Ces décideurs qui méditent et s’engagent

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Phrase-résumée de “Ces décideurs qui méditent et s’engagent : un pont entre sagesse et business” : Selon Sébastien Henry, la méditation, encore peu pratiquée par les décideurs et dans les entreprises, est une discipline qui permet de développer un leadership inspirant et d’acquérir plus de clarté, de sérénité, de paix intérieure et de sens dans notre rôle de dirigeant, dans son équipe et son organisation.

Par Sébastien Henry, 2014, Éditions Dunod, 288 pages

Chronique et résumé de “Ces décideurs qui méditent et qui s’engagent – Un pont entre sagesse et business

Introduction

L’auteur de “Ces décideurs qui méditent et s’engagent” est Sébastien Henry, conférencier et licencié en philosophie et psychologie. Il a écrit plusieurs livres dont “Quand les décideurs s’inspirent des moines”, paru deux ans avant “Ces décideurs qui méditent et s’engagent”.

Ces décideurs qui méditent et s’engagent” démarre avec deux préfaces rédigées par deux grandes références en matières de méditation : Matthieu Ricard et Thierry Marx.

Un pont entre sagesse et business

La sagesse est définie par Sébastien Henry comme :

Une pratique, un apprentissage concret visant à se connaître soi-même, agir avec justesse, et rester relié à l’essentiel au cœur de l’action.

Pour Sébastien Henry, construire un pont entre la sagesse et les décideurs, est nécessaire. Ce pont consiste, pour lui, à cultiver en soi la sagesse puis à l’incarner en actions. Incarner cette sagesse en actions peut alors impulser de nouveaux modes de business capables d’apporter une forte contribution au monde.

Porter un regard nouveau sur la méditation

Pour Sébastien Henry, la méditation est une pratique simple et profonde qui peut justement permettre ce pont entre sagesse et business.

Pourtant, les décideurs craignent que la méditation ne soit trop éloignée de leurs réalités quotidiennes et des spécificités de leur métier. Ils doivent agir, prendre d’innombrables décisions et n’ont donc pas de temps à perdre à “ne rien faire”.

En réalité, pour Sébastien Henry, ils se privent d’une pratique qui peut :

  • Leur apporter davantage de clarté, de paix intérieure et de sérénité.
  • Les aider à développer un leadership inspirant (plus de souffle et de sens à leurs collaborateurs et à leur organisation).
  • Leur permettre de repenser en profondeur leur rôle de décideur et la contribution qu’ils apportent à la société.

Par ailleurs, la méditation est une pratique concrète que les décideurs, une fois convaincus, peuvent facilement intégrer dans leur vie quotidienne. On peut l’appréhender de façon entièrement laïque.

La principale raison d’être de “Ces décideurs qui méditent et s’engagent” est donc :

D’inviter les décideurs à porter un nouveau regard sur la méditation, à la voir comme une discipline décisive pour développer un leadership inspiré et inspirant dont leur organisation, et le monde, ont besoin.

Les différentes étapes d’une pratique de la méditation

Dans “Ces décideurs qui méditent et s’engagent”, les propos de Sébastien Henry se basent sur :

  • Sa propre expérience ;
  • Les entretiens de 60 décideurs de 15 nationalités différentes, qui ont tous une pratique régulière de la méditation (l’auteur les a interrogés sur leur parcours intérieur et sur l’influence de leur pratique sur leur leadership) ;
  • Les travaux scientifiques les plus avancés et les plus récents sur la méditation (issus des neurosciences notamment).

La méditation est présentée ici d’un point de vue laïc. En effet, même si beaucoup de techniques ont une origine bouddhiste, Sébastien Henry précise que la méditation ne requiert aucune croyance religieuse particulière.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Sébastien Henry propose un résumé de chacun des chapitres. Ainsi, en soulignant, dès le début de son ouvrage, les idées essentielles de son argumentaire, l’auteur nous permet de saisir toutes les dimensions de la pratique de la méditation dans le monde du business, et notamment les trois grandes étapes du parcours qui attend les décideurs qui méditent :

  • Première étape : le leadership sain
  • Deuxième étape : le leadership inspirant
  • Troisième étape : la transformation intérieure

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Ces trois étapes sont largement développées dans le résumé.

Chapitre 1 – Plus qu’un effet de mode, un pont entre sagesse et business qui prend forme ?

1.1 – Les débuts de la méditation dans les domaines de l’entreprise, scientifique et politique

La méditation semble de moins en moins taboue et intéresse un nombre croissant de décideurs en entreprise et dans l’enseignement supérieur :

  • Récemment, et pour la première fois, deux événements mondiaux et lieux de pouvoir prestigieux (Le Forum Économique Mondial et la conférence “Wisdom 2.0” à San Francisco, début 2013) ont intégré la méditation dans leurs programmes.
  • Google a été la première entreprise aussi prestigieuse à faire entrer les notions de méditation et de pratique contemplative dans son cursus de formation, tout comme les termes peu communs de compassion, paix intérieure et joie dans son entreprise.
  • La méditation et la mindfulness font de plus en plus l’objet de recherches universitaires : il y en avait entre 5 et 20 par an dans la décennie 1990 ; aujourd’hui, il y en a plus de 300 chaque année. Même si de tels programmes ne concernent encore qu’une minorité d’établissements, c’est une évolution majeure et difficilement imaginable il y a dix ans.

La méditation commence aussi à entrer dans le monde politique mais a, selon l’auteur, encore de larges progrès à faire dans ce milieu.

Sébastien Henry cite l’exemple de Tim Ryan, député (Congressman) aux États-Unis, qui a écrit un livre dans lequel il présente sa pratique de la méditation de façon entièrement laïque. Son message est convaincant et pourrait, selon l’auteur, inciter d’autres membres de la classe politique à s’initier à cette pratique.

1.2 – Une réponse à une crise de sagesse ?

Pour Sébastien Henry, plusieurs raisons permettent de penser que ce phénomène n’est pas un simple effet de mode.

Selon lui, cette tendance se prolongera et s’amplifiera car :

  • Elle constitue une réponse à notre quête croissante de sagesse et de sens, individuelle et collective.
  • Les neurosciences accumulent les preuves que dans notre cerveau, il se passe quelque chose d’essentiel quand nous méditons.
  • L’enthousiasme des soixante décideurs à travers le monde, interrogés par l’auteur sur la richesse trouvée dans la méditation ne peut qu’inspirer d’autres décideurs. 

