L’art de la victoire

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Phrase-résumée de “L’art de la victoire : Dans cette autobiographie, Phil Knight, raconte l’histoire incroyable de Nike, l’entreprise qu’il a fondée et dirigée de 1964 à 2004 : l’entrepreneur nous fait vivre son parcours inspirant, depuis les premiers 50 dollars prêtés par son père et les quelques chaussures de sport stockées dans son coffre de voiture jusqu’à la fortune et la renommée mondiale de sa marque.

Par Phil Knight, 2018, 550 pages

Chronique et résumé de “L’art de la victoire” de Phil Knight

L’aube

1962 : Phil Knight revient chez ses parents dans l’Oregon, sa région natale, après 7 ans d’exil. Il vient de passer un an dans l’armée et a obtenu, après plusieurs années d’études, un MBA de l’excellente business school de Stanford.

À vingt-quatre ans, le jeune homme s’interroge. En effet, comme tous ses amis, il veut réussir, mais pas forcément avec les mêmes objectifs d’argent, de maison, de mariage et d’enfants…

C’était les objectifs qu’on m’avait appris qu’il fallait atteindre, et une partie de moi y aspirait, instinctivement. Mais au fond de moi, je cherchais quelque chose d’autre, quelque chose de plus. J’avais la sensation aiguë que la vie était courte, et je voulais que la mienne ait un sens. Qu’elle soit passionnée, créative et importante. Et par-dessus tout… différente.

Passionné de sport, et plus particulièrement de course à pied, Phil Knight rêve de devenir un grand athlète. Or, le destin a voulu qu’il soit “un bon sportif, pas un grand sportif”. Il abandonne alors l’idée d’une carrière d’athlète et se tourne vers l’entrepreneuriat pour s’épanouir.

Je voulais laisser une trace dans ce monde. Je voulais gagner. Enfin, je voulais surtout ne pas perdre.

Chapitre 1 – 1962

1.1 – L’Idée Folle 

Ce que Phil Knight appelle son “Idée Folle” lui apparaît, pour la première fois, lors de ses études, en réalisant un devoir de recherche sur les chaussures et en participant à un séminaire sur l’entrepreneuriat. Cette “Idée Folle” tourne vite à l’obsession. Le jeune homme se met alors à étudier tout ce qui pourrait l’aider dans son projet.

Puis, à son retour dans l’Oregon, Phil Knight raconte avoir, lors d’un footing, une sorte de vision. Cette vision, puissante, se mute en une certitude : il doit absolument tenter de réaliser son projet d’”Idée Folle” !

L’ “Idée Folle” de Phil Knight est, en fait, de monter une entreprise pour vendre, aux États-Unis, des chaussures de sport de bonne qualité importées, à bas prix, du Japon.

Pour réaliser cette “Idée Folle”, Phil Knight sait qu’il doit partir au Japon. Là-bas, il lui faudra ensuite convaincre une entreprise de lui expédier des chaussures chez lui, dans l’Oregon.

C’est ainsi que le jeune homme qui rêve, par ailleurs, d’explorer les plus beaux endroits de la planète pour “mieux comprendre l’humanité”, envisage d’entreprendre un long voyage à travers le monde en sac à dos, avec une étape pour son “Idée Folle” au Japon.

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1.2 – Voyage autour du monde

Après avoir obtenu la validation et l’aide financière de son père, Phil Knight s’envole, à 24 ans, pour Hawaï, accompagné d’un ami de l’université.

Pour les deux compères, Honolulu est un endroit paradisiaque ; à tel point qu’ils décident de rester. Ils louent un meublé, surfent, font la fête. Phil trouve un job dans la vente d’encyclopédies, puis est embauché comme vendeur de produits financiers. Il gagne suffisamment d’argent et savoure sa vie de bohème. Toutefois, l’envie de repartir voyager le démange.

Dès lors, Phil démissionne et achète un billet d’avion “ouvert”, valable un an avec n’importe quelle compagnie et pour n’importe quelle destination. Son compagnon de voyage, lui, préfère rester avec une jeune Hawaïenne rencontrée sur l’île.

Et c’est ainsi que Phil Knight embarque seul pour le Japon.

1.3 – Tokyo et la visite chez Onitsuka

Lorsqu’il atterrit à Tokyo, plusieurs jours d’adaptation sont nécessaires au jeune voyageur. D’abord, parce que la guerre du Japon avec les États-Unis n’a rien épargné : le pays n’est encore que désolation. Ensuite, il lui faut s’imprégner des lieux et de la culture nippone qui le passionne.

Deux anciens GI américains, installés au Japon, et ayant créé un magazine sur l’importation, briefent le jeune Phil sur la façon dont les Japonais font des affaires. Puis, Phil se rend à Kobe pour rencontrer les dirigeants d’une entreprise de fabrication de chaussures du nom d’Onitsuka.

Après avoir visité l’usine, Phil Knight est reçu par un groupe de dirigeants. Il récite alors la scène répétée de nombreuses fois dans sa tête. Grâce aux recherches réalisées pendant ses études sur le sujet, il crée une illusion d’éloquence qui impressionne les dirigeants d’Onitsuka. Ces derniers l’assaillent de questions, lui montrent différents modèles de chaussures. Lorsqu’ils l’interrogent sur le nom de son entreprise, Phil Knight est décontenancé :

J’ai senti une décharge d’adrénaline dans mon sang, qui a déclenché chez moi une réaction de fuite. J’ai eu envie de courir et d’aller me cacher dans ce qui était pour moi l’endroit le plus sûr du monde : la maison de mes parents.

Et alors qu’il visualise, dans cette maison, sa chambre pleine de choses sacrées, lui vient une idée soudaine :

J’avais également couvert un mur de rubans bleus, remportés à la course à pied, la seule chose de ma vie dont j’étais profondément fier. Et j’ai lâché “Blue Ribbon. Messieurs, je représente Blue Ribbon Sports de Portland, Oregon.”

L’équipe d’Onitsuka finit par accepter le “deal”. Phil Knight passe une première commande de 50$ mais, sans un sou, se retrouve finalement à demander à son père d’effectuer un virement de ce montant à Onitsuka.

1.4 – La Grèce : l’apogée du voyage

Le jeune Phil poursuit son voyage à Hong Kong, aux Philippines, à Bangkok, au Vietnam, à Calcutta, à Katmandou, à Bombay, au Kenya, au Caire, à Jérusalem, Istanbul, Rome, Florence, Milan, Venise, Paris, Munich, Vienne, Londres.

Mais, pour Phil Knight, l’apogée du voyage est, incontestablement, la Grèce. Avec celle de présenter son “Idée Folle” aux Japonais, la perspective de voir l’Acropole était, avant de partir, ce qui l’excitait le plus. En montant les escaliers du monument, il a le sentiment, dit-il, que “c’est ici que tout commence” :

En voyant ces colonnes stupéfiantes, j’avais ressenti un choc vivifiant, le genre de choc que l’on ressent devant une grande beauté, mais j’ai également éprouvé un fort sentiment de… “déjà-vu” ? […] C’était comme si j’étais déjà venu à cet endroit.

Phil Knight mentionne ici trois points, comme pour souligner les coïncidences, quand on sait que son entreprise prendra, plus tard, le nom de Nike (et même d’Athéna à Taïwan) sans qu’il n’ait cherché un lien avec tout cela :

  • Ce sentiment de “déjà-vu” se produit à quelques mètres du temple d’Athéna Niké (la déesse Athéna est considérée comme apportant la victoire, la Niké en grec).
  • La façade de marbre du temple est décorée de plusieurs sculptures dont la plus célèbre représente la déesse en train d’ajuster la sangle de sa chaussure.
  • Dans la pièce d’Aristophane, intitulée “Knights” en anglais, tel le nom de l’entrepreneur, un guerrier offre un cadeau au roi dans le temple de Niké : il s’agit d’une paire de chaussures neuves.

