Elon Musk – Tesla, PayPal, SpaceX : l’entrepreneur qui va changer le monde

Elon Musk Tesla, Paypal, SpaceX l'entrepreneur qui va changer le monde

Phrase-résumée de “Elon Musk – Tesla, Paypal, SpaceX : l’entrepreneur qui va changer le monde” : cette biographie nous embarque dans la vie extraordinaire d’Elon Musk, cet entrepreneur visionnaire à la personnalité fascinante qui a bouleversé le marché des paiements, de l’énergie, de l’aérospatial et de l’automobile et qui rêve de coloniser la planète Mars.

Par Ashlee Vance, 2017, 371 pages,

Titre original : “Elon Musk : How the Billionaire CEO of SpaceX and Tesla is Shaping our Future

Chronique et résumé de “Elon Musk – Tesla, Paypal, SpaceX : l’entrepreneur qui va changer le monde” :

Chapitre 1 – Le monde d’Elon Musk

1.1 – Première approche d’Elon Musk par l’auteur

Lorsque l’auteur, Ashlee Vance, lui fait part de son projet d’écriture, la première réaction d’Elon Musk est de rejeter catégoriquement sa proposition.

Ce n’est que plus tard, lorsque l’entrepreneur réalise qu’Ashlee Vance est déterminé et prêt à tout pour ce projet de livre, qu’Elon Musk finit par accepter de coopérer. Il lui ouvre alors les portes de sa vie privée et professionnelle, et ce, même après que l’auteur ait rejeté ses conditions (à savoir : lire le livre avant sa publication et pouvoir y ajouter des annotations).

1.2 – Les trois gigantesques entreprises d’Elon Musk

  • SpaceX : l’aérospatial

En gros, SpaceX est un fournisseur low-cost dans l’industrie aérospatiale. Avec SpaceX, l’objectif d’Elon Musk, ,à terme, est de coloniser Mars et de permettre à un million de personnes de s’y installer.

Avec cette entreprise, Elon Musk affronte les géants du secteur militaro-industriel et aérospatial du monde entier (notamment ses concurrents américains “Lockheed Martin” et “Boeing”, et français “Arianespace”) ainsi que des pays au premier rang comme la Russie et la Chine.

L’évolution, les ambitions et les enjeux de SpaceX sont largement décrits dans la suite du résumé.

  • Tesla Motors : l’automobile

Avec Tesla Motors, Elon Musk tente de revoir la manière de construire et de vendre des automobiles tout en créant un réseau mondial de distribution d’énergie.

En effet, Tesla fabrique des automobiles tout électriques, au design soigné. Ces véhicules sont de véritables “ordinateurs sur roue” qui repoussent les limites de la technologie. La société les vend non pas chez des concessionnaires mais sur le web et dans des galeries façon Apple. Par tout un tas d’aspects, qui seront détaillés par la suite, ces véhicules sont en train de révolutionner le marché automobile.

En fait, avec Tesla, l’objectif d’Elon Musk est de démocratiser la voiture électrique.

  • SolarCity : la production d’énergie

SolarCity est le plus important installateur de panneaux solaires des États-Unis. Avec cette entreprise, Elon Musk est devenu lui-même fournisseur d’électricité, court-circuitant alors des dizaines de compagnies d’électricité.

Le but d’Elon Musk, via cette entreprise, est, à terme, de remplacer l’essentiel de l’énergie qu’on utilise aujourd’hui par des énergies renouvelables.

Ainsi, Elon Musk a construit deux entreprises vertes qui prospèrent à des niveaux rarement atteints :

Son empire, avec ses usines, ses dizaines de milliers de salariés, ses incroyables innovations techniques et sa puissance industrielle, bouscule les acteurs installés.

Ses réussites entrepreneuriales ont fait de lui l’un des hommes les plus riches du monde, à la tête d’un patrimoine net d’environ 10 milliards de dollars.

1.3 – La première visite de l’auteur au siège de SpaceX : une expérience “déconcertante”

Le travail d’enquête d’Ashlee Vance commence au siège de SpaceX à Hawthorne, en Californie, dans la banlieue de Los Angeles. Le bâtiment principal est un rectangle de plus de 50 000 mètres carrés peint dans une nuance de blanc. C’est, en réalité, une véritable usine où se construisent plusieurs fusées à la fois de A à Z.

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Lorsqu’Ashlee Vance s’y rend pour la première fois en 2012, il est frappé par les deux images géantes de Mars affichées juste avant d’entrer dans l’ étroit bureau d’Elon Musk :

Celle de gauche montre la planète telle qu’elle est aujourd’hui – une sphère rouge, froide et stérile. Celle de droite représente Mars couvert d’un énorme tapis végétal entouré d’océans. La planète a été réchauffée et transformée pour accueillir des humains. […] Musk compte bien en arriver là. Transformer les humains en colons de l’espace, tel est explicitement le but de sa vie.

Ce jour-là, Elon Musk confie à l’auteur avec un restant de glace crème-cookies au bord des lèvres :

« J’aimerais mourir en me disant que l’humanité a un bel avenir devant elle […]. Si nous pouvions découvrir une énergie durable et commencer à nous transformer en une espèce multi planétaire avec une civilisation autonome sur une autre planète – pour échapper au scénario du pire et à l’extinction de la conscience humaine  – alors… […] je trouve que ce serait vraiment bien. »

1.4 – Sauver l’humanité : la quête d’Elon Musk

Le discours d’Elon Musk sur la colonisation de Mars peut sembler délirant. Pourtant :

C’est lui qui sert de cri de ralliement pour ses entreprises. C’est, en effet, l’objectif radical qui sert de principe unificateur à tout ce qu’il fait.

D’ailleurs, les salariés d’Elon Musk le savent bien et c’est pour cela qu’ils tentent, jour après jour, de faire l’impossible.

Finalement, ce qu’a créé Elon Musk est ce qui manque à beaucoup de créateurs d’entreprise de la Silicon Valley : une vision du monde qui ait un sens.

Il est le génie habité de la quête la plus ambitieuse jamais imaginée. Il n’est pas tant un PDG aspirant à faire fortune qu’un général menant ses troupes à la victoire. Là où Mark Zuckerberg veut vous aider à partager des photos de bébés, Musk veut… eh bien, sauver l’humanité d’une disparition accidentelle ou auto-infligée.

1.5 – La vie délirante d’Elon Musk

  • Son organisation professionnelle

Pour gérer toutes ces entreprises et sa vie effrénée, l’entrepreneur a dû mettre en place une “folle” organisation de travail : le lundi chez SpaceX, le mardi chez SpaceX puis dans la Silicon Valley, puis deux jours chez Tesla (avec des bureaux à Palo Alto et une usine à Fremont) ; enfin, le jeudi, retour à Los Angeles et à SpaceX.

La résidence actuelle d’Elon Musk se situe à Los Angeles, dans le quartier chic de Bel Air. Lorsqu’il se déplace en Californie du Nord, il passe la nuit soit dans l’hôtel de luxe Rosewood, soit chez des amis (où il lui arrive de dormir sur un canapé après s’être écroulé sur un jeu vidéo).

Il calcule régulièrement son temps de vol hebdomadaire que cette organisation impose. Si on lui demande comment il parvient à survivre à un tel emploi du temps, il répond :

« J’ai eu une enfance dure, peut-être que ça aide. »

  • Son organisation personnelle

Quatre jours par semaine, Elon Musk partage la garde de ses cinq fils (jumeaux et triplés) avec Justine, son ex-femme, avec qui il a vécu de nombreuses années, avant d’épouser deux fois l’actrice britannique Talulah Riley.

Dans cet emploi du temps, Elon Musk trouve rarement le temps de décompresser, mais quand il le fait, ses festivités sont tout aussi sensationnelles que le reste de son existence.

Chapitre 2 – L’Afrique du Sud

2.1 – Les ancêtres d’Elon Musk

  • Ses grands-parents maternels : Joshua et Wyn Haldeman

D’après son arbre généalogique, les ancêtres maternels d’Elon Musk, portant le patronyme suisse allemand de Haldeman, ont quitté l’Europe pour New York au temps de la guerre d’indépendance. Lorsqu’ils migrent aux USA, les Haldeman sont vraisemblablement des paysans ayant des combattants des deux côtés lors de la Guerre de Sécession.

Joshua Haldeman, grand-père maternel d’Elon Musk est décrit comme un homme excentrique et exceptionnel. Il fut un modèle pour Elon.

Né au Canada et orphelin de père à sept ans, Joshua est tour à tour débourreur de chevaux, étudiant, paysan, ouvrier du bâtiment et artiste de rodéo, avant de s’installer comme chiropracteur. Il se marie à Wyn, une monitrice de danse canadienne, qui exerce également la chiropraxie.

Un jour, Joshua Haldeman apprend à piloter. Il achète son propre avion. Régulièrement, l’homme se rend à ses réunions politiques et professionnelles en avion ! Il en fait un livre appelé “The Flying Haldemans: Pity the Poor Private Pilot” (qui signifie : “Les Haldeman volants : ayez pitié du pauvre pilote privé”).