Chapitre 2 – Une pratique simple et profonde, abordable de façon laïque

2.1 – Une perception déformée de la méditation chez les décideurs

La méditation est souvent perçue par les décideurs comme une activité :

  • Trop compliquée et trop éloignée de leurs priorités : ils ont déjà tellement à faire et si peu de temps qu’ils n’en ont pas à perdre à “ne rien faire”, pour des résultats improbables.
  • Qui pourrait les affaiblir, notamment en leur faisant perdre leur volonté et leur détermination à réussir.

2.2 – La méditation est un simple entraînement de l’esprit

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  • L’attention sur le moment présent

La méditation est, en fait, un entraînement simple et concret de l’esprit qui consiste à porter son attention sur le moment présent. Il s’agit de se mettre en position d’observateur de son fonctionnement mental, sans se laisser entraîner par l’agitation permanente de nos pensées et émotions.

  • Une approche pas exclusivement orientale

Bien que la pratique de la méditation soit au cœur du bouddhisme, cet entraînement de l’esprit n’est pas exclusivement oriental. Aux origines de la civilisation occidentale déjà, les philosophes de l’Antiquité jugeaient essentiel de poser son attention sur le moment présent et ne pas se laisser emporter par le flot constant des émotions et des désirs. Dans notre société contemporaine occidentale, on retrouve également des similarités dans les domaines du management et de la psychologie.

  • L’importance de l’expérience

Il est possible de pratiquer cette attention au moment présent et cette posture d’observateur de son propre esprit à tout moment de la journée, quelle que soit l’action que nous sommes en train d’effectuer. Sébastien Henry précise d’ailleurs :

Il n’est pas nécessaire de s’asseoir les jambes croisées sur un coussin.

En effet, aucune croyance religieuse n’est requise pour pratiquer. La méditation peut être abordée de façon entièrement laïque. Les croyants ont toutefois la possibilité de pratiquer la méditation dans leur cadre religieux.

Pour Sébastien Henry, il est primordial de faire l’expérience de la méditation par soi-même et de fréquenter des personnes qui pratiquent afin de les observer.

2.3 – Méditation et mindfulness

En Occident, par crainte que le mot méditation soit perçu avec une connotation religieuse, on préfère parler de mindfulness.

La mindfulness est la pleine conscience, cultivée par l’attention au moment présent de façon soutenue et particulière intentionnellement, dans le moment présent, et sans jugements.

Les points communs avec la méditation sont flagrants. Les programmes qui sont basés sur la mindfulness accordent une grande place à la méditation sous plusieurs formes. Ainsi, la méditation représente, en quelque sorte, la pratique principale pour développer la mindfulness.

2.4 – Le support des neurosciences : la plasticité neuronale

Les dernières avancées des neurosciences nous permettent de mieux comprendre ce qui se passe dans notre cerveau quand nous méditons. Elles nous expliquent, en particulier, le phénomène de la plasticité neuronale.

En fait, le cerveau conserve une plasticité même à l’âge adulte. Dès lors, sa structure et ses fonctions, loin d’être figées, continuent d’être modifiées en permanence par notre expérience.

La plasticité neuronale peut être mise en évidence après une période relativement courte (de quelques jours à quelques mois). Cependant, pour cela, deux conditions sont nécessaires : la concentration et la répétition.

2.5 – Une pratique profonde, au-delà de la gestion du stress

  • Une nouvelle façon de percevoir le monde

“Une pratique sérieuse de la méditation a pour effet psychologique de susciter une nouvelle façon de percevoir le monde et d’entretenir avec lui des relations.” Lawrence LeShan

Certes, la méditation est une technique de gestion du stress efficace. Néanmoins, elle est beaucoup plus que cela. Elle a aussi le potentiel de nous faire vivre une nouvelle expérience du monde à chaque moment de notre vie.

Ainsi, selon Sébastien Henry, la méditation est une pratique pour « revenir chez soi », c’est-à-dire être pleinement soi-même. En fait, en plus d’une pratique régulière, ses effets les plus profonds nécessitent une certaine ouverture à une dimension spirituelle. Il s’agit de :

L’art de se relier à ce qui nous touche et nourrit notre âme, à ce qui est “plus grand que nous”.

  • Un itinéraire passionnant

Les décideurs qui souhaitent s’engager dans la voie de la méditation vont :

    • Se libérer des tensions et agir en paix intérieure, et cela au cœur même de l’action ;
    • Acquérir une grande connaissance d’eux-mêmes et des motifs de leurs actes ;
    • Développer une compréhension plus profonde et fine des collaborateurs ;
    • Pouvoir se forger une vision ayant du sens pour eux ainsi que pour leurs équipes, grâce à un retour régulier à l’essentiel ;
    • Ajuster l’influence que prend leur ego dans leur vie de décideur.
  • La métaphore de la randonnée en montagne

Pour nous aider à comprendre le cheminement “spirituel” et les étapes sur le parcours des futurs décideurs qui méditent, Sébastien Henry utilise, tout au long du livre, une métaphore : celle d’une randonnée en montagne.

Celle-ci offre trois types de paysage :

    • À sa base, après une courte marche : une belle forêt, fraîche et vivifiante.
    • En poursuivant la marche et en atteignant les alpages : des prairies couvertes de fleurs, depuis lesquelles on commence à apercevoir la vallée.
    • En continuant jusqu’au sommet : une vue magnifique sur les environs.

La véritable erreur serait de juger que seule la vue depuis le sommet compte. Cela dit, il est aussi évident que poursuivre le cheminement pour découvrir les différents paysages donne une expérience plus complète de la montagne, et permet d’accéder à une perspective plus large. S’arrêter dans la forêt serait dommage !

2.6 – Introduire la méditation en entreprise, une tendance dangereuse ?

En introduisant la méditation au sein de l’entreprise, certains craignent que celle-ci soit dénaturée et dépouillée de ses éléments les plus précieux. Elle pourrait notamment devenir un outil au service exclusif de la maximisation de la croissance et des profits. Mais pour Sébastien Henry, si la méditation peut aider les décideurs à remplir leur rôle et à devenir plus inspirants pour leurs collaborateurs, pourquoi leur en restreindre l’accès ?