Chapitre 2 – 1963

De son retour chez ses parents, Phil Knight passe près d’un an à espérer recevoir ses chaussures en provenance du Japon. Dans l’attente, il obtient un diplôme de comptabilité, le CPA, et travaille pour un cabinet d’expertise comptable. Avec l’argent qu’il gagne, il s’achète une voiture.

Chapitre 3 – 1964

3.1 – Phil Knight et Bill Bowerman : deux associés dans la vente des premières Tigers

Plus de dix mois s’écoulent avant que Phil Knight ne reçoive les chaussures du Japon. Certain que ces chaussures ont le potentiel et tout ce qu’il faut pour intéresser son ancien entraîneur de course à pied, Bill Bowerman, Phil Knight lui envoie deux des douze paires réceptionnées.

Bowerman est, à cette époque, le plus célèbre entraîneur de course à pied d’Amérique. Il est tout de suite séduit par ces chaussures appelées Tigers et par la proposition de Phil Knight.

C’est ainsi qu’en janvier 1964, les deux hommes s’associent dans ce projet. Phil Knight, heureux d’être associé au tout puissant Bowerman, commande 300 paires de chaussures supplémentaires. Il demande à Onitsuka de devenir le distributeur exclusif des chaussures Tigers dans l’Ouest des États-Unis. C’est son père, pourtant peu enthousiaste par l’idée, qui l’aidera à régler la facture de 1000 dollars de cette commande.

3.2 – Les débuts de Blue Ribbon

Phil Knight est heureux. Il parvient rapidement à écouler sa marchandise, grâce à la vente de ses chaussures de sport :

  • Aux entraîneurs, coureurs et spectateurs des nombreux meetings d’athlétisme de la région.
  • Réalisée par correspondance.

Quelques mois plus tard, il effectue une nouvelle commande, de 900 paires cette fois-ci, pour 3 000 dollars.

J’avais un véritable associé, une banque digne de ce nom et un produit qui se vendait comme des petits pains. J’étais sur un petit nuage.

3.3 – Premiers challenges entrepreneuriaux

Alors qu’il nage dans le bonheur, Phil Knight va connaître ses premiers challenges d’entrepreneur : un entraîneur de lutte (surnommé “Malboro Man” par Phil Knight pour avoir été l’égérie des publicités Malboro) prétend avoir rencontré Onitsuka. Ce dernier l’aurait désigné comme son distributeur exclusif de Tigers aux États-Unis. Dès lors, il considère que Blue Ribbon n’est pas dans son bon droit et lui ordonne d’arrêter de vendre ses chaussures.

Après une phase de profond découragement, Phil Knight décide de se battre. Il part au Japon afin de régler le problème en direct avec ses fournisseurs. Il en ressort victorieux puisque, au terme de ce voyage, il est convenu que Phil Knight continue de vendre des chaussures dans tout l’Ouest des États-Unis (13 états au total). Marlboro Man, lui, pourra vendre ses chaussures de lutte partout aux États-Unis mais pour les chaussures de running uniquement sur la partie Est.

Chapitre 4 – 1965

4.1 – Les premières tensions avec la banque : les capitaux propres

“Monsieur Knight, vous devez ralentir. Vous n’avez pas assez de capitaux propres pour ce genre de croissance.”

La stratégie de Phil Knight est la suivante : il remet dans l’entreprise chaque dollar ne servant pas à rembourser son prêt, et ce, sans tenir compte des avertissements de sa banque. Ce dernier ne trouve, en effet, aucun sens de ne pas utiliser l’argent gagné :

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Était-ce trop imprudent ? Ne pas utiliser les liquidités disponibles n’avait pour moi aucun sens. Cela aurait été sans doute une stratégie plus prudente et conservatrice mais trop d’entrepreneurs prudents et conservateurs avaient échoué. Je voulais garder le pied sur l’accélérateur. Mais je me taisais lors de mes entrevues avec mon banquier.

Toutefois, cette situation reste un vrai challenge au quotidien : les livraisons d’Onitsuka étant toujours en retard, le temps entre la vente des chaussures et le remboursement de ses prêts se trouve extrêmement réduit.

4.2 – Un poste de comptable parallèlement à son entreprise

Au moment où Phil Knight recrute son premier employé à temps plein, Jeff Johnson, lui, décide de trouver un emploi en parallèle à son activité de vente de chaussures dans l’hypothèse où son entreprise tournerait mal. Ainsi, Phil est embauché comme comptable chez Price Waterhouse. Cela lui permet alors :

  • D’investir une grande partie de son salaire sur le compte en banque de Blue Ribbon, étoffant ainsi les capitaux propres de l’entreprise.
  • De constater, en auditant le fonctionnement des différents clients de Price Waterhouse, ce qui fait réussir ou échouer les entreprises.

Par ailleurs, Phil Knight continue à servir dans l’Armée de réserve des États-Unis (un engagement de sept ans) en soirée pendant la semaine, de 19 à 22 heures.

Chapitre 5 – 1966

5.1 – Premières questions managériales et premier point de vente

À l’époque, je lisais tout ce que je pouvais trouver sur les généraux, les samouraïs et les shoguns, en plus des biographies de mes trois principaux héros : Churchill, Kennedy et Tolstoï. Je n’avais aucune admiration pour la violence, mais j’étais fasciné par le leadership dans les conditions les plus extrêmes. La guerre est par définition la situation la plus extrême, mais il existe un parallèle avec le milieu des affaires. Un jour, quelqu’un a dit quelque part que les affaires étaient une guerre sans balles. J’avais tendance à être d’accord.

Phil Knight raconte ici les premiers challenges managériaux auxquels il doit faire face avec son employé Johnson qui le sollicite sans arrêt. À l’inverse des demandes de Johnson, le jeune entrepreneur adopte un style managérial distant et “froid”, sans ne jamais répondre à aucune de ses sollicitations.

Pourtant, malgré cela, Johnson continue de faire preuve d’une créativité et d’une énergie sans bornes. Il travaille sept jours sur sept à réaliser des ventes extraordinaires et à faire la promotion de Blue Ribbon. Impressionné, Phil Knight autorise finalement Johnson à tenir la boutique de chaussures de sport qu’il rêve d’ouvrir depuis plusieurs semaines. Ce tout premier point de vente se situe à Santa Monica :

Il n’y avait jamais eu de tel sanctuaire des coureurs dans le monde auparavant. Ce n’était pas seulement un endroit où l’on vendait des chaussures, c’était un endroit où l’on célébrait les coureurs.

5.2 – Droits de distribution exclusifs aux États-Unis

Une nouvelle fois, Phil Knight doit faire face à un problème de droits de distribution avec le fameux surnommé “Marlboro Man”.

Pour régler définitivement le problème et devenir le distributeur de chaussures de course à pied exclusif aux États-Unis, Phil Knight part une nouvelle fois au Japon. Pour obtenir gain de cause, le jeune chef d’entreprise doit s’engager à gérer la distribution à l’échelle nationale, c’est-à-dire que Blue Ribbon doit avoir des bureaux sur la côte Ouest, mais s’établir aussi sur la côte Est et le Midwest.

Onitsuka et Blue Ribbon signent alors un contrat de partenariat commercial pour trois ans.

Chapitre 6 – 1967

S’ensuivent plusieurs recrutements : en plus de Johnson qui tient désormais le magasin sur la côte Est, l’entreprise recrute Bork (pour gérer le magasin de Santa Monica), Geoff Hollister (un ancien coureur de Bowerman) et Bob Woodell (une star de la course à pied connue dans tout l’Oregon, mais à présent en fauteuil roulant suite à un accident).