En 1950, en seulement quelques mois, la famille vend maison, école de danse et cabinet de chiropraxie et part vivre en Afrique du Sud. Elle s’installe à Pretoria où Joshua Haldeman ouvre un nouveau cabinet de chiropraxie.

Aventurier et avide d’exploration, Joshua est toujours prêt à faire des folies. En 1952, il accomplit, avec son épouse Wyn, un périple de 35 000 kilomètres en avion qui les mène jusqu’en Écosse et en Norvège. Plus tard, c’est un autre voyage de 48 000 kilomètres qui réalise pour un aller-retour en Australie.

Elon Musk pense avoir hérité son exceptionnelle tolérance au risque de son grand-père.

  • Ses grands-parents paternels : Walter et Cora Musk

Le grand-père paternel d’Elon Musk, Walter Henry James Musk, a des racines sud-africaines profondes. Il est sergent dans l’armée.

Cora Amelia Musk, la mère d’Errol, est née en Angleterre dans une famille très intellectuelle. Elon considère la relation qu’il entretenait avec Cora comme particulièrement étroite. Après le divorce de ses parents, elle s’est beaucoup occupée de lui.

  • Ses parents : Maye et Errol Musk

Maye Musk tombe enceinte d’Elon pendant sa lune de miel. Ainsi, elle donne naissance à Elon le 28 juin 1971, à Pretoria (grande ville du nord-est de l’Afrique du Sud, à une heure de route de Johannesburg), neuf mois et deux jours après s’être mariée.

À ce moment-là, Maye, auparavant mannequin, ouvre un cabinet de diététicienne. Errol, le père d’Elon, travaille comme ingénieur mécanicien et électricien. Il a monté une affaire qui marche bien. Un peu plus d’un an après Elon, un autre garçon, Kimbal, voit le jour et plus tard, une fille, Tosca.

La famille Musk mène une vie agréable jusqu’au divorce de Maye et Eroll.

Elon a alors environ 8 ans. Il reste avec sa mère à Durban, mais après deux ou trois ans, il décide d’aller vivre chez son père (qui va se remarier et donner deux demi-sœurs à Elon).

Avec son père, Elon voyage beaucoup en Afrique du Sud et dans le monde. En apparence, la vie chez Errol parait magnifique. Pourtant, malgré le souvenir de bons moments, Elon Musk, révèle une éducation psychologiquement très difficile et des années douloureuses avec son père. En parlant de son père, il dit :

Je n’ai pas eu une bonne enfance. Elle peut sembler bonne. Il y a eu de bons moments mais ce n’était pas une enfance heureuse. C’était comme un supplice. Il s’entend à vous gâcher la vie, c’est sûr. Il peut rendre pénible n’importe quelle situation, si bonne soit-elle.

2.2 – L’enfance et l’adolescence d’Elon Musk

  • Elon, petit génie passionné de lecture

Le trait de caractère d’Elon le plus frappant dans son enfance est son intérêt dévorant pour la lecture. Il lit souvent jusqu’à dix heures par jour, et engloutit même deux encyclopédies en plusieurs volumes.

Lorsque nous nous posions une question, Tosca disait toujours : « Interrogeons le petit génie », raconte Maye. « On pouvait lui demander n’importe quoi. Il s’en souvenait. »

Mais sa continuelle insistance à corriger les gens et ses manières abruptes éloignent les autres enfants d’Elon, accentuant son sentiment de solitude.

  • Premiers pas dans l’informatique

Elon a une dizaine d’année quand il voit un ordinateur pour la première fois. Lorsque son père accepte de lui acheter la machine, il se lance dans sa programmation, passionné par l’informatique. Là où il faut normalement six mois pour absorber toutes les leçons, Elon Musk dit : « Je suis passé en mode super TOC et j’ai tout fait en trois jours sans dormir. Je crois que rien ne m’a jamais accroché davantage. »

En 1984, un journal professionnel sud-africain publie le code-source d’un jeu vidéo réalisé par Elon Musk. Il n’a alors que 12 ans. Le jeu a pour objectif de détruire un vaisseau spatial extraterrestre. Ce jeu montre déjà les visions de grandes conquêtes d’Elon. Par ailleurs, il dépasse incontestablement les capacités des enfants de son âge.

Avec son frère Kimbal et ses cousins Russ, Lyndon et Peter Rive, il se prend de passion pour les jeux vidéo et jeux de rôle. C’est aussi à cette période qu’Elon fait ses premières expériences dans les fusées et les explosifs faits maison, en créant ses propres mélanges chimiques.

  • La scolarité d’Elon Musk

La vie d’Elon à l’école est bien moins excitante que celle qu’il a avec son frère et ses cousins. Le garçon est renvoyé de deux ou trois établissements. Un jour, un enfant l’agresse violemment, marquant le début de trois ou quatre années de continuel harcèlement.

Elon raconte son enfance agitée :

À l’école, j’étais pourchassé par une bande qui voulait me massacrer, et quand je rentrais à la maison c’était tout aussi moche. C’était horrible en permanence.

Après cette période, Elon finit sa scolarité au lycée de garçons de Pretoria. Ses camarades de classe se souviennent de lui comme d’un élève aimable, tranquille et peu remarquable. L’un d’entre eux se rappelle qu’il fantasmait déjà sur la colonisation d’autres planètes et qu’il se demandait déjà si le système bancaire ne pourrait pas se passer de guichets.

Au niveau de ses résultats, Elon ne fait pas partie de l’élite de sa classe. En fait, les devoirs donnés par l’école ne l’intéressent pas. Dès lors, passionné par les technologies, la science-fiction et le fantastique, il préfère jouer aux jeux vidéo, écrire des programmes informatiques et lire des livres. Pourtant, le jeune garçon rencontre d’énormes succès scolaires, en maths et en programmation informatique notamment.

  • Le rêve américain d’Elon

À 17 ans, Elon Musk obtient enfin un passeport canadien grâce à sa mère de nationalité canadienne. Il quitte alors l’Afrique du Sud pour le Canada. Pour Elon, ce pays, via son ascendance canadienne, est une porte d’entrée pour les États-Unis, où il rêve d’aller depuis longtemps.

Il sait, à ce moment-là, que l’Amérique, et notamment la Silicon Valley, est un des meilleurs endroits en matière de techniques et réussites.

Chapitre 3 – Le Canada

3.1 – Petits boulots et voyages à travers le Canada

Lorsqu’il arrive au Canada (après un court passage à Montréal et une année chez son cousin dans la Saskatchewan, pays natal de son grand-père Joshua), Elon Musk va sillonner le pays en exerçant des petits boulots. Son frère Kimball le rejoint.

3.2 – L’université

  • Sa rencontre avec Justine Wilson, sa future femme

En 1989, Elon Musk s’inscrit à la Queen’s University de Kingston, dans l’Ontario. Il y rencontre Justine Wilson, également étudiante, dont il tombe amoureux.

Il fit le premier pas juste devant sa résidence universitaire, prétendant l’avoir heurtée par accident puis lui rappelant qu’ils s’étaient déjà rencontrés à une fête. […] Musk avait aussi un côté romantique.

  • Les études d’Elon Musk : un épanouissement intellectuel

Les études conviennent à Elon. Il y découvre des gens qui respectent ses capacités intellectuelles. Pendant quelque temps, il vend des composants informatiques et des micro-ordinateurs à ses condisciples.

En 1992, après deux ans à Queen’s, Elon Musk part pour l’University de Pennsylvanie. Elon s’y épanouit encore plus et commence à se sentir vraiment à l’aise avec les autres étudiants en physique. Pourtant, le jeune homme geek se fait peu d’amis à l’université. Une des seules personnes avec qui il est très proche est son ami Adeo Ressi. Ce dernier est le pendant artistique et pittoresque d’un Musk studieux et plus coincé.

Les deux amis s’installent dans une villa de dix chambres à bon prix, puis une autre avec quatorze chambres où ils organiseront de nombreuses fêtes malgré le côté peu festif d’Elon.

3.3 – Le départ d’Elon Musk vers les États-Unis et la Silicon Valley

Pendant ses études, Elon Musk a l’opportunité de réaliser plusieurs stages dans la Silicon Valley. Là-bas, il trouve toutes les occasions auxquelles il aspire et un lieu à la hauteur de ses ambitions.

Son rêve est alors de devenir un Américain à part entière !

C’est pourquoi, aussitôt diplômé, Elon Musk se lance dans un road trip à travers les États-Unis avec son frère Kimbal. Le jeune homme réfléchit à son avenir professionnel. Il envisage brièvement le secteur des jeux vidéo mais s’en détourne vite quand il réalise que ce secteur n’aurait aucun effet sur le monde.

À cette époque, Elon Musk a déjà des idées de titans en tête :

Ses songeries l’amènent toujours à une même conclusion : l’internet, les énergies renouvelables et l’espace allaient connaître des changements importants dans les prochaines années et lui-même pouvait jouer un grand rôle dans ces trois domaines.

Chapitre 4 – La première start-up d’Elon Musk

4.1 – La création de Zip2

En 1995, Elon et son frère Kimbal créent Global Link Information Network, une start-up qu’ils rebaptiseront plus tard Zip2. Ils installent les bureaux de la start-up à Palo Alto, dans un bureau de six mètres sur neuf.

