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Tous winners ! Comprendre les logiques du succès

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Résumé de “Tous winners ! Comprendre les logiques du succès” de Malcolm Gladwell : Dans ce livre qui se lit comme un roman, Malcolm Gladwell nous présente une foule de personnages hors norme et de prodiges, pour nous montrer que le succès ne provient pas seulement d’un talent naturel, mais du travail et de nombreux facteurs extérieurs : circonstances, opportunités, timing, culture, famille, éducation, classe sociale, lieu et date de naissance.

Par Malcolm Gladwell, 2018, 320 pages

Titre original : “Outliers : The Story of Success”, 2008

Chronique et résumé de ” Tous winners ! Comprendre les logiques du succès ” de Malcolm Gladwell

Introduction

  • Le mystère Roseto

Le livre “Tous winners” commence par l’histoire de Roseto, un curieux petit village des États-Unis.

Pour nous raconter comment ce village s’est formé et comment il est devenu son propre microcosme autosuffisant, Malcolm Gladwell, l’auteur, nous fait voyager de l’Italie à la Pennsylvanie et nous transporte au XIXe siècle. Puis, il nous explique qu’un jour, dans les années 1950, un médecin appelé Stewart Wolf remarque quelque chose d’étrange dans ce village : il n’a pratiquement jamais rencontré de Rosetanis de moins de 65 ans qui ait un problème de cœur. Le médecin décide alors de mener l’enquête.

Les résultats de ses recherches sont incroyables. Il constate qu’à Roseto :

    • Aucune personne de moins de 55 ans n’est morte de crise cardiaque ou ne présente de symptômes de maladie cardiaque.
    • Le taux de mortalité, toutes causes confondues, est de 30 % à 35 % inférieur au résultat attendu.
    • Il n’y a ni suicide, ni alcoolisme, ni toxicomanie, et très peu de criminalité.
    • Personne n’a recours à l’aide sociale.
    • Il n’y a aucun ulcère de l’estomac non plus.

En fait : “Ces gens mouraient de vieillesse, et de rien d’autre”.

  • Au-delà des influences conventionnelles

D’après les études de Wolf, ni le régime, ni l’exercice, ni les gènes, ni le climat, ni l’emplacement n’expliquent ces résultats. En réalité, l’explication, c’est Roseto en tant que tel.

Les Rosetanis ont su construire une structure sociale forte et protectrice, capable de les préserver des pressions du monde moderne. Ainsi, si les Rosetanis jouissent d’une bonne santé, c’est grâce au monde qu’ils ont créé dans cette toute petite ville juchée dans les montagnes, aux “bienfaits mystérieux et magiques d’une discussion en pleine rue ou d’une cohabitation de trois générations”.

Voici ce que nous dit Malcolm Gladwell en conclusion de cette histoire :

Wolf et Bruhn devaient convaincre l’institution médicale d’envisager les problèmes et les crises cardiaques sous un tout nouveau jour. […] Ils devaient regarder par-delà l’individu ; s’intéresser à la culture de cette personne, à ses amis et à sa famille, à sa ville d’origine ; comprendre que les valeurs de l’univers dans lequel nous évoluons et que les gens dont nous nous entourons ont une profonde influence sur la personne que nous devenons. Je veux que cet ouvrage soit à la compréhension de la réussite l’équivalent de ce que Stewart Wolf a apporté à la compréhension de la santé.

Première partie – L’occasion

Chapitre 1 – L’effet Matthieu

1.1 – Les gens ne s’élèvent pas à partir de rien

Souvent, nous cherchons à comprendre qui sont les gens qui réussissent. Nous voulons connaître leur type de personnalité ou d’intelligence, leur mode de vie ou les talents particuliers qu’ils avaient peut-être à la naissance. Et nous tenons pour acquis que ces qualités personnelles suffisent à expliquer comment un individu a atteint le sommet.

Les autobiographies de milliardaires, d’entrepreneurs, de stars du rock ou de célébrités ont, en effet, toujours la même structure de récit : “notre héros naît dans des circonstances modestes et, à force de cran et de talent, se fraie un chemin vers la grandeur”.

Dans ce livre, je veux vous convaincre que ce genre d’explication personnelle du succès ne tient pas debout. Les gens ne s’élèvent pas à partir de rien. […] Le lieu et l’époque où nous grandissons font une différence. La culture à laquelle nous appartenons et les héritages que nous ont transmis nos ancêtres modèlent de façon inimaginable les scénarios de notre réussite. Autrement dit, il ne suffit pas de se demander à quoi ressemblent les gens prospères. Ce n’est qu’en se demandant d’où ils viennent que nous pouvons démêler la logique qui fait que certains réussissent et d’autres pas.

1.2 – Le phénomène de l’âge relatif

Dans ce chapitre de “Tous winners”, Malcolm Gladwell revient sur le fonctionnement du hockey canadien. Il nous explique, à travers l’histoire et le système de sélection de ce sport, que le hockey, dans ce pays, est fondé sur le “mérite individuel” et qu’il met en lumière, ce que le psychologue canadien Roger Barnsley a appelé le “phénomène de l’âge relatif”.

Roger Barnsley a, en fait, constaté que dans tous les groupes d’élite de hockey qui réunissent les meilleurs des meilleurs joueurs :

  • 40 % des joueurs sont nés entre janvier et mars,
  • 30 % entre avril et juin,
  • 20 % entre juillet et septembre,
  • 10 % entre octobre et décembre.

Puis le psychologue s’est interrogé : mais pourquoi la grande majorité des meilleurs joueurs de hockey sont-ils nés en début d’année ? L’explication à cette question se trouve dans le système des dates limite d’admissibilité.

1.3 – Les dates limite d’admissibilité

Au Canada, la date limite d’admissibilité au hockey par tranche d’âge est le 1er janvier. Cela signifie qu’un garçon qui a 10 ans le 2 janvier peut jouer aux côtés d’un autre qui n’atteindra pas cet âge avant la fin de l’année. Or, à cet âge, dans la préadolescence, un écart d’âge de douze mois représente une énorme différence sur le plan de la maturité physique.

Lorsque les entraîneurs commencent à sélectionner les joueurs les plus talentueux (à l’âge de 9 ou 10 ans), ils sont alors plus susceptibles de juger meilleurs les joueurs les plus grands. Ceux-ci ont, en effet, des mouvements mieux coordonnés grâce à des mois de maturité supplémentaires décisifs.

Ensuite, une fois sélectionné, le jeune joueur de hockey reçoit un meilleur entraînement. Il joue avec des coéquipiers meilleurs. Il s’exerce deux ou trois fois plus qu’en des circonstances normales.

Conclusion : au début, l’avantage de l’enfant né en début d’année n’est pas tant d’être meilleur en soi, mais seulement un peu plus vieux. Toutefois, dès l’âge de 13 ou 14 ans, avec l’avantage d’un meilleur entraînement et de tout ce supplément d’exercices, il est vraiment meilleur. C’est donc lui qui a le plus de chances de rejoindre la ligue junior majeure, puis les grandes ligues.

1.4 – Les mêmes préjugés dans l’éducation

Exactement les mêmes préjugés se dégagent dans des domaines beaucoup plus déterminants, comme l’éducation : les parents d’un enfant né à la fin de l’année civile ne savent pas, souvent, s’ils doivent retarder son entrée en maternelle (sachant qu’il est difficile pour un enfant de 5 ans d’en suivre un autre né plusieurs mois plus tôt).