Fin 1967, Bowerman sort son livre “Jogging”. C’est un “prêche pour l’exercice physique à l’attention d’une nation qui n’avait que rarement entendu tel sermon auparavant”. Le livre fait un tabac. Un million d’exemplaires est vendu.

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Le chiffre d’affaires de Blue Ribbon, quant à lui, continue de croître à grande vitesse. Phil Knight décide de déménager les bureaux de son entreprise de son appartement pour s’installer à Wellesley, près de Boston.

Chapitre 7 – 1968

7.1 – Comment consacrer plus de temps à Blue Ribbon ?

Phil Knight souhaite désormais se focaliser à temps plein sur la seule chose qui compte vraiment pour lui : Blue Ribbon. Toutefois, même si l’entreprise est bien partie pour doubler son chiffre d’affaires pour la cinquième année consécutive, celle-ci n’a pas encore les moyens de lui verser un salaire.

Il décide alors de changer de travail et devient professeur assistant de comptabilité à l’Université de Portland. Cet emploi lui permet de payer ses factures tout en lui laissant davantage de temps pour sa passion.

7.2 – Un heureux mariage

C’est ici, à l’université, que le professeur tombe amoureux de l’étudiante la plus brillante de son cours : Penelope Parks.

Très vite, Penelope est embauchée chez Blue Ribbon pour la comptabilité. En plus d’être appréciée par les autres employés, celle-ci s’implique plus que de raison dans l’entreprise et fournit un travail de très grande qualité. Au fil du temps, Phil et Penelope développent une forte complicité. Au moment de partir pour le Japon, le jeune homme confie :

Elle était plus qu’une fiancée, une amoureuse ou une amie. Elle était mon associée. Je n’avais jamais dit au revoir à quelqu’un qui comptait vraiment pour moi auparavant et cela me faisait vraiment quelque chose. Je me suis dit que dire au revoir était le moyen le plus simple de savoir ce que l’on ressent pour quelqu’un.

Leur relation est officialisée par leur mariage le 13 septembre 1968 à Portland !

Chapitre 8 – 1969

En très peu de temps, Blue Ribbon prend de l’ampleur :

  • L’entreprise tourne désormais suffisamment bien pour justifier le versement d’un salaire à temps plein à son fondateur (18 000 dollars par an).
  • Suite aux Jeux Olympiques de Mexico, Bowerman, entraîneur assistant de l’équipe des États-Unis ayant joué un rôle décisif dans le record du nombre de médailles d’or, devient plus qu’une célébrité : c’est une légende.
  • Blue Ribbon recrute un espion : il s’agit de Fujimoto, un employé du service exportations d’Onitsuka, avec qui Phil Knight a tissé des liens particuliers lors de ses séjours à Kobe. L’auteur précise que le système d’espionnage est alors enraciné et complètement accepté dans tous les réseaux d’affaires japonais.
  • Blue Ribbon emménage à Tigard dans le sud de Portland dans des locaux propres, presque luxueux.

Il n’y a pas que l’entreprise de Phil Knight qui s’agrandit, sa famille également : Penelope donne naissance à Matthew, le premier fils du couple. Et comme l’appartement est bien trop petit pour accueillir un enfant, Phil et Penny achètent une maison à Beaverton.

Cette période est également marquée par le début d’une belle amitié entre Woodell et Phil :

Je peine à m’en rappeler. Je ferme les yeux et j’essaie d’y repenser mais tous ces moments précieux – d’innombrables conversations, des éclats de rire sans fin, des révélations, des confidences – ont quitté ma mémoire pour toujours. Je me rappelle seulement que nous restions assis la moitié de la nuit, à parler du passé et à faire des plans pour l’avenir. Je me souviens que nous évoquions à tour de rôle ce qu’était notre entreprise, ce qu’elle pourrait devenir et les écueils à éviter. Comme j’aurais aimé avoir utilisé un magnétophone lors de ces soirées. Ou tenu un journal, comme lors de mon tour du monde.

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Chapitre 9 – 1970

En cette année 1970, de nombreux problèmes de livraison s’accumulent : nombre inexact de chaussures, mauvaises tailles et modèles. Il s’avère, en fait, qu’Onitsuka priorise les commandes de ses distributeurs locaux et passent les livraisons vers l’étranger au second plan. Ces erreurs finissent par obstruer l’entrepôt et agacent les commerciaux de Blue Ribbon.

De plus, Phil Knight doit se débattre avec les banques qui lui mettent de plus en plus de pression. Son entreprise est dynamique (son chiffre d’affaires double chaque année et de façon très régulière), mais les retards de livraison entraînent des délais de plus en plus courts pour rembourser ses prêts.

Grâce aux prêts de ses amis et de sa famille notamment, le chef d’entreprise réussit péniblement à rassembler 20 000 dollars pour faire face à ses commandes de plus en plus grosses. Cependant, ses relations avec la banque se détériorent et les tensions s’accentuent.

Enfin, alors qu’il vient juste de signer un contrat de trois ans avec son fournisseur japonais, Phil Knight apprend secrètement qu’Onitsuka cherche à rompre son engagement. Onitsuka serait même, en fait, déjà en contact avec plusieurs autres distributeurs aux États-Unis pour remplacer Blue Ribbon…

Chapitre 10 – 1971

10.1 – La proposition d’Onitsuka de racheter Blue Ribbon

Phil Knight invite alors Onitsuka aux États-Unis pour une visite “amicale”. Cette visite doit être, pour Kitami, l’homme d’Onitsuka en charge de la collaboration avec Blue Ribbon, “l’un des meilleurs moments de sa vie”. Le but est, en effet, qu’il n’ait plus aucune envie de faire des affaires avec d’autres que Blue Ribbon après son passage.

Mais le séjour se passe mal. En effet, Kitami :

  • Multiplie les erreurs à la banque ;
  • Se dit insatisfait des chiffres de Blue Ribbon et accusent les employés de ne pas en faire suffisamment ;
  • Refuse toutes les solutions financières proposées pour permettre de développer l’activité, notamment celle mentionnée dans un télégramme quelques mois plus tôt, de financer les commandes grâce à une maison de commerce japonaise telle que Nissho Iwai.

Pour finir, Kitami, avant de partir, propose de racheter l’entreprise, menaçant sinon, de travailler avec de meilleurs distributeurs.

Pour Phil Knight, même s’il est blessé et en colère, la meilleure stratégie à adopter est de garder de bonnes relations avec Onitsuka et de convaincre Kitami de ne pas les abandonner. En effet, sans solution alternative ni porte de sortie, Phil Knight a besoin de temps. Il faut donc qu’Onitsuka continue de lui envoyer des chaussures le plus longtemps possible.

10.2 – La banque met un terme à la collaboration avec Blue Ribbon

À cette même période, la First National Bank, la banque de Blue Ribbon, annonce qu’elle ne souhaite plus de l’entreprise. Sans banque durant trois semaines, Blue Ribbon trouve finalement une solution temporaire auprès de la Bank of California :

Ce n’était qu’une solution de court terme. Indépendamment de notre chiffre d’affaires, Bank of California s’alarmerait prochainement de notre trésorerie proche de zéro. […] Il fallait que je me prépare tout de suite pour ce jour fatidique.

10.3 – Nissho et contre-attaque

Pour apaiser ses banquiers, Phil Knight se tourne vers la maison de commerce japonaise Nissho Iwai. Celle-ci accepte de prêter à Blue Ribbon des fonds en complément de ses emprunts bancaires. Elle propose également de le présenter à de nombreux producteurs de chaussures de qualité au Japon.

Phil Knight sait désormais que, quoiqu’il arrive, les chemins de Blue Ribbon et Onitsuka vont se séparer. Il élabore un plan :

  • Étape n°1 : Faire peur à tous les distributeurs qu’Onitsuka a ciblés pour le remplacer en les menaçant de les poursuivre s’ils ne respectent pas le contrat signé avec Onitsuka.
  • Étape n°2 : Trouver un remplaçant à Onitsuka.