Zip2 est, en fait, un répertoire d’entreprises relié à des cartes géographiques. Elon effectue le travail de codage, tandis que Kimbal se charge de la vente en porte-à-porte.

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Petit à petit, la start-up grandit. Elle déménage dans un trois pièces. Fin 1995, les frères Musk recrute une équipe de commerciaux pour travailler avec eux.

4.2 – L’ascension de Zip2

Début 1996, Zip2 change massivement.

Tout d’abord, cette année-là, Greg Kouri, un homme d’affaires canadien, rejoint Zip2 en tant que cofondateur. Ce dernier possède une vraie expérience de l’entreprise. Chez Zip2, il fait office d’adulte responsable et de pondérateur près d’Elon Musk. Il devient en quelque sorte son mentor.

Ensuite, la même année, Elon Musk parvient à décrocher un investissement de 3 millions de dollars de la société de capital-risque Mohr Davidow ventures. Avec cet argent, l’entreprise embauche des ingénieurs de talent. Elle change aussi sa stratégie. Désormais, Zip2 couvre non seulement la région de San Francisco mais la totalité des États-Unis. Au lieu de vendre son service en porte-à-porte, son nouvel objectif est, à présent, de créer un progiciel destiné à être vendu aux journaux, qui à leur tour réaliseraient leurs propres répertoires d’agents immobiliers, de concessionnaires automobiles et de petites annonces.

Zip2 rencontre un succès remarquable. Le New York Times, Knight Ridder, Hearst Corporation et d’autres journaux souscrivent un abonnement. Ils apportent même 50 millions de dollars de financement supplémentaire à Zip2.

4.3 – La vente de Zip2

Mais la situation de l’entreprise se détériore. Après une idée de fusion avortée avec CitySearch, Zip2 se trouve en très mauvaise posture et doit affronter la concurrence.

Coup de chance, en février 1999, le fabricant d’ordinateurs Compaq Computer propose de racheter Zip2 pour 307 millions de dollars cash. Grâce à cette vente, Elon et Kimbal empochent respectivement 22 et 15 millions de dollars.

Chapitre 5 – Le boss de la mafia PayPal

5.1 – Une vie de multimillionnaire

Elon Musk passe, en moins d’une décennie, du statut de vagabond canadien à celui de multimillionnaire.

Avec ses 22 millions de dollars, il quitte son logement en colocation. Il acquiert et rénove un appartement de 170 mètres carrés. Il achète également un coupé McLaren F1 à 1 million de dollars et un petit avion à hélice qu’il apprend à piloter. À 27 ans, il devient ce que tout le monde veut être à l’époque : un dot-com millionnaire, et s’adapte à cette célébrité nouvelle.

5.2 – La nouvelle ambition d’Elon Musk : une banque internet

La vente de Zip2 remplit Elon Musk d’une confiance nouvelle. Son ambition grossit à toute allure : Elon Musk souhaite désormais créer une banque internet.

Plus précisément, Elon Musk veut :

Bâtir une institution financière à services complets en ligne, avec des comptes – chèques et des comptes d’épargne mais aussi des services de placement et des assurances.

Or, pour cela, Elon Musk doit partir totalement de zéro.

Dès lors, il sonde quelques-uns des meilleurs ingénieurs pour savoir s’ils le rejoindraient dans une nouvelle affaire. Il essaye ses idées auprès de certains contacts qu’il avait gardés dans la banque canadienne. Puis, il se lance.

5.3 – La naissance de X.com

Là où Zip2 avait été une idée simple et utile, X.com était susceptible d’amorcer une grande révolution. Pour la première fois, Musk allait attaquer de front une industrie riche et solidement bétonnée en espérant renverser les acteurs installés.

Pour lancer X.com, Musk met sur pied une équipe de talentueux ingénieurs. Mais cinq mois après le lancement de la société, Elon Musk se querelle avec Harris Fricker, un des co-fondateurs. Une grande partie de son équipe d’ingénieurs quitte alors l’entreprise pour en créer une autre avec Fricker. Sous la direction de Musk, X.com tente de continuer.

L’entreprise propose des concepts bancaires radicaux, en supprimant, par exemple, les pénalités de dépassement et les frais.

Par ailleurs, X.com met en place un dispositif de paiement innovant et très moderne : un système qui permet d’envoyer de l’argent de personne à personne simplement avec l’adresse électronique du destinataire.

Ce système vise à :

  • Rompre avec les banques qui mettent des journées entières à traiter des règlements ;
  • Créer une sorte de compte en banque agile où l’on pourrait verser et retirer de l’argent en deux clics de souris ou par courrier électronique.

Le concept, à cette époque, révolutionne l’industrie bancaire ! Plus de 200 000 personnes s’inscrivent chez X.com dans les deux premiers mois d’activité.

5.4 – La fusion de X.com et de son concurrent Confinity (PayPal)

X.com ne tarde pas à avoir un grand concurrent : deux jeunes pleins d’idées, Max Levchin et Peter Thiel, concoctent également leur propre système de paiement au sein d’une start-up nommée Confinity. Après une guerre farouche, X.com et Confinity renoncent à se ruiner mutuellement et joignent leurs forces en mars 2000.

Elon Musk devient le principal actionnaire de la nouvelle société, qui s’appellerait X.com. Les deux sociétés font de leur mieux pour fusionner leurs cultures, mais ne parviennent pas à s’entendre. Deux mois après la fusion, Thiel démissionne et Levchin menace de s’en aller à cause des divergences technologiques entre lui et Musk.

Elon Musk se retrouve à la direction d’une entreprise fracturée.

5.5 – La création de PayPal après l’éviction d’Elon Musk

Il se produit alors “l’un des coups d’État les plus vicieux de l’histoire de la Silicon Valley”.

Alors qu’il se trouve en voyage de noces avec Justine (le couple s’était marié quelques mois plus tôt, en janvier 2000), et suite à un complot organisé pour convaincre le conseil d’administration, Elon Musk est évincé de son poste de PDG, et remplacé par Thiel.

Thiel rebaptise l’entreprise PayPal. Pendant une brève période, Elon Musk tente de contre-attaquer, mais très rapidement, il se mue en conseiller de l’entreprise et continue à y investir alors qu’il en est déjà le plus gros actionnaire.

Chapitre 6 – La conquête de l’espace

6.1 – Los Angeles, la malaria et les rêves galactiques d’Elon Musk

Après son départ de PayPal, Elon Musk achète une nouvelle maison et consacre plus de temps à son épouse Justine. Tous deux décident de fonder une famille et déménagent à Los Angeles. Ils partent également voyager en Afrique. Là-bas, Elon contracte la malaria sous sa forme la plus virulente et échappe de peu à la mort. Il lui faudra six mois pour récupérer.

À cette époque, Elon revoit aussi surgir les rêves de vaisseaux spatiaux et de voyages galactiques qu’il nourrissait dans son enfance. En s’installant à Los Angeles, grand pôle industriel et commercial de l’aéronautique militaire, Elon Musk choisit délibérément une ville qui lui ouvrirait les portes de l’industrie spatiale…

6.2 – La création de la “Life to Mars Foundation

Elon Musk s’est déjà constitué un réseau assez développé de contacts dans l’industrie spatiale.

En 2001, il décide de créer une organisation qu’il appelle la “Life to Mars Foundation”. Les réunions de sa fondation rassemblent d’impressionnants experts ravis de voir une grosse fortune supplémentaire disposée à financer quelque chose d’intéressant dans l’espace.

Au cours des débats, un projet appelé “Mars Oasis” prend forme. Selon le plan, Elon Musk achèterait une fusée avec laquelle il enverrait sur Mars une sorte de serre robotisée.

  • Le voyage à Moscou et le déclic

Pour mener à bien son projet, Elon Musk envisage d’acheter aux Russes un missile balistique intercontinental (ICBM) reconditionné. Tout le monde pense qu’il est en train de perdre la tête.

Elon Musk prend un vol pour la Russie. Il y rencontre des entreprises russes trois fois mais n’arrive pas à se mettre d’accord sur le prix d’achat. Dans l’avion, au retour de Moscou, Elon Musk prend son ordinateur. Après un moment, il interpelle son équipe : « Hé les gars, je crois que nous pouvons construire cette fusée nous-mêmes. »

  • La construction des fusées

Cela fait, en réalité, de nombreux mois qu’Elon Musk étudie l’industrie aérospatiale et la physique de l’espace lorsqu’il émet l’idée de construire lui-même une fusée. D’après ses calculs, il serait possible de faire moins cher que les sociétés de lancement existantes.

Cette proposition sème un doute dans la communauté de l’espace. Mais sur les conseils de Jim Cantrell (qui a accompli différentes missions secrètes ou officielles pour les gouvernements américains et d’autres pays, et qui fait partie de cette aventure depuis le début), Elon Musk rencontre un certain Mueller. Il trouve en cet homme quelqu’un qui connait vraiment les tenants et les aboutissants de la construction de fusées, le présente à sa table ronde d’experts spatiaux et le fait participer aux réunions.