Récemment, deux économistes, Kelly Bedard et Elizabeth Dhuey, ont découvert que lors de tests scientifiques administrés à des élèves de CM1 du monde entier, les résultats sont nettement supérieurs chez les plus âgés d’entre eux :

Si on prend deux élèves de CM1 d’une capacité intellectuelle équivalente, mais dont les dates de naissance sont aux extrémités opposées de la date limite, l’élève plus vieux pourrait obtenir une note de 80 %, et le plus jeune de 68 % : la différence qui permettrait à l’un d’intégrer un programme pour surdoués et à l’autre non.

L’auteur précise que le seul pays qui échappe à cette tendance est le Danemark. Or, ce pays est aussi le seul qui interdit le groupement par niveaux avant l’âge de 10 ans (justement pour attendre que les différences de maturité se soient aplanies).

Enfin, Dhuey et Bedard ont noté que cette différence initiale de maturité ne disparaît pas avec le temps. Elle persiste :

Et pour des milliers d’élèves, ce désavantage initial détermine s’ils iront ou non jusqu’à l’université, et s’ils ont vraiment une chance d’accéder à la classe moyenne.

1.5 – L’ “avantage cumulatif”

Le phénomène dit “effet Matthieu” par le sociologue Robert K. Merton fait référence au verset de l’Évangile selon saint Matthieu : “Car à tout homme qui a, l’on donnera et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré”.

C’est, en somme, exactement ce qui se passe avec le système des dates de naissance dans le hockey canadien. À cause de celui-ci, ceux qui réussissent sont les plus susceptibles de recevoir le genre d’occasions particulières qui mènent à d’autres réussites. Les sociologues appellent ce phénomène : l'”avantage cumulatif“.

Le joueur de hockey professionnel connaît un début légèrement meilleur que ses pairs. Et cette petite différence mène à une occasion qui la creuse davantage, et cette marge, à son tour, mène à une autre occasion, ce qui augmente encore la différence initialement petite – et ainsi de suite, jusqu’à ce que le joueur de hockey soit réellement hors norme. Mais il ne l’était pas au départ. Il a juste connu un meilleur début.

1.6 – Reprendre le contrôle de “la machinerie de la réussite”

En promulguant ces règles, pour Malcolm Gladwell, la société contrecarre la réussite. À travers le principe de l’avantage cumulatif, elle détermine prématurément qui réussira et qui échouera. Pourtant, si nous le voulions, nous pourrions simplement reconnaître l’importance des dates limite. De cette manière, il serait facile de prendre le contrôle de “la machinerie de la réussite”, et ce dans le sport comme dans d’autres domaines plus déterminants encore.

Chapitre 2 – La règle des dix mille heures et les coups de chance

entrainement pour devenir un expert 10000heures

2.1 – 10 000 heures d’entraînement pour atteindre un degré d’expertise

Selon Malcolm Gladwell, le talent inné existe. Toutefois, ce dernier ne compterait pas autant qu’on ne le pense dans la réussite. En effet, selon l’auteur :

Le succès, c’est talent + préparation. Le problème de cette vision des choses, c’est qu’en réalité, plus les psychologues se penchent sur la carrière des surdoués, moins il semble que le talent inné ait d’importance et plus la préparation compte.

Une étude sur de jeunes violonistes va dans ce sens. Elle fait apparaître qu’à l’âge de 20 ans :

  • Les interprètes d’élite ont accumulé 10 000 heures d’exercices,
  • Les élèves seulement “bons” ont accumulé 8 000 heures d’exercices,
  • Les futurs professeurs de musique ont accumulé 4 000 heures d’exercices.

En somme, cette recherche révèle que :

  • Parmi tous les musiciens assez bons pour entrer dans une école de musique prestigieuse, ce qui distingue un interprète d’un autre, c’est uniquement la somme de travail.
  • Les gens arrivés au sommet ne travaillent pas seulement plus, mais énormément plus.

Dans toutes les études menées sur des compositeurs, des basketteurs, des romanciers, des patineurs, des pianistes de concert, des joueurs d’échecs, des criminels passés maître, etc., le même “nombre” revient constamment : il faut dix mille heures d’entraînement pour atteindre le degré de maîtrise associé à une expertise de calibre mondial, et ce, en quoi que ce soit.

2.2 – La chance de Bill Joy, génie de l’informatique

Dans ce chapitre de “Tous winners“, Malcolm Gladwell nous raconte l’histoire incroyable de Bill Joy, l’un des personnages les plus influents de l’histoire moderne de l’informatique. Dans cette histoire, on comprend bien le rôle considérable joué par la règle des 10 000 heures. Cependant, le parcours de Bill Joy met en évidence un autre facteur de succès essentiel, à savoir : l’accumulation d’occasions extraordinaires qui se manifestent au bon moment.

En effet, en fréquentant l’université du Michigan, une école d’avant-garde, Bill Joy s’est trouvé, par le plus heureux des hasards, dans l’un des rares endroits du monde où un jeune de 17 ans pouvait programmer autant qu’il voulait. Et cela grâce, entre autres, au fait que le centre informatique :

  • Ait un système de temps partagé (et pas le système contraignant et lent des cartes perforées que l’on trouvait partout ailleurs) ;
  • Soit ouvert jour et nuit ;
  • Ait un bug permettant une utilisation illimitée du centre informatique.

Ensuite, parce qu’il s’était autant exercé à la programmation, un jour, Bill Joy a eu la possibilité de réécrire Unix, et celui-ci s’est alors trouvé à la hauteur pour le faire.

2.3 – Deux autres exemples de la règle des 10 000 heures et des opportunités qui se présentent au bon moment

Pour illustrer la règle des dix mille heures, Malcolm Gladwell choisit deux autres exemples qui nous sont très familiers :

  • Les Beatles, l’un des groupes de rock les plus célèbres de l’histoire

L’auteur revient ici sur l’histoire des Beatles qui ont été amenés à jouer sur scène 1200 fois, notamment dans des boites de strip-tease d’Hambourg par un concours de circonstances, avant leur grande percée en 1964 : “Le creuset de Hambourg a contribué à faire des Beatles un groupe à part”. En fait, lorsque les opportunités se sont présentées, ces derniers étaient “prêts”.

  • Bill Gates, l’un des hommes les plus riches du monde

L’auteur énumère, une à une, toutes les occasions qui ont permis à Bill Gates de gagner du temps d’entraînement supplémentaire à faire de la programmation de la quatrième à la terminale, puis lors de sa première année d’université. Ainsi, au moment où Gates a quitté Harvard pour essayer de lancer sa propre compagnie de logiciels, le jeune homme avait programmé presque sans interruption pendant sept années consécutives. Gates avait largement dépassé les dix mille heures :

Combien d’adolescents dans le monde avaient l’expérience de Gates ? “À mon avis, on aurait eu du mal à en trouver cinquante dans le monde entier”, confirme l’intéressé.

2.4 – Les années de naissance

Selon Malcolm Gladwell, notre année de naissance est un facteur déterminant dans notre réussite. Il fait état, ici, de tendances très nettes en ce qui concerne le moment (les années) où l’on a le plus de chances de rencontrer le succès.

  • Aux États-Unis, par exemple, dans les années 1860 et 1870, l’économie s’est totalement transformée. Ainsi, ceux qui sont nés à la fin des années 1840 ont manqué cette transformation. Ceux qui sont nés dans les années 1820 étaient trop vieux. Mais il y a eu un créneau particulier de neuf ans, au milieu du XIXe siècle. Et selon les historiens, c’est dans cette période qu’on retrouve 20 % des plus grandes richesses de toute l’histoire de l’humanité, toutes américaines : John D. Rockefeller (1839), Andrew Carnegie (1835), Frederick Weyerhaeuser (1834), Jay Gould (1836), Marshall Field (1834), George F. Baker (1840), Hetty Green (1834), etc.
  • En 1975, l’âge parfait, c’était “d’être assez vieux pour faire partie de la révolution en marche, mais pas vieux au point de la manquer”. Idéalement, il fallait avoir 20 ou 21 ans, c’est-à-dire être né en 1954 ou 1955. C’est le cas de nombreuses personnes qui ont connu un grand succès : Bill Gates (1955), Paul Allen (1953), Steve Ballmer (1956), Steve Jobs (1955), Éric Schmidt (1955), Bill Joy (1954), Scott McNealy (1954), Vinod Khosla (1955) et Andy Bechtolsheim (1955).