Ainsi, en maintenant sa collaboration avec Onitsuka le temps de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement, il devrait mieux gérer la rupture.

Tout va ensuite aller relativement vite : Phil Knight visite une usine de Guadalajara dont il a entendu parler. Certes, l’accord avec Onitsuka stipule que Blue Ribbon ne peut pas importer de chaussures de course, mais il ne dit pas que l’entreprise n’a pas le droit d’importer des chaussures de football. Par conséquent, Blue Ribbon passe commande pour 3 000 paires de chaussures de football en cuir auprès de cette usine.

10.4 – La création du “swoosh”, le logo

Les chaussures de football doivent se différencier des chaussures d’Onitsuka et des bandes d’Adidas. Il faut donc leur trouver un logo propre.

Pour cela, Phil Knight contacte Carolyn Davidson, une jeune artiste désespérée, sans le sou, rencontrée lorsqu’il était professeur à l’université, à qui il avait proposé de travailler pour Blue Ribbon à 2$ de l’heure. Il lui demande d’élaborer un logo qui évoque le mouvement. Parmi les différentes créations qu’elle leur propose, un dessin sort du lot :

Il ressemblait à une aile, pour l’un d’entre nous. Il ressemblait à un souffle d’air, pour un autre. Il ressemblait aussi à ce qu’un coureur pourrait laisser dans son sillage. Nous étions tous d’accord pour dire qu’il faisait intemporel.

Blue Ribbon lui fait un chèque de trente-cinq dollars pour le travail réalisé. Celle-ci rentre chez elle. Phil Knight confie :

J’ai soupiré : “Je ne le trouve pas exceptionnel. Mais peut-être que ça viendra avec le temps.”

10.5 – Comment le nom de NIKE est né ?

Il faut également trouver un nom pour aller avec le logo. Les membres de Blue Ribbon passent des heures à débattre et peser le pour et le contre de chaque nom – Falcon, Dimension Six, Bengal, Condor – pour conclure, finalement, que tous ces noms sont nuls.

Finalement, lorsque le jour de la décision arrive, l’équipe de Blue Ribbon reçoit un appel de Jeff Johnson qui gère désormais les bureaux de l’entreprise sur la côte Est. Phil Knight raconte le moment où son équipe l’informe du contenu de l’appel :

– “Johnson a appelé à la première heure ce matin. Apparemment, un nouveau nom lui serait venu dans un rêve la nuit dernière.

– Un rêve ? ai-je lâché, incrédule.

– Il est sérieux.

– Il est toujours sérieux.

– Il dit qu’il a sursauté dans son lit au milieu de la nuit et qu’il avait le nom devant les yeux.

– Et quel est ce nom ? ai-je interrogé en me redressant sur ma chaise.

– Nike.

– Pardon ?

– Nike.

– Épelle-moi ça.

– N-I-K-E.”

J’ai écrit le nom sur mon carnet de notes. La déesse grecque de la victoire. L’Acropole. Le Parthénon. Le temple. J’ai repensé furtivement à tout cela.

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Phil Knight réfléchit à la vision de Johnson toute la journée :

Johnson m’avait fait remarquer que toutes les marques apparemment emblématiques avaient des noms courts. Deux syllabes ou moins. Par ailleurs, ces noms avaient toujours une sonorité forte, une lettre comme “K” ou “X”, qui restait en tête. Nike correspondait à cette description. J’aimais aussi le fait que Niké soit la déesse de la victoire.

C’est ainsi que ce soir-là, Phil Knight prend la décision d’appeler la marque de ses chaussures NIKE.

10.6 – La production des premières chaussures NIKE

Les premières chaussures de football sorties de l’usine mexicaine, appelées Canada, sont décevantes. La qualité est mauvaise. Blue Ribbon doit trouver une usine capable de produire des chaussures plus solides et plus résistantes à la météo défavorable.

Grâce à l’aide et par l’intermédiaire de Nissho, Blue Ribbon choisit de confier sa production à une immense usine située dans les îles du sud du Japon, appelée Nippon Rubber. Les chaussures deviennent alors de bien meilleure qualité.

10.7 – Les chaussures aux semelles gaufrées

Assis à table avec sa femme pour le petit-déjeuner, Bowerman s’est mis à regarder fixement leur gaufrier, en particulier sa structure quadrillée. C’était le motif à la recherche duquel il était depuis des mois, voire des années.

Ce motif est, en réalité, un déclic : le design de semelles si propre à Nike était né ! Après avoir créé un échantillon de chaussures aux semelles gaufrées, Bowerman le présente à Phil Knight qui l’envoie aussitôt à la nouvelle usine Nippon Rubber.

L’année suivante, lorsque Phil Knight dépose une demande de brevet sur la chaussure “gaufrée” de Bowerman, c’est un moment de fierté pour les deux associés.

En parlant de Bowerman, l’auteur s’interroge :

Je me demande s’il avait conscience du fait qu’il écrivait l’histoire en révolutionnant une industrie et en transformant pour plusieurs générations la façon dont les athlètes allaient courir et sauter.

Chapitre 11 – 1972

11.1 – Les premières ventes de “Nike”

C’est au Salon des articles de sport de Chicago que Blue Ribbon décide de présenter Nike au reste du monde pour la première fois. Malgré une première série de chaussures de mauvaise qualité, de nombreuses commandes sont passées. Les nouvelles Nike deviennent l’attraction du salon !

11.2 – Blue Ribbon perd Onitsuka, son premier fournisseur

Mais les nouvelles vont vite… Blue Ribbon tente de “cacher” la vente des chaussures Nike à Onitsuka, mais ce dernier finit par découvrir le pot aux roses !

L’entreprise japonaise informe Phil Knight de la rupture de son contrat avec Blue Ribbon et lui réclame 17 000 dollars. Onitsuka refusant toute solution à l’amiable, l’affaire part en procédure judiciaire.

11.3 – Fin de carrière pour Bowerman

En cet été 1972, Bowerman est heureux de diriger la sélection américaine d’athlétisme aux Jeux Olympiques d’Allemagne. Or, ces Jeux Olympiques tournent au drame : lors de la deuxième semaine de compétitions, huit hommes armés kidnappent onze athlètes israéliens. Bowerman revient profondément choqué et abattu. Il met un terme à sa carrière d’entraîneur.

Chapitre 12 – 1973

12.1 – Deux célébrités sportives portent des Nike

  • Le champion de tennis roumain Ilie Nastase, alias “Nasty” signe un contrat avec Nike

Blue Ribbon signe un contrat en bonne et due forme avec Nastase pour un montant de 10 000 dollars. C’est une fortune pour l’entreprise, mais Nike a désormais un champion célèbre à ses côtés.

  • Prefontaine devient partenaire officiel de Nike

À cette époque, Prefontaine est bien plus qu’un simple sportif : tout le monde l’appelle Pre. Il est une véritable rockstar. Les journalistes le comparent régulièrement à James Dean, Mick Jagger ou encore Mohamed Ali.

Or, lorsque Prefontaine fait tomber le record des États-Unis sur le 5 000 mètres, il porte des Nike aux pieds !

Blue Ribbon décide alors d’engager l’athlète. L’accord entre l’entreprise de chaussures et Pre est gagnant-gagnant : il génère des milliers de dollars de publicité et fait de la marque Nike un symbole de rébellion et de refus des traditions. En contrepartie, Blue Ribbon l’aide à retrouver son meilleur niveau. Pre bénéficie d’un salaire de 5 000 dollars par an et d’un appartement, et n’a ainsi plus à “s’abîmer” au travail. L’idée est de lui faire rencontrer les fans en arborant, partout, des T-shirts Nike. Il est aussi convenu que son pied serve de modèle à toutes les expérimentations de chaussures de Bowerman.