6.3 – La naissance de SpaceX (la Space Exploration Technologies)

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La Space Exploration Technologies (ou SpaceX) nait en juin 2002.

Les bureaux sont dispersés à travers l’usine. Les informaticiens et ingénieurs issus des meilleures universités côtoient ainsi les soudeurs et les mécaniciens qui construisent le matériel. Cette démarche est la première grande rupture de SpaceX avec les compagnies aérospatiales traditionnelles.

Les dirigeants de SpaceX embauchés par Elon Musk forment une équipe d’élite. Ces premiers jours voient aussi l’arrivée de Mary Beth Brown, devenue un personnage de légende tant chez SpaceX que chez Tesla. Mary Beth Brown, alias MB, devient la fidèle assistante de Musk. Elle joue un rôle capital dans la naissance de la culture originelle de SpaceX.

6.4 – La vente de PayPal à Ebay : une aubaine pour SpaceX

Alors qu’Elon Musk est impatient de se lancer dans cette nouvelle aventure, eBay propose, en juillet 2002, de racheter PayPal pour 1,5 milliard de dollars.

Avec cette opération, Elon Musk empoche environ 250 millions de dollars, (180 millions après impôts). Il consacre alors plus de 100 millions de dollars à SpaceX. Cet investissement massif lui garantit le contrôle de SpaceX.

6.5 – La mort de son fils, puis la naissance de cinq enfants

Or, soudain, rien de tout cela ne semble plus avoir d’importance…

En effet, dix semaines avant le rachat de PayPal, Justine met au monde le premier fils du couple : Nevada Alexander Musk. Mais le bébé meurt à l’âge de deux mois de la mort subite du nourrisson.

Le décès de l’enfant n’est pas vécu de la manière au sein du couple Musk. Justine a besoin d’exprimer sa peine. Elon, lui, refuse de parler de cet événement dramatique.

Deux mois plus tard, Elon et Justine envisagent une nouvelle grossesse. Dans les cinq années suivantes, ils donneront naissance à des jumeaux, puis à des triplés.

6.6 – Les débuts de SpaceX

  • Des engagements difficiles à tenir

Malgré des incidents éprouvants mais productifs, le sentiment de former une petite famille soudée face au monde s’installe chez SpaceX.

La société grandit. SpaceX :

    • Acquiert, fin 2002, un entrepôt vide, qui devient, un an plus tard, une vraie usine de fusées.
    • Annonce que sa première fusée serait lancée début 2004 depuis la base Vandenberg de l’U.S. Air Force et transporterait un satellite pour le ministère de la Défense.
    • Dévoile un prototype de Falcon 1 en décembre 2003.
    • Projette un second modèle : la Falcon 5.

Pour atteindre de tels objectifs, les salariés doivent travailler douze heures par jour, six jours par semaine, voire bien davantage. Or, Elon Musk, très exigeant envers lui-même, demande la même chose à son personnel : en faire toujours plus et mieux. Même si la plupart des collaborateurs sont ravis de participer à l’aventure, il leur est difficile de supporter les exigences éreintantes et la rudesse d’Elon Musk.

Malgré cela, Elon Musk n’arrive pas à tenir ses engagements, notamment à cause des tests de qualification plus longs que prévus.

  • La transformation de Kwaj, un îlot du Pacifique, en site de lancement de fusées

Sur le site de lancement de Vandenberg, l’armée fait un accueil glacial à SpaceX. Lockheed et Boeing, qui lançaient à Vandenberg des satellites-espions militaires à 1 milliard de dollars, n’appréciaient pas l’agitation générée par cette start-up à proximité de leurs précieuses charges.

En fait, Elon Musk réalise rapidement qu’il ne pourrait jamais faire leur lancement sur ce site. Il décide alors de trouver sa propre base de lancement de fusée !

C’est à Kwaj, la plus grande île d’un atoll de la République des îles Marshall, dans l’océan Pacifique, entre Guam et Hawaï, qu’il trouve le site qu’il lui faut.

En sept mois, une petite équipe transforme le terrain d’Omelek, l’îlot de trois hectares couvert de palmiers et de végétation, en aire de lancement. Ils coulent une dalle de béton et rénove un baraquement en bureaux.

La situation entière était grotesque. Un constructeur de fusées novice tentait de mener à bien l’une des tâches les plus difficiles de l’humanité avec une équipe perdue au milieu de nulle part dont bien peu de membres en vérité avaient la moindre idée de la manière d’effectuer un lancement. Ce fut un exercice extrême d’apprentissage et de cohésion d’équipe, bourré de malentendus comiques. « On se serait cru dans L’Île aux naufragés, les fusées en plus », plaisante Hollman.

  • Trois tentatives de lancements : trois échecs

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    • Premier lancement en 2006

En novembre 2005, soit six mois après son arrivée sur l’île, l’équipe de SpaceX est prêt à réaliser son premier lancement. Mais une anomalie est détectée juste avant le lancement et oblige à reporter le lancement. Après multiples problèmes, une autre tentative a donc lieu le 24 mars 2006. La Falcon 1 s’élance dans le ciel, mais au bout de 25 secondes, la fusée montre des signes de problèmes. Elle se met à tournoyer et retombe sur Terre, hors de contrôle.

    • Deuxième lancement en 2007

Le 15 mars 2007, SpaceX est prêt pour un troisième essai. Celui-ci semble le bon. Pourtant, la Facon 1 explose en vol. Cet échec est un nouveau coup très dur pour les ingénieurs de SpaceX.

    • Troisième lancement en 2008

Alors que le lancement de la Falcon 9 a été un succès quelques jours plus tôt au Texas, c’est au tour de la Falcon 1, le 2 août 2008, de faire sa troisième tentative de lancement. Ainsi, la Falcon 1 s’élève dans le ciel et vole superbement sans que rien n’indique un problème. Mais à l’instant de la séparation des deux étages, un dysfonctionnement se produit, faisant de ce troisième lancement un nouvel échec.

L’événement est très dur pour les collaborateurs de SpaceX fatigués et psychologiquement brisés. Elon Musk s’adresse tout de suite aux travailleurs et les motive à reprendre leur tâche.

Chapitre 7 – Le tout électrique

7.1 – Les premiers pas d’Elon Musk dans l’industrie automobile

Martin Eberhard, Marc Tarpenning et Ian Wright, trois hommes d’affaires de Californie, passionnés d’automobiles à batterie lithium-ion, créent une société le 1er juillet 2003, du nom de Tesla Motors.

Pour faire avancer ses projets de construction de voitures électriques, il manque 7 millions de dollars à Tesla. Contacté par cette nouvelle société, Elon Musk accepte de financer le projet. Elon Musk veut changer l’équation énergétique du pays afin de libérer les États-Unis de son addiction au pétrole. Avec un tel investissement, Musk est considéré comme le plus gros actionnaire de Tesla et devient le président de la société.

7.2 – Les débuts de Tesla Motors

  • La formation de l’équipe et un premier véhicule porteur d’espoir

Pour réaliser sa voiture électrique, Tesla se dote de jeunes ingénieurs à la pointe de la technologie. La société embauche aussi Straubel. Ce dernier a rencontré Elon Musk quelques mois auparavant pour lui faire part d’un projet de construction de véhicule électrique que Musk avait accepté de financer en partie. Un lien s’était immédiatement créé entre eux.

Une des innovations techniques de Tesla concerne la conception de la batterie. En effet, jamais personne n’a cherché à assembler en parallèle des centaines de piles lithium-ion.

Quatre mois plus tard, le 27 janvier 2005, les dix-huit personnes de l’équipe ont construit une automobile d’un type entièrement nouveau en état de circuler. Elon Musk essaye la voiture. Il revient assez satisfait pour continuer à investir 9 millions de dollars.

  • Les premiers succès de Tesla Motors

Après la construction de deux prototypes, la société construit son Roadster EP1. Le véhicule impressionne les capital-risqueurs qui, avec Musk, investissent pour un total 40 millions de dollars dans la société.

En juillet 2006, Tesla décide de faire connaître ses réalisations au monde. Après cela, elle réalise ses meilleures ventes (en précommandes) depuis la création de la société.

Au milieu de 2007, Tesla compte 260 salariés. L’entreprise a construit la voiture électrique la plus rapide et la plus belle que le monde n’ait jamais vue. Il ne lui reste maintenant plus qu’à la produire en grand nombre…

  • L’accumulation de problèmes

Alors que Tesla a prévu de livrer le Roadster en novembre 2007, les problèmes se multiplient de toutes parts. Parmi eux : les coûts et les délais de production du Roadster alourdis par la chaîne logistique étirée tout autour du globe.

Mis au courant (tardivement) des problèmes industriels, Elon Musk fait appel à Valor Equity, un redresseur d’entreprise spécialiste des activités manufacturières. Valor Equity apprend alors à Elon Musk que chaque Roadster pourrait coûter jusqu’à 200 000 dollars alors que Tesla prévoit de le vendre aux alentours de 85 000 dollars. Par ailleurs, il semblerait que près d’un tiers des voitures ne fonctionnent pas.

