve d’entreprendre

De 1970 à 1984, Liu Chuanzhi occupe un poste à Pékin dans un Institut d’informatique, puis quelques mois à l’Académie chinoise des sciences. Mais à quarante ans, Liu n’arrive pas à s’épanouir professionnellement. Il voudrait gagner plus d’argent pour faire vivre ses trois enfants et le reste de sa famille. Il rêve d’innover et de créer son entreprise pour vendre ses propres produits.

Ainsi, en novembre 1984, Liu Chuanzhi démissionne de son emploi et décide de se lancer dans l’entrepreneuriat, avec dix autres collègues ingénieurs.

Tous ensemble, ils fondent une entreprise informatique. La société s’appelle “Entreprise de développement de nouvelles technologies de l’Académie des sciences informatiques chinoises”.

C’est l’Académie chinoise des sciences, l’ancien employeur des 11 ingénieurs qui les aident à démarrer financièrement, situation quasiment improbable dans la Chine post-maoïste où, quelques années plus tôt, on risquait la prison si l’on affichait trop ouvertement ses sympathies entrepreneuriales et capitalistes.

L’entreprise démarre dans un local de 20 m² et commence par importer des télévisions. Mais pour ces ingénieurs qui ne s’y connaissent pas du tout en affaires, commerce et entrepreneuriat, c’est un véritable échec.

6.3 – Après plusieurs échecs, la voie du succès

  • De l’idée au succès

L’entreprise de Liu Chuanzhi s’installe dans le quartier de Zhongguancun à Pékin, ce quartier technologique et industriel en plein essor qui, après l’ouverture de la Chine au monde, deviendra une sorte de Silicon Valley chinoise.

Suite à leurs déconvenues, Liu et son équipe décident de s’orienter vers le contrôle qualité des ordinateurs. Mais c’est un nouvel échec.

Les ingénieurs n’abandonnent pas pour autant : ils ont une nouvelle idée. Ils ont, en effet, réussi l’exploit d’adapter, sur les claviers de PC d’IBM, les caractères anglais pour en faire des caractères chinois (la difficulté étant que, dans l’écriture chinois, un signe représente un mot). L’équipe se lance alors dans cette direction qui va enfin les conduire au succès !

  • Un nouveau nom : Legend

En plein développement, l’entreprise est rebaptisée Legend. Au début des années 1990, le marché de l’informatique, en Chine, n’en est qu’à ses balbutiements mais il est très prometteur. Contrairement à ses concurrents américains qui vendent des ordinateurs chers et sophistiqués, Legend a compris les besoins des chinois : l’entreprise se met à fabriquer des appareils plutôt bon marché et simples d’utilisation.

  • Entrée en bourse

En 1994, Legend lève trente millions d’euros et entre à la bourse de Hong-Kong. L’entreprise devient membre du Hang Seng Index (sorte de CAC 40 hongkongais). Des perspectives à l’international s’entrouvrent.

6.5 – Management et culture d’entreprise innovante

Liu s’inspire du fameux “HP way” de Hewlett-Packard pour gérer sa société : un mélange de hiérarchie horizontale, de proximité avec ses salariés et une obsession de l’innovation.

À ses débuts, Liu avoue pourtant s’être comporté “comme un petit dictateur” pour faire respecter règles, hiérarchie et ponctualité. Mais au fil des ans, l’entrepreneur novice apprend. Il instaure une culture d’entreprise et un management plus souple : le “Lenovo way”, dont les trois mots d’ordre sont “construire une équipe solide, instaurer une stratégie, et diriger l’équipe”.

D’autre part, Liu Chuanzhi privilégie “la solidité à long terme plutôt que le profit à court terme”. Il est l’un des premiers entrepreneurs chinois à adopter les mécanismes de gouvernance des entreprises occidentales, bien loin de la culture locale. Cette approche a largement favorisé l’expansion de l’entreprise à l’international.

6.6 – Lenovo, numéro un de l’informatique dans le monde

En 1996, l’entreprise est leader sur le marché des PC en Chine. Mais pour se lancer hors de Chine, Legend doit changer de nom (celui-ci étant déjà beaucoup utilisé dans le monde). En 2002, l’entreprise est rebaptisée Lenovo.

En 2005, Lenovo rachète la branche PC d’IBM pour 1,5 milliard de dollars.

“Au-delà de l’entreprise, c’est un symbole pour toute la Chine : c’est la première fois qu’une entreprise chinoise rachète une grande entreprise américaine. Grâce à ce rachat, que la presse financière a comparé à “un serpent qui avale un éléphant” pour souligner la grande taille d’IBM et l’audace de l’opération, Lenovo est momentanément devenue le numéro un mondial de l’informatique.”

Malgré le succès et la fortune, Liu Chuanzhi est aujourd’hui connu pour être un homme très simple et l’un des rares entrepreneurs chinois à parler de politique. Il a été un maillon essentiel dans le changement de l’économie chinoise et donc du monde.

Chapitre 7 – Oprah Winfrey, reine de la télé

Aux États-Unis, Oprah Winfrey est une célébrité à l’enfance peu joyeuse et au parcours qui force l’admiration. Dotée d’une aura et d’une personnalité prometteuse, cette femme a su s’imposer et bâtir un empire médiatique dans le monde de la télévision et du divertissement.

Oprah Winfrey présentatrice reine de tv parcours

7.1 – Une enfance marquée par la violence familiale

Oprah Winfrey naît le 29 janvier 1954 dans une petite commune du Mississippi. Son véritable prénom est Orpah, mais comme tout le monde écorche son prénom en plaçant mal le “r”, elle finit, des années plus tard, par changer son prénom en Oprah.