Pre prêchait Nike comme d’autres prêchent l’Évangile, ce qui attirait des milliers de nouveaux pèlerins dans notre église.

12.2 – Entre ennuis juridiques et problèmes d’approvisionnement, le risque de tout perdre

Fin 1973, le chiffre d’affaires de Blue Ribbon a augmenté de 50 %, pour passer à 4,8 millions. Pourtant, entre les ennuis juridiques et ses soucis d’approvisionnement, Phil Knight a bien peur de tout perdre.

  • L’affaire judiciaire avec Onitsuka
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Onitsuka ayant engagé des poursuites au Japon, Blue Ribbon intente, à son tour, un procès contre eux aux États-Unis, pour rupture de contrat et contrefaçon de marque. Phil Knight n’a alors pas les moyens financiers de se payer un avocat. C’est son cousin Houser (qui a accepté d’être payé aux résultats) et son collaborateur Strasser qui assurent la défense de Blue Ribbon.

Cette affaire judiciaire va beaucoup rapprocher Phil de son père :

La dernière chose que je faisais chaque soir était d’appeler mon père. […] “On va gagner, Buck.” Ce pronom magique “nous”, qu’il utilisait toujours, me faisait un bien fou. Il est possible que nous n’ayons jamais été aussi proches qu’à cette période, peut-être parce que notre relation se concentrait sur ce qu’il y avait de plus fondamental : le père voulait protéger son fils, qui menait le combat de sa vie.

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  • Les soucis d’approvisionnement

En 1973, les problèmes d’offre et de demande auxquels était confronté l’industrie de la chaussure de sport sont particulièrement épineux, voire insolubles. Le monde entier s’est subitement mis à vouloir des chaussures de running, et l’offre n’arrive tout simplement pas à suivre. Il n’y a jamais assez de chaussures en fabrication.

Chapitre 13 – 1974

13.1 – Le procès avec Onitsuka

Dans cette partie, Phil Knight explique tout le déroulement du procès entre Blue Ribbon et Onitsuka. Il raconte comment, en ce 14 avril 1974, sa déclaration est éprouvante, tandis que celles des autres protagonistes sont tantôt brillantes, ratées ou mal préparées.

Au terme du procès, la cour se dit davantage convaincue par la version de Blue Ribbon et annonce le verdict : Blue Ribbon a gagné le procès !

Ainsi, l’entreprise de Phil Knight :

  • Conserve tous les droits sur les chaussures Boston et Cortez,
  • Percevra des dommages et intérêts car l’entreprise a subi une perte de chiffre d’affaires et qu’il y a eu une appropriation illicite de la marque.

13.2 – Délocalisation de la production et achat d’une usine en Nouvelle-Angleterre

Nous essayions de bâtir une marque mais aussi une culture, nous combattions contre le conformisme et l’ennui. Plus qu’un produit, nous voulions vendre une idée, voire un état d’esprit.

Avec la fluctuation du yen et le coût du travail en hausse au Japon, il devient très compliqué, pour Blue Ribbon, de continuer à produire quasiment toutes ses chaussures au Japon : l’entreprise doit trouver d’autres usines, dans d’autres pays.

Blue Ribbon envisage Taïwan. Mais le pays n’est pas prêt. Dans l’attente, Phil Knight décide alors de prendre des produits semi-finis de Porto Rico et de les envoyer en Nouvelle-Angleterre pour l’assemblage final dans une usine achetée dans cet objectif.

Chapitre 14 – 1975

14.1 – Problèmes bancaires et lourdes conséquences

En 1975, la taille des actifs et stocks explose, mettant une nouvelle fois la trésorerie de Blue Ribbon sous pression. En réalité, ce problème est typique des entreprises à forte croissance. Mais Phil Knight refuse de passer des commandes plus petites. Pour lui :

Ne pas grandir, c’était mourir. […] Pour la plupart des observateurs, cela devait paraître une façon extrêmement imprudente et dangereuse de gérer une entreprise, mais j’étais persuadé que la demande pour nos chaussures dépassait encore largement nos ventes.

Cependant, les problèmes de trésorerie de Blue Ribbon deviennent vraiment problématiques pour la banque de l’entreprise. La Bank of California prend alors la décision de ne plus collaborer avec Blue Ribbon. Cette décision a d’énormes conséquences pour Phil Knight qui doit faire face au paiement des salaires, des créanciers et de Nissho. En outre, la banque menace de contacter le FBI, pensant que Blue Ribbon fraude.

C’est finalement grâce à l’intervention de Nissho que l’entreprise va se sortir d’affaire : la société japonaise prête à Blue Ribbon un million de dollars supplémentaire. Après que Nissho ait remboursé la totalité de la dette de Blue Ribbon à la Bank of California, l’entreprise trouve une nouvelle banque : la First State Bank of Oregon.

Ici, Phil Knight mentionne une phrase qu’il va répéter à plusieurs reprises :

On se souvient de vous pour les règles que vous avez enfreintes.

14.2 – La mort de Préfontaine

Un événement tragique arrive cette année-là : Prefontaine meurt à l’âge de 24 ans, d’un accident de la route.

Chapitre 15 – 1976

15.1 – Blue Ribbon devient Nike, Inc. et continue d’évoluer

histoire et débuts de nike l'art de la victoire

En cette année 1976, l’entreprise continue d’évoluer :

  • Blue Ribbon devient Nike, Inc.
  • Nissho prête plusieurs millions de dollars à Blue Ribbon. La relation entre les deux entreprises se renforce.
  • Blue Ribbon repart à la recherche de nouveaux moyens de financement. L’équipe réfléchit quelques temps à ouvrir le capital de l’entreprise – cela pouvant rapporter de grosses quantités d’argent très rapidement – mais s’y refuse finalement car Phil Knight ne veut ni perdre le contrôle de l’entreprise, ni rendre des comptes à des actionnaires ou sociétés d’investissement.
  • En 1976, en observant le succès du modèle de la chaussure Waffle, Phil Knight a l’idée de transformer ses chaussures de sport en vêtements de tous les jours.

Les détaillants et les commerciaux se mettaient à genoux, nous suppliant de leur fournir autant de Waffle que possible. Le décollage de nos chiffres de ventes était en train de transformer notre entreprise, voire notre industrie elle-même. Nos bons chiffres nous amenaient à reconsidérer nos objectifs de long terme, parce qu’ils nous offraient quelque chose dont nous avions toujours manqué : une identité.

  • Nike choisit alors d’installer de nouveaux lieux de production à Taïwan.

15.2 – Les séminaires Buttfaces

C’est à cette époque que Phil Knight commence à organiser des séminaires avec Woodell, Strasser, Haye et Johnson. Ces retraites sont appelées des buttfaces. Les problèmes traités lors de ces retraites sont stressants et multiples. En effet, l’entreprise n’a toujours pas de trésorerie bien que son chiffre d’affaires ait doublé. Il faut donc gérer les problèmes commerciaux, logistiques, marketing, etc. Pourtant :

Ces séminaires Buttfaces étaient un vrai bonheur. Sur toutes les heures passées à Sunriver, pas une seule minute n’a ressemblé à du travail. C’était nous contre le reste du monde et nous plaignions le reste du monde.

Ainsi, Phil Knight adore partager ces retraites (et ses soirées festives) avec son équipe, selon lui “formidable”, “pleines de frasques et d’excentricités”.

Chacun de nous avait été marqué par des échecs rencontrés très tôt dans notre existence. […] Je m’identifiais au perdant qui sommeillait dans chacun des Buttfaces, et vice-versa, et je savais qu’ensemble, nous deviendrions des gagnants.