Aux yeux de Musk, Eberhard, PDG de Tesla, a commis une grosse erreur de gestion en laissant le coût des pièces déraper ainsi. D’autre part, il lui reproche de ne pas avoir averti le conseil d’administration de la gravité de la situation. Elon Musk le remplace au poste de PDG. Le conflit entre Musk et Eberhard perdure encore aujourd’hui.

  • Tesla au bord de la faillite

Eberhard évincé, le conseil d’administration de Tesla désigne un patron intérimaire, Michael Marks. Mais petit à petit, la vision de Marks (qui voudrait pivoter et vendre Tesla à un constructeur automobile plus grand) commence à s’écarter de celle de Musk. Il est, à son tour, remplacé par Ze’ev Drori.

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En plus de ces changements de PDG, Tesla doit faire face à de multiples problèmes : les retards de livraison sont de plus en plus difficiles à justifier auprès des clients, certains salariés épuisés par cinq années de défis technologiques quittent l’entreprise, etc.

De plus, début 2008, la société est vraiment à court d’argent. Il a fallu environ 140 millions de dollars pour développer le Roadster, bien plus que les 25 millions initialement prévus. Compte-tenu du contexte économique, il est impossible de lever davantage de capitaux.

Dès lors, pour sortir Tesla de cette mauvaise passe, Musk doit engloutir sa fortune entière, quitte à y laisser sa santé mentale.

Chapitre 8 – Douleur, souffrance et survie

8.1 – Elon Musk, Iron Man et la presse

Désormais, Elon Musk fait partie des personnages publics. On dit notamment qu’il a inspiré le rôle de Tony Stark, alias Iron Man. Aussi, Elon et Justine Musk commencent à prendre part aux soirées et à la vie sociale de Hollywood.

S’il fait bonne figure devant le public, la presse et sur les réseaux sociaux, Musk se sent très inquiet pour ses deux entreprises.

Début 2008, la vie de Musk devient plus tumultueuse. Tesla et SpaceX engloutissent son argent. Il doit vendre des biens précieux comme sa McLaren pour dégager de la trésorerie. Sa fortune se dilapide à toute allure sans avoir beaucoup à montrer en échange. Dans les médias, son étoile pâlit.

8.2 – Le divorce d’Elon et Justine Musk

La vie privée d’Elon se dégrade aussi. Après la naissance des jumeaux, Justine souffrirait d’une dépression périnatale.

Musk n’a pas le choix : il doit se donner tout entier à Tesla et SpaceX. Il travaille sept jours sur sept, écartelé entre Los Angeles et San Francisco et ne passe donc pas beaucoup de temps chez lui. Cette situation amplifie les tensions dans son couple. Une équipe de nounous aide les Musk à s’occuper de leurs cinq enfants, mais Justine se sent lasse.

Le 16 juin 2008, Musk intente une action en divorce.

Le divorce est pour Justine l’occasion de décrire sa vie privée beaucoup plus librement dans un blog qu’elle a créé : pour la première fois, un portrait d’Elon Musk en génie tumultueux et mari déplaisant est exposé sur les réseaux sociaux.

Pour Musk, chaque missive en ligne de Justine déclenchait une nouvelle crise de relations publiques qui s’ajoutait au flux incessant des problèmes de ses sociétés. Le portrait ciselé par lui au fil des années semblait près de tomber en miettes en même temps que ses entreprises. C’était un scénario-catastrophe.

Leur divorce propulse les Musk parmi les célébrités. Musk est saisi d’une profonde anxiété.

8.3 – La rencontre d’Elon Musk et Talulah Riley

Quelques semaines après son divorce, lors d’un voyage d’agrément avec un ami, Elon Musk rencontre l’actrice Talulah Riley, dans un club anglais. Il en tombe amoureux.

Une semaine après avoir fait connaissance, le couple se revoit en Californie. Lors de ce séjour ensemble, Elon demande Talulah en mariage. Elle accepte d’épouser Elon, un homme de quatorze ans son aîné, en procédure de divorce, avec cinq enfants, au bord de la faillite, complètement à bout mais prêt à se battre.

À propos de cette demande, Talulah déclare :

Je me souviens qu’il m’a dit : “Vivre avec moi, c’est choisir le chemin difficile.” Je n’avais pas vraiment compris sur le coup, mais à présent, je sais. C’est très dur, un chemin de fous.

Des années plus tard, Elon et Talulah divorceront pour se remarier et divorcer une deuxième fois.

8.4 – Des hauts et des bas

  • Quatrième lancement de la Falcon 1 : un exploit réussi

Lors de l’échec du troisième lancement de la Falcon 1 deux mois auparavant, Elon Musk avait fait bonne figure en public. Mais en réalité, ce troisième lancement était un désastre pour l’entrepreneur, qui a déjà mis 100 millions de dollars dans l’entreprise et n’a plus un sou à cause des problèmes de Tesla.

Ainsi, pour lui, le quatrième lancement représente son ultime carte. En effet, si ce vol est un succès, il donnera confiance à l’administration américaine et peut-être à des clients commerciaux, ce qui préparerait le terrain pour la Falcon 9, voire pour des projets plus ambitieux encore.

Le quatrième lancement de SpaceX a lieu le 28 septembre 2008. Pour respecter cette date, le personnel a durement travaillé pendant six semaines en se relayant sans interruption. Le jour J, toute l’intensité du moment se lit sur le visage des salariés.

Et enfin, le lancement réussit !

La Falcon 1 devient la première machine construite par le secteur privé à réussir cet exploit. Il aura fallu six ans (environ quatre et demi de plus que Musk ne l’avait d’abord pensé) et cinq cents personnes pour réaliser ce miracle de la science et de l’économie.

« En voyant le lancement réussi, tout le monde a fondu en larmes », raconte Kimbal. « C’est l’une des expériences les plus chargées d’émotion que j’aie jamais vécues ».

Lors du discours à son équipe, Elon Musk s’adresse à tous ses salariés :

Normalement, c’est l’affaire d’un pays, pas d’une entreprise… […] C’est sans aucun doute l’un des plus beaux jours de ma vie, et je pense que ça l’est aussi pour la plupart des gens ici. Nous avons montré que nous étions capables de le faire. C’est juste le premier pas, il y en aura beaucoup d’autres…

  • Une trésorerie catastrophique

Rapidement après la réussite du lancement, Musk se plonge dans ses comptes.

Tesla dépense environ 4 millions de trésorerie par mois. La société a besoin d’un financement d’envergure pour finir 2008 et rester en vie. Il n’a plus le choix. Il emprunte des centaines de milliers de dollars à Skoll, son ami. Les parents de Talulah proposent de ré-hypothéquer leur maison. À force d’acrobaties financières, Elon Musk réussit à réunir 20 millions de dollars et à convaincre les investisseurs de Tesla d’en apporter autant.

Gracias, actionnaire de Tesla et SpaceX, dira de cette période, à propos de Musk :

Il est capable de travailler plus dur et de supporter plus de stress que quiconque à ma connaissance […] N’importe qui d’autre aurait été brisé par les épreuves qu’il a vécues en 2008. […] Il a continué à travailler sans se déconcentrer.

Chapitre 9 – Décollage

9.1 – SpaceX : un nouvel acteur qui bouleverse l’industrie aérospatial

  • La Falcon 9

La fusée de SpaceX, la Falcon 9, est haute de 68,4 mètres, large de 3,66 mètres et pèse 500 tonnes. Au moment de l’écriture du livre, la société a déjà réalisé deux douzaines de lancements de fusée. Les commandes s’étendent sur des années et compte ainsi plus de cinquante vols prévus.

SpaceX lance environ une fusée par mois. Les fusées transportent des satellites pour des entreprises et des États ainsi que des fournitures pour la station spatiale internationale.

Elon Musk est aujourd’hui le principal actionnaire de SpaceX aux côtés d’investisseurs extérieurs. La valeur de SpaceX est estimée à 12 milliards de dollars.

  • Les prix bas et l’indépendance de Space X

Par rapport à ses concurrents américains (Boeing, Lockheed Martin, Orbital Sciences), les prix proposés par SpaceX sont stupéfiants. Par ailleurs, contrairement à ses rivales, l’entreprise opère des mutations rapides qui changent les règles du marché de la construction aérospatial. Elle construit, par exemple, toutes ses machines à partir de zéro aux États-Unis (sans faire appel à des fournisseurs étrangers).

Nous avons la main sur tout. Nous avons notre propre site de test, alors que la plupart des autres utilisent des sites gouvernementaux. Le temps de travail est divisé par deux, tout comme le travail autour des matériaux. Voici quatre ans, nous pouvions construire deux fusées par an et aujourd’hui nous pouvons en construire vingt.

Grâce à cela, les États-Unis sont redevenus un acteur du marché mondial des lanceurs. Le coût de 60 millions de dollars par lancement de SpaceX est nettement inférieur à celui des Européens, des Américains, et même des Russes et des Chinois, forts pourtant de dizaines d’années d’investissements publics engloutis dans leurs programmes spatiaux, ainsi que d’une main-d’œuvre bon marché.