Oprah n’est pas une enfant désirée. Sa mère, Vernita Lee, tombe enceinte par accident à l’âge de dix-huit ans. Bien que ses parents n’aient jamais vraiment vécu ensemble, Oprah garde contact avec son père, Vernon Winfrey, un mineur, qui sera aussi militaire et coiffeur.

Peu après la naissance de la petite Oprah, sa mère, qui travaille comme domestique, part dans le Wisconsin, à la recherche d’un meilleur salaire. Elle laisse la fillette à sa grand-mère, une femme pauvre qui l’élève “à la dure à la campagne”. À l’école, Oprah subit les moqueries de ses petits camarades.

À six ans, Oprah retourne vivre avec sa mère et sa demi-sœur, dans un minuscule appartement. Des oncles, cousins ou amis, tous sans argent, squattent régulièrement la seule chambre à coucher. La mère d’Oprah est, quant à elle, rarement à la maison : elle fait des ménages du matin au soir pour nourrir ses enfants. De neuf à quatorze ans, Oprah est victime d’abus sexuels de la part de ces oncles et cousins.

Élève brillante mais psychologiquement instable, la fillette rencontre des problèmes de discipline qui ternissent son parcours scolaire pourtant prometteur.

7.2 – Un talent et des débuts précoces dans l’animation radio et télévisuels

À quatorze ans, Oprah tombe enceinte. Son enfant meurt à la naissance. L’adolescente déménage chez son père à Nashville, dans le Tennessee, qui la fait travailler dans son magasin.

Bien que très autoritaire, le père d’Oprah lui apporte un peu de stabilité et l’encourage dans ses études. Il l’oblige à lire et lui faire le résumé d’un livre chaque semaine. Petit à petit, le talent d’oratrice d’Oprah se révèle. En plus de devenir une élève excellente, la jeune fille remporte plusieurs concours d’éloquence, de Miss et de “popularité”.

Ces victoires lui offrent des opportunités qui vont sceller son destin professionnel :

  • Une victoire lui permet de décrocher une bourse pour entrer à l’université d’État du Tennessee : elle y étudie la communication.
  • Son “style direct et franc” et sa voix “pleine d’énergie et de vitalité” séduisent une station de radio noire locale, la WVOL, qui lui propose de mener une émission en direct.
  • Oprah crève l’écran lors la diffusion télévisée d’un concours de beauté dans lequel elle est la gagnante.
  • Convaincue qu’Oprah possède un don de présentatrice de télévision, la télévision locale, l’embauche à plein temps.

7.3 – Une carrière télévisuelle prometteuse

  • Présentatrice du journal télévisé de Nashville : Oprah devient, à l’âge de 19 ans, la première femme (noire qui plus est) à présenter le journal télévisé à Nashville. Mais la jeune femme rêve de plus grand…
  • Présentatrice du journal télévisé de la chaîne WJZ-TV : Après trois ans comme présentatrice au journal télévisé de Nashville, Oprah part à Baltimore où elle trouve un job de présentatrice dans le journal de la chaîne locale WJZ-TV.
  • Co-animatrice du talk-show “People are talking” : L’animateur vedette de la chaîne, Richard Sher, repère rapidement la jeune présentatrice et lui propose d’animer, avec lui, son talk-show du matin :  “People are talking“. “Et là, c’est le Succès, le vrai, avec un grand “S” ! nous dit le livre “Les entrepreneurs atypiques“. “Son style proche des gens, enthousiaste, sa capacité à mettre les intervenants à l’aise et à communiquer font un malheur.”

Très populaire localement, Oprah part à Chicago en 1983 : elle vient de vivre une douloureuse rupture amoureuse et a besoin de se changer les idées.

  • Présentatrice du talk-show “AM Chicago” : À Chicago, la WLS-TV lui propose d’animer “AM Chicago“, un talk-show matinal aux audiences en berne ; en quelques mois seulement, l’émission devient la plus regardée de Chicago !

7.4 – Oprah Winfrey, figure montante et innovante de l’audiovisuel

Ce que propose Oprah Winfrey est, en fait, pour le début des années 1980, une véritable innovation :

“Elle dépoussière le concept, parle de sujets glamour, sexy, un rien voyeuristes. Mais surtout, elle a un don pour communiquer avec ses invités, les mettre en confiance, écouter ce qu’ils disent et poser la bonne question. […] Dans son talk-show, il y a de l’émotion, de la vie, de la joie et parfois des pleurs aussi.”

Oprah Winfrey devient une femme riche (30 millions de dollars de salaire annuel) et célèbre. Mais ce qui va faire sa renommée internationale, c’est le fameux talk-show qu’elle lance en 1986 : “The Oprah Winfrey Show“. Avec cette émission, la jeune femme, qu’on appelle désormais juste “Oprah” ou même “O”, devient incontournable dans le paysage audiovisuel américain.

Et selon “Les entrepreneurs atypiques“, Sylvain Bersinger se distingue dans ce paysage car :

  • Elle “prend le contre-pied de la télé-poubelle alors en plein essor au début des années 1990”.
  • Son talk-show parle de politique, de développement personnel et de spiritualité.
  • Dans son “Oprah’s Book Club“, elle aborde des sujets de livres et s’entretient avec des auteurs inconnus qui, suite à leur passage télé, deviennent des vedettes.

7.5 – Oprah crée son empire

  • Dans le secteur audiovisuel

En 1986, Oprah Winfrey crée sa société de production, Harpo Productions (Harpo est son prénom écrit à l’envers).

Pour la télévision, son studio produit :

    • Sa célébrissime émission “Oprah Winfrey Show” de 1986 à 2011 : c’est le talk-show le plus regardé de la télévision américaine et diffusé dans environ 140 pays. Cette émission est tellement culte que le Wall Street Journal a même inventé le mot “Oprahfication” pour nommer le fait de se confesser en public, l’une des spécialités d’Oprah Winfrey.
    • D’autres émissions qu’elle présente elle-même comme “le Oprah Prime” (de 2012 à 2015) ou “Oprah : Where Are They Now ?” (de 2012 à 2017).
    • Des émissions d’autres personnalités, comme “Dr. Phil“, “Rachel Ray” ou “The Rosie Show“.

