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Laissez courir les éléphants

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Résumé du livre de David Usher “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ : L’auteur propose une méthode simple pour développer la capacité créatrice présente en chacun de nous et nous invite aussi à sortir de notre zone de confort (la musique ou l’entrepreneuriat par exemple) pour explorer de nouveaux domaines d’activité.

Par David Usher, 2015, 240 pages.

Titre original : Let the Elephants Run: Unlock your Creativity and Change Everything“.

Chronique et résumé du livre “Laissez courir les éléphants ! – Repoussez les limites de votre créativité

L’auteur

David Usher est un chanteur compositeur à succès au Canada, mais aussi un conférencier et un innovateur. Né en 1966, il a grandi dans une famille aisée d’artistes et d’universitaires (sa mère est artiste, son père est économiste). Après des études de sciences politiques, il se tourne vers sa première passion : la chanson.

Dans ce livre, raconte comment il a pris conscience que sa créativité artistique obéissait à certaines règles, et comment il était possible d’apprendre à utiliser ce processus ailleurs : dans le monde des affaires, par exemple, et même pour devenir écrivain (“Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ est son premier livre). Depuis 2017, il s’investit dans un nouveau projet intitulé Reimagine AI, un studio d’études créatives sur l’intelligence artificielle.

Présentation

Que l’on soit artiste ou non, on a besoin de créativité ! Pourtant, celle-ci peut venir à manquer. David Usher tire parti de son expérience de musicien, d’entrepreneur du Web et de conférencier pour nous aider à faire ressurgir la créativité perdue…

Liberté et structure : telles sont les deux notions centrales de la méthode de Usher pour développer la créativité. Ce sont aussi les deux parties principales de l’ouvrage, qui regorge par ailleurs d’exemples, d’illustrations, de citations et d’exercices pour « cultiver l’habitude de documenter ses idées pour mieux les exécuter ».

Êtes-vous prêt à changer ?

L’enfant dispose d’une créativité et d’une curiosité naturelles. Cela, il ne faudrait jamais le perdre. Pourtant, la vie nous sépare progressivement de cette mentalité enfantine. Les « choses importantes » : voilà ce qui finit par compter.

Toutefois, la créativité demeure présente, tapie dans l’ombre : c’est cette imagination sans bornes qu’il faut redécouvrir. Par chance, mais aussi à force de travail et d’analyse, Usher a réussi à garder cette part de lui-même et celle-ci lui a permis d’exercer des activités très diverses : le chant, l’entrepreneuriat ou l’écriture d’un livre…

La créativité irrigue chacune de ces activités et elle est présente en chaque personne, mais à des degrés différents d’expression. Il est donc possible à celles et ceux qui ont perdu le contact avec elle de le retrouver : il suffit d’y travailler, de prendre du temps et d’accepter d’entrer en apprentissage.

Pour cela, pas de miracles, il faut poser des actions concrètes. C’est la première habitude à acquérir, la plus décisive : pratiquer et pratiquer encore.

Mais le jeu en vaut la chandelle ! Sans créativité, le monde humain disparaîtrait. La créativité peut littéralement tout changer ! C’est elle qui fait vraiment la différence dans le monde. Alors, êtes-vous prêt à tout changer ?

Action n°1 : Prenez des notes

Usher conseille d’écrire dans le livre, de le griffonner. “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ est rempli d’espaces prévus à cet effet. L’auteur conseille aussi de déborder de ces espaces. Il invite à ne pas considérer le livre comme un objet sacré. Au contraire, il faut se l’approprier en y intégrant sa personnalité.

Mais surtout, le point-clé le plus utile ici (pour celles et ceux qui ne bénéficient pas du livre en papier) est l’idée suivante : il faut être attentif au monde et rassembler des idées, dans un carnet de notes par exemple.

Donc, si ce n’est pas encore fait, armez-vous de votre plumier et d’un cahier pour lire cette chronique et faire tous les exercices (Usher appelle cela des « Actions ») proposés !

Le singe créatif

Selon le Dr. Spencer Well, l’humanité a été plusieurs fois déjà en voie d’extinction. Comment nous en sommes-nous sortis ? La taille du cerveau nous distingue et nous a permis de peupler la Terre. Une connexion s’est faite : Usher l’appelle (sans prétention scientifique) « le gène créatif ».

Parler de créativité, ce n’est pourtant pas parler d’inspiration soudaine. Il faut 95 % de travail et peut-être 5 % d’inspiration, pour que ce « gène » produise des résultats vraiment significatifs. Il faut donc persévérer. C’est pourquoi dire dès le départ « je ne suis pas créatif », c’est se mettre inutilement des bâtons dans les roues et c’est refuser le statut de « singe créatif » qui sommeille en chacun de nous.

Usher met en garde : « Arrêtez de considérer la créativité comme le jackpot que quelqu’un d’autre a gagné à la naissance ». Pour résister, il donne cette ligne de conduite : « Commencez à envisager la créativité comme un ensemble de compétences que vous pouvez maîtriser en y investissant du temps ».

Action n°2 : testez votre niveau de créativité

Premier exercice : Usher propose le questionnaire suivant pour analyser son niveau de créativité.analyser niveau de créativité

Répondez honnêtement : cela vous aidera à mieux jauger les efforts que vous aurez à entreprendre dans la réalisation des 17 autres exercices !

Une créativité multidimensionnelle

Une fois que l’on prend le pli de la créativité, on la découvre partout, dans les choses et bien au-delà. « Elle se trouve dans les liens que nous formons, dans la formulation de nos phrases, dans notre façon de négocier avec nos patrons et dans notre regard sur le monde […] Chaque instant, chaque interaction devient une occasion d’appliquer les principes de la créativité. »

Certains la développent de façon limitée dans un domaine précis, par exemple dans le développement de nouveaux programmes informatiques, mais sont incapables de généraliser le processus. C’est bien dommage et c’est pourquoi Usher propose de développer une créativité réellement multidimensionnelle.

Action n°3 : Listez les changements que vous voulez voir advenir dans votre vie

Commencez dès maintenant à écrire. Faites une liste des changements que vous voulez concrétiser. Quelles sont les mauvaises habitudes que vous voulez laisser tomber ? Quelles sont les nouvelles routines que vous voudriez mettre en place ? Quel est le projet qui vous tient le plus à cœur et auquel vous avez toujours renoncé jusqu’ici ?

Rien n’est « trop gros ». Viser haut, au départ, c’est se donner plus de chances d’obtenir des résultats intéressants.

Répondez par écrit – dans votre cahier – à ces trois questions :

  • Quelles choses aimeriez-vous fabriquer ?
  • Quelles habitudes aimeriez-vous changer ?
  • Ou encore quelles relations voudriez-vous transformer ?

L’excentrique et le geek

D’un côté de la créativité, vous trouvez l’excentrique : le caractère bohème, l’inspiration de génie à trois heures du matin. De l’autre côté, vous trouvez le « geek » : analytique, il quantifie, raisonne, planifie. Usher l’affirme : il faut combiner les deux. « Pour être créatif, je dois investir dans mes deux aspects : l’excentrique et le geek ».

La créativité n’est pas une affaire d’élite, ni même d’abord de talent. Par contre, c’est certain, il faut avoir de la détermination et du cran. En fait, croire à l’inspiration divine et s’avouer dépourvu de talent sont des stratégies pour nous empêcher de nous mettre au travail.

Usher n’en néglige pas pour autant le facteur chance : parfois, le hasard combine les efforts consentis et les talents de plus ou moins bonne manière. Il est vrai que tous ne réussissent pas, malgré les efforts et le talent réunis.

Néanmoins, une chose est sûre :

« La créativité en elle-même – cette capacité de générer une idée novatrice, puis de suivre jusqu’au bout les étapes du processus jusqu’à livrer de l’inédit –, on peut tous l’apprendre. »

Liberté et structure, tels sont donc les deux maîtres-mots. La curiosité, l’ouverture, la folie d’un côté ; la discipline, la logique, l’effort de concrétisation de l’autre. Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher le dit bien :

« La liberté sans structure n’est que chaos, et de grandes idées s’envolent alors en fumée. Cela dit, la liberté d’imaginer est à la base de tout. Pour penser créativement, vous devez d’abord relancer votre imagination. »

Commençons donc par la liberté !