  • Des fusées réutilisables

L’avantage concurrentiel de SpaceX repose, pour l’essentiel, sur la réutilisation des fusées. En effet, au lieu de laisser ses fusées s’abîmer en mer et se désintégrer, SpaceX prévoit d’utiliser des inverseurs de poussée pour amortir leur descente et les réutiliser.

Selon Elon Musk :

Tant que nous continuerons à jeter les fusées et les vaisseaux spatiaux après utilisation, nous n’aurons jamais vraiment accès à l’espace.

Grâce à cela, dans les prochaines années, SpaceX pense pouvoir encore abaisser le coût des lancements. L’objectif d’Elon Musk est de pouvoir envoyer sur Mars les milliers de fournitures nécessaires à une colonie.

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9.2 – Un management propre et un mode de production innovant

  • Le long et difficile processus de recrutement

Elon Musk est décrit comme un général plus que comme un PDG. Avec SpaceX, il a construit une armée d’ingénieurs en attirant presque tous les professionnels convoités.

Elon Musk recrute, avant tout, des personnalités passionnées, capables de bien travailler en équipe et qui ont une expérience pratique du travail du métal. Ce sont souvent des gens qui construisent des choses depuis qu’ils sont petits.

Les candidats qui arrivent au bout de la procédure de recrutement doivent rédiger un essai à l’intention d’Elon Musk expliquant pourquoi ils veulent travailler chez SpaceX. Ceux qui parviennent à rédiger un texte convaincant finissent par s’entretenir avec lui. L’entrepreneur a rencontré individuellement la majorité des salariés de SpaceX (du mois ceux de ses débuts), agents de sécurité et techniciens inclus. Lorsque le personnel de l’entreprise est devenu trop important, il a continué de rencontrer les ingénieurs.

  • Elon Musk, manager exigeant

Les récits des ingénieurs qui ont rencontré Elon Musk vont “de la torture au sublime”.

Ceux qui ont témoigné pour la rédaction de ce livre critiquent les horaires de travail, la brusquerie de Musk, sa folle exigence envers ses équipes parfois ridicule. Presque tout le monde cependant, même les personnes qui ont été licenciées, lui rendent hommage et le décrivent “en des termes normalement réservés aux super-héros ou aux divinités”.

D’autre part :

Une des qualités impressionnantes d’Elon Musk est sa capacité à comprendre et à absorber des quantités incroyables d’informations et à les restituer presque infailliblement. Au bout de deux ans à la tête de SpaceX, Musk est devenu un expert en aérospatial à un niveau que peu de PDG des secteurs technologiques parviennent à approcher dans leur domaine.

  • Une usine “muskienne”

L’usine de SpaceX est, selon Ashlee Vance, l’équivalent d’une petite ville par sa population, ses machines, le bruit.

Musk y a posé plusieurs touches personnelles. L’élément le plus “muskien” est l’espace de bureaux qui, entre diverses zones de soudage et de construction, se dresse au centre de l’atelier non cloisonné de 50 000 m². C’est une structure vitrée qui s’élève sur trois niveaux, avec des salles de réunion portant toutes des noms en rapport avec l’espace.

De cette manière :

Elon Musk a voulu que ses ingénieurs puissent voir à tout moment ce qui se passe sur les machines et soient obligés de traverser l’usine et de bavarder au passage avec les techniciens pour rejoindre leur bureau.

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  • La construction intégrée

L’atout majeur de SpaceX dans le monde des fusées est la construction intégrée. En effet, par économie et pour éviter d’être dépendant des fournisseurs (surtout s’ils sont étrangers), la société préfère acheter aussi peu que possible. Ainsi, alors qu’une société aérospatiale normale établit la liste des pièces nécessaires à son système de lancement puis adresse ses spécifications à une multitude de tiers qui les fabriqueront, SpaceX, elle, confectionne près de 90 % de ses fusées (moteurs, dispositifs électroniques et autres pièces) dans sa propre usine.

9.3 – L’avenir de SpaceX

  • Les futures réalisations de SpaceX : Dragon 2, Falcon Heavy, base spatiale…

Avec son côté agile, innovant et ses trois mille salariés, SpaceX est une entreprise capable de vraiment révolutionner le voyage spatial.

Enfin, quelqu’un avait construit un vaisseau spatial conforme aux rêves des savants et des cinéastes. Il y avait le style, il y avait aussi la substance.

En mai 2012, SpaceX devient la seule entreprise privée à s’être amarrée à l’ISS (station spatiale internationale). Dès lors, la NASA lui accorde 440 millions de dollars pour continuer à développer Dragon dans le but de transporter des personnes.

Dragon 2 sera capable de s’arrimer automatiquement à l’ISS et à d’autres habitats spatiaux sans intervention d’un bras robotisé. Il fonctionnera avec un moteur SuperDraco – un propulseur construit par SpaceX qui sera le premier moteur entièrement sorti d’une imprimante 3D à aller dans l’espace. En d’autres termes, ce moteur a été sculpté par une machine pilotée par ordinateur à partir d’un seul bloc de métal – en l’espèce un alliage Inconel à haute résistance – ce qui devrait lui conférer une solidité et des performances jamais atteintes par les humains en soudant ensemble des pièces différentes. Et le plus extraordinaire, révéla Musk, est que Dragon 2 sera capable d’atterrir doucement n’importe où sur Terre, à la volonté de SpaceX, grâce à ses moteurs et propulseurs SuperDraco. Plus d’atterrissages en mer. Plus de vaisseaux spatiaux jetables.

La Falcon Heavy, quant à elle, devrait être la fusée la plus puissante du monde.

Enfin, SpaceX travaille aussi à la construction d’une base spatiale.

Chapitre 10 – La revanche de la voiture électrique

10.1 – La berline Model S

  • Faire de la Model S une icône

Malgré des circonstances impossibles, le Roadster ancre l’automobile électrique dans la conscience du public. Avec la Model S, Elon Musk recherche un véhicule qui s’impose aussi par son aspect. Il faut donc réaliser une berline sexy, aussi confortable que luxueuse, qui devienne une icône !

  • Un véhicule de luxe exceptionnel de luxe, tout électrique

En 2012, Tesla Motors sort sa berline Model S. Celle-ci :

    • Peut parcourir 435 kilomètres avec une seule charge.
    • Atteint 100 kilomètres/ heure en 4,4 secondes.
    • Peut accueillir sept personnes et est équipée de deux coffres,
    • Possède une batterie posée à plat sous la voiture et un moteur électrique de la taille d’une pastèque entre les roues avant.
    • Roule en silence (pas de moteur).
    • A des poignées de porte encastrées qui sortent de la carrosserie quand le conducteur s’approche, puis se rétractent et disparaissent à nouveau dès qu’il est installé à bord.
    • Permet au conducteur de contrôler la plupart des fonctions de la voiture d’un geste du doigt grâce à un écran tactile de 17 pouces.
    • Dispose d’une connexion internet permanente qui permet d’écouter de la musique en continu et d’afficher de grandes cartes Google sur une console tactile.
    • N’a pas besoin d’être démarrée avec une clé ou un bouton : le poids du conducteur sur le fauteuil couplé à la télécommande de la clé (en forme de Model S miniature) suffit à mettre le moteur en marche.
    • Possède un système de climatisation / chauffage pouvant être mis en route à distance via une application pour smartphone (qui permet également de voir sur une carte où la voiture se trouve garée).
    • Dispose de fonctions de pilotage automatique à travers une suite logicielle.
    • Peut être rechargée gratuitement dans les stations Tesla à travers les États-Unis et tout autour du globe.
    • Consomme l’équivalent de 2,35 litres aux 100 kilomètres.

Ainsi, ce véhicule surclasse la plupart des autres berlines de luxe en termes de vitesse, de kilométrage, de maniabilité et d’espaces de rangement. Légère car construite en aluminium, la voiture a obtenu la note de sécurité la plus élevée de l’histoire. Enfin, pour les écologistes, la Model S est un exemple d’efficience.

  • Un achat et un service après-vente sans précédent

La manière d’acheter et d’utiliser la Model S rompt avec les habitudes automobiles. En effet, Tesla vend la Model S en ligne, via son site web ou dans ses boutiques qui s’inspirent des magasins Apple. Lors de leur achat, les clients peuvent calculer l’économie de carburant qu’ils pourront réaliser. Ils peuvent aussi configurer les options de leur future Model S sur de grands écrans tactiles.

Après l’achat, l’automobile est livrée avec classe, là où on le souhaite. Il est, sinon, également possible de la récupérer en sortie de chaîne après avoir visité l’usine Tesla avec des parents ou amis.

Par ailleurs, la philosophie de Tesla diffère de celle de l’industrie automobile traditionnelle jusque dans son approche de la maintenance.

Débarrassée des corvées mécaniques incontournables sur des véhicules à combustion interne, les éventuels problèmes du véhicule peuvent être réglés à distance. Citant par exemple le cas d’une panne signalée par un utilisateur, Ashlee Vance nous dit :

Tandis que le propriétaire dormait, ses ingénieurs se connectaient à la voiture par internet et téléchargeaient une mise à jour logicielle. En prenant le volant le matin, le client avait l’impression que des elfes avaient opéré par magie.