Chapitre 3 – Quand les décideurs rencontrent la méditation : entre enthousiasme et frustration

Cette première étape, entre enthousiasme et frustration, correspond au leadership sain et, dans la métaphore de la randonnée en montagne évoquée plus haut, au niveau de paysage de la forêt :

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Ce chapitre se décline en trois idées :

  • D’une manière générale, les premiers pas sont un peu frustrants, surtout pour des décideurs habitués à considérer leur temps en termes de retour sur investissement.
  • Cependant, si la méditation est une pratique exigeante, il est toutefois possible d’éviter toute frustration en adoptant une attitude adéquate.
  • Enfin, la méditation ne tarde pas à produire des effets qui peuvent être précieux et très enthousiasmant pour soutenir les décideurs qui méditent.

3.1 – Les freins spécifiques aux décideurs

  • Le besoin de résultats rapides

Beaucoup de décideurs ont le goût de l’action et veulent voir rapidement les résultats de leurs efforts. Ils aiment atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Ce trait de personnalité les rend plus susceptibles que les autres de ressentir une certaine frustration lors d’une première expérience de méditation.

  • La posture immobile

L’immobilité est difficile pour des personnes qui disposent d’une grande énergie. Il existe des formes de méditation qui n’imposent pas cela (la méditation en marchant, par exemple) : l’objectif est alors de conserver une qualité de présence à soi-même quelle que soit l’activité. Néanmoins, pratiquer avec une posture fixe reste important, surtout au début, car cela permet de bien mesurer l’agitation de l’esprit.

  • La respiration consciente

Un certain temps de pratique est parfois nécessaire avant que nous puissions prendre conscience que nous respirons habituellement de façon superficielle.

  • L’esprit de compétition des décideurs

Par-dessus tout, l’esprit de compétition des décideurs peut être à l’origine de difficultés. La passion de bien faire, mieux que les autres, est une belle qualité, mais dans la méditation, elle génère des tensions inutiles et des jugements sévères contre soi-même.

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3.2 – Comment éviter la frustration des premiers pas

Selon Sébastien Henry, il est possible d’éviter les obstacles à la méditation en faisant preuve de vigilance.

  • Rien à atteindre, rien à réussir !

La méditation est une activité où il n’y a rien à atteindre ni à réussir.

Pour qu’elle ne soit pas vécue comme une lutte mais, au contraire, comme une pratique détendue et apaisée, il faut absolument abandonner l’idée qu’il puisse y avoir une séance de méditation “ratée” ou “réussie”.

En fait, l’essentiel est de pratiquer, quel que soit le nombre de fois où l’esprit se laisse emporter par des pensées.

Cette approche de la méditation permet de ressentir un vrai soulagement : il y a désormais au moins un domaine de votre vie dans lequel il n’y a rien à atteindre, rien à comparer avec les autres. Il s’agit simplement de s’exercer à être présent, de porter attention à tout ce qui se présente, dans les pensées et dans le corps.

  • Un appui pour la mission professionnelle du décideur

Si espérer retirer des bénéfices de sa pratique est légitime, cela ne doit pas être une fin en soi. Les recherches scientifiques les plus rigoureuses montrent que les premiers bénéfices de la méditation arrivent après une pratique régulière de plusieurs semaines. Ces effets sont mesurables : le protocole le plus connu pour étudier ceux à court terme est le programme appelé Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR), reparti sur 8 semaines.

3.3 – Quatre bienfaits de la méditation pour les décideurs

Sébastien Henry liste quatre bienfaits que les décideurs peuvent attendre de la méditation dans un temps relativement court :

  • Une connaissance de soi plus fine.
  • Une meilleure capacité de concentration et un sens plus aigu des priorités.
  • La capacité à ne plus se laisser entraîner dans des réactions émotionnelles quasi-automatiques, ce qui amène prendre des décisions plus équilibrées.
  • Des moments de ressourcement ou de profonde régénération au milieu de journées et de semaines chargées, ce qui contribue à diminuer son stress.

Parallèlement, la méditation aide les décideurs à développer leur self-leadership, c’est-à-dire à diriger leurs pensées et leurs comportements vers l’accomplissement de leurs objectifs. L’idée centrale du self-leadership est que l’on doit d’abord apprendre à se diriger soi-même avant de diriger les autres.

Premier bienfait : une connaissance de soi plus fine

Loin d’être une échappatoire, la méditation revient à se placer devant un miroir. Or, plus les responsabilités sont exercées à un haut niveau dans l’organisation, plus ce miroir est utile, les collaborateurs osant de moins en moins donner un feedback sincère de la perception qu’ils ont de leur dirigeant.

  • Les pensées et émotions pas agréables

Cette conscience de soi et plus particulièrement, l’attention portée régulièrement à sa part d’ombre et à ses faiblesses :

    • Entretient l’humilité, essentielle au leadership ;
    • Permet d’être plus compréhensif avec ses collaborateurs : il devient difficile de juger sévèrement leurs défauts après avoir vu les siens avec clarté !
    • Représente une porte d’entrée à un développement personnel authentique : elle aide à s’accepter et incite à agir pour nous améliorer.
  • Les pensées et les émotions récurrentes

Les pensées et émotions récurrentes sont des indications de ce qui compte pour nous en ce moment, de ce que nous avons littéralement “à l’esprit”, mais qui peut être masqué par l’agitation de la vie quotidienne.

Ainsi, les pensées et émotions récurrentes sont comme des messagers. Libre à nous de recevoir leur message.

La méditation est une source de conscience de soi. En ralentissant et en portant son attention vers soi-même, des choses que nous ne remarquions jamais apparaissent. C’est comme si nous passions temporairement d’une voiture lancée à 150 km / h dans la campagne à un vélo : nous pouvons mieux apprécier le paysage.

Cependant, aussi riche soit-elle, la méditation ne doit pas devenir la source unique dans laquelle nous pouvons puiser. En effet, notre regard sur nous-mêmes étant faussé par nature, le feedback régulier de nos collaborateurs et collègues, et les outils d’évaluation restent très utiles.

Deuxième bienfait : une plus grande capacité de concentration

Dans son métier, il est crucial que le décideur sache accorder son attention aux personnes avec qui il travaille. Développer sa capacité à rester concentré signifie plus d’efficacité mais aussi plus de présence accordée à ses collaborateurs.