Au-delà de la télévision, l’entrepreneuse produit aussi des films jusqu’en 2013 et des émissions de radio jusqu’en 2015.

  • Dans le monde de l’édition

Enfin, Oprah se lance dans l’édition. Elle :

    • Commercialise son propre magazine : “O, The Oprah Magazine“.
    • Publie des livres dont elle n’est pas l’auteur mais qui portent sa marque.

En réalité, Oprah Winfrey opère en véritable chef d’entreprise. Sa stratégie est de capitaliser sur sa popularité télévisuelle pour monter des affaires dans des secteurs parallèles (cinéma, radio, journaux) et ainsi les diversifier.

7.6 – Une personnalité à succès

“En fait, ce que vend Oprah, c’est elle-même : son style, sa notoriété, son nom et son visage connus de tous les Américains et appréciés par nombre d’entre eux.”

Pour Sylvain Bersinger, Oprah fait partie de ces entrepreneurs atypiques qui réussissent car ils sont animés par :

  • Une ambition dévorante.
  • Un désir sincère et profond de faire évoluer la société.
  • Une volonté de s’enrichir, sans que la fortune ne soit, pour autant, l’objectif premier. En effet, selon Sylvain Bersinger :

“Oprah est d’abord guidée par une passion qui fait d’elle une bûcheuse brillante et acharnée. Ce qui lui a permis de s’enrichir, et non l’inverse.”

  • Une capacité d’innovation : le concept du talk-show existait avant Oprah mais elle a su y apporter une touche personnelle “en le rendant plus proche des gens et en jouant sur la corde de l’émotion”. D’ailleurs :

“Bien souvent, le succès en affaires ne consiste pas tant à inventer quelque chose de révolutionnaire qu’à apporter à quelque chose d’existant une touche nouvelle qui fait toute la différence.

7.7 – Cinéma, engagements philanthropiques et politique

En plus de sa vie d’entrepreneuse, Oprah Winfrey s’est prêtée au jeu d’actrice à plusieurs reprises. On l’a vue, notamment, dans le célèbre film de Steven Spielberg, “La Couleur pourpre” qui lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1986.

Par ailleurs, Oprah Winfrey défend, depuis toujours, de nombreuses causes et s’est engagée dans de multiples activités philanthropiques. Par exemple, elle :

  • A soutenu le Child Protection Act en 1993.
  • S’est opposée à l’invasion de l’Irak en 2003.
  • A distribué des centaines de millions de dollars aux associations caritatives dans le monde entier pour l’éducation, la culture, l’aide aux victimes de catastrophes naturelles.
  • A offert une certaine visibilité à la cause homosexuelle et transsexuelle.

Mais Oprah Winfrey suscite aussi des critiques, sur deux points notamment, décrits par Sylvain Bersinger :

  • “Sa vision très centrée sur l’individu, qui veut que chacun soit responsable de sa propre vie et ne reçoive, au fond, qu’à proportion de ses efforts et de son mérite”.
  • “Sa tendance à étaler des émotions, les siennes et celles des autres, pour attirer le téléspectateur. Sur ce point, cependant, son émission pourrait presque être qualifiée d’intellectuelle, si on la compare aux autres talk-shows qui donnent dans une débauche de sensationnalisme et de mauvais goût.”

Première Afro-Américaine à devenir milliardaire (sa fortune est estimée à 2,8 milliards de dollars), Oprah Winfrey est considérée comme l’une des femmes les puissantes et influentes de la planète. Aujourd’hui, son aura dépasse largement le monde de l’entreprise et de la télévision. Il se murmure même qu’elle pourrait se lancer en politique.

Chapitre 8 – Patrice Motsepe, celui qui trouva le bon filon

Avec cette nouvelle histoire d’Entrepreneurs atypiques, Sylvain Bersinger nous emmène en Afrique, où malgré une croissance ces dernières années, peu d’entrepreneurs ont connu une réussite mondiale :

“Entreprendre en Afrique implique bien souvent d’avoir à franchir des obstacles qui ne se présentent pas dans les pays riches : instabilité politique et juridique, poids administratif, infrastructures insuffisantes… La réussite de ces entrepreneurs n’en est que plus méritoire.”

Et c’est le cas de cet autre personnage d'”Entrepreneurs atypiques”, Patrice Motsepe qui, parti de rien, est devenu un homme d’affaire milliardaire.

biographie entrepreneurs atypiques réussite Patrice Motsepe

8.1 – Des parents commerçants

Patrice Motsepe, naît le 28 janvier 1962 à Soweto, une banlieue noire et pauvre de Johannesburg composée en grande partie de bidonvilles (townships). Sa famille fait toutefois partie de la classe moyenne noire sud-africaine. Le père de Patrice, Augustine Butana Chaane Motsepe (surnommé ABC), un instituteur engagé et activiste, se voit un jour obligé de cesser son activité pour avoir critiqué le régime de l’apartheid. Banni de la ville, ABC ouvre un spaza shop, un petit magasin plus ou moins légal.

Dans cette boutique, le petit Patrice s’initie au commerce dès l’âge de six ans, car il y aide son père durant ses vacances. Le garçon apprend d’abord de son père qu’il est essentiel de ne jamais laisser dormir son épargne mais de toujours réinvestir pour se développer. Ensuite, il comprend l’importance de toujours satisfaire le client en observant la façon ardente de travailler des nombreux commerçants indiens dans son environnement.

Le jeune Patrice accumule divers petits jobs pour arrondir leurs fins de mois. Il aide également sa mère qui a monté une petite affaire.