Première partie : La liberté – Laissez courir votre imagination

Si un enfant bénéficie d’un espace de liberté, en classe ou dans une salle de jeu, par exemple, il fait naturellement des choses créatives : il invente, il laisse courir son imagination. C’est instinctif. « Pour eux, c’est aussi naturel que de respirer. »

Le jeu exploratoire est leur manière d’être au monde.

« Nous sommes tous nés avec ce type d’imagination. Elle nous reste jusqu’à ce que les compétences organisationnelles du système scolaire chassent cette faculté. »

C’est ce que révèle une expérience réalisée par une chercheuse du Massachussets Institute Of Technology (le MIT), Laura Schulz. Si vous dites à un enfant comment il faut utiliser un jouet (et ce qu’il ne faut pas en faire), alors ses capacités créatrices se verront limitées. Il ne jouera que dans le sens indiqué. En revanche, si vous laissez l’enfant explorer par lui-même les différentes facettes du jouet, il découvrira plusieurs manières de s’amuser avec l’objet.

Souvent, l’apprentissage (scolaire, notamment) coupe l’enfant de sa propre curiosité et surtout de sa capacité naturelle à explorer par le jeu en édictant des règles trop strictes dès le départ.

Action n°4 : Réveillez l’enfant en vous

“Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ est rempli d’images, de dessins, etc. Placez des photos de vous enfant dans quelques endroits stratégiques de votre maison, de votre voiture, etc. et dans votre carnet de notes (ou dans un livre). C’est cette personne de 4 ou 5 ans que vous devrez retrouver, par-delà la rouille de l’âge adulte.réveiller enfant en soi

Un rouage de la machine

La Révolution industrielle du XIXe siècle a instauré à grande échelle la pensée linéaire. Les chaînes de production, les usines des villes ne sont pas comme les champs de la campagne. La mécanisation a fait de nous des machines humaines exerçant une tâche répétitive. Exit la pensée, le sentiment d’accomplissement, l’imagination. Adam Smith, le célèbre économiste, le disait déjà à la même époque.

On éduque les enfants en vue de leur future vie à l’usine, et d’un autre côté l’école devient elle-même une sorte d’usine. On cherche de la main-d’œuvre docile et efficace. Pour cela, on crée un système scolaire adapté, au sein duquel la créativité doit disparaître. L’enfant doit rester calme, assis à son pupitre, toute la semaine.

Il en va de même pour le secteur privé aujourd’hui. Avec la Révolution industrielle, c’est la normalisation des espaces de travail qui a vu le jour ; toutes ces institutions – école, usine, entreprise – se sont formées sur le même modèle de la productivité. Nous en sommes venus à penser de cette façon également.

La pensée linéaire

C’est ce que Usher nomme la pensée linéaire. C’est la méthodologie dominante : celle qui prône d’aller le plus rapidement du point A au point B, c’est-à-dire en suivant une ligne droite. Surtout, pas de déviation ! C’est ici que s’instille la mort de la créativité et de l’imagination, car la ligne droite (la normalisation) efface les autres possibilités, c’est-à-dire la pluralité des options possibles.

C’est aussi une pensée qui privilégie le copiage à l’identique : mieux vaut copier ce qui fonctionne bien, on gagne du temps et de l’argent. On ne se perd pas dans les nouvelles tentatives.

Et de fait, « nous aimons les schémas répétitifs », affirme Usher. Nous aimons les routines, le conformisme. « Les humains sont des êtres routiniers et, ajoute-t-il, il est tout à fait naturel de vouloir se réfugier dans la sécurité des routines.

Mais pour être créatif, il faut aller à contre-courant de notre nature et nous extraire de ces patterns. » Cela exige une aptitude à l’observation et au décentrement, qui nous permet de saisir ces autres possibilités, ces autres schémas qu’on ne perçoit pas au premier abord. Bref, « Osez chambouler vos habitudes ! », clame l’auteur.

Action n°5 : Bousculez vos habitudes

Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher donne le conseil suivant : « Exercez-vous à briser vos habitudes. Commencez par les petites choses. » Quelques exercices sont proposés : simples, mais difficiles à appliquer, tant les routines et les schémas répétitifs sont bien ancrés en nous.

Voici la liste des petites choses à faire autrement au quotidien :

  • Préparez le café d’une autre façon ;
  • Manger votre dîner dans un nouveau restaurant ;
  • Choisissez un plat différent au menu ;
  • Optez pour un trajet inhabituel pour vous rendre au travail ;
  • Assoyez-vous auprès d’une nouvelle personne dans une réunion ;
  • Dormez de l’autre côté du lit ;
  • Portez les chaussures originales que vous laissiez de côté ;
  • Lisez des romans/des essais/de la poésie ;
  • Si vous faites du yoga, essayez le kick-boxing pour changer ;
  • Si vous faites plutôt du kick-boxing, essayez la méditation.

L’amour des règles

Nous aimons les règles. Comme les habitudes, les règles encadrent nos actions. C’est pourquoi nous aimons les suivre : elles nous rassurent. Des milliers de petites règles au jour le jour nous mobilisent ; des centaines de conventions implicites qui sont littéralement ancrés en nous et que nous ne remettons jamais en question. Encore une fois, celles-ci nous assurent des résultats fiables et nous les désirons pour cette raison même.

« Dans le monde réel, nous voulons et requérons des résultats prévisibles. » Nous voulons que la voiture s’arrête au feu rouge pour que vous puissiez traverser tranquillement. Les règles assurent un certain degré de certitude : nous pouvons savoir que les membres d’une même société vont probablement agir de telle ou telle façon dans telle ou telle circonstance.

Accueillir l’imprévisible : passer le quatrième mur

La créativité invite à sortir des règles comme des habitudes, parce que ce qu’on cherche en activant la créativité, ce n’est pas le résultat fiable, le résultat ordinaire, mais bien le résultat instable et extraordinaire.

« Pour être créatif, il faut accueillir l’imprévisible. Il faut outrepasser les règles. »

Le quatrième mur est le mur imaginaire qui sépare, dans un théâtre, les acteurs du public. Il se situe à la limite de la scène. Les metteurs en scène respectent généralement la règle voulant que les acteurs ne passent pas outre ce quatrième mur. D’un autre côté, le public doit demeurer de l’autre côté de l’univers imaginaire des acteurs sur scène. Ils observent tous la scène dans une situation similaire : tous assis, sans obstacle gênant leur vue.

Usher aime passer ce mur et en montre l’exemple dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ : « À chacun de mes spectacles ou des exposés – que ce soit devant 400 ou 40 000 personnes -, j’essaie toujours de traverser le quatrième mur, pour une raison bien simple : cela change automatiquement la relation avec le public et, du coup, on multiplie les possibilités. »

Quelle est la conséquence de cette violation de la règle du quatrième mur ? « Le niveau de risque s’élève ». La distance entre le public et l’acteur (ou les acteurs) s’abolit et tout peut arriver. Le public peut réagir de façon imprévue, tant négative que positive. Le plus souvent, cela vaut vraiment le coup.

Oser la pensée courbe

La pensée courbe s’oppose à l’idée de ligne droite. En fait, à bien y regarder, rien ne va tout à fait droit. Surtout, la créativité n’a que faire de l’efficacité. « Elle serpente, zigzague au coin de la rue et déambule dans des ruelles désertes. » Suivre les courbes, c’est se laisser aller à ce qui peut arriver, peu importe où ça nous mène.

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« C’est dans ces courbes que la créativité se manifeste. » C’est suivre son rêve, même s’il ne nous fait pas gagner d’argent, par exemple. Il faut donc être capable d’avoir un but (le rêve que l’on a), mais tout en cherchant, sans certitude, comment concrétiser notre vision.

Dans la réalité, lorsque nous nous engageons dans un projet, 1001 rebondissements inattendus ont lieu. Aujourd’hui, les nouvelles entreprises apprennent de ces expériences. Elles ne planifient plus l’ensemble du projet comme le faisaient les firmes il y a quelques années encore.