La pratique de la méditation permet de :

  • Remarquer plus rapidement les moments de perte de concentration : nous pouvons alors décider de nous concentrer de nouveau ou « choisir intentionnellement une distraction ».
  • Passer d’une attention tendue et une attention détendue : une attention tendue, comme lorsque nous fronçons les yeux pour regarder quelque chose avec intensité, nous fatigue rapidement, et peut être intimidante pour les autres. Une attention détendue est, quant à elle, bien plus confortable et peut être maintenue plus longtemps.

Troisième bienfait : la capacité de se libérer des réactions émotionnelles automatiques

Parvenir à se libérer plus facilement des réactions émotionnelles automatiques développe une qualité de leadership essentielle : la flexibilité ou l’agilité.

La pratique de la méditation fonctionne comme un “coupe-circuit”, qui aide à préserver les quelques secondes nécessaires pour éviter de réagir en pilote automatique. Il suffit parfois de quelques secondes de lucidité pour éviter de se faire embarquer par la peur, l’agacement ou la colère qui monte, et garder une bonne perspective d’ensemble sur toutes les options disponibles.

Les scientifiques pensent que la méditation joue sur les émotions via, notamment, les deux mécanismes suivants :

  • La régulation de l’attention : développer sa capacité à se concentrer et à maintenir cette concentration aide à voir les émotions plus clairement sans être emporté par elles.
  • Le développement d’un état de détente : un état de détente réduit la réactivité aux stimuli émotionnels.

Quatrième bienfait : des moments de ressourcements au cours de journées et semaines chargées

  • La réduction du stress

Au cœur d’une journée chargée dans laquelle s’enchaînent rendez-vous, appels et e-mails, une séance de méditation peut avoir l’effet de l’ombre offerte par un arbre sous un soleil de plomb.

De nombreuses études neuroscientifiques montrent sans équivoque que la méditation est efficace pour réduire le stress. En fait, la méditation permet à notre esprit de se régénérer au lieu d’entrer dans la zone rouge. Dès lors, nos inquiétudes pour l’avenir et nos regrets concernant le passé perdent de leur emprise, au profit d’une attention exclusive au moment présent. Nous consommons ainsi beaucoup moins d’énergie mentale.

  • Cesser de résister

Pour accepter une situation qui nous déplaît, la méditation nous aide à simplement “cesser de résister”. Cela ne nous empêchera pas d’agir avec efficacité pour remédier à cette situation si nécessaire. En cessant de résister, notre action s’en trouvera bien meilleure car elle sera ainsi beaucoup plus paisible.

  • Les retraites

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Malgré cette pratique, il reste des situations si difficiles, des tempêtes si fortes, pendant lesquelles tant de stress est accumulé, que les séances de méditation ne sont pas suffisantes. Certains décideurs aiment alors organiser des retraites intensives de quelques jours, qui permettent un ressourcement plus profond.

Enfin, l’auteur souligne que le stress est parfois généré par la façon de s’organiser. Dans ce cas, la pratique de la méditation n’est pas suffisante.

Chapitre 4 – De la pratique régulière au leadership inspirant

Ce chapitre correspond à une nouvelle étape du cheminement dans la montagne : l’arrivée dans les alpages après avoir quitté la forêt.

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Ainsi, à ce stade, on ne parle plus seulement d’établir un leadership sain. Il s’agit désormais de cultiver un leadership inspirant, qui donne l’exemple et l’envie aux collaborateurs d’apporter le meilleur d’eux-mêmes. Trois apports de la méditation sont alors expliqués par Sébastien Henry.

4.1 – Une compréhension plus fine et plus rapide des collaborateurs, grâce à davantage d’empathie

La méditation est une pratique qui relie davantage aux autres et aide à mieux les comprendre. Sébastien Henry parle ici d’empathie et de compassion.

L’empathie est la faculté de comprendre et de partager les sentiments des autres (de se mettre à leur place), tandis que la compassion, tel que le mot est employé dans le langage courant, est la conscience de la souffrance de l’autre, associée à un désir de la soulager.[…] La compassion aurait donc comme condition première l’empathie.

  • L’empathie : comprendre ses collaborateurs de façon plus fine

L’empathie est cruciale, car elle :

    • Permet de repérer les problèmes avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur ;
    • Apporte une compréhension plus rapide et plus fine des autres ;
    • Est essentielle à la construction d’une confiance profonde entre les personnes (elle est d’ailleurs reconnue comme un pilier de l’intelligence émotionnelle).
  • La compassion : développer sa capacité à prendre soin de ses collaborateurs et collègues (care)

D’une compréhension plus fine et plus juste de ses collaborateurs naît un sentiment de proximité et d’interdépendance, ainsi qu’une plus grande volonté de leur porter une attention particulière.

Cette capacité peut être développée par une forme de méditation particulière, appelée compassion meditation ou loving-kindness meditation selon les traditions.

4.2 – Le courage d’aborder sans attendre les situations les plus délicates

La pratique de la méditation est également une source de courage formidable, particulièrement lorsque nous devons faire face à des situations inconfortables.

En effet, la méditation n’est pas une fuite de la réalité, mais nous aide, au contraire, à :

  • Entrer en contact avec la partie de nous-même qui ne connaît pas la peur, qui a toujours confiance, “même dans les heures les plus sombres, quand nous sommes accablés ou perdus”.
  • Appréhender une situation délicate avec calme et sérénité : c’est là la meilleure façon de réduire le risque que les choses tournent mal et de transmettre notre message efficacement.

Ainsi, la méditation nous donne, par exemple, le courage de dépasser nos craintes si nous devons intervenir auprès d’un collaborateur (peur que notre intervention entraîne davantage de dégâts, que la personne en question quitte la société, de ne pas être apprécié).

En somme :

La méditation aide à prendre conscience que rien, fondamentalement, ne peut mal tourner.

4.3 – Plus de justesse dans la prise de décision

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La méditation nous aide à prendre des décisions plus justes et plus rapidement grâce à la clarté qu’elle apporte à notre esprit.

Une métaphore traditionnelle très utilisée est celle de l’eau boueuse : l’eau qui a été mélangée à la terre et agitée dans un récipient s’éclaircit avec le temps, la terre se déposant petit à petit au fond. Avec la pratique de la méditation, les décisions justes se dégagent de l’agitation mentale, contribuant à “rendre simples les choses compliquées”.

Par ailleurs, le calme intérieur nous amène à nous mettre à l’écoute de notre intuition profonde. En favorisant cette disposition, la pratique de la méditation facilite alors la prise de décisions plus justes.