8.2 – Études de droit et abolition de l’apartheid

Patrice est un élève discipliné. Il est scolarisé, avec ses 7 frères et sœurs, dans une école privée de meilleur niveau que ceux que fréquentent généralement les pauvres. Il est travailleur.

À l’université du Swaziland, le jeune homme s’oriente vers le droit. L’étudiant obtient un Bachelor of Arts (notre licence en quelque sorte). Puis, il poursuit des études de droit des affaires dans une université très renommée (Witwatersrand) à Johannesburg.

En 1991, Patrice quitte son pays pour les États-Unis où il exerce le métier de juriste. Mais le régime de l’apartheid ne tarde pas à tomber, faisant de l’Afrique du Sud une démocratie avec Mandela comme président. Un programme de discrimination positive est mis en place pour favoriser la carrière des Noirs et leur permettre de détenir plus de capital d’entreprises. Patrice y voit une opportunité à saisir et rentre au pays.

8.3 – Du métier d’avocat à entrepreneur 

Patrice occupe d’abord un emploi d’avocat dans le cabinet Bowman Gilfillan, ce qui fait de lui “le premier homme noir sud-africain associé” dans un cabinet d’avocats. Le jeune homme se spécialise ensuite en droit minier, un secteur encore raciste et majoritairement dominé par les Blancs.

La fibre entrepreneuriale le démange et, fort de son expérience acquise dans le secteur minier, il se lance dans l’exploitation aurifère en 1997. Sa première société, Future Mining, se spécialise dans la collecte de poussière d’or dans les puits des mines en proposant des services de sous-traitance aux entreprises minières.

L’entrepreneur adopte des stratégies nouvelles, et cela fonctionne ! Il :

  • Implémente un nouveau système de rémunération pour les mineurs : ces derniers bénéficient d’un salaire moins élevé que ce qui se fait normalement mais se voit proposer un intéressement sur le résultat.
  • Casse les prix pour s’implanter, quitte à ne pas pouvoir louer de bureau. Il sera d’ailleurs, pour cela, surnommé dans la profession “Monsieur attaché-case”.
  • Rachète des mines délaissées ou sous-exploitées moins riches en minerai dans le but de les rendre rentables, et ce, malgré les critiques des autres entreprises du secteur qui le prennent pour un illuminé.

En 1997, Patrice Motsepe crée une nouvelle société : African Rainbow Mineral.

8.4 – La surprenante réussite de Patrice Motsepe

À ce moment-là, personne ne croit au projet de Patrice Motsepe. Pourtant, à la fin des années 1990, et à la surprise générale, le jeune homme d’affaires relève le défi de rendre ses mines rentables.

En fait, selon “Les Entrepreneurs atypiques“, plusieurs facteurs semblent avoir joué en sa faveur :

  • Les nouvelles lois qui facilitent les affaires aux Noirs.
  • Des relations bien placées à l’African National Congress (ANC), le parti de Nelson Mandela (Sylvain Bersinger précise qu’il est toutefois difficile de démêler le vrai du faux à ce sujet, le monde politique et celui des affaires n’étant jamais vraiment transparents).
  • L’absence de dépenses inutiles mais habituelles dans les entreprises traditionnelles (bureaucratie, beaux bureaux…).
  • La baisse du prix de l’or : avec des prix bas, plusieurs mines ferment, et les mineurs sont prêts à accepter des conditions de travail moins avantageuses.

Mais le nouvel entrepreneur bouleverse le secteur et n’est donc pas forcément bienvenu. Sa stratégie est alors de s’associer avec les grands noms du secteur plutôt que de les affronter. Il fonde, notamment, une coentreprise avec Harmony Gold, la douzième compagnie minière au monde.

Les entreprises de Patrice Motsepe sont aujourd’hui implantées dans d’autres minerais (le cuivre, le platine) et se sont développées à l’international (Zambie, Zimbabwe, Papouasie-Nouvelle-Guinée).

Les lecteurs de cet article ont également lu :  A Sense of Urgency - John P. Kotter

8.5 – Un entrepreneur aujourd’hui milliardaire

À la tête d’une fortune de 2,5 milliards de dollars, Patrice Motsepe :

  • Est, en 2012, l’homme le plus riche d’Afrique du Sud (et, en 2008, le 503e homme parmi les plus riches du monde).
  • Est le premier noir d’Afrique du Sud à devenir milliardaire, un symbole pour la communauté noire sud-africaine et les entrepreneurs africains d’une manière générale.
  • A financé la construction de routes dans son pays et racheté le club de foot sud-africain Mamelodi Sundowns.
  • A signé la campagne “Giving pledge” lancée par Bill Gates et Warren Buffet qui invitent les milliardaires à léguer au moins 50 % de leur fortune à des œuvres de charité après leur mort.

“Jusqu’ici, plus que sa fortune amassée, son parcours a prouvé que le succès entrepreneurial est possible en Afrique du Sud, pavant la voie pour la génération suivante, et c’est déjà beaucoup !”

Chapitre 9 – Joy Mangano, ces petites inventions qui font de grandes différences

Pour Sylvain Bersinger, le parcours de Joy Mangano, mère célibataire aux maigres moyens, est symbolique de l’American way of life. À tel point que les américains en ont fait une adaptation au cinéma. L’auteur nous raconte, dans ce nouveau récit de vie des “Entrepreneurs atypiques“, l’histoire de cette femme qui a réussi à devenir riche en inventant une serpillière.

Joy Mangano parcours atypique biographie entrepreneurs

9.1 – Un esprit inventif précoce

Joy naît le 16 février 1956 dans la grande banlieue de New York. Sa famille fait partie de la classe moyenne américaine : “un pavillon en banlieue, deux enfants (elle et son frère aîné, John), une mère au foyer et un père, Rudy, qui assure les revenus de la famille”. Ce dernier, fils de très modestes immigrés italiens, gère une petite entreprise de transport en bus, puis un garage. Toots, la mère de la petite Joy, d’un milieu plus aisé, élève ses enfants mais travaillera ensuite dans la mode. Rudy et Toots ne cessent de se disputer et divorceront quelques années plus tard.