Le fonctionnement des start-ups

Les start-ups et la culture nouvelle de l’entreprise prennent en compte l’imprévu, et modifient le plan de départ à partir de ce qui survient : « Chacun a un plan, jusqu’à ce qu’il se prenne un coup sur la gueule. »

Aujourd’hui, et notamment sous l’influence de l’expansion d’internet, les choses changent au niveau de la planification des projets d’entreprise.  Usher résume ce nouveau processus en six étapes :

  1. Une idée d’entreprise prend forme ;
  2. On construit un produit minimal viable (PMV), soit la plus petite version possible qui puisse mettre l’idée à l’épreuve de façon viable (les caractéristiques minimales) ;
  3. On va dans le monde et on teste le PMV auprès de clients, pour observer le fonctionnement du produit et les réactions des gens, et on recueille des commentaires ;
  4. À partir des commentaires, on met rapidement en œuvre de nouvelles versions et on propose vite de nouvelles caractéristiques, de nouvelles options ;
  5. Si ça fonctionne, que l’intérêt et la rétention de la clientèle augmente et qu’elle est fidèle au produit, on continue ;
  6. Si ça ne fonctionne pas, il est temps de se retourner et de radicalement changer de direction.

Reid Hoffman, de LinkedIn, considère que « Si vous n’êtes pas gêné par la première version de votre produit, c’est que vous l’avez lancé trop tard. » Tout l’intérêt de cette démarche est résumé par ces deux phrases de Usher : « On visualise la destination, mais elle n’est pas immuable. Les découvertes réalisées en cours de route ont une influence énorme sur le parcours. » Instagram, PayPal, YouTube, Twitter : voilà quelques exemples de ces nouvelles entreprises à succès qui ont su suivre la pensée courbe !

Cette autre façon d’agir est le ferment d’une autre révolution industrielle. Si la créativité est un luxe pour les anciennes entreprises pratiquant la pensée linéaire, elle est un investissement très rentable pour les nouvelles entreprises.

L’exemple de Google

Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher utilise aussi l’exemple de Google, où un employé a le droit de consacrer jusqu’à 20 % de son temps de travail au développement de projets qui lui paraissent porteurs. Chaque employé peut ainsi explorer des pistes nouvelles et les proposer à son employeur. Gmail, Google News, Google Talk et AdSense sont issus de ce type de projets parallèles.

Bien en avance sur son temps, l’entreprise 3M, par exemple, faisait déjà cela depuis bien longtemps. 3M est une entreprise états-unienne qui fabrique 55 000 produits différents et en lance plus de 1000 nouveaux par an. Elle est particulièrement connue pour ses célèbres produits « collants » : le scotch et les post-it !

Comme le prouvent ces exemples, cette mise en pratique de la créativité est non seulement possible dans les petites structures, mais aussi à grande échelle.

Le contraste avec les anciennes entreprises : l’exemple d’EMI

Pour exposer le contraste entre un monde et l’autre, Usher prend l’exemple de sa firme de disques : EMI. Avec l’arrivée d’internet, celle-ci a vu son chiffre d’affaires se réduire drastiquement, ce qui a entraîné des licenciements. EMI était incapable de réagir de façon appropriée.

Usher analyse cette sclérose à partir de la culture d’entreprise historique de la firme et des routines qu’elle avait emmagasiné depuis plusieurs décennies. EMI avait fondé ses affaires sur un modèle de rareté : les disques, puis les CD donnaient une valeur à la musique que le téléchargement instantané lui faisait perdre. EMI – qui fondait sa richesse sur la vente de disques – a été foudroyée.

Elle devait se transformer rapidement, et elle n’a pas réussi en raison de l’inertie due à la pensée linéaire qu’elle pratiquait tout au long de ces années.

Action n°6 : Investissez dans la pensée courbe

Pour les entreprises, Usher tire une leçon de cet exemple :

« À l’heure d’Internet, alors que tout bouge tellement plus vite, il faut intégrer l’innovation et la créativité à la culture de l’entreprise. C’est un projet à long terme. Il faut apprendre la créativité et lentement l’introduire dans son ADN […] La créativité n’est pas ni un luxe ni un risque. C’est une véritable nécessité. »

Penchez-vous sur votre propre relation à la créativité. Pour vous :

  • Le temps consacré à la créativité est-il un investissement ou une dépense ?
  • Comment votre domaine a-t-il été touché par la révolution Internet ?
  • Quels changements spécifiques avez-vous constatés au cours des cinq dernières années ?

Répondre à ces questions vous permettra d’évaluer le coût de votre investissement dans la pensée courbe.

La demi-heure créative

Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher veut nous faire prendre conscience de l’importance de consacrer du temps à notre imagination. Pour ce faire, il prend un exemple parlant.

Son amie Shelly est rédactrice pour des magazines et internet. Son travail est relativement routinier. « Tous les matins, Shelly se lève à 6 heures, prépare le café, consacre une demi-heure à ses courriels et aux nouvelles, puis se lance dans l’écriture. Chaque journée se déroule d’une façon plutôt identique, répartie entre l’écriture, la recherche, les entrevues, les échanges avec les éditeurs, la comptabilité et la facturation. À la fin de la journée, lorsqu’elle referme son ordinateur vers 18 heures, Shelly est vidée et épuisée. »

Quand ils se voient, Usher lui donne le conseil suivant. « Shelly, fais une expérience : essaie de consacrer aux idées la première demi-heure de chaque journée – avant les courriels, avant les nouvelles, avant Facebook, avant ton écriture. Utilise cette période pour générer des idées afin de développer et de modifier ton activité, des façons créatives de descendre du manège. Investis ce temps dans toi-même. »

La réaction normale est la suivante – c’est celle de Shelly également : « J’ai trop de travail, je ne peux pas ».

Usher montre que la routine n’est pas opposée à la créativité : en fait, il est possible de faire de la créativité une routine ! « Développer une routine, un rituel, est essentiel pour garder votre créativité en mouvement ». Certains préféreront prendre du temps pour eux le matin, alors que d’autres préféreront se libérer du temps l’après-midi.

Observez-vous : quand êtes-vous « réveillé », quand êtes-vous le plus ouvert à ce côté créatif ? Une fois ce créneau identifié, réservez cette période et créez un rituel qui vous permettra de laisser libre cours à votre imagination.

La conclusion de Usher est la suivante :

« La créativité est un investissement, par définition risqué et sans aucune garantie. La seule certitude, c’est que si vous n’investissez pas dans votre imagination, vous ne deviendrez pas plus créatif. »

Action n°7 : Développez l’habitude de la demi-heure créative

Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher ne cesse pas d’insister sur ce point : le génie, la créativité ne sont pas des dons innés. Il y a là un travail et un entraînement. « Les artistes le savent d’expérience ! Un talent à première vue miraculeux repose en réalité sur d’innombrables heures d’étude et une motivation sans fin. Le talent compte, mais le travail, c’est ce qui donne corps à vos idées. »

Nul artiste, nul entrepreneur, nulle personne dite « de talent » n’a été reconnue sans avoir consenti à un grand effort pour entraîner, développer ce talent. On peut résumer la proposition de Usher par la progression suivante :

  1. Observez le moment de la journée où vous êtes particulièrement actif et éveillé ;
  2. Créez un rituel créatif d’une demi-heure au sein de ce moment ;
  3. Consignez par écrit les jours où vous accomplissez cette demi-heure ;
  4. Notez l’heure, puis évaluez rapidement la séance sur une échelle de 1 à 10 (naze – génie) ;
  5. Découvrez le moment très précis où vous êtes le plus imaginatif et le plus concentré, au cours de la demi-heure ;
  6. Ne le lâchez plus !

Le prétexte du temps et du lieu

Usher met en garde contre une forme courante et pernicieuse de procrastination : vouloir que tout soit parfait avant de commencer. Le rêve d’un superbe atelier ou d’un bureau idéalement organisé, bref d’un espace plus agréable que celui dont on dispose ; la chimère de disposer de plus de temps aussi, voire d’un temps infini pour penser, se laisser aller…

Mais la procrastination concerne aussi l’aspiration à agir avec d’autres, au sein d’une communauté, la volonté d’être déjà reconnu avant même d’avoir commencé… Usher nous prévient : pour être créatif, Il faut d’abord retomber sur terre.