4.4 – Une présence rayonnante et inspirante

L’aura du décideur est tout aussi importante que ses actes.

La méditation aide à développer une qualité de présence calme et joyeuse qui se remarque immédiatement chez les maîtres ayant une longue pratique. Tout comme les maîtres spirituels, certains décideurs incarnent cette qualité de présence. Ils parviennent alors à toucher les autres, à provoquer un enthousiasme dès les premières minutes. D’autres, au contraire, ont une présence qui “refroidit”, diminue l’énergie et incite à prendre de la distance, en limitant les interactions au strict nécessaire.

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L’auteur nous invite ici à créer notre to-be list : ce temps pris pour “être” plus que “faire” est crucial, car en tant que décideur, ce que nous sommes est au moins aussi important que ce que nous faisons.

4.5 – Une créativité accrue

D’après la neuroscience, la méditation favorise la résolution de problèmes demandant de la créativité.

C’est parce que la méditation crée un espace de liberté dans l’esprit que les idées créatives ont une chance de faire surface.

D’autre part, si la méditation contribue à être plus créatif, elle aide aussi à accepter les moments où nous ne le sommes pas.

4.6 – La nécessité et le défi d’une pratique régulière

  • Que signifie une pratique régulière ?

Les possibilités sont nombreuses et varient selon les conditions de travail et l’emploi du temps de chacun. Le plus important est de repérer les moments favorables à la pratique qui peuvent s’inscrire de façon régulière d’une journée à l’autre.

Il est possible d’intégrer la pratique de la méditation dans ses activités quotidiennes, car finalement, chaque moment de la journée devient une occasion de revenir à soi. Cependant, une pratique formelle est préférable car elle risque moins de disparaître sous la pression des circonstances.

  • Cultiver une discipline qui rime avec joie et sens

Les décideurs qui méditent doivent être disciplinés tout en apportant joie et sens à leur pratique. Toutefois, malgré la discipline et la volonté de pratiquer, il y aura toujours des moments où la tentation sera grande de repousser la méditation à plus tard. Pour éviter cela, Sébastien Henry propose alors de s’interroger sur ce qui pourrait être si important qui ne puisse pas attendre cinq, dix ou quinze minutes ? De cette manière, on réalise que peu de tâches justifient de repousser à plus tard un temps de pratique.

  • Combiner discipline et tendresse

La pratique n’est pas supposée devenir une source de pression supplémentaire. Au lieu d’associer la discipline au succès ou à l’échec, Sébastien Henry suggère de préférer le terme de tendresse.

Faites preuve de tendresse envers vous-même chaque fois que l’intention de pratiquer passe à l’as, quelle qu’en soit la raison. […] Une telle tendresse ne compromet pas la discipline mais elle la nourrit, car elle l’enrichit d’une légèreté qui lui fait perdre son aspect pesant.

  • Mettre en place un environnement de soutien à la pratique

En tant que décideur immergé dans l’action, il est primordial de mettre en place un environnement encourageant la pratique régulière. Sébastien Henry conseille alors de :

    • Planifier à l’avance des temps de méditation dans son emploi du temps, voire même des périodes de retraite.
    • Se faire accompagner individuellement par un maître ou une personne pratiquant depuis longtemps.
    • Se retrouver avec de petits groupes de pratiquants pour pratiquer ensemble et échanger sur ses pratiques (cette forme de soutien, ou communauté, jugée essentielle dans le bouddhisme, est appelée sangha).
    • Utiliser des messages de rappel sur son smartphone ou ordinateur.
    • Garder une trace, sur un simple document Excel ou sur un carnet, des jours où l’on a médité (à condition de l’utiliser comme une invitation à pratiquer le lendemain et non pas comme un instrument de pression).

Chapitre 5 – Une transformation intérieure qui invite à repenser son rôle de décideur

Ce chapitre correspond à la troisième étape du cheminement des décideurs qui méditent : plus on pratique et plus on est invité à se rapprocher de la dimension spirituelle de la méditation. Dans la métaphore de la randonnée, on arrive à présent au sommet de la montagne qui offre une vue magnifique sur les environs.

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En fait, Sébastien Henry nous explique ici comment, pour les décideurs qui le souhaitent, la méditation peut les conduire à une ouverture du cœur et à un repositionnement de l’ego, et ainsi diminuer leur influence sur leurs décisions et plus généralement sur leur vie.

5.1 – Favoriser l’ouverture du cœur

Cette sensation d’ouverture du cœur peut paraître étrange. Peu de travaux scientifiques abordent le sujet mais Sébastien Henry fait référence à des expériences de vie courantes pour expliquer cette sensation.

Par exemple, lorsque vous pensez à votre conjoint ou votre enfant, ou lorsqu’il se trouve à côté de vous, ressentez-vous ce “flot” d’amour dans votre poitrine ? L’ouverture du cœur est une sensation équivalente mais dirigée vers un grand nombre de personnes. Ce processus est décrit avec précision dans différentes traditions spirituelles, telles que l’hindouisme qui accorde beaucoup d’attention à l’ouverture des chakras, ces centres énergétiques situés dans différentes parties du corps.

Il existe des formes de méditation pour faciliter cette ouverture du cœur. Sébastien Henry nous les détaille dans cette partie. Deux sont largement développées : la première consiste à “mettre le cœur en mouvement” ; la seconde s’inspire d’une forme de méditation très importante dans la tradition tibétaine, appelée tonglen.

5.2 – Repositionner l’ego

  • “La réduction de l’ego” ou selflessness

Parallèlement à l’ouverture du cœur, un autre changement majeur peut se produire : l’ego perd une partie de son emprise.

L’ego peut être défini comme la force en nous qui exige toujours plus (de reconnaissance, de pouvoir, d’argent, etc.) et qui sans cesse juge et compare ce que nous possédons par rapport aux autres.

Or, avec la prise de conscience liée à la pratique de la méditation, il arrive un moment où l’influence de notre ego nous apparaît démesurée et fatigante. On prend alors la décision de ne plus le laisser systématiquement nous guider. On accède alors à une liberté fondamentale : celle d’orienter sa vie et son rôle de décideur vers des actions qui ne répondent pas forcément aux désirs de l’ego.

Les explications rationnelles ayant leurs limites en ce domaine, Sébastien Henry utilise une métaphore pour comprendre ce qu’est vraiment “la réduction de l’ego” ou selflessness :

Comme une sculpture de cire exposée au soleil perd chaque jour naturellement de son volume, la méditation (le soleil) réduit la taille de l’ego (la statue de cire). Elle ne l’attaque pas, ne le détruit pas, mais l’amenuise de façon à ce qu’il ne bouche plus toutes les perspectives.