Joy est décrit par Sylvain Bersinger comme une enfant timide, réservée, “plutôt frêle”, “bonne élève, studieuse, mais sans don particulier pour l’école”. Deux traits marquent sa personnalité :

  • Son aptitude créative : Joy adore créer et inventer de nouvelles choses.
  • Sa passion pour le ski : à quinze ans, Joy intègre une école de sport-études, mais abandonne vite… sa silhouette est trop menue pour faire d’elle une championne olympique comme elle en rêvait.

Après son baccalauréat (du moins l’équivalent), la jeune femme de 17 ans occupe, pendant 1 an, un emploi d’assistante vétérinaire. Dans cette clinique vétérinaire, elle a l’idée d’inventer un collier fluorescent pour les chiens. Elle présente son idée à son responsable, impressionné. Mais elle n’ira pas plus loin. Quelques mois plus tard :

“Une publicité vantant les mérites d’un collier ressemblant en tout point au sien retient son attention… Cette expérience sera sa première leçon : ne jamais lâcher une idée. Quelqu’un d’autre est sûrement en train de développer un produit similaire.”

9.2 – La famille plutôt que la carrière

La jeune femme décide ensuite d’étudier le management et le commerce dans l’objectif de créer et lancer ses propres produits. Elle est acceptée à Harvard mais refuse finalement d’intégrer cette université. Joy choisit, en effet, de rester auprès de sa mère, qui, en plein divorce, plonge dans la dépression. Au lieu d’Havard, elle rentre à l’université Stony Brook, beaucoup moins prestigieuse mais près de chez elle.

Au cours d’une de ses fréquentes sorties nocturnes, l’étudiante rencontre un homme : Tony, avec qui elle se marie rapidement. Tous deux auront trois enfants : Christie, Bobby et Jackie.

Pour aider Tony qui se lance dans une carrière de chanteur, Joy accepte un poste de guichetière chez Eastern Air Lines. “Pour l’instant, la famille passe avant la carrière” écrit Sylvain Bersinger. Mais au fil des années, les ennuis financiers et les problèmes de couple ont raison de leur amour. Tony et Joy divorcent. Autour de la trentaine, Joy se retrouve seule pour élever ses trois enfants. Sans argent et épuisée, elle frise le burn-out et la dépression.

9.3 – Un tournant dans la vie de Joy

Ce sont deux événements qui vont faire basculer la vie de Joy :

  • N’ayant pas les moyens d’acheter des couronnes de Noël, Joy en fabrique quelques-unes. Celles-ci sont si bien réussies que ses voisins proposent de lui en acheter. Cette anecdote rappelle à Joy son potentiel créatif, l’a fait réfléchir et lui redonne confiance.
  • Un jour, lors d’une promenade en bateau avec son père et sa belle-mère, un enfant renverse son verre d’eau. Joy a alors une révélation : elle réalise qu’il serait beaucoup plus pratique d’avoir une serpillière qui ne salisse pas les mains et ne nécessite pas de se plier en quatre pour essuyer le sol.

Elle y réfléchit pendant plusieurs semaines, se met à dessiner de nombreux modèles. Un croquis prend forme : il ressemble à “un balai serpillière que l’on peut essorer en actionnant une poignée fixée sur le manche et rattachée à la tête en coton”. Avec cette invention, plus besoin de se salir les mains : il est même possible de détacher la tête en coton pour la passer à la machine à laver.

9.4 – De l’idée à l’action

“Joy est convaincue d’avoir trouvé la serpillière miracle qui va se vendre par milliers.”

Mais pour la commercialiser, Joy va faire face à de nombreux obstacles :

  • Une serpillière auto-essorante est déjà brevetée : bien que différente de son produit, pour vendre son propre modèle, Joy se voit contrainte de payer des royalties.
  • Elle n’a pas d’argent pour lancer la production : c’est son père, en couple avec une nouvelle femme fortunée, qui va l’aider financièrement à produire quelques unités.
  • Joy peine à trouver un marché pour son produit spécialement conçu pour nettoyer le pont des bateaux : elle décide alors de ne plus se cantonner au domaine nautique et d’ouvrir son concept à un marché bien plus grand en rebaptisant son invention. Sa serpillière jusque là appelée “Marine Mop” (Serpillière maritime) devient le Miracle Mop (Serpillière miracle).
  • Le prix élevé de sa serpillère (19,99 $) rebute les commerçants qu’elle démarche et les clients du magazine de vente par correspondance dans lequel elle est arrivée à se faire référencer. Or, avec ses marges déjà infimes, impossible de baisser le prix : elle y perdrait de l’argent.

Le premier bureau de la jeune entrepreneuse est monté dans le garage automobile de son père. Le chiffre d’affaires augmente, mais l’entreprise ne permet pas à Joy de gagner de l’argent.

9.5 – Une opportunité en or

C’est alors que la célèbre chaîne de téléachat QVC lui commande 5 000 Miracle Mop. Joy est très optimiste, c’est une chance énorme.

Malheureusement, la présentation télé que fait QVC de ses serpillières s’avère complètement ratée et très peu de pièces se vendent :

“Le spot met en scène un homme, pas du tout intéressé, et dont la démonstration est maladroite. Visiblement, c’est la première fois que l’acteur utilise l’appareil et il ne s’est pas préoccupé d’en comprendre le fonctionnement. C’est un flop : seulement 500 ventes.

La chaîne ne s’acquitte que des unités vendues et retourne les 4 500 autres à Joy.