« La réalité de la vie créative, c’est qu’il n’y a jamais assez de temps ni d’espace, et que les conditions ne sont jamais parfaites. Notre vie est toujours tissée de tâches interminables qui nous accaparent et nous séparent de ce à quoi nous devrions nous consacrer. »

C’est dans les interstices de cette vie débordante que nous devons apprendre à créer. C’est peut-être dans la solitude aussi que nous devons commencer.

La tentation de s’égarer est constante (entre les tweets, les posts, les mails, etc.). Respirez : rien ne se passera si vous ratez ce message ou si vous avez moins de succès que prévu avec celui que vous venez de publier. Respirez et laissez cela de côté un instant. Puis commencez, tout doucement, simplement, à entraîner votre muscle créatif.

Commencez à rêver à des éléphants !

Vous aurez peut-être l’air d’un fou ou d’une folle, pour un temps : mais vous le savez bien, la frontière est mince entre le fou et le génie. « Vous devez oser un peu de folie si vous espérez échapper à la force gravitationnelle de l’ordinaire. »

Le désir brûlant de faire quelque chose, de créer, vous tiraille-t-il ? Sentez-vous le besoin d’aller en ce sens, quitte à sortir du cadre ? Alors défaites-vous aussi de l’idée de recevoir une « marmite d’or » à la fin du mois. Rien de moins sûr qu’un succès financier, mais c’est le prix à payer pour votre passion.

Autrement dit, accepter l’expérience de la créativité, c’est accepter de vivre une vie « expérimentale ». Peut-être pas constamment, mais au moins de temps à autre.

« La capacité d’envoyer temporairement notre imagination aux limites du connu nous ouvre l’esprit à tout un monde de possibilités. » C’est ce que à quoi nous invite “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“.

Action n°8 : Exposez-vous

« Il est temps de quitter le nid, proclame Usher. Pour mettre en mouvement votre imagination, vous devez vous exposer à des idées, à des gens et à des lieux différents. » Baladez-vous, « promenez votre cerveau ».

Des événements auxquels vous n’êtes jamais allés ? Allez-y ! Et agissez de manière disciplinée.

Dans les quatre prochaines semaines, trouvez quatre lieux à visiter/quatre choses ou personnes à voir, écouter, goûter. Cet exercice amplifie le précédent en vous invitant à sortir encore un peu plus de votre zone de confort.

Notez ce que vous allez faire chaque semaine, ainsi que le résultat de vos pérégrinations :

  • Semaine 1 :
  • Semaine 2 :
  • Semaine 3 :
  • Semaine 4 :

Si vous en sentez le besoin, poursuivez la prise de notes et la planification au-delà d’un mois, jusqu’à ce que cet exercice soit devenu une nouvelle habitude.

Se distinguer

Se distinguer, c’est chercher à se démarquer par rapport à la masse des choses banales. À l’heure où Internet abonde des œuvres plus ou moins réussies de chacun, trouver sa voie originale n’est pas aisé, mais c’est aussi devenu un puissant impératif.

« Votre capacité de faire contraste, c’est ce qui vous distingue du peloton et vous permet de vous élever au-dessus de la mer infinie de créativité qui nous inonde tous les jours. »

Pour se distinguer, il faut une bonne idée. Lorsqu’on laisse courir son imagination, inévitablement de gros éléphants roses arrivent à la charge : ce sont les idées folles, détachées du réel.

Qu’en faire ? Les renvoyer dans la jungle ? Non ! Vous pouvez aussi leur accorder une minute. Nous sommes trop habitués à penser efficacité et réalisme. Pourtant, une idée folle peut devenir une idée intéressante et – finalement – une idée réaliste.

« Laissez courir votre imagination sans retenue. Laissez les éléphants roses en liberté et voyez où ils vous mènent » affirme Usher dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“.

D’ailleurs, mieux vaut rêver en grand – type éléphant rose – que de rêver trop petit et trop « faisable » dès le départ. En cas de demi-échec, vous aurez réussi davantage en rêvant grand qu’en rêvant petit.

Mais pour transformer une idée folle en quelque chose d’autre, il vous faudra « embarquer » des gens avec vous.

Vous avez une idée, mais il faut qu’elle devienne aussi l’idée – ou le désir – d’un autre. Vous devez le convaincre de vous aider, peut-être parce que vous-même n’avez pas la compétence qu’il possède et dont vous avez besoin pour rendre votre idée folle progressivement réalisable.

Allez voir cette personne, exposez-lui votre idée, peut-être que lui aussi voudra voir ce qui arriverait si vous la réalisiez !

Peu à peu, vous embarquez plus de monde. Finalement, ce n’est plus vous, mais les autres qui veulent voir ce qui se passera si… vous réalisez votre idée folle. Autrement dit, vous avez réussi à créer de l’intérêt autour de votre idée et c’est grâce à cet intérêt que celle-ci peut devenir réelle.

Pour parvenir à cela, vous ne devez pas juger directement votre idée. Vous devez simplement vous demander « ce que ça donnerait ». C’est une expérience à tenter, la valeur intrinsèque (est-ce une bonne ou une mauvaise idée, etc.) de votre idée peut attendre.

« Parfois vous menez les idées, et parfois les idées vous mènent. Elles vous entraînent toujours là où vous ne vous y attendiez pas. »

Action n°9 : Écrivez vos éléphants roses

Repensez aux idées folles que vous avez eues au cours de votre vie – ou inventez-en de nouvelles. Des idées trop ambitieuses, compliquées ; écrivez-en quelques-unes sur une feuille de papier ou dans votre smartphone.

  • Éléphant rose/Idée folle 1 :
  • Éléphant rose 2 :
  • Éléphant rose 3 :
  • Etc.

laissez courir les éléphants rose idée folle

Les passagers de l’ombre : la résistance et la peur

Pas toujours facile de se laisser porter par l’imagination et d’oser affronter les obstacles qui se dressent face au processus créatif. « Elle se glisse en douceur, cette voix dans ma tête, le petit doute qui grandit tout au long de la nuit. C’est une constante que je repousse tous les jours, de peur qu’elle m’envahisse. »

C’est une autre habitude à prendre : contrôler ces « passagers de l’ombre » qui nuisent à la créativité.

Peur et résistance proviennent de notre tendance naturelle à neutraliser le risque et la douleur. Comme la créativité entraîne des risques et des émotions parfois douloureuses, les voix intérieures de la peur et de la résistance se font donc aussi plus fortes.

Ces voix vous parlent d’échec, de honte ; elles cherchent à vous ramener dans votre zone de confort, auprès de celles et ceux qui vous ont déjà accepté. Le créateur doit vaincre ces voix et se frayer un chemin à l’extérieur.

Les amis et la famille sont bien intentionnés, mais ils ont une tendance conservatrice, c’est-à-dire qu’ils préfèrent souvent vous voir faire ce que vous faites déjà, ce pourquoi vous avez déjà démontré des aptitudes.

Lorsque vous leur racontez votre tout nouveau projet (ou votre éléphant rose), ils auront la fâcheuse, mais bien naturelle tendance à attiser vos doutes (parce qu’ils en ont). Ainsi, ils augmentent la difficulté ; ils créent une montagne devant vous avant même que vous ayez commencé quoi que ce soit.

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Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher donne ce conseil que je trouve particulièrement judicieux :

« Mettre en marche un nouveau projet créatif est déjà suffisamment difficile sans que le doute des autres joue contre vous. Simplifiez-vous la vie : n’en parlez à personne. Pendant cette période où vos idées sont encore toutes jeunes, traitez-les comme un trésor précieux auquel il faut du temps pour grandir, se développer et se transformer. Plus tard, vous aurez bien assez de temps pour parler, discuter, et défendre vos idées. Bien assez. »

Ce conseil ne doit pas être opposé à cet autre, lié à la procrastination : si vous voulez vous assurez de faire quelque chose « pour de vrai », parlez-en autour de vous. La pression sociale vous « obligera » à réaliser ce que vous avez dit. Dans un cas, l’idée est jeune et vous voulez la protéger du doute destructeur. Dans l’autre cas, l’idée est déjà plus mature – vous êtes en train de la mettre en œuvre – et en parler autour de vous peut renforcer votre motivation à aller jusqu’au bout du processus.