L’auteur se remémore ici avec humour, émotions et nostalgie le sentiment de fierté et d’amitié qui le liait à ses collaborateurs :

Parfois, après des éclats de rire réellement cathartiques, je regardais tout autour de la table et j’étais submergé par l’émotion. J’étais ému par toute cette camaraderie, cette loyauté et toute cette reconnaissance. On pouvait même ressentir une certaine forme d’amour. J’étais bouleversé en réalisant que c’était moi qui avais réuni ces personnes autour de mon projet et qu’elles faisaient partie des fondateurs d’une entreprise de plusieurs millions de chiffre d’affaires… spécialisée dans les chaussures de sport. Cette équipe était improbable : un paraplégique, deux obèses, un type qui fumait comme un pompier…

15.3 – Père et manager

À cette période, Phil Knight ne cesse de s’interroger sur :

  • Son style de management

L’entrepreneur confie :

J’avais totalement confiance en eux [ses collaborateurs] et ne les fliquais pas : cela engendrait une loyauté solide qui allait dans les deux sens. Mon style de management n’aurait pas fonctionné avec des gens ayant besoin d’être guidés à chaque étape mais le groupe que j’avais avec moi le trouvait libérateur et responsabilisant. Je les laissais être comme ils étaient, je les laissais faire les choses comme ils l’entendaient, je les laissais faire leurs propres erreurs parce que c’était comme cela que j’avais toujours aimé que les gens me traitent.

D’ailleurs, plusieurs fois, dans son récit, l’entrepreneur répète la phrase suivante :

Ne dites jamais aux gens comment faire les choses. Dites-leur ce qu’il faut faire et ils vous surprendront par leur ingéniosité.

  • Son rôle de père

Phil Knight a eu un deuxième enfant en 1973, Travis. Le père de famille culpabilise alors du temps qu’il ne passe pas avec ses deux fils :

Matthew ne me comprenait jamais et Travis me comprenait toujours. […] Matthew semblait nourrir un ressentiment inné contre moi alors que Travis semblait m’être dévoué de naissance. […] Faire en sorte que les garçons A et B soient heureux tout en maintenant à flot le fils C – Nike – était un challenge largement plus complexe que de faire parvenir des semelles intercalaires d’un point A à un point B.

Chapitre 16 – 1977

16.1 – Innovations et construction d’une identité

Nous étions plus qu’une simple marque, nous étions un moyen d’expression.

En effet, chez Nike, la publicité ne se focalise pas sur le produit mais sur l’esprit du produit. Ceci est nouveau dans les années 1970. Par ailleurs, Nike présentent des innovations, et celles-ci sont généralement reconnues comme modernes et visionnaires.

Phil Knight relate ici la naissance d’une de ces innovations. En 1977, le chef d’entreprise reçoit la visite de Frank Rudy et Bob Bogert, qui lui présente une paire de semelle contenant des bulles d’air injectées. Alors que Knight croit d’abord à une blague, il finit par être convaincu du potentiel de la chaussure et se lance dans ce projet.

Par ailleurs, cette année-là, Nike :

  • Signe plusieurs nouveaux contrats de collaborations avec des athlètes, entraîneurs et professeurs ;
  • Élargit sa base de fabrication pour faire face aux demandes toujours plus importantes (Japon, Taïwan, Corée, Porto Rico, Exeter) ;
  • Doit gérer des problèmes de contrefaçon.

16.2 – Une facture à 25 millions de dollars !

Fin 1977, Phil Knight reçoit une facture du service des Douanes des États-Unis qui lui réclame 25 millions de dollars !

Il s’agit, en fait, de taxes impayées depuis trois ans. À l’origine de l’affaire : les concurrents américains de Nike ont convaincu les autorités douanières de venir mettre des bâtons dans les roues à la marque en mettant en application une loi archaïque appelée American Selling Price.

Phil Knight demande à Richard Werschkul de prendre en charge le dossier de Nike contre les douanes américaines.

16.3 – Réajustements de mode de vie

Ce nouvel événement touche beaucoup Phil Knight qui se sent de plus en plus coupable de ne pas passer plus de temps avec ses enfants. Pour ne pas sombrer, il se fait la promesse de changer, de faire de la méditation et de courir vingt kilomètres par soir. Le couple achète aussi une plus grande maison.

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Il était étrange de faire cela en plein milieu d’une bataille apocalyptique avec le gouvernement. Mais j’aimais l’idée que nous menions notre vie comme si les choses allaient s’arranger.

Phil Knight adopte un nouvel emploi du temps dans lequel il priorise le sport, et notamment l’apprentissage du sport à ses enfants. Cependant, ces derniers sont peu réceptifs :

Lors du réveillon 1977, j’ai senti comme une fissure profonde dans le socle de mon existence. Ma vie était centrée sur le sport, mon entreprise était centrée sur le sport, le lien que j’avais avec mon père était centré sur le sport mais mes deux fils ne voulaient rien avoir à faire avec le sport. […] J’ai trouvé cela injuste.

Chapitre 17 – 1978

17.1 – Une ligne de vêtement Nike

En cette année de 1978, le chiffre d’affaires de Nike continue de monter en flèche. La qualité des produits s’est considérablement améliorée. L’entreprise est à la pointe de l’innovation :

En résumé, notre guerre contre le gouvernement mise à part, nous étions en excellente forme. Si l’on oubliait que nous étions dans le couloir de la mort, notre vie était magnifique.

L’entreprise déménage dans un immeuble de 3 700 mètres carrés à Beaverton.

Un nouveau projet voit le jour : Nike décide de développer une ligne de vêtements. Cela devra permettre :

  • D’approcher de meilleurs sportifs en proposant des contrats de plus grande ampleur, comme le fait Adidas.
  • De diversifier l’offre au cas où l’entreprise décide d’ouvrir son capital

Positionné sur le projet vestimentaire, Woodell met sur pied une ligne de vêtements qui conquit immédiatement l’attention et le respect dans le milieu.

17.2 – Le lancement de la Tailwind aux semelles à bulles d’air

Fin 1978, Nike sort la Tailwind :

Imposante, brillante, de couleur argentée, incorporant les fameuses semelles à bulles d’air de Rudy, la Tailwind comprend pas moins de douze innovations.

Elle est, pour Phil Knight, plus qu’une simple chaussure : c’est “une véritable œuvre d’art postmoderne”. Bien que finalement pleine de défauts, la Tailwind devient un succès commercial monstrueux.

Chapitre 18 – 1979

Werschkul ayant totalement dérapé sur l’affaire avec les douanes, Phil Knight n’a pas le choix que de mener ce combat lui-même.

Il multiplie alors les voyages à Washington pour rencontrer des politiciens, des lobbyistes, des consultants, des bureaucrates ou toute autre personne susceptible de l’aider. Pendant des mois, il s’immerge dans le milieu étrange des coulisses de la vie politique et lit tout ce qu’il peut trouver pour en comprendre les codes.

Parallèlement, Nike :

  • Ouvre une boutique de 325 mètres carrés dans le centre-ville de Portland, immédiatement prise d’assaut ;
  • Déménage une nouvelle fois dans un immeuble de près de 4 300 mètres carrés.

Chapitre 19 – 1980

19.1 – Ouverture de deux usines Nike en Chine

En 1980, Nike envisage d’ouvrir des usines en Chine. Toutefois, entrer en Chine est extrêmement difficile et la procédure s’avère laborieuse.

Finalement, Nike parviendra à signer des accords avec deux usines chinoises, devenant officiellement le premier fabricant de chaussures américain à être autorisé à faire du business en Chine.

19.2 – La fin de l’affaire avec les douanes et l’ouverture de capital

Finalement, les négociations menées par Phil Knight portent leurs fruits. Les avocats de Nike et les représentants du gouvernement tombent d’accord sur un montant pour clore le dossier : 9 millions de dollars.