Ce fonctionnement psychologique, étroitement relié à l’altruisme, à l’empathie et à la compassion, est, en réalité, beaucoup plus propice à un bonheur “authentique et durable” que la forme opposée appelée self-centeredness (centrage sur soi ou sur l’ego).

  • Une voie périlleuse pour les décideurs ?

Pour Sébastien Henry, l’ego est nécessaire à l’efficacité dans le business. Par conséquent, il s’agit plutôt d’apprendre à diriger avec un ego positionné à sa juste place. Ce travail n’est pas forcément adapté aux managers en début de carrière, mais est utile, en revanche, aux plus expérimentés.

Pour mieux comprendre comment il est possible de garder fermeté et détermination alors que l’on est engagé sur la voie de l’ouverture du cœur et du repositionnement de l’ego, l’auteur nous invite à “laisser émerger notre voix de sagesse” :

Celle-ci est aussi ferme, courageuse et déterminée que notre ego, animée par la conscience de ce qui est juste, pour nous et pour les autres. C’est une voix optimiste, confiante que rien ne peut fondamentalement l’atteindre.

Cette expérience intérieure est, en fait, une source de puissance qui inspire et donne espoir, non une puissance qui écrase.

Associer puissance et sagesse n’est pas familier, mais c’est bien l’alchimie que présentent les maîtres de sagesse. Nous viendrait-il à l’idée de qualifier Nelson Mandela ou le Dalaï Lama de personnages faibles qui ne savent pas tenir la barre ?

5.3 – Trois manières de faire évoluer sa manière de diriger

Avec le travail de repositionnement de l’ego, nous sommes amenés à connaître les trois évolutions ci-dessous dans notre manière de diriger.

  • Un style de leadership plus collaboratif

La méditation invite les décideurs à consacrer plus de temps et d’attention à leurs collaborateurs pour les aider à se développer et réussir. Elle rend les décideurs qui méditent plus susceptibles de voir le talent chez leurs collaborateurs.

  • Un changement de vision ou de priorités

  • Une action plus altruiste et une volonté de servir

Une pratique régulière de la méditation, le travail d’ouverture du cœur et le repositionnement de l’ego invitant à redéfinir ses objectifs amène à revoir progressivement ses priorités.

Selon Sébastien Henry, dans cette perspective, les décideurs qui méditent tendent vers une action plus altruiste et une volonté de servir. L’auteur évoque deux phénomènes pour illustrer cette tendance :

    • Triple Bottom Line : cette expression émerge sous l’impulsion de penseurs et décideurs qui défendent l’idée que les entreprises doivent accorder une plus grande attention à leur impact sur l’environnement et la société.
    • Shared Value (valeur partagée) : cette approche invite à créer de la valeur économique d’une façon qui crée aussi de la valeur pour la société en répondant à ses besoins et ses défis.
  • L’émergence de questions cruciales porteuses d’harmonie intérieure

La pratique régulière de la méditation semble faire émerger, chez certains décideurs, des questions essentielles habituellement reléguées à l’arrière-plan par la vitesse et l’agitation. De fait, elles ont besoin de lenteur et de silence intérieur pour revenir au premier plan.

Un tel recentrage sur l’essentiel est porteur de sens en soi, mais est aussi crucial dans une perspective d’efficacité (le principe 80/20 : faire plus avec moins, 20 % de nos actions produisent 80 % de nos résultats).

Le trait commun à ces ajustements reste surtout, pour les décideurs qui méditent, l’apaisement, voire le soulagement, l’harmonie intérieure d’être reconnectés avec la personne qu’ils étaient vraiment.

  • Une perspective nouvelle sur la façon d’atteindre les objectifs fixés 

    • Ne pas se crisper sur les résultats

Les décideurs qui méditent assidûment sont, en général, très déterminés dans leur pratique à remplir des objectifs ambitieux tout en ayant une attitude détendue quant à la perspective de les atteindre ou non. Ainsi, l’effort pour les atteindre reste important, mais toute tension disparaît.

    • Des astuces utiles pour ne plus se crisper sur un objectif

L’auteur nous livre plusieurs exercices pour nous aider à lâcher prise :

      • Revenir à l’océan : imaginer que l’on est une vague qui prend forme, consciente de son individualité, puis qui se fond progressivement dans l’océan.
      • Atteindre le point mort : imaginer que l’on est sur son lit de mort et que c’est la fin de notre vie.
      • Le Livre du Tao (Dao De Jing) : écrit pour les dirigeants politiques en Chine il y a 2 000 ans sur le sujet des objectifs à atteindre et de l’action en général, ce livre propose un message extrêmement stimulant lorsqu’on s’en imprègne après plusieurs lectures.

Chapitre 6 – Des carrières qui traduisent un engagement et font évoluer le monde de l’entreprise

Sébastien Henry nous explique qu’une intention commune se dessine chez la plupart des décideurs qu’il a interrogés : une forme d’engagement à faire évoluer soit l’organisation dans laquelle ils travaillent, soit une autre organisation qu’ils ont choisie, soit encore, plus largement, les pratiques dans le monde des affaires.

Cet engagement vise la mise en place d’un leadership plus sain et plus inspirant, comme si leur pratique de la méditation rendait difficile de prolonger le “business as usual”.

6.1 – Pratiquer discrètement sans changer de carrière

La moitié des décideurs qui méditent interrogés ont fait le choix (moitié par conviction, moitié pour des raisons pratiques) de pratiquer sans rien changer à leur vie professionnelle. Pour eux, la pratique de la méditation les aide à être de meilleurs leaders, et plus généralement des personnes plus accomplies.

Dans certains cas, cette décision de garder le même cap est combinée à une forte volonté d’influencer leur organisation. Tout en gardant le même poste, certains décideurs font alors le choix de transmettre les bienfaits de la méditation à leur équipe. Souvent, ces derniers adoptent une démarche prudente et progressive : sans faire explicitement référence à la méditation ou à la mindfulness, mais en en reprenant l’esprit (Ex. : quelques minutes de silence en début de réunion en encourageant chaque participant à revenir au moment présent).