Folle de rage, Joy débarque au siège de QVC pour exprimer son mécontentement à Dan Hardy, un des cadres dirigeants, et affirme que la chaîne n’a pas été à la hauteur pour promouvoir son Miracle Mop. Dan Hardy lui propose alors de présenter elle-même son invention en direct. La jeune femme sait qu’elle est extrêmement timide mais tant pis, c’est, pour Joy, son unique chance de vendre son produit. Elle dépasse sa peur et accepte de relever le défi.

Sur le plateau de tournage, elle se montre d’abord hésitante. Puis, très vite :

“Sa passion et sa conviction d’avoir inventé un produit réellement miraculeux prennent le dessus.”

Sa présentation fait exploser les ventes : les 4 500 Miracle Mop invendus s’écoulent en douze minutes ! La chaîne en commande 18 000 supplémentaires. Joy repasse en direct et 20 minutes après, tout est vendu ! Dan Hardy en veut 60 000.

9.6 – Les mésaventures du Miracle Mop, victime de son succès 

Sylvain Bersinger nous relate ensuite les mésaventures que Joy va vivre dans les mois qui suivent. Une série d’obstacles va se dresser contre elle. Joy va affronter et dépasser ces problèmes un à un :

  • Pour produire les 60 000 articles commandés par Dan Hardy, Joy doit avancer une importante somme d’argent car elle ne reçoit le paiement de QVC qu’après livraison des Miracle Mop. Elle solutionne ce problème grâce à l’aide de son père et de sa belle-mère qui vont financer ce fond de roulement.
  • L’homme qui possède le brevet du balai auto-essorant est, en fait, un escroc : non seulement il garde les royalties que Joy lui verse, mais en plus, elle se rend compte qu’elle n’aurait jamais dû payer de royalties car le brevet australien concernait, en réalité, un produit très différent. Joy parvient à prouver l’arnaque et, de cette manière, à se débarrasser de l’escroc.
  • Son fabricant, qui veut tirer profit du succès des Miracle Mop, augmente soudainement ses tarifs : pour Joy, l’affaire n’est plus rentable. La seule solution, c’est de rembourser ce qu’elle lui doit (ce qu’elle fait grâce à l’aide de sa belle-mère), récupérer les moules du Miracle Mop et les fabriquer elle-même. Mais le fabricant cherche à s’approprier les moules et fait obstacle à Joy. Celle-ci attaque le fabricant en justice. Contre toute attente, elle obtient gain de cause, suffisamment rapidement pour avoir une chance de réaliser les Miracle Mop dans le délai imparti.

Pour la fabrication, Joy établit une usine de fortune dans le garage de son père. Elle embauche sa famille et ses proches, recrute à la hâte des immigrés du Salvador et se jette à corps perdu dans la production. Joy parvient à concevoir ses 60 000 unités juste à temps, au jour près. La jeune entrepreneuse présente son produit en direct à la télévision. L’intégralité des Miracle Mop se vend en 8 heures ! On lui en commande encore 60 000 de plus.

9.7 – L’affaire est lancée !

La chaîne QVC, qui a vu dans le succès des Miracle Mop un filon très intéressant à exploiter, projette de faire des publicités. Mais le spot publicitaire produit par la chaîne est, pour Joy, médiocre : elle propose alors de présenter elle-même son produit. Au début, on lui répond que “les femmes n’écoutent pas les autres femmes, que ce doit être un homme qui leur explique ce qu’elles doivent acheter”. Mais Joy insiste et après essai, le résultat est sans appel : le spot publicitaire de Joy engendre dix fois plus de commandes que le premier conçu par la chaîne !

La production quitte le garage paternel pour s’installer dans des locaux adaptés. Joy crée sa société “Ingenious Designs” en 1991 :

“C’est une affaire de famille. Joy embauche ses parents (qui ne peuvent s’empêcher de se disputer quand ils se croisent dans les couloirs), son ex-mari comme commercial (sa carrière de chanteur n’a jamais décollé) et deux de ses enfants.”

Joy confectionne ensuite de nombreuses autres inventions (une sorte de range-bazar, un range-bijou, des cintres…) qui connaîtront souvent un grand succès, parfois de maigres ventes. En parallèle, elle entre chez HSN, une chaîne rivale de QVC, pour présenter des émissions de téléachat, où elle pulvérise les ventes. La timide Joy devient officiellement une personnalité de la télévision. Cette activité lui rapporte beaucoup d’argent, tout comme son entreprise qui explose son chiffre d’affaires !

Aujourd’hui, Joy soutient une multitude d’inventeurs en herbe dont elle juge l’idée intéressante, qu’ils soient célèbres ou anonymes. Elle dirige toujours son entreprise. Finalement, Sylvain Bersinger conclut, à propos de Joy :

“Elle a bâti son entreprise non sur des inventions compliquées, nécessitant un génie scientifique unique, mais sur une foule de petites améliorations tellement banales que personne n’y avait pensé.”

Chapitre 10 – Pavel Dourov, l’entrepreneur qui défie Poutine

Sylvain Bersinger termine son livre “Les Entrepreneurs atypiques” avec le récit d’un “entrepreneur génial” : celui de Pavel Dourov, qu’on surnomme parfois le “Mark Zuckerberg russe“, cocréateur du réseau social VKontakte, et Telegram.

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10.1 – Une passion pour l’informatique et Internet

Pavel Dourov naît à Saint-Pétersbourg (Léningrad à l’époque) en 1984. Dans sa famille, les hommes semblent habitués aux parcours atypiques : son grand-père est un héros de la Seconde Guerre mondiale, son père, Valery, un scientifique renommé et son frère Nikolaï, de 4 ans son aîné, un mathématicien et informaticien de génie.

Pavel étudie à l’université d’État de Saint-Pétersbourg et obtient, en 2006, un diplôme de philologie (l’étude d’une langue par l’analyse critique des textes). Il acquiert parallèlement le grade de lieutenant.