Le monstre

Autre danger : le monstre. C’est celui qui, dans un groupe, agit comme un loup à l’affût de sa proie. Dès que quelqu’un a dit quelque chose de neuf, a exprimé une idée, il saute dessus pour la démembrer. Chacun de nous peut devenir le monstre – peut « monstrer », dit Usher – quelqu’un d’autre. Cette attitude est diablement négative ; elle chasse les éléphants roses et tue l’imagination.

Si vous êtes un monstre, ce n’est pas grave, mais c’est que vous avez des difficultés à écouter. Vous ratez tout ce que proposent les autres, parce que vous êtes trop focalisé sur vous-même. Apprenez à écouter, à entendre, cela aidera les autres et – qui sait-– vous donnera peut-être de nouvelles idées !

D’ailleurs, celui qui a la voix la plus forte n’est pas obligatoirement celui qui a la meilleure idée. « Il est précieux d’écouter et de donner aux idées une chance d’exister et de germer. »

Dans un groupe, il faut tenter l’équilibre entre les extrovertis (qui devront retenir quelque peu leur envie de parler) et les introvertis (qui devront faire l’effort de s’exposer). « Les idées peuvent provenir de toutes sortes d’endroits. Donnez aux éléphants roses de chacun un peu d’espace pour courir. »

La souris

Selon Suzan Cain, autrice de La Force des discrets, les introvertis ont leurs propres exigences pour se sentir à l’aise et donner le meilleur d’eux-mêmes. Selon elle, « ils préfèrent réserver leur énergie à leurs amis proches, à leurs collègues et à leur famille. Ils écoutent plus qu’ils ne parlent, réfléchissent avant d’intervenir, et ont souvent l’impression de s’exprimer plus librement par écrit. Ils n’aiment généralement pas le conflit. Souvent, ils détestent les conversations futiles et recherchent les discussions profondes. »

Les introvertis ont une capacité d’écoute, un sens de l’empathie plus développé ; ils peuvent aussi plus facilement synthétiser les différentes propositions qui les entourent, ils ont une vision plus globale d’une situation.

Il n’y a là rien à changer. Chacun – introverti et extroverti – peut agir à sa façon, qui contient un pouvoir créatif. L’enjeu consiste surtout à éviter l’abus. Dans le cas de l’extroverti, devenir un monstre. Dans celui de l’introverti, devenir une petite souris, pris d’une « timidité douloureuse et pétrifiante ».

La souris voit sa créativité pétrifiée par peur de l’autre, du jugement. Or la créativité se moque des conditions parfaites et du jugement. Si le monstre a besoin d’apprendre à écouter, la souris qui veut déverrouiller sa créativité aura besoin d’apprendre à crier.

Action n°10 : Connaissez-vous (plutôt monstre ou souris ?)

se connaître monstre ou souris“Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ vous propose cette échelle de graduation : à un bout, la souris, à l’autre, le monstre. Évaluez-vous.

Si vous êtes un(e) introverti(e) qui aime écrire seul(e) et que vous avez écrit un roman, que faire ensuite ? Laisser faire tout le travail à l’éditeur ? Vous auto-éditer ?

Dans les deux cas, vous devez apprendre à serrer des mains, à convaincre votre auditoire, à faire éventuellement des conférences, etc. Si vous souhaitez que votre message soit entendu – que votre livre soit lu -, il sera souvent insuffisant de le penser et de l’écrire : il faudra lutter contre des monstres et crier au monde que vous existez.

Adapter son corps : Les positions dominantes

Il existe des poses corporelles qui indiquent le pouvoir intérieur, la force et la confiance en soi. Le langage du corps dit quelque chose de vous, mais plus encore. Il peut vous transformer. L’équation proposée par Amy Cuddy est la suivante : « Notre corps change notre esprit, notre esprit peut changer notre comportement, et notre comportement peut changer nos résultats. »

Prenez une pose victorieuse, une pose d’assurance, une pose où vous démontrez de la force. Cela peut transformer votre image de vous-même et même jusqu’à votre chimie cérébrale. Vous ne paraissez pas seulement plus confiant, vous le devenez.

Est-ce que ça marche « vraiment » ? Eh bien, testez, mettez-vous en condition, ressentez ce qui se passe ! Bref, jugez-en par vous-même.

Action n°11 : Prenez la posture de pouvoir

pose victorieuseLors de votre prochain rendez-vous stressant (repas, conférence, quoi que ce soit), allez dans un endroit calme et isolé, et prenez la pose suivante : bras tendus ou légèrement fléchis vers le haut, le corps droit et le buste légèrement en avant. Une posture d’affirmation et d’accueil.

Tenez la position deux minutes. Consignez vos résultats ensuite ;

  • Avez-vous mieux géré le moment stressant ?
  • Vous êtes-vous senti(e) plus à l’aise durant l’événement ?

Refaites l’expérience en notant les progrès réalisés.

Deuxième partie : La structure

La deuxième partie de “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ s’intitule sobrement « La structure ». C’est le contrepoint obligatoire à la liberté.

Spontanément, l’action créative (dans les arts notamment) est entourée d’une certaine magie. Nul besoin de penser à la créativité ; elle déborde et vous en profitez !

Toutefois, lorsque vous vous mettez à comparer les pratiques des entrepreneurs avec les pratiques artistiques, ou encore d’autres pratiques, comme le fait Usher, vous commencez à voir des différences, certes, mais surtout des similitudes. Bref vous commencez à comprendre – et donc à démythifier aussi – le processus créateur. Vous perdez peut-être en naïveté mais vous gagnez en maîtrise. Vous apprenez de vous-même et vous pouvez, peu à peu, apprendre à d’autres à agir de manière créative. Bref, la créativité devient une discipline qui requiert un apprentissage.

Cet apprentissage permet de contrôler l’inspiration en vue d’un résultat. Car il est bien beau de commencer et d’avoir des tas d’idées, mais il faut aussi terminer son projet et/ou livrer l’œuvre promise (à soi-même et/ou aux autres). Il faut aussi pouvoir répéter l’opération, lorsqu’on a un nouveau projet en tête.

La structure vient donc en renfort de la liberté. « Aucune structure unique ne fonctionne pour tout le monde. Mais pour chacun, il y a une structure qui fonctionne. » Usher propose quant à lui une formule en 11 étapes :

  1. Curiosité
  2. Intérêt
  3. Exploration
  4. Idées
  5. Compilation
  6. Classement
  7. Filtration
  8. Expérimentation
  9. Choc des idées
  10. Travail
  11. Livraison

C’est la formule-clé de “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“. Malgré les apparences, le processus est sans fin dans la mesure où la livraison amène à libérer de la curiosité pour autre chose – et donc à recommencer le cycle.

Action n°12 : Remplissez les pages blanches

Pour vaincre l’angoisse de la page blanche, chaque jour, tentez de remplir une page blanche de votre carnet à idées. Ne laissez pas les éléphants roses mourir sur votre feuille de papier. Ne cherchez pas la qualité, ni le style, cherchez simplement à noter le plus d’idées secondaires possibles. Vous les classerez ensuite.

« La manière la plus facile de vaincre le vide au début d’un projet, c’est de se mettre à remplir de l’espace. Ne pensez pas. Mettez-vous au travail, c’est tout. Générer du contenu. Il n’a pas à être bon, car au début, tout ce qu’on veut, c’est du volume. Vous êtes la grande surface de la créativité. Oubliez la qualité. Vous devez remplir les allées avec des choses. »

Le but est simplement d’engendrer l’élan qui vous mettra en mouvement ; peu importe si la moitié (ou bien plus) de tout ce qui a été produit finit dans la corbeille.