En général, ces décideurs préfèrent rester discrets sur leur pratique pour une des deux raisons suivantes :

  • Ils la considèrent comme une affaire entièrement privée (l’humilité commande de rester discret),
  • Ils pensent qu’en parler pourrait leur poser des problèmes au sein de leur organisation
Les lecteurs de cet article ont également lu :  10 perles de sagesse tirées de mes lectures et de mon expérience de chef d'entreprise

Sébastien Henry, lui, pense qu’en parler de façon claire et concrète tout en montrant la plus grande rigueur quant à la conduite de son business suscite, en fait, souvent plus d’intérêt que de scepticisme.

6.2 – Ajuster sa carrière pour s’aligner avec sa vision et ses priorités

La pratique régulière de la méditation apporte une connaissance de soi accrue et invite à revenir à l’essentiel. De nouvelles priorités peuvent apparaître, l’échelle des valeurs peut se modifier, les schémas de carrière dictés par une prééminence de l’ego peuvent perdre de leur importance.

En conséquence, certains décideurs ajustent le cours de leur carrière, sans nécessairement quitter leur entreprise : changer de fonction peut suffire à servir les nouvelles aspirations ou incarner les valeurs qui ont émergé. Mais dans d’autres cas, quitter son entreprise s’avère nécessaire.

6.3 – Initier un changement de carrière radical

Parfois, le décalage entre leur carrière et les priorités issues de leur pratique est si grand que les décideurs changent radicalement de carrière. C’est le cas d’1 décideur sur 5 rencontrés, avec une majorité qui s’est dirigée vers la création d’entreprise. Certains décideurs ont même été si convaincus des bienfaits de la méditation qu’ils ont décidé de créer une entreprise visant à diffuser la pratique de la méditation en milieu professionnel.

Il est judicieux d’identifier les signes (le niveau d’énergie et les émotions par exemple) qui montrent notre éventuel besoin de changement de cap en amont d’une reconversion. Cela permet une transition en douceur moins douloureuse qu’une transition brutale. Pour cela, notre intuition nous donne des indications intéressantes quant à ces premiers signaux

Il faut alors prendre le risque de se lancer dans une relative obscurité, en se rappelant que ne pas changer de cap représente aussi un risque : celui d’une extinction progressive de la passion, d’un délitement du sens.

6.4 – D’une voie à l’autre : les étapes d’un parcours ?

Il n’y a pas de règle à ce sujet. Certains décideurs traversent successivement ces quatre voies, tandis que d’autres se satisfont d’une seule de ces voies.

L’auteur souligne, par contre, qu’il est préférable de se montrer compréhensif vis-à-vis des proches qui peuvent exprimer certaines résistances à nous voir changer de voie. Leur réaction peut être parfois difficile à concevoir pour les décideurs qui méditent, car la pratique de la méditation donne confiance en l’avenir et diminue l’emprise des peurs ou autres émotions négatives. Cependant, il faut réaliser que l’entourage qui ne pratique pas la méditation, ne partage, de fait, pas nécessairement cette confiance-là.

Chapitre 7 – Vers un seuil critique de décideurs conscients et engagés qui répondent aux défis du monde

Sébastien Henry abordent ici une dimension plus globale de la méditation. Selon lui, nous allons devoir relever des défis considérables dans les décennies à venir. En voici trois majeurs :

  • Nourrir 2 milliards d’hommes supplémentaires ;
  • Enrayer la dégradation de notre environnement ;
  • La souffrance morale.

Avec les pratiques de sagesse, il est question de prendre conscience et de prendre nos responsabilités face à ces défis mondiaux.

7.1 – La nécessité d’un saut de conscience

Pour Sébastien Henry :

Une double révolution dans les mentalités des décideurs, un double “saut de conscience”, se traduisant ensuite par un engagement fort, est nécessaire.

Pour l’auteur, il s’agit, en fait, de :

  • Considérer que ces enjeux nous concernent directement.
  • Prendre conscience et décider que nous pouvons, quel que soit notre secteur d’activité, apporter des solutions relatives à au moins un de ces trois enjeux tout en développant notre activité.

Le monde a besoin de décideurs qui trouvent, avec créativité, les moyens de répondre à ces défis tout en servant les intérêts de leur organisation.

Ainsi, intégrer une pratique de sagesse comme la méditation (mais ce n’est pas la seule) dans sa vie de décideur aide à faire ce double saut de conscience. En effet :

  • D’une part, la fraternité, la proximité avec la nature et la conscience que sa propre vie n’a finalement pas plus d’importance que celle de tout autre être humain deviennent plus naturels.
  • D’autre part, la pratique permet de prendre régulièrement du recul pour rester relié à l’essentiel dans la vie, à “ce qui est plus grand que nous” qui ne peut pas être, pour la grande majorité des hommes, un taux de croissance ou la masse de biens accumulés.

Une pratique comme la méditation a un rôle crucial à jouer dans ce basculement, car celui-ci n’est pas d’ordre intellectuel (tout le monde connaît plus ou moins l’ampleur des défis sociaux et environnementaux) mais d’ordre émotionnel et spirituel.

7.2 – La responsabilité de notre génération : allumer un “feu sacré”

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Pour l’auteur, nos générations ont la responsabilité de s’engager dans le grand combat du XXIe siècle : éliminer la pauvreté tout en rétablissant les équilibres écologiques menacés.

Imaginons un instant que les décideurs en France et en Europe fassent preuve de leadership dans ce combat, s’engagent et ouvrent de nouvelles voies. Ne serait-ce pas une source de fierté pour nous-mêmes et pour les générations futures, cette même fierté avec laquelle nous regardons ces ancêtres qui ont mis fin à l’Ancien Régime et inventé la République.

Dans cette responsabilité collective, l’influence des décideurs en entreprise représente une fabuleuse opportunité pour le monde car ils ont le pouvoir d’entraîner de nombreuses personnes derrière eux.

Cependant, pour Sébastien Henry, il n’est pas question de compter uniquement sur les décideurs. Selon lui, chacun a un rôle à jouer et peut exercer un leadership.

Pour illustrer ses propos, l’auteur cite la célèbre histoire du colibri du mouvement Colibris de Pierre Rabhi, paysan et philosophe.

7.3 – L’urgence du réveil de la conscience : identifier le point de bascule

  • Identifier le point de bascule

Pour Sébastien Henry, il y a désormais urgence à créer ce saut de conscience collectif.