Ce sont des gens à qui on a donné une occasion particulière de travailler vraiment dur, qui l’ont saisie, et qui sont arrivés à l’âge adulte à une époque où le reste de la société valorisait cet effort extraordinaire. Leur réussite ne leur revenait pas entièrement. Elle était le produit du monde dans lequel ils avaient grandi.

2.5 – Les coups de chance ou occasions extraordinaires rencontrées

Si on rassemble les histoires des hockeyeurs, des Beatles, de Bill Joy et de Bill Gates, on obtient, pour l’auteur, un tableau complet du chemin de la réussite :

“Ce qui distingue vraiment leurs histoires, ce n’est pas leur talent extraordinaire, mais les occasions extraordinaires dont ils ont bénéficié.”

En effet, tous les personnages à succès décrits par Malcolm Gladwell depuis le début du livre ont bénéficié, sous une forme ou sous une autre, d’occasions inhabituelles :

“Les coups de chance ne semblent pas être l’exception chez les milliardaires, les groupes de rock et les stars du sport. Ce serait plutôt la règle.”

Chapitre 3 – L’ennui avec les génies (première partie)

Dans ce chapitre de “Tous winners“, Malcolm Gladwell nous raconte la vie d’un autre homme extraordinaire : celle de Chris Langan, que beaucoup surnomment l’“Homme le plus intelligent des États-Unis”. Cet homme est devenu un phénomène célèbre pour les Américains. Il est “le visage public du génie” :

En moyenne, une personne lambda a un QI de 100 […]. Einstein, 150. Chris a un QI de 195.

3.1 – Le génie des Termites

Lewis Terman, professeur de psychologie à l’Université de Stanford et spécialiste des tests d’intelligence, consacra sa vie à l’étude des enfants surdoués. Il a trié 250 000 dossiers d’élèves d’écoles primaires et secondaires pour finalement identifier 1 470 enfants avec un QI de 140 en moyenne et pouvant aller jusqu’à 200.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Comment pensent les personnes qui réussissent (How Successful People Think)

Ce groupe de jeunes génies, surnommés les “Termites”, ont été les sujets de ce qui deviendrait une des études psychologiques les plus célèbres de l’histoire. Tous ces enfants ont été surveillés par Terman durant toute sa vie : ils étaient suivis et testés, mesurés et analysés. Aujourd’hui, un grand nombre des idées de Terman sont encore au cœur de notre façon d’envisager la réussite.

Mais lorsque les Termites de l’étude de Terman ont atteint l’âge adulte, ce dernier s’est rendu compte que la majorité d’entre eux menait des carrières ordinaires, voire “ratées”. Le sociologue Pitirim Sorokin a même montré que si Terman avait tout simplement choisi au hasard des enfants d’origines familiales semblables à celles des Termites, sans du tout tenir compte de leur QI, il aurait abouti à un groupe qui aurait fait presque autant de choses impressionnantes.

“En d’autres termes, l’extraordinaire intelligence de Chris Langan, ne sert pas à grand-chose pour comprendre ses chances de réussite dans le monde. Si nous voulons comprendre ses chances de devenir véritablement hors norme, nous devons en apprendre bien plus à son propos.”

3.2 – Le seuil de l’intelligence

Un des tests d’intelligence les plus fréquemment utilisés s’appelle les Matrices progressives de Raven. Il n’exige aucune compétence linguistique, ni aucune connaissance particulière acquise : il permet de mesurer la capacité de raisonnement abstrait.

Les nombreuses études réalisées ont permis de réaliser une grille de lecture du score obtenu à ces Matrices. Ainsi, si le résultat du QI est :

  • Inférieur à 70 : ces gens, au bas de l’échelle, sont considérés comme des handicapés mentaux.
  • Environ 100 : ces gens sont dans la moyenne. On se situe normalement juste au-dessus de ce niveau si l’on a été capable d’aller à l’université.
  • Au moins 115 : on peut suivre et réussir un programme de troisième cycle raisonnablement concurrentiel.

En général, plus notre résultat est élevé, plus notre niveau d’études sera important, plus on sera susceptible de gagner de l’argent et plus on vivra longtemps.

Toutefois, Malcolm Gladwell souligne que la relation entre le succès et le QI ne fonctionne que jusqu’à un certain point : en effet, lorsqu’on atteint un QI d’environ 120, le fait d’avoir des points de QI additionnels ne semble pas se traduire en avantage mesurable dans le monde réel.

Autrement dit :

“Un scientifique plus âgé dont le QI à l’âge adulte est de 130 a autant de chances de remporter un prix Nobel que celui dont le QI est de 180.”

En fait, selon Malcolm Gladwell :

“Le QI est comparable à la taille dans le domaine du basket-ball. […] Au-delà d’un certain point, la taille cesse d’avoir autant d’importance. Un joueur qui fait deux mètres n’est pas nécessairement meilleur que celui qui a cinq centimètres de moins. […] Il suffit en fait qu’un joueur de basket-ball soit suffisamment grand – et il en va de même pour l’intelligence. L’intelligence a un seuil.”

3.3 – Les tests de divergence

Si l’intelligence n’a qu’une importance relative, passé un certain point, d’autres facteurs, qui n’ont rien à voir avec l’intelligence, prennent plus d’importance :

“Encore une fois, c’est comme au basket-ball : lorsque la taille est suffisante, on commence à considérer la vitesse, l’esprit d’équipe, l’agilité, l’habileté à manipuler le ballon et la finesse du lancer.”

Par opposition aux tests de convergence qui mesurent le QI, il existe des tests appelés “tests de divergence”. Un test de divergence va mobiliser notre imagination et emmène notre esprit dans un maximum de directions possible. Il ne mesure non pas l’intelligence analytique, mais quelque chose de bien différent : la créativité. Et un test de divergence est tout autant difficile qu’un test de convergence.

En nous parlant des tests de divergence, l’auteur poursuit son analyse sur le succès des génies et introduit le chapitre suivant de “Tous winners” qui parle de l’intelligence pratique.

Chapitre 4 – L’ennui avec les génies (seconde partie)

4.1 – Ce qui a fait la différence dans les histoires de deux surdoués : l’intelligence pratique

Dans ce chapitre du livre “Tous winners”, l’auteur compare l’histoire de Chris Langan, génie précédemment évoqué, avec celle de J. Robert Oppenheimer, le physicien qui a dirigé les recherches américaines sur le développement de la bombe nucléaire au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Malcolm Gladwell décrit ici longuement la vie de l’un et l’autre, leur enfance, leur éducation et leur évolution en tant qu’adulte. Il raconte alors :

  • La pauvreté financière et sociale dans laquelle Chris Langan a grandi, la misère éducative qu’il a connue avec toutes ses conséquences : malgré un QI extraordinaire, Chris Langan n’a jamais connu le succès d’un winner.
  • Le parcours de J. Robert Oppenheimer, issu d’une famille aisée et instruite, qui, lui, a connu la gloire, et a même réussi à échapper à une condamnation pour tentative de meurtre.

Malcolm Gladwell en conclut l’idée suivante :

Ce qui a manqué à Chris Langan et qu’avait en plus J. Robert Oppenheimer, c’est ce que le psychologue Robert Sternberg appelle l'”intelligence pratique”.