  • Un ordinateur sur roue

Par ailleurs, Tesla transforme l’automobile en un appareil qui s’améliore après l’achat.

En effet, des mises à jour logicielles permettent de conférer de nouvelles fonctions à la Model S. En l’espace d’une nuit, celle-ci peut, grâce à ces logiciels, se doter de nouveaux contrôles de traction pour la conduite en montagne ou sur autoroute, ou de capacités de rechargement plus rapides qu’auparavant ou d’une nouvelle série de commandes vocales.

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Bientôt, la Model S devient un véritable phénomène, bien au-delà de l’effet de mode qu’imaginaient les constructeurs automobiles.

La Model S n’était pas seulement la meilleure voiture électrique, elle était la meilleure voiture, point-barre. Et elle était la voiture que les gens désiraient. […] Elon Musk avait créé l’équivalent automobile de l’iPhone.

10.2 – Le décollage de Tesla Motors

Après période de difficultés importantes, en mai 2009, Tesla connaît un début de décollage.

Trois événements sont majeurs dans le décollage de l’entreprise :

  • En janvier 2010, le ministère de l’Énergie prêt 465 millions de dollars à Tesla.
  • Tesla a la possibilité d’acquérir l’usine de General Motors et de Toyota, soit 500 000 mètres carrés tout équipés à proximité immédiate de son siège pour pratiquement rien.
  • En juin 2010, Tesla entre en Bourse : la société lève 226 millions de dollars ; ses actions bondissent de 41 % le premier jour.

Quelques années plus tard, Tesla doit à nouveau lutter pour sa survie. La société n’arrive pas à tenir ses commandes. Elon Musk est sur le point de vendre Tesla à Google pour 6 milliards de dollars lorsqu’un miracle se produit : les actions de Tesla se mettent à bondir en Bourse suite à l’annonce du premier chiffre d’affaire de l’entreprise. Tesla rembourse alors les 465 millions de dollars de prêt octroyés par le gouvernement, avec les intérêts, et renforce la confiance de son public.

10.3 – Les Superchargeurs

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Une autre innovation de Tesla est son réseau de stations de recharge gratuite, appelées les Superchargeurs : les propriétaires d’une Tesla doivent pouvoir traverser les États-Unis sans dépenser un centime de carburant.

En plus de la recharge de batterie, Tesla également, désormais, dans ces stations, une option plus rapide : l’échange de batterie. Il suffirait de garer sa voiture au-dessus d’une fosse où un robot déposerait la batterie puis la remplacerait par une nouvelle, le tout en quatre-vingt-dix secondes pour un coût équivalent à un plein d’essence.

« En arrivant dans l’une de nos stations Tesla, vous n’aurez qu’une décision à prendre », conclut Musk : « gratuit ou plus rapide ».

Chapitre 11 – La théorie du champ unifié d’Elon Musk

11.1 – Solarcity

  • La création de Solarcity

Un jour de 2004, Elon Musk et ses cousins, les frères Lyndon, Peter et Russ Rive, partent pour le Burning Man dans le désert de Black Rock. Alors qu’il conduit le camping-car loué pour l’occasion, Elon suggère à ses cousins de s’intéresser au marché de l’énergie solaire.

C’est ainsi qu’en 2006, les Rive créent leur entreprise de panneaux solaires dénommée SolarCity.

Elon Musk ayant aidé ses cousins à définir cette structure, devient le président de SolarCity. Il en est aussi le plus gros actionnaire avec environ un tiers du capital.

  • Solarcity, le plus gros installateur de panneaux solaires des USA

Six ans plus tard, SolarCity devient le plus important installateur de panneaux solaires des États-Unis. Comme les autres initiatives d’Elon, SolarCity, ne représente pas tant une opportunité commerciale qu’une vision du monde.

À partir de 2014, l’entreprise se met à vendre des systèmes de stockage d’énergie. Ces derniers sont, en fait,  fabriqués en partenariat avec Tesla Motors. En juin 2014, SolarCity commence à fabriquer ses panneaux solaires dans sa propre usine de l’État de New York au lieu de les acheter.

Avec un réseau de systèmes solaires gérés par ses propres logiciels, SolarCity devient progressivement un genre de compagnie d’électricité. Son objectif, à présent, est de devenir l’un des plus grands fournisseurs d’électricité des États-Unis.

En fait, SolarCity est une pièce capitale de ce qu’on pourrait appeler la théorie du champ unifié d’Elon Musk :

Toutes les entreprises de celui-ci sont interconnectées à court et à long termes. Tesla fabrique des batteries que SolarCity peut vendre à ses clients. SolarCity fournit les panneaux solaires des stations de recharge où les conducteurs de Tesla peuvent s’approvisionner gratuitement. […] Tesla et SpaceX s’aident aussi mutuellement. Ils échangent des connaissances sur les matériaux, les techniques de fabrication et les arcanes du fonctionnement d’usines construites à partir de zéro.

11. 2 – L’avenir de Tesla

  • Les projets en cours chez Tesla

Parmi les projets de Tesla :

    • La Model X, fameuse pour ses ailes de faucon
    • Un camion
    • Un véhicule sous-marin capable de passer de la route à l’eau
    • La Tesla de troisième génération, ou Model 3 : prévue pour 2017, cette voiture à quatre portes devrait coûter autour de 35 000 dollars et donner la vraie mesure de l’impact de Tesla sur le monde. L’entreprise espère en vendre des centaines de milliers et banaliser vraiment les automobiles électriques.
  • La Gigafactory, la plus grande usine mondiale de lithium-ion

Tesla a actuellement besoin d’énormément de batteries lithium-ion et il lui en faudra beaucoup plus encore pour produire la Model 3. C’est pourquoi Elon Musk annonce, en 2014, son projet de construction de ce qu’il appelle la Gigafactory, la plus grande usine mondiale de lithium-ion.

Les batteries qui en sortiront seront considérablement meilleures et moins chères que celles d’aujourd’hui.

Il s’agit, par ailleurs, pour Elon Musk de préparer le terrain à des véhicules électriques de 800 kilomètres d’autonomie, voire plus.

11.3 – Les ambitions de Musk & Cie

  • Les projets de SpaceX

SpaceX :

    • Veut effectuer un vol habité en 2016 et transporter des astronautes vers la station spatiale internationale en 2017.
    • A l’ambition de construire et vendre des satellites, ce qui marquerait son entrée dans l’un des marchés les plus lucratifs de l’industrie spatiale.
    • Est en train de tester sa fusée géante, la Falcon Heavy, capable de transporter les plus grosses charges utiles du monde.
    • Poursuit sa technologie de fusées réutilisables.
    • A commencé à construire son propre spatiodrome dans le sud du Texas.
    • Veut automatiser le processus de lancement de façon à ce que les fusées puissent être remplies, dressées et mises à feu toutes seules.

Elon Musk ne perd pas son objectif ultime de vue :

La chose importante à long terme est d’établir une base autonome sur Mars. […] Je pense que vers 2025 SpaceX aura développé un propulseur et un vaisseau spatial capables d’emporter vers Mars des gens et des chargements en grande quantité. […] Une fois le problème de transport résolu, il n’est pas difficile de construire une serre pressurisée transparente dans laquelle on vivra.

Il ajoute :

Il faudra un jour chauffer Mars si l’on veut en faire une planète comme la Terre. […] Dans le meilleur des cas, cela prendra beaucoup de temps. Je ne sais pas combien, entre un siècle et mille ans. Il y a zéro chance pour que Mars devienne une autre Terre au cours de ma vie. Enfin, pas zéro, mais 0,001 % de chance.

  • L’Hyperloop

C’est en août 2013 qu’Elon Musk dévoile, pour la première fois, son idée d’Hyperloop. L’hyperloop coûterait entre 6 à 10 milliards de dollars, un montant bien moins élevé que le coût des trains à grande vitesse comme il est prévu d’en construire entre Los Angeles et San Francisco.

En fait, l’idée est de relier des villes distantes de moins de 1 600 kilomètres les unes des autres par des tubes installés en hauteur, où des gens et des automobiles seraient transportés dans des nacelles. Ces nacelles pourraient se déplacer plus rapidement qu’un avion (près de 1 300 kilomètres/heure). Tout le système fonctionnerait à l’énergie solaire. L’Hyperloop permettrait aux passagers d’embarquer et de débarquer en restant à bord de leur voiture.

Après une rencontre entre Elon Musk et Barack Obama (alors président des États-Unis), l’entreprise dénommée Hyperloop Technologies Inc. est créée par Shervin Pishevar et Kevin Brogan (entre autres).

11.4 – Un avenir grandiose mais incertain

  • Elon Musk : une personnalité aux avis mitigés

Les salariés d’Elon Musk ont tendance à décrire Musk de manière mitigée. Ils admirent son énergie et respectent son caractère exigeant. Néanmoins, ils pensent aussi qu’il peut être dur, méchant et “capricieux”. Par ailleurs, ils craignent ses changements d’avis : tout contact avec lui est une occasion d’être mis à la porte.