Faire des étincelles

La vision périphérique, 360 degrés de l’enfant se spécialise peu à peu ; adulte, notre vision est spécialisée, réduite à un domaine d’activités. Il y a des avantages dans les deux, mais pour la créativité, il faut pouvoir redevenir enfant : curieux et en apprentissage.

Comme c’est le processus qui compte, choisissez un thème d’étude ou d’expérimentation, peu importe lequel, et lancez-vous. Frottez l’allumette, cela signifie déclencher à nouveau le feu de la curiosité et de l’apprentissage. Laissez ce nouveau monde s’ouvrir à vous en défaisant vos œillères de spécialiste.

Explorer de nouvelles disciplines change la perception du monde. Elle l’enrichit. « Posséder plusieurs lentilles, voilà ce qui compte pour envisager nos problèmes sous différents angles et différents points de vue, et pour trouver des solutions nouvelles et novatrices. » Chaque discipline, mais aussi chaque individu, propose un focale, une perspective différente, qui est déterminée par ses propres intérêts.

Générer des idées

Pour apprendre, il y a certes l’université et les études officielles. C’est très bien et ça convient particulièrement à certaines compétences et à certains métiers. Mais il existe une foule d’autres façons d’apprendre. Par exemple, construire un « accélérateur d’idées » !

À condition de résister aux photos de chats et aux successions interminables de posts sur Facebook, Internet peut être cet accélérateur d’idées. Les blogs (le traducteur utilise l’écriture « blogue » dans le livre) sont de puissants accélérateurs de pensée et d’idées pour apprendre de nouvelles choses.

En réunissant vos différentes sources, vous faites apparaître une véritable « rivière d’idées » qui peut vous porter loin. C’est cela l’accélérateur d’idées. Mettre en réseaux les blogs ou les personnes qui vous intéressent, qui vous apportent un éclairage neuf.

“Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ conseille d’utiliser des agrégateurs de fils RSS. Ils vous permettent de regrouper les contenus de vos blogueurs préférés en fonction de dossiers que vous aurez vous-même constitués.

L’agrégation des flux vous présente le titre de chaque article, ainsi que le premier paragraphe, ce qui facilite la recherche. Par ailleurs, cela vous permet de « sortir » de la distraction liée à internet : vous ne récupérez que ce qui est pertinent. Vive les flux RSS ! Ils n’ont rien de vieillot.

Action n°13 : Créez votre accélérateur d’idées

Sélectionnez un blogueur dans un domaine qui vous intéresse et créez un flux RSS. Chaque semaine, ajoutez une source. Vous lirez de plus en plus sur le sujet qui vous occupe. Votre accélérateur d’idées pourrait ressembler à ceci (à compléter bien sûr).

accélérateur idées

Classer

L’écriture et la lecture vous permettent de faire affluer vos idées. Mais pour qu’elles « prennent », pour qu’elles s’implantent en vous, il n’y a pas de miracle : il faut prendre des notes et les classer –  les idées des autres aussi bien que les vôtres.

Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher nous rassure : Piller, arnaquer, voler le bien des autres, est-ce cela la création ? « Nous absorbons, volons et pillons – ne reculant devant rien pour nourrir notre créativité. » La pensée germe sur le compost des lectures et des emprunts.

Cela, c’est du remix, de la transformation, de la recherche de nouvelles formes à partir de ce qui existe déjà. On ne crée pas à partir de rien.

Action n°14 : Optez pour un système de classement mobile

système de classement

Quel classement choisir ? Stylo et papier ? Le cahier est toujours dans l’air du temps. Un cahier par projet (ou par album à composer, etc.), par exemple, est toujours une formule gagnante.

Une application ? Il en existe tant qu’il est difficile d’en nommer une seule. Le plus important est de trouver celle qui fonctionne pour vous, qui vous met à l’aise, et qui peut être appliquée tous les jours. Mettez par écrit des idées pour pouvoir y recourir le moment venu.

Entre l’art et le commerce

« Au pays de la créativité, une lutte fait rage entre les forces de l’art et celles du commerce. » Le débat est vieux, en effet, qui oppose ceux que Usher appelle les « créateurs artistiques » et les « créateurs grand public ».

Le premier produit une œuvre en fonction de lui-même, de ses aspirations essentielles, et refuse la déformation liée à l’aspect commercial. Le second, au contraire, construit son produit à partir du marché lui-même ; c’est dans la confrontation avec les commentaires, les études de marchés, etc. qu’il compose son produit final.

La plupart d’entre nous navigue entre les deux. Il s’agit d’une position que l’on peut modifier et qui relève donc d’un choix. Où placez-vous votre intention dans tel projet créatif ? Agissez avec la claire conscience que vous penchez dans un sens ou dans un autre et assumez-le. Vous pouvez aussi tenter de changer le curseur. Rien ne vous oblige à être tout le temps d’un côté ou de l’autre. Bien sûr, cela peut requérir du travail, mais ce n’est pas impossible.

Action n°15 : Analysez votre intention créative

Pensez-y, aujourd’hui il faut être capable de s’exposer peut-être plus que jamais. « Dans un monde où chacun est un écrivain et un penseur, un entrepreneur du Web et un producteur vidéo, la protection de vos idées est bien moins importante que votre capacité de les mettre en œuvre. »

  • Où vous situez-vous actuellement ?
  • voudriez-vous être ?

Filtrer

Être curieux et apprendre pour générer de nouvelles idées, c’est bien. Classer, c’est super. Filtrer, c’est indispensable. Comme vous laissez venir à vous le flux des idées, il vous faudra les trier ensuite, car c’est un fait : toutes les idées ne sont pas géniales. Certaines, lorsque vous les relirez ou les écouterez à nouveau, ne donneront finalement rien, ne vous inspireront plus.

L’auteur de “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ donne de bons conseils à ce sujet.

Dans un premier temps, vous conserverez toutes les idées (dans votre cahier, etc.). Ensuite, une fois par semaine par exemple, vous y reviendrez et vous ferez le tri. Les idées qui auront été « promues » par vous, c’est-à-dire que vous aurez décidé de garder, vous allez en prendre particulièrement soin. Les autres, vous pourrez tout simplement les jeter ou éventuellement les conserver dans un dossier spécifique (déchets, idées rejetées, etc.).

Bref, apprenez à être un « bon filtre ». Apprenez à savoir ce qui génère en vous de bonnes sensations, qui font (re)jaillir l’étincelle en vous quand vous vous penchez à nouveau dessus. Ce sont ces idées-là qui comptent.

Cela implique l’acquisition d’un goût particulier. « Mon rôle, dit Usher, est de savoir ce que j’aime ou pas, de pouvoir déceler rapidement ce qu’il faut garder ou rejeter. »

Action n°16 : Soignez votre système de filtration

Après chaque semaine, reprenez votre travail et évaluez-le. Quelles sont les meilleures idées ? Pour celles que vous retenez, créez une sous-section ou un nouveau dossier – ou un nouveau cahier – et préparez-vous à en faire une idée à concrétiser.

filtrer ses idées

Expérimenter

« À mesure que vous compilez et filtrez des idées, vous les soumettez à des expériences. C’est comme frapper des pierres les unes contre les autres, en cherchant celles qui déclenchent des étincelles. » Tester des assemblages pour voir lesquels fonctionnent : c’est l’une des grandes activités du créateur.

Vous devez constamment faire face à vos doutes ou, si vous travaillez en groupe, à la personnalité de vos collaborateurs ; il y a aussi des éléments physiques (un ordinateur qui tombe en panne ou qui se remet à fonctionner) qui vous laissent tomber ou vous soutiennent. Bref, il y a mille et une choses, mille idées différentes à agencer et à organiser : « Mille éléments à filtrer et à fusionner, puis à séparer de nouveau. »

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De petits tests en petits tests, de petits résultats en résultats (un assemblage réussi), votre projet évolue, votre œuvre prend forme.

C’est alors seulement que peuvent intervenir ces moments de découverte auxquels on réduit souvent l’activité créatrice. Les moments de révélation ou de découverte sont toujours surprenants ; ils émergent du travail antérieur de façon inattendue. Ce sont eux qui procurent la joie et qui justifient les efforts consentis.