4.2 – L’intelligence pratique

“Pour Sternberg, l’intelligence pratique comprend, entre autres, “le fait de savoir quoi dire à qui, quand le dire et comment le dire pour obtenir un effet maximal”. C’est une question de procédure : il s’agit de savoir comment faire quelque chose, sans nécessairement savoir pourquoi on le sait, ni pouvoir l’expliquer. Elle est d’une nature pratique. […] C’est un savoir qui vous aide à décrypter des situations et à obtenir ce que vous voulez. Et surtout, c’est une intelligence distincte de la capacité analytique mesurée par le QI.”

En termes techniques, l’intelligence générale et l’intelligence pratique sont “orthogonales” : la présence de l’une n’implique pas la présence de l’autre. On peut avoir beaucoup d’intelligence analytique et très peu d’intelligence pratique, ou beaucoup d’intelligence pratique et pas tellement d’intelligence analytique, ou beaucoup des deux.

intelligence pratique savoir quelque chose qi

4.3 – Deux philosophies éducatives

L’intelligence analytique est dans nos gènes, au moins en partie. Le QI mesure des aptitudes innées. Mais la finesse sociale, c’est un savoir acquis. C’est un ensemble d’aptitudes qu’il faut apprendre. Et l’endroit où nous apprenons ce genre d’attitudes et d’aptitudes, c’est la famille.

La sociologue Annette Lareau a mené une étude fascinante sur un groupe d’élèves de CE2. Au terme de son étude, elle a fait le constat qu’il n’existait que deux “philosophies éducatives” en corrélation avec les classes sociales. Elle note alors que :

  • Les familles de classes moyennes ou riches

Elles ont un style d’éducation dite “de culture concertée” qui nécessite un effort actif afin de “favoriser et évaluer les talents, les opinions et les aptitudes d’un enfant”. Les parents :

    • Sont fortement engagés dans les loisirs de leurs enfants. Ils les amènent d’une activité à l’autre, les interrogent sur leurs professeurs, entraîneurs et coéquipiers.
    • Ne se contentent pas de donner des ordres mais discutent avec leurs enfants, raisonnent avec eux.
    • Interviennent au nom de leurs enfants.
  • Les familles pauvres

Elles ont tendance à suivre une stratégie “d’accomplissement de la croissance naturelle”, c’est-à-dire que les parents s’occupent de leurs enfants tout en les laissant grandir et se développer d’eux-mêmes. Ces parents :

    • Ne proposent aucun programme intensif d’activités à leurs enfants. Pour ces derniers, jouer, c’est plutôt inventer des jeux à l’extérieur, avec leurs frères et sœurs ainsi qu’avec d’autres enfants du quartier.
    • Sont intimidés par l’autorité. Ils réagissent passivement et restent en retrait.

4.4 – Le sens du privilège

En réalité, un style d’éducation n’est pas meilleur qu’un autre, du point de vue moral :

  • Les enfants plus pauvres sont, pour la sociologue, souvent “mieux élevés, moins geignards, plus créatifs dans l’usage de leur temps libre” et ont un sens de l’indépendance bien développé.
  • La culture concertée, chez les enfants plus riches, comporte d’énormes avantages sur le plan pratique. L’enfant dont l’emploi du temps est très rempli, est exposé à de nombreuses et diverses expériences. Il apprend à travailler en équipe et à faire face à des cadres très structurés. On lui enseigne comment interagir sans difficulté avec les adultes et comment prendre la parole au besoin.

En somme, les enfants de la classe moyenne apprennent le sens du “privilège”, dans le bon sens du terme : ils agissent comme s’ils avaient le droit de poursuivre leurs propres préférences individuelles et d’interagir de façon active dans des cadres institutionnels. Ils savent plaider pour obtenir des avantages. À l’inverse, les enfants pauvres et ceux de la classe ouvrière, sont caractérisés par “un sentiment émergent de distance, de méfiance et de contrainte”. Ils ne savent pas comment parvenir à leurs fins, ni “personnaliser” leur environnement au mieux de leurs intérêts.

Il s’avère que le sens du privilège est une attitude qui convient parfaitement à la réussite dans le monde moderne. Voilà donc ce qui pourrait expliquer la différence de destinées entre Chris Langan et J. Robert Oppenheimer.

4.5 – Les origines familiales

À la fin de ce quatrième chapitre de “Tous winners“, Malcolm Gladwell revient sur l’étude des Termites de Terman pour faire un lien avec les conclusions de la précédente étude sur les origines socio-familiales. Il explique alors que, quand les Termites sont arrivés à l’âge adulte, Terman les a divisés en 3 groupes :

  • Les A regroupent les 20 % au sommet et représentent les véritables réussites, les plus accomplis (des avocats, des physiciens, des ingénieurs et des universitaires).
  • Les B regroupent les 60 % du milieu dont la réussite est “satisfaisante”.
  • Les C regroupent les 20 % du bas qui, d’après Terman, avaient le moins utilisé leur capacité mentale supérieure.

Après avoir cherché toutes les explications concevables pour justifier la différence entre le groupe A et C, Terman remarque, à la fin, qu’une seule chose compte : les origines familiales.

En effet :

  • Les A viennent en très grande majorité des classes moyenne et supérieure, et ont été élevés dans une atmosphère de culture concertée.
  • Les C, par contre, sont issus des quartiers pauvres, et ont été élevés dans une atmosphère d’accomplissement de la croissance naturelle.

Les résultats de l’étude de Terman sont profondément désolants. Ce qui s’en dégage, c’est qu’en fin de compte “quasiment aucun des enfants géniaux de la classe socio-économique inférieure n’a fini par se faire un nom”. Ce qu’il manquait aux C, c’est “une communauté autour d’eux, qui les aurait préparés convenablement pour le monde. Les C étaient du talent gaspillé”.

Chapitre 5 – Les trois leçons de Joe Flom

Dans ce chapitre de “Tous winners”, Malcolm Gladwell nous dépeint, à travers toute une série d’histoires, le monde des immigrants juifs de New York du début du XXe siècle. L’histoire la plus significative est celle de Joe Flom.

5.1 – L’histoire de Joe Flom, un avocat qui a réussi

Joe Flom est issu d’une famille juive d’Europe de l’Est. Ses parents ont immigré aux États-Unis et se sont installés à Brooklyn pendant la Grande Dépression. L’auteur retrace :

  • Tout le parcours de Joe Flom : de la pauvreté extrême de son enfance, à son entrée dans un prestigieux lycée public, des années à travailler durement après l’école en plus de ses cours du soir, puis la faculté de droit de Harvard.
  • Toutes les occasions qui ont amené cet étudiant pauvre à devenir un brillant et célèbre avocat à succès : depuis ses débuts dans un minuscule cabinet sans clientèle jusqu’au prestigieux cabinet actuel Skadden, Arps, Slate, Meagher et Flom (qui compte aujourd’hui presque 2000 avocats dans 23 bureaux partout dans le monde et rapporte plus d’un milliard de dollars par année).

Mais Malcolm Gladwell insiste : malgré les apparences, l’histoire de Flom n’est pas celle d’un héros solitaire réussissant contre vents et marées. C’est plutôt celle d’un homme dont les éléments de vie qui semblaient à son désavantage se sont, au final, révélés des avantages : le fait d’avoir été un enfant pauvre, né de travailleurs du vêtement, d’avoir été juif à une époque où les Juifs faisaient l’objet d’une forte discrimination, d’avoir grandi au cours de la Grande Dépression…

5.2 – Ce qui a joué dans la réussite de Joe Flom

Malcolm Gladwell développe trois conditions de succès qui ont joué dans la réussite de Joe Flom et dans sa profession d’une manière générale.