Toutefois, cette affaire fait resurgir l’idée d’ouvrir le capital de l’entreprise. Or, cette fois, il semble qu’il y ait enfin la possibilité de le faire sans perdre le contrôle de l’entreprise. En effet, en émettant deux types d’actions (les actions de classe A et B), l’entreprise va pouvoir lever d’énormes sommes d’argent, accélérer fortement sa croissance, tout en assurant à Phil Knight d’en garder le contrôle.

Pour le fondateur de Nike, cette idée est une révélation ! Cela va enfin régler le problème de trésorerie de son entreprise une bonne fois pour toutes.

Voté à l’unanimité, le processus de l’ouverture de capital est lancé : Phil Knight possédera 46 % des actions de classe, de façon à ce que l’entreprise puisse être dirigée par une seule personne, et ainsi “parler d’une seule voix, ferme et assurée, contre vents et marées”. Pour trouver des investisseurs potentiels, l’équipe se lance dans ce que Wall Street appelle un “dog-and-pony show”. L’introduction en Bourse a lieu le 2 décembre 1980. Le patrimoine de l’entreprise vaut alors, à ce moment-là, 178 millions de dollars.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  A Sense of urgency - John P. Kotter

La nuit

Le récit de vie de l’entreprise de Phil Knight s’arrête là : en 1980.

Dans ce dernier chapitre, l’auteur fait un bond d’environ 40 années : nous nous retrouvons, en effet, la nuit où Phil Knight a décidé d’écrire son autobiographie. Il possède, à ce moment-là, un patrimoine de 10 milliards de dollars et côtoie les personnes les plus fortunées de la planète.

Phil Knight va alors se remémorer, tout au long de cette nuit, son enfance, son parcours, les événements marquants des quarante dernières années écoulées et les coïncidences qu’il a vécues…

  • Son enfance

Phil Knight se remémore, avec nostalgie, des épisodes précis de son enfance. Il évoque cette habitude que son grand-père avait de lui acheter des donuts :

Je me vois avec les pieds nus pendant de la plateforme de son pick-up, sentant le vent frais sur mon visage, en train de lécher le glaçage de donuts tout chauds. Est-ce que j’aurais pris autant de risques, est-ce que j’aurais autant osé, est-ce que j’aurais autant été sur le fil du rasoir, oscillant entre sécurité et catastrophe, sans ce sentiment fondateur, sans cette sensation de bonheur et de liberté ? Je ne crois pas.

  • L’évolution impressionnante de son entreprise

Phil Knight quitte son poste de P-DG de Nike après quarante ans dans l’entreprise, mais, en tant que président du conseil d’administration, il se rend à son bureau encore presque tous les jours :

  • Le chiffre d’affaires de Nike lors de sa dernière année de travail, en 2006, est de 16 milliards de dollars.
  • Les chaussures et vêtements de la marque sont disponibles dans 5 000 magasins à travers le monde. Au total, 10 000 employés travaillent pour Nike.
  • Les 5 000 employés du siège mondial de Beaverton sont logés sur un campus universitaire idyllique, de 80 hectares d’étendues boisées, de jardins japonais, parcourus par des ruisseaux et parsemés de terrains de sport.
  • Son tour du monde

Je pense souvent à ce voyage décisif que j’ai fait quand j’avais vingt-quatre ans. Je me revois sur les hauteurs d’Athènes, en train d’admirer le Parthénon, et je ressens toujours cette sensation du temps qui se replie sur lui-même.

Phil Knight évoque ici des coïncidences comme le numéro de téléphone de l’entreprise qui se termine par 6453, ce qui correspond aux touches du cadran téléphonique pour écrire Nike mais aussi au meilleur temps de Pre sur le mile…

  • Le décès de son fils Matthew

Phil Knight raconte ici, de manière très touchante, le décès de son fils aîné Matthew, dans un accident de plongée :

Je repense à sa longue et difficile quête de sens et d’identité. À sa quête d’un père absent. […] À quarante-cinq mètres de profondeur, mon fils a perdu connaissance. […] “J’ai reçu un coup de fil du Salvador…” Penny s’est écroulée. Travis l’a aidée à se relever. Il a serré sa mère contre lui et je me suis éloigné en titubant, en pleurant toutes les larmes de mon corps. Je me souviens de sept mots étranges qui me sont venus spontanément et que je me suis répété encore et encore dans ma tête, comme un fragment de poème : So this is the way it ends (“C’est donc comme ça que ça se termine”).

  • Son père

Tout au long de son récit, Phil Knight raconte la relation forte, déterminante et ambiguë qu’il entretient avec son père durant toutes ces années. Il aura fallu beaucoup de temps à ce dernier pour prendre au sérieux l’entreprise de son fils. Ce père est pourtant resté très présent dans la vie de Phil Knight et l’a soutenu quotidiennement dans ses challenges d’entrepreneur.

Aujourd’hui décédé (tout comme sa mère, 27 ans après lui), Phil Knight évoque ses derniers mois de vie :

Lors de ses six derniers mois, j’ai réussi à emmener mon père dans un long voyage, pour savoir une fois pour toutes s’il était fier de moi et pour lui montrer que j’étais fier de lui. Nous avons fait le tour du monde, nous avons vu des Nike dans tous les pays que nous avons visités et il y avait des étoiles dans ses yeux à la vue de chaque swoosh.

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Après avoir lu son récit, la phrase qu’il utilise ici prend tout son sens :

C’est toute l’histoire des pères et des fils depuis l’aube de l’humanité.

  • Ceux qui ont construit Nike et qui ne sont plus de ce monde

Phil Knight nous apprend ici que Bowerman s’est éteint lors du réveillon de Noël de 1999, et que Strasser est décédé d’une crise cardiaque, en 1993.

  • Les critiques des conditions de travail dans les usines et les améliorations réalisées

Phil Knight évoque ici ce qu’on a appelé la controverse des “sweatshops” (usines à sueur). Il s’agit des critiques dont Nike a fait l’objet concernant les conditions de travail dans ses usines à l’étranger.

Ayant vécu ces critiques comme une injustice, Phil Knight explique avoir décidé de rendre ses usines exemplaires. Il a ainsi procédé à de nombreuses améliorations et inventions pour éradiquer au maximum les agents cancérigènes de ses usines de production. Nike a également lancé un programme, le Girl Effect, en partenariat avec les Nations unies et autres acteurs privés et publics pour lutter contre la pauvreté dans les régions les plus défavorisées du monde.

  • Le commerce international et la guerre du Vietnam

Je repense constamment à la pauvreté que j’ai vue quand j’ai fait le tour du monde dans les années 1960. À l’époque, je savais que la seule réponse à un tel fléau était les emplois peu qualifiés. C’est nécessaire pour amorcer un changement. […] Le commerce international est toujours, vraiment toujours, bénéfique pour les deux nations qui échangent. […] Même si je suis connu pour avoir répété que le business était une guerre sans balles, c’est en réalité un merveilleux rempart contre la guerre. Le commerce constitue le chemin vers la coexistence et la coopération. La paix se nourrit de la prospérité.

En 1997, Nike possède quatre usines à Saïgon. Phil Knight apprend que Nike va être honoré et célébré par le gouvernement vietnamien comme étant l’un des cinq générateurs de devises les plus importants du pays. Le fondateur de Nike raconte alors sa rencontre insolite, lors de ce séjour au Vietnam, avec l’homme qui a vaincu les Japonais, les Français, les Américains et les Chinois : le Général V. Nguyên Giáp, âgé alors de 86 ans.

  • Nissho

Phil Knight décrit l’ancien P-DG de Nissho, Masuro Hayami, comme étant sans doute l’homme le plus sage qu’il n’ait jamais rencontré.