Le choc des idées

Le choc des idées produit ces étincelles. Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher prend l’exemple d’une chanson qu’il a composée et qui a totalisé pas moins de 10 millions de vues sur YouTube, en plus d’être bien classée dans les charts au Canada et en Europe (la chanson Black Black heart).

L’envie de reproduire un son de basse proche d’une autre chanson (Stan, d’Eminem), une mélodie grattée sur un bout de papier, l’intervention d’un ami travaillant sur une musique d’opéra, et l’assemblage prend forme.

« Et tout ça a commencé par une seule idée soudaine. Un seul flash. Mais rien de cela, aucune partie de toute cette histoire ne serait arrivée si, quand j’ai eu l’idée initiale de mélodie, j’avais choisi de me retourner et de rendormir dans ma couchette, au lieu de l’écrire. Classer ces idées, c’est la clé qui m’a permis d’y accéder plus tard. »

Le travail

Encore une fois, Usher y insiste : il n’y a pas de génie sans travail, sans effort. Cette part de la création, beaucoup de gens y renoncent. Et c’est pourquoi ils créent peu. Mais l’idée seule ne suffit pas.

« Allez-vous y rester fidèle et continuer ? Allez-vous ignorer les détracteurs et persévérer ? Allez-vous franchir tous les obstacles et vous rendre à la ligne d’arrivée ? » Telles sont les questions que vous devrez vous poser. Sans temps, sans investissement, sans travail, votre beau projet demeurera une chimère.

Par ailleurs, s’arrêter en cours de route est souvent nocif. Cela permet de se reposer, certes. Mais trop longtemps, cela devient dangereux ; vous commencez à penser à autre chose de plus facile. La peur et la résistance reprennent le dessus. Vous devez engager une quantité plus grande d’énergie pour recommencer.

Le mieux est encore de suivre votre élan et ne vous arrêtez pas jusqu’à ce que vous ayez terminé.

Le repos bien pensé

Il importe de travailler à fond, mais aussi de travailler intelligemment. Cela signifie que lorsque vous bloquez, il vaut parfois mieux laisser son inconscient respirer, prendre le temps de ne rien faire pour recharger les batteries. Une fois que la rivière d’idées se met à couler, alors vous pouvez reprendre le travail sans attendre. C’est que votre inconscient a pris le relais, discrètement mais sûrement.

Pour laisser affluer les connexions imprévues, souterraines, les pauses sont de bons moyens. Vous pouvez aussi vous lever de bon matin, quand tout est encore calme autour de vous.

C’est le cas de Usher. « J’écris chaque matin, parce qu’à moitié endormi, avant que le monde réel s’éveille, je peux encore accéder à mon inconscient. Je vois des idées et des correspondances qui ne me sont plus accessibles lorsque mon esprit « éveillé » prend le dessus » écrit-il dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“.

L’infrastructure opérationnelle

Le travail est une chose, l’infrastructure opérationnelle en est encore une autre. La comptabilité, la programmation, la location d’espace, le financement, etc. Tout cela soutient le travail créatif et ne peut être négligé par le créateur – au moins tant qu’il n’a pas les ressources suffisantes pour déléguer ces tâches.

La vie d’artiste ressemble, de ce point de vue, à d’autres métiers. Les tâches souvent qualifiées d’ingrates (recherche de subventions, organisation de répétitions, comptabilité, réunions, etc.) prennent un temps considérable, souvent supérieur au temps de créativité considéré comme amusant.

Action n°17 : N’oubliez pas l’infrastructure opérationnelle

Réfléchissez d’abord à ce qu’il vous faut, puis peaufiner progressivement la liste de vos besoins. Prenez les différents critères en compte :

  • Le temps
  • L’espace
  • L’argent
  • La comptabilité
  • La réalisation
  • La promotion
  • Les collaborateurs

S’engager

« Il vient un moment où vous devez assumer ce à quoi vous travailler. » Il est alors temps d’en parler à votre entourage. Vous êtes prêt à recevoir des critiques positives et négatives. Vous avez acquis de l’élan, de l’assurance.

Montrer votre travail va maintenant vous servir, car vous allez pouvoir utiliser les précieuses réactions qu’a provoqué votre travail. « Votre rôle de créateur est de filtrer toute cette information et d’utiliser les éléments qui vous semblent avoir du mérite, afin de vous améliorer. » Et de rejeter les éléments qui vous semblent déplacés.

« Tous les commentaires ne s’équivalent pas » : certains vous tirent vers le haut et d’autres ne sont faits que pour vous nuire.

La difficulté consiste à filtrer sans être trop défensif (et donc, tout rejeter). Il vous faut aussi être humble et rechercher l’avis de personnes plus expertes que vous, plus expérimentées.

Ce sont ces personnes qui peuvent vous en apprendre le plus. Ils vous aident à trouver des chemins neufs, mais aussi à défendre plus radicalement votre œuvre. Les commentaires sont capitaux, ne les sous-estimez pas.

« L’ultime raison pour laquelle vous devriez vous engager publiquement envers votre créativité, c’est que cela élève l’enjeu. Les conséquences prennent de l’ampleur. » Face aux autres, le facteur ego joue : il vous oblige à vous relever, à ne pas abandonner trop vite. Seul, sans que personne ne sache ce que vous faites, il est facile d’abandonner.

Une fois que vous en avez parlé autour de vous, cela se complique : vous ne voulez pas les décevoir. L’ampleur de l’échec – comme de la réussite potentielle – devient plus étendu. Ceci est un point particulièrement pertinent de “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“.

Action n°18 : Décrivez votre travail et établissez un calendrier d’exécution

calendrier exécution laissez courir les éléphants

Souvent, vous commencez franc-battant votre projet, puis, après quelques sauts d’obstacles, vous vous fatiguez, vous vous sentez seul(e).

Pour tenir le cap, Usher conseille de s’entourer d’une équipe – choisir quelques personnes spécialisées dans la discipline au sein de laquelle on veut s’introduire (la musique, l’édition, etc.) et/ou des personnes qui interviendront sur des compétences précises (le graphisme, le son, etc.) – qui soutiendra le projet par ses critiques, ses encouragements et ses propres réalisations.

L’arc émotionnel

Gérer ses émotions, ce n’est pas toujours facile lorsqu’on décide de lâcher son œuvre, son album, son livre, quoi que ce soit, dans le monde. Le tout est de le savoir, de l’analyser (pourquoi pas écrire ce qui se passe), de prendre éventuellement quelques jours de congés pour éviter de vous rendre insupportable auprès de vos proches.

Suivre ses émotions, non seulement au moment de la remise, mais durant tout le processus créatif, est capital. Prendre des risques, s’exposer, cela vous touche personnellement. « Les créateurs doivent reconnaître que l’émotion fait partie intégrante du processus et influence largement le résultat. »

Conserver une trace de ce parcours, pour pouvoir vous améliorer, est important. Pas question de devenir insensible, simplement de prendre la mesure de ce qui nous arrive.

Comme Usher le résume très bien : « Si on ne documente jamais son processus émotionnel, on est à jamais destiné à le répéter, inchangé, encore et encore. En le consignant, on comprend les complexités de ses réactions, et on améliore remarquablement son parcours créatif – pour soi et pour l’entourage. »

Livrer

Voici l’étape finale du processus. Elle n’est pas à ignorer, ni à délaisser. « Livrer, c’est ce qui libère votre esprit et lui permet de penser à ce qui vient ensuite. » Vous voyez donc tout l’intérêt d’une livraison bien faite. Sans cela, vous restez avec des fantômes d’œuvres, jamais totalement accomplies.

Parfois même, c’est le moment de l’abandon, juste avant la ligne d’arrivée. Du point de vue du geste créateur, c’est là du gaspillage. Livrer, c’est (s’autoriser à) passer à la prochaine aventure.

Dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“, Usher raconte son expérience de livraison d’un album. Il passe un an à composer l’album (générer, classer, filtrer, combiner les idées), puis six mois environ à le mettre en forme concrètement. Puis il livre, coûte que coûte. Il laisse passer du temps sans réécouter sa production – un an environ.