  1. Le fait d’être juif

C’est ce qui l’a écarté des cabinets ultra-conservateurs du centre-ville (discrimination). Si ça n’avait pas été le cas, il n’aurait jamais rencontré les opportunités qu’il a eues par la suite, notamment celle de travailler dans un secteur du droit qui a, par la suite, explosé. Dès lors, ce qui était un obstacle au départ a fini par devenir une occasion.

  1. La chance démographique

Pour un jeune futur avocat, le début des années 1930 était le moment magique et parfait pour naître, tout comme 1955 pour un programmeur ou 1835 pour un entrepreneur.

  1. L’industrie du vêtement : un travail porteur de sens

À travers l’histoire de Regina et Louis Borgenicht, juifs d’Europe de l’Est, l’auteur raconte en quoi l’industrie vestimentaire fut une vraie opportunité pour les immigrants juifs, et pourquoi, en tant que travail porteur de sens, il fut surtout déterminant pour les enfants qui grandissaient dans ces foyers :

“Imaginez ce que c’était pour un enfant que de voir l’ascension rapide de Regina et Louis Borgenicht. Il apprenait […] une leçon cruciale pour ceux qui voulaient s’attaquer aux échelons supérieurs d’une profession comme le droit ou la médecine : si vous travaillez suffisamment, que vous vous affirmez et que vous utilisez votre esprit et votre imagination, le monde est à vos pieds.”

Encore une fois, l’auteur veut nous montrer que le succès n’est pas le fruit du hasard mais qu’il provient bien de circonstances et d’occasions. Pour l’auteur, les médecins et les avocats juifs ne sont pas devenus des professionnels en dépit de leurs humbles origines, mais grâce à elles :

“L’industrie du vêtement était le camp d’entraînement des professions libérales.”

En conclusion de cette partie de “Tous winners”, Malcolm Gladwell résume les circonstances et occasions du parcours de Flom ainsi :

“Cet individu sera né dans un creux démographique, aura donc fréquenté des écoles publiques de New York à leur zénith, et profité des meilleures conditions sur le marché du travail. Comme il sera Juif, il aura bien sûr été écarté des cabinets ultraconservateurs du centre-ville en raison de ses “antécédents”. Les parents de cette personne auront effectué un travail porteur de sens dans l’industrie vestimentaire, transmettant à leurs enfants certaines valeurs : l’autonomie, la complexité, et la corrélation entre effort et récompense. Il aura fréquenté une bonne école – mais pas nécessairement une grande école. Il n’aura pas forcément été le plus intelligent de la classe, mais juste suffisamment intelligent.”

Deuxième partie – L’héritage

influence de l'héritage et du lieu de naissance

Dans la première partie de son livre “Tous Winners”, Malcolm Gladwell a développé l’idée que la réussite provient de l’accumulation constante d’avantages :

“Le moment et le lieu de votre naissance, la profession de vos parents et les circonstances de votre éducation, tout cela influence vos chances de succès dans la vie.”

Dans la seconde partie de cet ouvrage, l’auteur se demande si les traditions et les attitudes héritées de nos ancêtres peuvent jouer le même rôle.

“Pouvons-nous, en prenant au sérieux les héritages culturels, mieux comprendre le pourquoi du succès, et les façons d’améliorer son activité ? Je crois que oui.”

Chapitre 6 – Harlan, Kentucky

6.1 – La violence appalachienne

Pour démarrer ce chapitre de “Tous winners”, Malcolm Gladwell nous transporte dans la région des Appalaches. Dans une petite ville appelée Harlan, un lieu sauvage et étrange, deux familles fondatrices du village s’y sont affrontées et entre-tuées pendant des décennies. Sur fond de décor d’un western, l’auteur narre les querelles sanglantes des Howard et des Turner, qui en ont entraîné d’autres, et s’interroge, pour finir, sur les raisons qui ont bien pu conduire les habitants de cette région à autant de violence.

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Malcolm Gladwell mentionne alors qu’en ces temps, dans les régions rurales du sud des États-Unis, la violence n’était motivée par aucun gain économique. Elle était personnelle et finalement, on ne s’y battait que pour l’honneur.

Et c’est bien cela qui caractérise la criminalité dans ces états encore aujourd’hui : c’est la culture de l’honneur !

6.2 – Les cultures de l’honneur

Voilà quelques traits caractéristiques des cultures de l’honneur, telles que décrites dans “Tous winners” :

  • Elles s’établissent dans des zones très peu fertiles

“Qui demeure sur un flanc rocheux ne peut rien cultiver”. On n’a guère d’autre choix que d’élever des chèvres ou des moutons. Or, la culture des gardiens de troupeaux est très différente de celle des cultivateurs.

  • Elles sont formées d’individus combatifs

Alors que la survie d’un fermier dépend de la coopération des autres membres de la communauté et qu’il ne s’inquiète pas qu’on lui vole sa source de revenus, un gardien de troupeau, lui, est constamment menacé par la ruine que provoquerait la perte de ses animaux :

“Il doit donc être combatif, et exprimer clairement, en paroles et en actes, qu’il n’est pas faible. Il doit être prêt à se battre pour réagir à la moindre atteinte à sa réputation – c’est cela, une culture de l’honneur.”

  • Les querelles y sont nécessairement publiques 

“C’est un monde où la réputation d’un homme est une part essentielle de son gagne-pain et de sa valeur personnelle. Le moment crucial du développement de la réputation du jeune berger, c’est sa première querelle.”

L’auteur nous explique ensuite que les régions pauvres des Appalaches ont été colonisées, en grande partie, par des immigrants d’une des cultures de l’honneur les plus féroces du monde : les “Scotch-Irish”. Ces derniers venaient de territoires sauvages et sans loi d’Irlande du Nord :

“Ces bergers gagnaient leur vie de peine et de misère sur une terre rocailleuse et infertile. Ils avaient un esprit de clan, réagissaient à la dureté et à l’agitation de leur environnement en formant des liens familiaux serrés, et en plaçant la loyauté du sang au-dessus de tout le reste. Et lorsqu’ils ont émigré en Amérique du Nord, ils se sont établis à l’intérieur du continent, dans des endroits sauvages, sans loi, rocailleux et à peine fertiles, comme Harlan, ce qui leur a permis de reproduire dans le Nouveau Monde la culture de l’honneur qu’ils avaient créée dans l’Ancien.”

6.3 – La force des héritages culturels

À travers une expérience sur la culture de l’honneur (menée sur de jeunes hommes qu’on a insultés volontairement), Malcolm Gladwell montre à quel point les héritages culturels peuvent être saisissants. L’auteur conclut :

” Les héritages culturels sont des forces puissantes. Ils ont des racines profondes et durent longtemps : ils persistent, quasi-intacts, d’une génération à l’autre, même lorsque les conditions économiques, sociales et démographiques qui les ont engendrés ont disparu. Ils gouvernent nos attitudes et nos comportements, à tel point que, si nous ne les identifions pas, nous ne pouvons comprendre le monde qui nous entoure.”

Chapitre 7 – La théorie ethnique des accidents d’avion

Dans ce chapitre de “Tous winners“, Malcolm Gladwell nous embarque dans le monde de l’aviation.

théorie ethnique des accidents d'avion

7.1 – Les crashs aériens de Korean Air

Pourquoi la compagnie aérienne Korean Air a connu une série de crashs aériens alarmante jusqu’en 1999 ? Pourquoi aujourd’hui cette compagnie est-elle considérée comme l’une des plus sûres au monde ?