« Le pire trait d’Elon est une absence complète de fidélité ou de relation humaine », juge un ancien salarié. « Beaucoup d’entre nous ont travaillé pour lui sans relâche pendant des années et ont été jetés à la rue comme des déchets, sans hésitation. »

Début 2014, le licenciement de Mary Beth Brown (décrite comme l’appendice de Musk) frappe l’opinion. Chez SpaceX et chez Tesla, cette mise à l’écart est scandaleuse et révélatrice du stoïcisme cruel d’Elon Musk.

  • La mission de vie d’Elon Musk

Pour beaucoup de gens, Elon Musk réside quelque part sur le spectre de l’autisme : considérer les émotions des autres et se préoccuper de leur bien-être lui serait difficile. Pourtant, l’auteur nous dit qu’avec sa famille et ses amis proches, Musk est chaleureux, amusant et profondément émotif.

En fait, selon l’auteur, le comportement de Musk correspond bien plus à celui des gens “profondément doués”. Quant à sa vocation – faire de l’humanité une espèce multiplanétaire – elle résulte, selon Ashlee Vance, de la grande influence de la science-fiction et de la technologie sur son existence. C’est un impératif moral qui remonte à son enfance. Finalement, cela a toujours été sa mission.

Le sentiment de devoir réparer le monde est une contrainte que Musk ressent dans sa chair. Il lui arrive de paraître absolument épuisé. La souffrance, cependant, a toujours été le lot de Musk. Les enfants le torturaient à l’école. Son père lui infligeait des violences morales. Puis lui-même s’est fait violence en s’imposant des horaires de travail inhumains et en poussant sans cesse ses affaires à leurs limites.

  • Des nouveautés technologiques révolutionnaires et démesurées

La prochaine décennie de Musk & Cie porte l’innovation du XXIe siècle.

En 2025, il est très probable que Tesla ait déjà sorti cinq ou six modèles et soit un acteur dominant sur un marché d’automobiles électriques en pleine expansion.

Si sa croissance actuelle se maintient, SolarCity pourrait bien devenir une importante compagnie d’électricité et le leader d’un marché du solaire enfin à la hauteur de ses promesses.

Il est quasiment certain que SpaceX effectue des vols spatiaux toutes les semaines pour transporter des humains et des marchandises. Ses fusées devraient être en capacité de faire plusieurs fois le tour de la Lune. Elles devraient ensuite revenir atterrir au spatiodrome du Texas. Les préparatifs de la première douzaine de vols vers Mars annoncée devraient être bien avancés.

Musk, dans sa cinquantaine d’année, sera sans doute l’homme le plus riche et l’un des plus puissant du monde. Ce grand industriel sera l’actionnaire majoritaire de trois entreprises cotées en Bourse.

Toutefois, cet avenir demeure précaire, notamment par les évolutions rapides et inéluctables en matière de numérique. Les trois entreprises de Musk sont régulièrement confrontées à d’énormes problèmes technologiques.

Presque tout ce que Musk fait comporte des risques dramatiques.

Épilogue

  • L’internet de l’espace

En janvier 2015, Elon Musk révèle son intention d’entourer la Terre de satellites. Le but est d’assurer des accès internet par liaisons descendantes haut débit. En réalité, ce serait, pour Musk, la première étape vers une propagation de l’internet à travers l’espace, jusqu’à la colonie qu’il créerait un jour sur Mars.

Cependant, SpaceX doit affronter un rival déjà plus avancé dans la course à la construction et au lancement de ces petits satellites. Il s’agit de la société OneWeb, dirigée par Wyler et financée par Virgin (Richard Branson), Qualcomm et Airbus Defence and Space.

  • Les événements majeurs depuis la rédaction du livre

Lors de la réédition de son livre, l’auteur apporte plusieurs mises à jour.

SpaceX :

    • Lance, depuis 2016, des fusées presque tous les mois, parfois à trois semaines d’intervalle seulement.
    • Réussit à faire régulièrement revenir sur Terre l’étage principal de ses lanceurs.
    • Prévoit de lancer des missions inhabitées vers Mars dès 2018, et une mission habitée en 2025, avec ensuite une “ligne régulière” tous les vingt-six mois.

Elon Musk Tesla, Paypal, SpaceX l'entrepreneur qui va changer le monde

Tesla :

    • Livre, fin 2015, la Model X : celle-ci est plébiscitée.
    • Présente, en mars 2016, la Model 3 : une berline dont le premier prix devrait se situer aux alentours de 35 000 dollars.
    • Prévoit de faire tourner à plein la Gigafactory, son énorme usine de production de batteries du Nevada.
    • Promet, mi-2016, une version crossover de la Model 3, un pick-up, une camionnette de livraison et une sorte de minibus autopiloté pour transports urbains de passagers.
  • La fonction autopilote, la pierre angulaire de Tesla

Elon Musk affirme qu’il sera bientôt possible de donner des ordres à notre Tesla depuis à peu près n’importe où :

« Une fois que votre voiture sera venue à vous, vous pourrez dormir, lire ou faire ce qui vous plaira tout au long de votre trajet. Vous pourrez aussi inscrire votre voiture dans la flotte partagée Tesla en effleurant une seule touche sur l’appli téléphonique Tesla. L’argent qu’elle vous rapportera alors pendant que vous êtes au travail ou en vacances réduira sensiblement, ou même parfois dépassera, vos mensualités de prêt ou de crédit-bail. »

  • La fusion de Tesla et SolarCity

Tesla veut devenir un constructeur automobile mais aussi une compagnie d’électricité qui vend des panneaux solaires et des systèmes de stockage par batterie. En ce sens, la fusion de Tesla et SolarCity devient, pour Elon Musk, incontournable.

Conclusion de “Elon Musk – Tesla, Paypal, SpaceX :  l’entrepreneur qui va changer le monde” de Ashlee Vance

  • Un géant visionnaire

Cet ouvrage est absolument fascinant et inspirant !

L’auteur a l’art de nous plonger dans l’univers d’Elon Musk. En effet, Ashlee Vance nous conduit dans les coulisses de la vie fascinante d’Elon Musk, et à travers ce portrait, nous propose une lecture vraiment marquante. Son livre met en lumière le parcours chaotique d’un géant de la technologie, visionnaire et paraissant indestructible.

Musk ne fonctionne pas comme un PDG ordinaire. Il est mu par une vocation personnelle – une vocation étroitement liée à son âme et injectée dans les parties les plus profondes de son esprit.

Depuis tout petit, Elon Musk est considéré comme un génie. Son leitmotiv est la survie de l’humanité. Cette idée lui procure tout au long de sa vie une force et une ambition sans limite.

Je ne voudrais participer au premier voyage vers Mars que si j’étais certain que ma mort ne nuirait pas à SpaceX », dit-il. « J’aimerais y aller mais ce n’est pas indispensable. Le problème pour moi n’est pas de visiter Mars mais de permettre à un grand nombre de personnes d’y aller. […] Honnêtement, si je ne dois jamais aller dans l’espace, tant pis. L’objectif est d’allonger au maximum la durée de vie probable de l’humanité. »

Par ailleurs, la capacité d’Elon Musk à ne jamais lâcher, à garder le cap, à combattre un stress de forte intensité, cette exigence envers lui-même sont les traits de sa personnalité, à mon sens, les plus impressionnants.

Avec ses incroyables innovations technologiques, Elon Musk a poussé la Silicon Valley et le monde dans son ensemble à penser et à rêver plus grand. Il est aujourd’hui largement considéré comme celui qui peut créer une nouvelle économie et changer les règles du jeu de la planète.

  • Un des hommes les plus puissants au monde

En s’attaquant aux secteurs de l’énergie et de l’aérospatial, sans avoir aucune expérience concrète dans ces domaines, Elon Musk montre à quel point il n’a peur de rien, et que, pour lui, tout est possible.

Parfois qualifié de mégalomane ou de despotique, Elon Musk dessine les contours du XXIe siècle.  Ses réussites entrepreneuriales sont en train de disrupter les plus grands modèles industriels et changent les règles du monde économique et entrepreneurial.

Parfois comparé à Steve Jobs, Elon Musk apparaît aujourd’hui comme “l’industriel du moment” et l’entrepreneur le plus innovant de l’Amérique, capable d’engranger des résultats à des niveaux rarement atteints.

Comme le dit Justine, son ex-femme, à son propos :

Il réalise ce qu’il veut et il est intransigeant là-dessus. Ce monde est celui d’Elon, et nous n’en sommes que les habitants.

Points forts :

  • L’histoire inspirante d’un homme visionnaire au parcours et à la personnalité fascinante ;
  • Le contenu montre l’envers du décor, le parcours entrepreneurial, de manière impartiale, sans idolâtrie ou  excès de voyeurisme ;
  • Même avec les données scientifiques et technologiques, le livre se lit très facilement. On comprend les enjeux de l’humanité mais c’est avant tout le destin d’un homme qui est raconté.

Point faible :

  • Malgré l’édition enrichie, il serait intéressant de développer davantage le parcours réalisé par Elon Musk depuis la rédaction du livre en 2015.

Ma note :

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