Très tôt, le jeune homme voue un intérêt particulier pour l’informatique, Internet et les réseaux sociaux. Il a appris à coder et à pirater. Pendant ses études, il lance alors plusieurs réseaux sociaux universitaires dont Durov.com, SPBGU.ru. Mais ce qui va rendre le jeune Pavel Dourov célèbre et riche, c’est un réseau social du nom de VKontakte ou VK qu’il crée en 2006.

10.2 – VK, le “Facebook russe” : un pari gagnant

VK ressemble étrangement à Facebook, né deux ans plus tôt. On le surnomme d’ailleurs le “Facebook russe”. Pavel n’a jamais caché s’être inspiré de Facebook pour créer VK : il avoue avoir, en quelque sorte, copié le concept de Facebook très populaire à l’étranger mais encore peu connu en Russie, comprenant qu’il y avait là un marché à prendre.

Très vite, VKontacte devient le premier réseau social de Russie, devant le populaire Odnoklassniki, avec dix millions d’utilisateurs en 2008.

Dans l’aventure VKontakte, Pavel Dourov, qui n’a que 20 % des parts, s’entoure d’une équipe possédant tous les éléments pour réussir :

  • Son frère Nikolaï : un informaticien pointu, qui deviendra le directeur technique de l’entreprise ;
  • Ses associés Viatcheslav Mirilashvili et Lev Leviev : de “jeunes loups ambitieux et plein d’idées” ;
  • Mikhael Mirilashvili : un riche investisseur au réseau étendu ;
  • Lui-même pour diriger l’équipe et coordonner les aspects techniques, marketing et commerciaux.

VKontacte devient ainsi :

  • Le premier réseau social russe (Russie et pays russophones environnants).
  • Le 4e site internet le plus visité d’Europe, et le 14e dans le monde (plus de 450 millions d’utilisateurs).

10.3 – VKontakte est dans le collimateur du gouvernement

Lorsque des centaines de millions de personnes ont commencé à communiquer par l’intermédiaire des réseaux sociaux, qui plus est pour parler politique et critiquer le régime, le Kremlin a voulu contrôler les conversations en ligne. Mais pour Pavel Dourov, pas question de laisser le régime “farfouiller dans son entreprise” et ce, pour des raisons aussi financières qu’idéologiques :

“La force de son réseau social est, justement, la liberté d’expression qu’il procure.”

Poutine envisage alors de faire racheter VKontakte par Mail.ru afin d’exercer “un contrôle indirect sur ce réseau social si influent”. Au fil du temps, les tensions s’amplifient : Pavel vend, en 2013, une partie de ses actions à Mail.ru. Et lorsqu’en 2014, la Russie annexe la Crimée, “Poutine veut plus que jamais contrôler l’information”. Face à la lourde pression, Pavel démissionne, revend ses parts à Mail. ru et quitte la Russie, “qu’il juge décidément trop inhospitalière”.

10.4 – Pavel crée Telegram, une application aux communications cryptées

“La facilité avec laquelle le pouvoir politique a pu prendre le contrôle de VKontakte ou espionner ce qui s’y passait” a profondément marqué Pavel Dourov qui réalise, par ailleurs, que les applications américaines ne sont pas plus sûres.

Aussi, le jeune geek ne compte pas s’en arrêter là : il met au point, avec son frère et quelques amis, une application sécurisée, sans surveillance d’aucune autorité, “où personne ne peut venir voir ce qui se raconte”. Cette application voit le jour en août 2013 et s’appelle Telegram. En 2018, elle compte 200 millions d’utilisateurs mensuels. Sa valeur ajoutée, c’est la sécurité de ses communications :

  • Les messages sont cryptés et “ne peuvent donc pas être lus par des tierces personnes, pas même par la police”.
  • Le réseau est extrêmement difficile à pirater comparativement aux autres moyens de communication “grand public”.
  • Telegram ne transmet/ne revend aucune donnée à des tierces personnes, entreprises, annonceurs ou gouvernements.

Mais c’est justement cette confidentialité, à l’origine de son succès, qui empêche Telegram d’être rentable : contrairement aux géants du Net (Facebook, Google, VKontakte), l’application ne peut pas gagner d’argent en revendant des données. Telegram vit, en réalité, grâce à Pavel qui y injecterait 1 million de dollars par mois. Il envisagerait aussi de financer l’application à l’aide des cryptomonnaies, comme le Bitcoin. Pour cette raison :

“L’application est vue comme un projet plus politique que commercial.”

Et si vraiment, il venait à manquer d’argent, pas question de vendre. Le milliardaire russe pourrait simplement ajouter quelques options payantes à Telegram ou faire appel aux dons.

10.5 – Mystères autour de Pavel 

Après avoir quitté son pays pour fuir les foudres de Vladimir Poutine, Pavel est devenu citoyen de Saint-Christophe-et-Niévès, une petite île des Caraïbes. Toutefois, l’entrepreneur n’habite pas sur cette île :

“Il voyage de pays en pays, loge en Airbnb, s’installant ici puis là avec sa petite équipe qui fait tourner Telegram. Dernièrement, son pied-à-terre était Dubaï.”

Personnage discret, Pavel communique peu sur sa vie privée. L’homme, qui ne s’habille qu’en noir, suscite l’attention en entretenant ce voile de mystère. Il aurait eu deux enfants avec un mannequin et serait amateur de photographie. On le sait végétarien, ne buvant pas d’alcool et drogué au travail. On le décrit également comme étant “mi-prétentieux” et “mi-provocant”.

Dans le monde politique, Pavel Dourov est devenu l’un des principaux adversaires de Vladimir Poutine qui après avoir racheté et muselé Vkontakte, a essayé d’interdire Telegram, en vain. Selon Sylvain Bersinger, Pavel est même “une sorte de héros pour beaucoup d’opposants russes”.