Pour répondre à ces questions, Malcolm Gladwell décortique, dans ce chapitre de “Tous winners“, plusieurs accidents d’avion, dont deux accidents en particulier, célèbres : celui du vol 801 de la ligne sud-coréenne Korean Air et celui du vol 052 de la ligne colombienne d’Avianca. En nous révélant les causes qui sont à l’origine de ces accidents d’avion, l’auteur nous fait comprendre, au final, le poids considérable de l’héritage culturel dans nos vie et dans ces accidents à répétition de la Korean Air.

7.2 – Le crash aérien typique implique 7 erreurs humaines consécutives

Tout d’abord, Malcolm Gladwell nous indique que l’accident aérien typique résulte de deux cas de figure :

  • Une accumulation de difficultés mineures et de pannes banales : une mauvaise météo, l’avion est en retard sur l’horaire, le pilote est resté éveillé depuis au moins douze heures, les deux pilotes volent ensemble pour la première fois et ne sont pas à l’aise l’un avec l’autre, etc.
  • L’implication de sept erreurs humaines consécutives, rarement causées par une incompétence technique mais plutôt liées au travail en équipe et à la communication : ainsi, l’un des pilotes commet une erreur qui, en soi, n’est pas un problème. Puis l’un d’eux en commet une autre qui, combinée à la première, n’équivaut toujours pas à une catastrophe. Mais ensuite, ils font une troisième erreur, puis une autre, et une autre, et une autre, et une autre, et c’est la combinaison de toutes ces erreurs qui mène au désastre.

L’auteur va alors étudier, dans la suite de ce chapitre de “Tous winners“, les paramètres de communication entre les protagonistes des accidents aériens qu’il examine : le commandant de bord, le copilote, le reste de l’équipage, la tour de contrôle.

7.3 – Les six niveaux linguistiques de persuasion face à un pilote

Les linguistes Ute Fischer et Judith Orasanu ont noté qu’il y avait au moins six manières d’essayer de persuader un pilote de changer de cap et d’éviter le mauvais temps. Chacune comporte un degré différent d’atténuation. Les voici :

  1. Ordre : “Tournez à 30 degrés à droite”. C’est la façon la plus directe et la plus explicite de dire ce qu’on a à dire. Aucune atténuation.
  2. Énoncé d’une obligation : “Je pense que nous devons dévier vers la droite, maintenant”. Le “nous” est utilisé et la demande est maintenant beaucoup moins spécifique. C’est un peu plus mou.
  3. Suggestion : “Contournons le mauvais temps”. Cette formulation comporte l’idée implicite que “nous sommes dans le même bateau”.
  4. Question : “Dans quelle direction aimeriez-vous dévier ?” C’est encore plus mou qu’une suggestion à l’équipage, car celui qui parle avoue qu’il n’est pas responsable.
  5. Préférence : “Je crois qu’il serait sage de tourner à gauche ou à droite”.
  6. Allusion : “Ce retour à quarante kilomètres ne me dit rien de bon”. C’est l’énoncé le plus atténué de tous.

Fischer et Orasanu ont découvert que selon leur rapport à l’autorité entre pilote et copilote, la façon de communiquer est différente. Ainsi, dans la même situation, la très grande majorité :

  • Des commandants de bord donnent un “ordre” en parlant à leur subordonné, sans craindre d’être tranchants.
  • Des copilotes choisissent l’ “allusion”, la forme la plus atténuée, car ceux-ci s’adressent à leur patron.

Dans le crash d’Avianca décrit par Malcolm Gladwell, le copilote a fait une allusion à trois reprises, et ses propos n’ont pas été interprétés comme ils auraient dû l’être. Pourtant, si ce dernier avait commandé, il aurait plutôt donné un ordre, ses propos auraient été pris plus sérieusement et l’avion ne se serait sûrement pas écrasé !

7.4 – Les “dimensions d’Hofstede”

Les “dimensions d’Hofstede” constituent un des paradigmes les plus répandus en psychologie interculturelle. Parmi les dimensions établies par Hofstede, on a :

  • L’ “échelle individualisme/collectivisme”

Celle-ci distingue les cultures selon le degré d’autonomie qu’elles exigent de leurs membres pour subvenir à leurs propres besoins. Le pays considéré comme le plus individualiste sur cette échelle est celui des États-Unis, le moins individualiste est le Guatemala.

  • L'”évitement de l’incertitude”

Il s’agit d’évaluer dans quelle mesure une culture tolère l’ambiguïté, c’est-à-dire quels sont les pays qui s’appuient le plus sur les règles et respectent le plus les procédures. En effet, chaque individu se distingue par sa personnalité, toutefois, au-dessus de nous, il y a des schémas, des a priori et des réflexes très influents qui nous sont transmis par l’histoire de la collectivité dans laquelle nous avons grandi.

  • L'”indice de distance hiérarchique” (IDH)

La distance hiérarchique concerne les attitudes envers la hiérarchie. Elle mesure plus précisément si telle culture valorise et respecte l’autorité. Ce qui est intéressant, c’est que lorsqu’on a mesuré l’IDH des pilotes d’avion du monde, on a découvert que les IDH étaient les plus élevés au Brésil, en Corée du Sud et en Colombie.

On comprend alors que la communication entre pilote et commandant de cultures différentes peut s’avérer complexe et subtil. Chaque subordonné utilise un langage et niveau linguistique de persuasion pour parler à un subordonné propre à sa culture. Et lorsque pilote et commandant sont des ressortissants de pays avec des dimensions culturelles très éloignées, comme c’est le cas lors des accidents évoqués par Malcolm Gladwell (Corée du Sud, États-Unis, Colombie), cela peut s’avérer dramatique.

En réalité, dans un contexte de distance hiérarchique élevée, cet échange ne peut fonctionner que :

  • Lorsque celui qui écoute est capable d’accorder une attention suivie,
  • Si chaque interlocuteur prend le temps de deviner ce que dit l’autre.

On comprend alors que cela ne fonctionne pas dans les conditions décrites du crash d’Avianca : dans une cabine de pilotage d’avion, par une nuit de tempête, avec un pilote épuisé essayant d’atterrir dans un aéroport dont le faisceau d’atterrissage est défectueux.

7.5 – La lutte contre l’atténuation et l’anglais comme langue d’usage dans le monde de l’aviation pour éviter les crashs aériens

  • La lutte contre l’atténuation

Depuis 15 ans, la lutte contre l’atténuation est devenue essentielle dans l’aviation commerciale et est à l’origine du déclin extraordinaire des accidents de l’aviation au cours des dernières années. Un simple tutoiement entre copilote et commandant de bord, peut notamment aider le copilote à dire au commandant qu’il est en train de faire une erreur.

  • L’anglais pour lever la barrière de la culture coréenne

Quant à Korean Air, celle-ci a fini par agir sur les causes véritables de ses problèmes en prenant en compte ces paramètres culturels. La compagnie a alors institué l’anglais comme langue professionnelle obligatoire à tout son personnel, offrant ainsi une occasion à ses pilotes de transformer leur relation à leur travail. En communicant en anglais, ces derniers se sont, en effet, trouvés libérés des rangs sévèrement définis de la hiérarchie coréenne : déférence formelle, déférence informelle, tranchant, familier, intime et simple. Et le taux d’accidents a depuis, considérablement diminué…

Chapitre 8 – Rizières et tests de mathématiques

Dans ce chapitre de “Tous winners”, Malcolm Gladwell nous fait part de plusieurs anecdotes intéressantes pour expliquer les aptitudes des populations asiatiques en matière de mathématiques. Ces aptitudes seraient liées, en partie, selon l’auteur, à la cohérence linguistique chinoise avec les données chiffrées, qui faciliterait l’apprentissage du calcul.