  • Son perpétuel apprentissage au contact d’universités qui ont choisi Nike comme sujet d’étude

Depuis près de 30 ans, les universités d’Harvard et Stanford ont décidé de prendre Nike comme sujet d’étude. Cela a permis à Phil Knight de prendre part à de nombreuses discussions académiques partout dans le monde et de continuer à apprendre.

  • Ce que sont devenus Hayes, Woodell et Johnson

    • Hayes habite aujourd’hui dans une ferme de quarante-cinq hectares dans la Tualatin Valley, “avec une collection ridicule de bulldozers et d’autres gros engins”.
    • Woodell vit avec sa femme dans l’Oregon ; bien que beaucoup l’en pensait incapable avec son handicap, il a piloté son propre avion pendant des années.
    • Johnson vit “au beau milieu d’un poème de Robert Frost, quelque part dans les étendues sauvages du New Hampshire”. Divorcé deux fois, il y a transformé une vieille grange en manoir cinq étoiles : il a rempli les lieux de milliers de livres et laisse ce lieu éclairé et libre d’accès vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour tous ceux qui ont besoin d’un endroit pour lire et réfléchir.
  • Les débuts de sa richesse

Phil Knight raconte que lorsqu’ils ont commencé à gagner beaucoup d’argent, lui et ses collaborateurs ont tous changé d’une façon ou d’une autre, “mais pas beaucoup et pas longtemps” car aucun d’entre eux n’a jamais vraiment été mû par l’argent :

C’est l’essence de l’argent : qu’on en ait ou pas, qu’on en veuille ou pas, qu’on l’aime ou pas, il tend à définir la façon dont nous vivons. Notre tâche d’être humain est de faire en sorte qu’il ne prenne pas trop d’importance.

Phil Knight fait don de 100 millions de dollars par an. Presque tout son patrimoine sera reversé à des œuvres caritatives après sa mort.

  • L’idée de cette autobiographie

C’est après avoir vu le film “The bucket list” (une bucket list est une liste de choses à faire avant de mourir, le titre du film en français est “Sans plus attendre”) que Phil Knight, ne pouvant dormir, a l’idée de raconter l’histoire de Nike :

Allongé dans le noir, je me demande encore et encore ce qu’il y a sur ma liste. Les pyramides ? C’est fait. L’Himalaya ? C’est fait. Le Gange ? C’est fait. Je n’aurais donc plus rien à faire ? Je réfléchis aux dernières choses que je veux faire avant de disparaître. Aider quelques universités à changer le monde. Aider à trouver un remède contre le cancer. Je crois que c’est à peu près tout… Ce pourrait être une bonne idée de raconter l’histoire de Nike.

Ainsi, pour l’entrepreneur, écrire cette autobiographie est une fabuleuse façon de pouvoir partager son expérience à la nouvelle génération. Les jeunes pourraient alors y trouver “de l’inspiration ou du réconfort” et être avertie de certains dangers.

  • Les leçons de vie qu’il aimerait transmettre

Les conseils de Phil Knight seraient les suivants :

    • Il est essentiel de s’arrêter un moment, de prendre le temps de réfléchir sérieusement à comment on veut utiliser notre temps, et avec qui on veut passer les quarante années qui suivront.
    • “Lorsque l’on suit sa vocation, la fatigue devient plus facile à supporter, les déceptions sont un carburant et les réussites ont une saveur exceptionnelle”. Dès lors, il est bon de ne pas se contenter d’un job, d’une profession ou même d’une carrière, mais de chercher sa vocation, même si on ne sait pas vraiment ce que cela veut dire.
    • Il y aura toujours une cible dans notre dos, surtout si nous sommes meilleur, iconoclaste, innovateur ou rebelle, car selon l’auteur, meilleur on est, plus large est la cible.
    • L’Amérique n’est pas l’eldorado des entrepreneurs que les gens s’imaginent.
    • Ceux qui pressent les entrepreneurs de ne jamais abandonner sont des “charlatans” : il faut savoir abandonner, mais ne jamais s’arrêter :

Parfois, trouver le bon moment d’abandonner et d’essayer quelque chose d’autre traduit une certaine forme de génie. Abandonner ne veut pas dire s’arrêter. Il ne faut jamais s’arrêter.

    • La chance joue un grand rôle :

Travailler dur est indispensable, disposer d’une bonne équipe est essentiel, la réflexion et la détermination sont cruciales, mais il est possible que ce soit la chance qui décide du résultat. Certains appellent cela autrement : Tao, Logos, Jñ na, Dharma, Esprit ou encore Dieu.

    • Il est primordial d’avoir foi en soi :

Il faut que tu aies foi en toi, mais il faut aussi que tu aies foi en la foi. Pas la foi telle que les autres la définissent. La foi telle que tu la définis toi-même. La foi telle que tu la définis dans ton cœur.

Finalement, tout est question de volonté et de rêve.

Conclusion de “L’art de la victoire” de Phil Knight

On est transporté par l’histoire d’un jeune entrepreneur passionné

L’histoire que nous raconte Phil Knight dans “L’art de la victoire” est passionnante et pleine de rebondissements. Si on ne connaissait pas l’issue (car on connaît tous la réussite mondiale de Nike), on serait suspendu au fil des chapitres à se demander quand tout va s’écrouler pour le jeune entrepreneur.

En effet, les vingt premières années de Nike se sont jouées sur le fil du rasoir. C’est alors qu’on suit le combat mené par cet homme, avec courage et passion, pour réaliser son rêve d’entrepreneur. On vit avec lui toutes ses embûches, ses angoisses, ses lourdes responsabilités, tous les risques pris, les trahisons, les découragements, les moments de bonheur partagés avec son équipe, ses quelques erreurs et ses nombreuses réussites et triomphes.

On est touché par le ton drôle, réaliste et plein d’humilité de l’auteur

L’art de la victoire” est une lecture qui mêle humour, sérieux et émotions. L’auteur nous livre un récit plein de sincérité et d’humilité qui révèle, au final, de belles leçons de vie. La dernière partie est particulièrement touchante. On sent l’homme, l’humain qui a traversé sa vie et qui en fait le bilan avec nostalgie, pudeur et sagesse.

On est inspiré par cette réussite riche d’enseignement

Aujourd’hui, Nike est une référence, un symbole, une marque mondiale dont le logo, le fameux “swoosh”, la virgule, est l’une des rares icônes que l’on reconnaît aux quatre coins de la planète. Pour en arriver là, le parcours du fondateur de Nike, ponctué de hauts et de bas, est riche d’enseignements. Son livre “L’art de la victoire” nous montre que la réussite et la réalisation de ses rêves ne sont pas chose facile et que cela implique des sacrifices.

Points forts :

  • L’histoire passionnante et extraordinaire d’un homme qui s’est battu pour réaliser son rêve et construire une entreprise dotée d’une identité unique.
  • Tout ce qu’on apprend de l’expérience de l’auteur : de véritables leçons de vie quant à la prise de risque, la passion, le leadership, le management, l’entrepreneuriat, les coulisses du monde des affaires…
  • La sagesse qui se dégage de l’homme à la fin de son histoire, qui donne à réfléchir sur le sens que l’on donne à sa vie professionnelle et personnelle ;
  • Avec un style tantôt drôle, tantôt touchant, cette autobiographie se lit comme un roman ; même les passages plus axés “business” se lisent très facilement.

Points faibles :

  • Quelques longueurs, qui cependant reflètent bien la réalité du parcours de l’auteur : l’entreprise de Phil Knight ne s’est pas construite en un jour…
  • On regrette de n’avoir qu’un chapitre pour raconter ce qu’il s’est passé entre 1980 et 2018.

Ma note :

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L’art de la victoire







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