“L’entrepreneur est devenu, comme son idole Edward Snowden, un de ceux qui incarnent la lutte contre les tentatives des États de contrôler le Web et d’espionner les télécommunications. […] L’application est largement utilisée par des hommes d’affaires et des responsables politiques dans les pays muselant le droit d’expression. Et tous ne l’utilisent pas à des fins pacifiques ou pour organiser des manifestations contre des dictateurs sanguinaires. Les mafieux et les terroristes de tous bords ont bien compris l’intérêt que présente l’application et s’en servent régulièrement.”

Pour Sylvain Bersinger, Pavel Dourov est, au fond, un “libertarien” :

“Ses adversaires sont l’État, l’impôt et toute forme de réglementation.”

Conclusion de “Les entrepreneurs atypiques” de Sylvain Bersinger

La conclusion de l’auteur

En conclusion, Sylvain Bersinger fait ressortir trois idées qui transparaissent dans chacune de ses histoires d’entrepreneurs atypiques :

  1. L’entrepreneuriat n’a pas pour unique objectif le gain financier, mais il a aussi pour ambition de s’élever socialement, de sortir d’une situation difficile, de prouver sa valeur ou la valeur d’une idée.
  2. Tout le monde peut s’épanouir et réussir en tant qu’entrepreneur, à condition d’avoir de l’ambition et la volonté de réussir : selon l’auteur, en dehors de cas extrêmes, l’aventure entrepreneuriale n’est fermée à personne. Ni diplôme ni qualification particulière ne sont nécessaires pour entreprendre. Par contre, dans tous les profils abordés “se détachent de façon plus ou moins affirmée l’ambition et la volonté de réussir”. C’est, selon Sylvain Bersinger, “ce qui fait que certains réussissent quand d’autres non”.
  3. Travail et innovation sont des facteurs de réussite déterminants dans le fait d’entreprendre : la plupart des entrepreneurs cités dans “Les Entrepreneurs atypiques” peuvent être considérés comme des “drogués de travail”. Mais le travail ne suffit pas :

“Pour réussir, il faut une innovation. Cette nouveauté ne nécessite pas forcément des connaissances scientifiques ou techniques particulièrement poussées. Dans la plupart des cas, c’est quelque chose d’existant que l’on modifie à la marge, comme une nouvelle manière de présenter un talk-show (pour Oprah Winfrey), un réseau social adapté à la culture locale (pour Pavel Dourov) ou une façon originale de concevoir l’industrie des cosmétiques (pour Anita Roddick). En fait, l’innovation en question peut sembler tellement évidente que l’on se demande pourquoi personne n’y a pensé avant.”

Ce que le livre “Les entrepreneurs atypiques” peut vous apporter 

Les entrepreneurs atypiques” est un recueil de parcours qui racontent des trajectoires de vie d’hommes et de femmes hors du commun, qui défient les idées reçues.

En effet, les individus croisés dans cet ouvrage ont su défier les cadres établis, affirmer leur point de vue, leurs idées, leur manière d’entreprendre, de travailler pour bâtir leur empire. Ils ont su se montrer critiques, se sont entêtés à reprendre le contrôle de leur vie, sans laisser leur passé ou leur situation les détourner de leur rêves. Si, dans leur aventure entrepreneuriales, chance, opportunités à saisir, audace, travail, et bien d’autres paramètres entrent en jeu, ces histoires nous dévoilent finalement un message extrêmement positif et encourageant. Parce qu’ils ont franchi tous les obstacles, les entrepreneurs atypiques de cet ouvrage sont inspirants et convaincants. En ce sens, “Les Entrepreneurs atypiques” est un livre qui motive et apporte détermination, particulièrement au lecteur qui rêve de se lancer dans un projet qu’il pense perdu d’avance.

Au-delà de l’inspiration qu’il apporte, “Les Entrepreneurs atypiques” est une lecture fascinante. Les récits qu’il regroupe plairont aux lecteurs qui aiment les biographies et success story.

Points forts :

  • Le style : les chapitres se lisent comme autant de petites nouvelles captivantes et pleines de rebondissements.
  • Le côté inspirant et encourageant, surtout pour ceux qui rêvent de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.
  • Les récits, bien documentés et ponctués d’anecdotes viennent compléter notre culture générale.

Point faible :

  • Certaines histoires se ressemblent un peu.

Ma note :

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4 Commentaires pour :

Les entrepreneurs atypiques

  • Luc

    24 Juin 2020 à 12:01

    Au final, on constate que ces entrepreneurs ont réussi en inversant la pyramide de Maslow.
    Ils ont d’abord créé des activités par nécessité certes mais aussi avec passion.
    Ensuite ils ont fait leur réseau et enfin la richesse est venue.
    Ils n’ont pas emprunté les circuits conventionnels avec lesquels ils auraient certainement échoué.

    Merci pour cette chronique

    Répondre



    • Blood Sandroh

      24 Juin 2020 à 23:32

      Très enrichissant le contenu de ce livre

      Répondre



      • Clarence

        25 Juin 2020 à 00:38

        C’ est avec beaucoup intérêt et d’ ‘ attention que j ‘ ai lu les entrepreneurs atypiques . Cette lecture a été une valeur ajoutée à mes connaissances et et je ferai de chaque cas un exemple à suivre , un élément motivant. Merci

        Répondre



        • Laurent Kabuyaya

          25 Juin 2020 à 08:05

          Merci beaucoup je viens de terminer la lecture je suis dans la bonne voie car je viens de commencer avec l’entreprise agropastorale à Goma en RDCONGO
          Avec les poules locales , les patates douces locales ainsi que les pommes de terre locale bref l’émergence d’une entreprise agropastorale familiale

          Répondre









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