8.1 – La culture pour expliquer les aptitudes des chinois en mathématiques

mathematiques tous winners différences

L’auteur montre, à travers un petit test soumis au lecteur (mémorisation d’une série de sept chiffres), qu’il est beaucoup plus facile de mémoriser des chiffres en chinois qu’en anglais. Il donne alors deux explications à cela :

  • À la différence des anglophones, la langue chinoise permet de comprimer les sept nombres du test en deux secondes.
  • En anglais, le système des nombres est hautement irrégulier, ce qui n’est pas le cas en Chine, au Japon et en Corée ; ces pays ont un système de calcul logique : onze se dit “dix-un”, douze, c’est “dix-deux”, vingt-quatre, c’est “deux-dizaines-quatre”, et ainsi de suite.
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Pour Malcolm Gladwell, cela pourrait expliquer pourquoi les enfants asiatiques :

  • Apprennent à compter beaucoup plus rapidement que les enfants américains.
  • Peuvent mieux accomplir des opérations de base telles que l’addition.
  • Sont plus à l’aise avec les fractions : en anglais, nous disons trois cinquièmes ; en chinois, c’est littéralement “sur cinq parties, prenez-en trois”.

Alors que les enfants occidentaux doivent faire avec des mathématiques dépourvues de sens, ayant une structure linguistique maladroite et des règles de base arbitraires et compliquées, les enfants asiatiques, eux, ne ressentent absolument pas cette confusion.

Autrement dit, les Asiatiques ont un avantage inhérent en mathématiques. Et pour Malcolm Gladwell, le fait d’être fort en mathématiques peut alors également s’expliquer dans l’enracinement de cette culture.

8.2 – La riziculture rend meilleur en mathématiques

Selon Malcolm Gladwell, une rizière exige :

  • Un travail dix à vingt fois plus intense qu’un champ de maïs ou de blé d’une taille équivalente.
  • Trois mille heures de travail par année, et la plupart penchées dans la chaleur du soleil, à planter et à désherber une rizière.

Toutefois, malgré ces dures conditions de vie, le travail du riziculteur a du sens.

Toute cette culture et ses exigences, qui descendent de l’activité ancestrale de la riziculture ont, aujourd’hui, pour l’auteur, un impact sur la réussite des Asiatiques dans les mathématiques, et notamment parce que pour réussir, il faut justement travailler vraiment dur.

8.3 – L’effort et le travail ardu indispensable au succès

“Nous pensons parfois que l’aptitude aux mathématiques est une capacité innée. On l’a ou on ne l’a pas. Mais pour Schoenfeld, ce n’est pas tant une aptitude qu’une attitude. On maîtrise les mathématiques si on est prêt à essayer. […] Le succès est fonction de la persévérance, de la ténacité et de la volonté de travailler dur pendant vingt-deux minutes pour trouver un sens à quelque chose que la plupart des gens abandonneraient après trente secondes.”

Tous les quatre ans, des éducateurs font passer un examen détaillé de mathématiques et de sciences (appelé le TIMSS) à des élèves du monde entier. Ces éducateurs ont alors constaté que les pays dont les élèves sont disposés à se concentrer et à rester assis assez longtemps pour s’appliquer à répondre à toutes les questions du long questionnaire sont aussi les pays dont les élèves ont le plus de succès à résoudre des problèmes de mathématiques.

Selon eux, il ne serait même pas utile de poser une question de mathématiques pour deviner, avec précision, le classement de chaque pays dans ces olympiades de mathématiques. Il suffirait simplement de mesurer quelles cultures nationales mettent le plus d’insistance sur l’effort et le travail ardu pour connaître les gagnants.

Les cinq pays qui affichent les meilleurs scores sont : Singapour, la Corée du Sud, la Chine (Taïwan), Hong Kong et le Japon. Or, ces cinq pays ont en commun d’avoir des cultures formées par la tradition de la culture du riz aquatique et du travail porteur de sens.

Chapitre 9 – Le marché de Marita

9.1 – La KIPP Academy : une école publique expérimentale

Au milieu des années 1990, une école publique expérimentale allant du CM2 à la troisième, appelée KIPP Academy, a ouvert ses portes à New York. Les classes y sont nombreuses. Il n’y a ni examen d’entrée ni exigences d’admission, n’importe qui peut s’y inscrire. On choisit les élèves (tous du quartier pauvre du Bronx) par tirage au sort. Et pourtant, dans cette école, les enfants pauvres de la KIPP Academy ont d’aussi bons résultats en mathématiques que les enfants privilégiés des classes de quatrième des banlieues riches des États-Unis.

Pourquoi ? L’auteur nous explique, dans ce dernier chapitre de “Tous winners” que le succès du programme de la KIPP Academy (qui compte aujourd’hui 66 écoles et 17 en préparation et qui représente une des nouvelles philosophies de l’éducation les plus prometteuses aux États-Unis), repose sur la remise en question de nos héritages culturels.

9.2 – Les longues vacances d’été : un héritage américain

Au début du XIXe siècle, un groupe de réformateurs voulait que tous les enfants fréquentent l’école et a donc entrepris d’établir un système d’éducation publique aux États-Unis. Toutefois, ces premiers réformateurs de l’éducation ne voulaient surtout pas que les enfants reçoivent trop d’instruction, pour éviter, notamment, que les élèves soient surmenés ou que l’excès de travail scolaire mine leurs talents. Les enfants devaient alors être en mesure de se reposer.

Cette idée d’équilibrer l’effort par le repos est complètement à l’opposé des conceptions asiatiques de l’étude et du travail. La vision du monde asiatique a été façonnée par la rizière : cette terre ne restait jamais longtemps en jachère, car, en riziculture, à cause des nutriments transportés par l’eau d’irrigation, plus on cultive une parcelle, plus elle devient fertile. En agriculture occidentale, par contre, c’est le contraire. Si on ne laisse pas un champ de blé ou de maïs en jachère, le sol s’épuise après quelques années. Et c’est dans cette logique, rythmée par les saisons agricoles, que le réformateur américain a créé les longues vacances d’été, si propre à la culture américaine.

9.3 – Les vacances estivales : source de retard des enfants pauvres

En Amérique, les vacances estivales sont considérées “comme une caractéristique permanente et inamovible de la vie scolaire, comme le football universitaire ou le bal de promo”.

vacances ete problematiques tous winners

Pourtant, les résultats de tests effectués à l’école primaire montrent que les enfants pauvres, qui apprennent peut-être mieux que les enfants riches durant l’année scolaire, prennent, en fait, beaucoup de retard pendant l’été (ils n’acquièrent aucune aptitude à la lecture par exemple en dehors de l’année scolaire). Si les enfants pauvres allaient à l’école à longueur d’année, à la fin de l’école primaire, ces enfants et ceux grandissant dans des familles riches auraient, selon l’auteur, à peu près les mêmes résultats en lecture et en mathématiques.

Dès lors, pour Malcolm Gladwell :

  • On comprend mieux les causes de la supériorité des Asiatiques en mathématiques : les écoles asiatiques n’ont pas de longues vacances estivales.
  • Pour les élèves les plus pauvres, l’Amérique n’a pas de problème d’école : elle a un problème de vacances estivales, et c’est ce que les écoles KIPP ont entrepris de résoudre en transplantant les leçons de la rizière dans les quartiers pauvres des États-Unis.

9.4 – Fournir des occasions de réussir à tous

“Nous examinons le cas du jeune Bill Gates, et nous nous émerveillons du fait que notre monde a permis à ce garçon de 13 ans de devenir un entrepreneur fabuleusement prospère. Mais ce n’est pas la bonne leçon. En 1968, notre monde n’a donné qu’à un seul garçon de 13 ans un accès illimité à un terminal en temps partagé. Si un million d’adolescents avaient eu la même occasion, combien d’autres Microsoft aurions-nous aujourd’hui ?”