L’auteur nous explique ici que beaucoup de grands changements ayant marqué l’histoire n’ont, en réalité, pas exigé l’implication d’une majorité de personnes :

Les épidémies sociales fonctionnent exactement comme les épidémies de maladies. Elles sont déclenchées par les actions d’une poignée de gens qui se distinguent nettement de la masse par leur sociabilité, leur énergie, leurs connaissances ou leur influence.

Ce phénomène a été scientifiquement analysé et peut se résumer ainsi :

Les acteurs du changement (transformers) ne représentent qu’une petite minorité, mais ont la capacité d’entraîner derrière eux ceux qui constituent la majorité, à savoir les indécis (fence-sitters, littéralement ceux qui sont assis sur la barrière, prêts à aller d’un côté comme de l’autre). Seuls 5 % à 10 % des effectifs sont […] nécessaires pour créer une “fusion qui dégage une énergie considérable”.

Aussi, l’auteur nous dit que même en étant très prudent et en fixant le seuil de déclenchement de l’effet de bascule à 15 % ou 20 % d’une population (bien au-dessus donc de celui identifié par Gladwell), ce phénomène crée un véritable espoir.

  • Créer les conditions pour franchir le point de bascule

Pour Sébastien Henry, il est indispensable de mettre en place trois mouvements fondamentaux :

    • Repenser la formation des décideurs :

Cet apprentissage doit être proposé systématiquement ainsi qu’à tous les niveaux de responsabilités : dans les entreprises et dans les enseignements des institutions qui forment les décideurs.

Certaines entreprises ont, par exemple, déjà  intégré des modules d’intelligence émotionnelle afin de répondre à une problématique qu’elles connaissaient : des leaders brillants intellectuellement mais qui échouaient par manque de sensibilité à la dimension émotionnelle du management.

    • Établir des institutions qui soutiennent les décideurs souhaitant s’engager dans une discipline de sagesse personnelle ou collective :

Ce type d’institutions pourrait :

      • Permettre aux décideurs, individuellement et collectivement, de combiner davantage performance, sens, bien-être, et contribution maximale au monde.
      • Se développer et innover tout en se montrant responsables face aux enjeux du monde.
      • Mettre à disposition un lieu pour pratiquer la méditation.
    • Réformer le cursus éducatif pour y intégrer des pratiques de sagesse simple, concrètes, laïques et adaptées aux enfants.

L’enjeu va bien au-delà de l’introduction de la méditation. Il s’agit de prendre davantage en considération à la fois la dimension humaine du leadership et l’engagement à inventer de nouvelles formes de business apportant une contribution au monde.

7.4 – De nouvelles institutions créant un pont entre sagesse et business

ces décideurs qui méditent et s engagent méditation sébastien henry sagesse

  • Des “monastères laïques” à proximité des grandes villes

L’environnement de travail de la plupart des décideurs ne favorise pas leur ancrage dans la sagesse.

De la manière dont cet environnement est conçu, les pratiques de sagesse ne peuvent prendre place que dans le temps libre des décideurs. Or, ce temps libre étant limité, elles sont finalement souvent repoussées à plus tard.

Pour l’auteur, il faudrait donc des lieux de conscience ayant les mêmes caractéristiques des monastères mais dans un cadre laïc où tous les décideurs pourraient se rendre, seuls ou en équipe.

  • Des groupes d’échange et de soutien entre décideurs

En complément de ces lieux de conscience, des groupes de décideurs se réunissant régulièrement constitueraient un soutien précieux. Dès lors, les décideurs pourraient échanger sur leur pratique de la méditation et sur leur engagement en tant que leaders.

  • Apprendre à être heureux et conscient dès l’école

Les compétences émotionnelles et sociales sont nécessaires dès la scolarité. La pratique de la méditation ou de la mindfulness pourrait jouer un rôle important dans le renforcement de ces compétences.

Pour Sébastien Henry, il est primordial que :

Les plus hautes autorités du champ éducatif s’engagent pour que chaque enfant dans chaque pays ait la chance d’acquérir ces compétences émotionnelles et sociales au cours de son parcours à l’école.

Conclusion de “Ces décideurs qui méditent et s’engagent” de Sébastien Henry

Devenir des leaders inspirants et responsables !

Amener le sujet de la méditation sur le terrain du business n’était ni chose aisée ni chose commune. L’auteur, dans son livre “Ces décideurs qui méditent et s’engagent” ouvre une fenêtre sur deux activités à priori éloignées et démystifie la méditation pour l’intégrer dans la dimension pratique et concrète des réalités professionnelles.

Une fois les préjugés dépassés, on apprend alors que notre rôle en tant que décideur est redéfini, au travers des pratiques de sagesse, sur les plans à la fois individuel et collectif :

  • Individuel : un leadership sain, inspirant, collaboratif qui associe sérénité, présence, créativité, connaissance de soi, compréhension plus fine des collaborateurs et prise de décision plus juste et plus rapide, jusqu’à une transformation intérieure parfois radicale…
  • Collectif : sens donné à nos entreprises, responsabilité commune, création de valeur pour répondre aux défis mondiaux…

Dès lors, la méditation, bien qu’au départ individuelle, voire intime, sert finalement le collectif et l’innovation. En bref, elle permet de devenir de meilleurs leaders en apprenant à mieux servir.

Action !

Bien que développant des concepts souvent abstraits ou profonds, l’écriture du livre est fluide et concrète. Les nombreux exercices, encadrés et illustrations tout au long des pages rendent la lecture facile et agréable. Tel un guide d’initiation, les pratiques proposées donne envie de passer à l’action. Elles permettent, en réalité, de commencer à méditer déjà pendant la lecture.

Pour conclure, c’est un livre que je recommande, qui peut véritablement vous faire changer d’avis sur la méditation et vous amener à franchir le pas vers une pratique et des résultats inattendus !

Points forts :

  • Le sujet intéressant et peu traité dans les livres de développement personnel ou de business ;
  • Le contenu intéressant, complet et inspirant ;
  • Les nombreux exercices, les mises en pratique faciles et concrètes, les illustrations, les références, la bibliographie commentée et les références pour aller plus loin et passer à l’action ;

Point faible :

  • Le sentiment, parfois, d’une vision un peu éloignée de la réalité tant la méditation semble apporter de bienfaits aux décideurs qui méditent et s’engagent ! Reste alors à en faire l’expérience pour se rendre compte si ces effets sont aussi convaincants.

Ma note :

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