Et que se passe-t-il lorsqu’il réécoute ? « La vérité vraie, c’est que… J’aime parfois beaucoup, et parfois, pas tant que ça. » C’est la vie ! Mais au moins, il a généré quelque chose.

Ils sont peu, ceux qui ont le don de Midas, cet antique roi Perse qui, selon la légende, changeait tout ce qu’il touchait en or. L’échec artistique ou commercial est une possibilité. L’important, c’est de savoir gérer cet échec, de passer outre le tourment, la douleur, la honte. Pour reprendre l’apprentissage. L’échec est, en fait, une chance : « Les échecs d’aujourd’hui sont souvent la base du prochain grand succès. » Une fois les émotions comprises, acceptées, passez au projet suivant !

Répéter

À la fin de chaque cycle créatif, analysez ce que vous avez fait. Pas de processus créatif sans auto-apprentissage, sans retenir les leçons du passé. Certes, il est naturel de refouler certaines émotions (surtout lorsqu’elles sont négatives), certaines actions, quand cela se passe mal ou – à l’inverse – d’oublier toutes les difficultés quand nous sommes propulsés par la joie d’un succès.

« Cette attitude nous amène à replonger dans le processus suivant comme si c’était notre toute première fois, pour mieux répéter les mêmes erreurs » met en garde Usher dans “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“. Pour éviter cet écueil, il est donc particulièrement utile de faire un bilan.

Action n°19 : Dressez le bilan de votre dernière action créative

bilan action créative

Les conséquences

N’oubliez donc pas de vous donner une date limite. Une échéance qui impose un « bien » et un « mal » fait. La pensée créative a besoin de courbes, de suivre les sentiers perdus ; cela est vrai au début. Une fois le projet lancé, en cours de réalisation, il lui faut une ligne d’arrivée.

D’où cette citation de “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ :

« Sans conséquences, la créativité peut errer sans fin. […] Nous devons savoir que si nous ne finissons pas, nous perdrons quelque chose : de l’argent, la face ou de la confiance. Quelqu’un sera déçu ou désillusionné. Les gens vont parler et notre cote va baisser. »

Créer une équipe est une manière de générer des conséquences. Vous engagez d’autres que vous dans l’histoire. Ces personnes vous dédient du temps, attendent de vous des choses. Cela génère une pression qui peut vous aider. Cela vous aide à clarifier vos idées. Vous devez payer éventuellement des collaboratrices ou des collaborateurs. Cela renforce le caractère sérieux de votre entreprise.

Rappel : La créativité est transposable

« Le processus créatif est non seulement répétable, mais il est également transposable » (Usher, “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“).

La plupart d’entre nous, dès qu’ils se spécialisent, pensent que leur créativité se borne au métier qu’ils exercent. Vous êtes pianiste ? Votre créativité se borne à cet instrument. Vous êtes entrepreneur ? Les affaires sont votre terrain de jeu. Mais ce n’est pas vrai. Parce qu’elle est transversale, la créativité peut être mobilisée dans chaque action, et cela en dehors même de notre champ de compétence initial.

La métaphore du langage est assez bien trouvée : « Essayez plutôt de considérer la créativité comme un langage. Lorsque vous parlez le langage de la créativité, vous pouvez parler de bien des sujets différents, et pas seulement d’un seul. Vous devrez peut-être apprendre un supplément de vocabulaire pour chaque sujet spécifique, mais vous parlez déjà la langue. »

Bien entendu, il y aura des différences. Vous ne serez pas bon dans toutes les disciplines. L’intérêt, le temps passé à l’apprendre, tout cela compte énormément. Mais cela ne change pas le fond du constat qui est posé : vous pouvez utiliser le processus créatif dans tous les domaines de la vie.

La route

Usher conclut en évoquant le processus créatif de rédaction du livre lui-même. Lui qui est d’abord musicien, puis entrepreneur pour le Web, ne savait pas exactement comment s’y prendre en écrivant. Il a tâtonné, s’est constitué une équipe. Il s’est finalement focalisé sur le processus qu’il voulait mettre en avant. Le livre a fini par être livré, et il est maintenant prêt pour une nouvelle aventure ! Retenez ce processus, la clé de “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ :

Explorer – Compiler – Classer – Filtrer – Générer le choc des idées – travailler – livrer

Quel chemin allez-vous choisir ?

Pensez à ceci :

« Dans ce monde nouveau, en ce moment révolutionnaire de notre histoire, les vieux paradigmes opposant risque et sécurité n’existent plus. L’ancien monde de la stabilité a disparu, et la seule chose certaine, c’est que l’avenir sera mouvant. En ce qui concerne le travail, la carrière et la vie, le changement est la nouvelle norme. Le chemin que l’on choisit maintenant, en ce moment, déterminera à quel point on sera prêt à gérer ce changement lorsqu’il frappera à notre porte. »

Conclusion sur “Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ :

Ce que j’en ai pensé : un livre agréable à lire

Le livre de Usher est très joli et agréable à lire. De nombreuses photographies, impressions, changements de codes graphiques rendent le livre en lui-même artistique et assez créatif. Usher le dit lui-même, il a suivi son propre processus créatif pour écrire ce livre.

Le résultat est globalement intéressant. Il y a beaucoup de bonnes idées et de choses à reprendre. On pourra peut-être regretter un manque d’organisation (mais dans un livre sur la libération de la créativité, on peut l’accepter !) et quelques répétitions (mais celles-ci sont parfois bienvenues pour renforcer l’acquisition de nouvelles habitudes).

Un livre qui a aussi le mérite de désacraliser la lecture en invitant à griffonner le texte et s’approprier véritablement le livre à la manière d’un manuel (vous pouvez faire de même avec cette chronique !).

Ce qu’il faut retenir de “Laissez courir les éléphants“

“Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“ est avant tout un ouvrage pratique, puisqu’on y trouve pas moins de 19 actions à mettre en place progressivement. Les voici résumées dans cette liste finale :

  1. Prenez des notes
  2. Testez votre niveau de créativité
  3. Listez les changements que vous voulez voir advenir
  4. Réveillez l’enfant en vous
  5. Bousculez vos habitudes
  6. Investissez dans la pensée courbe
  7. Développez l’habitude de la demi-heure créative
  8. Écrivez vos éléphants roses
  9. Connaissez-vous (plutôt monstre ou souris ?)
  10. Installez-vous dans la posture de pouvoir
  11. Remplissez les pages blanches
  12. Concevez votre accélérateur d’idées
  13. Optez pour un système de classement mobile
  14. Analysez votre intention créative
  15. Soignez votre système de filtration
  16. Penser à l’infrastructure opérationnelle
  17. Décrivez votre travail et établissez un calendrier d’exécution
  18. Dressez le bilan de votre dernière action créative

Souvenez-vous : « Nous sommes tous des êtres créatifs. Nous sommes tous l’hôte d’une vaste capacité créative inexploitée » (“Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité“).

Alors, qu’attendez-vous ?

Points forts :

  • Le graphisme de l’ouvrage ;
  • Les nombreux exemples ;
  • Les actions proposées ;
  • L’invitation à s’approprier complètement le livre.

Points faibles :

  • Le manque d’organisation des chapitres ;
  • Les répétitions.

Ma note :

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Source : Usher, 2015

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Laisser courrir les éléphants
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1 Commentaire pour :

Laissez courir les éléphants


  • […] Les Trente Glorieuses sont une période économiquement riche, mais où les consommateurs se lassent peu à peu de prendre et de jeter les objets que la publicité leur met sous les yeux. Les plus jeunes, surtout, s’ennuient de cette vie sans perspective. Mai 68 fait sursauter ce disque au rythme monotone. Les lycéens, mais aussi les ouvriers, veulent vivre autrement. Ils souhaitent libérer leur créativité. […]

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    Bienvenue sur mon blog spécialisé dans des livres rares, des livres exigeants qui ont tous une énorme qualité : ils peuvent vous faire changer de vie. Ces livres ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous lus et choisis parmi des centaines d’autres.

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