Ainsi, pour construire un monde meilleur, nous devons, selon Malcolm Gladwell remplacer la série de coups de chance et d’avantages arbitraires qui, aujourd’hui, déterminent le succès, les dates de naissance favorables et les heureux accidents de l’histoire, par une société qui fournit des occasions à tous.

Pour illustrer cette idée, l’auteur nous raconte l’histoire de Marita, une fillette issue d’une famille pauvre et monoparentale, qui passe ses journées à étudier dans le but de réussir à l’école de la KIPP Academy. Il conclut :

“Marita n’a pas besoin d’une école toute neuve, munie d’hectares de terrains de jeu et d’installations reluisantes. Elle n’a pas besoin d’un ordinateur portable, d’une classe moins nombreuse, d’un enseignant titulaire d’un doctorat, d’un plus grand appartement. Elle n’a pas besoin d’un QI plus élevé ni d’un intellect aussi rapide que celui de Chris Langan. Tout cela serait bien, évidemment, mais ce serait oublier l’essentiel : Marita avait juste besoin d’une chance. Et voyez celle qu’elle a reçue ! Quelqu’un a apporté un peu de la rizière dans le South Bronx et lui a expliqué le miracle du travail porteur de sens.”

Épilogue – Une histoire arrivée en Jamaïque

Dans un épilogue, Malcolm Gladwell raconte son histoire personnelle, ou plutôt celle de ses ancêtres pour expliquer les facteurs de sa réussite familiale.

Pour cela, il remonte au XIXe siècle, au cœur des plantations de café de la Jamaïque. L’auteur nous raconte comment au fil des événements et des générations, sa mère, Joyce Nation, descendante d’une arrière-arrière grand-mère-mulâtresse (une femme mi – européenne, mi – arawak), devint une auteure à succès et une thérapeute familiale, mariée à un professeur de mathématiques et résident au Canada.

Conclusion de “Tous winners ! Comprendre les logiques du succès” de Malcolm Gladwell

Le message résumé de Malcolm Gladwell dans “Tous winners”

Malcolm Gladwell conclut son livre par ces quelques phrases qui, je trouve, résument assez bien tout son contenu :

“De prime abord, les avocats vedettes, les génies des mathématiques et les magnats du logiciel semblent détachés de l’expérience ordinaire. Mais ce n’est pas le cas. Ce sont les produits de l’histoire et de la collectivité, ayant bénéficié d’occasions et de leur héritage. Leur succès n’est ni exceptionnel ni mystérieux : il est enraciné dans une trame d’avantages et d’héritages, certains mérités, d’autres non, certains gagnés, d’autres dus à la chance -, mais tous essentiels à leur destin. Le prodige, en définitive, ne tient pas du tout du prodige.”

Ainsi, pour Malcolm Gladwell :

Le fantasme des génies et des self-made-men nous obsède tellement que nous finissons par croire que les gens hors norme poussent naturellement sur les arbres.

Les facteurs du succès, selon “Tous winners”

En réalité, le talent naturel et les qualités personnelles ne sont pas suffisants pour prétendre au succès. Le succès se provoque selon un ensemble de paramètres, à savoir :

  • Les opportunités qui se présentent dans la vie et la manière dont on sait en tirer profit ;
  • L’accumulation de beaucoup de travail et la persévérance, qui permettent notamment de compenser des désavantages de départ ;
  • Nos héritages culturels, qui sont le produit de nos racines, de celle de nos parents, de nos ancêtres, de notre culture ;
  • Le milieu socio-culturel et éducatif dans lequel nous grandissons qui va notamment déterminer nos compétences sociales ;
  • Notre date de naissance et les systèmes des dates limitation que nous rencontrerons ;
  • Le “bon timing” entre les événements et le moment où nous sommes prêts à les vivre.

Finalement, ce ne sont pas les plus intelligents qui réussissent. Ceux qui sortent du lot sont ceux à qui on a donné des occasions, et qui ont eu la force et la présence d’esprit nécessaires pour les saisir :

“Pour les joueurs de hockey et de football nés en janvier, il s’agit d’une meilleure chance de faire partie d’une équipe de vedettes. Pour les Beatles, c’était Hambourg. Bill Gates a eu la chance de naître au bon moment et de recevoir en cadeau un terminal d’ordinateur au début de ses études secondaires. Joe Flom et les fondateurs de Wachtell, Lipton, Rosen et Katz ont eu bien des chances. Ils sont nés au bon moment, de bons parents et dans le bon groupe ethnique, ce qui leur a permis de pratiquer le droit des acquisitions pendant vingt ans avant que le reste du monde juridique s’y mette. Et Korean Air, en se corrigeant, a donné à ses pilotes la chance d’échapper aux contraintes de leur héritage culturel.”

L’art du storytelling

Tous winners” nous entraîne dans une multitude de petits récits qui, de prime abord, ne paraissent avoir aucun rapport entre eux, et qui pourtant, au fur à mesure de la lecture, se révèlent tous interdépendants. Le schéma de l’écriture se dessine comme un patchwork de petites histoires, avec une foule de personnages hors norme. Ces histoires nous transportent, avec un brin de suspens, d’un univers à un autre pour finalement retrouver le fil conducteur et cette impression de découverte à chacun des chapitres. L’auteur maîtrise très bien l’art du storytelling, ce qui fait que ce livre se lit comme un roman palpitant tout en nous apportant une analyse intéressante sur les facteurs du succès.

Une explication des phénomènes de réussite plus qu’un livre de développement personnel

Tous winners” ne propose aucune méthode “clé en main” à appliquer dans notre vie quotidienne pour nous guider vers le succès. “Tous winners” est davantage un livre qui analyse des facteurs de réussite et de succès qu’un livre de développement personnel à proprement parlé. Dans ce livre, Malcolm Gladwell semble s’attacher plus au “pourquoi” qu’au “comment”.

Le contenu est très documenté et présente beaucoup de clés de compréhension. Les études et anecdotes, toutes plus intéressantes les unes que les autres, abondent. Aussi, même s’il n’est pas question de travailler sur sa réussite à soi dans cet ouvrage, il n’y a pas un chapitre qui ne nous amène pas à réfléchir sur la logique au succès et à réajuster notre regard sur la réussite (sur la façon d’éduquer nos enfants pour favoriser leur réussite par exemple).

Un must have !

Enfin, bien que les informations soient denses, j’ai juste regretté que l’auteur n’offre une grille de lecture de la réussite que limitée aux résultats (réussite scolaire, professionnelle, sportive, financière) et non pas selon une idée plus abstraite d’un bonheur plus discret (on peut citer l’exemple du surdoué Chris Langan que l’auteur présente comme “n’ayant pas réussi” puisque n’ayant “rien” réalisé de grandiose, alors que ce dernier se dit pourtant heureux dans une vie discrète, dans un joli et confortable ranch, entouré d’une famille épanouie).

Il n’en reste pas moins que ce livre est un must have que je recommande vivement !

Points forts :

  • Un schéma d’écriture original et brillant qui mêle les récits de vie, le contenu documentaires et l’analyse : impossible de s’ennuyer en lisant ce livre.
  • Les nombreuses histoires qui semblent n’avoir aucun rapport les unes avec les autres, puis qui créent finalement la surprise en s’articulant, au final, sur les mêmes idées conductrices.
  • Le travail minutieux et très documenté de l’auteur.

Points faibles :

  • Ceux qui espèrent des clés personnelles à appliquer pour “réussir” seront déçus de lire plutôt une étude qui explique la réussite (telle que l’auteur la définit).

Ma note :

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Bienvenue sur mon blog spécialisé dans des livres rares, des livres exigeants qui ont tous une énorme qualité : ils peuvent vous faire changer de vie. Ces livres ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous lus et choisis parmi des centaines d’autres.

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